- Speaker #0
Ce programme a été créé avec notre partenaire MEE, l'application santé numéro 1 des parents, qui vous accompagne à chaque étape avec des informations et du soutien par des professionnels de santé.
- Speaker #1
Le sommeil de l'enfance, c'est un peu le sujet numéro 1 du jeune parent, si on ne devait n'en choisir qu'un. On nous pose tout le temps la question, alors ça y est, il fait ses nuits ? Et la fatigue s'accumule vite quand non, ce n'est pas le cas, il ne fait pas miraculeusement ses nuits en quelques semaines. Et la culpabilité peut même un peu s'inviter à la table parce qu'on se dit mais qu'est-ce qu'on rate ? Pourquoi est-ce que ce bébé ne dort pas ? Donc aujourd'hui dans cet épisode, uniquement des réponses à ces questions, aucune once de culpabilité. On va parler de tout ça... très concrètement, voir comment faire avec Emmanuelle Rijad, infirmière puricultrice chez Mets, qui en connaît un rayon sur le sommeil. Elle a notamment co-créé le programme d'accompagnement sommeil qu'on propose chez Mets. Emmanuelle, aujourd'hui, je voudrais commencer par te poser une question simple. Est-ce qu'effectivement, le sommeil, c'est vraiment un sujet qui inquiète beaucoup ? Les parents, aujourd'hui, de ta pratique et de tous tes échanges avec eux, notamment sur le chat.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Et puis, c'est 20% des consultations pédiatriques, le sommeil. 20%, oui. C'est un sujet très important et surtout qui impacte vraiment l'épanouissement de toute la famille, puisque le sommeil de l'enfant va impacter le sommeil des parents et donc tout l'équilibre familial.
- Speaker #1
Plutôt est-ce qu'il fait vos nuits, plutôt que lui s'il fait ses nuits.
- Speaker #0
Voilà. Donc souvent, les demandes qui ressortent, c'est des enfants qui ne font pas leur nuit après plusieurs mois, parce qu'au début, c'est tout à fait acceptable, et puis des fois, ça dure très longtemps. C'est des couchers qui vont être difficiles, des endormissements qui vont être longs, avec des enfants qui vont refuser de coucher, qui vont faire des allers-retours, et des parents qui vont être très, très sollicités le soir. Ça va être des problèmes de réveil nocturne, je le disais, cet enfant qui ne fait pas ses nuits. Ou de réveil précoce, les parents se plaignent parce que des fois l'enfant se réveille trop tôt. Des siestes difficiles aussi, on a parfois des enfants qui dorment bien la nuit, mais qui ne dorment pas bien le jour. Et puis on a souvent des parents qui viennent nous parler de régression, avec des enfants qui dormaient bien, puis d'un coup ils ne dorment plus bien. Parce que tout ça est quand même finalement assez instable et rarement acquis avant de nombreuses années. Ça les inquiète les parents parce que tout le monde leur dit que le sommeil, c'est super important pour la santé de l'enfant. Et c'est vrai, je ne vais pas vous mentir. Le sommeil de l'enfant, ça a des bienfaits extrêmement importants pour lui, notamment sa croissance, puisque l'enfant grandit beaucoup pendant son sommeil par l'hormone de croissance qui est sécrétée à ce moment-là. Pour son immunité aussi, c'est un sommeil de bonne qualité qui va faire une bonne immunité. Et puis, c'est durant le sommeil que l'enfant encode les apprentissages de la journée. Donc voilà. Il travaille sa mémoire, c'est aussi le moment où il va organiser ses émotions. Donc ça met la pression aux parents parce qu'ils se disent si mon enfant ne dort pas bien, il a tout ça en moins. Donc relativisons tout de même, c'est pas parce que l'enfant a quelques réveils nocturnes ou qu'il s'endort tard le soir, qu'il va avoir un impact vraiment considérable sur sa croissance, sur son immunité. Donc je veux vraiment les rassurer là-dessus en tout cas. Mais voilà, ça reste important. C'est vrai que le sommeil est quelque chose qui équilibre l'enfant dans sa globalité.
- Speaker #1
Et le sommeil est important aussi pour le parent.
- Speaker #0
Oui, ça impacte aussi son équilibre dans sa globalité.
- Speaker #1
Alors, je sais que tu ne pourras pas répondre dans l'absolu, mais pareil, j'ai envie de me faire un peu le porte-voix des parents. Pourquoi est-ce que mon enfant ne dort ? Oui,
- Speaker #0
alors oui, effectivement, difficile comme ça, sans savoir tout le contexte. Mais il faut quand même se dire que déjà, l'enfant ne dort pas de façon physiologique au départ, puisque le sommeil est immature. Le sommeil doit maturer. Au début, l'enfant, il ne sait pas la différence entre le jour et la nuit. Il a des cycles de sommeil qui sont courts. Il a un sommeil qui est léger. Il a du mal à dormir loin de la proximité de ses parents. C'est dans ce sens-là que je dis que c'est physiologique. il va falloir attendre, il va falloir se montrer patient, il va falloir que tout ça mature, il va falloir que l'enfant gagne en autonomie aussi du sommeil et c'est comme ça sur la mesure des mois voire des années que le sommeil sera plus stable. Pour autant il y a quand même des raisons qui peuvent expliquer qu'un enfant ne dort pas bien. Déjà se dire que chaque enfant a son profil de dormeur. Il y a des petits dormeurs et des gros dormeurs. Et ça, on le voit dès la naissance. Et c'est ce qu'on voit, nous, à l'âge adulte. On est des petits ou des gros dormeurs, c'est depuis qu'on est tout petit.
- Speaker #1
Et donc ça, oui, c'est vérifié sur le site. Oui, tout à fait. Voilà,
- Speaker #0
on a des profils. Il y a des couches tôt, des couches tard. Donc ça, ça va aussi impacter, en fait, la façon dont on va percevoir le sommeil de cet enfant-là. Ensuite, qu'est-ce qui peut expliquer qu'un enfant ne dorme pas bien ? Je disais, quand il est tout petit, c'est ce besoin de maturation, d'apprendre à dormir sans manger la nuit, de pouvoir enchaîner ses cycles de sommeil, les cycles qui doivent rallonger, acquérir ce qu'on appelle le rythme circadien, donc la différence entre le jour et la nuit. Ça, c'est vers six semaines minimum.
- Speaker #1
C'est ça, ce n'est pas inné.
- Speaker #0
Il faut attendre, il faut attendre un petit peu. Après, j'ai envie de dire que tout le monde se réveille la nuit, même toi. On a tous des micro-réveils entre nos cycles de sommeil. Là où c'est problématique, c'est quand l'enfant a besoin de son parent, en tout cas d'une intervention parentale, pour pouvoir repartir dans un nouveau cycle. Nous, quand on a des micro-réveils, on ouvre un oeil, c'est encore la nuit, hop, on se rendort. Mais durant la petite enfance, souvent l'enfant a son micro-réveil entre deux cycles et là, il demande l'intervention de son parent. Et ça, ça peut se travailler. Ensuite, il y a des raisons qui sont courantes avec les âges de l'enfant sur le sommeil. Je pense notamment à l'apparition des cauchemars et des terreurs nocturnes à peu près à partir de 18 mois, qui sont très courants, il y a 6-7 ans quand même. Il y a aussi tout ce qui va être autour de 2 ans, autour du désir d'affirmation, du refus du coucher. Ça va avec forcément, à partir de 3 ans, il y a une grande part d'imaginaire qui prend.
- Speaker #1
vraiment construit sous le lit.
- Speaker #0
Voilà, tout l'espace de l'enfant. Effectivement, il croit aux princesses, mais il croit aussi aux loups, du coup. Donc, ça va impacter des nouvelles peurs. Et puis, je dirais qu'à tout âge, avant de chercher pourquoi il y a des problèmes de sommeil, il faut toujours interroger est-ce qu'il n'y a pas une cause somatique ? Est-ce que cet enfant a mal aux dents ? Est-ce qu'il a mal aux oreilles ? Est-ce qu'il a un reflux ?
- Speaker #1
C'est la base sans laquelle on ne peut avoir un sommeil apaisé.
- Speaker #0
Voilà, tout à fait. Il faut que cet enfant soit en pleine santé physique pour pouvoir ensuite se dire est-ce qu'il a des difficultés de sommeil. Et puis aussi tout ce qui est sécurité affective. À tout âge, on ne dort bien que si on se sent en sécurité. Donc est-ce que cet enfant se sent en sécurité dans ce lit, dans cette chambre, dans ce contexte de vie ? Oui. Voilà.
- Speaker #1
En t'écoutant énumérer tout ça, je me dis que le fait de poser sociétalement la question « ça y est, il fait ses nuits » à partir de 4 semaines, c'est totalement décalé par rapport à ce qu'on sait sur ce sujet. D'accord. Et donc effectivement, plein de réveils différents. Donc c'est pas mal d'analyser un peu tout ce qu'on observe en tant que parent pour se demander peut-être quel type de cause pourrait être... si la coupable et pour voir quelle solution mettre en oeuvre et donc justement sur le côté solution pareil je continue à me faire porte parole d'un parent désespéré qui veut dormir donc j'entends tout ce que tu viens de dire moi je ne suis pas satisfaite avec la façon dont les nuits se déroulent par quoi commencer pour faire bouger les choses chez moi c'est important déjà de se Salut !
- Speaker #0
poser et de définir un peu son projet parental autour du sommeil de cet enfant. Est-ce que c'est l'entourage, par exemple, qui te dit « Alors, il dort encore avec vous ? » Ou est-ce que c'est un besoin qui vient du parent ?
- Speaker #1
C'est une thématique qui est très propice aux injonctions. Oui,
- Speaker #0
les gens aiment bien faire des commentaires ou donner des conseils non sollicités sur cette question. La question, c'est de savoir en tant que parent qu'est-ce qui nous dérange. Est-ce que ça me dérange de passer du temps le soir pour endormir mon enfant ? Est-ce que ça me dérange qu'il me rejoigne la nuit ? Est-ce que ça me dérange ? Tout ça, c'est très personnel. Une fois que c'est identifié, c'est de pouvoir se dire, moi, je voudrais bien que... Donc, se fixer des objectifs réalisables. Je voudrais bien que mon enfant dorme dans son lit. Je voudrais bien qu'il s'endorme tout seul le soir. Je voudrais bien qu'il y identifie un doudou autre que moi, par exemple.
- Speaker #1
Ou à l'inverse... J'aimerais bien qu'il s'endorme dans son lit, mais c'est OK s'il me rejoint la nuit.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
On se laisse tranquille là-dessus. Voilà,
- Speaker #0
c'est juste qu'on se fixe ces objectifs à soi qui nous conviennent. Et on y croit, on les explique à l'enfant au final. Parce que c'est ça aussi la question. Une fois qu'on a identifié ces objectifs, il faut s'y tenir. Il faut les expliquer à l'enfant. Il faut dire, voilà, moi, ça, ça ne me convient plus ce qui se passe en ce moment. Maintenant, je donne l'exemple encore. Je voudrais que tu dormes dans ton lit. À partir de maintenant, je ne veux plus que tu dormes dans mon lit, tu dormiras dans ton lit, donc on va changer ça. Et en fait, en l'expliquant à l'enfant et surtout en étant convaincu de ce qu'on dit. on a déjà fait 80% du travail. Parce qu'en fait, la conviction parentale, le fait d'affirmer ce qu'on va faire et pourquoi, ça va déjà aider énormément l'enfant à changer. Donc voilà, ça part de ça, d'un état des lieux très objectif, de ce qui est important à ce moment-là comme objectif pour nous, dans cette famille, dans ce contexte avec cet enfant, et de s'y tenir en informant l'enfant, et d'être convaincant et convaincu que ça peut changer.
- Speaker #1
Et par contre, j'entends définir son projet parental, mais du coup, ça nécessite de se mettre d'accord quand on est deux, quand il y a deux parents. Par contre, et ça, j'imagine que c'est pas...
- Speaker #0
La cohérence parentale, elle prend tout son sens dans l'accompagnement au sommeil. Parce que c'est clair que si d'un parent à l'autre, le cadre est différent, et s'il y en a un qui autorise, par exemple, trois histoires le soir, et l'autre que une, c'est très compliqué pour l'enfant. L'enfant, il ne sait pas comprendre les nuances. Lui, il a besoin de quelque chose de très clair, de très lisible. Donc, effectivement, je pense que c'est quelque chose, si on est deux parents, sur lequel il faut s'entendre et il faut absolument s'accorder. Donc,
- Speaker #1
on commence par les négociations au sein du couple parental, à la ligne commune du parti.
- Speaker #0
Oui, c'est important. Et puis, une dernière chose aussi, se dire que tout est possible. Parce qu'on a tendance, en tant que parents, à croire que c'est insurmontable ou que ça va être extrêmement difficile. Mais vraiment, je voudrais rassurer les parents. Sur le fait que l'enfant, il peut très vite acquérir de nouvelles habitudes. Il a un cerveau qu'on dit très plastique. Ça veut dire qu'il est capable d'absorber des nouvelles choses très facilement.
- Speaker #1
Plus que nous, en fait.
- Speaker #0
Oui, bien, beaucoup plus que nous. Donc l'enfant, en fait, il peut très rapidement apprendre des nouvelles choses, abandonner une habitude pour en prendre une nouvelle. Il suffit juste de répéter les choses, en fait. Si tu répètes un chemin, et plus tu le répètes, plus il se trace. Et donc, plus tu vas répéter le même cadre, le même environnement, l'enfant, il va apprendre facilement, finalement. de nouvelles habitudes. Donc il faut toujours se convaincre que tout est encore possible. On peut revenir en arrière. Voilà, si on l'a pris dans son lit pendant plusieurs mois et qu'on ne veut plus, on peut revenir en arrière. C'est possible. L'enfant peut apprendre ça, en fait.
- Speaker #1
Et tant que nous, parents, on est convaincus de nos objectifs, on tient le clap et ça va bien se passer. Ok. Quelles sont les quelques notions fondamentales à retenir concernant le sommeil de l'enfant ? J'entendais que tu disais les cycles, le rythme, les profils de dormeur. Est-ce qu'il y a comme ça des notions un peu fondamentales à avoir en tête pour mieux comprendre ce qu'on observe en tant que parent ?
- Speaker #0
Bien sûr. Donc il y a cette chose que j'ai déjà évoquée, cette notion de maturation. Le sommeil qui doit maturer par étapes. Les cycles de sommeil au début sont très courts, puis vont s'allonger, 40 minutes à la naissance, 1h30 à 3 ans. Les cycles vont aussi changer dans leur structure, c'est-à-dire que le sommeil va être plus ou moins profond, plus ou moins léger, donc ça va aussi impacter la capacité de l'enfant à se réveiller. Le fait qu'il faut acquérir le rythme circadien, acquérir le fait que la nuit on dort et la journée on est éveillé, ça, ça s'acquiert aussi avec le temps. Donc ça, c'est déjà cette notion de maturation qui est importante. Et puis, j'ai envie de dire aussi quelque chose qui me semble essentiel, c'est qu'on n'apprend pas à un enfant à dormir. Il sait dormir. Il dort déjà dans le ventre de sa maman. Donc, dormir, il sait faire. Donc, on n'a pas à lui apprendre à dormir. J'entends souvent les parents qui disent « j'arrive pas à l'endormir » . Mais en fait, c'est pas ça votre travail. Le travail des parents, c'est de donner l'environnement qui va faciliter le sommeil. Donc, c'est pas faire dormir l'enfant, c'est mettre les... conditions qui soient favorables au sommeil de l'enfant et si possible éviter de freiner justement ce sommeil. Donc je donne des exemples concrets, moi j'aime bien parler en termes d'amis ou d'ennemis. Les amis du sommeil c'est la sécurité affective, je l'ai dit tout à l'heure, il faut que l'enfant se sente en sécurité pour pouvoir aller au sommeil, il faut que l'environnement soit favorable, je pense à sa chambre par exemple, s'il est dans sa chambre. Une chambre où il se sent bien, qui a son goût, où il a l'habitude de jouer dedans. Un lit qui soit contre un mur où on se sent bien en sécurité. Il faut que son réservoir affectif soit bien rempli. C'est-à-dire qu'il faut qu'il ait pu voir ses parents, profiter de ses parents dans la journée pour pouvoir accepter de s'en séparer au moment du coucher. Il faut aussi que soit respecté son horloge biologique. C'est-à-dire que les parents doivent pouvoir repérer ses signes de fatigue. Savoir faire la différence entre les temps d'éveil et les temps de sommeil. S'assurer que l'enfant est suffisamment fatigué pour pouvoir s'endormir, mais pas trop fatigué non plus. Favoriser la sécrétion de mélatonine le soir en mettant le sombre, en diminuant les lumières, en fermant les rideaux. Et puis enfin, en apportant des routines et des rituels qui vont sécuriser l'enfant et l'aider à se projeter. Tout ça, ce sont les amis du sommeil. Et les ennemis, en deux mots, c'est le stress, les changements, les écrans, l'activité physique avant de se coucher. Tout ça, ça va aller contre le sommeil. Donc tu vois, c'est plein de notions qui vont... Tu fais un peu comme une checklist. Est-ce que mon enfant se sent en sécurité ? Est-ce qu'il se sent bien dans sa chambre ? Est-ce qu'il a suffisamment profité de moi ? Est-ce qu'il a bien identifié la routine du soir ? Est-ce qu'on est bien sur un rituel du coucher qui est bien clair ? Il n'y a pas eu d'écran ? Il n'y a pas de lumière ? Il n'y a pas eu de stress ? Normalement, tout est en condition pour qu'il trouve son sommeil tout seul.
- Speaker #1
Ok. Donc notre but en tant que parents, on dirait qu'on fait un jeu de société, mais c'est de réunir tous les amis du sommeil et de chasser les ennemis du sommeil. Donc si tu veux bien, je voudrais bien revenir en détail sur chacun de ces amis. Donc on a, ce que tu disais, la sécurité affective.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc ça, très important. Et je pense que c'est intéressant d'y revenir encore quelques minutes parce que j'avoue qu'en tant que parent, on se dit, mais moi, mon enfant, il a des problèmes à dormir. Pourquoi est-ce qu'on me parle de ce qui se passe hors du sommeil ? Le lien n'est pas très instinctif, je trouve.
- Speaker #0
Souvent, on dit qu'on travaille la sécurité affective en journée pour favoriser le sommeil du soir. C'est-à-dire que si l'enfant se sent bien en journée dans sa chambre, par exemple, tu prends l'habitude de jouer dans la chambre, de le laisser quelques minutes en disant, je vais chercher un truc et je reviens. Il appréhende la solitude dans sa chambre un petit peu. Surtout, il est bien rempli de son parent. Ils ont pu se connecter, ils ont pu avoir un temps de qualité dans la journée ou dans la soirée. Donc, c'est ça, cette notion de sécurité qui fait que quand il arrive au moment de la séparation du soir, il se sent suffisamment rempli, suffisamment sûr de lui pour pouvoir aller vers cette solitude du coucher malgré tout. Oui,
- Speaker #1
parce qu'en fait, le coucher, c'est une séparation. On a pas trop tendance à le voir comme ça quand on est adulte, mais pour lui, c'est ça.
- Speaker #0
Voilà, et c'est pour ça qu'on parle beaucoup du rituel du coucher, parce que le rituel, c'est ce temps vraiment...
- Speaker #1
Tu peux nous définir bien la différence entre routine et rituel ?
- Speaker #0
Oui, les routines, c'est le déroulement un peu similaire chaque jour d'un moment. Donc la routine du matin, la routine du soir. Oui,
- Speaker #1
donc on connaît nous adultes aussi.
- Speaker #0
Oui, on la fait plus ou moins, et c'est vrai que les enfants, ils aiment bien les routines, ça les rassure. C'est bien de faire des routines très claires, avec des déroulements toujours identiques. On rentre de la crèche, on rentre de l'école, on fait le bain, on fait les devoirs, on fait le repas, enfin tu vois. Ça, c'est vraiment le truc qui aide l'enfant dans la journée à se repérer au niveau du temps. Le rituel, c'est plus le moment un peu clé de la séparation, le moment de transition entre le moment où on est ensemble et on n'est plus ensemble. Donc le rituel du coucher, c'est important qu'il soit court, clair, bien défini, avec un début et une fin. Par exemple, ça va être on se met en pyjama, on se brosse les dents, on fait un gros câlin, on lit une histoire, on se raconte quelque chose et on se fait un moment d'au revoir, avec un bisou, avec un moment de « on va se retrouver » . A tout à l'heure, à plus tard, à demain matin, fais des beaux rêves, un truc un peu positif. Et c'est ça, tu vois, le rituel du coucher. C'est le moment où l'enfant, il se dit, OK, je suis bien rempli. Il m'a dit au revoir, on va se retrouver.
- Speaker #1
OK, très clair. Donc, tu parlais aussi de repérer le bon moment pour se coucher. Mais ça, parfois, il faut être un petit peu charlotte comme je trouve. Parce qu'en tant que parent, ça peut quand même être un petit peu mystérieux de savoir ça.
- Speaker #0
Le bon moment pour se coucher, c'est quand la pression de sommeil, elle est suffisante. Donc, c'est quand l'enfant est suffisamment fatigué pour avoir envie de dormir. Mais il ne faut pas qu'elle soit non plus trop importante, parce que si l'enfant est trop fatigué, il n'arrive plus à s'endormir. Donc voilà, il faut mesurer un peu ce temps d'éveil suffisant. Et puis souvent, il faut repérer les signes de fatigue. Les enfants, quand ils sont fatigués, ils baillent, ils se frottent les yeux, ils se frottent les oreilles, ils sont grognons, ils sont agités. Et ce moment-là, c'est déjà le début de l'endormissement. C'est le début, le fameux train du sommeil. Dans un quart d'heure, l'enfant dort. Donc les signes de fatigue sont là, on enchaîne très vite le rituel et on se met au lit.
- Speaker #1
Et est-ce qu'on fait plus attention aux signes de fatigue ou aux côtés, il se couche à 19h30 ? Un peu les deux.
- Speaker #0
C'est important de repérer les signes de fatigue et de trouver la bonne heure pour son enfant et de se tenir à cette heure de façon régulière. Mais un enfant, ça va être 19h, l'autre, ça va être 20h. Ça dépend un peu des enfants, ça dépend aussi du contexte de la journée aussi.
- Speaker #1
Ok, donc on regarde un peu les deux. Tu parlais des cycles et du fait de pouvoir enchaîner ces cycles, ça tu l'as bien expliqué. Est-ce que c'est ça qu'on appelle un peu cette fameuse notion qu'on entend beaucoup, l'endormissement autonome ?
- Speaker #0
L'endormissement autonome, c'est le fait de s'endormir dans son lit sans l'intervention active de l'adulte.
- Speaker #1
C'est ça. Et au fil d'enchaîner les cycles la nuit.
- Speaker #0
Du coup, ça implique le ré-endormissement autonome. Ça veut dire qu'entre ces fameux micro-réveils de la nuit, entre deux cycles de sommeil, l'enfant est capable de replonger dans le cycle suivant sans l'intervention de l'adulte.
- Speaker #1
Et donc ça, comment on... On apprend ça. Alors tu disais qu'on n'apprenait pas à dormir, mais comment est-ce qu'on accompagne vers l'endormissement ? L'autonomie du sommeil, voilà.
- Speaker #0
Comment on l'accompagne ? En aidant l'enfant à gagner en autonomie, tout comme il va apprendre progressivement à manger tout seul, il va apprendre à dormir tout seul, par petites touches. Ça peut être au début des petites siestes, tout seul dans son lit. Ça peut être des interventions qui sont de plus en plus éloignées. Par exemple, au début, il est dans nos bras, puis il est dans le lit avec notre main sur lui. Peut-être il est dans le lit et on est à côté. Et puis on s'éloigne progressivement.
- Speaker #1
Par étapes.
- Speaker #0
Par étapes, voilà, par étapes. Ou alors par... par essai. Par exemple, on le met dans le lit, on sort, et puis on revient si besoin. Et puis on fait plusieurs allers-retours. Donc en fait, ça dépend un petit peu comment on sent son enfant aussi, si on le sent prêt. Et comment nous aussi, on se sent prêt.
- Speaker #1
C'est la fameuse question des pleurs, de qu'est-ce qu'on fait face aux pleurs et tout ça.
- Speaker #0
Oui, l'idée, c'est puisqu'on a dit que le prérequis, c'était la sécurité affective, donc il faut qu'il se sente en sécurité, donc on ne va pas le laisser pleurer pendant des heures pour qu'il apprenne l'autonomie. On va l'accompagner entre, voilà, entre je le rassure et je le laisse explorer un peu le sommeil, on trouve un juste équilibre. Pour l'aider à gagner en autonomie. Et puis ça se fait au fur et à mesure des essais et de l'âge aussi. Et de l'accompagnement.
- Speaker #1
Selon l'enfant et le parent. Parce qu'en fait, les pleurs, c'est aussi très dur pour le parent.
- Speaker #0
Et puis, ce n'est pas une fin en soi. Si on veut rester à côté de son enfant pour l'endormir le soir. Et il y a des enfants qui sont avec le parent le soir et qui ne se réveillent pas la nuit. Ça se passe très bien aussi. Donc, ça dépend vraiment des enfants.
- Speaker #1
On en revient à ce que tu disais sur trouver son projet en tant que parent.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
essayer de répondre oui à la question est-ce qu'il fait ses nuits ok très clair donc je pense qu'on a en tête un peu tous tes conseils même si je comprends qu'il n'y a pas une méthode qui marcherait je pense que la personne qui l'aurait inventé serait ridique à l'heure qu'il est donc il n'y a pas une méthode qui va convenir à tout le monde mais il y a un peu des infos à connaître et ensuite des observations des ratages et on réessaye et ainsi de suite et ça va le faire et je ne veux pas en remettre une couche mais une fois que tout ça c'est bon on a appliqué tout ce que tu as dit l'enfant dort, tout va bien c'est bon pour toujours fin de l'histoire ?
- Speaker #0
Non c'est très fragile parce qu'en fait il y a des régressions du sommeil très courantes mais liées à tous les changements qui sont inhérents à la petite enfance et notamment tout ce qui est maladie les rhumes, les poussées dentaires Les outils, tous les changements. Dès qu'on va changer quelque chose, on change de lit, on change de chambre. Il y a un changement chez la nounou. Il y a un changement dans la famille. Il y a un petit frère, une petite sœur qui est arrivée. À chaque fois, ça impacte le sommeil. Mais ce n'est pas grave parce qu'en fait, du moment que c'était acquis, ça reviendra. Il ne faut pas paniquer. Il faut garder les routines. Il faut garder le cadre, le rituel. Et en deux, trois semaines, ça revient. Effectivement, ça reste fragile. Je dirais encore cinq, six ans. Et après, on sent que c'est plus solide. Mais voilà, tous les changements vont impacter directement le sommeil. Il ne faut pas paniquer, il faut reprendre les routines et le cadre et ça revient à l'équilibre.
- Speaker #1
Bon, donc le sommeil de son enfant, ce n'est pas toujours un long fleuve tranquille, mais on garde bien à l'esprit toutes les clés précieuses que tu nous as partagées et bientôt toute la famille fera ses nuits de façon apaisée. Est-ce que tu veux peut-être finir par l'ado qu'on va devoir réveiller ensuite dans quelques années ? Essayer de savoir cette image-là en tête.
- Speaker #0
L'ado, vous irez le sortir du lit, il sera midi. Voilà,
- Speaker #1
ça sera d'autres types de problèmes.
- Speaker #0
Il va encore tout en s'obéir.
- Speaker #1
Bon, on se quitte là-dessus. On se quitte sur cette belle vision de l'ado qu'on n'arrive pas à réveiller. Merci beaucoup, Emmanuelle.
- Speaker #2
Harmonie mutuelle, avançons collectif.