Speaker #0Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le podcast Les Robines. Les Robines, c'est une communauté de dirigeants et de dirigeantes du mécénat d'entreprise. À la façon de Robin Desbois, on détourne les ressources privées pour plus de justice sociale. Les Robines, c'est un espace de transmission et de solidarité pour celles et ceux qui croient en un mécénat plus responsable et horizontal. Dans ce podcast, je donne la parole à des invités qui s'engagent pour dérober le capital de leur entreprise au service de l'intérêt général. Et on décrypte ensemble les pratiques du mécénat de demain. Je suis Valentine Maillard de l'agence C'était mieux demain et cofondatrice de la communauté Les Robines. Bonne écoute Les Robines ! Salut Les Robines ! Dans les épisodes précédents, tu as entendu des salariés, des responsables de fondations, des acteurs et des actrices du secteur qui partagent leurs retours d'expérience. Je vais te donner 10 conseils pour un mécénat de compétences vraiment efficace. Le mécénat de compétences, tu l'as vu, ça ne s'improvise pas et ça ne se sur-industrialise pas non plus. Première partie, on va regarder trois conseils sur ce que tu vas faire avant même d'appeler une asso. Conseil numéro 1, cible une cause qui parle aux équipes de ta boîte, mais qui leur parle vraiment. Tu verras, ce sera dix fois plus simple pour toi à animer si tu proposes de s'engager sur une cause sur laquelle tes collègues ont envie de s'engager. Ça semble évident, mais c'est hyper utile de l'avoir en tête. la logique Elle t'indiquerait plutôt de choisir une cause qui correspond soit à ton secteur d'activité, soit à votre raison d'être. Et en fait, c'est souvent là que ça cloche. Le mécénat de compétences, lui, il repose sur des humains et des humaines qui vont donner de leur temps, sur de la volonté individuelle et des arbitrages à faire entre faire ça ou autre chose dans l'entreprise ou sur un autre temps. Si tes collègues ne sont pas convaincus de l'utilité de ce qu'ils et elles font et vont faire dans les associations, Ces dernières, elles vont forcément sentir que c'est forcé, que c'est chronométrique, que ça ne vient pas du cœur. Et toi, tu le verras aussi dans tes chiffres d'engagement. Conseil numéro 2, définis un cadre RH, même imparfait. Les questions à te poser, c'est qui peut s'engager, sur combien de jours, dans quelle zone géographique, sur quel type de contrat, est-ce que les stagiaires et les alternants sont éligibles, par exemple. Je ne te demande pas de tout régler avant de commencer à déployer ta politique de mécénat de compétences. Ce que je te demande, c'est de poser quelque chose de suffisamment clair Faut... que tes équipes RH, les managers et les salariés de ta boîte sachent de quoi on parle. Et pour les assos que tu vas rencontrer, elles, elles pourront imaginer avec toi, du coup, des formats beaucoup plus concrets. Ce cadre RH, ce cadre, il va bouger. C'est prévu et je te le souhaite d'ailleurs. Conseil numéro 3, sois prête ou prêt à péter ce cadre. On va faire un petit calcul ensemble. Si t'as dans ta boîte 2000 salariés et que ta direction, elle est prête à libérer, par exemple, un jour par an et par personne, tu as théoriquement 2000 jours disponibles par an. C'est un volume colossal. Mon conseil ici, ça va être de faire preuve de créativité. On l'a entendu dans l'épisode précédent, un jour par an, c'est souvent trop peu pour créer un impact réel côté assaut. Plutôt que de t'en tenir à tes un jour par tête, autorise-toi à imaginer que certains salariés pourraient s'engager sur 10, 20, pourquoi pas 50 jours par an. Et du coup, faire une grande différence côté assaut. Et que ça, ça vaudra mieux que 500 personnes qui viennent planter des arbres un mardi matin. La discussion que tu dois mener, c'est comment on mobilise. juste avec les bonnes personnes pour les bons projets et au bon moment. Plus que quel pourcentage de salariés vont s'engager. Partie 2. Maintenant, je vais te donner 4 conseils sur ce que tu vas faire quand tu vas rencontrer des assos. Et là, j'insiste, tu vas aller rencontrer des assos. Avant même de monter un programme de mécénat, de choisir une plateforme ou de créer un formulaire d'inscription, il faut que tu ailles rencontrer des assos. Donc, conseil numéro 1, rencontre des assos. écoute-les, challenge-les, instaure un cadre de confiance. Tu peux les challenger et les écouter sur leur vision, sur leurs enjeux, sur leur trajectoire, sur ce qu'elles ont déjà essayé, sur ce qui n'a pas marché, sur ce qu'elles se refusent de faire. Marine de Refugee Food et Sarah de Media Performance, elles nous en parlaient dans l'épisode précédent. Les missions de message de compétence les plus utiles, elles naissent d'une relation de confiance et de discussion informelle. Donc cet environnement, tu vas pouvoir le mettre en place tout doucement avec les associations en allant à leurs rencontres. Conseil numéro 2, soutiens-les financièrement pour commencer. C'est peut-être le conseil le plus direct que j'ai à te donner ici. C'est celui qu'on entend le moins aussi. Mais en tout cas, ce que j'avais envie de te dire, c'est avant de leur envoyer des compétences, donne-leur de l'argent. Ce n'est pas à la place des compétences, c'est vraiment en plus et selon moi, en premier lieu. Alors pourquoi ce conseil ? Déjà parce qu'une ASSO, elle a des salaires, des charges à payer à la fin du mois et des programmes à destination de ses bénéficiaires à faire tourner. Et que sans ce financement que tu vas lui donner, elle ne pourra pas se permettre de consacrer du temps à construire un partenariat, un programme de mes semaines de compétences avec toi. Elle n'aura tout simplement pas le temps, pas les ressources disponibles. pour ouvrir sereinement la discussion autour de ce sujet. Ce don financier, ça va être ton signal de confiance. C'est vraiment ce qui va te permettre de dire à l'assaut « On est là pour de vrai » . Conseil numéro 3, voilez régulièrement. Va dans leurs locaux, passe du temps avec les dirigeants et dirigeantes de cet assaut. Passez une heure dans les locaux d'une assaut avec eux. Proposez de venir participer à une activité, rencontrer des bénéficiaires, voir comment les équiper. travail, sentir l'ambiance, écouter une directrice ou un directeur te parler de son quotidien. Là, tu vas vraiment comprendre des choses qu'aucun rapport d'impact ou qu'aucun email ne pourra te donner. La vraie vie, en fait, vraiment la vraie vie. Et j'insiste vraiment sur la posture que tu peux adopter. L'idée, ça va être d'écouter pour comprendre et pas pour trouver des solutions. C'est vrai qu'en entreprise, on a souvent le réflexe j'identifie un problème, je trouve une solution. Ici, ce que je te recommande, c'est d'aller un petit peu plus lentement et de laisser la relation se construire doucement. Conseil numéro 4. Présente ton entreprise, ses métiers, ses services, ses locaux. Ce conseil paraît un peu obvious et pourtant il est souvent zappé. Une asso, elle ne peut pas imaginer ce qu'elle pourrait faire avec tes équipes si elle ne sait pas déjà ce que tes équipes savent faire, ni quel est leur métier, ni même quels sont les projets sur lesquels ils bossent en ce moment. Donc ici, les conseils que je peux te donner, c'est de leur faire visiter tes locaux, de leur expliquer les métiers de manière assez concrète, c'est présente-leur des gens. Laisse-les vous poser des questions. C'est souvent dans ces moments-là, tu verras, que les idées les plus originales et les plus utiles vont émerger. Troisième partie. Maintenant, je vais te donner trois conseils sur ce que tu vas pouvoir faire quand tu vas passer à l'action. Conseil numéro 1. Ose imaginer des formats sur mesure pour l'assaut. Le format solidaire, on en a parlé dans les épisodes précédents. C'est souvent la porte d'entrée. Ça peut être très utile. mais à certaines conditions. Si tu t'en tiens à ça, tu sais que tu vas passer à côté de ton partenariat associatif. Alors, un format sur mesure, ça peut être une mission de trois mois avec quelqu'un de ta DSI pour refondre le CRM de l'assaut. Ça peut être un mécénat longue durée de 18 mois avec un directeur de transition qui va accompagner un changement d'échelle. Ça peut être un mentorat mensuel avec le ou l'ADRH de ta boîte et la cofondatrice d'une asso qui construit son premier processus de recrutement ou sa démarche d'évaluation des compétences annuelles. mais ça peut être aussi un binôme entre ta direction juridique et l'équipe de l'asso, ou encore un mentorat entre le ou la DG de ton entreprise et le ou la DG d'une asso sur la recherche de financement privé ou l'ouverture de son réseau pro, par exemple. Ces formats, ils existent, ils demandent du temps, de la confiance, et spoiler, ce sont ceux qui marchent le mieux, vraiment. Pour l'entreprise, créer de l'engagement, de nouvelles compétences, de la fierté d'appartenance. Et côté asso, ça permet évidemment de coller à la réalité et aux besoins, parce qu'on fait du 100% sur mesure. Conseil numéro 2, sois raisonnable sur les volumes d'engagement espérés. On l'a vu tout à l'heure, mieux vaut 20 personnes qui s'impliquent à fond sur quelque chose d'utile que 300 personnes qui viennent faire un petit peu chier, excusez-moi du terme, une asso le temps d'une après-midi. Alors mon conseil ici, c'est d'y aller étape par étape, de mesurer chaque année l'efficacité de ton programme, d'ajuster, de tester de nouvelles choses. En général, sur les cinq premières années, ça va bouger, c'est normal. Ne te fixes pas d'objectif quanti ou doigts mouillés en regardant un petit peu ce que font les autres boîtes à côté, mais observe vraiment de manière qualitative et dans le détail les effets sur les assos et sur les salariés de ta boîte que génère ton programme de mécénat de compétences. Et enfin, dernier conseil, conseil numéro 10, prépare tes collègues avant de les envoyer dans une asso. Vraiment, ça c'est mon conseil préféré, envoyer quelqu'un dans une asso sans lui avoir présenté sa mission, la réalité vécue par les bénéficiaires de cette asso. C'est vraiment risqué qu'il ou elle arrive avec des représentations fausses, erronées, et des réflexes pas vraiment adaptés. Donc quand je te dis les préparer, je pense à minimum trois choses. La première, c'est partage le contexte de l'ESS, de l'association. Comment fonctionne cette ASSO, mais comment fonctionne une ASSO de manière globale, juridiquement, financièrement, en termes de gouvernance ? Ça peut être partager pourquoi une directrice d'ASSO n'a pas tout à fait les mêmes marges de manœuvre qu'un chef de projet en entreprise, ou comment se gère une équipe qui mixe des bénévoles et des salariés. le fait de partager qu'une association fonctionne essentiellement avec des subventions publiques ou des financements privés. Partage un petit peu ce que tu sais, ce que tu connais du fonctionnement d'une association pour les emmener dans ce monde avec toi. Deuxièmement, partage les réalités des bénéficiaires. Qui est-ce que cet asso accompagne ? Dans quel contexte de vie ? Mais aussi avec quelle fragilité ? Un salarié qui intervient dans une association, qui accompagne par exemple des personnes réfugiées, des mères sola ou des jeunes en décrochage, cette personne va avoir besoin de comprendre ce que vivent ces personnes bénéficiaires. L'idée, c'est pas d'être expert, mais c'est plutôt d'éviter d'être maladroit ou maladroite et de créer toutes les bonnes conditions pour la rencontre. Et enfin, troisièmement, la posture. Ça va être intéressant ici de rappeler que le salarié ne vient pas apporter quelque chose à une asso qui attendait d'être sauvée par son intervention, mais plutôt qu'il vient contribuer à un projet qui existe déjà, qui est piloté par des gens qui ont une expertise que lui n'a pas. Alors cette préparation de tes salariés, de tes collègues, elle peut prendre beaucoup de forme. Ça peut être... Une matinée d'immersion, un échange avec la directrice ou le directeur de l'assaut avant le démarrage de la mission, un module interne animé par quelqu'un qui connaît le secteur, et ou la lecture du projet associatif et des derniers comptes rendus d'activité de l'assaut par exemple. Côté assaut, ça va tout changer. Parce qu'une personne qui arrive en comprenant où elle met les pieds, qui sont les bénéficiaires et qui sont les interlocuteurs qu'elle va rencontrer pendant cette journée, c'est une personne avec qui on peut construire quelque chose plus rapidement. Et puis aussi, symboliquement, c'est faire un pas vers la réalité d'une association et leur faire passer le message. Ce que vous faites, ça compte. Alors, pour résumer, avant, pendant et en passant à l'action, j'ai partagé avec toi trois étapes et dix conseils. pour développer un programme de mécénat de compétence qui soit hyper efficace pour les associations. Ce que j'espère t'avoir transmis ici, c'est que le mécénat de compétence, c'est une vraie relation qui se construit dans la durée entre des êtres humains. Ça peut être long à construire, un peu fragile au début, mais surtout ça peut être très puissant quand c'est bien calibré et quand tu respectes certaines étapes nécessaires à sa mise en œuvre. Si tu devais retenir une seule chose de ces épisodes sur le mécénat de compétence, ce serait celle-là, par des besoins de l'assaut. Pas de tes contraintes, pas de ton plan de com', pas de ta politique RH, vraiment des besoins de l'association. Sur mon site internet, je t'ai préparé une checklist qui reprend ces 10 points à observer dans ta fondation par rapport à ton programme de mécénat de compétences. Et si tu te demandes quelle est la meilleure stratégie de mécénat de compétences pour ta structure, pour tes équipes, ta culture d'entreprise, les assos que tu accompagnes déjà ou que tu voudrais accompagner, je t'invite à prendre rendez-vous avec moi. C'est exactement là où j'accompagne mes clientes et mes clients en ce moment. Alors on en parle sans engagement et on voit ensemble ce qui peut faire du sens pour toi. Le lien est dans les notes de l'épisode. Pour en savoir plus sur la communauté des robines et sur C'était mieux demain rendez-vous dans les notes de l'épisode et sur c'était mieux demain.com. Un grand merci à Pauline Bouillaud pour le montage et merci à vous toutes et tous pour votre écoute. A bientôt les Robines ! C'était les Robines, le podcast qui transforme le capital en bien commun réalisé par Valentine Maillard de l'agence C'était mieux demain. Pour la petite histoire, les Robines, c'est exactement l'espace dont j'aurais eu besoin lorsque j'étais déléguée générale de fondation d'entreprise. Un espace pour réunir les responsables de ma Sénat en quête de pratiques plus responsables. Dans cette communauté, on est convaincus que le mécénat, ça ne doit pas être juste un outil de défiscalisation, ni une vitrine sur l'initiative. Pour nous, c'est un moteur de justice sociale et environnementale. Pour en savoir plus sur la communauté des robines et sur C'était mieux demain, rendez-vous dans les notes de l'épisode et sur c'était mieux demain.com. A bientôt les robines !