- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le podcast Les Robines.
- Speaker #1
Les Robines, c'est une communauté de dirigeants et de dirigeantes du mécénat d'entreprise. À la façon de Robin Desbois, on détourne les ressources privées pour plus de justice sociale. Les Robines, c'est un espace de transmission et de solidarité pour celles et ceux qui croient en un mécénat plus responsable et horizontal. Dans ce podcast, je donne la parole à des invités qui s'engagent pour dérober le capital de leur entreprise au service de l'intérêt général. Et on décrypte ensemble les pratiques du mécénat de demain. Je suis Valentine Maillard de l'agence C'était mieux demain et cofondatrice de la communauté Les Robines.
- Speaker #0
Bonne écoute Les Robines !
- Speaker #1
Et c'est parti !
- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur le podcast Les Robines.
- Speaker #1
Pour démarrer, je tiens à vous remercier pour vos écoutes, vos messages sur LinkedIn, vos textos, vos partages. J'ai été hyper surprise de l'accueil que vous avez fait à ce podcast et aux deux premiers épisodes qu'on avait dédiés aux Appels à Projet. Je me vois encore dire un mot avec qui j'ai cofondé les robines il y a quelques mois. Allez, franchement, si on fait 50 écoutes sur le podcast, je suis refaite. Et vous avez été beaucoup, beaucoup, beaucoup plus nombreux et nombreuses à écouter les premiers épisodes. Donc vraiment, merci pour ça. Je trouve ça assez ouf et ça me donne encore plus envie de continuer. Pour cet épisode, j'avais envie de vous parler d'un de mes sujets préférés dans le mécénat. C'est le mécénat de compétence. Quand j'ai découvert le monde merveilleux des fondations d'entreprise en 2018, j'ai aussi découvert le mécénat de compétence, puisque à cette époque, mon mandat à la tête d'une fondation d'entreprise consistait justement à développer l'engagement des salariés au sein de l'entreprise. Alors pour démarrer, on va commencer par un petit point définition. Une entreprise peut faire des dons de ses ressources à des associations. Ça, ça s'appelle le mécénat. Ce mécénat, il existe sous trois formes. il peut être financier, en nature ou de compétence. Le mécénat financier, c'est un don d'argent, ça peut être quelques dizaines jusqu'à plusieurs milliers d'euros. Le mécénat en nature, c'est des dons de produits ou de services. Et enfin, le mécénat de compétence, c'est le partage des ressources humaines de la boîte. Alors le terme n'est pas tout le monde d'accord dans le secteur,
- Speaker #2
chacun chacune a un peu sa définition et c'est ok.
- Speaker #1
Parfois, on parle d'engagement des salariés, de bénévolat de compétence, de mission solidaire, de volontariat en entreprise. En gros, c'est des termes assez proches pour parler du fait de permettre à ses salariés de s'engager pour une asso sur leur temps de travail. La mission peut durer de quelques heures à un temps plein sur trois ans maximum. Ça, c'est le crâle. En bonne républicaine que je suis, je vais vous donner la définition que j'ai trouvée sur le site du gouvernement. Le mécénat de compétences, c'est une relation entre trois acteurs. Petit 1, une association qui a besoin d'une compétence dont elle est dépourvue. pour réaliser une mission qui est nécessaire à son fonctionnement. Petit 2, un ou une salariée qui dispose de cette compétence, qu'elle soit professionnelle, technique, relationnelle, qu'il ou elle souhaite mettre au service d'une asso. Et 3e acteur, une entreprise qui souhaite faire bénéficier à une association des compétences de l'un ou l'une de ses salariés. Fin de la citation. La formulation « une association qui a besoin d'une compétence dont elle est dépourvue » , ça peut parfois donner l'impression que les associations n'ont pas de compétences. J'ai vraiment envie, dans cet épisode, de redorer un petit peu les lettres de noblesse des associations qui disposent d'une véritable expertise construite sur le terrain, année après année. Beaucoup sont des structures professionnelles, employeuses d'ailleurs. Elles payent la taxe d'apprentissage. Ce n'est pas ouf, d'ailleurs, cette idée pour 2026. Et en entreprise, il y a parfois des gens qui sont étonnés qu'on puisse être salarié d'une association. Ce que j'ai envie de souligner ici, c'est que dans les assos, les ressources humaines sont limitées et contraintes par des budgets serrés. Il y a rarement assez de mou dans un budget associatif pour internaliser sur le long terme des compétences stratégiques, juridiques ou digitales, par exemple. Le mécénat de compétences peut intervenir à cet endroit-là et venir renforcer ponctuellement les équipes associatives pour faire mieux, pour faire plus vite sur un projet. L'entreprise peut d'ailleurs bénéficier, si elle le souhaite, d'un avantage fiscal hyper intéressant en France, c'est parmi les plus avantageux d'Europe, et déduire 60% du montant du salaire de la personne qui s'implique. sur ces impôts à la fin de l'année. En gros, c'est le même principe pour nous particuliers qui payons des impôts, si on paye des impôts, qui faisons des dons à des associations et dont le montant de ce don est déduit en mai sur nos impôts sur le revenu. Dans les faits, il y a seulement 45% des entreprises qui font du mécénat de compétences qui utilisent cet avantage fiscal. Petit état des lieux du mécénat de compétences en France en 2025. Ces chiffres sont tirés d'une super étude qui a été réalisée par l'Admical, un baromètre sur le mécénat de compétences, en 2025. On a plus de 170 000 entreprises mécènes en France. Plus de 9 entreprises sur 10 font du mécénat financier. 3 entreprises sur 10 font du mécénat en nature. Et 2 entreprises sur 10 font du mécénat de compétences. Et d'ailleurs, cette proportion, elle a doublé depuis 2021. Les secteurs champions, c'est la finance et les assurances, les services, le tech digital et le secteur public. Et sur 10 entreprises qui font du mécénat de compétences, 6 sont des grosses entreprises, 3 sont des entreprises de taille intermédiaire, et une est une PM. En préparant cet épisode, j'ai découvert une pépite. C'est un rapport récent qui a été réalisé par une chercheuse qui s'appelle Mathilde Renaud-Tinassi, qui s'appelle « Les effets du mécénat de compétence sur les associations » . C'est un rapport de 160 pages, c'est costaud, qui analyse en profondeur le recours au mécénat de compétence dans le monde associatif. Et Mathilde, en fait, elle s'intéresse notamment, et je la cite ici, Aux associations qui en bénéficient, à leur motivation, aux modalités de construction des partenariats avec les entreprises et aux effets de ces collaborations. C'est une enquête qu'elle a menée auprès de plus de 800 associations. Alors je cite toujours Mathilde, les principaux enseignements sont les suivants. Le mécénat de compétences peut renforcer les associations en leur apportant des expertises ciblées et en élargissant leur réseau. Mais il peut aussi générer des déséquilibres, notamment lorsqu'il influe sur la professionnalisation ou le cadrage des projets associatifs. Enfin, Mathilde nous apprend que le mécénat de compétences reste hyper sélectif. Il bénéficie principalement à des associations qui sont déjà dotées de ressources humaines en interne, souvent employeuses d'ailleurs, et qui bénéficient par ailleurs d'une bonne visibilité. Ce rapport est tellement intéressant qu'on a préparé avec Mathilde un épisode spécial dans lequel elle nous livre en exclusivité pour les robines sa vision sur le mécénat de compétences. C'est absolument passionnant, très riche, et je te recommande vivement son écoute. Alors ces deux derniers mois, j'ai rencontré plusieurs dizaines de personnes, des entreprises, des salariés, des assos, pour comprendre les formats, les besoins et ce qui se dit un petit peu en dehors des rapports d'impact. Dans mon activité de conseil, quand je parle de mécénat de compétences avec les fondations que j'accompagne, certaines vont être tentées d'imaginer ce avec quoi le mécénat de compétences s'est démocratisé finalement ces dernières années, c'est-à-dire des salariés avec tous les mêmes t-shirts, Solidarity Day, le logo de la boîte, qui sont venus planter des arbres, repeindre un mur dans une asso. lors de leur journée solidaire annuelle. Et bien sûr, la photo d'équipe, le post LinkedIn qui va bien avec. Moi, ce que j'adore dans mon activité de conseil, c'est que j'accompagne aussi des associations dans leur développement. Et effectivement, quand je leur pose la question de quoi est-ce que vous avez besoin en ce moment, la réponse, ça n'a jamais été de 50 personnes novices pendant une demi-journée. Alors, pour parler de mes scénarios de compétences, ce que je te propose dans les prochaines minutes, c'est de repartir des besoins des assos. Parce que dans la majorité des cas, les associations, elles savent très bien ce dont elles ont besoin. Ce sont des structures souvent plus organisées que ce qu'on imagine avec une vraie expertise de terrain. C'est quelque chose auquel on tient beaucoup chez les Robines, c'est de remettre les associations et l'intérêt général au cœur des pratiques de mécénat privé. Lors des ateliers collectifs qui réunissent les membres de la communauté des Robines, par exemple, on a la chance d'avoir une ou plusieurs assos qui viennent pour éclairer les réflexions, jouer aussi le rôle de garde-fou sur les discussions qui sont en cours entre mécénats. Et pour cet épisode, j'ai eu envie de me poser une question simple. C'est est-ce que le mécénat de compétences est utile aux associations ? Est-ce qu'il répond aux besoins des assos ? Et si oui, à quelles conditions ? Récemment, j'ai réalisé une cartographie des principaux besoins associatifs pour une entreprise avec qui je travaille. Et je vais vous en livrer ici les trois principales catégories. Et je vous propose qu'on aille explorer ensemble dans cet épisode et le suivant des témoignages d'assos, de fondations, de salariés pour comprendre ce qui fonctionne. et ce qui mériterait d'être copié et déployé à grande échelle. La première catégorie que j'ai envie d'observer, c'est les besoins d'association qui ne nécessitent pas de prérequis en matière de compétences. La deuxième catégorie qu'on va aller observer ensemble, ce sont les besoins d'experts pour mener des projets spécifiques. Et enfin, la troisième catégorie, c'est plutôt des besoins d'experts, mais cette fois-ci pour structurer l'association. Allez Jamy, c'est parti ! Première catégorie, les besoins sans prérequis en matière de compétences. Ici, l'association va avoir besoin de bras, d'énergie, de présence. Pas de diplôme, juste des gens qui sont disponibles pour faire quelque chose de concret. Ça peut être préparer des colis pour des mersolas qui s'apprêtent à accueillir un bébé, distribuer de la nourriture chaude en hiver à des personnes qui vivent à la rue, organiser une marche de ramassage des déchets dans les calanques à Marseille, participer à la transformation en confiture de fruits destinés à être jetés, etc. Sur ces missions, souvent, n'importe quel salarié peut contribuer, quel que soit son poste. Je trouve ça intéressant de regarder ce que les entreprises proposent comme format de mécénat de compétences en face de ces besoins-là. Et il y a deux chiffres, toujours issus du baromètre du mécénat d'entreprise en France de l'ADNICAL, qui mentionnent que 61% des entreprises proposent entre 1 et 5 jours d'engagement par an à leur équipe et que 100% des entreprises justifient le recours au mécénat de compétences pour son impact humain et la cohésion d'équipe qu'il permet. Le format préféré des entreprises,
- Speaker #3
mais pas toujours des assos,
- Speaker #1
c'est la journée solidaire. On observe ces dernières années une explosion des journées solidaires en entreprise. C'est facile, c'est collectif, ça remplace la traditionnelle épreuve Koh-Lanta qu'on a tous fait mille fois lors du séminaire d'entreprise. Lors de mes échanges ces derniers mois avec plusieurs assos, j'ai entendu un gros ras-le-bol des équipes d'assos qui se voient parfois obligées d'inventer des missions, des formats pour les entreprises. À ce sujet, je vous recommande l'écoute du super podcast de Stéphanie Drouin, le lab du fundraising, sur le sujet, avec la thématique « Doit-on faire payer les entreprises pour les journées solidaires ? » . Spoiler, la réponse c'est oui. Elles passent du temps à préparer, planifier, accueillir, former, souvent aux petits oignons, les salariés des entreprises, et elles n'osent pas refuser cette action pour ne pas passer à côté d'un don financier. Je trouve que ça dit beaucoup de cette position basse des associations et de leur situation financière actuelle. Certaines associations, pour qui c'était plus difficile de venir témoigner ici ouvertement, m'ont d'ailleurs parlé des attentes des entreprises en matière de journée solidaire. comme des prestations de service de team building. On leur demande un accueil petit déjeuner plutôt de standing, une intégration, un tour des locaux sur la moitié du temps de présence des équipes de l'assaut, une présence exigée d'une personne de l'équipe de direction de l'assaut, ou encore cette posture un peu de sauveur finalement, qui s'attend à être glorifiée parce qu'il nous dit « Super nouvelle, on va venir vous aider une demi-journée dans vos locaux avec 50 collègues. » Et puis, j'ai aussi entendu que c'est souvent le premier format de mécénat de compétence qu'une entreprise teste. Et c'est aussi une bonne porte d'entrée vers d'autres formes de collaboration. Alors, pour comprendre comment ça fonctionne et comment rendre ce format extrêmement utile, j'ai échangé avec Lou et Pauline. Lou Poisson, elle est responsable du mécénat et des partenariats entreprise chez Apprenti d'Auteuil. Et Pauline Laffitte est cofondatrice de l'agence BA Solidaire.
- Speaker #0
Moi je suis Lou Poisson, je suis responsable du mécénat et des partenariats entreprises au siège de la fondation Apprenti d'Auteuil.
- Speaker #2
Moi je suis Pauline Lafitte, je suis cofondatrice et directrice commerciale au sein de l'agence BA, qui est une structure de l'économie sociale et solidaire et qui accompagne les entreprises sur tout ce qui va être projet d'engagement.
- Speaker #0
Ça fait 15 ans que je fais ce métier et que je me suis intéressée à la collecte de fonds au profit des associations, et plus en particulier à la collecte de fonds privés. et au fait de se faire rencontrer justement les acteurs du monde économique et les acteurs associatifs pour porter des projets solidaires et aider des personnes en difficulté.
- Speaker #2
C'est-à-dire que c'est beaucoup employé par les entreprises le terme de mécénat de compétences et notamment elles mettent en place des politiques de mécénat de compétences où elles ont un jour, deux jours, trois jours par an où les collaborateurs vont pouvoir le temps d'une journée ou d'une demi-journée donner de leur temps au profit d'une association. Or, sous le terme mécénat de compétences, finalement, sont regroupés divers formats, à la fois le véritable mécénat de compétences, comme on l'entend, à savoir venir aider une association en lui prêtant main forte sur une compétence pro, du juridique, de la com, du marketing. Mais ça regroupe aussi tout ce qui va être bénévolat d'entreprise et finalement tout ce qui va être de répondre à des besoins associatifs plutôt larges sur des compétences plutôt personnelles finalement. Donc quand on entend ce terme de mécénat de compétence, nous on va proposer des missions qui vont rentrer dans le cadre de cette politique. Mais on explique bien que là, on ne sera pas sur du mécénat de compétence, mais plutôt sur du bénévolat associatif. Et on parle plutôt, nous, de mission solidaire.
- Speaker #0
Souvent, ce qu'on organise, c'est des journées qui sont en lien avec la formation des jeunes. C'est-à-dire qu'on a des jeunes dans des lycées professionnels chez Apprentis de Thaïs qui apprennent, par exemple... La cuisine, l'hôtellerie ou par exemple l'horticulture. C'est-à-dire venir un groupe de collaborateurs qui va réaliser une mission autour de la formation des jeunes pour renverser cette dynamique d'apprenant professeur, que les jeunes puissent se positionner comme les professionnels, les experts sur un sujet et enseigner ça aux collaborateurs entreprises, ce qui permet aussi de renforcer leur estime d'eux-mêmes et puis de se confronter aussi à des inconnus dans le cadre de leur formation. Donc c'est vraiment des temps qui sont prévus dans leur... Dans le calendrier, dans l'agenda des jeunes, notamment aussi d'ouverture sur le monde du travail, parce qu'on en profite pour faire des temps autour de l'apprentissage, des savoirs à être en entreprise, par exemple, ce genre de choses. Et donc, du coup, on est quand même assez contraints chez Apprentis d'Auteuil dans les formats qu'on peut proposer, ou en tout cas les moments de l'année, les moments de la semaine dans lesquels on peut recevoir des groupes de collaborateurs.
- Speaker #1
Et donc du coup, là, tu as parlé d'un point qui est essentiel, qui est finalement l'adéquation entre un besoin existant, vous, au sein de l'association, et puis la disponibilité ou la volonté d'une entreprise que de pouvoir mettre à disposition du temps de travail. Comment est-ce que vous, Pauline, vous arrivez à faire le bon match justement entre les besoins et les ressources disponibles ?
- Speaker #2
Donc l'idée, c'est de recenser ces besoins. Tout au long de l'année, pour ça, on a une équipe d'ambassadeurs qui est sur tout le territoire justement et qui va être en charge de développer ces partenariats associatifs. Et de l'autre côté, on va avoir l'équipe commerciale qui va rencontrer les entreprises avec un projet, avec une attente, avec une idée particulière du projet qu'elles ont envie de mener et le secteur qu'elles ont envie de soutenir. Et l'idée, c'est d'aller piocher après dans les besoins associatifs qui peuvent correspondre aux attentes de l'entreprise en ayant toujours en tête qu'on partira toujours du besoin de l'association, qu'on va ensuite essayer d'adapter aux attentes de l'entreprise et on va aller sonder les associations pour savoir si elles sont partantes, si elles ont toujours un besoin, si elles sont en phase avec l'activité de l'entreprise, avec le projet, etc. Ça arrive qu'il y ait des entreprises qui aient des attentes ou qui se fassent une idée particulière d'une journée solidaire.
- Speaker #1
Tout l'enjeu,
- Speaker #2
et je pense que c'est notre rôle aussi chez l'UEA, de pouvoir les éduquer, entre guillemets. C'est-à-dire que quand on peut faire une journée solidaire, on veut à la fois, parce qu'il faut quand même avoir en tête que l'idée, c'est de pouvoir soutenir des associations à la fois de manière manuelle, mais aussi financière, puisqu'on va toujours aller chercher un budget pour l'association. ou en tout cas... du matériel qui va aider l'assaut. L'idée, c'est aussi d'avoir en tête qu'eux, ils ont une attente RH derrière, donc très bien, on la prend en compte, mais on est d'abord là pour aider une assaut, on n'est pas d'abord là pour faire un projet d'entreprise.
- Speaker #1
Est-ce que toi, Lou, tu constates un peu la même chose ?
- Speaker #0
C'est vrai qu'on est une grosse structure chez l'apprentissage de taille et que du coup, il y a pas mal d'entreprises, je pense, qui ont une vision assez déformée de nos capacités à recevoir des groupes de collaborateurs. On est une grosse structure chez Apprentis de Thaïs, mais en fait, on ne repose pas sur le travail de bénévole. D'ailleurs, sur les plus de 8000 salariés qu'on est chez Apprentis de Thaïs, on n'a entre guillemets que 1500 bénévoles qui agissent avec nous et qui s'engagent au profit des jeunes chaque année. Donc, c'est un chiffre qui est assez faible finalement au regard de notre activité. On n'est pas particulièrement structuré pour reposer sur l'activité de personnes externes, volontaires, en groupe ou de façon individuelle. On a fait beaucoup de propositions parce qu'on est néanmoins quand même assez visibles et on a une certaine notoriété. On travaille beaucoup avec les entreprises, mais en réalité, on n'est pas encore super structuré pour recevoir des groupes de collaborateurs et des collaborateurs individuels. Du coup, il y a ce petit écalage qui se fait. Très souvent, les entreprises arrivent en disant « c'est génial, on va pouvoir s'engager avec nous » . Et nous, on est là, OK, attends, il faut qu'on arrive à construire quelque chose qui soit pertinent. à mobiliser les établissements, à trouver les ressources temps, à ce qu'il y ait quelque chose de vraiment chouette qui se crée avec les jeunes, qui répondent vraiment à un besoin et tout ça. Donc il y a ce petit décalage déjà qui se fait de notre côté. Et de surcroît, c'est vrai qu'on a beaucoup d'entreprises, justement parce qu'ils ne passent pas par le filtre, notamment de BA, qui arrivent avec des exigences assez figées. concernant leurs attentes chez Apprentis de Taille. Ou ailleurs, je me doute que ça doit être pareil. On voudrait que ce soit tel jour, tel endroit, tel type d'activité. Il y a aussi autre chose auquel je pense, c'est qu'il y a aussi certaines entreprises qui sont très surprises de devoir engager un budget dans ce type d'action. Oui, on vient vous aider, pourquoi est-ce qu'on devrait payer ? Et en réalité, en effet, au-delà de la ressource temps dont je parlais, il y a aussi des coûts. qui sont liées à l'organisation de ce type de demi-journée ou de ce type de journée. Alors sans même prendre en compte le déjeuner, très souvent il y a des activités autour de l'horticulture ou de la restauration qui demandent du matériel. Il y a la disponibilité des équipes et des jeunes. Et puis s'il y a un reliquat, c'est génial, ça permet, les reliquats sont systématiquement chez nous reversés à l'établissement qui reçoit. Et ça leur permet de faire un peu d'investissement en termes de matériel au profit de la formation reçue par les jeunes dans cet établissement-là. Pour nous, ça nous semble évident, déjà pour faire quelque chose de qualitatif, mais aussi pour instaurer exactement ce que disait Pauline, c'est-à-dire que oui, les associations, elles ont besoin de ressources et races de personnes qui viennent aider, mais elles ont besoin de fonds, à mon avis, en premier lieu, on peut le dire. Et du coup, c'est important aussi que ces journées soient rémunératrices pour elles.
- Speaker #2
Ok, il y a un budget qui revient à chaque association pour développer l'association ou acheter du matériel. Et puis, tu en as d'autres pour qui ? Finalement, débloquer des financements, ce n'est pas un sujet, mais où elles ne vont quand même pas forcément comprendre pourquoi, s'il n'y a pas besoin de matériel, il faut verser un financement à l'assaut et qui vont estimer que derrière, en fait, on ne répond pas à un vrai besoin s'il y a besoin de financement pour dédommager l'association. Et c'est vrai que la frontière est fine. Et c'est aussi notre rôle d'être garante de ça, de se dire oui, on répond à un besoin associatif, mais... on est quand même en train de solliciter du temps chez les équipes, dans les associations. Donc, le temps passé, ça se rémunère. Mais en même temps, il faut s'assurer qu'on répond à un besoin associatif et qu'on n'est pas là pour faire du social ou du greenwashing. Et donc, c'est vraiment toujours cette limite-là et toujours ce travail des pédagogies que tu as à faire parce que ça arrive encore. Et c'est vrai qu'il y a des entreprises avec qui on n'a pas forcément été en phase pour ces raisons-là, parce que les financements que nous, on veut reverser aux assos, ne correspondent pas aux attentes de l'entreprise et donc ça ne matche pas forcément ensemble.
- Speaker #0
Ces journées de solidarité qu'on organise avec les entreprises, on a vraiment cet enjeu de leur faire comprendre qu'on a envie que cet engagement collaborateur intervienne dans le cadre d'un partenariat plus large. En effet, comme je vous le disais, on a quand même pas mal de propositions chez Apprentis de Thaï et on a plutôt du mal à les gérer, à les prendre en charge et à les traiter et à en faire des vraies actions solidaires plutôt qu'à en trouver. Donc dans ce cadre-là, on est obligé d'en refuser certaines, surtout quand elles arrivent un petit peu de nulle part. Des entreprises qu'on ne connaît pas et qui, du jour au lendemain, vont vouloir organiser une action solidaire avec Apprenti d'Auteuil, qui vont nous proposer une action un jour de l'année et dont on n'entendra plus jamais parler. Et c'est vrai que ce sont des propositions qui sont moins intéressantes pour Apprenti d'Auteuil et pour nos équipes. qu'on va chercher de nous à aller creuser un petit peu plus loin, à co-construire et à voir plus grand en termes de partenariat, de se dire voilà, peut-être que ça peut être un rendez-vous qui revient chaque année.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des choses en tout cas sur lesquelles vous n'allez pas parce que vous êtes staffé, que c'est une expertise et que c'est un métier à part entière ?
- Speaker #0
C'est une question qui est très pertinente parce qu'en effet, il y a certains pans d'action d'apprentis d'auteuil sur lesquels on favorise cette ouverture-là. aux collaborateurs entreprises et d'autres sur lesquels, au contraire, on va chercher à les réduire, à les restreindre. Je pense notamment à certains publics qui sont accompagnés par Apprentis de Thaï qui peuvent être des publics particulièrement vulnérables, en difficulté. Certains jeunes qui ont des parcours qui sont très difficiles et pour lesquels c'est hyper important d'avoir une personne référente au sein des équipes Apprentis de Thaï. On va essayer de ne pas multiplier le nombre d'intervenants auprès de ces jeunes-là. pour leur faire garder une sorte de socle de confiance. Par exemple, pour les jeunes de la protection de l'enfance, ce sont des choses qu'on n'organise pas énormément encore. En revanche, on a certains autres dispositifs. Déjà dans les lycées professionnels, il y a plein de choses à faire avec les jeunes autour de l'insertion de leur formation, etc. Ça, c'est très chouette.
- Speaker #2
Quand on fait des missions avec des bénéficiaires, il faut voir en gros dans quelle mesure c'est intéressant pour eux et pas trop envahissant. À nous de voir avec les associations les limites. existantes, en quoi c'est intéressant pour les bénéficiaires et quel type de bénéficiaire on ne peut pas accompagner parce que ça n'a aucun sens. Typiquement, un public qu'il faut absolument préserver, ça va être par exemple les enfants malades. Et ça, c'est des choses qu'on nous a déjà demandées et pour nous, ce n'est pas possible. Je pense que ce n'est même pas concevable d'imaginer que pendant une journée ou une demi-journée, on va aller aider malheureusement des enfants qui sont atteints de maladie. La première rencontre, Pour nous, elle est très importante chez BA. C'est le moment où on va acter les choses et expliquer ce qui est possible et ce qui ne l'est pas. Pour les différences de missions avec et sans bénéficiaires, pour vous donner des exemples, des missions sans bénéficiaires, on peut typiquement faire des ateliers de cuisine où on va préparer des repas qui seront derrière distribués en maraude par nos associations partenaires. Alors pourquoi ce n'est pas distribué en maraude par les collaborateurs ? Ça peut être le cas, mais parfois ce n'est pas possible parce que les horaires ne coïncident pas. Parce que je le disais, parfois, c'est trop impressionnant pour les personnes bénéficiaires à la rue de recevoir les repas par un fort nombre de collaborateurs.
- Speaker #1
Dans ton dispositif de collecte globale et de partenariat et de relations entreprises, tu le positionnes où, la journée de solidarité, par rapport à un premier lien de contact avec des entreprises ?
- Speaker #0
Plus que la journée de solidarité, plus largement l'engagement collaborateur. Je trouve que c'est une modalité d'engagement parmi d'autres. En vérité, on se rend compte que même si souvent c'est le premier pied dans la porte, c'est comme ça qu'on l'appelle, c'est une façon de créer une première rencontre entre une entreprise et les jeunes de la fondation, qui sont toujours en effet des très jolis moments de rencontre, de découverte autour de nos projets, qui sont les profils des jeunes apprentis d'Auteuil, qu'est-ce qu'on fait chez nous, etc. Et donc du coup, ça permet souvent de sensibiliser, de toucher, de valoriser le travail de nos équipes. et de faire connaître nos actions aux collaborateurs d'entreprise. En général, en effet, ça prend bien. C'est des gens qui reviennent chez nous, c'est des gens qui veulent faire plus derrière. Et très souvent, en vérité, après quelques années de journée de solidarité, on finit par créer des très jolis partenariats de grande ampleur avec des hyper jolis soutiens financiers à nos actions. Je dirais que c'est un outil parmi d'autres pour développer ces ponts. entre le monde économique et le monde associatif, un outil qui est nécessaire et sur lequel nous, on vise à se structurer davantage pour pouvoir le développer.
- Speaker #1
S'il y avait une phrase que vous aimeriez partager, vous, avec des responsables d'entreprise, avant qu'ils décrochent leur téléphone et qu'ils vous contactent, respectivement, pour organiser une journée solidaire, ce serait quoi un petit peu la phrase que vous aimeriez passer à ces entreprises-là ?
- Speaker #0
Super, avec grand plaisir, soyez à l'écoute.
- Speaker #2
Quand vous venez vers nous, n'oubliez pas pourquoi vous le faites. Oui, il y a les enjeux RH, il y a les enjeux RSE, il y a toute la dynamique d'entreprise qu'on connaît aujourd'hui, mais quand on veut monter des projets d'engagement solidaire, il ne faut pas oublier le mot solidaire. Réfléchissez en tant que collaborateurs, mais réfléchissez aussi en tant qu'humains.
- Speaker #1
Ici, selon moi, c'est aux entreprises de prendre la responsabilité de l'éthique en s'obligeant à penser intérêt général avant cohésion d'équipe. Pour comprendre aussi ce qui se joue du côté des entreprises, j'ai échangé avec Julien Guérin, qui est cofondateur de Comit. C'est une plateforme qui permet de mettre en relation des associations avec des besoins en compétences et des entreprises dont les salariés sont dispo pour s'engager. Je précise d'ailleurs que Comit est né de la fusion entre deux acteurs majeurs du secteur, Wenabi et Vendredi. Et je trouve ça assez inspirant en termes de leadership et de management que deux concurrents trouvent dans la fusion un modèle pérenne. Et c'est quelque chose que je trouve... d'ailleurs qui est très propre au secteur du mécénat, dans lequel je vois souvent des fondations qui vont réfléchir à des coalitions de mécènes autour d'une cause commune, et par exemple, mixer leurs appels à projets. Du coup, Julien, la première fois qu'on s'est parlé, on a échangé un petit peu sur l'offre et sur la proposition de Comit. Et c'est vrai que dans le secteur, quand on pense à Comit et à ce rapprochement entre Vendredi et Wénabi, on peut avoir tendance... à imaginer ce catalogue un petit peu de missions. Et toi, tu m'as dit direct, mais pas du tout, on n'est pas du tout ça. Est-ce que tu pourrais nous présenter un petit peu, toi, quel est ton rôle chez Comit et ce que vous faites finalement pour les assos chez Comit ?
- Speaker #3
Avec plaisir. Merci de m'avoir sur ce podcast. Moi, Julien, je suis le cofondateur de Comit. Et aujourd'hui, mon rôle chez Comit, c'est surtout de réfléchir à nos stratégies et comment est-ce qu'on peut demain développer notre impact et des nouvelles fonctionnalités ou des nouveaux services qui bénéficieront aussi bien à nos entreprises clientes qu'aux associations qu'on accompagne. Et effectivement, comme tu disais, Comit, on est parfois vu comme un catalogue d'associations. C'est vrai que dans Comit, il y a une grande base de données avec des milliers d'associations et des milliers de missions, mais on ne se voit pas du tout comme un catalogue, on se voit plutôt comme étant un partenaire des entreprises qui ont envie de s'engager au service d'un impact sociétal. Nous, notre rôle, c'est... d'aider les entreprises qui veulent avoir une contribution positive sur la société à trouver les bons formats, les bons partenaires, et puis de les outiller avec une plateforme pour que ça se mette en œuvre. Et donc du coup, on a autant une dimension d'accompagner à choisir les bonnes thématiques, les bons besoins sociétaux à adresser, comment en parler, comment en parler à ses salariés, que derrière, déployer notre plateforme qui permet à l'ensemble des salariés de l'entreprise de découvrir des associations. S'engager en mission effectivement, mais aussi d'autres formats comme faire des dons, se sensibiliser aux enjeux socio-environnementaux ou encore à participer à des appels à projets qui peuvent être lancés par l'entreprise.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui ressort un peu de ces journées solidaires côté entreprise et côté ASSO ?
- Speaker #3
Ce que j'aime bien dire, c'est qu'il n'y a pas grand monde qui a besoin de 50 volontaires pendant 3 heures mardi prochain.
- Speaker #0
Ça peut exister, et d'ailleurs il y a des associations qui le proposent, et souvent elles ont fait le travail pour rendre cet engagement utile. Mais ce n'est pas quelque chose qui est au premier abord évident, et ce n'est pas grave, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas le faire. Ça veut dire pour moi qu'il faut le voir dans un programme qui est plus global. Des team buildings solidaires où on va mobiliser beaucoup de monde pendant peu de temps, c'est super efficace pour faire connaître l'action, faire connaître l'association, sensibiliser à la thématique. créer de l'envie autour de ces sujets, faire parler. C'est-à-dire qu'on va toucher beaucoup de monde et on va les impliquer un peu plus humainement ou émotionnellement que si on leur faisait un PowerPoint ou une formation en ligne. Ça, c'est super pour ça. Mais ce que je dis souvent, c'est qu'il ne faut pas s'arrêter à ça. Comment est-ce qu'on continue après ? Comment est-ce qu'on fait le pont avec d'autres formats d'engagement, que ce soit sous soutien en médecine de compétence ou sous soutien financier ? Donc, c'est comme ça qu'on essaye aussi d'emmener les entreprises vers d'autres façons de s'engager. et donner aussi plus de sens à ces premiers engagements initiaux. Et donc pour moi, l'enjeu, ce n'est pas de dire « Ah, on ne fait pas de team building solidaire, on est à 10, 20, 30, 50 personnes sur une demi-journée. » L'enjeu, c'est plutôt de ne pas se limiter à ça, de voir ça comme un des formats dans un programme d'engagement, d'un programme d'impact sociétal plus large qui va aussi amener peut-être des volontaires sur la durée ou des missions de compétences ou du soutien financier.
- Speaker #1
Donc de s'autoriser à sortir de formats très ancrés dans des politiques RH à grande échelle et de se dire en fonction des assos partenaires, peut-être de tester des nouveaux formats et de se dire parce que le besoin existe ici, je vais ouvrir un format d'engagement spécifique dans mon entreprise si j'ai la ressource pour l'accompagner.
- Speaker #0
Oui, exactement. Et aussi, nous, on fait tout un travail pour essayer de répondre aux besoins des associations avec des formats auxquels elles n'auraient pas pensé. Je te donne un exemple. On est des associations qui peuvent venir nous voir avec un besoin de créer une plateforme numérique. Bon, là, il faut un ou deux devs pendant deux ans. Ça peut se trouver, mais c'est quand même difficile. Et donc, on va pouvoir répondre dans cette association. Par exemple, on va avoir des développeurs qui vont se relayer. Il y en a quelques-uns qui vont faire deux ou trois semaines. Et puis ensuite, c'est une autre équipe. Alors, ça demande un petit peu de logistique et ça demande d'avoir l'échelle de commit pour qu'il y ait... C'est plusieurs entreprises ou plusieurs dizaines d'entreprises parfois qui vont tour à tour détacher des personnes pour faire en sorte qu'il y ait toujours des développeurs qui sont en train de créer la plateforme de l'association. Donc ça nous permet aussi, l'échelle qu'on a avec Comit nous permet, en agrégeant des ressources qu'on a à droite à gauche, de répondre aux besoins complets de l'association.
- Speaker #1
On sait que plus les dirigeants sont impliqués, motivés, convaincus et mieux ça marche. Qu'est-ce que tu observes toi un petit peu sur les arguments qui arrivent à convaincre ? des dirigeants de partir des besoins des assos, d'élargir un petit peu les modalités d'engagement. Qu'est-ce que tu observes du point de vue des dirigeants ?
- Speaker #0
C'est vrai que sur des entreprises qui n'ont jamais mis en place ce genre de programme, la première crainte tout de suite, c'est je fais 1000 salariés fois un jour par an, fois le coût chargé. On tombe tout de suite sur les chiffres qui sont farineux. Bon, déjà, il n'y a aucune entreprise qui a lancé un programme d'engagement et la première année, c'est 100% de ses salariés qui ont pris 100% du temps. C'est intéressant parce que... En ouvrant ce qu'on est prêt à faire pour une personne, on ne prend pas un si gros risque financier, enfin même on ne prend aucun risque financier à grande échelle, par contre on va permettre ponctuellement de mieux répondre aux besoins des associations. Ensuite, il y a un peu une deuxième phase, généralement au bout de 1, 2, 3 ans, où on a ces programmes qui sont en place, on envoie les bénéfices, que ce soit à travers les belles histoires que ça permet de raconter, ou alors... On a dans notre plateforme, on a ce qu'on appelle la mesure d'impact RH. On est capable de mesurer en quoi l'engagement des salariés a un impact sur leur fidélisation, leur quête de sens, leur sentiment d'utilité, leur développement de compétences. On voit les bénéfices que ça peut avoir et on commence aussi à mieux comprendre les besoins d'associations en fonction de leur retour. Et là, c'est souvent à ce moment-là qu'il y a un peu une deuxième phase où on va repenser un petit peu le programme, plus centré autour des besoins sociétaux qu'on veut adresser et donc des associations avec lesquelles on veut... on veut se connecter. Tu me parlais au début de catalogue d'associations. Souvent, au tout début, nos clients, ils vont vouloir s'assurer qu'il y a un très grand catalogue pour être sûr de répondre à tout. Et puis, ils vont comprendre au fur et à mesure que ce n'est pas le sujet. Le sujet, même quand tu as une entreprise de plusieurs milliers de salariés, c'est de se dire c'est quoi les 10, 20, 30, 50 associations avec lesquelles on veut vraiment bosser, on veut vraiment soutenir, on veut que tous nos salariés connaissent. On veut que chacun soit capable de parler autour d'une machine à café et c'est celle-ci qu'on va pouvoir soutenir. Ça ne veut pas dire qu'on ne va pas en soutenir d'autres. Mais j'aime bien l'image un petit peu du thé, tu vois, t'as la barre du thé où il y a... Un peu plein d'associations qui vont recevoir un peu de soutien. Et puis la barre verticale du T qui est quelques associations qui vont être profondément soutenues. Et c'est ça aussi qui va donner du sens à l'engagement global de l'entreprise. Maintenant, on a beaucoup de benchmarks sur ça. C'est-à-dire qu'on est capable de façon relativement fiable de dire ça va être quoi la fourchette d'engagement à laquelle on peut s'atteindre en année 1, en année 2, en année 3. Pour donner quelques chiffres, un programme d'engagement. sur une boîte, sur une ETI ou un rencontre de plusieurs milliers de salariés, un programme d'engagement qui veut faire déjà un salarié sur 4 ou un salarié sur 5 engagé, donc 25%, c'est déjà, en année 1, en année 2, une très belle réussite.
- Speaker #1
Oui, c'est énorme. Je pense que les gens qui nous entendent, ils se disent « Ah, mais je ne suis même pas à la moitié de ça » .
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Et donc, il y a souvent des programmes qui démarrent qui vont faire 5-10% et c'est normal parce qu'en fait, proposer à ses salariés de s'engager, c'est un changement culturel au fond. C'est d'un seul coup se dire, ah tiens, en fait, mon action en tant que salarié et l'action de mon entreprise, elle n'est pas que tournée autour de mon business, elle est aussi tournée autour de causes qui sont connectées au business ou parfois qui sont un peu plus distantes et c'est OK aussi. Et donc, ça vient rentrer dans mon quotidien. Mais ça, c'est un changement qui est beaucoup plus profond que ce qu'on peut penser. Et c'est pour ça que c'est aussi important d'y donner du temps, mais par contre d'être clair dès le début sur pourquoi on le fait, comment est-ce qu'on en parle, quels besoins sociétaux on veut adresser. En fait, moi j'aime bien dire... Engagez-vous, ça n'engage personne. Par contre, engagez-vous.
- Speaker #1
Alors conclusion, le format préféré des entreprises, c'est pas forcément le format le plus utile aux associations, mais c'est souvent un premier pas vers d'autres formes de collaboration. Ça veut pas dire qu'il faut arrêter de s'engager auprès d'assos sur des formats courts type journée solidaire, mais ce que ça veut dire ici, c'est que ces formats-là, ils peuvent pas suffire. Ils doivent forcément s'assortir d'un accompagnement financier, d'un don financier, évidemment. mais aussi de pistes pour faire plus ou pour aller plus loin sur la durée. Dans le prochain épisode, on se parlera des besoins projets et des besoins stratégiques. Un grand merci aux associations et partenaires qui ont contribué à la réalisation de cet épisode. Les associations Apporté d'Elles, Rebelle, Eloquentia, Les Clowns Stéthoscope, Refugee Food, Cherit, Conexio, Apprenti d'Auteuil et l'agence BA Solidaire. Merci aux fondations et aux fonds de dotation qui ont nourri la réflexion, Covivio, ADO, AXA et Médiaperformance. Enfin, merci à Géraldine et Sylvie pour l'aide à la préparation de cet épisode. C'était Les Robines, le podcast qui transforme le capital en bien commun, réalisé par Valentin Maillard de l'agence C'était mieux demain. Pour la petite histoire, Les Robines, c'est exactement l'espace dont j'aurais eu besoin lorsque j'étais déléguée générale de Fondation d'entreprise. Un espace pour réunir les responsables de mécénat en quête de pratiques. plus responsable. Dans cette communauté, on est convaincu que le mécénat, ça ne doit pas être juste un outil de défiscalisation,
- Speaker #0
ni une vitrine sur LinkedIn.
- Speaker #1
Pour nous, c'est un moteur de justice sociale et environnementale. Pour en savoir plus sur la communauté des robines et sur C'était mieux demain, rendez-vous dans les notes de l'épisode et sur c'était mieux demain.com. Un grand merci à Sophie de Maison Bavard pour la production et le montage de cet épisode. Merci à nos invités pour le partage d'expérience et merci à vous toutes et tous pour votre écoute.
- Speaker #0
A bientôt les robines !