Speaker #0Bienvenue dans les petites histoires de Michelle, un podcast dans lequel je raconte mon exploration de la cuisine japonaise. Cet art ultime de bien manger que j'ai à cœur de transmettre aujourd'hui est la synthèse entre mes pratiques d'artiste, de jardinière et de cuisinière. Il s'adresse aux amoureux du Japon, aux gourmets de tous bords, Nous ferons des visites dans le jardin, source d'émerveillement et d'abondance, et nous prêterons l'oreille à des personnes qui ont contribué à enrichir mon parcours dans l'oasis nippone que je me suis créée. Belle écoute à vous ! Je vais commencer cet épisode par une petite histoire. L'histoire se passe dans un centre de vacances. quelque part dans les Vosges, je crois que ça s'appelait Combrimont, un endroit qui avait été loué par l'association Terre et Partage qui avait comme objectif de diffuser l'enseignement de Georges Ossawa, l'enseignement de la macrobiotique avec la participation de différents élèves de Georges Ossawa. Les journées se déroulaient de la manière suivante. Le matin, nous assistions à une conférence sur l'étude du principe unique Yin et Yang et son implication en cuisine. Puis, nous préparions les repas et l'après-midi, souvent, se tenait une deuxième conférence. Un jour, nous étions en train de manger, après la conférence du matin. Nous mangeons dans la grande salle, nous étions à peu près une trentaine, à être venus se servir directement dans les casseroles qui étaient déposées sur un grand buffet. Et tout d'un coup, la porte battante de la cuisine s'ouvre brutalement. Et Cécile, l'une des cuisinières, fait irruption dans la salle et commence à nous engueuler. « Mille, vous avez vu comme vous mangez, vous avez vu le bruit que vous faites, vous devriez être dans le calme et dans le silence et mastiquer tranquillement. » Et la porte se referme. « Ok. » Et je me dis, il y a quelque chose qui cloche. Après le repas, je vais en cuisine et je vais voir Cécile. Je dis voir Cécile, qu'est-ce qui s'est passé en cuisine pendant que vous cuisiniez toi et Edith ? Et Cécile me dit, ouais, ben on n'arrêtait pas de s'engueuler. Edith revient de Saint-Gaudens où ils ont fait des tests sur des choses un petit peu extrêmes. Je ne suis pas du tout d'accord avec ça, on n'expérimente pas pendant un stage. Et on s'engueulait, on s'engueulait. Et je lui réponds, me dis donc Cécile, vous vous engueuliez en cuisine et tu t'étonnes que nous, en salle, on ait fait ce chahut, cette espèce d'effet miroir par rapport à ce que vous-même vous faisiez en cuisine ? Et là, Cécile me dit, ben ouais. On vous a fait manger notre discorde. Après cette première petite histoire, pour nous rendre bien conscients du rôle que nous jouons en cuisine, selon notre état. Si nous sommes joyeux, en colère, un peu dispersés, absents, nous influons sur nos convives. Maintenant, une deuxième petite histoire pour raconter une expérience vécue toujours dans le même stage, une expérience que nous avons faite le troisième jour du stage. Lors du troisième jour, tout le monde a déjà mangé la même chose pendant deux jours, mangé autrement, c'est-à-dire en conscience, en masticant, tout en ayant eu plein d'informations au cours des conférences du matin. Donc, ce troisième jour, Jacques Skalka, qui animait ce stage, propose un test en cuisine. Nous étions une petite équipe. Il nous apporte des sachets de muesli qu'il étale sur la table, il les ouvre, il les vide sur la table et nous demande de retirer tous les raisins secs qui s'y trouvaient. C'est-à-dire enlever tout ce qu'il y a de plus yin dans cet ensemble de céréales. Dans des jolies vérines, on met un fond de compote de pommes et par-dessus, une petite poignée de ce muesli croquant pour faire un dessert très simple mais bien équilibré entre le moelleux, l'acide de la pomme et le croustillant des céréales. Et au moment d'aller apporter toutes ces coupes sur le comptoir où se servent les participants du stage, Il remet une poignée de raisin dans une des coupes. Et on est tous là à se demander, mais qui va tomber sur cette coupe ? On s'attendait à ce que la personne la plus young, la plus resserrée, se précipite sur ce pot de dessert pour se yéniser. Et on est là, à l'affût, à guetter. Qui va se saisir de cette vérine ? Et au moment où la personne vient la prendre, on court tous en cuisine et on lui dit « Mais Jacques, ça ne marche pas ton truc ! C'est la personne la plus yine qui a pris le pot avec tous ses raisins. Il y a un truc qui cloche. » Et Jacques nous regarde avec un sourire en coin et nous dit « Mais vous n'avez rien compris. » Depuis ces deux jours où cette personne mange une nourriture équilibrée, c'est elle qui s'est le plus yanguisée, c'est-à-dire resserrée depuis le début du stage. La yangisation est toujours un mouvement difficile, c'est beaucoup plus difficile de se concentrer, de se resserrer que... de se dilater, de se disperser. Or, cette personne avait vraiment besoin de relâcher un petit peu pour pouvoir continuer sans être trop impactée par sa yangisation. Et donc, oui, nous n'avions pas compris que ce n'était pas la plus yang qui allait vers les raisins secs, mais que c'était La plus yin au départ, celle qui s'est le plus yanguisée en si peu de temps. Et voilà pour la deuxième anecdote. Et maintenant, une troisième petite histoire. En fait, c'est plus une explication de comment les choses s'équilibrent d'elles-mêmes. Normalement, si on est un homme, si on est yang, on devrait manger un peu plus. plus yin et si on est une femme on ne devrait pas manger trop yang non plus pour ne pas prendre des caractères masculins alors comment faire dans un stage où tout le monde est différent a des besoins différents comment faire pour que chacun y trouve son compte alors c'est pas très compliqué ça se fait même très naturellement. Dans les situations de stage, la plupart du temps, ce sont les casseroles qui sont déposées directement sur le comptoir où tout le monde vient se servir. Une casserole avec des légumes, une casserole avec une céréale cuite, en général du riz, quelques accompagnements, bref. Et tout le monde vient faire la queue avec une assiette et se sert comme dans n'importe quel autre buffet. Alors, voilà comment les choses sont bien faites. Les gens les plus young, les plus téméraires, les plus actifs, eux seront au buffet en premier. Et les plus dispersés, les plus traînards, les plus yin seront au bout de la queue. au bout de la file qui fait la queue au buffet. Les pluyans, les premiers arrivés, eux, vont se servir sur le dessus de la casserole, c'est-à-dire des légumes, les pluyines. Ce qui est au-dessus, c'est plus yin que ce qui a cuit tout au fond près de la flamme. Donc les premiers, les pluyans, vont se servir de ce qui est le... plus yin et plus tard, quand arriveront les plus lents, les plus yin, eh bien ils auront droit au fond de la casserole qui est plus yang et les choses vont s'équilibrer tout naturellement. Un nouvel épisode des petites histoires de Michelle vous attend tous les mardis. Pensez à vous abonner à ma newsletter Continuez de voyager au Japon avec moi.