- Speaker #0
Une enquête de 2024 révèle que 4 femmes sur 5 souffrent de douleurs menstruelles. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas une fatalité. Il existe des solutions pratiques, qu'elles soient naturelles ou médicales. Bienvenue dans ce podcast d'Harmonie Mutuelle consacré à la santé des femmes. Une série de rencontres avec des experts pour mieux comprendre l'importance de la prévention. Dans cet épisode, nous abordons le sujet de vos règles, ce qui se passe, les troubles les plus courants, et surtout, les solutions pour mieux les vivre. Pour en parler, nous avons le plaisir d'accueillir le Dr Ounil Bago, gynécologue obstétricienne, aux côtés de Fabrice Perrosocine, cofondateur d'Akayogi, société spécialisée dans la prévention santé.
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous, on est ravis de vous accueillir pour ce vidéocast sur les règles des solutions pour plus de bien-être. Et on va vous présenter Odile, qui est avec nous. pour ce vidéocast. Donc Odile, je crois que vous êtes gynécologue obstétricienne, que vous recevez toujours des patientes, que vous passez sur de nombreuses émissions, notamment le Mac de la Santé sur France 5, et que vous avez déjà écrit plusieurs ouvrages sur le sujet.
- Speaker #2
Oui, alors c'est vrai que j'ai au départ une formation de gynécologue complète, mais très rapidement, je me suis intéressée à une dimension plus globale de la femme, et donc je me suis formée en gynécologie psychosomatique, en psychanalyse aussi, et j'aime bien dire que pour moi, les femmes, ce n'est pas des utérus à patins, c'est bien plus que ça.
- Speaker #1
Merci Odile pour cette présentation rapide. Alors, quel âge pour les premières règles et jusqu'à quand ?
- Speaker #2
L'âge moyen des premières règles, en tout cas dans nos pays, c'est 11 ans et demi. Ça s'est rajeuni effectivement depuis les 3-4 dernières décennies, puisque c'est quand même lié aussi à l'état nutritionnel de la population. Ça ne descend plus beaucoup. Maintenant, des règles avant 9 ans, c'est une puberté précoce. Ça, on en a davantage, entre autres pour des raisons de perturbateurs endocriniens. Et puis, on parlera de puberté tardive au-delà de 16 ans. D'emblée, au-delà de 16 ans, s'il n'y a pas de règles, regardons quand même le poids de la jeune fille. N'oublions pas les anorexies à l'adolescence qui s'accompagnent de règles tardives. Pour les dernières règles, c'est un peu plus simple. Là, on a un âge moyen de 51 ans. Et la ménopause sera confirmée au bout d'un an complet sans règles.
- Speaker #1
C'est très clair. Musique Odile, qu'est-ce qui se passe concrètement au moment des règles ?
- Speaker #2
Alors, les règles, ça correspond à ce qu'on appelle la désquamation, c'est-à-dire la chute du tissu qui tapisse l'intérieur de l'utérus. Et ce tissu à l'intérieur de l'utérus, qu'on appelle l'endomètre, il va évoluer en fonction des variations hormonales de la femme. Alors, les règles, elles inaugurent le cycle. Elle commence le premier jour du cycle, c'est le premier jour des règles. Et toute la première partie du cycle, c'est-à-dire jusqu'à l'ovulation, l'ovaire va commencer petit à petit à fabriquer une première hormone qu'on appelle l'œstrogène, qui est vraiment au plafond au moment de l'ovulation. Et quand arrive l'ovulation, l'ovaire va se transformer dans une glande qui s'appelle le corps jaune. Et ce corps jaune, il a une fonction, il va fabriquer la fameuse progestérone. Et quand on est après l'ovulation... le tissu de l'utérus qui est tout fin, tout au début, eh bien, il devient vraiment épais, sous l'effet des oestrogènes, bien sûr, mais aussi cette progestérone qui va faire développer des vaisseaux à l'intérieur de ce tissu. Parce que ce tissu, il est là, en théorie, naturellement, pour accueillir une grossesse. Mais bon, on ne tombe pas enceinte tous les mois, fort heureusement. Et lorsque il n'y a pas de grossesse, la progestérone, cette hormone, va chuter brutalement. Et c'est cette chute de la progestérone qui va faire que l'endomètre va... C'est pour ça qu'on peut avoir parfois des petits bouts de tissu quand on a ces règles, et ça s'accompagne évidemment d'un flux sanguin. Si on a un bon équilibre hormonal et si on n'a pas d'anomalies au niveau de l'endomètre, on aura des règles qui vont être normales en abondance et en durée.
- Speaker #1
Merci Odile. Et en fait, c'est quoi des règles normales ?
- Speaker #2
Des règles normales, il faut qu'elles soient normales dans leur fréquence. Donc elles vont venir tous les 24 à 34 jours. C'est à peu près la fréquence qui est considérée comme normale. Il faut qu'elles soient normales en durée. Des règles naturelles normales, ça dure grosso modo une semaine. Normales en abondance. Le problème, c'est quand elles sont trop abondantes. Là, on parlera de ménorragie. Si elles ne sont pas abondantes, tant mieux, champagne. On est embêté moins longtemps. Et puis surtout, il ne faut pas qu'elle soit douloureuse. Vraiment, pour moi, c'est extrêmement important de dire que des douleurs de règles, ce n'est pas une fatalité. Il faut toujours lutter contre.
- Speaker #1
Ça, je crois que c'est votre credo. Ne pas souffrir inutilement. On y reviendra, mais très clairement, c'est un point de vigilance et parfois de contre-nature pour certains. On n'est pas là pour souffrir. On n'est pas là pour souffrir.
- Speaker #2
On n'est pas là pour être enquiquiné par ses règles. Voilà le message.
- Speaker #1
Merci, Odile. Et quand les choses ne se passent pas bien, quels sont les troubles les plus fréquents ?
- Speaker #2
Les troubles les plus fréquents sont les douleurs des règles, ce qu'on appelle la dysménorrhée. Ce sont les règles trop abondantes, ça s'appelle donc les ménorragies, et puis les cycles irréguliers, les règles trop rapprochées ou les règles qui arrivent avec du retard.
- Speaker #1
Alors, parlons justement de la dysménorrhée. Qu'est-ce que c'est exactement ? Comment ça fonctionne ?
- Speaker #2
La dyspénorrhée, c'est vraiment un sujet central et qui souvent concerne pas mal les jeunes filles aussi. La dyspénorrhée, ce sont des règles trop douloureuses ou des règles qui sont un peu douloureuses, mais qui ne sont pas soulagées par un antalgique. Alors, le mécanisme de la dyspénorrhée, il est intéressant à connaître parce que vous verrez qu'on va agir sur les trois mécanismes. La dyspénorrhée, par définition, c'est la douleur. Mais la dysménorrhée, un de ses mécanismes, c'est de l'inflammation. L'utérus, n'oublions pas, c'est un muscle. Et ce muscle, il va contracter. Donc c'est de la contraction. Ce qui veut dire que si on veut lutter contre la dysménorrhée, on va agir sur la douleur. Donc on va donner un antalgique. Le plus courant, c'est le paracétamol. Et la plupart du temps, c'est suffisant. Il va aussi falloir lutter contre l'inflammation. Et c'est pour ça que les anti-inflammatoires, il y en a un qui est donné volontiers, qui s'appelle l'antadys. sont particulièrement efficaces dans les dysménurés. Et enfin, si on veut lutter contre la contraction utérine, on donne souvent du spasmon, mais très honnêtement, ce n'est pas nécessairement le plus efficace des traitements. Le plus connu, le plus courant, bien sûr, c'est l'endométriose. Les douleurs de règles, c'est vraiment le symptôme majeur de l'endométriose. Une douleur de règles qui ne passe pas avec une pilule ou s'il y a d'autres symptômes, il faut impérativement aller chercher cette pathologie.
- Speaker #1
Mais ce n'est pas systématique.
- Speaker #2
Alors, ce n'est pas systématique. S'il n'y a pas d'endométriose, l'échographie peut nous montrer des polypes, peut nous montrer des fibromes, par exemple. Mais là, on y pense toujours à cette pathologie, c'est quand même 10% des femmes, ça fait beaucoup.
- Speaker #1
Ça fait beaucoup. Donc effectivement, ce fameux ratio 10%, vous dites douleur douloureuse. Ça peut clairement être une endométriose.
- Speaker #2
Voilà, mais là c'est vraiment sur l'interrogatoire, sur les symptômes. C'est ce qu'on appelle une dyspénurie aggravée, c'est-à-dire que tous les mois ça va être pire. Et puis il va y avoir d'autres signes qui peuvent être digestifs, qui peuvent être urinaires. Parce que l'endométriose, c'est ce fameux endomètre dont je vous ai parlé tout à l'heure, qui en tout cas des cellules du même type que l'endomètre on va dire, qui se retrouvent sur d'autres organes. Par exemple au niveau de l'ovaire, ça va donner des kystes parce que l'endomètre, On a bien vu qu'il pousse tous les mois et ensuite il saigne. Si vous avez un tissu comme l'endomètre sur un ovaire, tous les mois il va pousser, il va saigner et ça va faire un kyste. Et si vous avez ça dans l'intestin, vous imaginez les douleurs que ça peut donner avec tout un panel de réactions inflammatoires autour.
- Speaker #1
Et pour les règles trop abondantes ?
- Speaker #2
Alors les ménoragies, ces règles abondantes, C'est un vrai handicap pour les femmes, d'abord pour la qualité de vie, de se retrouver avec un pantalon blanc taché, c'est quand même pas très drôle en été. Mais surtout, à force de saigner trop, les 28 jours qui séparent deux périodes de règles ne vont pas être suffisants pour refabriquer suffisamment de globules rouges. Et donc les femmes vont s'anémier, elles vont perdre petit à petit des globules rouges, elles n'arriveront jamais à remonter à leur niveau. Et l'anémie, ça c'est vraiment quelque chose qui va avoir des conséquences sur la santé. Évidemment ça va donner de la fatigue, ça va donner des troubles du sommeil par manque de fer. Ça peut donner des chutes de cheveux, ça peut même aller jusqu'aux essoufflements. Mais comme les femmes sont souvent des bons petits soldats, elles disent « oui, je saigne beaucoup, je suis fatiguée, c'est normal, j'ai du travail, j'ai les enfants et tout ça. » J'ai vu au cabinet des femmes arriver avec une hémoglobine, c'est ça qui m'a mesuré l'anémie. J'en ai vu un jour une à 6 grammes, ce qui est très très peu. J'ai une amie qui monte les deux étages de mon cabinet et me dit « c'est bizarre, je ne comprends pas, je fais souffler » . Quand j'ai vu sa prise de sang, j'ai compris pourquoi elle était essoufflée. Donc, il faut vraiment pouvoir évaluer cette parte sanguine. Mais ça, c'est un peu subjectif. On n'a pas un verre mesureur pour voir tous les mois si on est en dessous des 80 millilitres réglementaires ou pas.
- Speaker #1
Alors, vous avez quelque chose d'objectif pour effectivement le vérifier. Si on est dans un cas où on a un niveau d'hémoglobine qui est trop faible, qu'est-ce qu'on peut faire ?
- Speaker #2
On a deux manières de faire. Déjà, on va traiter la conséquence immédiatement, c'est-à-dire on va donner du fer. Mais ça ne sert à rien de remplir par en haut si on continue à perdre par en bas. Donc on va surtout chercher une cause. Et là, en fait, c'est un peu comme pour la dysménorrhée. On a des causes dites organiques, donc on va trouver à l'échographie, à la polype, à la fibrome, ou l'endométriose qui donne aussi des règles très abondantes quand l'endométriose se développe dans l'utérus lui-même, ça s'appelle l'adénomiose. Et puis... on va essayer de diminuer l'abondance de ces règles. Toujours le même raisonnement. Dans un premier temps, on va se dire, on va jouer juste sur les règles. On a des médicaments antiemoragiques qui peuvent diminuer un peu l'abondance, qu'on peut prendre sur deux, trois jours, parfois ça suffit. Si ça ne suffit pas, il faut quand même savoir qu'un traitement hormonal, soit de la progestérone en deuxième partie de cycle, soit tout simplement mettre sous pilule, les règles sous pilule durent trois, quatre jours, elles ne sont pas abondantes, elles ne sont pas douloureuses, on a un vrai bénéfice. Et si ça ne suffit pas, on peut aller jusqu'à prendre une pilule en continu. Donc on ne fait pas la petite pause de quelques jours. Donc on n'a pas de règles, donc on n'a pas de douleurs, donc on n'a pas des règles très hémorragiques. Donc on économise du globule rouge. C'est quand même une bonne solution.
- Speaker #1
Et donc on va mieux.
- Speaker #2
On va beaucoup mieux.
- Speaker #1
Odile, parlons maintenant des règles irrégulières. Qu'est-ce qu'on peut dire ?
- Speaker #2
Alors les règles irrégulières, il y en a deux sortes. soit les règles qui arrivent trop tôt donc là on va se retrouver dans la même logique que nos ménoragies parce que saigner tous les 21-22 jours ça va s'accumuler on va être aussi en anémie et souvent ces règles qui arrivent trop tôt c'est un manque de progestérone en deuxième partie de cycle et ça s'accompagne aussi de règles hémorragiques donc ça va être la même conduite à tenir pour ces saignements rapprochés qu'avec nos ménoragies on va pouvoir donner une pilule s'il faut ou rajouter de la progestérone Maintenant, on a l'autre versant qui est plus fréquent, parce que ces règles rapprochées, disons d'emblée que ça concerne pas mal la jeune fille et puis les périodes avant l'aménorée. Et alors, on a ce qu'on appelle l'aménorée, c'est-à-dire de ne pas avoir de règles secondaires, si on n'a pas de règles depuis un certain temps, ou des cycles très longs. La première chose, surtout chez une femme en âge de procréer, s'il y a une aménorée, même si elle vous jure la main sur le cœur qu'elle n'est pas enceinte, Faites un test de grossesse. J'ai le souvenir encore d'une petite jeune fille de 17 ans qui me jurait de n'avoir jamais eu de rapport et je pose la sonde d'échographie sur son ventre et là j'avais un joli bébé de 4 mois qui me faisait coucou à la caméra. Donc voilà, demandez un test de grossesse dans une aménégrée secondaire. Les fameux dénis de grossesse, ça existe et j'en ai rencontré plusieurs dans ma carrière. Maintenant on a d'autres causes plus fréquentes, en particulier de... d'absence de règles ou de règles très espacées tous les 2-3 mois, qu'on appelle le syndrome des ovaires polycystiques. Donc, ça s'appelle le SOPK. Et ça aussi, c'est une maladie de la femme qui est fréquente, à peu près au même titre que l'endométriose, dans les 10%, mais qui est moins connue. Et ce SOPK, il a différentes manifestations. Et pour faire le diagnostic, il en faut moins d'eux que celles que je vais vous citer. Donc, on a ce qu'on appelle la... pas nioménorées, c'est-à-dire des règles très espacées. Donc là, on a ce premier signe au niveau des règles. Le plus souvent, c'est des femmes qui ont des signes d'hyperandrogénie, c'est-à-dire une imprégnation de type hormone mâle trop importante. Une pilosité excessive, une chute de cheveux de type masculine, au niveau des lobes frontaux, et bien sûr de l'acné, souvent. Donc ça, c'est les signes d'hyperandrogénie, soit qu'on voit comme ça, soit par un dosage hormonal. L'un ou l'autre, ils ne sont pas forcément présents tous les deux. Quand on va faire une échographie, là on aura un diagnostic parce qu'on verra sur les ovaires des microcystes. On verra des petits points noirs comme ça, il faut qu'il y en ait au moins 20 par au vert. Et enfin, dans trois quarts des cas, ces femmes ont aussi ce qu'on appelle un syndrome métabolique. Quand elles sont surtout jeunes, il y a le problème de l'obésité. C'est très souvent associé au SOPK. On pensait que c'était systématique, aujourd'hui on sait qu'on a des femmes qui n'ont pas de problème de poids, qui ont quand même un SOPK. Et le problème de syndrome métabolique et de ce surpoids, entre autres, et du SOPK, c'est qu'on va avoir... des problèmes de fertilité. Si vous ovulez tous les 4 mois, c'est votre chance de tomber enceinte tous les 4 mois. Ça ne fait quand même pas beaucoup. Mais on sait que la perte de poids va améliorer la fertilité. Et le problème du syndrome métabolique, c'est qu'avec l'âge, l'évolution du SOPK est intéressante. C'est-à-dire, quand les femmes sont jeunes, c'est surtout le côté gynécologique qui est là. C'est-à-dire ces règles qui ne viennent pas, etc. Au fur et à mesure qu'elles avancent en âge, vers la quarantaine, elles commencent à avoir des cycles réguliers. Mais attention, celles qui avaient un surpoids... poids si elles ne sont pas vigilantes. À 40 ans, c'est diabète, hypercholestérolémie, hypertension. Donc, c'est vraiment une maladie générale, mais au niveau des règles, ça va se manifester par cette spagnuménorée des règles rares.
- Speaker #1
C'est très clair. Merci Odile. Pour finir une question fréquente, Odile, est-ce que c'est dangereux pour supprimer les règles d'utiliser la pilule ou le stérilet à progestérone ?
- Speaker #2
Alors ça, c'est vraiment une très bonne question parce que c'est souvent la peur de certaines femmes. Vous avez compris que dans certaines situations, des règles très douloureuses ou très hémorragiques, il faut supprimer les règles au moins pendant un certain temps. Le fait de ne pas avoir de règles, c'est vrai que souvent dans l'imaginaire, on a l'impression que les règles sont là pour détoxifier, pour nettoyer. Ça n'a pas de sens. Je dirais, une femme qui est enceinte, elle n'a pas de règles, elle ne s'empoisonne pas pour autant. Et les femmes ménopausées, je suis à preuve du contraire, elles ne sont pas non plus complètement empoisonnées. Donc le fait de ne pas avoir de règles, ce n'est pas grave. Ce n'est pas dangereux, ça vraiment, il faut le savoir. Pour ne pas avoir de règles, il y a plusieurs moyens. Pour la pilule, quand on prend une pilule, classiquement, trois semaines de pilule, une semaine d'arrêt, trois semaines de pilule, une semaine d'arrêt, c'est simplement parce qu'on a donné à manger à notre utérus, à l'endomètre, des oestrogènes de la progestérone pendant trois semaines. Vous le privez de progestérone, bête et disciplinée, il saigne. Ce n'est vraiment pas compliqué. Et on a fait des pilules à trois semaines sur quatre, simplement pour faire semblant. d'avoir des règles tous les 28 jours. Donc, on peut parfaitement bien, soit de manière générale, soit à l'occasion des vacances, par exemple, se dire, j'enchaîne deux ou trois plaquettes. Ça marche pratiquement à tous les coups. Parfois, on a un petit saignotement et c'est absolument pas dangereux. Et ça peut être thérapeutique quand il faut se refaire un peu de globules rouges. Donc ça, on n'a pas de règles parce qu'on a bloqué le cycle. On a agi au niveau de l'hypophyse pour qu'il n'y ait pas d'ovulation. Stéril à la progestérone est un vrai traitement. des règles hémorragiques. Alors, c'est aussi une contraception, mais ça a aussi une indication règles hémorragiques. Et ça agit très différemment. Maintenant que vous avez tout compris sur le mécanisme des règles, le stéril à la progestérone, il va diffuser localement, au niveau de l'utérus de la progestérone, mais là, on continue, qui va faire que l'endomètre ne peut pas se développer sous l'effet des oestrogènes. Donc, l'endomètre, il est tout fin et il est maintenu comme ça tout le temps. Donc, il ne va pas saigner. Mais, Comme c'est une contraception locale, que la diffusion de la progestérone est juste au niveau de l'utérus, ça ne va pas perturber l'ovulation. Donc ce sont des femmes qui ont des cycles, ça veut dire qu'elles vont ovuler tous les mois, elles ont leur équilibre hormonal tout à fait naturel et normal. En revanche, elles n'auront pas de règles. Et ça, c'est tout bénef. D'autant plus que ce stérilet, alors on en a un petit pour les femmes qui n'ont pas accouché, qui reste en place 5 ans, ça va, et celui qui est plus gros peut rester en place 8 ans. Donc ça, c'est vraiment une... très bonne solution, surtout pour les femmes en transition ménopausique, on va dire, alors à partir de 45 ans, mais entre 40 et 50 ans, c'est une super contraception parce que les pilules, c'est plus trop recommandé à cet âge-là, et ce stérilé à la progestérone va éviter les cycles de transition ménopausique, des cycles courts, des règles longues et hémorragiques. Donc ça, c'est vraiment une bonne solution de contraception qui fera double emploi chez ces femmes-là.
- Speaker #1
Et Odile, est-ce qu'il y a des inconvénients. pour ce stérilet à progestérone ?
- Speaker #2
Les inconvénients, les effets secondaires du stérilet à progestérone. Dans les 3 à 6 semaines qui suivent la pause, ça saignote un peu. C'est normal parce que l'endomètre doit régresser, il doit devenir tout fin. Chez des femmes qui ont des problèmes d'hyperandrogénie, comme on dit, déjà un peu d'acné ou une pilosité importante, ce stérilet peut l'aggraver, mais un tout petit peu, parce qu'il va agir par contiguïté, parce que c'est tout près des ovaires. Ou parfois il peut faire des kystes, un petit peu comme dans le syndrome des ovaires polykystiques, ou vraiment un kyste fonctionnel dans 30% des cas, qui en lui-même n'est pas pathologique, ne fait en général pas mal, pas de douleur, on le voit à l'échographie de manière générale. Mais globalement la tolérance est excellente.
- Speaker #1
Rodi, sur un sujet un tout petit peu différent, quelles sont les meilleures protections pour les règles chez les femmes ?
- Speaker #2
Alors la meilleure protection, c'est celle qui lui conviendra le mieux. Très bonne réponse. Attends, on peut avoir quand même une vision un petit peu plus globale. On peut déjà se dire d'avoir une vision un peu responsable et écologique dans ces conditions. Il est vrai que les serviettes hygiéniques classiques qui sont traitées, qui sont blanchies, qui sont chlorées, qui font des déchets, si on peut les éviter, c'est quand même un petit peu mieux. Il existe des protections qui sont lavables. Et aujourd'hui, ça n'existait pas quand j'étais plus jeune, ça m'avait même fait sourire quand c'est sorti, les culottes de règles. Les culottes de règles, c'est vraiment très bien pour les jeunes filles. Beaucoup de jeunes filles, ou de femmes bien sûr, qui les utilisent. C'est écologique, ça finit par être économique. c'est bien supporté. Ça ne suffit pas toujours pour des gros flux sanguins, mais c'est quelque chose qui se développe vraiment beaucoup. Et maintenant, on a quand même les protections internes, qui sont les tampons. Alors, les tampons périodiques, on en a eu très, très peur, puisqu'il y a ce fameux choc toxique staphylococcique qui arrive très rarement, qui est effectivement très, très grave, mais qui ne devrait pas survenir si on garde son tampon moins de 4 heures. Le tampon, c'est quand même commode quand on veut faire du sport, ou bien si on va à la piscine, par exemple. Je crois qu'il faut l'avoir, pas forcément systématiquement, mais ça c'est vraiment un choix, mais dans certaines circonstances, c'est bien. D'un autre côté, moi j'encourage pas mal les jeunes filles, aussi de temps à autre, à utiliser les tampons. Pourquoi ? Parce qu'une jeune fille qui a mis un tampon périodique, avant ses premiers rapports, elle peut tout à fait le faire, il n'y a pas de contre-indication. Ça n'abîme pas l'hymen pour ceux qui voudraient le garder intact. Mais au moins, c'est une jeune fille qui connaît son corps et qui n'a pas peur. Et en général, il n'y a pas de difficultés au moment des premiers rapports. Donc ça, ça peut être aussi pédagogique, je veux dire, d'utiliser un tampon périodique. Et bien sûr, ce tampon sera utile, comme je le disais, dans les activités spécifiques. Maintenant, on a aussi les coupes menstruales. Donc les coupes menstruelles, c'est un dispositif qu'on va placer dans le vagin, sur le col et qui va récupérer le sang. Alors c'est très écologique, puisqu'on achète juste un dispositif. Il faut savoir effectivement le faire. Il faut avoir quand même un disposition quand on va aux toilettes, un lavabo, pour pouvoir vider sa coupe, la nettoyer, se laver les mains. Ce n'est pas toujours commode, mais il y a des femmes qui l'utilisent avec plaisir. Et puis alors il y a une petite originalité qui s'appelle le flux instinctif. Alors le flux instinctif, C'est des femmes qui ont appris à contrôler suffisamment leur périnée, qui sont capables de retenir le flux des règles et de l'évacuer au fur et à mesure quand elles vont aux toilettes. Oui, ça vous a l'air de vous surprendre, mais il y a des associations qui promeuvent cette technique-là, qui est très naturelle. Je pense quand même que quand le flux est très abondant ou une femme qui a un périnée qui a bougé plusieurs fois, qui est un petit peu faible, ça va être compliqué. compliqué,
- Speaker #0
mais pourquoi pas.
- Speaker #1
Odile, on a, j'espère, balayé le spectre du sujet relativement largement. Pour terminer, peut-être trois conseils ou trois points clés, qu'est-ce qu'on pourrait retenir de notre conversation ?
- Speaker #2
Déjà, se dire, c'est vraiment mon message, c'est les règles douloureuses, ce n'est pas une fatalité, il y a toujours, toujours une solution. Donc ça, je crois que c'est extrêmement important. importants, parce que ça, ça traîne encore dans les familles. Moi, j'ai eu des règles douloureuses, ma chérie, toi aussi, c'est normal. Ce n'est pas normal et ce n'est pas acceptable. Être vigilant sur le problème des règles abondantes, parce que là, souvent, on passe à côté. Et puis, quand on ne s'en sort pas avec ces règles, il faut vraiment voir un professionnel de santé, parce qu'il y a parfois des causes qu'on va voir à l'échographie ou une maladie particulière.
- Speaker #1
Merci Odile pour tous ces points. Je crois que vous avez écrit de nombreux livres. Quel serait celui que vous recommandez par rapport au sujet qu'on a évoqué ?
- Speaker #2
Alors, celui où vous trouverez le plus d'informations, quel que soit l'âge, et peut-être plus pour les jeunes filles, c'est Vagin et compagnie, on vous dit tout. Je vous en ai déjà dit une partie, là vous aurez le reste.
- Speaker #1
D'accord. Donc, pour approfondir le sujet, on vous recommande, il est publié chez quel éditeur ?
- Speaker #2
Il est chez Mango.
- Speaker #1
Chez Mango. Parfait. Merci beaucoup Odile.
- Speaker #2
C'était un plaisir.
- Speaker #1
Et merci à vous de nous avoir écoutés pour ce vidéocast. Et j'espère à très bientôt. Au revoir.
- Speaker #0
Merci d'avoir suivi cet épisode consacré à vos règles. Pour revoir ou réécouter ce podcast, rendez-vous sur harmonie-prévention.fr. Et pour ne rien manquer des prochains épisodes, pensez à vous abonner. A très bientôt.
- Speaker #3
Harmonie Mutuelle. Avançons au collectif.