- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast des Franco-Expat, le rendez-vous incontournable des familles expatriées aux quatre coins de la planète. Je suis Audrey, fondatrice des Franco-Expat, professeure de français langue maternelle et langue étrangère, maman d'une famille franco-allemande et expatriée en Allemagne depuis 2010. Ici, on parle de transmission du français, de bilinguisme, mais aussi de maternité. d'enfance et de parentalité à l'étranger, sans filtre ni tabou. Chaque épisode explore la réalité de la vie parentale à l'étranger, entre élever ses enfants et faire vivre sa langue et sa culture loin de ses repères, avec honnêteté, conseils concrets et regards multiples. Toutes les deux semaines, des parents et des familles nous ouvrent leur cœur et leur quotidien pour partager leurs stratégies, leurs doutes, les échecs et les victoires de leur vie multilingue et multiculturelle. Les intervenants des experts de l'enfance et parfois les enfants eux-mêmes viennent enrichir la conversation de conseils concrets et de regards uniques. Plongez avec nous dans ces histoires inspirantes, utiles et profondément humaines. Parce que vivre la maternité et la parentalité à l'étranger et élever des enfants bilingues loin de son pays francophone, c'est avant tout une formidable aventure. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Cécile, maman française qui nous vient d'Espagne. Bonjour Cécile.
- Speaker #1
Bonjour Audrey.
- Speaker #0
Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Alors merci pour cette chaleureuse invitation. Je trouve que c'est un excellent exercice en tant que parent et pour avoir écouté d'autres podcasts, c'est très constructif d'écouter d'autres parents expatriés. Alors moi c'est Cécile, donc j'ai 39 ans, je suis française native. et je réside à Barcelone depuis 17 ans. Je suis maman d'une enfant de 4 ans. Son père est argentin et nous sommes divorcés depuis peu. Niveau pro, je suis journaliste de formation. J'ai aussi enseigné le français dans des lycées français, dans des écoles catalanes, locales, privées. Et puis, je suis aussi traductrice. Et puis actuellement... Vraiment, le gros du gros, c'est que je suis monitrice au lycée français auprès des CP. Et puis, j'ai des activités théâtrales pour enfants. Je fais du stand-up, je blogue. Voilà. Je recherche aussi un emploi.
- Speaker #0
Multitasking.
- Speaker #1
Trop compliqué.
- Speaker #0
Alors, avant de rentrer dans le sujet avec ta fille, est-ce que tu peux nous parler de ton parcours d'expatriée ?
- Speaker #1
Moi je suis originaire de Lille à la base, j'ai déjà été expatriée on va dire au centre même de la France où j'ai énormément déménagé parce que c'est la vie qui était comme ça et donc après j'ai atterri en Rhône-Alpes, c'est là où j'ai principalement grandi. Je suis arrivée à Barcelone en 2006 parce que j'ai réalisé une année Erasmus pour ma troisième année de licence en lettres modernes et histoire de l'art. Ensuite je suis partie une petite année à Galway en Irlande, sur un coup de tête avec une amie, j'ai pris ma voiture, d'ailleurs elle est restée là-bas. Elle habite à Dublin maintenant, elle a fondé sa famille là-bas. Et après ce séjour en Irlande où j'avoue je ne me faisais pas du tout au climat, c'était impossible pour moi, je suis revenue à Barcelone. pour étudier de nouveau. Donc, ça a été vraiment l'élément commun, le fil rouge de cette expatriation ici. Je suis venue étudier journalisme et je suis restée. Donc, depuis l'année 2008, je vis vraiment de façon fixe à Barcelone. C'est là où j'ai rencontré le père de ma fille et que j'ai développé ma carrière pro. Il y a eu plusieurs fois des projets de retour, mais qui n'ont jamais abouti. Voilà où j'en suis.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que tu peux nous parler de la... maternité et la parentalité en Espagne ?
- Speaker #1
Alors, à Barcelone, dans tous les cas, parce que c'est là que je l'ai vécu. C'est une destination qui attire énormément de familles étrangères. Je crois qu'il y a presque 50 000 Français ici. Bon, ça dépend des sources, si on est inscrit ou non recensé en mairie, mais en tout cas, c'est 20 000 minimum. de famille française. Donc ici il fait bon vivre, il y a 300 jours de soleil par an, il sort toujours dans la journée, il y a la mer, il y a la montagne, la proximité avec la France, donc c'est agréable de s'y faire une place, il y a beaucoup d'offres culturelles, c'est un lieu sécurisant. Une ville qui est touristique, mais qui est très jeune, qui se réinvente. C'est pratique d'y avoir une voiture quand même, pour justement, avec des enfants, faire des petites escapades dans les alentours. Sinon, ça devient anxiogène. La ville, elle est quand même très grande. Donc, en soi, l'environnement, il est propice, il est agréable pour vivre avec des enfants. Il y a quand même beaucoup de facilités, même les transports en commun, où l'enfant a sa place. L'enfant a sa place dans cette société, dans cette ville. C'est facile de bouger avec eux. Après, côté maternité, alors il y a quatre mois de congé. Congé maternité, ce qui est un luxe pour le papa aussi. Donc c'est pas mal. L'école est obligatoire à partir de six ans seulement, ici. Mais bon, moi dans mon cas, ma fille a fait ses premiers pas dès les trois ans. Et d'un point de vue vraiment grossesse, tout ce processus de jeune maman, dans mon cas, je l'ai vécu en totale immersion parce que je n'ai jamais vraiment fréquenté les cercles de français. Jamais. Même depuis mon année Erasmus, j'étais vraiment dans le bain. Et puis ensuite, je le dis parce que c'est quand même important dans mon cas, j'ai vécu une maternité assez isolée parce que j'ai été sous emprise pendant 15 ans. et qui plus est, voilà, avec aucune famille sur place, quelques amis, mais ici, il y a énormément de gens qui viennent, qui repartent. Donc, je me suis retrouvée en fait seule. La réalité, c'est qu'il y a quand même beaucoup de tribus, ils emploient ce terme-là ici, des ludothèques avec des activités pour enfants, pour parents, des groupes de mamans, du yoga prénatal. Il y a beaucoup d'offres pour accompagner cette étape de la vie et la petite enfance. Il y en a beaucoup. ou quand on est... apte à s'y ouvrir et pas sous le joug d'une autre personne. Donc en soi, il y a tout ce qu'il faut pour vivre une grossesse et un début de maternité serein.
- Speaker #0
L'ensemble fait envie. Évidemment, ta situation ne fait pas du tout envie. Mais voilà, comme tu dis, la vie en espace. J'ai en effet entendu parler qu'il y a énormément de Français à Barcelone. Il y a d'abord, en effet, une très, très grosse communauté. Alors on va continuer sur ça, comment est vu le français à Barcelone, dans la région ou de manière générale dans ton entourage ?
- Speaker #1
Alors ici à Barcelone, le français est une langue qui était, enfin Barcelone en Espagne, qui était anciennement enseignée à l'école pour la génération d'avant ou antérieure aussi, tout ce qui est des grands-parents. Maintenant elle l'est beaucoup moins, le français a peu de place dans l'éducation, elle peut être enseignée parfois. fois à partir du secondaire ou avant dans des écoles privées ou semi-privées. Mais c'est l'anglais qui prédomine après le catalan et l'espagnol. Enfin, pardon, on devrait dire catalan, anglais, espagnol, dans l'ordre de priorité locale. Voilà. Le français n'a pas beaucoup de place, même si la boucle ou de points communs avec le catalan, au niveau phonétique et même des fois lexical. Il y a beaucoup de mots qui sont transparents. Mais on ne peut pas s'empêcher quand même de voir une sorte de jalousie ou d'envie. Moi, ça m'a toujours interpellée de me dire que le Paseo de Gracia, qui est une très grande artère avec des boutiques de luxe, c'est un peu les Champs-Élysées à la catalane. Ils ont leur arc de triomphe qui est en briques. Ils ont un petit peu leur montmartre, but montmartre, qui s'appelle le Tibidabo, qui est une chapelle perchée en haut de la ville. Il y a une sorte de petite rivalité quand même. Alors que quand on va dans les Pyrénées, en Occitanie, là il y a un peu plus de confluence, parce qu'il y a les deux langues qui cohabitent vraiment. Il y a l'occitan, le catalan, le français. Mais ici... Il y a une petite curiosité, mais ça ne passe pas du tout au premier plan. Non. Enfin, c'est mon avis perso.
- Speaker #0
Oui, mais pourquoi pas, après tout.
- Speaker #1
Il y a un petit malaise, quand même. Il n'y a pas un grand « et moi ? » Non.
- Speaker #0
Mais je dois dire, c'est intéressant, parce qu'en fait, dans cette question, je la pose quasiment à chaque voix, et à chaque fois, c'est « ah, le français, c'est la romance, c'est merveilleux » . Il y a une image, il y a une aura autour de la France. et du français, ça fait quand même aussi du bien d'entendre que c'est pas tout le monde, de dire que la France n'est pas un dieu au-dessus des autres pays on va dire.
- Speaker #1
Oui, oui, non. Et ici, en plus, au-delà de la langue, on peut parfois être perçu un peu comme prépotente, comme si on était un peu imbu de notre personne, parce qu'on vient d'un pays… Voilà, à la France, on est un petit peu, ici, vu comme un modèle, justement. Et eux, ils veulent s'affirmer face à ça. Et en fait, ils ne veulent pas forcément nous donner cette place, parce qu'après, il y a toute cette identité catalane qui doit aller au-dessus. pour défendre les racines et cette culture linguistique. Voilà, on est un petit peu mis de côté où je ne recherche pas forcément cette approbation, mais disons que ce n'est pas une valeur ajoutée.
- Speaker #0
Alors, comment se passe la transmission du français avec ta fille, de manière générale ?
- Speaker #1
De manière générale, elle se passe bien. C'est notre langue d'échange depuis qu'elle est dans mon ventre. C'est la langue qu'on utilise toutes les deux, même si moi je parle et je comprends le catalan et l'espagnol. On garde cette langue, donc c'est un repère qu'elle a et elle ne s'en défait pas. Même, bon, ce qui peut arriver, c'est que maintenant, avec la garde partagée depuis le mois de septembre 2025, Après cinq jours chez son papa, oui, c'est souvent l'espagnol qui prédomine, parce que lui est argentin, mais souvent mélangé au catalan. Donc, elle a un mélange trilingue, mais tout de suite, elle s'est switchée. Et si elle mélange, moi, je ne la corrige pas. Je lui montre que je comprends, parce que je ne veux pas banaliser justement les autres langues de son environnement. Depuis le divorce, sa langue maternelle est devenue en fait secondaire. Ça, c'est... Ça, c'est un peu dur pour moi. Je m'en suis rendue compte il n'y a pas longtemps. Puisque maintenant, elle va à l'école. Donc, elle est dans une école publique catalane. Donc, toute la journée, c'est le catalan. Chez son papa, c'est en espagnol. Et quand elle voit maman, c'est en français. Alors qu'avant, c'était moi, parce que j'étais à la charge à 100%. Et un peu de catalan à l'école, mais elle n'avait pas encore... Elle a 4 ans, mais avant, le langage n'était pas si présent. Mais bon, on ne perd pas ce lien du tout. Maintenant qu'elle est plus grande, au-delà des livres, de la musique, des appels avec la grand-mère, des voyages en France en été ou à Noël, là je l'ai souscrite à l'application Bayard, où il y a des petites vidéos et des petits jeux qu'elle fait des fois sur la tablette, et ça lui permet d'entendre et d'avoir aussi ce lien avec le français et des contenus éducatifs en français.
- Speaker #0
Et justement, tu la vois une semaine sur deux ? Est-ce que tu as mis quelque chose en place pour qu'elle puisse avoir quand même un contact avec le français les semaines où tu ne la vois pas ? Et est-ce que tu fais quelque chose de plus, on va dire, les semaines où tu la vois pour un peu combler les semaines où tu ne la vois pas ?
- Speaker #1
Alors, on n'est pas tout à fait sur une partagée semaine par semaine, mais presque. Mais je précise, ça fonctionne par nuitée. Donc, le lundi, mardi, elle dort chez moi. Mercredi, jeudi, je suis avec lui. Vendredi, c'est alterné et le week-end aussi. Donc il y a des semaines où elle est avec moi 5 jours et d'autres 2. Bref, c'est presque la semaine, ouais. Non, pour l'instant, je n'ai pas mis en place d'activité extérieure en français, mais j'y songe peut-être pour l'année prochaine à l'inscrire à des cours de français ludique, de français langue maternelle qui sont donnés par l'association La Langue de Molière. qui existe depuis une dizaine d'années et qui a différents groupes dans tous les quartiers de Barcelone, des petits effectifs, dès l'âge de 3 ans, je crois, jusqu'à 11 ans. Ça, ça pourrait être un bon soutien. J'envisage aussi peut-être qu'elle fasse des centres aérés. En français, ça existe avec l'association Mosaïque. Et sinon, qu'elle mette aussi un pied à l'Institut français. avec des activités, des cours pour enfants. Mais pour l'instant, non, parce que c'est très récent. Elle a été sous ma garde exclusive suite au divorce pendant un an. Et là, depuis septembre, on est dans cette réalité. Et pour l'instant, on n'a pas beaucoup de temps, en fait, quand on se voit, déjà. On se voit beaucoup moins, on se voit la moitié du temps. Et donc... Je m'en suis rendue compte il n'y a pas très longtemps de tout ça. Ça paraît hier le mois de septembre et en même temps ça paraît une éternité que je ne vois plus mon bébé tous les jours. Donc en fait quand on se revoit, on revit au naturel. Non, je ne fais rien de spécial que d'être là et que de parler et que de vivre et de rire. Surtout rigoler et s'amuser et en français. Alors si des fois j'invite des amis à la maison, il y a quelques français dans son école. donc j'essaye un peu mais c'est pas facile toujours de s'organiser d'inviter des amis voilà pour l'instant on en est
- Speaker #0
Et je trouve que c'est très joli ce que tu dis de vraiment prendre du temps pour rire ensemble.
- Speaker #1
Moi, j'ai pas ri pendant 15 ans presque et là, je me retrouve parce que c'est aussi toute une reconstruction. Bon, c'est un autre sujet, mais il est quand même au cœur de cette éducation parce qu'on traverse ça ensemble et avec ma fille. Et pour moi, le rire, il faut déconner, on déconne. On s'amuse, voilà, on est heureuse quand on est ensemble. on célèbre notre amour, toujours.
- Speaker #0
C'est chouette. Alors, tu en as un petit peu parlé, est-ce que tu peux nous dire un peu plus en détail quelles actions locales il y a à Barcelone pour soutenir justement le français chez les petits francophones ?
- Speaker #1
Oui, alors, au-delà des écoles françaises, le lycée français, il y a une autre petite école qui s'appelle Ferdinand de l'Eseps, mais qui va seulement de la maternelle au CM2. et c'est tout. Après, dans les environs de Barcelone, il y a d'autres lycées français aussi. Il y a l'association La Langue de Molière, il y a les activités de l'Institut français, il y a des petits spectacles, des contes narratifs, des événements culturels qui sont donnés dans des librairies, dans des boutiques françaises. Il y a tout un petit réseau comme ça d'artistes ou de mamans en général. artistes aussi qui... qui se mettent en scène et qui offrent des événements culturels. Et c'est mon cas. Donc aussi, j'ai un petit spectacle qui s'appelle Le Truc, qui est dirigé aux enfants de 4 à 7 ans, en français, que j'ai commencé à produire. Et donc, je découvre aussi tout ce réseau pour enfants au-delà de la petite, petite enfance. Voilà ce qu'il y a. Et après, il y a beaucoup de cercles de parents. Il y a un site très, très bien qui s'appelle Parents à Barcelone, qui est très, très bien, qui recense beaucoup d'activités annuaires de professionnels. Il y a un bon réseau d'échanges, de soutien entre familles françaises dans ce groupe. Après, on est tellement nombreux qu'il faut réussir à créer son petit noyau personnel par quartier, etc.
- Speaker #0
Jean-Prophète, est-ce que tu peux nous parler un peu plus de ce que toi justement tu proposes pour les petits francophones ou même de manière générale pour les enfants en français ?
- Speaker #1
Donc je propose ce spectacle, le truc, qui est un spectacle participatif avant tout, où les enfants sont vraiment acteurs et actrices du décor et du dénouement de l'histoire, puisque je mets un point d'honneur à ce que la parole de l'enfant soit écoutée. dans la société. C'est un grand thème qui m'inquiète, c'est une grosse préoccupation. Donc j'invite les enfants vraiment à participer oralement et sur scène et à mettre en scène l'histoire. Donc il est participatif ce spectacle, il peut revêtir un format multilingue, je peux le faire autant en français. que franco-espagnol, que franco-catalan-espagnol, ça dépend du public et du lieu où je le présente, j'essaye de m'adapter. Et puis il est familial, la famille aussi prend plaisir à voir son enfant réagir à chaud dans l'impro et comment est-ce qu'il peut y avoir une synergie qui va se créer de façon improvisée entre les enfants et entre moi. Et en fait on finit par... par jouer ensemble au cœur de ce spectacle, qui donc pour l'instant a été produit trois fois. J'ai une date par mois, des ludothèques ou des librairies, peut-être à l'Institut, je vais voir. Je me suis réunie à la médiathèque pour le proposer. Donc j'essaye de continuer à le proposer. Et puis je souhaite créer des groupes de théâtre, trois groupes, quatre ans au... 11 ans, 12 ans, petite enfance à adolescent. Arriver au niveau adolescent, c'est plus seulement de l'expression, de la compréhension orale, mais aussi de l'expression et de la compréhension écrite, où ils participent à l'élaboration du texte. Donc, je promeux aussi ces trois ateliers théâtre auprès de centres civiques, qui ont une grande offre pour les familles. Et donc, j'espère que ça se fera. J'ai bien envie de faire ça. Alors, en français ou en fleu, c'est aussi une façon pour des enfants qui étudient le français qui n'est pas leur langue maternelle, de développer leurs compétences dans la langue de Molière et de gagner en assurance et en phonétique. Parce que la phonétique, c'est une horreur. Oh oui. Oh là là.
- Speaker #0
C'est pas évident.
- Speaker #1
Ah, les lacunes.
- Speaker #0
Alors concrètement, si les familles qui nous écoutent veulent venir te voir ou te contacter, comment est-ce qu'ils peuvent te contacter justement ?
- Speaker #1
Ils peuvent me contacter à travers ma page pro Instagram qui s'appelle Imaginatio, latin avec T-I-O, Imaginatio & Company. Donc c'est ici que je partage les dates de mon spectacle. ma brochure d'activité théâtrale ou d'extra-scolaire. Là, je serai le 11 avril à la librairie L'Occasion Rêvée, qui est une librairie de seconde main, française principalement, mais aussi avec des ouvrages en catalan ou en castillan. C'est une librairie qui est très présente dans ce réseau français. culturelle qui accueille beaucoup d'événements et qui donne de la visibilité à des projets comme le mien. J'y serai le 11 avril prochain à 11h le samedi matin pour mon spectacle Le Truc.
- Speaker #0
Je mettrai dans la description du podcast les différents liens vers ton compte Instagram et aussi vers les différentes associations que tu as citées tout à l'heure pour que tout le monde puisse les retrouver facilement.
- Speaker #1
Génial, merci beaucoup.
- Speaker #0
Alors, est-ce que tu aurais des conseils pour les parents qui transmettent le français à leur enfant, et même spécifiquement pour les parents qui ne voient pas leur enfant tous les jours ?
- Speaker #1
En tant que parent séparé, je me suis rendu compte qu'il était préférable de ne pas vouloir jouer un rôle d'intermédiaire entre l'autre progéniteur et son enfant, de ne pas vouloir combler des lacunes ou des manques. et de rester en fait à notre place et de transmettre ce que nous avons à transmettre, d'où nous sommes. Que l'enfant apprenne à dire les choses de lui-même à l'autre parent ou à se rendre compte de la réalité et des différences et d'accueillir ses commentaires, ses comparaisons, ses anecdotes, donc de ne pas du tout censurer quoi que ce soit. Voilà, moi je suis... encore une fois en faveur de la parole et de l'écoute de l'enfant donc de vraiment l'accompagner dans toute son exploration et pour maintenir des repères clés pour rester un pilier, que ce soit dans la langue française ou en tant que parents séparés c'est que la routine soit fixe, voire visuelle aussi, bon ma fille a Petite frise à l'entrée avec les jours de la semaine, les numéros. On met un petit ruban rouge à son cartable les jours où c'est maman qui vient la chercher. Il y a une petite image qui symbolise l'activité du jour où elle a choisi la couleur pour papa, la couleur pour maman. Donc impliquer l'enfant dans l'appropriation de cette nouvelle réalité, le faire participer à ça. Et puis garder des choses à nous. Par exemple, dans notre cas, le temps du repas du soir, vraiment, c'est à table. On se met à table et elle sait qu'à ce moment-là, on a des conversations et je laisse place au silence. Que ma fille aussi peut saturer très vite, elle peut ressentir très vite que ça peut être un interrogatoire. J'essaye d'éviter les interrogatoires. Et donc, je préfère des questions plus ouvertes. Qu'est-ce que tu as préféré aujourd'hui ? Ou de lui parler de moi, de tout ce que j'ai pu faire. Elle aime bien avoir des petites surprises. Quand elle rentre à la maison maintenant, après avoir été absente,
- Speaker #0
elle cherche les surprises.
- Speaker #1
Je lui dis, c'est moi la surprise. Au bout d'un moment, il faut arrêter d'attendre. te récompense. Des fois, j'en sais rien, j'achète un truc pour la salle de bain, mais elle est toute contente de découvrir, de reprendre ses repères à la maison. Et il y a des choses qu'elle enregistre d'elle-même que moi, je n'avais pas forcément décidé. Puis, voilà, des petites choses à nous. Nous, on se regarde dans les yeux, on se dit « qu'est-ce que tu vois ? » Et on a des petits moments de connexion fort, comme ça. Puis ensuite, vis-à-vis de l'autre parent, Alors, il y a être séparé et séparé. Dans notre cas, ça se passe très mal. Donc, évidemment, le mieux, c'est qu'il y ait une bonne entente, une bonne communication et de la flexibilité, chose qui n'arrivera pas dans notre cas. Donc, la communication est réduite aux besoins de l'enfant. et pratico-pratique et ça me va très bien comme ça. Pour l'instant, je n'ai pas de visibilité sur ce qu'elle fait là-bas ou au-delà de tout ce qu'elle me raconte, mais elle parle de plus en plus. Donc après, c'est l'enfant qui est porteur de tout ça. Mais voilà, le plus important, je pense, c'est qu'il ne faut pas perdre sa place. Il faut vraiment savoir garder son centre.
- Speaker #0
Tu l'as évoqué un petit peu tout à l'heure. Est-ce que tu vois concrètement une différence maintenant que ta fille n'est plus tous les jours avec toi au niveau du français ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Déjà, elle mélangeait beaucoup au début. Maintenant, dans son école, il y a énormément de prises de parole parce qu'ils font des rondes tous les matins où chacun peut s'exprimer sur quelque chose qu'il a fait, qu'il a vu, qu'il a pensé. De là naissent des projets. Donc, ces échanges se font en catalan. Et j'ai eu rendez-vous avec la maîtresse il y a trois jours. Ma fille progresse énormément dans la prise de parole. dans la construction de ces phrases. Donc, avant, c'était plus en français. Maintenant, voilà, c'est bien en catalan. Donc, oui, là, il y a beaucoup plus de mélange. Des fois, ce n'est pas facile pour moi d'avoir un traducteur instantané, non ? En simultané. Parce qu'il faut passer le filtre du parler enfant, du parler enfant sur le français, du parler enfant sur le catalan, du parler français sur le castillan. Et moi, par exemple, je ne sais pas quels sont les codes des enfants locaux ou espagnols. au niveau du langage des fois, de ce qui peut se dire, quels sont les petits mots. Donc je me guisionne, je vais un petit peu chercher des infos auprès de la maîtresse ou d'autres parents, à savoir, les enfants ils disent ça ici, je ne sais pas, après ça peut être tout ce qu'il y a. Voilà, quand ils sont là, coulito, tout ce qui est attrait, les petites fesses, tout ce vocabulaire-là, savoir d'où ça vient des fois, je me dis mais d'où ça vient tout ça en fait ? Des fois, je sais, en fonction de son parler, si ça peut venir de son père, de l'école, ou des fois, je me dis « mais je ne comprends pas » . Donc oui, il y a une grosse différence là. Et c'est vrai qu'après cinq jours, des fois, chez son père, elle peut mettre bien 24 heures, un peu plus, à retrouver une fluidité totale, reparler presque à 90% français. Là, ça se ressent plus, ouais. Mais elle comprend tout ce que je dis, ça, il n'y a pas de problème.
- Speaker #0
souci. C'est déjà ça.
- Speaker #1
Oui, Non, ça, il n'y a pas de souci.
- Speaker #0
Alors, pour finir, est-ce que tu as une ou plusieurs anecdotes du bilinguisme de ta fille ?
- Speaker #1
Oui. J'adore parce que je prends énormément de notes depuis qu'elle est née. Chaque mois, puis elle a son petit scrapbooking, je colle plein de trucs de toute son évolution, de tout ce qu'elle dit, de tout ce qu'elle fait. Et du coup, je n'ai pas eu de mal à les regrouper. Une chose qui était très attendrissante, il y a un an en arrière où Elle n'avait pas encore tout à fait conscience qu'elle parlait français. Qu'est-ce que c'est la France ? Maintenant, elle le sait, elle reconnaît le drapeau. Mais donc avant, elle disait qu'elle parlait normal. Avec moi, c'était parler normal. Comme ça, maman, bonjour ! Elle me disait... Elle voyait bien que son amie, elle parle comme son papa. Elle associait une langue à une personne, ou à un mot, mais elle ne pouvait pas dire quelle était cette langue. Elle a beaucoup aimé aussi avec sa meilleure amie, donc à déménager, mais avec qui elle garde un lien très fort, s'émerveiller devant la transmission non volontaire de sa part, dès l'âge de 3 ans, du français à sa meilleure amie, donc qui était mexicaine et de Séville, donc avec l'espagnol prédominant à la maison. Et donc sa meilleure amie en venait à dire oui. Après, on rigolait et on faisait « ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais » . On dansait comme ça ensemble à transmettre ces mots-là et à s'étonner de « Rolieta, elle a dit oui ! » Et se rendre compte que ça venait d'elle et que ce n'était pas un mot qui était habituel dans la bouche de sa copine. Et ça, c'était beau à voir. Après, elle m'a fait aussi… Elle continue de me faire des mélanges. Pas dans une même phrase, avant c'était « quiero » « manger » « rire » . Maintenant c'est plus complexe, des fois elle va me dire par exemple le mot « sabature » . Donc « sabature » vient du catalan « sabatas » .
- Speaker #0
qui signifie chaussure, qui ressemble d'ailleurs à sabate, une sabate, sabatas, eh bien elle a mis le suffixe « ur » de chaussure, donc elle me dit sabature, pour les chaussures. Ah,
- Speaker #1
il faut chercher, hein ?
- Speaker #0
Ah non, mais quand t'es dans le feu de l'action, il faut mettre un détecteur trilingue en place, des fois c'est pas évident. C'est plus facile quand elle me fait des... Le suffixe de conjugaison, par exemple, elle va me dire « arretamos » . Parce qu'en espagnol, le suffixe de « nous » , la première personne du pluriel, ça se termine en « amos » , non ? Donc elle va me dire « arretamos » . Ou alors elle va me mettre le préfixe du catalan, parce que « fermer » en catalan, c'est « tancar » . Donc elle va me dire « tancamos » . Donc là, en fait, elle parle mal espagnol et mal… Le catalan aussi, parce qu'on ne dirait pas « tancam » au sein du catalan, on dirait « tanquem » . Bref, elle me fait des trucs que je ne relève pas, parce que je les écris. Je ne la corrige pas, ça la saoule, parce que tout de suite, elle s'énerve. Si je la fais répéter trois fois, elle s'énerve. Ah ouais, non, elle craque. Elle dit « mais maman ! » Et plus elle le répète, et moi je prends un temps maintenant. Je le répète dans ma tête, je le répète dans ma bouche. S'il faut, je dis oui, d'accord. Je fais celle qui a compris. Parce qu'après, elle est là, mais je te dis ! Mais je te dis que c'est ça ! Comme je ne parle pas adulte, je ne parle pas français adulte devant ma fille parce que je suis très isolée. J'ai un peu de famille française dans mon cercle. On se croise, mais on ne parle pas longtemps. Je n'ai pas de famille. que des appels vidéo donc je ne parle pas adulte devant elle donc j'ai pas de fuite de langage quelle qu'elle soit mais comme je fais du théâtre tout ça on s'amuse et du coup des fois je me dis c'est si le tabus quoi j'entends ma fille parler elle est là ouais quand même tu as vu mais
- Speaker #1
je te dis oh là là elle parle comme ça en plus des fois j'ai l'impression que j'ai mon accent
- Speaker #0
qui revient, je ne sais pas pourquoi. Je suis partie, j'avais trois ans du Nord. Mais moi, j'étais famille encore. Mais voilà, des fois, je me dis, ce n'est pas très gracieux. Là, je devrais peut-être adopter un langage un peu plus gracieux de la langue française.
- Speaker #1
Ça reviendra bien assez tôt, je pense, pour elle.
- Speaker #0
Ouais, ouais. Mais du coup, c'est craquant, c'est notre truc à nous. Et là, tout de suite, on voit qu'elle reconnecte dans ces cas-là.
- Speaker #1
En effet.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Eh bien, je te dis merci pour tout ce que tu nous as raconté, pour ton témoignage aussi très sincère et très franc. Tu nous as montré aussi que, voilà, tu n'es pas forcément rose et c'est quelque chose qui est important, justement, de dire que tu n'es pas parfait et de montrer, voilà, aussi ces facettes plus négatives. Merci aussi pour ça.
- Speaker #0
Eh oui, les difficultés. Oui, oui, il y en a. Merci à toi pour ce bel exercice qui me rend toute chose quand même. Ça m'a fait très plaisir. Merci pour cet espace Audrey.
- Speaker #1
Merci aussi. Si cet épisode vous a inspiré, rassuré ou donné envie d'aller plus loin dans l'aventure du bilinguisme et de l'expatriation en famille, sachez que vous n'êtes pas seul. Sur le site des Franco-Expat et sur les réseaux sociaux, vous pouvez retrouver des cours en ligne spécialement conçus pour les enfants expatriés, des ressources pratiques, des témoignages et une communauté active de familles qui jonglent entre langue, culture et fuseau horaire. Retrouvez tous les épisodes du podcast ainsi que nos contenus dédiés aux familles expatriées sur les franco-expat.com. Pensez à vous abonner, à partager cet épisode autour de vous et à nous laisser un avis. C'est grâce à vous que cette belle aventure continue de grandir. A très vite pour un nouvel épisode et d'ici là, continuons ensemble à faire voyager la langue et la culture francophone aux quatre coins du monde.