- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue, je suis Nathalie De Vino, assistante au service prévention d'Harmonie Mutuelle et je vous souhaite la bienvenue. Aujourd'hui nous recevons Pauline Lotte, infirmière en puériculture, sur le thème « Bien vacciner, bien protéger » . Pauline, je vous laisse la parole.
- Speaker #1
Bonjour à tous, ravie d'être avec vous aujourd'hui. Moi je suis Pauline Lorette, infirmière péricultrice et consultante parentalité. Et dans mes parents que j'accompagne au quotidien, il y a souvent des questions de santé et notamment cette question sur les vaccins qui revient assez souvent avec des doutes, des interrogations, beaucoup d'infos contradictoires reçues par les parents. D'où l'idée, le plaisir d'être là aujourd'hui pour justement pouvoir redonner des... des informations fiables, de repères et de chiffres, et pouvoir répondre à vos différentes questions.
- Speaker #0
Alors, Pauline, du coup, il y a une première question qui nous vient en tête quand on parle de vaccination, parce qu'on entend effectivement dire plein de choses à ce sujet-là. À quoi ça sert aujourd'hui la vaccination, finalement ?
- Speaker #1
Alors, effectivement, quand on parle de vaccin, on a toujours l'impression qu'on parle de maladies anciennes, de maladies... et que les vaccins n'ont plus vraiment de raison d'être, alors que vraiment il y a beaucoup de maladies qui ont disparu ou réduit grâce aux vaccins. Et c'est justement parce qu'on continue à vacciner que ces maladies peuvent avoir des taux extrêmement bas. Donc par exemple on peut citer la poliomyélite qui a été éliminée ou la diphtérique qui est vraiment très rare au jour d'aujourd'hui. Par contre, ce qu'il faut vraiment avoir en tête, c'est que ce ne sont pas des résultats qui sont définitifs. Ça dépend vraiment du niveau de vaccination qu'on va garder dans les pays. Et on en reparlera tout à l'heure, mais dès que les couvertures vaccinales baissent, on peut réavoir des circulations de virus. D'où l'importance de garder des taux de vaccination suffisants. Et pour se donner un peu un chiffre clé, l'OMS estime qu'on évite… 3,5 à 5 millions de décès chaque année dans le monde grâce au vaccin. Si on peut se donner quelques chiffres, la rougeole pouvait causer 2 à 3 millions de décès dans le monde par an. Et aujourd'hui, on a encore à peu près 100 000 décès dans des zones qui sont trop peu vaccinées.
- Speaker #0
D'accord. Et finalement, une question qui revient, je pense, assez régulièrement, c'est… Est-ce que les vaccins comportent des risques ?
- Speaker #1
C'est une grande question. Effectivement, c'est une vraie question aujourd'hui. C'est une question assez légitime. On parle d'un acte médical, on parle d'une injection. Il y a aussi beaucoup de choses qu'on entend aujourd'hui. Les effets indésirables existent, comme pour tout acte médical. Après, les effets graves des vaccins sont vraiment très rares. et on va dénombrer un cas pour presque un million de doses de vaccins, donc vraiment des effets indésirables graves. Alors, je ne parle pas des petits effets indésirables comme la petite fièvre qui peut survenir après ou des réactions locales, mais vraiment les effets indésirables avec des séquelles et qui vont avoir de la gravité sont extrêmement rares. Et ce qui est intéressant, c'est de venir faire un comparatif avec les risques liés aux maladies. Dans la rougeole, par exemple, on sait qu'il y a des risques d'encéphalite, donc avec des risques neurologiques, de 1 cas sur 1000 infections. Donc, on est quand même sur quelque chose de beaucoup plus fort. Si on prend aussi les coqueluches qui reviennent un petit peu ces derniers temps, on sait que les nourrissons sont amenés à être hospitalisés, voire faire des séjours en réanimation à cause de coqueluches. Et on a d'autres infections qui peuvent donner des séquelles neurologiques ou des séquelles respiratoires assez gravité. qui vont durer dans le reste de la vie de la personne. Donc, on a des vraies séquelles pour les maladies qui sont 100 fois, voire 1 000 fois plus élevées qu'après une vaccination. Donc, la question, ce n'est pas de se demander est-ce qu'il y a un risque ? C'est plus de se dire, est-ce que le risque est côté vaccin ou côté maladie ? Et clairement, le risque est vraiment plus côté maladie que côté vaccin.
- Speaker #0
Et à côté de ça ? C'est vrai qu'on se pose la question parfois parce qu'il y a quand même un nombre de vaccins obligatoires qui sont assez importants et plus ces dernières années. Et finalement, des fois, on a des enfants qui sont en très bonne santé. Pourquoi finalement leur imposer quand même tous ces vaccins ?
- Speaker #1
Alors, on a deux raisons à ça, qui sont une raison personnelle et une raison collective. Alors déjà, c'est à savoir que ce n'est pas parce qu'on est en bonne santé et qu'un enfant va bien, qu'il n'est pas susceptible de faire une forme grave de maladie. Donc tout enfant en bonne santé pourrait avoir une forme grave. Donc déjà, il faut protéger cet enfant, même si globalement, c'est un enfant qui va bien. Et puis l'autre raison, c'est aussi que c'est grâce à la vaccination de la population générale qu'on va pouvoir protéger les plus fragiles, notamment les nouveau-nés qui n'ont pas pu encore avoir les vaccins, des personnes immunodéprimées qui ne peuvent pas recevoir de vaccins ou qui ont un système immunitaire déficient, ou des enfants avec des maladies chroniques. Donc en fait, toute cette population… et protégés grâce à la vaccination de la population générale. Et c'est ce qu'on appelle l'immunité collective. Donc, on a une raison individuelle et une raison collective de vacciner les enfants, même si c'est des enfants.
- Speaker #0
Et finalement, pourquoi vacciner les jeunes nourrissons vraiment aussitôt dans la vie, à quelques semaines, quelques jours de vie seulement ?
- Speaker #1
Alors, la vaccination, un petit peu pour ces raisons, elle intervient tôt parce que c'est justement chez les nourrissons qu'il y a le plus gros risque, parce que le système immunitaire n'est pas encore suffisamment développé. Donc, c'est vraiment l'intérêt de vacciner très tôt, en se disant que plus tôt ils ont les vaccins, plus tôt ils ont le schéma vaccinal complet, plus ils vont être protégés de toutes ces maladies. Et on le voit quand il y a des épidémies, que ce soit de coqueluche. De rougeole, c'est vraiment les petits, les plus concernés en règle générale, parce que le schéma vaccinal n'est pas encore complet. Donc d'où l'intérêt de démarrer relativement tôt dans la vie de l'enfant. On a ça, on a aussi une population qui est plus fragile que des adultes qui ont un système immunitaire plus compétent. Et donc on sait qu'on a ces tronches d'âge qui sont quand même plus sensibles, d'où l'intérêt de démarrer dès que possible les schémas vaccinaux.
- Speaker #0
On peut résumer les vaccins qui sont obligatoires ? Et il me semble qu'il y a aussi des vaccins qui sont conseillés, mais pas forcément obligatoires.
- Speaker #1
Alors aujourd'hui, effectivement, on a un schéma vaccinal qui est assez conséquent. Et dans les principaux qu'on retrouve, on retrouve le fameux DTP-COC, donc la diphtérie, le tétanos, la polio. la coqueluche, l'hémophilus influenzae, qui est une pathologie respiratoire. On a les méningites B et méningites C, qui sont maintenant aussi dans les vaccinations obligatoires. On a l'hépatite B. Et puis après, on arrive sur le ROR, qui est rougeole, oreillon, rubéole. Donc voilà, qui sont les principaux vaccins obligatoires aujourd'hui. Et ce qui donne un schéma vaccinal assez conséquent, puisqu'il y a deux à trois doses pour chaque vaccin. Et après, on a aussi des vaccins facultatifs qu'on peut faire.
- Speaker #0
D'accord. Et ensuite, sur le reste de la vie, là, on parlait vraiment pour la petite enfance, mais ensuite, il y a quand même toujours les rappels d'été polio et ça tout au long de la vie. Il y a le vaccin contre le papillomavirus également ?
- Speaker #1
Oui. Tout à fait. Le vaccin contre le papillomavirus, c'est un vaccin qui est un petit peu différent, qui va être proposé à l'adolescence. C'est un vaccin qui va prévenir notamment le cancer du col de l'utérus chez la femme. On le connaît pour les jeunes filles, ce vaccin. Il y a souvent des questionnements de pourquoi le faire chez les garçons, puisqu'on parle de cancer du col de l'utérus. Mais il est aussi responsable de certains cancers chez l'homme. notamment des cancers ORL ou des cancers de l'anus, donc des choses particulières mais qui existent. Et c'est le seul vaccin qui ne va pas prévenir qu'une maladie, mais qui va prévenir un cancer à l'âge adulte. C'est un vaccin pour lequel on a encore un taux de couverture assez faible en France. On est autour de 50% chez les filles et adolescentes, et entre 30 et 40 seulement chez les garçons. mieux qu'il y a quelques années. Mais quand on regarde tous les pays voisins en Europe, le Portugal, le Royaume-Uni ou les pays du Nord, on est à 80 à 85 de couverture vaccinale, avec vraiment une grande diminution des lésions précancéreuses du col de l'utérus et avec vraiment un objectif pour ces pays d'éradiquer entièrement. le cancer du col de l'utérus. Et on sait que l'Australie est aussi dans cette voie-là, et ça fait plus de 15 ans qu'ils font des campagnes de vaccination massive, avec vraiment des diminutions d'infections de près de 90%, avec des chiffres qui sont quand même notables et qui fonctionnent. D'où le fait qu'on en parle beaucoup en ce moment pour essayer peut-être d'égaler les pays voisins.
- Speaker #0
Et l'âge de conseiller, entre guillemets, pour faire ce vaccin du papillomavirus ?
- Speaker #1
Il est à la période de l'adolescence, ce vaccin. Donc, on sort de la petite enfance. Et on a vraiment, il me semble que c'est avant 15 ans, la première dose.
- Speaker #0
D'accord. OK. Et sur les autres vaccins qui sont très importants, vous pouvez nous dire à peu près lesquels ? On pense à la méningite.
- Speaker #1
Oui, on a aussi ce vaccin contre la méningite qui est rentré dans un calendrier vaccinal obligatoire maintenant chez les petits depuis quelques années, depuis vraiment peu de temps, et qui reste très conseillé sur tous les enfants nés avant 2022 ou 2023, je ne sais plus sur quelle année. Mais du coup, c'est vraiment récent. Donc, tous les enfants nés avant, c'est conseillé de le faire. Les méningites, ce sont des maladies rares, mais qui sont vraiment très graves. Et on sait qu'en quelques heures, même avec une prise en charge, il peut y avoir une évolution gravissime. Ça peut aller jusqu'au décès, dans 5 à 15 % des cas quand même. Et on sait que 20 % de personnes vont garder des séquelles de la méningite. ou des séquelles neurologiques, des séquelles de survie. Donc voilà, c'est une maladie, quand elle se déclenche, on n'a que quelques heures pour agir. Et malgré la prise en charge, on ne sait pas si on arrive à l'arrêter. Donc d'où vraiment l'encouragement à vacciner les enfants et les adolescents. Et on a certaines souches qui sont vraiment plus en recrudescence justement chez les ados et chez les jeunes adultes. Donc d'où aussi les campagnes de vaccination qu'on peut avoir sur ces étrangers.
- Speaker #0
D'accord. Et comment se situe la France finalement par rapport aux autres pays européens ? Parce qu'effectivement, on sait qu'il y a des pays en Afrique notamment où il y a des pénuries de vaccins très importantes et notamment des cas de surdité qui sont occasionnés à cause de la méningite. Mais par rapport aux autres pays de l'Europe, finalement, la France, elle se situe comment ?
- Speaker #1
Bien ! On l'a vu un petit peu pour la… pour le vaccin du papillomavirus. Alors pour les vaccinations obligatoires, on est plutôt bien placé parce que du moment qu'on veut faire rentrer son enfant en crèche ou à l'école, voilà il y a un certain nombre de vaccins dont on a parlé où on n'a pas le choix donc on est plutôt bien placé. Après sur tout ce qui est rappel et vaccination facultative, même sur les vaccinations obligatoires et surtout au moment des rappels les couvertures baissent un petit peu. et les chiffres sont quand même globalement moins bons que sur nos pays voisins, comme le Portugal ou l'Espagne. Voilà, on prend encore l'exemple de la roue de vol, c'est ce qu'on disait au début, on est sur les 92-93 alors que le Portugal monte à 97%, et puis le papillomavirus, c'est l'exemple qu'on a pris où on est à 50%, là où l'Espagne et le Portugal sont autour de 80%. Donc on a encore de la marge de manœuvre. Et c'est ce qu'on sait, c'est que vraiment, les pays bien vaccinés, les maladies vraiment diminuent, deviennent très rares, voire inexistantes. Il y a beaucoup moins d'hospitalisation. Et on sait que dès que les couvertures rediminuent dans certains pays, le virus recircule. Et les maladies peuvent réapparaître avec des épidémies qui reviennent comme ça en quelques mois.
- Speaker #0
Ok, très bien. Écoutez, merci beaucoup en tout cas Pauline pour toutes ces informations qui sont quand même importantes à savoir. Est-ce que vous pouvez nous faire un petit résumé de ce qu'il faudrait vraiment retenir de ce sujet aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je pense que sans parler de... Les chiffres sont plus pour vous donner de l'information concrète. Mais je pense vraiment qu'il faut avoir en tête... La vaccination n'est pas risquée. Et vraiment, les vaccins aujourd'hui sont sûrs. Donc, je pense qu'il n'y a pas de questions à se poser dans ce sens-là. Et s'il y a des questions, il ne faut vraiment pas hésiter à aller faire des recherches auprès de sites comme l'Institut Pasteur, auprès de sites fiables qui pourront vous donner des vraies informations. Et après, je pense qu'en deux mots, il faut vraiment avoir en tête que… Oui, beaucoup de maladies ont diminué, voire disparu, mais ça, c'est grâce au vaccin et grâce à la vaccination qui continue aujourd'hui. On pourrait dire en deux mots que rien n'est acquis. Et que si les vaccinations rediminuent, les maladies peuvent à nouveau émerger. Je pense que c'est un petit peu le discours qu'il faut pouvoir retenir. Et puis l'idée, c'est plus de donner du contenu concret, que les parents... et toutes les informations en tête et puis qu'ils puissent, comme on dit, faire des choix éclairés et puis aussi faire leurs recherches pour pouvoir agir en conscience en sachant un petit peu les tenants et les aides.
- Speaker #0
Très bien, merci beaucoup. Et puis effectivement, le médecin de famille est toujours là pour répondre aux questions des personnes. Très bien. Merci beaucoup Pauline pour toutes ces informations.
- Speaker #1
Merci. Bonne journée à tous.
- Speaker #0
Bonne journée, au revoir. Depuis le temps que les vaccins sont obligatoires, comment se fait-il qu'aujourd'hui il y a quand même une recrudescence de certaines maladies qui revient en force ?
- Speaker #1
Effectivement, on a des maladies qu'on voit réapparaître, et on va prendre le cas de la rougeole, il y a eu pas mal d'épidémies ces dernières années, ça dépend vraiment du pourcentage de couverture vaccinale. Donc si on prend l'exemple de la rougeole, une personne malade peut contaminer 15 à 20 personnes. Donc c'est quand même assez énorme. Et on sait que si on a moins de 95% de la population vaccinée, le virus peut à nouveau circuler. Il suffit de petits pourcentages de personnes non vaccinées pour que le virus se remette en circulation. Et en France, ces dernières années, on est descendu à 92-93%, ce qui est très peu de différence. mais ce qui peut suffire au final à relancer une maladie et des épidémies. Et souvent, et c'est un cas qu'on a eu ces dernières années, c'est vraiment les enfants qui vont être en première ligne de ces épidémies parce qu'ils n'ont pas encore eu toutes les doses de vaccins, ou les personnes les plus fragiles ou immunodéprimées, qui elles ne sont pas forcément... assez compétentes sur le plan immunitaire et qui ont besoin de cette protection vaccinale collective.
- Speaker #2
Harmonie mutuelle, avance une collectif.