- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast des franco-expats, le rendez-vous incontournable des familles expatriées aux quatre coins de la planète. Je suis Audrey, fondatrice des franco-expats, professeure de français langue maternelle et langue étrangère, maman d'une famille franco-allemande et expatriée en Allemagne depuis 2010. Ici, on parle de transmission du français, de bilinguisme, mais aussi de maternité. d'enfance et de parentalité à l'étranger, sans filtre ni tabou. Chaque épisode explore la réalité de la vie parentale à l'étranger, entre élever ses enfants et faire vivre sa langue et sa culture loin de ses repères, avec honnêteté, conseils concrets et regards multiples. Toutes les deux semaines, des parents et des familles nous ouvrent leur cœur et leur quotidien pour partager leurs stratégies, leurs doutes, les échecs et les victoires de leur vie multilingue et multiculturelle. Les intervenants des experts de l'enfance et parfois les enfants eux-mêmes viennent enrichir la conversation de conseils concrets et de regards uniques. Plongez avec nous dans ces histoires inspirantes, utiles et profondément humaines.
- Speaker #1
Parce que vivre la maternité et la parentalité à l'étranger et élever des enfants bilingues loin de son pays francophone, c'est avant tout une formidable aventure.
- Speaker #0
Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Tiffen, qui est une maman française en Espagne et actrice dans le maintien du français des petits expats à Barcelone. Bonjour Tiffen !
- Speaker #1
Bonjour et merci de m'accueillir sur ton podcast.
- Speaker #0
Merci de m'avoir contactée et de ton témoignage qui sera très certainement très intéressant. Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Je m'appelle Tiffen Linares, je suis comédienne, clown et conteuse. Et comme tu l'as dit, je suis aussi professeure de flamme à Barcelone et maman de deux petits-enfants.
- Speaker #0
Alors, est-ce que tu peux nous raconter déjà un peu ton parcours d'expatriée ? Comment tu es arrivée à Barcelone ?
- Speaker #1
Donc, je suis arrivée à Barcelone il y a maintenant trois ans avec mon petit garçon qui avait un an et demi à l'époque, donc qui est né en France. Et puis, j'ai eu ma fille il y a maintenant deux ans et demi sur Barcelone.
- Speaker #0
Donc tu peux vraiment en fait même comparer les grossesses et la maternité en France et en Espagne ?
- Speaker #1
Ah oui, complètement. Elles sont complètement différentes. C'est deux expériences très différentes et même sur la parentalité ensuite. Ce qui est très rigolo, c'est qu'en France, on est très coucouné dans notre maternité. En Espagne, on peut rester 24 heures après l'accouchement sans problème et rentrer à la maison. On n'a pas de rééducation du périnée ici. et ce qui est drôle c'est que dans le rapport après familial ça s'inverse c'est à dire que j'ai l'impression qu'en Espagne quand on est maman avec des enfants les enfants sont mieux vus mieux intégrés à la société contrairement à la France où quand j'y retourne de temps en temps j'ai l'impression d'être en décalage sur ma parentalité en France donc c'est très drôle ce décalage c'est vrai c'est fou et alors on va d'abord
- Speaker #0
parler de la grossesse, qu'est-ce qui t'a le plus plu dans la grossesse en Espagne et en France et à l'inverse, qu'est-ce qui t'a le moins plu dans les deux pays ?
- Speaker #1
Alors, ce qui m'a le plus plu en France pour ma grossesse, c'est tout cet accompagnement d'avant-grossesse. J'étais très contente d'avoir eu un premier enfant en France puis un second en Espagne parce que je connaissais un peu tout. Puis ils sont rapprochés, ils ont deux ans d'écart, donc j'avais encore des réflexes. Est-ce que j'ai apprécié ma grossesse en Espagne ? Du point de vue du corps médical, pas vraiment. Du point de vue du regard de la société, plus en Espagne qu'en France, oui.
- Speaker #0
Et par rapport à l'accouchement, est-ce que tu as vu des différences entre les deux pays ? Vécu des différences ?
- Speaker #1
J'ai vécu, oui, une très grande différence, puisque mon premier garçon est né avec péridurale, tout s'est très bien passé, et ma fille a décidé de naître dans la salle d'attente de... Ah oui ! Donc en fait, je ne peux pas vraiment comparer les deux systèmes à ce niveau-là.
- Speaker #0
D'accord, ça a été un accouchement express ?
- Speaker #1
À express, 5 minutes et accouchement seul au final dans la salle d'attente.
- Speaker #0
Est-ce que tu as quand même pu être rapidement prise en charge avec ta petite puce ?
- Speaker #1
Ah oui, dans les 30 secondes qui ont suivi.
- Speaker #0
Ça doit quand même rester une sacrée expérience.
- Speaker #1
Ça reste une sacrée expérience, encore plus je pense pour le papa qui n'a pas réussi tout de suite à comprendre que sa fille venait de naître.
- Speaker #0
Oui, déjà pour les mamans, c'est souvent... Moi, je ne connais pas, mais j'imagine quand ça va très vite, il faut s'adapter. Mais pour tous ceux qui sont autour, qui ne le sentent pas venir l'enfant, je pense que c'est encore plus... choquant, on va dire, de manière positive.
- Speaker #1
Je pense que j'étais la plus calme, au final, dans la salle d'attente parce que tu te mets en... Il faut que tu fasses, de toute façon, tu as ta fille qui est en train d'arriver, donc je pense qu'il y a quelque chose qui se passe dans le cerveau et tu sais accoucher seule, au final. Donc c'était vraiment très étrange, ce décalage entre la bonne prise en charge en France, où on te demande de... poussée, très calmement et tout ça, et puis ce côté plus animal en Espagne c'est très placent donc non, non, c'est deux expériences très différentes.
- Speaker #0
Oui j'imagine, ouais et est-ce que, alors en France on sait qu'il y a les cours de préparation à l'accouchement est-ce qu'en Espagne il y a des des accompagnements de ce genre de manière générale autour de la grossesse je sais qu'en Allemagne il y a aussi des cours pour les enfants qui vont devenir grands frères et sœurs est-ce qu'il y a des offres de ce genre ?
- Speaker #1
Alors dans le privé, tu vas retrouver des offres de ce genre, mais pas dans le public, comme on a en fait l'accompagnement en France. Donc si tu ne cherches pas par toi-même, c'est compliqué. Si tu ne parles pas la langue, le catalan en l'occurrence ici, tu peux avoir certaines offres en castillan, mais pas tant. Et alors en français, vraiment très peu. Et puis il faut connaître, et ça reste du privé. Donc, comme les... cours de rééducation du périnée que tu n'as pas ici, que pareil, si tu veux pouvoir le faire, il faut que tu te renseignes toi de ton côté. Donc, heureusement que j'étais maman déjà avant et que j'avais des réflexes à ce niveau-là, mais sinon, très compliqué.
- Speaker #0
Et tu viens d'en parler vite fait. Est-ce que justement, il y a des offres en français pour accompagner les futus ou les nouvelles mamans ?
- Speaker #1
Alors, il y a plusieurs doulas, en effet, françaises à Barcelone. j'en connais 2-3 mais il n'y en a pas tant il y a eu pendant un certain temps un café poussette aussi je ne sais pas si tu en as aussi où tu es toi des cafés poussettes puisqu'il me semble que c'est européen même international peut-être mais en ce moment il n'est plus existant donc c'est assez compliqué de trouver des offres maternité en français à Barcelone il y a toujours ces doux là c'est ça Ah,
- Speaker #0
on va se cacher. C'est quand même assez rare. Moi, je réfléchis en Allemagne. Là où je suis, il n'y a personne pour accompagner les futures ou jeunes mamans en français.
- Speaker #1
Ah oui, on a cette chance-là de les avoir.
- Speaker #0
C'est très bien. Alors, on va revenir un peu à tes enfants. Est-ce que tu peux nous raconter le parcours bilingue ou même trilingue ? Je suppose qu'ils parlent catalan, castillan et français, donc de tes enfants.
- Speaker #1
Alors, mon conjoint est franco-catalan. Mais nous, on parle exclusivement français à la maison. Donc, mon petit garçon est né en France et il est arrivé à la crèche en catalan à un an et demi. Il s'est très vite adapté, sans problème. Aujourd'hui, il préfère même parler français que catalan, donc je pense qu'il reste de la toute petite enfance chez lui à ce niveau-là. Et ma fille, elle est née ici, a connu la crèche directement en catalan. Et ses premiers mots à elle étaient en catalan. Elle a mis beaucoup de temps avant de parler français avec nous. Donc c'était assez rigolo de voir cette différence de langue. Et ce qui était encore plus mignon, c'est de les voir jouer entre eux, au début en catalan. Leur langue de jeu était le catalan. Maintenant, ça commence à changer, puisque ma fille a deux ans et demi, donc le français commence à mieux le parler, le grand commence à voir qu'elle parle français. On revient sur du français à la maison.
- Speaker #0
Et donc, comment se passe la transmission du français ? Tu dis, ils parlent bien français, donc a priori, ça se passe bien ?
- Speaker #1
Oui, parce que nous, on parle exclusivement français à la maison. On lit beaucoup de livres en français, on regarde beaucoup de séries en français, des dessins animés en français, on écoute des podcasts en français. Donc nous, vraiment, le français, dans notre quotidien, il est quotidien, en fait.
- Speaker #0
Et est-ce que, alors je suppose que ta fille est peut-être un peu petite, est-ce que ton fils qui a 4 ans, tu as dit, est-ce qu'il fait déjà des activités en français ou une ou plusieurs activités pour justement qu'il ait un contact français en dehors de la maison ?
- Speaker #1
Ah bah oui, puisque comme je suis professeur FLAM, donc français langue maternelle, il vient avec moi dans ces ateliers-là.
- Speaker #0
Je suppose que c'est dans une association que tu es prof de FLAM ?
- Speaker #1
Exactement, je suis professeur... prof dans l'association de la langue de Molière. Ça fait huit ans, je crois, qu'ils existent sur Barcelone. J'ai aussi créé les bébés Molière avec eux pour les familles avec des enfants à partir de 2 ans, de 2 à 4 ans, juste avant la rentrée scolaire en fait, pour qu'il y ait aussi un lien parent-enfant avec le français.
- Speaker #0
C'est chouette ! Est-ce que tu peux nous parler, nous expliquer un peu ce que tu fais en tant que prof de flamme ou d'animatrice pour les bébés Molière ?
- Speaker #1
Eh bien, j'ai des élèves de 2 ans jusqu'à 12 ans. Ce que je propose est très varié. On a plusieurs catégories. On a les bébés Molière, les petits Molière, les jouons à lire, les jouons à écrire, les jouons encore et les ne jouons plus. Comme tu l'entends, nous vraiment pour la pédagogie, c'est le jeu. On amène le français par le biais du jeu. Pour les bébés Molière, on va être dans l'exploration de la langue, du vocabulaire, de l'histoire et du lien parent-enfant. Et pour les bébés Molière, Donc, c'est toujours le vocabulaire, bien sûr, mais c'est aussi essayer de créer cette petite bulle de français pour qu'il y ait ces petites amitiés aussi en français, les comptines, les gens en français, la balle aux prisonniers, le facteur n'est pas passé, toutes ces petites choses qui, nous, nous tiennent à cœur, mais de leur faire découvrir ces jeux-là en français. Ils les ont en catalan, mais ce ne sont pas les mêmes chansons, donc ça change un peu.
- Speaker #0
C'est pas la même chose, ouais.
- Speaker #1
C'est vraiment le côté culturel aussi de remettre les fêtes, la chandeleur, les œufs de Pâques, tout ça. Donc il y a des similitudes, mais en même temps, c'est ramener cette culture française. On a envie de transmettre ça, qu'ils se sentent aussi puissants par rapport à cette double culture, que ce soit pas un frein pour eux, mais au contraire, une richesse.
- Speaker #0
Et dans les groupes suivants, est-ce que tu peux... Tu peux nous dire peut-être vite fait ce qui se fait pour que ceux qui nous écoutent puissent connaître un peu ces cours ?
- Speaker #1
Bien sûr. Alors si, j'en anime quelques-uns de ces ateliers. Ça va être l'apprentissage de la lecture par le biais des comptines chez nous. Et puis, pour les plus grands, ça va être ce qu'on aime le moins, mais ce qu'il faut faire quand même, de la grammaire, de la conjugaison. Mais on essaye de le faire de façon ludique. que ça paraisse être un jeu, que le français ne paraisse pas être si difficile et si compliqué. Et que ce soit un vrai plaisir.
- Speaker #0
Et oui, c'est important. Et est-ce que vous organisez aussi, je ne sais pas, des fêtes de manière générale pour les familles ou d'autres manifestations ?
- Speaker #1
Alors oui, on a fait, dans le sein de l'association, on a réalisé un documentaire par exemple sur ce qu'est une association de flammes. On a aussi créé un jeu de société. En fait, toutes ces créations nous amènent à le célébrer avec nos familles et même avec des familles extérieures pour qu'elles puissent apprendre à nous connaître. Et on a notre prochaine fête d'ailleurs de la langue qui sera le 9 mai. Donc voilà, un gros événement pour apprendre à nous connaître, célébrer les familles, puis même comme on a plusieurs ateliers dans Barcelone, mais aussi à l'extérieur de Barcelone. C'est le moment pour les familles de se rencontrer.
- Speaker #0
Alors, je sais qu'à Barsoy, il y a énormément de familles françaises ou francophones. Combien de familles vous avez-vous dans l'association ?
- Speaker #1
Alors, je n'ai pas le nombre de familles, mais j'ai le nombre d'enfants. Et cette année, on a 250 enfants dans l'association.
- Speaker #0
C'est beaucoup. Et vous êtes combien de bénévoles ?
- Speaker #1
On est en professeur, nous sommes 1, 2, 3, 4, on est 8, 9.
- Speaker #0
Et pour finir sur l'association, est-ce que tu peux nous dire où est-ce que dans Barcelone on peut vous trouver ?
- Speaker #1
Alors dans Barcelone, on peut nous trouver à San Andreu, à Poblanao, à Gracia, dans les Champs-Plein, à Las Cortes. Et en dehors de Barcelone, on peut nous retrouver à San Cugat et à Sabadell.
- Speaker #0
Je suppose que ceux qui sont là, ça leur parlera.
- Speaker #1
Moi,
- Speaker #0
à part le bel accent espagnol, ça ne me parle pas, mais évidemment, je ne suis pas de Barcelone. Alors en plus d'être prof de flamme... qui nous a dit tu es clown, tu fais des spectacles. Est-ce que tu peux nous parler de ces spectacles ?
- Speaker #1
Bien sûr. Alors, j'ai créé La Fabulora il y a maintenant trois ans sur Barcelone. Car quand je suis arrivée jeune, comédienne, sexpatriant, je me suis demandé déjà qu'est-ce que j'allais bien pouvoir faire avec un enfant d'un an et demi comme métier à Barcelone. Et ce que j'aime le plus pour moi, c'est raconter des histoires. Donc, J'ai continué là-dessus, j'ai rencontré Charlotte qui tient une boutique de seconde main, de vêtements de seconde main, qui s'appelle Rose Bonbon, qui m'a prêté sa salle en me disant j'ai envie d'animation dans cette salle. Tu as carte blanche, tu es libre, tu peux faire tout ce que tu veux. Donc j'ai construit petit à petit, au fil des mois et des années, des petits spectacles pour les petits francophones. C'est parti au début du compte, pour les plus grands, et je me suis intéressée aussi aux bébés, aux 0-3 ans, car il y a très peu d'offres pour ces familles-là, pour ce public-là, et il y a tellement à faire et tellement à offrir. pour ce public que je me suis dit, allez, je vais créer des spectacles très jeunes publics.
- Speaker #0
Comment est-ce que tu construis tes spectacles et aussi dans cette idée de transmettre le français ?
- Speaker #1
Alors déjà, ça vient d'une idée. Là, par exemple, le prochain, ça va être sur le printemps. Je suis partie d'un dicton marocain que j'ai beaucoup aimé, c'est les tambours du printemps avec la terre qui se réveille. Donc, je pars de ce dicton-là. et puis ensuite j'essaye de voir du vocabulaire, ce que j'ai envie d'intégrer comme vocabulaire, parce que ce n'est pas parce que ce sont des bébés ou de jeunes enfants qu'il ne faut pas être rigoureux sur le vocabulaire et sur la parole. Donc j'essaye de réfléchir à ça. Le visuel, puisque ce sont des tout-petits, donc il faut que ce soit très visuel et très sensoriel. Et le tout combiné, je crée ma petite histoire. Il y a ce qui existe, ce qui est écrit, puis ensuite il y a la rencontre aussi avec les bébés, parce que tu imagines quand tu as un bébé devant toi, tu ne peux pas faire exactement ce que tu as imaginé, il faut t'adapter, il faut être dans l'énergie. Parfois ils sont fatigués, parfois ils sont plus excités, énervés, donc il faut composer avec ça. Et c'est ce que je préfère faire en fait.
- Speaker #0
J'ai vu les images que tu mets sur Instagram ou les vidéos et ça donne vraiment envie. Des fois, je regrette de ne pas être à Barcelone juste pour aller te voir. Est-ce que, justement, pour ceux qui n'ont pas la chance d'aller te voir, est-ce que tu pourrais nous décrire un spectacle ? Alors, voilà, comment tu es habillée, ce qu'il se passe, etc.
- Speaker #1
Alors, ça va être compliqué parce que j'ai plusieurs spectacles qui sont assez différents parce que je vais avoir des spectacles qui vont être très visuels, avec très peu de paroles. Et au contraire, des spectacles qui vont être sans support, où ça va être presque seulement moi, avec plus de paroles. Mais pour décrire l'ambiance, ce que j'essaye de faire, c'est de créer une petite bulle de poésie dans la vitesse de la ville, offrir vraiment un moment posé aux familles, puisque c'est un spectacle pour les bébés, mais aussi pour les parents ou les grands-parents qui viennent me voir. C'est vraiment ce moment de douceur pour venir se déposer, écouter une histoire, rêver et se laisser embarquer le temps de l'histoire.
- Speaker #0
C'est joliment dit. Est-ce que ces spectacles s'adressent uniquement à des bébés, donc des familles qui ont le français à la maison ou est-ce qu'il y a aussi des fois des familles qui ne parlent pas en fait français mais je ne sais pas, qui aiment la langue ou qui veulent une première exposition à la langue ou quelque chose comme ça ?
- Speaker #1
Alors oui, dans le public, il m'est arrivé d'avoir des bébés qui n'avaient pas du tout le français à la maison parce que la maman parlait un petit peu français parce qu'elle était allée en France et c'est une langue en effet qu'elle aimait bien. Donc pour la poésie de la langue, elle emmenait son enfant. Mais comme c'est très visuel, ça s'adapte ou bien quand je le sais, je peux essayer de m'adapter, faire un peu de multilinguisme pour certains enfants. Vraiment, je m'adapte au public qui vient me voir aussi. L'idée, c'est que tout le monde passe un bon moment.
- Speaker #0
Est-ce que tu as une ou peut-être plusieurs anecdotes de tes spectacles, de choses qui se sont passées, qui t'ont marquée ?
- Speaker #1
Alors, il y en a une en particulier, une représentation qui m'a marquée. Il devait y avoir à peu près une petite quinzaine d'enfants. Donc déjà, c'est beaucoup. Moi, j'aime bien avoir des petits groupes de dix enfants pour vraiment être... dans le jeu et dans l'interaction directe avec eux, avec des bébés, donc c'était vraiment la tranche des 0-3 ans. Et pendant 30 minutes, un silence et une qualité d'écoute qui me donne encore la chair de poule aujourd'hui parce que 30 minutes d'enfant de 0-3 ans concentré dans ce que tu fais, ça m'a vraiment marqué, cette expérience.
- Speaker #0
Mais j'ai même envie de dire, c'est bon signe, ça veut dire que tu as vraiment capté leur attention, c'est super ça !
- Speaker #1
Ah oui, C'est une petite hygiène !
- Speaker #0
Comment tu vois l'évolution de cette activité ? Est-ce que tu veux l'élargir ou au contraire rester peut-être comme ça aussi ?
- Speaker #1
Je sens que plus les mois passent, plus les spectacles avancent et plus j'ai envie d'être précise dans ce que je propose par rapport à ces spectacles très jeunes publics parce que c'est une offre qu'on ne retrouve pas partout et c'est une exigence qu'on doit avoir aussi par rapport aux familles et par rapport aux enfants. Est-ce que je me sens investie d'une mission pour transmettre le français de la meilleure façon possible dans cette poésie, dans cette bulle-là ? J'ai vraiment envie d'évoluer dans le spectacle très jeune public parce qu'il y a énormément de choses à faire. Il y a encore beaucoup de choses qui sont méconnues sur les très jeunes enfants et le rapport du spectacle au cerveau des bébés. Donc ça est vraiment quelque chose qui m'intéresse. On a ouvert d'ailleurs avec des copines qui sont à Montréal, à Paris, un peu à droite à gauche, un laboratoire de recherche entre nous sur justement le spectacle très jeune public. Pour le moment c'est embryonnaire, on est au stade de recherche de ce que nous on constate, mais on aimerait bien si des chercheurs ou des chercheuses nous écoutent pour faire évoluer notre projet. On aimerait pouvoir documenter peut-être un peu plus aussi ce qu'on propose.
- Speaker #0
C'est une super idée. Comme tu dis, en effet, il y a encore très peu de connaissances sur la petite enfance et peut-être encore plus la petite enfance bilingue. Du coup, très beau projet et bonne continuation, en tout cas, pour ce projet. J'ai hâte de connaître la suite.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Alors, concrètement, si on veut te contacter ou assister à un de tes spectacles, comment on fait ?
- Speaker #1
Alors, il faut me chercher sur Instagram. Pour le moment, il n'y a que Instagram. C'est LaFabulora, comme ça se prononce. Donc, L-A-F-A-B-U-L-O-R-A. Et puis, m'envoyer un petit message et venir directement.
- Speaker #0
Je mettrai de toute façon dans la description, je mettrai le lien vers ton compte Instagram et comme ça, on pourra aussi directement te trouver.
- Speaker #1
Super.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des conseils ? Pour les familles qui transmettent le français, alors de manière générale maintenant ?
- Speaker #1
Je dirais, première chose, qu'il faut se faire confiance, ne pas se juger, d'être tout simplement comme on est et d'accompagner comme on a envie d'accompagner. Il n'y a pas de mauvais accompagnement du français. Ça peut être de la lecture, ça peut être du chant, ça peut être juste parler. Il faut, je pense, rester au plus proche de soi et pas essayer de devenir professeur de français et faire confiance à son enfant aussi.
- Speaker #0
Alors j'en profite pour préciser, je n'ai pas demandé les actions locales à Barcelone comme je le fais d'habitude parce qu'il y a un épisode qui est sorti il y a deux ou trois semaines qui a déjà toutes ces informations, c'est pour ne pas faire de répétition, mais on a à nouveau une très belle astuce pour assister à autre chose à Barcelone. Voilà, c'était la petite parenthèse. Alors pour finir, est-ce que tu as une ou plusieurs anecdotes du bilinguisme de tes enfants ?
- Speaker #1
J'en ai une particulièrement que j'adore plus que tout. C'est mon fils qui, à Noël, nous dit « Maman, regarde ce que le Père Noël m'a régalé ! » Parce que « régaler » en catalan, c'est « regalar » qui veut dire « offrir » . Et j'adore tellement ce mot « régaler » et... Un cadeau, c'est vrai que ça se régale en fait.
- Speaker #0
C'est vrai. C'est mignon en effet, c'est un joli jeu de mots involontaire. Est-ce que d'ailleurs tu vois une différence entre ton fils qui a grandi en France, donc qui a vraiment été immergé avec le français quelques années, et ta fille qui n'a pas eu cette immersion ?
- Speaker #1
C'est un petit peu tôt je pense pour voir la différence avec ma fille parce qu'elle a deux ans et demi, donc elle est vraiment là dans l'explosion du français. Donc je ne sais pas encore si c'est un trait de caractère de ma fille et un trait de caractère de mon fils, mais ma fille ne fait pas d'effort pour articuler, par exemple. Je ne sais pas si c'est lié, du moins en français, je ne sais pas si c'est lié à l'immersion ou au contraire à son caractère, que comme on la comprend, pourquoi articuler ?
- Speaker #0
C'est possible aussi, en effet. Eh bien, écoute, je te dis merci pour tout ce que tu nous as raconté, pour ces spectacles que tu animes qui ont l'air très intéressants. Donc, j'espère que les gens qui nous écoutent iront te voir et qu'ils pourront nous faire des retours.
- Speaker #1
Merci beaucoup à toi pour ton accueil sur ton podcast.
- Speaker #0
Si cet épisode vous a inspiré, rassuré ou donné envie d'aller plus loin dans l'aventure du bilinguisme et de l'expatriation en famille, sachez que vous n'êtes pas seul. Sur le site des Franco-Expat et sur les réseaux sociaux, vous pouvez retrouver des cours en ligne spécialement conçus pour les enfants expatriés, des ressources pratiques, des témoignages et une communauté active de familles qui jonglent entre langue, culture et fuseau horaire. Retrouvez tous les épisodes du podcast ainsi que nos contenus dédiés aux familles expatriées sur lesfrancoexpats.com. Pensez à vous abonner, à partager cet épisode autour de vous et à nous laisser un avis. C'est grâce à vous que cette belle aventure continue de grandir. A très vite pour un nouvel épisode et d'ici là, continuons ensemble à faire voyager la langue et la culture francophone aux quatre coins du monde.