Speaker #0Bienvenue dans les secrets de Bacchus, le podcast qui fait parler le vin. Je suis Chloé, caviste passionnée. Dans chaque épisode, je vous invite à découvrir le vin comme si vous veniez me voir dans ma boutique, avec plaisir, simplement et surtout. Surtout, surtout sans chichi. Dans ce podcast, le vin s'écoute, se boit et avant tout se vit. Alain, prêt à entrer dans mon univers, laissez-moi vous murmurer les secrets de Bacchus. Un podcast à consommer sans modération ou presque. Hello les zoonos curieux ! Et bienvenue dans ce nouvel épisode des Secrets de Bacchus. Aujourd'hui, je vous propose un voyage un peu plus technique, mais pas moins sensoriel. On va parler des tannins, ces petites molécules qui font tant parler les amateurs de vin sans qu'on sache toujours les nommer ou les comprendre. Dans cet épisode, je vous présente un de mes vins rouges coup de cœur pour la saison estivale, une alternative toujours si vous préférez un profil un peu différent, et bien sûr, une recette gourmande à déguster. en terrasse avec un verre à la main. Installez-vous confortablement et c'est parti pour un nouvel épisode des Secrets de Bacchus. Alors, les tannins, c'est quoi ? Ce ne sont ni des arômes ni des saveurs. Ce sont des sensations. Ce sont eux qui donnent de la structure, de la mâche. Parfois, cette sensation d'instringence qui vous fait... plisser les gencives. Imaginez croquer dans une peau de noix ou boire un thé noir infusé trop longtemps. Et oui, il n'y a pas que dans le vin qu'on trouve des tanins. Mais parlons du vin. Les tanins viennent du raisin, la peau, les pépins, parfois la rafle, mais aussi du bois, via l'élevage en fût. On parle de tanins du fruit quand ils sont ronds, fondus, caressants, et de tanins du bois quand ils sont un peu plus anguleux, plus secs. Les grands vins ont souvent un très bel équilibre entre les deux. Mais alors, comment les ressentir ? En bouche, on les ressent à l'attaque, au milieu, à la finale. Est-ce que ça accroche ou est-ce que ça glisse ? Est-ce que ça râpe un peu ou est-ce que c'est tout doux ? La dureté d'une râpe ? La caresse d'une plume ? Le toucher de la pulpe du doigt sur la langue ? Que ressentez-vous ? La prochaine fois que vous dégusterez un vin, fermez les yeux, prenez un instant, ... pour décrire ce que vous ressentez comme sensation de toucher de bouche. Les tannins, ils jouent aussi un rôle de conservateurs naturels. Ils permettent au vin de vieillir, de s'arrondir avec le temps. Mais attention, ce n'est pas parce qu'un vin est tannique qu'il est fait pour vieillir. Tout est une question d'équilibre, comme toujours dans le vin. Est-ce que tous les vins ont nom ? Eh bien non, les vins blancs très peu, car la macération est courte ou inexistante. Donc... pas de tannin ou presque. Sauf dans les vins oranges, ces fameux vins blancs qui ont macéré avec les peaux. Donc là, oui, on peut en avoir. Et bien sûr, tous les cépages n'ont pas la même capacité tannique. Notre pinot noir sera toujours plus délicat qu'un cabernet sauvignon, par exemple. En dégustation, vous le savez désormais, la saison joue également. En été, on a souvent envie de rouges plus légers, digestes, avec ces fameux tannins que l'on va décrire comme fondus. Des vins qui ne saturent pas le palais, mais qui te donnent envie d'y revenir, de les partager, de les boire en toute simplicité. Et d'ailleurs, parlons-en. Pour cette dégustation, je vous emmène au pied des Cévennes, entre Garigues, cailloux chauffés au soleil, et vent du sud, dans les reliefs sauvages du pic Saint-Loup. On part. au château de Val Flonnes, chez Fabien Reboule, vigneron libre et sensible. La cuvée s'appelle « Renverse-moi » . Rien que le nom donne envie d'en savoir plus, non ? Sur cette cuvée, il a choisi la liberté de la dénomination « Vin de France » pour sortir des sentiers battus. « Renverse-moi » , c'est un rouge léger, vibrant, avec des tannins doux comme un baiser volé, des fruits rouges juteux, un peu d'épices et une finale fraîche. Il est issu d'un assemblage grenache, syrah et cinsault. Et là, on tient quelque chose d'important. Ce sont trois cépages méridionaux, mais trois expressions différentes du tannin. Le grenache apporte le fruit, la souplesse, la syrah, les épices, la structure, mais sans excès. Et le cinceau, ah, ce fameux cépage, qui revient en grâce pour sa fraîcheur et ses tannins soyeux. Le vin est juteux, avec une matière souple, des tannins intégrés, très fins, presque veloutés. Pas d'élevage en bois ici, tout est centré sur le fruit, la légèreté, la buvabilité. C'est un rouge d'été, mais de caractère. Pas un glougloufade, un vin avec du fond, mais sans la lourdeur, un équilibre rare. Et parce qu'un vin n'arrive jamais seul, je vous emmène maintenant découvrir une autre interprétation du rouge estival. Plus de fruits, plus de fraîcheur, je vous emmène du côté du domaine Grammont, chez Maxime-François Laurent, avec la cuvée Il fait soif. Ici, on est dans la Drôme-Provençale, un assemblage grenache majoritaire, parfois accompagné de syrah selon les millésimes. Le fruit est immédiat, gourmand, presque croquant. Les tannins sont ronds, mûrs, et malgré sa gourmandise, c'est un vin qui garde une belle structure, le genre de bouteille qui fait l'unanimité. autour d'une table d'été. Oui, du service. L'été, on s'affranchit des codes. Idéalement, 14-15 degrés et si votre cave est trop chaude, alors hop, 20 minutes au frigo et c'est réglé. Il est temps de passer à la gourmandise. Imaginez une grande tablée d'été. Les rires qui fusent, les verres qui s'entrechoquent et ce parfum irrésistible de viande qui grille lentement sur les braises. Aujourd'hui, je vous propose une recette simple et généreuse comme le vin qu'on vient de déguster. On va préparer une côte de porc marinée au romarin avec une tombée de courgettes à l'ail et au citron confit. Prenez de belles côtes de porc bien épaisses, idéalement avec un peu de gras pour le goût. Faites-les mariner une heure ou deux dans un mélange d'huile de nuif de romarin frais. d'ail haché, de poivre noir et d'un trait de balsamique. Pas de sel tout de suite, il viendra juste à la fin pour sublimer la viande. Pendant que ça marine, taillez vos courgettes en fines de nullune. On les saisit à feu vif avec l'ail, un filet d'huile d'olive et si vous voulez faire la différence, quelques petits morceaux de citron confit. Juste assez pour que ça claque en bouche. Saisissez la viande sur le grill bien chaud, 3-4 minutes de chaque côté pour une cuisson rosée et juteuse. Une pincée de fleur de sel en fin de cuisson et c'est prêt. Servez avec ça un verre de renverse-moi où d'il fait soif. Et vous allez voir, c'est le genre d'accord qui met tout le monde d'accord. La tendreté de la viande, la fraîcheur du citron confit, la note herbacée du romarin. Tout ça épouse à merveille les tannins souples et le fruit juteux du vin. Et pour une version veggie qui a du panache, vous gardez l'ambiance barbec. Les verres qui teintent et les rires sous les guirlandes. mais cette fois, vous remplacez la viande par de belles brochettes de légumes et tofu marinés au paprika. Et dans le verre alors, toujours ce rouge juteux au tannin fondu. Ces vins-là, ils ne se boivent pas. Ils se murmurent à voix basse, au creux d'un soir d'août. À consommer avec élégance et modération toujours. Et si vous avez aimé ce moment de dégustation, restez à l'écoute, parce que le mois de septembre s'annonce vibrant. entre la rentrée, les vendanges et les envies de seaux nouveaux. Si cet épisode vous a plu, vous pouvez me le faire savoir en laissant 5 étoiles et un petit commentaire sur votre plateforme d'écoute préférée. C'est le meilleur moyen de faire rayonner les secrets de Bacchus. N'hésitez pas à le partager autour de vous, à l'envoyer à vos amis, à vos collègues ou à toute personne qui aime trinquer avec bon goût. Et si vous voulez poursuivre la conversation, je vous accueille avec plaisir à la cave à Beineim ou sur les réseaux sociaux à Beikus Beineim. Merci d'avoir partagé ce moment de dégustation avec moi et d'ici le prochain épisode, prenez soin de vous et de votre cave bien sûr !