Speaker #0Tu as relu ce rapport deux fois, et puis une troisième parce que la formulation du troisième paragraphe te semblait assez imprécise ou pas assez précise. Tu as refait le slide de présentation à 22h parce que la police n'était pas exactement la bonne. Tu as retardé l'envoi d'une proposition client de 48h parce que tu avais encore un doute sur un chiffre. Alors que le client, il attendait, lui, depuis une semaine. Et dans ta tête, tu n'appelles pas ça du perfectionnisme. Tu appelles ça du sérieux. de la rigueur, avoir des standards élevés, des valeurs professionnelles. Sauf que ce soir, tu es complètement cramé et demain matin, tu vas recommencer exactement pareil. Le perfectionnisme a fait de toi quelqu'un d'excellent, c'est vrai. Mais c'est aussi lui qui est en train de te foutre en l'air. Et dans cet épisode, je vais te dire exactement comment. Et évidemment, je vais te dire ce que tu peux faire pour que l'un reste sans que l'autre ne gagne la partie. Bonjour, bienvenue dans ce nouvel épisode. des survivants du burn-out. Je suis Théo Duverger. Aujourd'hui, on va parler évidemment du perfectionnisme et du lien direct avec l'épuisement professionnel. Évidemment, c'est mon sujet de prédilection. Voilà ce que je vois quand quelqu'un de perfectionniste arrive me voir en burn-out. La première chose qu'il me dit, presque systématiquement, c'est « Ouais, je sais. Je sais que je suis trop perfectionniste, mais c'est ce qui m'a permis d'arriver là où je suis. » Et c'est vrai. Franchement, c'est vrai. C'est totalement vrai. Le perfectionnisme, c'est souvent un moteur de réussite et c'est valorisé par des employeurs. Il pousse à se dépasser, il pousse à produire un travail de qualité, à ne pas se satisfaire de la médiocrité. Bravo, on applaudit à deux mains. Le problème, c'est que ce même moteur, quand il tourne à plein régime en permanence, il te crame. Il ne s'arrête jamais, tu n'es jamais satisfait. Un moteur qui ne s'arrête jamais, on est d'accord, il finit par griller. Concrètement. Dans le quotidien d'un cadre perfectionniste, ça ressemble à ça. Tu n'arrives pas à déléguer vraiment, parce que la personne, évidemment, ne fera pas aussi bien que toi, en tout cas dans ta tête. Alors tu vérifies, tu corriges, tu refais une fois de plus. Ce qui était censé te libérer du temps, t'en prends davantage. Tu prends des décisions plus longtemps que nécessaire, parce qu'évidemment, la bonne décision, elle doit exister, forcément, et tu veux la trouver avant d'agir. Pendant ce temps, les dossiers s'accumulent. Tu relis tes emails cinq fois avant de les envoyer parce qu'un mot mal choisi pourrait être évidemment mal interprété et chaque mail devient un mini projet à part entière. Et puis il y a quelque chose de particulièrement épuisant dans le perfectionnisme que peu de gens vont nommer. C'est l'écart permanent entre ce que tu produis et ce que tu aurais voulu produire. Une logique de l'honneur s'applique. Je me dois de relever les défis. qui me sont présentées. Je n'ai pas le droit à l'erreur. Et donc, même quand le travail est objectivement excellent, objectivement, aux yeux de tous, c'est excellent, eh bien toi, tu vois ce qui aurait pu être mieux. Cet écart, tu le traînes partout. Et cet écart, il est épuisant. Voilà ce que je veux que tu retiennes avant d'aller plus loin. Le perfectionnisme, ce n'est pas un défaut de caractère. Absolument pas. C'est un programme. Un programme inconscient, un programme qui s'est installé Merci. à un moment précis de ta vie, et pour de bonnes raisons. Malheureusement, aujourd'hui, il tourne. Il tourne à l'intérieur de toi, mais complètement hors de contrôle. Quand on réalise que le perfectionnisme pose problème, la première chose qu'on essaye en général, c'est de faire moins bien. De se dire, allez, 80%, ça ira, c'est suffisant. Tu sais, d'appliquer la règle de Pareto, de lâcher prise. C'est ce que tous les articles de développement personnel à la moire Mollstrumpf te conseillent. Bon. Je vais te donner un gros tuyau, ça ne marche pas. Ou alors ça marche pendant deux semaines et puis ça reprend. Pourquoi ? Parce qu'on s'attaque au comportement sans toucher à la croyance, au driver qui le génère. Dire à un perfectionniste « fais-moi bien » , c'est comme dire à quelqu'un qui a peur de l'avion « détends-toi pendant le décollage, tu verras, ça va aller, ça ne marche pas » . La consigne intellectuelle, elle ne change rien à la peur viscérale. C'est pour ça que ça ne marche pas. Deuxième tentative classique, la délégation forcée. Allez, je vais apprendre à déléguer, puis ça ira mieux. Et effectivement, tu délègues, mais tu vérifies. Tu vérifies systématiquement, tu corriges, tu refais une partie du travail sans le dire. Et ton collaborateur, lui, il le sent. Ce qui crée une tension, un manque de confiance mutuelle, une dynamique d'équipe complètement dégradée. La délégation sans lâcher prise interne, c'est une délégation en trompe-l'œil. Je le vois, ça, dans les entreprises, ça ne marche pas. Troisième tentative, la thérapie ou le coaching qui te font prendre conscience du problème. Bravo, super, la prise de conscience c'est nécessaire. Mais comme je passe ma vie à le dire, comprendre et changer... C'est pas du tout les mêmes choses. Les gens comprennent leur perfectionnisme depuis dix ans et sont toujours perfectionnistes. Pourquoi ? Parce que la compréhension sans recâbler le système sous-jacent, ça reste juste dans la tête. Voilà ce qui se passe vraiment et pourquoi le perfectionnisme, c'est si difficile à changer durablement. Le perfectionnisme, c'est pas une façon de travailler, c'est un driver. L'un des cinq drivers fondamentaux que j'ai identifié dans mon travail avec des milliers de personnes en burn-out. Celui-là s'appelle le « soie parfait » . Évidemment, on s'en serait douté. Et comme tous les drivers, il s'est installé dans l'enfance. Pas parce que tes parents étaient mauvais, mais parce que quelque chose dans ton environnement t'a appris que ta valeur était conditionnelle à la qualité de ce que tu produisais. Peut-être qu'on valorisait tes résultats scolaires plus que tes efforts. Peut-être que... l'erreur était mal vue ou que la critique était fréquente. Peut-être que l'amour ou la reconnaissance que tu recevais, elle variait en fonction de tes performances. Ton cerveau, lui, il a intégré un message simple. Je suis quelqu'un de bien quand je fais bien. Et puis, je suis moins bien quand je fais moins bien. Et depuis, tu fais bien ou tu essayes de faire bien tout le temps, sans jamais t'arrêter. Parce que s'arrêter, faire moins bien, déléguer, accepter le résultat imparfait, Ça, inconsciemment, c'est menacer ta valeur en tant que personne. Voilà pourquoi les techniques de surface que j'ai énoncées plus haut, ça ne marche pas. Quand tu essayes d'appliquer 80%, c'est suffisant, une partie de toi, elle résiste, évidemment. Pas parce que tu es entêté, mais parce que ces 20% manquants, quelque chose en toi l'interprète comme une menace à ton identité. Et maintenant, on va faire le lien avec le burn-out. Il y a aussi... Le fameux driver soit parfait qui va générer plusieurs mécanismes épuisants et simultanés. Il allonge le temps passé sur chaque tâche au-delà du rendement réel. Il crée une résistance à la délégation, ce qui surcharge structurellement ton travail. Il génère un stress permanent lié justement à cet écart entre ce qui est produit et l'idéal mental. Et il rend la récupération difficile parce que même en vacances, le perfectionniste pense à ce qu'il aurait dû mieux faire. Le bore-out. résulte d'un ennui chronique, le burn-out d'une perte de sens. Mais le burn-out, lui, il va naître d'une surcharge. Le perfectionnisme, il est l'une des causes les plus fréquentes de surcharges autogénérées. Pas imposées de l'extérieur, créées de l'intérieur. Ce qui le rend particulièrement difficile à traiter avec des solutions organisationnelles, même si parfois elles sont nécessaires. Changer d'entreprise, ça ne change rien. Le perfectionniste... emporte son driver avec lui. Réduire sa charge de travail, c'est juste un soulagement temporaire parce que le driver va combler le vide créé par la réduction du temps en allongeant justement le temps. Passer sur ce qui va lui rester à faire. La seule solution durable, c'est de travailler sur ce driver lui-même, pas le supprimer, le recâbler. Passer de « ma valeur dépend de ma perfection » à « ma valeur existe indépendamment de mes productions » . Alors c'est un travail à faire en profondeur, ce n'est pas rapide. Mais c'est le seul qui change vraiment les choses sur du long terme. Trois choses que tu peux faire maintenant, alors pas pour guérir du perfectionnisme, mais pour commencer à desserrer son emprise. La première de toutes ces choses-là distingue excellence et perfectionnisme. Ce n'est pas du tout la même chose. L'excellence, c'est produire un travail de haute qualité dans un cadre de temps et d'énergie raisonnable. Le perfectionnisme, c'est poursuivre la perfection au-delà du... points de rendement utiles au prix de ton temps, de ton énergie et souvent de la qualité globale de ton output. Parce que l'énergie dépensée sur un dossier est prise sur les autres. Pose-toi cette question sur chaque tâche. Est-ce que le temps supplémentaire que je vais passer là maintenant sur ça, ça va changer le résultat de manière significative pour quelqu'un d'autre que moi ? Si la réponse est non, c'est pas du perfectionnisme. Pardon, si la réponse est non, c'est du perfectionnisme et pas de l'excellence. Deuxième chose, identifie le déclencheur de ton perfectionnisme. Le driver « Sois parfait » ne s'active pas sur tout de façon égale. Il y a des contextes, des types de tâches, des interlocuteurs qui l'activent plus que d'autres. Souvent, c'est lié au regard d'une personne précise sur toi. Ton N plus 1, un client particulier, les pairs de ton domaine. Pendant une semaine, note chaque fois que tu passes trop de temps sur quelque chose, puis note pour qui tu faisais ça. De qui craignait-tu le jugement ? La réponse te donnera une information précieuse sur l'origine de ton driver et sur les situations où il faut particulièrement être vigilant. troisième chose pratique le good enough c'est assez bon sur une tâche par jour pas surtout sur une seule tâche choisie délibérément une tâche à faible enjeu réel tu décides à l'avance que tu vas y consacrer x minutes pas plus et tu envoies tu valides tu délivres sans relire une xième fois l'objectif c'est pas de faire du mauvais travail bien évidemment l'objectif c'est d'entraîner à tolérer l'inconfort de l'imparfait sur des enjeux faibles pour que progressivement ton seuil de tolérance remonte. Tu vas voir, c'est comme un muscle. Ça se travaille par petite dose. Alors, bien évidemment, avant qu'on ne se quitte, si cet épisode t'a parlé, c'est probablement parce que tu te reconnais dans ce que je viens de décrire. Alors, si c'est le cas, j'ai quelque chose pour toi. J'ai créé la méthode Quick Change. C'est une méthode complète pour sortir définitivement du burn out et ne plus jamais rechuter pas du repos pas de la thérapie classique une transformation en profondeur sur tous les domaines de ta vie en 90 jours et notamment va parler des drivers notamment parce que c'est une partie très importante pour pouvoir résoudre son burn out si tu veux savoir si coup de chaîne j'ai fait pour toi tu peux prendre rendez vous avec un consultant de mon équipe c'est complètement gratuit ça dure 30 à 45 minutes il n'y a pas d'engagement je le répète Et on va regarder ensemble ta situation, ce qui t'a amené là, et puis ce qu'il te faut concrètement pour t'en sortir pour de bon. Le lien pour réserver le créneau, il est en description quelque part, sous le podcast, sous la vidéo. Prends ce temps pour toi, c'est le premier pas vers quelque chose qui change réellement et durablement. Et comme d'habitude, moi je te dis à très vite.