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Les Vrais Souverains

Histoire secrète d'un sauvetage collectif

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24min |27/02/2025
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Histoire secrète d'un sauvetage collectif

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24min |27/02/2025
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Description

Je suis retourné à La Chapelle-Saint-Mesmin, près d'Orléans, pour retrouver les ouvriers de l'usine Duralex. Ils ont repris l'an passé cette marque emblématique du Made in France en coopérative. Ils sont en passe de réaliser un sauvetage incroyable, grâce aux soutiens de vrais souverains. Leur DG François Marciano nous raconte l'histoire secrète de cette aventure et son directeur industriel Nicolas Rouffet nous fait visiter l'usine pour nous raconter ce qui fait la qualité de nos verres et assiettes incassables et indémodables.


Co-réalisé par Renaud Duguet et Maxime Verner.

Générique : Guillaume Bérat.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Arnaud Montebourg

    Bonjour les vrais souverains, je suis Arnaud Montebourg, un homme politique défroqué, comme les curés qui ont quitté l'Église. Mais un entrepreneur passionné dans l'agriculture et l'industrie, les deux mamelles nourricières de la République comme aurait pu l'écrire Jules Méline. Laissez-moi vous présenter des gens extraordinaires dont on ne parle malheureusement jamais. Ce sont des entreprenants qui sont en train de refaire la France par le bas. Ce sont des syndicalistes, des entrepreneurs, des salariés. Ils prennent des risques, ils inventent des solutions, leurs initiatives résistent et elles réussissent. J'ai décidé de vous les faire connaître en leur rendant visite comme si vous y étiez. Écoutez-les, aidez-les, soutenez-les et construisons la France, pourquoi pas, avec eux. Duralex, c'est d'abord l'histoire d'un incroyable sauvetage collectif par la naissance d'une coopérative. Je suis retourné chez Duralex après une première visite, c'était en 2012, j'étais ministre du Redressement productif à l'époque. Après une valse des repreneurs, des plans sociaux, des chutes devant les tribunaux de commerce, j'ai retrouvé là le même bleu de travail, les mêmes ouvriers. Mais Duralex, c'est l'usine qui est désormais emblématique du combat mené dans notre pays par l'industrie française pour survivre. Car avant de parler de réindustrialisation, il faut parler de ces vrais souverains qui se battent sur le terrain face aux destructions d'entreprises et d'emplois dans l'industrie en France. 2 200 000 emplois industriels depuis les années 80, la moitié de notre appareil industriel partit en fumée. Pour quelle raison ? François Marciano, l'ancien salarié devenu le patron de la coopérative Duralex, nous raconte, dans son mythique showroom Duralex, ce qui a poussé cette entreprise Duralex, qui exporte 80 % de ses verres et de ses assiettes, à se retrouver de nouveau l'an passé en faillite devant le tribunal de commerce.

  • François Marciano

    Au tribunal, ils m'ont dit, mais enfin, M. Marciano, mais qu'est-ce qu'il va faire ? Vous n'avez pas de baguette magique. Et en fait, j'ai fait tout simplement ça au tribunal. J'ai dit, écoutez, vous allez prendre un verre à whisky. C'est un verre français. C'est le design de la cathédrale de Chartres.

  • Nicolas Rouffet

    L'orgue de la cathédrale de Chartres.

  • François Marciano

    Oui, c'est ça. Et je leur dis, écoutez, vous allez en acheter. Vous me les ramenez, je vous les rembourse. Donc, il a compris tout de suite. On ne va pas en trouver. J'ai dit, voilà, vous avez compris. Le problème, c'est que nous, on sait faire ça, mais on ne les vend pas. Donc, si on ne les vend pas, on ne fait pas de chiffre d'affaires. J'ai dit, CQQFD, quoi. C'est con, mais c'est la pure maladie de Duralex. Duralex a besoin d'un moteur commercial marketing. Premier problème.

  • Arnaud Montebourg

    Pourquoi ça n'a jamais été mis en place ?

  • François Marciano

    Parce que tous ceux qui ont racheté voyaient leur intérêt à eux.

  • Arnaud Montebourg

    Parle-moi. du plan que vous avez présenté au tribunal. Alors,

  • François Marciano

    le plan qu'on a présenté au tribunal...

  • Arnaud Montebourg

    Et comment se fait-il que le tribunal a enfin accepté une société coopérative des salariés qui est un exemple pour toute la France ? Et pour le capitalisme déclinant ? Oui, on va le dire comme ça. C'est-à-dire que c'est le contraire du capitalisme financier.

  • François Marciano

    J'ai donc analysé les six dépôts de bilan et je me disais, bon, cette boîte, il faut la restructurer. Il faut remettre un moteur à la fusée Duralex, commerce, marketing, ça c'est le gros du sujet. Deuxième sujet, il faut sortir des nouveautés. Depuis 1997 chez Duralex, il n'y a pas eu de nouveauté. Quand je dis il n'y a pas eu de nouveauté, ce n'est pas je vais sortir un verre, c'est je vais sortir une série de verres, une gamme, une gamme. Je vais attaquer pour attaquer tous les pays, parce que certains pays ont des contenances. Le français, c'est 25 centilitres. Si on prend Proche et Moyen-Orient, c'est 13 centilitres. Donc, on a besoin de cette gamme. Depuis 1997, pas de nouveauté. Donc, gros problème. Et la perte des collectivités, où Duralex avait toute sa place, mais comme ils avaient mis une loi où l'acheteur pouvait être pris pénalement s'il achetait plus cher. Donc, on était hors-jeu sur toute la ligne. Et il fallait remettre ça au centre de l'échiquier et... On s'est dit, ouais mais si on recommence à faire une LBO, si on cherche des investisseurs, on est reparti. Ça va repomper sur la boîte, cette boîte elle n'en peut plus, ça fait 30 ans que la marque tient la boîte. Et non pas la boîte, mais en valeur la marque. C'est important ce que je dis. On a bien compris. Donc, tu es là, tu dis, bon, il faut que les capitaux restent ici. C'est quoi la solution pour que les capitaux restent ici ? Moi, je n'ai pas de sous, je ne suis pas milliardaire, je ne peux pas le faire. Donc, le seul moyen, c'était une coopérative. D'où, là, à un moment donné, on s'est dit, moi j'ai vu les syndicats, je leur explique le projet, je dis voilà, si on fait ça, on est mort, les autres ils veulent licencier du monde, la boîte, on avait déjà la pousse sur les os avec 228 personnes. Parce que quand t'es dans la merde, la première chose que tu fais, c'est t'embauches pas. Et tu réduis ton personnel au minimum et tu fais tout au minimum pour tenir dans le temps. Mais donc 228, c'était zéro. Tu peux pas aller en dessous, tu vas en dessous, tu te casses la gueule. Les projets de reprise... T'en avais un, il licencie 58 personnes, et l'autre, c'est 90, un truc comme ça. Donc, il dit, bon, il faut faire une coopérative. D'où l'arrivée de Florence et la mise en place du SCOP. Ça, c'est la structure. Après, il faut trouver la finance.

  • Arnaud Montebourg

    Alors, dis-moi, François... Qu'est-ce qu'ils t'ont raconté à Bercy quand t'es allé les voir avec ton projet de société coopérative ? Comment ils t'ont reçu ? Avec des roses ou avec des ronces ?

  • François Marciano

    Je suis allé à Paris. Je suis allé à Paris, je vais voir Bercy. Je me dis mais d'où ils sortent ? Où est-ce qu'ils ont les sous ? Pourquoi moi je ne suis pas aidé plus que ça ? L'usine elle est morte. Pirex nous a dit qu'elle était foutue. Vous ne pouvez rien faire. Arrêtez avec votre idée de reprendre la boîte avec les salariés. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que l'actionnaire principal, donc Cartesia, qui détenait la Maison Française du Vert, Pirex et Duralex, avait demandé à un cabinet extérieur de faire un audit de Duralex, mais un audit global. Et moi, j'avais le rapport. Et ce rapport disait, la boîte est viable, je fais d'abord une traite de menteur à Bercy. Je rentre ici au soir à 20h, je prends le rapport, je le renvoie. Une heure après, il était 22h, 22h30, mon téléphone sonne. Mais qu'est-ce que c'est que ça ? D'où ça sort ? Je dis, c'est l'actionnaire principal qui avait demandé un audit. Mais je dis, je vais l'envoyer à TF1. Non, mais on peut se... Vous êtes où demain ? On peut se revoir, il faut qu'on discute.

  • Arnaud Montebourg

    D'habitude, c'est le nouveau capitaliste qui remet de l'argent.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Qui reprend les stocks à zéro pour refinancer. Parce qu'en fait, il prend le stock et le vend. Donc ça, ça lui fait le matelas de trésorerie.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et il remet de l'argent après. Et comme les dettes ont été effacées, ça peut repartir 4 ans.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et c'est ce qui s'est passé pendant 30 ans chez Duralex.

  • François Marciano

    C'est ça. C'est exactement ça. Donc,

  • Arnaud Montebourg

    le financier, il prend. et après ils plantent, etc. jusqu'au suivant.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et pendant ce temps-là, les salariés travaillent, s'inquiètent, et la boîte ne se développe pas.

  • François Marciano

    Des primes pour madalé. Ne se développe pas.

  • Arnaud Montebourg

    Donc le sujet c'est comment on fait pour financer une SCOP dans notre pays, sur une industrie, sur une boîte industrielle magnifique qui pèse quand même 30 millions de chibs.

  • François Marciano

    C'est ça. La réponse est simple, je vais donc voir les banquiers qui me font une fin de non recevoir en disant « Ben non, il y a eu six dépôts de bilan, on peut plus, on a déjà trop aidé, on a déjà trop perdu, etc. » Ça c'est vrai,

  • Arnaud Montebourg

    c'est possible.

  • François Marciano

    Mais c'est vrai, mais c'est vrai, mais c'est la vérité.

  • Arnaud Montebourg

    Ils ont planté à chaque fois les banques.

  • François Marciano

    C'est ça, c'est les banques qui dérouillent à chaque fois. Et ce qu'on oublie quand même c'est que les banques peuvent faire des affaires.

  • Arnaud Montebourg

    Ils ont des dépôts.

  • Nicolas Rouffet

    Donc...

  • François Marciano

    Je dis là, on est foutu, parce que nous, il nous fallait 15 millions pour reprendre. Pourquoi il faut 15 millions ? Parce que quand vous êtes dans une entreprise de la taille de Duralex, vous devez faire un chèque de 2,8 millions tous les mois pour assurer les charges et le fonctionnement et les salaires avant de faire le moindre bénéfice. C'est simplement pour être ce qu'on appelle au point zéro, donc être à l'équilibre. Cette boîte n'étant pas à l'équilibre, le temps de recruter des commerciaux, le temps de mettre du marketing, il faut environ 3 à 4 ans pour arriver au point d'équilibre.

  • Arnaud Montebourg

    C'est-à-dire 37 millions de chiffre d'affaires, point mort.

  • François Marciano

    Point mort, c'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Donc il faut augmenter le chiffre d'affaires de 7 millions pour équilibrer la boîte, pour qu'elle soit structurellement saine. Les stocks permettent de dégager de la trésorerie pendant combien de temps dans le BP Scotland ? 3 ans.

  • François Marciano

    On a besoin de financer 15 millions. Les 15 millions permettant... de rattraper le point mort, donc au bout de 3-4 ans, et d'investir dans l'usine. Nous, dans le plan de retournement qu'on a prévu avec la SCOP, on a prévu d'automatiser certaines lignes pour faire des gains de productivité et des bécanes pour aller chercher des nouveaux marchés. On sait faire en France et on est reconnu dans le monde entier. Quand on va, nous, en Asie, en Chine... Ils nous achètent nos produits à un prix, alors que pendant 30 ans, ils bradaient ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et quel savoir-faire ! Cette usine, elle trône depuis presque un siècle. Gigantesque, altière, magnifique, à la chapelle Saint-Mesmin, près d'Orléans. Et chez Duralex, toutes les matières premières sont françaises. Jusqu'au camion quotidien de sable venant directement de la carrière Samin de la forêt de Fontainebleau, jusqu'au carton de vos emballages. Alors c'est Nicolas Rouffet, le directeur industriel, qui nous fait faire le tour de ce magnifique outil industriel de Duralex.

  • Nicolas Rouffet

    Dans les années folles de Duralex, les années 70-80, où toutes les collectivités françaises achetaient Duralex, où Duralex exportait partout, ici, il y avait quatre fours, 1500 personnes. Aujourd'hui, un four, 230 personnes. Il y avait un four à côté de Saint-Etienne, rue Deugier, qui a été fermé dans les années 2000, et il y avait un four en Espagne. Qu'est-ce que c'est ça ? Ça, c'est du verre recyclé, ce qu'on appelle calcin. Voilà, c'est du verre recyclé. On met du verre recyclé dans notre four parce que la réaction de fusion du verre, en fait, c'est un mélange de sable, de chaud et de soude. Et quand on met tout ça dans le four, ce n'est pas de la fusion comme on met le chocolat dans le micro-ondes et qui fond. C'est une réaction chimique. La soude attaque le sable, donc la silice. La chaud, elle est là pour stabiliser, pour pas que ça parte... Que la réaction chimique, ça parte dans tous les sens. Et c'est une véritable réaction chimique. Nous, ce qu'on fait, c'est qu'en fait, on ajoute, et tous les verriers le font, on ajoute du verre recyclé qu'on appelle calcin, entre 30 à...

  • Arnaud Montebourg

    Qu'est-ce que c'est cette matière ?

  • Nicolas Rouffet

    C'est notre verre à nous. C'est nos déchets de verre.

  • Arnaud Montebourg

    Ah, c'est vos déchets.

  • Nicolas Rouffet

    Pourquoi c'est intéressant ? Parce que lui, par contre, dans le four, juste la température, comme il est déjà formé, il fond. Donc il n'y a pas cette réaction chimique. C'est la pâte. Voilà, il y a besoin de moins d'énergie pour le fondre. Donc, moins d'énergie, moins de gaz, moins de CO2. Et on va chercher moins de matières premières dans les sols de notre cher planète. Nous, on est limité aujourd'hui, on en met entre 30 et 40%. Aujourd'hui, on est à 40%, par exemple. On en met entre 30 et 40% parce qu'en fait, on n'utilise que notre calcin. On ne peut pas aller chercher du verre dans les points de collecte. Ce n'est pas le même. Il est d'une très bonne qualité pour faire des bouteilles de vin, de champagne, de rosé, de bière, tout ça. Mais nous, pour nous, non. Nous, on cherche, je vous l'expliquerai tout à l'heure, nous, on cherche à faire un verre extra blanc.

  • Arnaud Montebourg

    Avec grande résistance mécanique.

  • Nicolas Rouffet

    Voilà.

  • Arnaud Montebourg

    Chez Duralex, tout commence par l'atelier de moulerie. Ces moules dont chacun de nous connaît le moindre détail jusqu'au numéro au fond du verre, sans les avoir jamais vus.

  • Nicolas Rouffet

    L'alliage répracteur, c'est fabriqué par le groupe Aubert et Duval, à Boutique-Larbonne-Ferrand, français. Et ensuite, c'est usiné suivant nos plans, via un usinaire qui est en Normandie, dans la vallée de la Brel, dans la Glace Valley, qui expert dans les usinages de moules. Et du coup, après, les moules reviennent ici, sont contrôlés par Ahmed et son équipe, et après, sont préparés pour être mis en production. Et après les productions, ils sont nettoyés, ils sont sablés, ils sont polis. Et si il y a des petits... des faux, des choses comme ça. On peut souder pour recharger. On a des tours conventionnelles, on n'a pas de tour numérique, on n'a pas besoin. On a fraiseuse, perceuse. On a tout ce qu'il faut ici et la métrologie pour faire ça. Mais le gros, la fabrication du moule, ce n'est pas nous qui le faisons, mais c'est fait en France. Contrairement à d'autres verriers français qui achètent leur moule en Turquie, les pans du magasin nous ont permis de remettre un ascenseur en route qui l'attend depuis 10 ans. Il y a 10 ans qu'il attend sur l'ascenseur la remise en état.

  • Arnaud Montebourg

    C'est-à-dire que l'argent rentre dans la boîte et il ne ressort pas,

  • Nicolas Rouffet

    il reste là. C'est ce que nous ont dit les consommateurs, c'est que nous avec Ahmed, on va tous, les employés, on tourne tous dans la boutique. C'est ce qu'ils nous disent, ils disent on sait où va l'argent maintenant. Donc en fait, il y a l'élan de solidarité, non seulement le Duralex c'est la marque des Français, les Français sont attachés à la marque, tout ça, mais quand il y a eu des grands événements, quand ici on était en APLD parce que l'énergie, tout ça, il y a eu un petit regain sur le site, mais pas fou. Là, il y a un regain depuis le premier route qui est exceptionnel. Et les gens disent, parce qu'on sait où va l'argent. On sait que l'argent va rester chez Duralex, que vous, vous allez en profiter. On va aller dans la cabine du four, le contrôle et le pilotage du four. Un four, celui-ci est de 2017. Durée de vie d'un four, nous, on ne tire pas trop dessus. Malheureusement, on n'a pas eu assez de commandes. On estime à 2029-2030 le changement de cours. Là, on voit l'arrivée des matières premières sur le côté. Donc là, les blocs brûleurs, les flammes ici. Donc là, ici, on a vraiment la partie fusion, où on transforme cette poudre en pâte de verre. Et après, dans cette deuxième partie-là, c'est vraiment... Là, vous voyez, il y a un petit muret. Il y a des mouvements de convection qui se font pour bien homogénéiser, pour bien extraire les bulles. Et là, on a ce qu'on appelle un grand canal de distribution qui vient distribuer à tous les canaux de conditionnement. Au bout de chaque canot de conditionnement, il y a une machine de formage. L'objectif, c'est de conditionner le verre pour les machines de formage. Parce que suivant ce qu'on produit, la taille de la goutte de verre n'est pas la même. Et conditionner du verre, c'est l'emmener à la bonne viscosité. Et la viscosité dans le verre, c'est la température. Ici, on a cinq rangées de quatre agitateurs qui nous permettent de faire du verre de couleur. On introduit les colorants, les frites qui sont fournies par Ferro, qui sont à Saint-Dizier. C'est un mélange de verre et d'oxyde métallique. Par exemple, pour faire du bleu, c'est du cobalt, du chrome pour faire du verre, du sélénium pour faire du rose, du manganèse pour faire du prune, et du gris, c'est le nickel. On met ça là, on introduit ça là, on chauffe assez fort, on mélange, on change un petit peu les profondeurs. qui permet de bien faire circuler le verre pour qu'il arrive de façon homogène. Parce que nous, on fait un verre industriel, répétable, même couleur, mais il faut que ce soit la même teinte, la même nuance. Donc là, en fait, la goutte de verre, elle tombe, elle est formée. Après l'assiette, on disait, elle est prise sur le côté, elle est mise sur un convoyeur. Il y a une première étape, on va avoir des flammes, qui sont plus petites qu'avant, mais qui viennent rebrouler le verre, qui viennent arrondir et polir un petit peu les bouts. Et après, on rentre dans une boîte qui est un four. qui est fermé, une boîte en inox qui fait à peu près 2 mètres de long, dans lequel on remonte en température pour libérer le verre de toutes les contraintes, parce que quand même, il est passé de 1000 degrés à 450 degrés, c'est comme si vous sautiez du sauna à la neige. Sauf que c'est des produits complètement aléatoires, donc il ne manque qu'une seule chose, c'est d'exposer dans tous les sens. Donc on va le remettre dans un four, on le remonte en température, et après, en fait, on vient le souffler brutalement dessus, pour figer la peau du verre, et donc il va se mettre en tension. Et donc là, nous, ça par contre c'est contrôlé, ces contraintes-là sont contrôlées, elles sont uniformes sur tout le verre, et ce champ de contraintes qu'on met, ça fait un champ de force. Ce qui fait que c'est très très solide. C'est Saint-Gobain qui avait fait ça dans les années 30 dans leur voiture et qui ont dit tiens en 45 on va faire ça dans notre usine du Ralex sur les arts de la table.

  • Arnaud Montebourg

    Ce verre trempé, à l'air et pas à l'eau, c'est la même technologie depuis 80 ans. Et en bout de ligne, des contrôleurs qualité font tout à l'œil et à la main. Puis c'est la phase de test avec un choc thermique de 150 degrés. Puis l'empilabilité et bien sûr la chute. Ce sont les tests de résistance de nos verres. qui ont une très grande résistance mécanique. Bien sûr, ils ne sont pas incassables, mais c'est tout comme. Le capital de cette coopérative nouvelle qu'est Duralex n'est pas celui d'une multinationale. Ce sont les salariés qui ont mis leurs économies, les ont investis, modestement, mais sérieusement, dans le capital de leur boîte. Ils investissent dans le développement et font le pari d'un cercle vertueux. Plutôt que ces multinationales qui n'investissent pas réduisent les coûts, réduisent les capacités... de production rétrécissent au lavage l'outil industriel pour garder leur profitabilité et finalement la laisser mourir. Eh bien, le contraire marche.

  • François Marciano

    Quand on est passé en scope, le ministre italique appelle pour dire on vous félicite, on veut vous soutenir, comment on peut vous aider ? Espagne ? Qu'appelle ? Comment on peut vous aider ? Après, c'est les maires. Ils jouent sur le fait du CO2. Nous on est au centre de la France, donc le transport c'est juste à côté, donc même s'ils payent plus cher, il n'y a pas de CO2. Alors aujourd'hui c'est la boutique à Orléans et c'est www.duralex.com. Ça ça marche. Ah ça ça marche,

  • Arnaud Montebourg

    oui. Moi j'ai été livré en 48 heures.

  • François Marciano

    Les français sont contents de retrouver... De retrouver, je dis bien retrouver parce qu'il y en a plein qui disent « on ne le trouvait plus » . Je prenais l'exemple de cette dame qui faisait les brocantes pour essayer de trouver du Duralex, c'est complètement dingue. Et il y a une autre catégorie qui en plus dit « non, non, mais nous on veut vous soutenir » . Le nombre de chèques que je reçois de 80 à 100 euros, en disant « moi je vous commande un saladier et six verres, donc ils en ont pour 25 euros » , mais non. le reste de l'argent vous le mettez pour sauver l'entreprise.

  • Arnaud Montebourg

    C'est donc grâce à son projet industriel, impeccable, que la coopérative créée et portée par François Martiano a emporté l'adhésion du tribunal de commerce d'Orléans, devenant comme ça la plus grosse SCOP, Société Coopérative de Production Ouvrière, reprise à la barre depuis belle lurette. La déléguée au développement, l'union régionale des SCOP, du centre Val-de-Loire, Madame Florence Delacroix nous a expliqué comment elle a rejoint cette aventure Duralex.

  • Florence Delacroix

    Ça commence par un coup de téléphone avec la CFDT. Aussi, il ne faut pas oublier l'intersyndicale, parce que c'est une boîte industrielle, il y a les syndicats, et les syndicats se sont mobilisés dès le 24 avril, jour de la prononciation du redressement judiciaire. L'intersyndicale était là, ils n'ont pas cramé des palettes, ils se sont dit, la SCOP, on va racheter notre boîte. Et c'est ça aussi qui a permis après au pouvoir public d'investir. Et les trois syndicats, CFDT, FO, CGT, ont été d'accord pour continuer l'outil de travail. À 100% ? À 100%. Pas de grève. C'est très rare en France, parce que moi j'en ai suivi, j'ai suivi Goudieur et tout ça, il y a eu de la grève. Moulinex, il y a eu de la grève. Là, les gars se sont dit, on y va. Ils m'ont contactée au mois de mai, de mai à juillet. En 2024, il y avait des ponts. Et en redressement judiciaire, le tribunal ne fait pas de cadeaux. On avait la première audience. François faisait le taf en remontant la filière, en disant « on est viable, on est viable, il n'y a que des anomalies et tout » . Et les syndicats maintenaient une ulti de travail. Et moi, j'avais à expliquer ce que c'est qu'une scope aux salariés. Donc, commencer par un petit groupe, les syndicats, voilà. En région centre, il y a 86 coopératives. Et j'avais un exemple de reprise à la barre dans les années 80, des tuyoteurs chaudronniers à Montbazon, à côté de Tours. Le gérant, je le connais, je dis Frédéric Lebray, est-ce que vous pouvez venir témoigner à côté de moi ? Voilà, donc il y avait des similitudes et il avait son discours de dirigeant en disant, ça ne va pas être rose tous les jours. Vous êtes sociétaire, vous avez votre contrat de travail, enfin il y a plein de choses. Et donc ça, ça a été aussi à mettre dans un délai de trois mois, mettre en place, parce que pendant ce temps-là, on avait les audiences au tribunal. les échéances qui arrivaient au fur et à mesure, les banquiers à convaincre. Enfin, il y avait tous ces éléments à combiner pendant trois mois. En plus, cette boîte, elle tourne en 5-8, elle ne dort pas. Donc, c'était de convaincre un maximum de salariés en expliquant les grands principes de la SCOP, parce que ce n'est pas en une heure qu'on dit « allez, banco, je vous suis » . Il y en a qui étaient convaincus, il y en a qui étaient moins convaincus. Bon, ce n'est pas grave, il fallait quand même démontrer au tribunal un maximum de salariés, parce que si on arrivait avec une offre de reprise de SCOP où il n'y avait que 15 salariés sur 228, Le juge du tribunal de commerce ?

  • François Marciano

    Quand on a proposé ça, ils nous ont dit mais attendez, mais vous n'avez pas de capital. Donc vous êtes morts. Donc moi j'ai répondu tout simplement à Bercy parce que ceux qui nous détenaient avaient les moyens. Bien sûr qu'ils les avaient, vu que c'était... des milliardaires. Mais vous avez vu le résultat. Donc, quelle est la différence en ayant quelqu'un qui est milliardaire ou quelqu'un qui n'a pas un rond ? Je ne vois pas la différence.

  • Arnaud Montebourg

    C'est-à-dire qu'en fait, quand il y a de l'argent, la cupidité s'exerce.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et quand il n'y a pas d'argent, on n'y croit pas. Voilà. Dans les deux cas, on meurt. Quelle est la meilleure solution ? Ceux qui n'ont pas d'argent, qui bossent et qui remontent l'outil et... qui acceptent d'y croire. Parce qu'en fait, il faut y croire, c'est tout. Qu'on vous prête de l'argent. En fait, le fluide, c'est la confiance. Si on croit dans le redémarrage de Duralex sous forme de Scope par le travail de ses salariés, de ceux qui le font vivre, vous aurez gagné la confiance des banques.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    des pouvoirs publics, et à partir de là, c'est une boîte qui va retrouver la prospérité.

  • François Marciano

    On voit bien qu'on est en train de prendre le bon chemin. Il y a une remontada. C'est ça, il y a une remontada, oui.

  • Arnaud Montebourg

    Ils sont déjà 147 salariés devenus sociétaires de Duralex, c'est-à-dire actionnaires de leur boîte, en investissant 500 euros dans leur entreprise. Et les autres vont suivre. Sur les 40 premiers jours de leur nouveau site de vente en ligne, Les Duralex ont fait le même chiffre d'affaires que sur toute l'année précédente. Leur boutique d'Orléans ne désemplit pas après avoir fait 400 000 euros de chiffre d'affaires en 14 jours, en décembre dernier. Et en 2025, Duralex va ouvrir son premier magasin en plein Paris. Et on va vous inviter, petits et grands souverains, à participer à un grand concours national pour dessiner le prochain modèle de verre Duralex, celui qui représentera la France dans 117 pays et pour bien des décennies. À vos crayons ! Duralex nous appartient, défendons-les, ce sont des vrais sourds.

  • Nicolas Rouffet

    Merci.

Description

Je suis retourné à La Chapelle-Saint-Mesmin, près d'Orléans, pour retrouver les ouvriers de l'usine Duralex. Ils ont repris l'an passé cette marque emblématique du Made in France en coopérative. Ils sont en passe de réaliser un sauvetage incroyable, grâce aux soutiens de vrais souverains. Leur DG François Marciano nous raconte l'histoire secrète de cette aventure et son directeur industriel Nicolas Rouffet nous fait visiter l'usine pour nous raconter ce qui fait la qualité de nos verres et assiettes incassables et indémodables.


Co-réalisé par Renaud Duguet et Maxime Verner.

Générique : Guillaume Bérat.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Arnaud Montebourg

    Bonjour les vrais souverains, je suis Arnaud Montebourg, un homme politique défroqué, comme les curés qui ont quitté l'Église. Mais un entrepreneur passionné dans l'agriculture et l'industrie, les deux mamelles nourricières de la République comme aurait pu l'écrire Jules Méline. Laissez-moi vous présenter des gens extraordinaires dont on ne parle malheureusement jamais. Ce sont des entreprenants qui sont en train de refaire la France par le bas. Ce sont des syndicalistes, des entrepreneurs, des salariés. Ils prennent des risques, ils inventent des solutions, leurs initiatives résistent et elles réussissent. J'ai décidé de vous les faire connaître en leur rendant visite comme si vous y étiez. Écoutez-les, aidez-les, soutenez-les et construisons la France, pourquoi pas, avec eux. Duralex, c'est d'abord l'histoire d'un incroyable sauvetage collectif par la naissance d'une coopérative. Je suis retourné chez Duralex après une première visite, c'était en 2012, j'étais ministre du Redressement productif à l'époque. Après une valse des repreneurs, des plans sociaux, des chutes devant les tribunaux de commerce, j'ai retrouvé là le même bleu de travail, les mêmes ouvriers. Mais Duralex, c'est l'usine qui est désormais emblématique du combat mené dans notre pays par l'industrie française pour survivre. Car avant de parler de réindustrialisation, il faut parler de ces vrais souverains qui se battent sur le terrain face aux destructions d'entreprises et d'emplois dans l'industrie en France. 2 200 000 emplois industriels depuis les années 80, la moitié de notre appareil industriel partit en fumée. Pour quelle raison ? François Marciano, l'ancien salarié devenu le patron de la coopérative Duralex, nous raconte, dans son mythique showroom Duralex, ce qui a poussé cette entreprise Duralex, qui exporte 80 % de ses verres et de ses assiettes, à se retrouver de nouveau l'an passé en faillite devant le tribunal de commerce.

  • François Marciano

    Au tribunal, ils m'ont dit, mais enfin, M. Marciano, mais qu'est-ce qu'il va faire ? Vous n'avez pas de baguette magique. Et en fait, j'ai fait tout simplement ça au tribunal. J'ai dit, écoutez, vous allez prendre un verre à whisky. C'est un verre français. C'est le design de la cathédrale de Chartres.

  • Nicolas Rouffet

    L'orgue de la cathédrale de Chartres.

  • François Marciano

    Oui, c'est ça. Et je leur dis, écoutez, vous allez en acheter. Vous me les ramenez, je vous les rembourse. Donc, il a compris tout de suite. On ne va pas en trouver. J'ai dit, voilà, vous avez compris. Le problème, c'est que nous, on sait faire ça, mais on ne les vend pas. Donc, si on ne les vend pas, on ne fait pas de chiffre d'affaires. J'ai dit, CQQFD, quoi. C'est con, mais c'est la pure maladie de Duralex. Duralex a besoin d'un moteur commercial marketing. Premier problème.

  • Arnaud Montebourg

    Pourquoi ça n'a jamais été mis en place ?

  • François Marciano

    Parce que tous ceux qui ont racheté voyaient leur intérêt à eux.

  • Arnaud Montebourg

    Parle-moi. du plan que vous avez présenté au tribunal. Alors,

  • François Marciano

    le plan qu'on a présenté au tribunal...

  • Arnaud Montebourg

    Et comment se fait-il que le tribunal a enfin accepté une société coopérative des salariés qui est un exemple pour toute la France ? Et pour le capitalisme déclinant ? Oui, on va le dire comme ça. C'est-à-dire que c'est le contraire du capitalisme financier.

  • François Marciano

    J'ai donc analysé les six dépôts de bilan et je me disais, bon, cette boîte, il faut la restructurer. Il faut remettre un moteur à la fusée Duralex, commerce, marketing, ça c'est le gros du sujet. Deuxième sujet, il faut sortir des nouveautés. Depuis 1997 chez Duralex, il n'y a pas eu de nouveauté. Quand je dis il n'y a pas eu de nouveauté, ce n'est pas je vais sortir un verre, c'est je vais sortir une série de verres, une gamme, une gamme. Je vais attaquer pour attaquer tous les pays, parce que certains pays ont des contenances. Le français, c'est 25 centilitres. Si on prend Proche et Moyen-Orient, c'est 13 centilitres. Donc, on a besoin de cette gamme. Depuis 1997, pas de nouveauté. Donc, gros problème. Et la perte des collectivités, où Duralex avait toute sa place, mais comme ils avaient mis une loi où l'acheteur pouvait être pris pénalement s'il achetait plus cher. Donc, on était hors-jeu sur toute la ligne. Et il fallait remettre ça au centre de l'échiquier et... On s'est dit, ouais mais si on recommence à faire une LBO, si on cherche des investisseurs, on est reparti. Ça va repomper sur la boîte, cette boîte elle n'en peut plus, ça fait 30 ans que la marque tient la boîte. Et non pas la boîte, mais en valeur la marque. C'est important ce que je dis. On a bien compris. Donc, tu es là, tu dis, bon, il faut que les capitaux restent ici. C'est quoi la solution pour que les capitaux restent ici ? Moi, je n'ai pas de sous, je ne suis pas milliardaire, je ne peux pas le faire. Donc, le seul moyen, c'était une coopérative. D'où, là, à un moment donné, on s'est dit, moi j'ai vu les syndicats, je leur explique le projet, je dis voilà, si on fait ça, on est mort, les autres ils veulent licencier du monde, la boîte, on avait déjà la pousse sur les os avec 228 personnes. Parce que quand t'es dans la merde, la première chose que tu fais, c'est t'embauches pas. Et tu réduis ton personnel au minimum et tu fais tout au minimum pour tenir dans le temps. Mais donc 228, c'était zéro. Tu peux pas aller en dessous, tu vas en dessous, tu te casses la gueule. Les projets de reprise... T'en avais un, il licencie 58 personnes, et l'autre, c'est 90, un truc comme ça. Donc, il dit, bon, il faut faire une coopérative. D'où l'arrivée de Florence et la mise en place du SCOP. Ça, c'est la structure. Après, il faut trouver la finance.

  • Arnaud Montebourg

    Alors, dis-moi, François... Qu'est-ce qu'ils t'ont raconté à Bercy quand t'es allé les voir avec ton projet de société coopérative ? Comment ils t'ont reçu ? Avec des roses ou avec des ronces ?

  • François Marciano

    Je suis allé à Paris. Je suis allé à Paris, je vais voir Bercy. Je me dis mais d'où ils sortent ? Où est-ce qu'ils ont les sous ? Pourquoi moi je ne suis pas aidé plus que ça ? L'usine elle est morte. Pirex nous a dit qu'elle était foutue. Vous ne pouvez rien faire. Arrêtez avec votre idée de reprendre la boîte avec les salariés. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que l'actionnaire principal, donc Cartesia, qui détenait la Maison Française du Vert, Pirex et Duralex, avait demandé à un cabinet extérieur de faire un audit de Duralex, mais un audit global. Et moi, j'avais le rapport. Et ce rapport disait, la boîte est viable, je fais d'abord une traite de menteur à Bercy. Je rentre ici au soir à 20h, je prends le rapport, je le renvoie. Une heure après, il était 22h, 22h30, mon téléphone sonne. Mais qu'est-ce que c'est que ça ? D'où ça sort ? Je dis, c'est l'actionnaire principal qui avait demandé un audit. Mais je dis, je vais l'envoyer à TF1. Non, mais on peut se... Vous êtes où demain ? On peut se revoir, il faut qu'on discute.

  • Arnaud Montebourg

    D'habitude, c'est le nouveau capitaliste qui remet de l'argent.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Qui reprend les stocks à zéro pour refinancer. Parce qu'en fait, il prend le stock et le vend. Donc ça, ça lui fait le matelas de trésorerie.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et il remet de l'argent après. Et comme les dettes ont été effacées, ça peut repartir 4 ans.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et c'est ce qui s'est passé pendant 30 ans chez Duralex.

  • François Marciano

    C'est ça. C'est exactement ça. Donc,

  • Arnaud Montebourg

    le financier, il prend. et après ils plantent, etc. jusqu'au suivant.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et pendant ce temps-là, les salariés travaillent, s'inquiètent, et la boîte ne se développe pas.

  • François Marciano

    Des primes pour madalé. Ne se développe pas.

  • Arnaud Montebourg

    Donc le sujet c'est comment on fait pour financer une SCOP dans notre pays, sur une industrie, sur une boîte industrielle magnifique qui pèse quand même 30 millions de chibs.

  • François Marciano

    C'est ça. La réponse est simple, je vais donc voir les banquiers qui me font une fin de non recevoir en disant « Ben non, il y a eu six dépôts de bilan, on peut plus, on a déjà trop aidé, on a déjà trop perdu, etc. » Ça c'est vrai,

  • Arnaud Montebourg

    c'est possible.

  • François Marciano

    Mais c'est vrai, mais c'est vrai, mais c'est la vérité.

  • Arnaud Montebourg

    Ils ont planté à chaque fois les banques.

  • François Marciano

    C'est ça, c'est les banques qui dérouillent à chaque fois. Et ce qu'on oublie quand même c'est que les banques peuvent faire des affaires.

  • Arnaud Montebourg

    Ils ont des dépôts.

  • Nicolas Rouffet

    Donc...

  • François Marciano

    Je dis là, on est foutu, parce que nous, il nous fallait 15 millions pour reprendre. Pourquoi il faut 15 millions ? Parce que quand vous êtes dans une entreprise de la taille de Duralex, vous devez faire un chèque de 2,8 millions tous les mois pour assurer les charges et le fonctionnement et les salaires avant de faire le moindre bénéfice. C'est simplement pour être ce qu'on appelle au point zéro, donc être à l'équilibre. Cette boîte n'étant pas à l'équilibre, le temps de recruter des commerciaux, le temps de mettre du marketing, il faut environ 3 à 4 ans pour arriver au point d'équilibre.

  • Arnaud Montebourg

    C'est-à-dire 37 millions de chiffre d'affaires, point mort.

  • François Marciano

    Point mort, c'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Donc il faut augmenter le chiffre d'affaires de 7 millions pour équilibrer la boîte, pour qu'elle soit structurellement saine. Les stocks permettent de dégager de la trésorerie pendant combien de temps dans le BP Scotland ? 3 ans.

  • François Marciano

    On a besoin de financer 15 millions. Les 15 millions permettant... de rattraper le point mort, donc au bout de 3-4 ans, et d'investir dans l'usine. Nous, dans le plan de retournement qu'on a prévu avec la SCOP, on a prévu d'automatiser certaines lignes pour faire des gains de productivité et des bécanes pour aller chercher des nouveaux marchés. On sait faire en France et on est reconnu dans le monde entier. Quand on va, nous, en Asie, en Chine... Ils nous achètent nos produits à un prix, alors que pendant 30 ans, ils bradaient ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et quel savoir-faire ! Cette usine, elle trône depuis presque un siècle. Gigantesque, altière, magnifique, à la chapelle Saint-Mesmin, près d'Orléans. Et chez Duralex, toutes les matières premières sont françaises. Jusqu'au camion quotidien de sable venant directement de la carrière Samin de la forêt de Fontainebleau, jusqu'au carton de vos emballages. Alors c'est Nicolas Rouffet, le directeur industriel, qui nous fait faire le tour de ce magnifique outil industriel de Duralex.

  • Nicolas Rouffet

    Dans les années folles de Duralex, les années 70-80, où toutes les collectivités françaises achetaient Duralex, où Duralex exportait partout, ici, il y avait quatre fours, 1500 personnes. Aujourd'hui, un four, 230 personnes. Il y avait un four à côté de Saint-Etienne, rue Deugier, qui a été fermé dans les années 2000, et il y avait un four en Espagne. Qu'est-ce que c'est ça ? Ça, c'est du verre recyclé, ce qu'on appelle calcin. Voilà, c'est du verre recyclé. On met du verre recyclé dans notre four parce que la réaction de fusion du verre, en fait, c'est un mélange de sable, de chaud et de soude. Et quand on met tout ça dans le four, ce n'est pas de la fusion comme on met le chocolat dans le micro-ondes et qui fond. C'est une réaction chimique. La soude attaque le sable, donc la silice. La chaud, elle est là pour stabiliser, pour pas que ça parte... Que la réaction chimique, ça parte dans tous les sens. Et c'est une véritable réaction chimique. Nous, ce qu'on fait, c'est qu'en fait, on ajoute, et tous les verriers le font, on ajoute du verre recyclé qu'on appelle calcin, entre 30 à...

  • Arnaud Montebourg

    Qu'est-ce que c'est cette matière ?

  • Nicolas Rouffet

    C'est notre verre à nous. C'est nos déchets de verre.

  • Arnaud Montebourg

    Ah, c'est vos déchets.

  • Nicolas Rouffet

    Pourquoi c'est intéressant ? Parce que lui, par contre, dans le four, juste la température, comme il est déjà formé, il fond. Donc il n'y a pas cette réaction chimique. C'est la pâte. Voilà, il y a besoin de moins d'énergie pour le fondre. Donc, moins d'énergie, moins de gaz, moins de CO2. Et on va chercher moins de matières premières dans les sols de notre cher planète. Nous, on est limité aujourd'hui, on en met entre 30 et 40%. Aujourd'hui, on est à 40%, par exemple. On en met entre 30 et 40% parce qu'en fait, on n'utilise que notre calcin. On ne peut pas aller chercher du verre dans les points de collecte. Ce n'est pas le même. Il est d'une très bonne qualité pour faire des bouteilles de vin, de champagne, de rosé, de bière, tout ça. Mais nous, pour nous, non. Nous, on cherche, je vous l'expliquerai tout à l'heure, nous, on cherche à faire un verre extra blanc.

  • Arnaud Montebourg

    Avec grande résistance mécanique.

  • Nicolas Rouffet

    Voilà.

  • Arnaud Montebourg

    Chez Duralex, tout commence par l'atelier de moulerie. Ces moules dont chacun de nous connaît le moindre détail jusqu'au numéro au fond du verre, sans les avoir jamais vus.

  • Nicolas Rouffet

    L'alliage répracteur, c'est fabriqué par le groupe Aubert et Duval, à Boutique-Larbonne-Ferrand, français. Et ensuite, c'est usiné suivant nos plans, via un usinaire qui est en Normandie, dans la vallée de la Brel, dans la Glace Valley, qui expert dans les usinages de moules. Et du coup, après, les moules reviennent ici, sont contrôlés par Ahmed et son équipe, et après, sont préparés pour être mis en production. Et après les productions, ils sont nettoyés, ils sont sablés, ils sont polis. Et si il y a des petits... des faux, des choses comme ça. On peut souder pour recharger. On a des tours conventionnelles, on n'a pas de tour numérique, on n'a pas besoin. On a fraiseuse, perceuse. On a tout ce qu'il faut ici et la métrologie pour faire ça. Mais le gros, la fabrication du moule, ce n'est pas nous qui le faisons, mais c'est fait en France. Contrairement à d'autres verriers français qui achètent leur moule en Turquie, les pans du magasin nous ont permis de remettre un ascenseur en route qui l'attend depuis 10 ans. Il y a 10 ans qu'il attend sur l'ascenseur la remise en état.

  • Arnaud Montebourg

    C'est-à-dire que l'argent rentre dans la boîte et il ne ressort pas,

  • Nicolas Rouffet

    il reste là. C'est ce que nous ont dit les consommateurs, c'est que nous avec Ahmed, on va tous, les employés, on tourne tous dans la boutique. C'est ce qu'ils nous disent, ils disent on sait où va l'argent maintenant. Donc en fait, il y a l'élan de solidarité, non seulement le Duralex c'est la marque des Français, les Français sont attachés à la marque, tout ça, mais quand il y a eu des grands événements, quand ici on était en APLD parce que l'énergie, tout ça, il y a eu un petit regain sur le site, mais pas fou. Là, il y a un regain depuis le premier route qui est exceptionnel. Et les gens disent, parce qu'on sait où va l'argent. On sait que l'argent va rester chez Duralex, que vous, vous allez en profiter. On va aller dans la cabine du four, le contrôle et le pilotage du four. Un four, celui-ci est de 2017. Durée de vie d'un four, nous, on ne tire pas trop dessus. Malheureusement, on n'a pas eu assez de commandes. On estime à 2029-2030 le changement de cours. Là, on voit l'arrivée des matières premières sur le côté. Donc là, les blocs brûleurs, les flammes ici. Donc là, ici, on a vraiment la partie fusion, où on transforme cette poudre en pâte de verre. Et après, dans cette deuxième partie-là, c'est vraiment... Là, vous voyez, il y a un petit muret. Il y a des mouvements de convection qui se font pour bien homogénéiser, pour bien extraire les bulles. Et là, on a ce qu'on appelle un grand canal de distribution qui vient distribuer à tous les canaux de conditionnement. Au bout de chaque canot de conditionnement, il y a une machine de formage. L'objectif, c'est de conditionner le verre pour les machines de formage. Parce que suivant ce qu'on produit, la taille de la goutte de verre n'est pas la même. Et conditionner du verre, c'est l'emmener à la bonne viscosité. Et la viscosité dans le verre, c'est la température. Ici, on a cinq rangées de quatre agitateurs qui nous permettent de faire du verre de couleur. On introduit les colorants, les frites qui sont fournies par Ferro, qui sont à Saint-Dizier. C'est un mélange de verre et d'oxyde métallique. Par exemple, pour faire du bleu, c'est du cobalt, du chrome pour faire du verre, du sélénium pour faire du rose, du manganèse pour faire du prune, et du gris, c'est le nickel. On met ça là, on introduit ça là, on chauffe assez fort, on mélange, on change un petit peu les profondeurs. qui permet de bien faire circuler le verre pour qu'il arrive de façon homogène. Parce que nous, on fait un verre industriel, répétable, même couleur, mais il faut que ce soit la même teinte, la même nuance. Donc là, en fait, la goutte de verre, elle tombe, elle est formée. Après l'assiette, on disait, elle est prise sur le côté, elle est mise sur un convoyeur. Il y a une première étape, on va avoir des flammes, qui sont plus petites qu'avant, mais qui viennent rebrouler le verre, qui viennent arrondir et polir un petit peu les bouts. Et après, on rentre dans une boîte qui est un four. qui est fermé, une boîte en inox qui fait à peu près 2 mètres de long, dans lequel on remonte en température pour libérer le verre de toutes les contraintes, parce que quand même, il est passé de 1000 degrés à 450 degrés, c'est comme si vous sautiez du sauna à la neige. Sauf que c'est des produits complètement aléatoires, donc il ne manque qu'une seule chose, c'est d'exposer dans tous les sens. Donc on va le remettre dans un four, on le remonte en température, et après, en fait, on vient le souffler brutalement dessus, pour figer la peau du verre, et donc il va se mettre en tension. Et donc là, nous, ça par contre c'est contrôlé, ces contraintes-là sont contrôlées, elles sont uniformes sur tout le verre, et ce champ de contraintes qu'on met, ça fait un champ de force. Ce qui fait que c'est très très solide. C'est Saint-Gobain qui avait fait ça dans les années 30 dans leur voiture et qui ont dit tiens en 45 on va faire ça dans notre usine du Ralex sur les arts de la table.

  • Arnaud Montebourg

    Ce verre trempé, à l'air et pas à l'eau, c'est la même technologie depuis 80 ans. Et en bout de ligne, des contrôleurs qualité font tout à l'œil et à la main. Puis c'est la phase de test avec un choc thermique de 150 degrés. Puis l'empilabilité et bien sûr la chute. Ce sont les tests de résistance de nos verres. qui ont une très grande résistance mécanique. Bien sûr, ils ne sont pas incassables, mais c'est tout comme. Le capital de cette coopérative nouvelle qu'est Duralex n'est pas celui d'une multinationale. Ce sont les salariés qui ont mis leurs économies, les ont investis, modestement, mais sérieusement, dans le capital de leur boîte. Ils investissent dans le développement et font le pari d'un cercle vertueux. Plutôt que ces multinationales qui n'investissent pas réduisent les coûts, réduisent les capacités... de production rétrécissent au lavage l'outil industriel pour garder leur profitabilité et finalement la laisser mourir. Eh bien, le contraire marche.

  • François Marciano

    Quand on est passé en scope, le ministre italique appelle pour dire on vous félicite, on veut vous soutenir, comment on peut vous aider ? Espagne ? Qu'appelle ? Comment on peut vous aider ? Après, c'est les maires. Ils jouent sur le fait du CO2. Nous on est au centre de la France, donc le transport c'est juste à côté, donc même s'ils payent plus cher, il n'y a pas de CO2. Alors aujourd'hui c'est la boutique à Orléans et c'est www.duralex.com. Ça ça marche. Ah ça ça marche,

  • Arnaud Montebourg

    oui. Moi j'ai été livré en 48 heures.

  • François Marciano

    Les français sont contents de retrouver... De retrouver, je dis bien retrouver parce qu'il y en a plein qui disent « on ne le trouvait plus » . Je prenais l'exemple de cette dame qui faisait les brocantes pour essayer de trouver du Duralex, c'est complètement dingue. Et il y a une autre catégorie qui en plus dit « non, non, mais nous on veut vous soutenir » . Le nombre de chèques que je reçois de 80 à 100 euros, en disant « moi je vous commande un saladier et six verres, donc ils en ont pour 25 euros » , mais non. le reste de l'argent vous le mettez pour sauver l'entreprise.

  • Arnaud Montebourg

    C'est donc grâce à son projet industriel, impeccable, que la coopérative créée et portée par François Martiano a emporté l'adhésion du tribunal de commerce d'Orléans, devenant comme ça la plus grosse SCOP, Société Coopérative de Production Ouvrière, reprise à la barre depuis belle lurette. La déléguée au développement, l'union régionale des SCOP, du centre Val-de-Loire, Madame Florence Delacroix nous a expliqué comment elle a rejoint cette aventure Duralex.

  • Florence Delacroix

    Ça commence par un coup de téléphone avec la CFDT. Aussi, il ne faut pas oublier l'intersyndicale, parce que c'est une boîte industrielle, il y a les syndicats, et les syndicats se sont mobilisés dès le 24 avril, jour de la prononciation du redressement judiciaire. L'intersyndicale était là, ils n'ont pas cramé des palettes, ils se sont dit, la SCOP, on va racheter notre boîte. Et c'est ça aussi qui a permis après au pouvoir public d'investir. Et les trois syndicats, CFDT, FO, CGT, ont été d'accord pour continuer l'outil de travail. À 100% ? À 100%. Pas de grève. C'est très rare en France, parce que moi j'en ai suivi, j'ai suivi Goudieur et tout ça, il y a eu de la grève. Moulinex, il y a eu de la grève. Là, les gars se sont dit, on y va. Ils m'ont contactée au mois de mai, de mai à juillet. En 2024, il y avait des ponts. Et en redressement judiciaire, le tribunal ne fait pas de cadeaux. On avait la première audience. François faisait le taf en remontant la filière, en disant « on est viable, on est viable, il n'y a que des anomalies et tout » . Et les syndicats maintenaient une ulti de travail. Et moi, j'avais à expliquer ce que c'est qu'une scope aux salariés. Donc, commencer par un petit groupe, les syndicats, voilà. En région centre, il y a 86 coopératives. Et j'avais un exemple de reprise à la barre dans les années 80, des tuyoteurs chaudronniers à Montbazon, à côté de Tours. Le gérant, je le connais, je dis Frédéric Lebray, est-ce que vous pouvez venir témoigner à côté de moi ? Voilà, donc il y avait des similitudes et il avait son discours de dirigeant en disant, ça ne va pas être rose tous les jours. Vous êtes sociétaire, vous avez votre contrat de travail, enfin il y a plein de choses. Et donc ça, ça a été aussi à mettre dans un délai de trois mois, mettre en place, parce que pendant ce temps-là, on avait les audiences au tribunal. les échéances qui arrivaient au fur et à mesure, les banquiers à convaincre. Enfin, il y avait tous ces éléments à combiner pendant trois mois. En plus, cette boîte, elle tourne en 5-8, elle ne dort pas. Donc, c'était de convaincre un maximum de salariés en expliquant les grands principes de la SCOP, parce que ce n'est pas en une heure qu'on dit « allez, banco, je vous suis » . Il y en a qui étaient convaincus, il y en a qui étaient moins convaincus. Bon, ce n'est pas grave, il fallait quand même démontrer au tribunal un maximum de salariés, parce que si on arrivait avec une offre de reprise de SCOP où il n'y avait que 15 salariés sur 228, Le juge du tribunal de commerce ?

  • François Marciano

    Quand on a proposé ça, ils nous ont dit mais attendez, mais vous n'avez pas de capital. Donc vous êtes morts. Donc moi j'ai répondu tout simplement à Bercy parce que ceux qui nous détenaient avaient les moyens. Bien sûr qu'ils les avaient, vu que c'était... des milliardaires. Mais vous avez vu le résultat. Donc, quelle est la différence en ayant quelqu'un qui est milliardaire ou quelqu'un qui n'a pas un rond ? Je ne vois pas la différence.

  • Arnaud Montebourg

    C'est-à-dire qu'en fait, quand il y a de l'argent, la cupidité s'exerce.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et quand il n'y a pas d'argent, on n'y croit pas. Voilà. Dans les deux cas, on meurt. Quelle est la meilleure solution ? Ceux qui n'ont pas d'argent, qui bossent et qui remontent l'outil et... qui acceptent d'y croire. Parce qu'en fait, il faut y croire, c'est tout. Qu'on vous prête de l'argent. En fait, le fluide, c'est la confiance. Si on croit dans le redémarrage de Duralex sous forme de Scope par le travail de ses salariés, de ceux qui le font vivre, vous aurez gagné la confiance des banques.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    des pouvoirs publics, et à partir de là, c'est une boîte qui va retrouver la prospérité.

  • François Marciano

    On voit bien qu'on est en train de prendre le bon chemin. Il y a une remontada. C'est ça, il y a une remontada, oui.

  • Arnaud Montebourg

    Ils sont déjà 147 salariés devenus sociétaires de Duralex, c'est-à-dire actionnaires de leur boîte, en investissant 500 euros dans leur entreprise. Et les autres vont suivre. Sur les 40 premiers jours de leur nouveau site de vente en ligne, Les Duralex ont fait le même chiffre d'affaires que sur toute l'année précédente. Leur boutique d'Orléans ne désemplit pas après avoir fait 400 000 euros de chiffre d'affaires en 14 jours, en décembre dernier. Et en 2025, Duralex va ouvrir son premier magasin en plein Paris. Et on va vous inviter, petits et grands souverains, à participer à un grand concours national pour dessiner le prochain modèle de verre Duralex, celui qui représentera la France dans 117 pays et pour bien des décennies. À vos crayons ! Duralex nous appartient, défendons-les, ce sont des vrais sourds.

  • Nicolas Rouffet

    Merci.

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Description

Je suis retourné à La Chapelle-Saint-Mesmin, près d'Orléans, pour retrouver les ouvriers de l'usine Duralex. Ils ont repris l'an passé cette marque emblématique du Made in France en coopérative. Ils sont en passe de réaliser un sauvetage incroyable, grâce aux soutiens de vrais souverains. Leur DG François Marciano nous raconte l'histoire secrète de cette aventure et son directeur industriel Nicolas Rouffet nous fait visiter l'usine pour nous raconter ce qui fait la qualité de nos verres et assiettes incassables et indémodables.


Co-réalisé par Renaud Duguet et Maxime Verner.

Générique : Guillaume Bérat.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Arnaud Montebourg

    Bonjour les vrais souverains, je suis Arnaud Montebourg, un homme politique défroqué, comme les curés qui ont quitté l'Église. Mais un entrepreneur passionné dans l'agriculture et l'industrie, les deux mamelles nourricières de la République comme aurait pu l'écrire Jules Méline. Laissez-moi vous présenter des gens extraordinaires dont on ne parle malheureusement jamais. Ce sont des entreprenants qui sont en train de refaire la France par le bas. Ce sont des syndicalistes, des entrepreneurs, des salariés. Ils prennent des risques, ils inventent des solutions, leurs initiatives résistent et elles réussissent. J'ai décidé de vous les faire connaître en leur rendant visite comme si vous y étiez. Écoutez-les, aidez-les, soutenez-les et construisons la France, pourquoi pas, avec eux. Duralex, c'est d'abord l'histoire d'un incroyable sauvetage collectif par la naissance d'une coopérative. Je suis retourné chez Duralex après une première visite, c'était en 2012, j'étais ministre du Redressement productif à l'époque. Après une valse des repreneurs, des plans sociaux, des chutes devant les tribunaux de commerce, j'ai retrouvé là le même bleu de travail, les mêmes ouvriers. Mais Duralex, c'est l'usine qui est désormais emblématique du combat mené dans notre pays par l'industrie française pour survivre. Car avant de parler de réindustrialisation, il faut parler de ces vrais souverains qui se battent sur le terrain face aux destructions d'entreprises et d'emplois dans l'industrie en France. 2 200 000 emplois industriels depuis les années 80, la moitié de notre appareil industriel partit en fumée. Pour quelle raison ? François Marciano, l'ancien salarié devenu le patron de la coopérative Duralex, nous raconte, dans son mythique showroom Duralex, ce qui a poussé cette entreprise Duralex, qui exporte 80 % de ses verres et de ses assiettes, à se retrouver de nouveau l'an passé en faillite devant le tribunal de commerce.

  • François Marciano

    Au tribunal, ils m'ont dit, mais enfin, M. Marciano, mais qu'est-ce qu'il va faire ? Vous n'avez pas de baguette magique. Et en fait, j'ai fait tout simplement ça au tribunal. J'ai dit, écoutez, vous allez prendre un verre à whisky. C'est un verre français. C'est le design de la cathédrale de Chartres.

  • Nicolas Rouffet

    L'orgue de la cathédrale de Chartres.

  • François Marciano

    Oui, c'est ça. Et je leur dis, écoutez, vous allez en acheter. Vous me les ramenez, je vous les rembourse. Donc, il a compris tout de suite. On ne va pas en trouver. J'ai dit, voilà, vous avez compris. Le problème, c'est que nous, on sait faire ça, mais on ne les vend pas. Donc, si on ne les vend pas, on ne fait pas de chiffre d'affaires. J'ai dit, CQQFD, quoi. C'est con, mais c'est la pure maladie de Duralex. Duralex a besoin d'un moteur commercial marketing. Premier problème.

  • Arnaud Montebourg

    Pourquoi ça n'a jamais été mis en place ?

  • François Marciano

    Parce que tous ceux qui ont racheté voyaient leur intérêt à eux.

  • Arnaud Montebourg

    Parle-moi. du plan que vous avez présenté au tribunal. Alors,

  • François Marciano

    le plan qu'on a présenté au tribunal...

  • Arnaud Montebourg

    Et comment se fait-il que le tribunal a enfin accepté une société coopérative des salariés qui est un exemple pour toute la France ? Et pour le capitalisme déclinant ? Oui, on va le dire comme ça. C'est-à-dire que c'est le contraire du capitalisme financier.

  • François Marciano

    J'ai donc analysé les six dépôts de bilan et je me disais, bon, cette boîte, il faut la restructurer. Il faut remettre un moteur à la fusée Duralex, commerce, marketing, ça c'est le gros du sujet. Deuxième sujet, il faut sortir des nouveautés. Depuis 1997 chez Duralex, il n'y a pas eu de nouveauté. Quand je dis il n'y a pas eu de nouveauté, ce n'est pas je vais sortir un verre, c'est je vais sortir une série de verres, une gamme, une gamme. Je vais attaquer pour attaquer tous les pays, parce que certains pays ont des contenances. Le français, c'est 25 centilitres. Si on prend Proche et Moyen-Orient, c'est 13 centilitres. Donc, on a besoin de cette gamme. Depuis 1997, pas de nouveauté. Donc, gros problème. Et la perte des collectivités, où Duralex avait toute sa place, mais comme ils avaient mis une loi où l'acheteur pouvait être pris pénalement s'il achetait plus cher. Donc, on était hors-jeu sur toute la ligne. Et il fallait remettre ça au centre de l'échiquier et... On s'est dit, ouais mais si on recommence à faire une LBO, si on cherche des investisseurs, on est reparti. Ça va repomper sur la boîte, cette boîte elle n'en peut plus, ça fait 30 ans que la marque tient la boîte. Et non pas la boîte, mais en valeur la marque. C'est important ce que je dis. On a bien compris. Donc, tu es là, tu dis, bon, il faut que les capitaux restent ici. C'est quoi la solution pour que les capitaux restent ici ? Moi, je n'ai pas de sous, je ne suis pas milliardaire, je ne peux pas le faire. Donc, le seul moyen, c'était une coopérative. D'où, là, à un moment donné, on s'est dit, moi j'ai vu les syndicats, je leur explique le projet, je dis voilà, si on fait ça, on est mort, les autres ils veulent licencier du monde, la boîte, on avait déjà la pousse sur les os avec 228 personnes. Parce que quand t'es dans la merde, la première chose que tu fais, c'est t'embauches pas. Et tu réduis ton personnel au minimum et tu fais tout au minimum pour tenir dans le temps. Mais donc 228, c'était zéro. Tu peux pas aller en dessous, tu vas en dessous, tu te casses la gueule. Les projets de reprise... T'en avais un, il licencie 58 personnes, et l'autre, c'est 90, un truc comme ça. Donc, il dit, bon, il faut faire une coopérative. D'où l'arrivée de Florence et la mise en place du SCOP. Ça, c'est la structure. Après, il faut trouver la finance.

  • Arnaud Montebourg

    Alors, dis-moi, François... Qu'est-ce qu'ils t'ont raconté à Bercy quand t'es allé les voir avec ton projet de société coopérative ? Comment ils t'ont reçu ? Avec des roses ou avec des ronces ?

  • François Marciano

    Je suis allé à Paris. Je suis allé à Paris, je vais voir Bercy. Je me dis mais d'où ils sortent ? Où est-ce qu'ils ont les sous ? Pourquoi moi je ne suis pas aidé plus que ça ? L'usine elle est morte. Pirex nous a dit qu'elle était foutue. Vous ne pouvez rien faire. Arrêtez avec votre idée de reprendre la boîte avec les salariés. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que l'actionnaire principal, donc Cartesia, qui détenait la Maison Française du Vert, Pirex et Duralex, avait demandé à un cabinet extérieur de faire un audit de Duralex, mais un audit global. Et moi, j'avais le rapport. Et ce rapport disait, la boîte est viable, je fais d'abord une traite de menteur à Bercy. Je rentre ici au soir à 20h, je prends le rapport, je le renvoie. Une heure après, il était 22h, 22h30, mon téléphone sonne. Mais qu'est-ce que c'est que ça ? D'où ça sort ? Je dis, c'est l'actionnaire principal qui avait demandé un audit. Mais je dis, je vais l'envoyer à TF1. Non, mais on peut se... Vous êtes où demain ? On peut se revoir, il faut qu'on discute.

  • Arnaud Montebourg

    D'habitude, c'est le nouveau capitaliste qui remet de l'argent.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Qui reprend les stocks à zéro pour refinancer. Parce qu'en fait, il prend le stock et le vend. Donc ça, ça lui fait le matelas de trésorerie.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et il remet de l'argent après. Et comme les dettes ont été effacées, ça peut repartir 4 ans.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et c'est ce qui s'est passé pendant 30 ans chez Duralex.

  • François Marciano

    C'est ça. C'est exactement ça. Donc,

  • Arnaud Montebourg

    le financier, il prend. et après ils plantent, etc. jusqu'au suivant.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et pendant ce temps-là, les salariés travaillent, s'inquiètent, et la boîte ne se développe pas.

  • François Marciano

    Des primes pour madalé. Ne se développe pas.

  • Arnaud Montebourg

    Donc le sujet c'est comment on fait pour financer une SCOP dans notre pays, sur une industrie, sur une boîte industrielle magnifique qui pèse quand même 30 millions de chibs.

  • François Marciano

    C'est ça. La réponse est simple, je vais donc voir les banquiers qui me font une fin de non recevoir en disant « Ben non, il y a eu six dépôts de bilan, on peut plus, on a déjà trop aidé, on a déjà trop perdu, etc. » Ça c'est vrai,

  • Arnaud Montebourg

    c'est possible.

  • François Marciano

    Mais c'est vrai, mais c'est vrai, mais c'est la vérité.

  • Arnaud Montebourg

    Ils ont planté à chaque fois les banques.

  • François Marciano

    C'est ça, c'est les banques qui dérouillent à chaque fois. Et ce qu'on oublie quand même c'est que les banques peuvent faire des affaires.

  • Arnaud Montebourg

    Ils ont des dépôts.

  • Nicolas Rouffet

    Donc...

  • François Marciano

    Je dis là, on est foutu, parce que nous, il nous fallait 15 millions pour reprendre. Pourquoi il faut 15 millions ? Parce que quand vous êtes dans une entreprise de la taille de Duralex, vous devez faire un chèque de 2,8 millions tous les mois pour assurer les charges et le fonctionnement et les salaires avant de faire le moindre bénéfice. C'est simplement pour être ce qu'on appelle au point zéro, donc être à l'équilibre. Cette boîte n'étant pas à l'équilibre, le temps de recruter des commerciaux, le temps de mettre du marketing, il faut environ 3 à 4 ans pour arriver au point d'équilibre.

  • Arnaud Montebourg

    C'est-à-dire 37 millions de chiffre d'affaires, point mort.

  • François Marciano

    Point mort, c'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Donc il faut augmenter le chiffre d'affaires de 7 millions pour équilibrer la boîte, pour qu'elle soit structurellement saine. Les stocks permettent de dégager de la trésorerie pendant combien de temps dans le BP Scotland ? 3 ans.

  • François Marciano

    On a besoin de financer 15 millions. Les 15 millions permettant... de rattraper le point mort, donc au bout de 3-4 ans, et d'investir dans l'usine. Nous, dans le plan de retournement qu'on a prévu avec la SCOP, on a prévu d'automatiser certaines lignes pour faire des gains de productivité et des bécanes pour aller chercher des nouveaux marchés. On sait faire en France et on est reconnu dans le monde entier. Quand on va, nous, en Asie, en Chine... Ils nous achètent nos produits à un prix, alors que pendant 30 ans, ils bradaient ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et quel savoir-faire ! Cette usine, elle trône depuis presque un siècle. Gigantesque, altière, magnifique, à la chapelle Saint-Mesmin, près d'Orléans. Et chez Duralex, toutes les matières premières sont françaises. Jusqu'au camion quotidien de sable venant directement de la carrière Samin de la forêt de Fontainebleau, jusqu'au carton de vos emballages. Alors c'est Nicolas Rouffet, le directeur industriel, qui nous fait faire le tour de ce magnifique outil industriel de Duralex.

  • Nicolas Rouffet

    Dans les années folles de Duralex, les années 70-80, où toutes les collectivités françaises achetaient Duralex, où Duralex exportait partout, ici, il y avait quatre fours, 1500 personnes. Aujourd'hui, un four, 230 personnes. Il y avait un four à côté de Saint-Etienne, rue Deugier, qui a été fermé dans les années 2000, et il y avait un four en Espagne. Qu'est-ce que c'est ça ? Ça, c'est du verre recyclé, ce qu'on appelle calcin. Voilà, c'est du verre recyclé. On met du verre recyclé dans notre four parce que la réaction de fusion du verre, en fait, c'est un mélange de sable, de chaud et de soude. Et quand on met tout ça dans le four, ce n'est pas de la fusion comme on met le chocolat dans le micro-ondes et qui fond. C'est une réaction chimique. La soude attaque le sable, donc la silice. La chaud, elle est là pour stabiliser, pour pas que ça parte... Que la réaction chimique, ça parte dans tous les sens. Et c'est une véritable réaction chimique. Nous, ce qu'on fait, c'est qu'en fait, on ajoute, et tous les verriers le font, on ajoute du verre recyclé qu'on appelle calcin, entre 30 à...

  • Arnaud Montebourg

    Qu'est-ce que c'est cette matière ?

  • Nicolas Rouffet

    C'est notre verre à nous. C'est nos déchets de verre.

  • Arnaud Montebourg

    Ah, c'est vos déchets.

  • Nicolas Rouffet

    Pourquoi c'est intéressant ? Parce que lui, par contre, dans le four, juste la température, comme il est déjà formé, il fond. Donc il n'y a pas cette réaction chimique. C'est la pâte. Voilà, il y a besoin de moins d'énergie pour le fondre. Donc, moins d'énergie, moins de gaz, moins de CO2. Et on va chercher moins de matières premières dans les sols de notre cher planète. Nous, on est limité aujourd'hui, on en met entre 30 et 40%. Aujourd'hui, on est à 40%, par exemple. On en met entre 30 et 40% parce qu'en fait, on n'utilise que notre calcin. On ne peut pas aller chercher du verre dans les points de collecte. Ce n'est pas le même. Il est d'une très bonne qualité pour faire des bouteilles de vin, de champagne, de rosé, de bière, tout ça. Mais nous, pour nous, non. Nous, on cherche, je vous l'expliquerai tout à l'heure, nous, on cherche à faire un verre extra blanc.

  • Arnaud Montebourg

    Avec grande résistance mécanique.

  • Nicolas Rouffet

    Voilà.

  • Arnaud Montebourg

    Chez Duralex, tout commence par l'atelier de moulerie. Ces moules dont chacun de nous connaît le moindre détail jusqu'au numéro au fond du verre, sans les avoir jamais vus.

  • Nicolas Rouffet

    L'alliage répracteur, c'est fabriqué par le groupe Aubert et Duval, à Boutique-Larbonne-Ferrand, français. Et ensuite, c'est usiné suivant nos plans, via un usinaire qui est en Normandie, dans la vallée de la Brel, dans la Glace Valley, qui expert dans les usinages de moules. Et du coup, après, les moules reviennent ici, sont contrôlés par Ahmed et son équipe, et après, sont préparés pour être mis en production. Et après les productions, ils sont nettoyés, ils sont sablés, ils sont polis. Et si il y a des petits... des faux, des choses comme ça. On peut souder pour recharger. On a des tours conventionnelles, on n'a pas de tour numérique, on n'a pas besoin. On a fraiseuse, perceuse. On a tout ce qu'il faut ici et la métrologie pour faire ça. Mais le gros, la fabrication du moule, ce n'est pas nous qui le faisons, mais c'est fait en France. Contrairement à d'autres verriers français qui achètent leur moule en Turquie, les pans du magasin nous ont permis de remettre un ascenseur en route qui l'attend depuis 10 ans. Il y a 10 ans qu'il attend sur l'ascenseur la remise en état.

  • Arnaud Montebourg

    C'est-à-dire que l'argent rentre dans la boîte et il ne ressort pas,

  • Nicolas Rouffet

    il reste là. C'est ce que nous ont dit les consommateurs, c'est que nous avec Ahmed, on va tous, les employés, on tourne tous dans la boutique. C'est ce qu'ils nous disent, ils disent on sait où va l'argent maintenant. Donc en fait, il y a l'élan de solidarité, non seulement le Duralex c'est la marque des Français, les Français sont attachés à la marque, tout ça, mais quand il y a eu des grands événements, quand ici on était en APLD parce que l'énergie, tout ça, il y a eu un petit regain sur le site, mais pas fou. Là, il y a un regain depuis le premier route qui est exceptionnel. Et les gens disent, parce qu'on sait où va l'argent. On sait que l'argent va rester chez Duralex, que vous, vous allez en profiter. On va aller dans la cabine du four, le contrôle et le pilotage du four. Un four, celui-ci est de 2017. Durée de vie d'un four, nous, on ne tire pas trop dessus. Malheureusement, on n'a pas eu assez de commandes. On estime à 2029-2030 le changement de cours. Là, on voit l'arrivée des matières premières sur le côté. Donc là, les blocs brûleurs, les flammes ici. Donc là, ici, on a vraiment la partie fusion, où on transforme cette poudre en pâte de verre. Et après, dans cette deuxième partie-là, c'est vraiment... Là, vous voyez, il y a un petit muret. Il y a des mouvements de convection qui se font pour bien homogénéiser, pour bien extraire les bulles. Et là, on a ce qu'on appelle un grand canal de distribution qui vient distribuer à tous les canaux de conditionnement. Au bout de chaque canot de conditionnement, il y a une machine de formage. L'objectif, c'est de conditionner le verre pour les machines de formage. Parce que suivant ce qu'on produit, la taille de la goutte de verre n'est pas la même. Et conditionner du verre, c'est l'emmener à la bonne viscosité. Et la viscosité dans le verre, c'est la température. Ici, on a cinq rangées de quatre agitateurs qui nous permettent de faire du verre de couleur. On introduit les colorants, les frites qui sont fournies par Ferro, qui sont à Saint-Dizier. C'est un mélange de verre et d'oxyde métallique. Par exemple, pour faire du bleu, c'est du cobalt, du chrome pour faire du verre, du sélénium pour faire du rose, du manganèse pour faire du prune, et du gris, c'est le nickel. On met ça là, on introduit ça là, on chauffe assez fort, on mélange, on change un petit peu les profondeurs. qui permet de bien faire circuler le verre pour qu'il arrive de façon homogène. Parce que nous, on fait un verre industriel, répétable, même couleur, mais il faut que ce soit la même teinte, la même nuance. Donc là, en fait, la goutte de verre, elle tombe, elle est formée. Après l'assiette, on disait, elle est prise sur le côté, elle est mise sur un convoyeur. Il y a une première étape, on va avoir des flammes, qui sont plus petites qu'avant, mais qui viennent rebrouler le verre, qui viennent arrondir et polir un petit peu les bouts. Et après, on rentre dans une boîte qui est un four. qui est fermé, une boîte en inox qui fait à peu près 2 mètres de long, dans lequel on remonte en température pour libérer le verre de toutes les contraintes, parce que quand même, il est passé de 1000 degrés à 450 degrés, c'est comme si vous sautiez du sauna à la neige. Sauf que c'est des produits complètement aléatoires, donc il ne manque qu'une seule chose, c'est d'exposer dans tous les sens. Donc on va le remettre dans un four, on le remonte en température, et après, en fait, on vient le souffler brutalement dessus, pour figer la peau du verre, et donc il va se mettre en tension. Et donc là, nous, ça par contre c'est contrôlé, ces contraintes-là sont contrôlées, elles sont uniformes sur tout le verre, et ce champ de contraintes qu'on met, ça fait un champ de force. Ce qui fait que c'est très très solide. C'est Saint-Gobain qui avait fait ça dans les années 30 dans leur voiture et qui ont dit tiens en 45 on va faire ça dans notre usine du Ralex sur les arts de la table.

  • Arnaud Montebourg

    Ce verre trempé, à l'air et pas à l'eau, c'est la même technologie depuis 80 ans. Et en bout de ligne, des contrôleurs qualité font tout à l'œil et à la main. Puis c'est la phase de test avec un choc thermique de 150 degrés. Puis l'empilabilité et bien sûr la chute. Ce sont les tests de résistance de nos verres. qui ont une très grande résistance mécanique. Bien sûr, ils ne sont pas incassables, mais c'est tout comme. Le capital de cette coopérative nouvelle qu'est Duralex n'est pas celui d'une multinationale. Ce sont les salariés qui ont mis leurs économies, les ont investis, modestement, mais sérieusement, dans le capital de leur boîte. Ils investissent dans le développement et font le pari d'un cercle vertueux. Plutôt que ces multinationales qui n'investissent pas réduisent les coûts, réduisent les capacités... de production rétrécissent au lavage l'outil industriel pour garder leur profitabilité et finalement la laisser mourir. Eh bien, le contraire marche.

  • François Marciano

    Quand on est passé en scope, le ministre italique appelle pour dire on vous félicite, on veut vous soutenir, comment on peut vous aider ? Espagne ? Qu'appelle ? Comment on peut vous aider ? Après, c'est les maires. Ils jouent sur le fait du CO2. Nous on est au centre de la France, donc le transport c'est juste à côté, donc même s'ils payent plus cher, il n'y a pas de CO2. Alors aujourd'hui c'est la boutique à Orléans et c'est www.duralex.com. Ça ça marche. Ah ça ça marche,

  • Arnaud Montebourg

    oui. Moi j'ai été livré en 48 heures.

  • François Marciano

    Les français sont contents de retrouver... De retrouver, je dis bien retrouver parce qu'il y en a plein qui disent « on ne le trouvait plus » . Je prenais l'exemple de cette dame qui faisait les brocantes pour essayer de trouver du Duralex, c'est complètement dingue. Et il y a une autre catégorie qui en plus dit « non, non, mais nous on veut vous soutenir » . Le nombre de chèques que je reçois de 80 à 100 euros, en disant « moi je vous commande un saladier et six verres, donc ils en ont pour 25 euros » , mais non. le reste de l'argent vous le mettez pour sauver l'entreprise.

  • Arnaud Montebourg

    C'est donc grâce à son projet industriel, impeccable, que la coopérative créée et portée par François Martiano a emporté l'adhésion du tribunal de commerce d'Orléans, devenant comme ça la plus grosse SCOP, Société Coopérative de Production Ouvrière, reprise à la barre depuis belle lurette. La déléguée au développement, l'union régionale des SCOP, du centre Val-de-Loire, Madame Florence Delacroix nous a expliqué comment elle a rejoint cette aventure Duralex.

  • Florence Delacroix

    Ça commence par un coup de téléphone avec la CFDT. Aussi, il ne faut pas oublier l'intersyndicale, parce que c'est une boîte industrielle, il y a les syndicats, et les syndicats se sont mobilisés dès le 24 avril, jour de la prononciation du redressement judiciaire. L'intersyndicale était là, ils n'ont pas cramé des palettes, ils se sont dit, la SCOP, on va racheter notre boîte. Et c'est ça aussi qui a permis après au pouvoir public d'investir. Et les trois syndicats, CFDT, FO, CGT, ont été d'accord pour continuer l'outil de travail. À 100% ? À 100%. Pas de grève. C'est très rare en France, parce que moi j'en ai suivi, j'ai suivi Goudieur et tout ça, il y a eu de la grève. Moulinex, il y a eu de la grève. Là, les gars se sont dit, on y va. Ils m'ont contactée au mois de mai, de mai à juillet. En 2024, il y avait des ponts. Et en redressement judiciaire, le tribunal ne fait pas de cadeaux. On avait la première audience. François faisait le taf en remontant la filière, en disant « on est viable, on est viable, il n'y a que des anomalies et tout » . Et les syndicats maintenaient une ulti de travail. Et moi, j'avais à expliquer ce que c'est qu'une scope aux salariés. Donc, commencer par un petit groupe, les syndicats, voilà. En région centre, il y a 86 coopératives. Et j'avais un exemple de reprise à la barre dans les années 80, des tuyoteurs chaudronniers à Montbazon, à côté de Tours. Le gérant, je le connais, je dis Frédéric Lebray, est-ce que vous pouvez venir témoigner à côté de moi ? Voilà, donc il y avait des similitudes et il avait son discours de dirigeant en disant, ça ne va pas être rose tous les jours. Vous êtes sociétaire, vous avez votre contrat de travail, enfin il y a plein de choses. Et donc ça, ça a été aussi à mettre dans un délai de trois mois, mettre en place, parce que pendant ce temps-là, on avait les audiences au tribunal. les échéances qui arrivaient au fur et à mesure, les banquiers à convaincre. Enfin, il y avait tous ces éléments à combiner pendant trois mois. En plus, cette boîte, elle tourne en 5-8, elle ne dort pas. Donc, c'était de convaincre un maximum de salariés en expliquant les grands principes de la SCOP, parce que ce n'est pas en une heure qu'on dit « allez, banco, je vous suis » . Il y en a qui étaient convaincus, il y en a qui étaient moins convaincus. Bon, ce n'est pas grave, il fallait quand même démontrer au tribunal un maximum de salariés, parce que si on arrivait avec une offre de reprise de SCOP où il n'y avait que 15 salariés sur 228, Le juge du tribunal de commerce ?

  • François Marciano

    Quand on a proposé ça, ils nous ont dit mais attendez, mais vous n'avez pas de capital. Donc vous êtes morts. Donc moi j'ai répondu tout simplement à Bercy parce que ceux qui nous détenaient avaient les moyens. Bien sûr qu'ils les avaient, vu que c'était... des milliardaires. Mais vous avez vu le résultat. Donc, quelle est la différence en ayant quelqu'un qui est milliardaire ou quelqu'un qui n'a pas un rond ? Je ne vois pas la différence.

  • Arnaud Montebourg

    C'est-à-dire qu'en fait, quand il y a de l'argent, la cupidité s'exerce.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et quand il n'y a pas d'argent, on n'y croit pas. Voilà. Dans les deux cas, on meurt. Quelle est la meilleure solution ? Ceux qui n'ont pas d'argent, qui bossent et qui remontent l'outil et... qui acceptent d'y croire. Parce qu'en fait, il faut y croire, c'est tout. Qu'on vous prête de l'argent. En fait, le fluide, c'est la confiance. Si on croit dans le redémarrage de Duralex sous forme de Scope par le travail de ses salariés, de ceux qui le font vivre, vous aurez gagné la confiance des banques.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    des pouvoirs publics, et à partir de là, c'est une boîte qui va retrouver la prospérité.

  • François Marciano

    On voit bien qu'on est en train de prendre le bon chemin. Il y a une remontada. C'est ça, il y a une remontada, oui.

  • Arnaud Montebourg

    Ils sont déjà 147 salariés devenus sociétaires de Duralex, c'est-à-dire actionnaires de leur boîte, en investissant 500 euros dans leur entreprise. Et les autres vont suivre. Sur les 40 premiers jours de leur nouveau site de vente en ligne, Les Duralex ont fait le même chiffre d'affaires que sur toute l'année précédente. Leur boutique d'Orléans ne désemplit pas après avoir fait 400 000 euros de chiffre d'affaires en 14 jours, en décembre dernier. Et en 2025, Duralex va ouvrir son premier magasin en plein Paris. Et on va vous inviter, petits et grands souverains, à participer à un grand concours national pour dessiner le prochain modèle de verre Duralex, celui qui représentera la France dans 117 pays et pour bien des décennies. À vos crayons ! Duralex nous appartient, défendons-les, ce sont des vrais sourds.

  • Nicolas Rouffet

    Merci.

Description

Je suis retourné à La Chapelle-Saint-Mesmin, près d'Orléans, pour retrouver les ouvriers de l'usine Duralex. Ils ont repris l'an passé cette marque emblématique du Made in France en coopérative. Ils sont en passe de réaliser un sauvetage incroyable, grâce aux soutiens de vrais souverains. Leur DG François Marciano nous raconte l'histoire secrète de cette aventure et son directeur industriel Nicolas Rouffet nous fait visiter l'usine pour nous raconter ce qui fait la qualité de nos verres et assiettes incassables et indémodables.


Co-réalisé par Renaud Duguet et Maxime Verner.

Générique : Guillaume Bérat.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Arnaud Montebourg

    Bonjour les vrais souverains, je suis Arnaud Montebourg, un homme politique défroqué, comme les curés qui ont quitté l'Église. Mais un entrepreneur passionné dans l'agriculture et l'industrie, les deux mamelles nourricières de la République comme aurait pu l'écrire Jules Méline. Laissez-moi vous présenter des gens extraordinaires dont on ne parle malheureusement jamais. Ce sont des entreprenants qui sont en train de refaire la France par le bas. Ce sont des syndicalistes, des entrepreneurs, des salariés. Ils prennent des risques, ils inventent des solutions, leurs initiatives résistent et elles réussissent. J'ai décidé de vous les faire connaître en leur rendant visite comme si vous y étiez. Écoutez-les, aidez-les, soutenez-les et construisons la France, pourquoi pas, avec eux. Duralex, c'est d'abord l'histoire d'un incroyable sauvetage collectif par la naissance d'une coopérative. Je suis retourné chez Duralex après une première visite, c'était en 2012, j'étais ministre du Redressement productif à l'époque. Après une valse des repreneurs, des plans sociaux, des chutes devant les tribunaux de commerce, j'ai retrouvé là le même bleu de travail, les mêmes ouvriers. Mais Duralex, c'est l'usine qui est désormais emblématique du combat mené dans notre pays par l'industrie française pour survivre. Car avant de parler de réindustrialisation, il faut parler de ces vrais souverains qui se battent sur le terrain face aux destructions d'entreprises et d'emplois dans l'industrie en France. 2 200 000 emplois industriels depuis les années 80, la moitié de notre appareil industriel partit en fumée. Pour quelle raison ? François Marciano, l'ancien salarié devenu le patron de la coopérative Duralex, nous raconte, dans son mythique showroom Duralex, ce qui a poussé cette entreprise Duralex, qui exporte 80 % de ses verres et de ses assiettes, à se retrouver de nouveau l'an passé en faillite devant le tribunal de commerce.

  • François Marciano

    Au tribunal, ils m'ont dit, mais enfin, M. Marciano, mais qu'est-ce qu'il va faire ? Vous n'avez pas de baguette magique. Et en fait, j'ai fait tout simplement ça au tribunal. J'ai dit, écoutez, vous allez prendre un verre à whisky. C'est un verre français. C'est le design de la cathédrale de Chartres.

  • Nicolas Rouffet

    L'orgue de la cathédrale de Chartres.

  • François Marciano

    Oui, c'est ça. Et je leur dis, écoutez, vous allez en acheter. Vous me les ramenez, je vous les rembourse. Donc, il a compris tout de suite. On ne va pas en trouver. J'ai dit, voilà, vous avez compris. Le problème, c'est que nous, on sait faire ça, mais on ne les vend pas. Donc, si on ne les vend pas, on ne fait pas de chiffre d'affaires. J'ai dit, CQQFD, quoi. C'est con, mais c'est la pure maladie de Duralex. Duralex a besoin d'un moteur commercial marketing. Premier problème.

  • Arnaud Montebourg

    Pourquoi ça n'a jamais été mis en place ?

  • François Marciano

    Parce que tous ceux qui ont racheté voyaient leur intérêt à eux.

  • Arnaud Montebourg

    Parle-moi. du plan que vous avez présenté au tribunal. Alors,

  • François Marciano

    le plan qu'on a présenté au tribunal...

  • Arnaud Montebourg

    Et comment se fait-il que le tribunal a enfin accepté une société coopérative des salariés qui est un exemple pour toute la France ? Et pour le capitalisme déclinant ? Oui, on va le dire comme ça. C'est-à-dire que c'est le contraire du capitalisme financier.

  • François Marciano

    J'ai donc analysé les six dépôts de bilan et je me disais, bon, cette boîte, il faut la restructurer. Il faut remettre un moteur à la fusée Duralex, commerce, marketing, ça c'est le gros du sujet. Deuxième sujet, il faut sortir des nouveautés. Depuis 1997 chez Duralex, il n'y a pas eu de nouveauté. Quand je dis il n'y a pas eu de nouveauté, ce n'est pas je vais sortir un verre, c'est je vais sortir une série de verres, une gamme, une gamme. Je vais attaquer pour attaquer tous les pays, parce que certains pays ont des contenances. Le français, c'est 25 centilitres. Si on prend Proche et Moyen-Orient, c'est 13 centilitres. Donc, on a besoin de cette gamme. Depuis 1997, pas de nouveauté. Donc, gros problème. Et la perte des collectivités, où Duralex avait toute sa place, mais comme ils avaient mis une loi où l'acheteur pouvait être pris pénalement s'il achetait plus cher. Donc, on était hors-jeu sur toute la ligne. Et il fallait remettre ça au centre de l'échiquier et... On s'est dit, ouais mais si on recommence à faire une LBO, si on cherche des investisseurs, on est reparti. Ça va repomper sur la boîte, cette boîte elle n'en peut plus, ça fait 30 ans que la marque tient la boîte. Et non pas la boîte, mais en valeur la marque. C'est important ce que je dis. On a bien compris. Donc, tu es là, tu dis, bon, il faut que les capitaux restent ici. C'est quoi la solution pour que les capitaux restent ici ? Moi, je n'ai pas de sous, je ne suis pas milliardaire, je ne peux pas le faire. Donc, le seul moyen, c'était une coopérative. D'où, là, à un moment donné, on s'est dit, moi j'ai vu les syndicats, je leur explique le projet, je dis voilà, si on fait ça, on est mort, les autres ils veulent licencier du monde, la boîte, on avait déjà la pousse sur les os avec 228 personnes. Parce que quand t'es dans la merde, la première chose que tu fais, c'est t'embauches pas. Et tu réduis ton personnel au minimum et tu fais tout au minimum pour tenir dans le temps. Mais donc 228, c'était zéro. Tu peux pas aller en dessous, tu vas en dessous, tu te casses la gueule. Les projets de reprise... T'en avais un, il licencie 58 personnes, et l'autre, c'est 90, un truc comme ça. Donc, il dit, bon, il faut faire une coopérative. D'où l'arrivée de Florence et la mise en place du SCOP. Ça, c'est la structure. Après, il faut trouver la finance.

  • Arnaud Montebourg

    Alors, dis-moi, François... Qu'est-ce qu'ils t'ont raconté à Bercy quand t'es allé les voir avec ton projet de société coopérative ? Comment ils t'ont reçu ? Avec des roses ou avec des ronces ?

  • François Marciano

    Je suis allé à Paris. Je suis allé à Paris, je vais voir Bercy. Je me dis mais d'où ils sortent ? Où est-ce qu'ils ont les sous ? Pourquoi moi je ne suis pas aidé plus que ça ? L'usine elle est morte. Pirex nous a dit qu'elle était foutue. Vous ne pouvez rien faire. Arrêtez avec votre idée de reprendre la boîte avec les salariés. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que l'actionnaire principal, donc Cartesia, qui détenait la Maison Française du Vert, Pirex et Duralex, avait demandé à un cabinet extérieur de faire un audit de Duralex, mais un audit global. Et moi, j'avais le rapport. Et ce rapport disait, la boîte est viable, je fais d'abord une traite de menteur à Bercy. Je rentre ici au soir à 20h, je prends le rapport, je le renvoie. Une heure après, il était 22h, 22h30, mon téléphone sonne. Mais qu'est-ce que c'est que ça ? D'où ça sort ? Je dis, c'est l'actionnaire principal qui avait demandé un audit. Mais je dis, je vais l'envoyer à TF1. Non, mais on peut se... Vous êtes où demain ? On peut se revoir, il faut qu'on discute.

  • Arnaud Montebourg

    D'habitude, c'est le nouveau capitaliste qui remet de l'argent.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Qui reprend les stocks à zéro pour refinancer. Parce qu'en fait, il prend le stock et le vend. Donc ça, ça lui fait le matelas de trésorerie.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et il remet de l'argent après. Et comme les dettes ont été effacées, ça peut repartir 4 ans.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et c'est ce qui s'est passé pendant 30 ans chez Duralex.

  • François Marciano

    C'est ça. C'est exactement ça. Donc,

  • Arnaud Montebourg

    le financier, il prend. et après ils plantent, etc. jusqu'au suivant.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et pendant ce temps-là, les salariés travaillent, s'inquiètent, et la boîte ne se développe pas.

  • François Marciano

    Des primes pour madalé. Ne se développe pas.

  • Arnaud Montebourg

    Donc le sujet c'est comment on fait pour financer une SCOP dans notre pays, sur une industrie, sur une boîte industrielle magnifique qui pèse quand même 30 millions de chibs.

  • François Marciano

    C'est ça. La réponse est simple, je vais donc voir les banquiers qui me font une fin de non recevoir en disant « Ben non, il y a eu six dépôts de bilan, on peut plus, on a déjà trop aidé, on a déjà trop perdu, etc. » Ça c'est vrai,

  • Arnaud Montebourg

    c'est possible.

  • François Marciano

    Mais c'est vrai, mais c'est vrai, mais c'est la vérité.

  • Arnaud Montebourg

    Ils ont planté à chaque fois les banques.

  • François Marciano

    C'est ça, c'est les banques qui dérouillent à chaque fois. Et ce qu'on oublie quand même c'est que les banques peuvent faire des affaires.

  • Arnaud Montebourg

    Ils ont des dépôts.

  • Nicolas Rouffet

    Donc...

  • François Marciano

    Je dis là, on est foutu, parce que nous, il nous fallait 15 millions pour reprendre. Pourquoi il faut 15 millions ? Parce que quand vous êtes dans une entreprise de la taille de Duralex, vous devez faire un chèque de 2,8 millions tous les mois pour assurer les charges et le fonctionnement et les salaires avant de faire le moindre bénéfice. C'est simplement pour être ce qu'on appelle au point zéro, donc être à l'équilibre. Cette boîte n'étant pas à l'équilibre, le temps de recruter des commerciaux, le temps de mettre du marketing, il faut environ 3 à 4 ans pour arriver au point d'équilibre.

  • Arnaud Montebourg

    C'est-à-dire 37 millions de chiffre d'affaires, point mort.

  • François Marciano

    Point mort, c'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Donc il faut augmenter le chiffre d'affaires de 7 millions pour équilibrer la boîte, pour qu'elle soit structurellement saine. Les stocks permettent de dégager de la trésorerie pendant combien de temps dans le BP Scotland ? 3 ans.

  • François Marciano

    On a besoin de financer 15 millions. Les 15 millions permettant... de rattraper le point mort, donc au bout de 3-4 ans, et d'investir dans l'usine. Nous, dans le plan de retournement qu'on a prévu avec la SCOP, on a prévu d'automatiser certaines lignes pour faire des gains de productivité et des bécanes pour aller chercher des nouveaux marchés. On sait faire en France et on est reconnu dans le monde entier. Quand on va, nous, en Asie, en Chine... Ils nous achètent nos produits à un prix, alors que pendant 30 ans, ils bradaient ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et quel savoir-faire ! Cette usine, elle trône depuis presque un siècle. Gigantesque, altière, magnifique, à la chapelle Saint-Mesmin, près d'Orléans. Et chez Duralex, toutes les matières premières sont françaises. Jusqu'au camion quotidien de sable venant directement de la carrière Samin de la forêt de Fontainebleau, jusqu'au carton de vos emballages. Alors c'est Nicolas Rouffet, le directeur industriel, qui nous fait faire le tour de ce magnifique outil industriel de Duralex.

  • Nicolas Rouffet

    Dans les années folles de Duralex, les années 70-80, où toutes les collectivités françaises achetaient Duralex, où Duralex exportait partout, ici, il y avait quatre fours, 1500 personnes. Aujourd'hui, un four, 230 personnes. Il y avait un four à côté de Saint-Etienne, rue Deugier, qui a été fermé dans les années 2000, et il y avait un four en Espagne. Qu'est-ce que c'est ça ? Ça, c'est du verre recyclé, ce qu'on appelle calcin. Voilà, c'est du verre recyclé. On met du verre recyclé dans notre four parce que la réaction de fusion du verre, en fait, c'est un mélange de sable, de chaud et de soude. Et quand on met tout ça dans le four, ce n'est pas de la fusion comme on met le chocolat dans le micro-ondes et qui fond. C'est une réaction chimique. La soude attaque le sable, donc la silice. La chaud, elle est là pour stabiliser, pour pas que ça parte... Que la réaction chimique, ça parte dans tous les sens. Et c'est une véritable réaction chimique. Nous, ce qu'on fait, c'est qu'en fait, on ajoute, et tous les verriers le font, on ajoute du verre recyclé qu'on appelle calcin, entre 30 à...

  • Arnaud Montebourg

    Qu'est-ce que c'est cette matière ?

  • Nicolas Rouffet

    C'est notre verre à nous. C'est nos déchets de verre.

  • Arnaud Montebourg

    Ah, c'est vos déchets.

  • Nicolas Rouffet

    Pourquoi c'est intéressant ? Parce que lui, par contre, dans le four, juste la température, comme il est déjà formé, il fond. Donc il n'y a pas cette réaction chimique. C'est la pâte. Voilà, il y a besoin de moins d'énergie pour le fondre. Donc, moins d'énergie, moins de gaz, moins de CO2. Et on va chercher moins de matières premières dans les sols de notre cher planète. Nous, on est limité aujourd'hui, on en met entre 30 et 40%. Aujourd'hui, on est à 40%, par exemple. On en met entre 30 et 40% parce qu'en fait, on n'utilise que notre calcin. On ne peut pas aller chercher du verre dans les points de collecte. Ce n'est pas le même. Il est d'une très bonne qualité pour faire des bouteilles de vin, de champagne, de rosé, de bière, tout ça. Mais nous, pour nous, non. Nous, on cherche, je vous l'expliquerai tout à l'heure, nous, on cherche à faire un verre extra blanc.

  • Arnaud Montebourg

    Avec grande résistance mécanique.

  • Nicolas Rouffet

    Voilà.

  • Arnaud Montebourg

    Chez Duralex, tout commence par l'atelier de moulerie. Ces moules dont chacun de nous connaît le moindre détail jusqu'au numéro au fond du verre, sans les avoir jamais vus.

  • Nicolas Rouffet

    L'alliage répracteur, c'est fabriqué par le groupe Aubert et Duval, à Boutique-Larbonne-Ferrand, français. Et ensuite, c'est usiné suivant nos plans, via un usinaire qui est en Normandie, dans la vallée de la Brel, dans la Glace Valley, qui expert dans les usinages de moules. Et du coup, après, les moules reviennent ici, sont contrôlés par Ahmed et son équipe, et après, sont préparés pour être mis en production. Et après les productions, ils sont nettoyés, ils sont sablés, ils sont polis. Et si il y a des petits... des faux, des choses comme ça. On peut souder pour recharger. On a des tours conventionnelles, on n'a pas de tour numérique, on n'a pas besoin. On a fraiseuse, perceuse. On a tout ce qu'il faut ici et la métrologie pour faire ça. Mais le gros, la fabrication du moule, ce n'est pas nous qui le faisons, mais c'est fait en France. Contrairement à d'autres verriers français qui achètent leur moule en Turquie, les pans du magasin nous ont permis de remettre un ascenseur en route qui l'attend depuis 10 ans. Il y a 10 ans qu'il attend sur l'ascenseur la remise en état.

  • Arnaud Montebourg

    C'est-à-dire que l'argent rentre dans la boîte et il ne ressort pas,

  • Nicolas Rouffet

    il reste là. C'est ce que nous ont dit les consommateurs, c'est que nous avec Ahmed, on va tous, les employés, on tourne tous dans la boutique. C'est ce qu'ils nous disent, ils disent on sait où va l'argent maintenant. Donc en fait, il y a l'élan de solidarité, non seulement le Duralex c'est la marque des Français, les Français sont attachés à la marque, tout ça, mais quand il y a eu des grands événements, quand ici on était en APLD parce que l'énergie, tout ça, il y a eu un petit regain sur le site, mais pas fou. Là, il y a un regain depuis le premier route qui est exceptionnel. Et les gens disent, parce qu'on sait où va l'argent. On sait que l'argent va rester chez Duralex, que vous, vous allez en profiter. On va aller dans la cabine du four, le contrôle et le pilotage du four. Un four, celui-ci est de 2017. Durée de vie d'un four, nous, on ne tire pas trop dessus. Malheureusement, on n'a pas eu assez de commandes. On estime à 2029-2030 le changement de cours. Là, on voit l'arrivée des matières premières sur le côté. Donc là, les blocs brûleurs, les flammes ici. Donc là, ici, on a vraiment la partie fusion, où on transforme cette poudre en pâte de verre. Et après, dans cette deuxième partie-là, c'est vraiment... Là, vous voyez, il y a un petit muret. Il y a des mouvements de convection qui se font pour bien homogénéiser, pour bien extraire les bulles. Et là, on a ce qu'on appelle un grand canal de distribution qui vient distribuer à tous les canaux de conditionnement. Au bout de chaque canot de conditionnement, il y a une machine de formage. L'objectif, c'est de conditionner le verre pour les machines de formage. Parce que suivant ce qu'on produit, la taille de la goutte de verre n'est pas la même. Et conditionner du verre, c'est l'emmener à la bonne viscosité. Et la viscosité dans le verre, c'est la température. Ici, on a cinq rangées de quatre agitateurs qui nous permettent de faire du verre de couleur. On introduit les colorants, les frites qui sont fournies par Ferro, qui sont à Saint-Dizier. C'est un mélange de verre et d'oxyde métallique. Par exemple, pour faire du bleu, c'est du cobalt, du chrome pour faire du verre, du sélénium pour faire du rose, du manganèse pour faire du prune, et du gris, c'est le nickel. On met ça là, on introduit ça là, on chauffe assez fort, on mélange, on change un petit peu les profondeurs. qui permet de bien faire circuler le verre pour qu'il arrive de façon homogène. Parce que nous, on fait un verre industriel, répétable, même couleur, mais il faut que ce soit la même teinte, la même nuance. Donc là, en fait, la goutte de verre, elle tombe, elle est formée. Après l'assiette, on disait, elle est prise sur le côté, elle est mise sur un convoyeur. Il y a une première étape, on va avoir des flammes, qui sont plus petites qu'avant, mais qui viennent rebrouler le verre, qui viennent arrondir et polir un petit peu les bouts. Et après, on rentre dans une boîte qui est un four. qui est fermé, une boîte en inox qui fait à peu près 2 mètres de long, dans lequel on remonte en température pour libérer le verre de toutes les contraintes, parce que quand même, il est passé de 1000 degrés à 450 degrés, c'est comme si vous sautiez du sauna à la neige. Sauf que c'est des produits complètement aléatoires, donc il ne manque qu'une seule chose, c'est d'exposer dans tous les sens. Donc on va le remettre dans un four, on le remonte en température, et après, en fait, on vient le souffler brutalement dessus, pour figer la peau du verre, et donc il va se mettre en tension. Et donc là, nous, ça par contre c'est contrôlé, ces contraintes-là sont contrôlées, elles sont uniformes sur tout le verre, et ce champ de contraintes qu'on met, ça fait un champ de force. Ce qui fait que c'est très très solide. C'est Saint-Gobain qui avait fait ça dans les années 30 dans leur voiture et qui ont dit tiens en 45 on va faire ça dans notre usine du Ralex sur les arts de la table.

  • Arnaud Montebourg

    Ce verre trempé, à l'air et pas à l'eau, c'est la même technologie depuis 80 ans. Et en bout de ligne, des contrôleurs qualité font tout à l'œil et à la main. Puis c'est la phase de test avec un choc thermique de 150 degrés. Puis l'empilabilité et bien sûr la chute. Ce sont les tests de résistance de nos verres. qui ont une très grande résistance mécanique. Bien sûr, ils ne sont pas incassables, mais c'est tout comme. Le capital de cette coopérative nouvelle qu'est Duralex n'est pas celui d'une multinationale. Ce sont les salariés qui ont mis leurs économies, les ont investis, modestement, mais sérieusement, dans le capital de leur boîte. Ils investissent dans le développement et font le pari d'un cercle vertueux. Plutôt que ces multinationales qui n'investissent pas réduisent les coûts, réduisent les capacités... de production rétrécissent au lavage l'outil industriel pour garder leur profitabilité et finalement la laisser mourir. Eh bien, le contraire marche.

  • François Marciano

    Quand on est passé en scope, le ministre italique appelle pour dire on vous félicite, on veut vous soutenir, comment on peut vous aider ? Espagne ? Qu'appelle ? Comment on peut vous aider ? Après, c'est les maires. Ils jouent sur le fait du CO2. Nous on est au centre de la France, donc le transport c'est juste à côté, donc même s'ils payent plus cher, il n'y a pas de CO2. Alors aujourd'hui c'est la boutique à Orléans et c'est www.duralex.com. Ça ça marche. Ah ça ça marche,

  • Arnaud Montebourg

    oui. Moi j'ai été livré en 48 heures.

  • François Marciano

    Les français sont contents de retrouver... De retrouver, je dis bien retrouver parce qu'il y en a plein qui disent « on ne le trouvait plus » . Je prenais l'exemple de cette dame qui faisait les brocantes pour essayer de trouver du Duralex, c'est complètement dingue. Et il y a une autre catégorie qui en plus dit « non, non, mais nous on veut vous soutenir » . Le nombre de chèques que je reçois de 80 à 100 euros, en disant « moi je vous commande un saladier et six verres, donc ils en ont pour 25 euros » , mais non. le reste de l'argent vous le mettez pour sauver l'entreprise.

  • Arnaud Montebourg

    C'est donc grâce à son projet industriel, impeccable, que la coopérative créée et portée par François Martiano a emporté l'adhésion du tribunal de commerce d'Orléans, devenant comme ça la plus grosse SCOP, Société Coopérative de Production Ouvrière, reprise à la barre depuis belle lurette. La déléguée au développement, l'union régionale des SCOP, du centre Val-de-Loire, Madame Florence Delacroix nous a expliqué comment elle a rejoint cette aventure Duralex.

  • Florence Delacroix

    Ça commence par un coup de téléphone avec la CFDT. Aussi, il ne faut pas oublier l'intersyndicale, parce que c'est une boîte industrielle, il y a les syndicats, et les syndicats se sont mobilisés dès le 24 avril, jour de la prononciation du redressement judiciaire. L'intersyndicale était là, ils n'ont pas cramé des palettes, ils se sont dit, la SCOP, on va racheter notre boîte. Et c'est ça aussi qui a permis après au pouvoir public d'investir. Et les trois syndicats, CFDT, FO, CGT, ont été d'accord pour continuer l'outil de travail. À 100% ? À 100%. Pas de grève. C'est très rare en France, parce que moi j'en ai suivi, j'ai suivi Goudieur et tout ça, il y a eu de la grève. Moulinex, il y a eu de la grève. Là, les gars se sont dit, on y va. Ils m'ont contactée au mois de mai, de mai à juillet. En 2024, il y avait des ponts. Et en redressement judiciaire, le tribunal ne fait pas de cadeaux. On avait la première audience. François faisait le taf en remontant la filière, en disant « on est viable, on est viable, il n'y a que des anomalies et tout » . Et les syndicats maintenaient une ulti de travail. Et moi, j'avais à expliquer ce que c'est qu'une scope aux salariés. Donc, commencer par un petit groupe, les syndicats, voilà. En région centre, il y a 86 coopératives. Et j'avais un exemple de reprise à la barre dans les années 80, des tuyoteurs chaudronniers à Montbazon, à côté de Tours. Le gérant, je le connais, je dis Frédéric Lebray, est-ce que vous pouvez venir témoigner à côté de moi ? Voilà, donc il y avait des similitudes et il avait son discours de dirigeant en disant, ça ne va pas être rose tous les jours. Vous êtes sociétaire, vous avez votre contrat de travail, enfin il y a plein de choses. Et donc ça, ça a été aussi à mettre dans un délai de trois mois, mettre en place, parce que pendant ce temps-là, on avait les audiences au tribunal. les échéances qui arrivaient au fur et à mesure, les banquiers à convaincre. Enfin, il y avait tous ces éléments à combiner pendant trois mois. En plus, cette boîte, elle tourne en 5-8, elle ne dort pas. Donc, c'était de convaincre un maximum de salariés en expliquant les grands principes de la SCOP, parce que ce n'est pas en une heure qu'on dit « allez, banco, je vous suis » . Il y en a qui étaient convaincus, il y en a qui étaient moins convaincus. Bon, ce n'est pas grave, il fallait quand même démontrer au tribunal un maximum de salariés, parce que si on arrivait avec une offre de reprise de SCOP où il n'y avait que 15 salariés sur 228, Le juge du tribunal de commerce ?

  • François Marciano

    Quand on a proposé ça, ils nous ont dit mais attendez, mais vous n'avez pas de capital. Donc vous êtes morts. Donc moi j'ai répondu tout simplement à Bercy parce que ceux qui nous détenaient avaient les moyens. Bien sûr qu'ils les avaient, vu que c'était... des milliardaires. Mais vous avez vu le résultat. Donc, quelle est la différence en ayant quelqu'un qui est milliardaire ou quelqu'un qui n'a pas un rond ? Je ne vois pas la différence.

  • Arnaud Montebourg

    C'est-à-dire qu'en fait, quand il y a de l'argent, la cupidité s'exerce.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    Et quand il n'y a pas d'argent, on n'y croit pas. Voilà. Dans les deux cas, on meurt. Quelle est la meilleure solution ? Ceux qui n'ont pas d'argent, qui bossent et qui remontent l'outil et... qui acceptent d'y croire. Parce qu'en fait, il faut y croire, c'est tout. Qu'on vous prête de l'argent. En fait, le fluide, c'est la confiance. Si on croit dans le redémarrage de Duralex sous forme de Scope par le travail de ses salariés, de ceux qui le font vivre, vous aurez gagné la confiance des banques.

  • François Marciano

    C'est ça.

  • Arnaud Montebourg

    des pouvoirs publics, et à partir de là, c'est une boîte qui va retrouver la prospérité.

  • François Marciano

    On voit bien qu'on est en train de prendre le bon chemin. Il y a une remontada. C'est ça, il y a une remontada, oui.

  • Arnaud Montebourg

    Ils sont déjà 147 salariés devenus sociétaires de Duralex, c'est-à-dire actionnaires de leur boîte, en investissant 500 euros dans leur entreprise. Et les autres vont suivre. Sur les 40 premiers jours de leur nouveau site de vente en ligne, Les Duralex ont fait le même chiffre d'affaires que sur toute l'année précédente. Leur boutique d'Orléans ne désemplit pas après avoir fait 400 000 euros de chiffre d'affaires en 14 jours, en décembre dernier. Et en 2025, Duralex va ouvrir son premier magasin en plein Paris. Et on va vous inviter, petits et grands souverains, à participer à un grand concours national pour dessiner le prochain modèle de verre Duralex, celui qui représentera la France dans 117 pays et pour bien des décennies. À vos crayons ! Duralex nous appartient, défendons-les, ce sont des vrais sourds.

  • Nicolas Rouffet

    Merci.

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