- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le podcast Les Robines.
- Speaker #1
Les Robines, c'est une communauté de dirigeants et de dirigeantes du mécénat d'entreprise.
- Speaker #0
À la façon de Robin Desbois, on détourne les ressources privées pour plus de justice sociale.
- Speaker #1
Les Robines, c'est un espace de transmission et de solidarité pour celles et ceux qui croient en un mécénat plus responsable et horizontal. Dans ce podcast, je donne la parole à des invités qui s'engagent pour dérober le capital de leur entreprise au service de l'intérêt général. Et on décrypte ensemble les pratiques du mécénat de demain. Je suis Valentine Maillard de l'agence C'était mieux demain et cofondatrice de la communauté Les Robines. Bonne écoute Les Robines ! Dans l'épisode précédent, j'ai partagé quelques définitions, des tendances et surtout des retours d'expérience sur le mécénat de compétence.
- Speaker #2
Et tu sais ça, ça arrive !
- Speaker #1
En repartant des différents besoins des associations en matière de ressources humaines, et potentiellement du coup de mécénat de compétences, on part ensemble à la rencontre de plusieurs assos et entreprises pour voir ce qui fonctionne. On a exploré dans le premier épisode les besoins sans prérequis en matière de compétences, avec un focus sur les journées solidaires. Dans ce deuxième épisode, on va aller regarder du côté des besoins projets et des besoins structurels. C'est parti pour cette deuxième catégorie de besoins associatifs, les besoins d'experts pour mener des projets. spécifique. Là, l'association a un projet précis à développer et elle n'a pas les ressources en interne pour le faire. Elle va avoir besoin de quelqu'un qui sait faire avec une expertise technique. Ça peut être par exemple refondre un site, développer une appli pour les bénéficiaires, structurer la comptabilité, sécuriser un contrat juridique, lancer une école de formation, ouvrir un site de production. Ici, on parle de projets qui durent en général entre 3 et 12 mois. et qui demande de définir un cadre de projet délivrable, un planning, des rôles, des responsabilités, d'avoir une personne référente côté ASSO en charge du développement de ce projet. Et effectivement, quand une association a besoin de mener un projet de ce type, une demi-journée, ça ne suffit pas. Lors de mes entretiens exploratoires,
- Speaker #3
on m'a dit grâce à ce mécénat de compétences et grâce à leur expertise, on a gagné énormément de temps et surtout, on a gagné énormément d'argent.
- Speaker #0
Proposer du mécénat de compétences pendant un mois, ce serait génial, mais j'anticipe les craintes de ma direction sur le coût de l'opération. Les formats de moins de 15 jours,
- Speaker #3
ça ne sert à rien.
- Speaker #1
Les missions de mécénat de compétences proposées par des cabinets IT en intermission, c'est génial, mais en fait, en 48 heures, les consultants repartent sur une mission client, et nous, notre projet, il tombe à l'eau.
- Speaker #4
Le recours aux plateformes de missions en ligne, ça peut présenter certaines limites. Tu te retrouves avec des gens assez juniors, qui ont une très petite enveloppe de temps disponible.
- Speaker #3
J'avoue, nous, on n'y connaissait rien sur ce sujet-là. Et sans l'aide de cette entreprise partenaire, on se serait complètement plantés.
- Speaker #5
Le format d'un mois, il serait vraiment bien. Le seul petit bémol que je peux voir, moi, c'est vraiment sur la partie durée. Donc, c'est comme pour un stage de quatre semaines, par exemple, tu t'emportes la personne, tu lui fais faire le tour des sites, tu la présentes à toute l'organisation. Et au moment où elle commence à comprendre l'écosystème, c'est déjà le temps de partir.
- Speaker #1
Alors, pour explorer l'efficacité du mécénat de compétences en réponse à des besoins projets, j'ai interrogé plusieurs personnes. Marine Mandrila, elle est cofondatrice de l'association Refugee Food. Lucie Boutier, qui est responsable de partenariat chez Cherit. Et Sarah Daniel-Porta, qui est responsable de l'engagement sociétal et du fonds de dotation chez Média Performance.
- Speaker #6
Je suis Marine Mandrila, j'ai cofondé le projet Refugee Food il y a une dizaine d'années maintenant. C'est un projet hybride qui s'appuie à la fois sur une association et une entreprise d'insertion. et qui poursuit plusieurs missions, notamment d'essayer de sensibiliser le grand public à la situation des réfugiés, de former aussi des personnes réfugiées au métier de la cuisine, notamment à travers une école, et puis bien sûr d'essayer de lutter contre la précarité alimentaire. Le mécénat de compétences, c'est un sujet évidemment dont on est proche depuis pas mal de temps. On a des expériences plutôt heureuses et parfois un peu balbutiantes, ce qui fait que pendant un temps, on a été un peu réfractaires à accueillir des... Du mécénat de compétences, parce qu'on a eu par moments l'impression de passer beaucoup de temps, de se tordre un peu, de ne pas être tout à fait dans nos besoins.
- Speaker #0
Moi je suis Lucie, je suis la directrice des partenariats de Chérit. Et du coup Chérit, on est aussi une association et on existe parce qu'on est convaincu qu'effectivement les assos en France jouent un rôle fondamental pour résoudre des problèmes sociaux et environnementaux, des problèmes sur le terrain, là où ni l'État ni les entreprises ne peuvent agir suffisamment. et que pour un certain nombre d'entre elles, la tech, c'est un levier qui est... pas ou peu exploitées, alors que ça pourrait leur permettre d'avoir plus d'impact, soit de gagner en efficacité en interne, soit d'adresser plus massivement les bénéficiaires ou d'adresser autrement les bénéficiaires. Et du coup, on s'est construit sur ce constat-là en se disant ce qu'on va faire, c'est qu'on va coder, développer gratuitement des solutions digitales pour et avec les associations pour leur permettre de démultiplier leur impact sur le terrain. Et on fait ça gratuitement. parce qu'on travaille avec des entreprises qui nous mettent à disposition des collaborateurs en mécénat de compétences. Notre format cœur d'activité, c'est vraiment des accompagnements longs, donc des projets qui prennent 6, 7, 8 mois de développement, entre le cadrage de développement et le déploiement du projet.
- Speaker #2
Bonjour, moi je suis Sarah Daniel-Porta, je suis responsable de l'engagement sociétal chez Média Performance. Média Performance est une PME française de 570 salariés. Et j'ai une double casquette, puisque je suis aussi déléguée générale du Fonds de dotation Médias Performance, qui a été créé, enfin qui a vu le jour en janvier 2025. Donc nous, on a décidé de mettre en place dès 2022 du mécénat de compétences, donc sous deux formes. Une forme qui est assez banalisée, on va dire, c'est des journées solidaires dans les entreprises. Et une autre forme qui est moins solidaire pour nos salariés.
- Speaker #6
Déjà, il y a pas mal d'entreprises qui nous sollicitent pour non pas du mécénat de compétence, mais du bénévolat. Donc il y a souvent aussi une confusion, mais je précise juste notamment parce qu'on a une grosse activité d'aide alimentaire. Et du coup, des entreprises qui veulent venir prêter main forte en cuisine, qui veulent même parfois en faire du team building en cuisine. Donc voilà, il y a ce cas de figure-là. Et puis pour ce qui est du mécénat de compétence, je ne rentre pas dans le détail parce que ce n'est pas forcément sur le bénévolat, ce n'est pas forcément le sujet. C'est un sujet qu'on a eu pas mal de difficultés à traiter. Et sur le médecin de la compétence, effectivement, quand on a des demandes d'entreprises dont on n'est pas partenaire, en général, on ne va pas plus loin. Parce que, pour répondre plus précisément à ta question, ce n'est pas toujours facile, je trouve, d'identifier vraiment nos besoins et de faire coïncider nos besoins à un instant précis avec ce que peut offrir l'entreprise ou pas. Et c'est ce que je disais en introduction, ça nous est arrivé parfois de dire oui, oui, super, on a besoin de faire relire nos contrats parce qu'on n'a pas de direction juridique, on n'a pas forcément d'avocat qui nous suivait à l'époque. Mais en fait, ce n'était pas non plus un besoin ni prioritaire ni urgent. Du coup, en fait, ça n'a pas vraiment marché et du coup, ça crée de la déception de part et d'autre. Parce que ce n'est pas très bien suivi chez nous, ce n'est pas forcément hyper bien suivi et cadré, en tout cas, du côté de l'entreprise. Donc, ça reste un peu l'être morte et ça fait perdre du temps à tout le monde. Donc, les premières expériences n'ont pas toujours été très bonnes. Et du coup, maintenant, le point crucial, c'est vraiment de faire en sorte que ça réponde vraiment à un besoin. Et sinon, on n'y va pas. Et on l'explique et ça se passe toujours très bien. Et en l'occurrence, quand ça correspond vraiment à un besoin et qu'en fait, il y a une vraie expertise, et bien là, pour le coup, c'est vraiment un outil qui est génial. Et ce qu'on peut observer aussi, en tout cas chez nous, c'est que... Donc, au plus le besoin est identifié et au plus l'expertise est haute en face, au plus ça fonctionne. Et au mieux, effectivement, on cadre les choses. Et quand je dis cadrer, ce n'est pas forcément au début en se disant, alors ça va être tant de sessions, tant d'échanges, etc. Mais c'est avancer petit à petit. On commence par un call d'une heure pour poser les bases. On se reparle quand il y a besoin. Entre temps, ce qui va aussi avec un haut niveau de séniorité dans la gestion de projet du truc. Pour résumer, ça nous est arrivé de le décliner, de le refuser, parce qu'on se rendait compte que parfois, on l'aurait fait plus pour faire plaisir au partenaire et pour répondre à un besoin qu'il a à lui que répondre à un vrai besoin chez nous. Donc ça, on est sortis de cette logique-là et on a raison, je pense. Et on arrive vraiment à des choses qui fonctionnent super bien.
- Speaker #0
Effectivement, il y a un vrai enjeu de match entre un besoin côté association, qu'on vient nous, en tout cas chez Chérit, regarder, étudier pendant la phase de sélection des associations. Et effectivement, l'un des enjeux quand on est accompagné par Chérit, c'est de se dire qu'on a validé que le besoin était réel et que la tech pouvait, parce que pour le coup, Chérit, c'est vraiment uniquement des sujets tech, et que la tech était bien une des réponses à ce besoin-là. Parce que parfois, ce n'est pas le cas. La tech, ça ne répond pas à tous les besoins des associations, loin de là. Et effectivement, je rejoins complètement Marine, on a besoin de séniorité, on a besoin vraiment de gens qui sont... J'entends l'enjeu aussi parfois côté entreprise de faire monter en compétence les collaborateurs via des missions en mécénat de compétence. Et le mécénat de compétence le permet effectivement. Mais on a aussi besoin de séniorité. On ne peut pas avoir que des profils très juniors qui font leurs armes entre guillemets sur des missions associatives. En fait, cette séniorité, elle est vraiment très utile pour les assos.
- Speaker #2
Notre second format qui est du mois solidaire, c'est tous les salariés qui ont 5 ans d'ancienneté peuvent bénéficier de un mois de mécénat. Dans une association, je suis assez d'accord avec ce que disait Marine. Moi, j'ai deux sujets. C'est d'abord être sûr que l'association ne va pas le faire pour nous faire plaisir, puisqu'en tant que financeur, l'association se sent parfois un petit peu obligée d'accepter la personne qu'on lui envoie pendant un mois. Et du coup, c'est dommage parce que parfois, ça peut ne pas matcher. Du coup, il y a de la déception côté association et il y a de la déception côté salarié. Et moi, mon travail, c'est qu'il n'y ait pas de déception côté salarié, bien sûr aussi côté association, mais aussi surtout côté salarié. Donc, c'est... important d'arriver à avoir une, je reviens toujours sur ma relation, d'essayer de mettre notre relation financeur-financée à l'horizontale et pas à la verticale, et de pouvoir avoir un échange suffisamment franc avec l'association qui va nous dire, bon ben là c'est ok, mais là c'est pas ok. Pour la maison de l'amitié, on a une salariée qui est allée, c'est un accueil de jour, distribution de petits déjeuners, la bagagerie, la douche, voilà, et elle avait Merci. un jour par semaine par contre sur des missions plus administratives où elle aidait les bénévoles à refaire des présentations puisque elle, c'est son job dans l'entreprise, c'est elle qui fait les présentations pour les commerciaux donc là elle les a aidées à refaire quelques présentations. Nous on a surtout ces deux sujets à l'entreprise arriver à ce que l'ASSO ait envie de nous accueillir et quelque chose à faire faire aux salariés. que le ou la salarié soit contente d'aller dans son asso et de se sentir utile. Parce que s'il n'y a pas de matchi-matchi, le salarié ne se sent pas utile et c'est de la perte de temps pour tout le monde.
- Speaker #1
Comment est-ce que tu crées les conditions de la confiance dont tu parlais tout à l'heure ?
- Speaker #2
J'essaie de créer les conditions de la confiance. Ce n'est pas toujours facile. Les associations avec lesquelles on a des partenariats depuis un an, deux ans, trois ans, puis il y en a, ça fait quatre ans. Maintenant, on se connaît, on arrive à s'appeler. Elles ont mon 06. Voilà, la relation est liée. C'est d'ailleurs arrivé qu'une de nos associations partenaires, depuis trois ans, ça fera quatre ans en 2026, je lui ai proposé... J'avais une de nos salariés qui souhaitait aller faire un mécénat de compétences. Donc, j'ai appelé mon contact et elle m'a dit « Non, Sarah, ce n'est pas le moment encore. Ça ne marchera pas, c'est compliqué. » Donc, elle m'a aussi dit... Mais si tu veux, on l'apprend quand même. Bon, non, en fait, c'est pas... Non, si ça ne vous va pas, ça ne marchera pas.
- Speaker #6
Je pense à un cas, là, on est en train de préparer l'installation de nos nouveaux locaux et en l'occurrence de notre nouvelle école de cuisine. Et c'est là aussi où il y aura notre nouveau siège social, donc dans un bâtiment qui est en construction dans Paris. Et c'est un projet vraiment immobilier avec beaucoup d'investissements qui sont des choses qu'on ne maîtrise pas du tout, quoi. Alors, on a beaucoup de bon sens, mais ce n'est pas des logiques qu'on maîtrise. Et donc, en l'occurrence, on a un partenaire qui est Covivio, qui fait des immobiliers de bureaux, qui est une grosse entreprise et qui a une fondation qui nous soutient. Et d'ailleurs, c'est Covivio, notre interlocutrice, qui nous a dit « Ah, mais attendez, votre projet là, ça ressemble à ce qu'on fait, parce que nous aussi, on est bailleurs. » Et en fait, du coup, l'échange a créé le besoin d'accompagnement et on est maintenant, on travaille en mécénat de compétences avec. Le directeur juridique, le directeur d'exploitation, une des conditions de succès, en tout cas dans cet exemple-là, et ça rejoint ce que tu disais, Sarah, c'est aussi la confiance, le niveau d'échange avec le partenaire qui, lui aussi, connaît suffisamment bien le projet et les actualités pour dire « Ah, mais attends, en fait, ça, on sait faire et je connais quelqu'un dans l'entreprise qui pourrait vous aider là-dessus. » Donc voilà, et je pense à un autre exemple aussi. Un moment qui a été assez difficile pour nous il y a quelques années, parce que c'est un peu la crise de croissance, où on n'avait pas une organisation suffisamment structurée, suffisamment organisée, et il est arrivé beaucoup d'activités en même temps, beaucoup de recrutements, au moment en plus de mon premier congé maternité, donc tout ça n'était pas hyper évident. Et là, on a eu quelqu'un en mécénat de compétences qu'on connaissait bien, qui était un ancien bénévole, qui était en fin de carrière dans ça. dans une grosse entreprise qui nous a dit « moi j'ai envie de bosser avec vous pour vous, de mettre mon temps à dispo pendant un an, ma boîte est d'accord » . Et en fait, elle nous a aidé dans cette période-là à ramener de la structure, de l'organisation en étant interne, mais à la fois sans enjeu. Je disais initialement que vraiment, et vraiment ça part je pense d'une super bonne intention, mais les entreprises ou les structures qui nous contactent en disant « ah ben voilà, on a du mécénaire compétence comme ça en fait » . Si on n'y va pas, c'est parce qu'on sait que derrière, le temps de se connaître, de se comprendre, ça ne marchera pas.
- Speaker #1
Il y a un truc que tu mentionnes là aussi, c'est avec l'exemple de ce mécénat fin de mission, un peu sur le long terme. C'est le fait d'avoir un engagement dans la durée aussi. Ça, Lucie, chez vous, je crois que c'est un des critères.
- Speaker #0
Oui, effectivement. Alors, dans l'offre Sherit, il y a plein de choses. Il y a aussi des formats de sensibilisation, de mentorat, de coaching qui permettent du mécénat courte durée. Mais par contre, sur les projets digitaux, où vraiment on va développer une application mobile, refaire un SI, développer un CRM, avec des outils marchés, from scratch, peu importe. on est vraiment sur du temps long et la durée moyenne de ces projets-là, c'est 7 mois. Plus les équipes tournent, plus il y a de rotation, plus c'est compliqué d'amener de la valeur. Et typiquement, on a fait des temps plus courts sur des phases de développement et on se retrouvait avec des lignes de code hétérogènes, des choses qui ne fonctionnaient pas très bien derrière en termes de qualité. Et donc, c'est un vrai enjeu pour nous de sécuriser ces temps longs. Et du coup, l'idée, c'est d'expliquer ça de manière très transparente aux partenaires tech avec lesquels on travaille.
- Speaker #1
Je te voyais... Sarah, Ausha la tête à ce que disait Lucie, toi tu as réussi à développer chez Média Performance un format qui est de un mois, là où on a de plus en plus d'entreprises qui vont sur des formats courts d'une demi-journée ou d'une journée. Comment est-ce que ça s'est passé pour toi en entreprise que de faire passer et de faire accepter, valider à un niveau stratégique ce mois solidaire ?
- Speaker #2
Pour donner un ordre d'idées, on est une PME de 570 salariés et moi j'ai... 1% du chiffre d'affaires en budget juste pour l'engagement sociétal. Alors je ne vais pas dire que je ne dois pas me battre, mais je ne dois pas vraiment me battre puisque nous, l'engagement, l'impact, il est voulu du sommet de la pyramide, on va dire. Donc à partir de ce moment-là, on va dire que le maillon le plus que l'on doit convaincre pour ce mois solidaire... Ce sont plutôt les directeurs et directrices de départements. Nous, quand un salarié dit « je vais partir un mois consécutif » , on doit vraiment l'anticiper parce que dans une équipe de 25 personnes, quand il y a quelqu'un qui s'en va, supposons qu'il y a déjà quelqu'un ou d'autres en vacances, la charge de travail redescend sur les collaborateurs restants. Et ça, c'est quand même dommageable parce que... Parce que ça ne donne pas forcément une bonne image. Les équipes n'ont pas forcément envie de faire le mois solidaire. Déjà parce qu'ils se disent, non, c'est les autres qui vont devoir récupérer mon travail. Et pour la direction du service, c'est compliqué aussi de dire aux autres, votre copain, il part pendant un mois dans une association faire du mécénat. Et puis vous, pendant ce temps, vous allez devoir mettre les bouchées doubles pour prendre son travail.
- Speaker #1
Je trouve que c'est intéressant que tu partages ça et que ça dit beaucoup aussi. de la valorisation des métiers du social et du travail social aujourd'hui, où effectivement dans certaines entreprises, c'est assimilé à aller travailler pour une association, ça peut être assimilé dans des critères de choix, à poser une journée, à aller s'amuser ou aller faire quelque chose aussi à côté. Est-ce que ça, c'est des choses que tu perçois ou que tu as perçues dans d'autres contextes professionnels ?
- Speaker #2
Dans d'autres contextes professionnels ? Mais même en étant complètement transparente, même chez Média Performance, même si on est très engagé, il y a toujours ce que je disais, c'est de l'humain derrière tout ce qu'on fait. Donc il va sur 170 personnes. Oui, je vais peut-être avoir quand même quelques personnes qui vont venir me voir et me dire oui, bon, ça va un mois dans une asso. Non, en fait, un mois dans une asso. Par exemple, Anne-Laure. Elle a travaillé tous les matins d'être à la cuisine, d'accueillir les bénévoles.
- Speaker #6
Je voudrais juste réagir là-dessus parce que je trouve que c'est assez symptomatique d'une vision de la solidarité qui est associée à quelque chose d'un peu bas de gamme, parce que c'est solidaire. Et ça peut être lié aussi au fait qu'il y a certaines associations qui ne fonctionnent qu'avec des bénévoles, donc qui ne suivent pas forcément des logiques du monde professionnel. Mais ce n'est pas le cas de toutes. Voilà, on a l'impression que parce que c'est associatif, c'est amateur, ça va être un peu brouillon. Et souvent, on dit, ah bah, dis donc, pour une asso, c'est... Par exemple, notre service traiteur, c'est une entreprise d'insertion, c'est un peu différent, mais on dit, putain, c'est vachement bon pour une asso, pour un truc solidaire. Et du coup, je trouve que ça renvoie à une image de... De la solidarité qui est un peu bas de gamme et contre laquelle nous on se bat vachement, parce que ce n'est pas parce qu'on fait de l'intérêt général qu'on ne le fait pas de manière professionnelle, exigeante. Et voilà, on est une structure qui a des obligations, des exigences, qui paye une taxe d'apprentissage, une taxe sur les salaires, qui est aussi à plein d'égards soumise aux mêmes contraintes qu'une entreprise qui pose d'autres questions.
- Speaker #0
Concrètement, ce qu'on voit, c'est qu'il y a plus de 80% des collaborateurs qui viennent en mission mécénat de compétences qui déclare que Ces missions-là leur ont permis de monter en compétence, que ce soit des compétences techniques ou humaines, effectivement, parce que venir travailler dans le secteur associatif, ça, c'est tout aussi valorisant, tout aussi apprenant qu'une mission. Et c'est presque parfois plus challengeant parce qu'en fait, on est dans des contextes projets où on n'a pas les mêmes moyens humains, financiers. Donc, on se pose les questions différemment, on s'intéresse au sujet différemment, on amène aussi de la pédagogie. pour faire monter une équipe en compétences associatives derrière, pour transmettre notre savoir. Et en fait, il y a une vraie montée en compétences associée à ça qui derrière est utile au parcours de vie du collaborateur. Donc oui, je rejoins complètement Marine et Sarah là-dessus.
- Speaker #1
C'est drôle ce que vous partagez là. Ça me rappelle quand j'étais DG de fondation, il y avait un terme qui m'horripilait vraiment, c'était cette mécanique de professionnaliser les associations. Et en fait, je pense que là, vous l'avez aussi. parfaitement partagé. Les assos n'ont pas besoin d'être professionnalisés par les entreprises. Il y a déjà plein de mécaniques hyper abouties qui existent et je crois aussi que le monde de l'entreprise gagnerait beaucoup à s'inspirer aussi et de l'agilité et de la manière de penser collectif, de l'horizontalité de certaines gouvernances en association aussi et que ça ramènerait parfois plus d'intelligence, plus de fluidité, d'agilité aussi. En tout cas, je crois que c'est un... C'est des modèles desquels le lucratif tendrait à devoir s'inspirer un petit peu du non lucratif là-dessus. Quel conseil ou quelles conditions, toi, t'aimerais proposer à une entreprise qui souhaite se lancer dans le domaine de sa compétence ?
- Speaker #6
Pour ce qui est de chez nous, de Refugee Food, c'est vrai qu'avoir, franchement, ce que tu disais, Sarah, mais d'avoir déjà un noyau lié, d'avoir déjà un soutien, par exemple financier ou autre que financier, mais d'être déjà engagé dans une démarche de soutien. De l'association, je trouve que c'est important parce qu'en fait, les associations en ont besoin. Elles ont besoin de la compétence, mais elles ont aussi besoin de financement et qui ne vient pas que du secteur public. Je ne pense pas qu'il faille en faire un prérequis, mais je trouve que c'est important quand même. Surtout qu'il y a des mesures d'incitation fiscale qui sont quand même assez importantes en France. Et voilà, donc je dirais que c'est important que ce soit adossé à une autre forme de soutien. et puis effectivement Peut-être le prérequis absolu, c'est d'être certain que ça correspond vraiment à besoin. Et peut-être aussi que la personne de l'entreprise, que le salarié, ait vraiment envie de le faire. Ça paraît bête, mais qu'il soit vraiment engagé, ça ne veut pas dire grand-chose, mais qu'il ait vraiment envie de le faire pour des bonnes raisons et que ça vienne aussi de lui. Je suis partagée parce qu'en même temps, je trouve que c'est important de... Ça serait important de l'imposer et en même temps, je trouve que, voilà, force est de constater que ça fonctionne encore mieux quand ça vient du salarié. Mais je me pose la question en même temps. Donc voilà, la question est posée en tout cas.
- Speaker #0
La première chose que je dirais, c'est effectivement avoir le soutien de la direction. Je trouve que c'est indispensable pour mener des politiques d'engagement qui soient ambitieuses, que ça soit aussi en ligne et que ça soit porté par la direction et même au-delà de la direction, porté par un projet d'entreprise. pour se dire que même si la direction change, l'engagement reste. Le deuxième, c'est peut-être se fixer des objectifs et essayer d'ancrer ces objectifs effectivement et de les valoriser. Donc de se dire que ces objectifs extra-financiers sont intéressants et ils sont valorisants au-delà même du chiffre d'affaires. Par exemple, demain, toutes les ESN dédient 1% de leur masse salariale aux mécénats de compétences. Ça serait chouette. Et puis, troisième axe, s'engager dans la durée. Et effectivement, en mécénat au sens large. compétence et financier. Je rejoins complètement ici Marine là-dessus. Les assos, elles ont besoin de compétences et d'expertise. Elles ont aussi besoin de financement. Et c'est vraiment la clé là pour permettre au secteur associatif qui œuvre sur ces problématiques de société, comme le disait Sarah, d'être outillé correctement et de continuer à servir ces enjeux de société qui ne seront pas adressés par ailleurs. C'est essentiel pour nous toutes et tous.
- Speaker #1
Alors ici, leurs retours sont assez simples. Plus tu t'engages dans la durée, plus ton impact est important pour l'association. Et en parlant de durée, je ne pouvais pas finir ce tour d'horizon du message de compétence. sans regarder de plus près ce qui existe autour des besoins d'experts pour structurer le projet associatif. Alors les missions qui répondent à ces besoins, elles sont plus rares, plus exigeantes, mais d'autant plus précieuses pour les assos. Ça peut être par exemple clarifier une vision, retravailler le projet associatif, structurer la gouvernance, décider quoi prioriser sur les 6, 12, 18 prochains mois, préparer un changement d'échelle ou un SMH. Ce sont des besoins en conseil, en leadership, en gestion. Ça demande du temps, de la régularité, de la consistance et surtout de la confiance, parce que pour que ce type de besoin soit accompagné via du mécénat de compétences, l'association doit accepter de montrer ses failles. Et pour ça, elle doit se sentir en confiance. Pour explorer ces besoins, j'avais envie d'interroger des personnes qui font du mécénat longue durée, qu'on peut aussi appeler mécénat fin de carrière. Ce qu'il faut savoir, c'est que seulement 1% des entreprises mécènes en France, toujours selon le baromètre de l'admicale, proposent des formats de plus de 6 mois. 1% des entreprises mécènes. Le mécénat de compétences peut durer jusqu'à 3 ans et les associations qui en bénéficient, elles nous disent que ça change tout pour eux. Pour en parler, j'échange avec Chloé Versigny, elle est responsable du mécénat au sein de l'association Clown Stéthoscope à Bordeaux, et Cédric Lepoutre, qui est secrétaire général de l'association à Porte-et-Delle à Lille. Toi Chloé, tu accueilles dans ton équipe Catherine, qui est salariée du coup de chez AXA. et qui est en mécénat de compétence fin de carrière au sein de l'asso Les Clous du Stéthoscope. Et toi Cédric, tu es toi-même en mécénat de compétence fin de carrière salarié chez ADO, mais au sein de l'asso à Porte-et-Delle ?
- Speaker #7
Cédric Lepoutre, je suis en mécénat de compétence secrétaire générale de l'association à Porte-et-Delle, qui s'est donné comme but de permettre à des femmes de se reconstruire après des épreuves acquis dans le vie, telles que le burn-out, les violences conjugales. des maladies.
- Speaker #3
Bonjour, je suis Chloé Versigny, je suis responsable du mécénat de l'association les Clowns Stéthoscopes. Les Clowns Stéthoscopes, c'est une association de clowns professionnels en milieu de soins qui intervient dans 8 services pédiatriques et 4 EHPAD de la Gironde.
- Speaker #1
Peut-être en une phrase, est-ce que vous pourriez chacun présenter quel est votre rôle au sein de l'ASSO ?
- Speaker #7
Secrétaire Général, c'est un poste assez vaste qui englobe toutes les activités opérationnelles de l'association. Alors je ne suis pas tout seul, j'ai une équipe avec moi qui va s'occuper en fait de toutes les dimensions à la fois administratives, financières, pédagogiques, recrutement, communication, etc.
- Speaker #3
Alors moi je suis responsable du mécénat de l'association, donc je m'occupe de gérer toute la collecte de fonds de l'association, à savoir sur les cinq volets qui sont nous les subventions publiques, les relations avec les entreprises. Les relations avec les autres associations partenaires, nos donateurs particuliers et tout ce qui est actions solidaires, puisque nous avons la chance d'avoir plus de 120 bénévoles actifs au sein de l'association.
- Speaker #1
Et du coup toi Chloé, comment est-ce que tu en es venue à solliciter l'aide d'une personne en médecine à fin de carrière ?
- Speaker #3
Nous, notre lettre motive au Clunz Stéthoscope, c'est qu'on est vraiment dans le prendre soin de la relation humaine sur le terrain, à la fois avec nos bénéficiaires, mais à la fois dans la relation partenariale. Donc dès qu'on nous appelle, on va à la rencontre des gens. Il y a à peu près deux ans, il y a une bénévole qui était très proche de l'association qui vient me voir et qui me dit « Ah Chloé, j'ai trois ans à finir dans ma boîte et j'aimerais vraiment les faire en fin de carrière à vos côtés. » Déjà, moi j'étais folle de joie, mais je ne m'emballais pas tant que le procès ne s'était pas lancé. En février de l'année dernière, Catherine a rejoint notre association. On a la chance de l'avoir sur 4 jours semaine pendant 3 ans, sur tout ce qui est recherche et relations avec les entreprises, puisqu'elle vient du milieu privé de l'entreprise.
- Speaker #1
Et est-ce qu'on peut citer l'entreprise qui vous fait ce cadeau ? Je pense qu'on peut le dire, c'est un vrai cadeau.
- Speaker #3
Bien sûr, c'est AXA, AXA Sud-Ouest.
- Speaker #1
Toi Cédric, de ton côté, comment est-ce que ça s'est passé ?
- Speaker #7
Ça s'est passé assez simplement au sein d'ADO Laura Merlin. On a à la fin de carrière des formations pour préparer justement cette fin de carrière et le début de la retraite. Et lors de la formation, il y a eu un chapitre sur le message de compétence, puisque l'entreprise mettait en place ce dispositif. Et message de compétence longue durée, c'est-à-dire véritablement à temps plein sur un, deux, deux ans, trois ans. J'ai saisi la balle au bon et j'ai été voir les ressources humaines en disant, moi ça m'intéresse, donnez-moi votre accord. Ils me l'ont donné très vite. Après, je suis allé à la recherche d'une association qui m'intéressait. L'association, quand vous allez vers elle en disant « j'ai deux ans à faire encore, deux ans et demi, je cherche un mécénat à temps plein » , généralement, elles sont plutôt intéressées. Moi, je voudrais insister sur un point, c'est que... Le plus important, je pense, quand on arrive dans une association, ce n'est pas d'arriver comme un sauveur, comme celui qui sait tout.
- Speaker #0
celui qui va tout faire, il faut arriver avec beaucoup d'humilité en se disant mais qu'est-ce que vous faites déjà, qu'est-ce que vous faites de bien, en quoi je puis-je vous aider là maintenant ?
- Speaker #1
Si on regarde un petit peu les chiffres, aujourd'hui le mécénat de compétences fin de carrière, ça représente 1% du mécénat de compétences et des dispositifs en mécénat de compétences qui existent. Qu'est-ce qui coince selon vous dans les entreprises pour pouvoir développer encore plus ce format-là ?
- Speaker #0
Très simplement, je pense que c'est l'aspect financier. On ne va pas se leurrer, on ne va pas tourner autour du pot, ça coûte très cher quand même. Même s'il y a une défiscalisation à hauteur de 60% des frais de personnel de la personne qui est prêtée, entre guillemets, à l'association, ça reste des sommes importantes que ne peuvent pas se permettre de mettre des entreprises de taille moyenne ou des entreprises qui n'ont pas des résultats suffisants. Après, il y a un autre sujet, et moi je me rends compte aujourd'hui parce que quelque part... On a du mal à trouver mon successeur en mécénat de compétences, et pourtant ça fait 6-7 mois qu'on cherche. C'est que ce n'est pas forcément en fin de carrière qu'on est le plus à même, ou qu'on a le plus envie de changer, de bouger. Et on se projette, quand on est à 2 ans, à 3 ans de la retraite, on se projette dans quelque chose de simple. Si tout va bien, ou tout va à peu près bien dans l'entreprise, on continue tranquillement à aller jusqu'au bout en se disant... Je ne vais pas commencer à remuer les choses en ce moment. J'ai bientôt fini, donc j'y vais cool. Et de toutes les façons, progressivement, la somme de travail va diminuer. C'est normal à un moment donné, même si on n'est plus très sollicité par l'entreprise, etc. Et donc, il y a aussi ça. Il y a l'entreprise d'un côté, mais il y a aussi, je pense, les personnes elles-mêmes qui n'ont pas forcément envie de se bouger trop. Excusez-moi de le dire, mais c'est peut-être une réalité que je vis autour de moi. Les gens de mon âge me disent tous « c'est génial ce que tu fais, bravo » . J'ai cru au départ que c'était une envie de faire la même chose, mais pas du tout, pas du tout. C'était « bravo, mais ça ne sera pas pour moi » .
- Speaker #1
Merci pour ce partage sans filtre, Cédric.
- Speaker #2
C'est extrêmement courageux de se dire à trois ans de la retraite, je vais me remettre. Il y a une remise en question, peut-être un peu de ses compétences, peut-être un peu de se réapproprier. Voilà tout un milieu, de nouvelles pratiques, de nouvelles choses. Comme dit Cédric, on pourrait se dire, allez, il me reste deux ans à tirer, je reste dans ma zone de confort et puis j'oublie doucement, soit dans un placard au pire, soit à faire des missions qui ne me stimulent pas forcément. Et c'est vrai que quand j'en discutais avec Catherine, elle me dit, non mais je vais finir sur quelque chose qui a du sens et qui a vraiment du sens. Et ça, je pense que... Les gens, mais Cédric, tu pourras peut-être compléter, les gens qui font vraiment un mécénat de compétence sur la fin de carrière, c'est dire, j'ai vraiment fini en beauté, en apothéose.
- Speaker #0
C'était absolument très important pour moi de passer par cette étape-là, parce que je continue à être vivant, parce que je continue à être jeune, je continue à avoir plein de projets. Moi, j'ai rajeuni en arrivant dans l'association.
- Speaker #1
Et selon vous, qu'est-ce que les entreprises gagnent vraiment, finalement ?
- Speaker #0
Je pense que d'un point de vue ressources humaines, pas mal d'entreprises peuvent se retrouver avec des personnes en fin de carrière qui, par rapport à des modifications de structure, etc., se retrouvent un peu sur le carreau. Et là, c'est une vraie chance pour l'entreprise, quelque part, de leur offrir à ces personnes une plus belle façon, quelque part, de finir leur carrière que de se retrouver dans un placard. Excusez-moi du terme, mais c'est un peu ça.
- Speaker #2
Et ça fait une bonne image et une bonne presse aussi. Il ne faut pas se leurrer autant à notre niveau. qu'à leur niveau, c'est-à-dire qu'eux, ils ont une image de marque qui est quand même sur l'humain, mettre à profit des compétences humaines. Bon, c'est plutôt chouette, en fait, pour donner l'envie aux autres. Moi, je trouve que c'est une belle publicité.
- Speaker #1
Peut-être pour finir, avec quoi est-ce que toi, tu repartiras, Cédric, de cette mission auprès de l'association ?
- Speaker #0
Eh bien, je ne vais pas repartir. Je pense que quand je serai à la retraite, c'est-à-dire au 1er juillet, je continue dans l'association. Certainement pas à la même intensité qu'aujourd'hui, mais je vais continuer sur certaines missions dont je repars déjà en sachant ce que je vais faire de ma retraite. Je n'ai pas le gouffre de la retraite qui arrive en disant « Mais qu'est-ce qui va se passer le jour ? » Mais je n'aurai plus rien à faire, je me sentirai plus utile. Je pense qu'aujourd'hui, je sais exactement vers quoi je veux aller. Et puis, grâce aussi à l'association, je me suis découvert des nouvelles envies, des nouveaux talents. Là, j'anime des ateliers pour nos hirondelles. Et j'ai envie de continuer et de pousser un peu le curseur par rapport à ça. Et puis j'ai appris plein de choses. Moi, j'ai appris des tonnes de choses. Je me sens beaucoup plus compétent dans ma capacité à comprendre quelque part pourquoi et comment les femmes arrivent aujourd'hui à des... à être dans une fragilité plus importante. Et ça, c'est les stades qui nous disent que les hommes. Et ça me permet, moi, peut-être d'être plus attentif et de faire plus attention.
- Speaker #1
Merci pour ce partage. Et toi, Chloé, avec quoi tu repartiras à la fin de la mission de Catherine, qui dure encore un petit peu ? Mais quoi tu repartiras de cette expérience-là ?
- Speaker #2
Que vraiment, le mécénat de compétence, c'est un cadeau. C'est un sacré cadeau de l'entreprise. Il ne faut pas avoir peur de ce mot, parce que nous, on a de la chance et que c'est le mécénat... compétences optimum, c'est-à-dire au niveau des compétences de la durée de la personne et que merci pour ce cadeau.
- Speaker #0
J'ai envie de conclure en disant à toutes les personnes qui vont écouter ce podcast que c'est une aventure incroyable, c'est une aventure extraordinaire. J'invite toutes les personnes à se poser la question, à regarder, à se renseigner parce que c'est véritablement quelque chose qui permet de véritablement, je le redis, de rajeunir.
- Speaker #1
Après ce tour d'horizon, j'avais aussi envie de parler des besoins qui ne rentrent pas vraiment dans des cases, que l'on ne mentionne pas beaucoup. On n'en parle presque jamais d'ailleurs dans les programmes de mécénat. Ça va être la dirigeante d'assaut qui n'a pas eu le temps de se poser pour formaliser sa vision, la médiatrice qui n'a personne à qui parler de ses doutes sur le projet en cours, l'équipe épuisée qui avance sans jamais s'arrêter, le fondateur qui a besoin d'être challengé sur un nouveau tournant à prendre dans l'assaut, ou la fondatrice qu'il ne trouve plus sa place dans le projet une fois que l'équipe salariée est en place. Le besoin ici que j'identifie, c'est de la présence, de l'écoute, un regard extérieur bienveillant mais exigeant à la fois, un regard qui va permettre de prévenir des burn-out militants, de redonner de l'élan, d'aider quelqu'un à se sentir moins seul dans sa responsabilité de dirigeant à impact. C'est un rôle que j'aime appeler celui de la facilitation. qui est parfois pris sans le savoir par des DG de fondation ou de fonds de dotation et qui fait un bien chou aux dirigeants d'assaut. Alors si le sujet de la posture de DG facilitateur ou facilitatrice t'intéresse,
- Speaker #2
écris-moi et on en parle ensemble.
- Speaker #1
Pour conclure cet épisode, j'ai envie de rappeler que le mécénat de compétences, finalement, ce n'est pas une solution miracle. Il va venir amplifier des actions associatives, les renforcer. leur donner une autre dimension, mais ils demandent beaucoup de cadrage. Sans ça, ils risquent de créer beaucoup de frustration du côté de l'association qui accueille et aussi du côté du ou de la salarié qui vient prêter ses compétences. Je crois finalement que le mécénat de compétences est efficace quand on fait du sur-mesure, quand on prend le temps de comprendre la vision, la trajectoire de développement d'une association, quand on passe du temps à écouter pour comprendre dans un premier temps et pas écouter pour apporter des solutions. C'est efficace quand quelqu'un, un humain, Une humaine va venir chercher en interne les métiers, les compétences et surtout les personnalités qui pourraient permettre aux projets associatifs de se développer encore plus. Si on veut que ça fonctionne, je pense qu'il faut partir d'une seule question. De quoi cet assaut ? De quoi mon interlocuteur ou mon interlocutrice a-t-elle vraiment besoin ? Et accepter que, parfois, la réponse ne sera pas une journée solidaire. Si cet épisode vous a plu, je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour découvrir une interview exclusive de Mathilde Renaud-Tinacci qui nous présente les résultats de son rapport qui s'intitule « Les effets du mécénat de compétences sur les associations » . Elle a interrogé plus de 800 assos et dans cette interview, elle nous dévoile les principaux enseignements de ce rapport. Un grand merci aux associations et partenaires qui ont contribué à la réalisation de cet épisode. Les associations à portée d'elles, Rebelle, Merci aux fondations et aux fonds de dotation qui ont nourri la réflexion. Enfin, merci à Géraldine et Sylvie pour l'aide à la préparation de cet épisode. C'était Les Robines, le podcast qui transforme le capital en bien commun, réalisé par Valentine Maillard de l'agence C'était mieux demain. Pour la petite histoire, les robines, c'est exactement l'espace dont j'aurais eu besoin lorsque j'étais déléguée générale de fondation d'entreprise. Un espace pour réunir les responsables de mécénat en quête de pratiques plus responsables. Dans cette communauté, on est convaincu que le mécénat, ça ne doit pas être juste un outil de défiscalisation, ni une vitrine sur l'indien. Pour nous, c'est un moteur de justice sociale et environnementale. Pour en savoir plus sur la communauté des robines et sur C'était mieux demain, rendez-vous dans les notes de l'épisode et sur c'était mieux demain.com. Un grand merci à Sophie de Maison Bavard pour la production et le montage de cet épisode. Merci à nos invités pour le partage d'expérience et merci à vous toutes et tous pour votre écoute. À bientôt les Robines !