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Les Vrais Souverains

La géothermie ou comment extraire du lithium français

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15min |24/01/2025
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La géothermie ou comment extraire du lithium français

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15min |24/01/2025
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Description

Arnaud Montebourg visite Lithium de France à Haguenau. La start-up du groupe Arverne s'apprête à extraire le lithium géothermal des eaux profondes qui alimentent les réseaux de chaleur de la plaine d'Alsace. Elle contribue à organiser en France une transition énergétique souveraine.


Co-réalisé par Renaud Duguet et Maxime Verner.


Générique : Guillaume Bérat.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Arnaud Montebourg

    Bonjour les vrais souverains, je suis Arnaud Montebourg, un homme politique défroqué, comme les curés qui ont quitté l'église. Mais un entrepreneur passionné dans l'agriculture et l'industrie, les deux mamelles nourricières de la République comme aurait pu l'écrire Jules Méline. Laissez-moi vous présenter des gens extraordinaires dont on ne parle malheureusement jamais. Ce sont des entrepreneurs qui sont en train de refaire la France par le bas. Ce sont des syndicalistes, des entrepreneurs, des salariés. Ils prennent des risques. Ils inventent des solutions, leurs initiatives résistent et elles réussissent. J'ai décidé de vous les faire connaître en leur rendant visite comme si vous y étiez. Écoutez-les, aidez-les, soutenez-les et construisons la France, pourquoi pas, avec eux. La chaleur du sous-sol est une richesse inexploitée. Elle nous permettrait pourtant, par le développement de la géothermie, de nous passer du gaz d'importation et de nous débarrasser des 11 millions de chaudières au gaz et au fioul. Mais vous allez le voir, la géothermie exploitée par le groupe Arverne ne donne pas seulement accès à la chaleur, mais aussi diluée dans l'eau chaude à 2 500 mètres, aux terres rares et au lithium. Cette ressource la plus recherchée de la transition énergétique, celle qui fait l'essentiel de nos batteries de voiture jusqu'au téléphone. Comme vous l'avez découvert dans l'épisode précédent des vrais souverains, les équipes de Pierre Brosselet du groupe Arverne ont développé, dans une entreprise française, une expertise unique sur la géothermie. Ce sont des vrais de vrais souverains.

  • Pierre Brossollet

    Nous sommes des pionniers de ce qu'il y a sous terre, du sous-sol, de sous la terre, pour aller chercher des énergies nouvelles, des énergies vertes, des énergies renouvelables, qui sont utiles dans le cadre du renouveau énergétique, du changement de paradigme énergétique que nous sommes en train de vivre. Et on aimerait contribuer à ce qu'on passe d'un système où on a importé et on continue à importer du fossile, on continue à importer du gaz russe, à un système où nous développons nous-mêmes et si possible en circuit court, des énergies non fossiles. C'est ça le groupe Arverne.

  • Arnaud Montebourg

    Cette eau chaude qui bouillonne sous nos pieds est un véritable or bleu. Quand on connaît le prix faramineux de notre dépendance aux hydrocarbures importés, le gaz et le pétrole.

  • Pierre Brossollet

    C'est quand même plus simple d'aller chercher de l'énergie à quelques centaines de mètres ou quelques kilomètres que d'aller le chercher à quelques milliers de kilomètres. C'est une question de contrôle, une question de maîtrise, une question de respect de l'environnement. Donc il y a aussi toutes ces petites vertus ou petites valeurs qui ont contribué aussi à la naissance d'Arverne. Les Romains faisaient de la géothermie. Il suffit d'aller à Chaudzeg pour voir que là, il y a une cité thermale où il y a de l'eau qui sort à 70 degrés. Ils avaient inventé des systèmes avec des pentes, etc. Mais il y avait déjà de la géothermie dans les maisons. Donc en fait, on n'a pas inventé grand chose, si ce n'est les techniques de forage déviées que vous avez vu ce matin. Quelques petits trucs.

  • Arnaud Montebourg

    Tu as pas inventé l'eau chaude, c'est ce que tu es en train de nous dire (rires).

  • Pierre Brossollet

    Merci beaucoup pour ce mot de la fin, c'est exactement ça.

  • Arnaud Montebourg

    En observant les saumures alsaciennes, cette eau enfermée dans le sous-sol à 2 500 mètres, et donc ces eaux géothermales de toute la grande plaine Rhénane, la plaine d'Alsace, les équipes du groupe Arverne ont découvert qu'elles étaient incroyablement riches en lithium. et contenait tous ou presque tous ces éléments classés dans le fameux tableau des terres rares de Mendeleïev. Ce trésor, qui est notre bien commun, devient de plus en plus indispensable à la transition énergétique. Et au moment même où les premières gigafactories s'installent dans la vallée de la batterie dans les Hauts-de-France, nous avons de quoi les alimenter en Alsace, de la France vers la France. Voilà le sens des vrais souverains. Je me suis rendu à Haguenau, en Alsace, au siège de Lithium de France, la filiale d'Arverne, rencontrer Madame Clio Bosia, qui dirige ce projet, spécialisé dans l'extraction de ce lithium géothermal. Elle nous raconte l'incroyable pari technologique de cette start-up qui est passée, en trois ans seulement, de trois salariés à cinquante salariés.

  • Clio Bosia

    Aujourd'hui, je travaille avec mon équipe au développement d'un procédé qui puisse permettre d'extraire le lithium qui est dissous dans les eaux géothermales locales alsaciennes, d'arriver à l'extraire de ces eaux et puis à le convertir dans un sel de lithium qui va intéresser le marché pour rentrer dans les batteries des véhicules électriques, par exemple.

  • Arnaud Montebourg

    Alors, vous allez chercher l'eau à combien de mètres ? Puisque c'est de l'eau de saumure, c'est-à-dire de l'eau enfouie dans les sous-sols qui sert à capturer la chaleur, c'est ça la géothermie ? Oui. Expliquez-nous tout ça.

  • Clio Bosia

    Les fluides géothermaux, vous l'avez dit, ce sont des fluides qui viennent du sous-sol, qui se trouvent dans la région du fossé rhénon à partir d'environ 2,5-3 km de profondeur jusqu'à bien plus profond. Et le lithium, en réalité, le lithium est là depuis bien longtemps. Il vient des roches avec lesquelles ses saumures sont en contact, qui arrivent à s'enrichir en différents sels dans le lithium. Et ce que nous, on a décidé de faire, c'est de l'exploiter. Or, ça fait déjà plusieurs années, plusieurs décennies qu'il existe des opérations de géothermie dans la région, dont on connaît bien les saumures, on connaissait la présence de lithium, mais ça ne fait que très peu d'années que ce lithium, qui est quand même en concentration relativement faible par rapport à des gros gisements qu'on retrouve ailleurs dans le monde, que ce lithium devient intéressant d'un point de vue marché. Dans le monde entier, on a deux ressources principales de lithium, ce qu'on appelle les ressources conventionnelles, qui sont soit de la mine, de la roche dure, et notamment du spodumène, soit en fait des saumures, type des saumures de salards, qui, elles, en fait, vont présenter une concentration en lithium qui est effectivement plus élevée que celle qu'on a ici. La saumure, c'est une eau très salée. C'est une eau qui a une très forte salinité. C'est pour ça qu'on peut penser à la saumure naturelle, mais on peut parler aussi de saumure... Par exemple, quand on fait de la cuisine et qu'on laisse nos choux mariner dans de la saumure, parce qu'on a une eau qui est très salée. Aujourd'hui, il y a plusieurs technologies qu'on a tendance à regrouper sous un grand nom, qui est celle des technologies d'extraction directe de lithium, qui effectivement, en opposition par exemple à ce qu'on avait mentionné, les salards qui sont assez louvaires, donc on va récupérer le lithium en faisant évaporer ces saumures et en récupérant ce qui reste. Là, au contraire, on va appliquer des technologies d'extraction directe qui vont venir capter de manière préférentielle et sélective le lithium dans la saumure. Donc, ils vont laisser tous les autres éléments, tous les autres sels en solution et ils vont extraire uniquement ou quasi uniquement le lithium.

  • Arnaud Montebourg

    Mais alors, j'ai une question. Vous commencez par capturer les calories avant de capturer les molécules de lithium ? Oui. Enfin, les ions de lithium.

  • Clio Bosia

    Tout à fait.

  • Arnaud Montebourg

    Donc, on sert d'abord le réseau. Et puis ensuite, on enlève chimiquement le lithium avant de réinjecter l'eau dans les saumures. Guillaume Borrel, que j'ai rencontré évidemment, c'est le directeur général lithium de France, basé en Alsace, a passé un quart de siècle dans sa vie professionnelle, dans le groupe Schlumberger, l'un des plus grands équipementiers du pétrole, accessoirement français, avant de devenir le patron de toutes les opérations du lithium géothermal en Alsace.

  • Guillaume Borrel

    Il y a une vraie synergie entre ces deux business, le business géothermie d'un côté, le business lithium de l'autre, puisque l'un ne va pas sans l'autre. Une fois qu'on a circulé notre saumure à travers ces échangeurs thermiques pour extraire les calories, puis ce filtre à lithium, on réinjecte la saumure dans son élément naturel, dont on l'a prélevé initialement, et donc on est en boucle fermée au niveau de l'eau géothermale, de cette saumure géothermale.

  • Pierre Brossollet

    Les réserves et les ressources sont suffisamment importantes pour faire de ce projet un projet très significatif dans les besoins de recouvrer notre souveraineté en France sur les métaux critiques et notamment le lithium. Est-ce qu'on réussira à couvrir 30, 40, 60% des besoins français ? Ça dépend d'abord du besoin, donc du nombre de gigafactories et puis évidemment des résidus. des premiers puits et derrière de ce qu'on va découvrir.

  • Arnaud Montebourg

    Mais est-ce que vous estimez que la ressource est renouvelable,

  • Pierre Brossollet

    en lithium ?

  • Arnaud Montebourg

    Renouvelable, c'est-à-dire que l'eau va se recharger ou pas, ou est-ce que c'est un gisement qui va s'épuiser au fil de son exploitation, au fil du temps de son exploitation ?

  • Guillaume Borrel

    Sur l'échelle humaine et même à une échelle géologique, le gisement est fini, il n'est pas infini. Donc oui, il va s'épuiser au bout d'un moment, c'est certain. Aujourd'hui, ce qu'on envisage, ça rejoint la question de tout à l'heure, la nappe du fossé Réunan étant connectée, on a une nappe immense avec un effet de dilution sur des exploitations à 30 ans, 40 ans, qui va être quasiment négligeable. Nous, notre projet, en exploitant le lithium sur nos permis, va nous permettre... sur 30 ans de produire suffisamment de lithium pour alimenter 600 à 700 000 véhicules électriques par an, pendant une trentaine d'années.

  • Arnaud Montebourg

    Renault, qui a pris le leadership en France sur les véhicules électriques depuis longtemps, s'est déjà assurée elle-même auprès d'Arverne-Lithium de France, pour son approvisionnement en cette matière première critique, le lithium, en France, dès 2028, pour ses batteries de voitures électriques. C'est bien moins cher que dans les mines à ciel ouvert en Europe et à peine plus cher que dans les mines du bout du monde, avec des impacts environnementaux et des conditions de travail terribles. C'est simple, ce qu'a réalisé Arverne-Lithium de France, en si peu de temps, c'est du jamais vu en France. Et ils n'ont pas particulièrement été favorisés, comme nous le raconte le président du groupe Arverne, Pierre Brossolet.

  • Pierre Brossollet

    Il aura fallu plus de cinq ans, entre le moment où on a demandé nos permis et le moment où on va mettre le premier coup de pioche au forage, pour réellement débuter, puisque l'aventure opérationnelle débute véritablement au moment où on fore le puits, puisque c'est là où on va vérifier que la ressource est là. C'est un sujet qui est critique, puisque là on parle de course contre la monte, s'agissant de cette transition énergétique, et principalement sous un prisme de souveraineté, parce que pour moi la transition c'est évidemment la décarbonation, mais c'est d'abord une urgence pour remettre la main sur nos systèmes énergétiques, de façon à ne plus dépendre, on va dire, d'un certain nombre de pays qui ne sont pas forcément amis.

  • Arnaud Montebourg

    Oui, car la géothermie permet en même temps que le lithium d'extraire une chaleur qui bénéficie au territoire et au local. Le responsable du développement de Lithium de France, Xavier Goerck, nous raconte qui va en profiter et comment.

  • Xavier Goerke

    Le fait d'avoir de la calorie, ça pérennise l'activité, ça permet d'apporter de l'activité. Parce qu'aujourd'hui, une entreprise qui est mondialement cotée, elle cherche à déduire ses quotas carbone, elle cherche à décarboner sa fourniture d'énergie. Aujourd'hui, le territoire peut proposer ça. Donc ça attire des entreprises et ça attire aussi des collectivités qui aujourd'hui ont besoin d'être rationnelles dans leur consommation énergétique. Et même dans le monde rural où on est, Béchtorf, il y a une piscine, il y a des collectivités, il y a des communs, il y a des bailleurs sociaux. Alors on a tout le terreau. Qui peut bénéficier de ça ? Sans parler de la cerise sur le gâteau, c'est les cultures sous serre, le maraîchage.

  • Arnaud Montebourg

    Lithium de France, la start-up du groupe Arverne, dont je suis fier d'être un associé historique, va créer 200 emplois directs en Alsace et dans ses couloirs, à son siège à Agneau. On croise déjà aussi bien des experts en forage qu'en gestion, ce qui est indispensable pour obtenir les permis. Il y a aussi les responsables du développement pour construire des relations de confiance avec toutes les parties prenantes du territoire. Et dans cette joyeuse équipe d'ingénieurs géophysiciens, Pierre-Henri Roche explique comment ils ont réalisé en deux ans quatre campagnes de mesures en trois dimensions pour débusquer les meilleurs saumures en ayant une sorte d'échographie intérieure, une idée précise du relief du sous-sol jusqu'à trois kilomètres sous nos pieds.

  • Pierre-Henri Roche

    Cette année, une campagne 3D, c'était 167 km² en deux morceaux. C'était à peu près 20 000 géophones déployés. Chaque géophone, on connaît la position en X, Y et Z, c'est-à-dire qu'il y a des personnes qui sont allées mesurer les 20 000 positions et qui ont posé à la main ces 20 000 capteurs et qui les ont récupérés ensuite. Donc, finalement, l'opération d'imagerie va durer une quinzaine de jours, trois semaines grand max, mais il faut commencer deux, trois mois avant.

  • Arnaud Montebourg

    La voisine de bureau de Pierre-Henri est sismologue. C'est Clara Duverger, venue du commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, avec une mission très particulière.

  • Clara Duverger

    L'idée pour ce projet, c'est d'estimer en fonction de nous des contraintes qu'on va infliger à la Terre en injectant de l'eau et en faisant remonter de l'eau du sous-sol. Est-ce que cela perturbe de manière forte le système ou non ? Et quelle serait la sismicité attendue ? en fonction de ces influences qu'on afflige, et essayer de limiter au maximum l'impact qu'on aura sur ces structures.

  • Arnaud Montebourg

    Le visage de l'Alsace va évoluer, va être différent. C'est la réindustrialisation à la française auquel nous avons affaire, par des vrais souverains.

  • Pierre Brossollet

    Le terme souverain s'applique à tous ceux qui travaillent ici. Ils ont quitté leur vie d'avant dans des grands groupes ou autres pour travailler sur un projet de souveraineté. Je pense qu'on fait difficilement mieux. Cette région a vocation à s'appeler la région du lithium.

  • Arnaud Montebourg

    Sur un marché d'énormes opérateurs, Arverne est une pépite qui monte, qui ne demande qu'à faire école au sein d'une filière. Le groupe, coté depuis 2023 en Bourse sur Euronext à Paris, a déjà les permis pour explorer sur 2 000 km² et va forer son premier puits de lithium dans quelques semaines, en parallèle de ces travaux ininterrompus sur les nouvelles technologies. Grâce à ce mélange de matière grise, de vision à long-terme, de risque entrepreneurial, c'est un fleuron français qui est en train de naître sous nos yeux. Il croit et embellit avec notre aide en rendant possible une transition énergétique soutenable et souveraine grâce à ce trésor que nous avons sous nos pieds. Nous avons affaire là, encore une fois, à de vrais souverains.

Description

Arnaud Montebourg visite Lithium de France à Haguenau. La start-up du groupe Arverne s'apprête à extraire le lithium géothermal des eaux profondes qui alimentent les réseaux de chaleur de la plaine d'Alsace. Elle contribue à organiser en France une transition énergétique souveraine.


Co-réalisé par Renaud Duguet et Maxime Verner.


Générique : Guillaume Bérat.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Arnaud Montebourg

    Bonjour les vrais souverains, je suis Arnaud Montebourg, un homme politique défroqué, comme les curés qui ont quitté l'église. Mais un entrepreneur passionné dans l'agriculture et l'industrie, les deux mamelles nourricières de la République comme aurait pu l'écrire Jules Méline. Laissez-moi vous présenter des gens extraordinaires dont on ne parle malheureusement jamais. Ce sont des entrepreneurs qui sont en train de refaire la France par le bas. Ce sont des syndicalistes, des entrepreneurs, des salariés. Ils prennent des risques. Ils inventent des solutions, leurs initiatives résistent et elles réussissent. J'ai décidé de vous les faire connaître en leur rendant visite comme si vous y étiez. Écoutez-les, aidez-les, soutenez-les et construisons la France, pourquoi pas, avec eux. La chaleur du sous-sol est une richesse inexploitée. Elle nous permettrait pourtant, par le développement de la géothermie, de nous passer du gaz d'importation et de nous débarrasser des 11 millions de chaudières au gaz et au fioul. Mais vous allez le voir, la géothermie exploitée par le groupe Arverne ne donne pas seulement accès à la chaleur, mais aussi diluée dans l'eau chaude à 2 500 mètres, aux terres rares et au lithium. Cette ressource la plus recherchée de la transition énergétique, celle qui fait l'essentiel de nos batteries de voiture jusqu'au téléphone. Comme vous l'avez découvert dans l'épisode précédent des vrais souverains, les équipes de Pierre Brosselet du groupe Arverne ont développé, dans une entreprise française, une expertise unique sur la géothermie. Ce sont des vrais de vrais souverains.

  • Pierre Brossollet

    Nous sommes des pionniers de ce qu'il y a sous terre, du sous-sol, de sous la terre, pour aller chercher des énergies nouvelles, des énergies vertes, des énergies renouvelables, qui sont utiles dans le cadre du renouveau énergétique, du changement de paradigme énergétique que nous sommes en train de vivre. Et on aimerait contribuer à ce qu'on passe d'un système où on a importé et on continue à importer du fossile, on continue à importer du gaz russe, à un système où nous développons nous-mêmes et si possible en circuit court, des énergies non fossiles. C'est ça le groupe Arverne.

  • Arnaud Montebourg

    Cette eau chaude qui bouillonne sous nos pieds est un véritable or bleu. Quand on connaît le prix faramineux de notre dépendance aux hydrocarbures importés, le gaz et le pétrole.

  • Pierre Brossollet

    C'est quand même plus simple d'aller chercher de l'énergie à quelques centaines de mètres ou quelques kilomètres que d'aller le chercher à quelques milliers de kilomètres. C'est une question de contrôle, une question de maîtrise, une question de respect de l'environnement. Donc il y a aussi toutes ces petites vertus ou petites valeurs qui ont contribué aussi à la naissance d'Arverne. Les Romains faisaient de la géothermie. Il suffit d'aller à Chaudzeg pour voir que là, il y a une cité thermale où il y a de l'eau qui sort à 70 degrés. Ils avaient inventé des systèmes avec des pentes, etc. Mais il y avait déjà de la géothermie dans les maisons. Donc en fait, on n'a pas inventé grand chose, si ce n'est les techniques de forage déviées que vous avez vu ce matin. Quelques petits trucs.

  • Arnaud Montebourg

    Tu as pas inventé l'eau chaude, c'est ce que tu es en train de nous dire (rires).

  • Pierre Brossollet

    Merci beaucoup pour ce mot de la fin, c'est exactement ça.

  • Arnaud Montebourg

    En observant les saumures alsaciennes, cette eau enfermée dans le sous-sol à 2 500 mètres, et donc ces eaux géothermales de toute la grande plaine Rhénane, la plaine d'Alsace, les équipes du groupe Arverne ont découvert qu'elles étaient incroyablement riches en lithium. et contenait tous ou presque tous ces éléments classés dans le fameux tableau des terres rares de Mendeleïev. Ce trésor, qui est notre bien commun, devient de plus en plus indispensable à la transition énergétique. Et au moment même où les premières gigafactories s'installent dans la vallée de la batterie dans les Hauts-de-France, nous avons de quoi les alimenter en Alsace, de la France vers la France. Voilà le sens des vrais souverains. Je me suis rendu à Haguenau, en Alsace, au siège de Lithium de France, la filiale d'Arverne, rencontrer Madame Clio Bosia, qui dirige ce projet, spécialisé dans l'extraction de ce lithium géothermal. Elle nous raconte l'incroyable pari technologique de cette start-up qui est passée, en trois ans seulement, de trois salariés à cinquante salariés.

  • Clio Bosia

    Aujourd'hui, je travaille avec mon équipe au développement d'un procédé qui puisse permettre d'extraire le lithium qui est dissous dans les eaux géothermales locales alsaciennes, d'arriver à l'extraire de ces eaux et puis à le convertir dans un sel de lithium qui va intéresser le marché pour rentrer dans les batteries des véhicules électriques, par exemple.

  • Arnaud Montebourg

    Alors, vous allez chercher l'eau à combien de mètres ? Puisque c'est de l'eau de saumure, c'est-à-dire de l'eau enfouie dans les sous-sols qui sert à capturer la chaleur, c'est ça la géothermie ? Oui. Expliquez-nous tout ça.

  • Clio Bosia

    Les fluides géothermaux, vous l'avez dit, ce sont des fluides qui viennent du sous-sol, qui se trouvent dans la région du fossé rhénon à partir d'environ 2,5-3 km de profondeur jusqu'à bien plus profond. Et le lithium, en réalité, le lithium est là depuis bien longtemps. Il vient des roches avec lesquelles ses saumures sont en contact, qui arrivent à s'enrichir en différents sels dans le lithium. Et ce que nous, on a décidé de faire, c'est de l'exploiter. Or, ça fait déjà plusieurs années, plusieurs décennies qu'il existe des opérations de géothermie dans la région, dont on connaît bien les saumures, on connaissait la présence de lithium, mais ça ne fait que très peu d'années que ce lithium, qui est quand même en concentration relativement faible par rapport à des gros gisements qu'on retrouve ailleurs dans le monde, que ce lithium devient intéressant d'un point de vue marché. Dans le monde entier, on a deux ressources principales de lithium, ce qu'on appelle les ressources conventionnelles, qui sont soit de la mine, de la roche dure, et notamment du spodumène, soit en fait des saumures, type des saumures de salards, qui, elles, en fait, vont présenter une concentration en lithium qui est effectivement plus élevée que celle qu'on a ici. La saumure, c'est une eau très salée. C'est une eau qui a une très forte salinité. C'est pour ça qu'on peut penser à la saumure naturelle, mais on peut parler aussi de saumure... Par exemple, quand on fait de la cuisine et qu'on laisse nos choux mariner dans de la saumure, parce qu'on a une eau qui est très salée. Aujourd'hui, il y a plusieurs technologies qu'on a tendance à regrouper sous un grand nom, qui est celle des technologies d'extraction directe de lithium, qui effectivement, en opposition par exemple à ce qu'on avait mentionné, les salards qui sont assez louvaires, donc on va récupérer le lithium en faisant évaporer ces saumures et en récupérant ce qui reste. Là, au contraire, on va appliquer des technologies d'extraction directe qui vont venir capter de manière préférentielle et sélective le lithium dans la saumure. Donc, ils vont laisser tous les autres éléments, tous les autres sels en solution et ils vont extraire uniquement ou quasi uniquement le lithium.

  • Arnaud Montebourg

    Mais alors, j'ai une question. Vous commencez par capturer les calories avant de capturer les molécules de lithium ? Oui. Enfin, les ions de lithium.

  • Clio Bosia

    Tout à fait.

  • Arnaud Montebourg

    Donc, on sert d'abord le réseau. Et puis ensuite, on enlève chimiquement le lithium avant de réinjecter l'eau dans les saumures. Guillaume Borrel, que j'ai rencontré évidemment, c'est le directeur général lithium de France, basé en Alsace, a passé un quart de siècle dans sa vie professionnelle, dans le groupe Schlumberger, l'un des plus grands équipementiers du pétrole, accessoirement français, avant de devenir le patron de toutes les opérations du lithium géothermal en Alsace.

  • Guillaume Borrel

    Il y a une vraie synergie entre ces deux business, le business géothermie d'un côté, le business lithium de l'autre, puisque l'un ne va pas sans l'autre. Une fois qu'on a circulé notre saumure à travers ces échangeurs thermiques pour extraire les calories, puis ce filtre à lithium, on réinjecte la saumure dans son élément naturel, dont on l'a prélevé initialement, et donc on est en boucle fermée au niveau de l'eau géothermale, de cette saumure géothermale.

  • Pierre Brossollet

    Les réserves et les ressources sont suffisamment importantes pour faire de ce projet un projet très significatif dans les besoins de recouvrer notre souveraineté en France sur les métaux critiques et notamment le lithium. Est-ce qu'on réussira à couvrir 30, 40, 60% des besoins français ? Ça dépend d'abord du besoin, donc du nombre de gigafactories et puis évidemment des résidus. des premiers puits et derrière de ce qu'on va découvrir.

  • Arnaud Montebourg

    Mais est-ce que vous estimez que la ressource est renouvelable,

  • Pierre Brossollet

    en lithium ?

  • Arnaud Montebourg

    Renouvelable, c'est-à-dire que l'eau va se recharger ou pas, ou est-ce que c'est un gisement qui va s'épuiser au fil de son exploitation, au fil du temps de son exploitation ?

  • Guillaume Borrel

    Sur l'échelle humaine et même à une échelle géologique, le gisement est fini, il n'est pas infini. Donc oui, il va s'épuiser au bout d'un moment, c'est certain. Aujourd'hui, ce qu'on envisage, ça rejoint la question de tout à l'heure, la nappe du fossé Réunan étant connectée, on a une nappe immense avec un effet de dilution sur des exploitations à 30 ans, 40 ans, qui va être quasiment négligeable. Nous, notre projet, en exploitant le lithium sur nos permis, va nous permettre... sur 30 ans de produire suffisamment de lithium pour alimenter 600 à 700 000 véhicules électriques par an, pendant une trentaine d'années.

  • Arnaud Montebourg

    Renault, qui a pris le leadership en France sur les véhicules électriques depuis longtemps, s'est déjà assurée elle-même auprès d'Arverne-Lithium de France, pour son approvisionnement en cette matière première critique, le lithium, en France, dès 2028, pour ses batteries de voitures électriques. C'est bien moins cher que dans les mines à ciel ouvert en Europe et à peine plus cher que dans les mines du bout du monde, avec des impacts environnementaux et des conditions de travail terribles. C'est simple, ce qu'a réalisé Arverne-Lithium de France, en si peu de temps, c'est du jamais vu en France. Et ils n'ont pas particulièrement été favorisés, comme nous le raconte le président du groupe Arverne, Pierre Brossolet.

  • Pierre Brossollet

    Il aura fallu plus de cinq ans, entre le moment où on a demandé nos permis et le moment où on va mettre le premier coup de pioche au forage, pour réellement débuter, puisque l'aventure opérationnelle débute véritablement au moment où on fore le puits, puisque c'est là où on va vérifier que la ressource est là. C'est un sujet qui est critique, puisque là on parle de course contre la monte, s'agissant de cette transition énergétique, et principalement sous un prisme de souveraineté, parce que pour moi la transition c'est évidemment la décarbonation, mais c'est d'abord une urgence pour remettre la main sur nos systèmes énergétiques, de façon à ne plus dépendre, on va dire, d'un certain nombre de pays qui ne sont pas forcément amis.

  • Arnaud Montebourg

    Oui, car la géothermie permet en même temps que le lithium d'extraire une chaleur qui bénéficie au territoire et au local. Le responsable du développement de Lithium de France, Xavier Goerck, nous raconte qui va en profiter et comment.

  • Xavier Goerke

    Le fait d'avoir de la calorie, ça pérennise l'activité, ça permet d'apporter de l'activité. Parce qu'aujourd'hui, une entreprise qui est mondialement cotée, elle cherche à déduire ses quotas carbone, elle cherche à décarboner sa fourniture d'énergie. Aujourd'hui, le territoire peut proposer ça. Donc ça attire des entreprises et ça attire aussi des collectivités qui aujourd'hui ont besoin d'être rationnelles dans leur consommation énergétique. Et même dans le monde rural où on est, Béchtorf, il y a une piscine, il y a des collectivités, il y a des communs, il y a des bailleurs sociaux. Alors on a tout le terreau. Qui peut bénéficier de ça ? Sans parler de la cerise sur le gâteau, c'est les cultures sous serre, le maraîchage.

  • Arnaud Montebourg

    Lithium de France, la start-up du groupe Arverne, dont je suis fier d'être un associé historique, va créer 200 emplois directs en Alsace et dans ses couloirs, à son siège à Agneau. On croise déjà aussi bien des experts en forage qu'en gestion, ce qui est indispensable pour obtenir les permis. Il y a aussi les responsables du développement pour construire des relations de confiance avec toutes les parties prenantes du territoire. Et dans cette joyeuse équipe d'ingénieurs géophysiciens, Pierre-Henri Roche explique comment ils ont réalisé en deux ans quatre campagnes de mesures en trois dimensions pour débusquer les meilleurs saumures en ayant une sorte d'échographie intérieure, une idée précise du relief du sous-sol jusqu'à trois kilomètres sous nos pieds.

  • Pierre-Henri Roche

    Cette année, une campagne 3D, c'était 167 km² en deux morceaux. C'était à peu près 20 000 géophones déployés. Chaque géophone, on connaît la position en X, Y et Z, c'est-à-dire qu'il y a des personnes qui sont allées mesurer les 20 000 positions et qui ont posé à la main ces 20 000 capteurs et qui les ont récupérés ensuite. Donc, finalement, l'opération d'imagerie va durer une quinzaine de jours, trois semaines grand max, mais il faut commencer deux, trois mois avant.

  • Arnaud Montebourg

    La voisine de bureau de Pierre-Henri est sismologue. C'est Clara Duverger, venue du commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, avec une mission très particulière.

  • Clara Duverger

    L'idée pour ce projet, c'est d'estimer en fonction de nous des contraintes qu'on va infliger à la Terre en injectant de l'eau et en faisant remonter de l'eau du sous-sol. Est-ce que cela perturbe de manière forte le système ou non ? Et quelle serait la sismicité attendue ? en fonction de ces influences qu'on afflige, et essayer de limiter au maximum l'impact qu'on aura sur ces structures.

  • Arnaud Montebourg

    Le visage de l'Alsace va évoluer, va être différent. C'est la réindustrialisation à la française auquel nous avons affaire, par des vrais souverains.

  • Pierre Brossollet

    Le terme souverain s'applique à tous ceux qui travaillent ici. Ils ont quitté leur vie d'avant dans des grands groupes ou autres pour travailler sur un projet de souveraineté. Je pense qu'on fait difficilement mieux. Cette région a vocation à s'appeler la région du lithium.

  • Arnaud Montebourg

    Sur un marché d'énormes opérateurs, Arverne est une pépite qui monte, qui ne demande qu'à faire école au sein d'une filière. Le groupe, coté depuis 2023 en Bourse sur Euronext à Paris, a déjà les permis pour explorer sur 2 000 km² et va forer son premier puits de lithium dans quelques semaines, en parallèle de ces travaux ininterrompus sur les nouvelles technologies. Grâce à ce mélange de matière grise, de vision à long-terme, de risque entrepreneurial, c'est un fleuron français qui est en train de naître sous nos yeux. Il croit et embellit avec notre aide en rendant possible une transition énergétique soutenable et souveraine grâce à ce trésor que nous avons sous nos pieds. Nous avons affaire là, encore une fois, à de vrais souverains.

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Description

Arnaud Montebourg visite Lithium de France à Haguenau. La start-up du groupe Arverne s'apprête à extraire le lithium géothermal des eaux profondes qui alimentent les réseaux de chaleur de la plaine d'Alsace. Elle contribue à organiser en France une transition énergétique souveraine.


Co-réalisé par Renaud Duguet et Maxime Verner.


Générique : Guillaume Bérat.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Arnaud Montebourg

    Bonjour les vrais souverains, je suis Arnaud Montebourg, un homme politique défroqué, comme les curés qui ont quitté l'église. Mais un entrepreneur passionné dans l'agriculture et l'industrie, les deux mamelles nourricières de la République comme aurait pu l'écrire Jules Méline. Laissez-moi vous présenter des gens extraordinaires dont on ne parle malheureusement jamais. Ce sont des entrepreneurs qui sont en train de refaire la France par le bas. Ce sont des syndicalistes, des entrepreneurs, des salariés. Ils prennent des risques. Ils inventent des solutions, leurs initiatives résistent et elles réussissent. J'ai décidé de vous les faire connaître en leur rendant visite comme si vous y étiez. Écoutez-les, aidez-les, soutenez-les et construisons la France, pourquoi pas, avec eux. La chaleur du sous-sol est une richesse inexploitée. Elle nous permettrait pourtant, par le développement de la géothermie, de nous passer du gaz d'importation et de nous débarrasser des 11 millions de chaudières au gaz et au fioul. Mais vous allez le voir, la géothermie exploitée par le groupe Arverne ne donne pas seulement accès à la chaleur, mais aussi diluée dans l'eau chaude à 2 500 mètres, aux terres rares et au lithium. Cette ressource la plus recherchée de la transition énergétique, celle qui fait l'essentiel de nos batteries de voiture jusqu'au téléphone. Comme vous l'avez découvert dans l'épisode précédent des vrais souverains, les équipes de Pierre Brosselet du groupe Arverne ont développé, dans une entreprise française, une expertise unique sur la géothermie. Ce sont des vrais de vrais souverains.

  • Pierre Brossollet

    Nous sommes des pionniers de ce qu'il y a sous terre, du sous-sol, de sous la terre, pour aller chercher des énergies nouvelles, des énergies vertes, des énergies renouvelables, qui sont utiles dans le cadre du renouveau énergétique, du changement de paradigme énergétique que nous sommes en train de vivre. Et on aimerait contribuer à ce qu'on passe d'un système où on a importé et on continue à importer du fossile, on continue à importer du gaz russe, à un système où nous développons nous-mêmes et si possible en circuit court, des énergies non fossiles. C'est ça le groupe Arverne.

  • Arnaud Montebourg

    Cette eau chaude qui bouillonne sous nos pieds est un véritable or bleu. Quand on connaît le prix faramineux de notre dépendance aux hydrocarbures importés, le gaz et le pétrole.

  • Pierre Brossollet

    C'est quand même plus simple d'aller chercher de l'énergie à quelques centaines de mètres ou quelques kilomètres que d'aller le chercher à quelques milliers de kilomètres. C'est une question de contrôle, une question de maîtrise, une question de respect de l'environnement. Donc il y a aussi toutes ces petites vertus ou petites valeurs qui ont contribué aussi à la naissance d'Arverne. Les Romains faisaient de la géothermie. Il suffit d'aller à Chaudzeg pour voir que là, il y a une cité thermale où il y a de l'eau qui sort à 70 degrés. Ils avaient inventé des systèmes avec des pentes, etc. Mais il y avait déjà de la géothermie dans les maisons. Donc en fait, on n'a pas inventé grand chose, si ce n'est les techniques de forage déviées que vous avez vu ce matin. Quelques petits trucs.

  • Arnaud Montebourg

    Tu as pas inventé l'eau chaude, c'est ce que tu es en train de nous dire (rires).

  • Pierre Brossollet

    Merci beaucoup pour ce mot de la fin, c'est exactement ça.

  • Arnaud Montebourg

    En observant les saumures alsaciennes, cette eau enfermée dans le sous-sol à 2 500 mètres, et donc ces eaux géothermales de toute la grande plaine Rhénane, la plaine d'Alsace, les équipes du groupe Arverne ont découvert qu'elles étaient incroyablement riches en lithium. et contenait tous ou presque tous ces éléments classés dans le fameux tableau des terres rares de Mendeleïev. Ce trésor, qui est notre bien commun, devient de plus en plus indispensable à la transition énergétique. Et au moment même où les premières gigafactories s'installent dans la vallée de la batterie dans les Hauts-de-France, nous avons de quoi les alimenter en Alsace, de la France vers la France. Voilà le sens des vrais souverains. Je me suis rendu à Haguenau, en Alsace, au siège de Lithium de France, la filiale d'Arverne, rencontrer Madame Clio Bosia, qui dirige ce projet, spécialisé dans l'extraction de ce lithium géothermal. Elle nous raconte l'incroyable pari technologique de cette start-up qui est passée, en trois ans seulement, de trois salariés à cinquante salariés.

  • Clio Bosia

    Aujourd'hui, je travaille avec mon équipe au développement d'un procédé qui puisse permettre d'extraire le lithium qui est dissous dans les eaux géothermales locales alsaciennes, d'arriver à l'extraire de ces eaux et puis à le convertir dans un sel de lithium qui va intéresser le marché pour rentrer dans les batteries des véhicules électriques, par exemple.

  • Arnaud Montebourg

    Alors, vous allez chercher l'eau à combien de mètres ? Puisque c'est de l'eau de saumure, c'est-à-dire de l'eau enfouie dans les sous-sols qui sert à capturer la chaleur, c'est ça la géothermie ? Oui. Expliquez-nous tout ça.

  • Clio Bosia

    Les fluides géothermaux, vous l'avez dit, ce sont des fluides qui viennent du sous-sol, qui se trouvent dans la région du fossé rhénon à partir d'environ 2,5-3 km de profondeur jusqu'à bien plus profond. Et le lithium, en réalité, le lithium est là depuis bien longtemps. Il vient des roches avec lesquelles ses saumures sont en contact, qui arrivent à s'enrichir en différents sels dans le lithium. Et ce que nous, on a décidé de faire, c'est de l'exploiter. Or, ça fait déjà plusieurs années, plusieurs décennies qu'il existe des opérations de géothermie dans la région, dont on connaît bien les saumures, on connaissait la présence de lithium, mais ça ne fait que très peu d'années que ce lithium, qui est quand même en concentration relativement faible par rapport à des gros gisements qu'on retrouve ailleurs dans le monde, que ce lithium devient intéressant d'un point de vue marché. Dans le monde entier, on a deux ressources principales de lithium, ce qu'on appelle les ressources conventionnelles, qui sont soit de la mine, de la roche dure, et notamment du spodumène, soit en fait des saumures, type des saumures de salards, qui, elles, en fait, vont présenter une concentration en lithium qui est effectivement plus élevée que celle qu'on a ici. La saumure, c'est une eau très salée. C'est une eau qui a une très forte salinité. C'est pour ça qu'on peut penser à la saumure naturelle, mais on peut parler aussi de saumure... Par exemple, quand on fait de la cuisine et qu'on laisse nos choux mariner dans de la saumure, parce qu'on a une eau qui est très salée. Aujourd'hui, il y a plusieurs technologies qu'on a tendance à regrouper sous un grand nom, qui est celle des technologies d'extraction directe de lithium, qui effectivement, en opposition par exemple à ce qu'on avait mentionné, les salards qui sont assez louvaires, donc on va récupérer le lithium en faisant évaporer ces saumures et en récupérant ce qui reste. Là, au contraire, on va appliquer des technologies d'extraction directe qui vont venir capter de manière préférentielle et sélective le lithium dans la saumure. Donc, ils vont laisser tous les autres éléments, tous les autres sels en solution et ils vont extraire uniquement ou quasi uniquement le lithium.

  • Arnaud Montebourg

    Mais alors, j'ai une question. Vous commencez par capturer les calories avant de capturer les molécules de lithium ? Oui. Enfin, les ions de lithium.

  • Clio Bosia

    Tout à fait.

  • Arnaud Montebourg

    Donc, on sert d'abord le réseau. Et puis ensuite, on enlève chimiquement le lithium avant de réinjecter l'eau dans les saumures. Guillaume Borrel, que j'ai rencontré évidemment, c'est le directeur général lithium de France, basé en Alsace, a passé un quart de siècle dans sa vie professionnelle, dans le groupe Schlumberger, l'un des plus grands équipementiers du pétrole, accessoirement français, avant de devenir le patron de toutes les opérations du lithium géothermal en Alsace.

  • Guillaume Borrel

    Il y a une vraie synergie entre ces deux business, le business géothermie d'un côté, le business lithium de l'autre, puisque l'un ne va pas sans l'autre. Une fois qu'on a circulé notre saumure à travers ces échangeurs thermiques pour extraire les calories, puis ce filtre à lithium, on réinjecte la saumure dans son élément naturel, dont on l'a prélevé initialement, et donc on est en boucle fermée au niveau de l'eau géothermale, de cette saumure géothermale.

  • Pierre Brossollet

    Les réserves et les ressources sont suffisamment importantes pour faire de ce projet un projet très significatif dans les besoins de recouvrer notre souveraineté en France sur les métaux critiques et notamment le lithium. Est-ce qu'on réussira à couvrir 30, 40, 60% des besoins français ? Ça dépend d'abord du besoin, donc du nombre de gigafactories et puis évidemment des résidus. des premiers puits et derrière de ce qu'on va découvrir.

  • Arnaud Montebourg

    Mais est-ce que vous estimez que la ressource est renouvelable,

  • Pierre Brossollet

    en lithium ?

  • Arnaud Montebourg

    Renouvelable, c'est-à-dire que l'eau va se recharger ou pas, ou est-ce que c'est un gisement qui va s'épuiser au fil de son exploitation, au fil du temps de son exploitation ?

  • Guillaume Borrel

    Sur l'échelle humaine et même à une échelle géologique, le gisement est fini, il n'est pas infini. Donc oui, il va s'épuiser au bout d'un moment, c'est certain. Aujourd'hui, ce qu'on envisage, ça rejoint la question de tout à l'heure, la nappe du fossé Réunan étant connectée, on a une nappe immense avec un effet de dilution sur des exploitations à 30 ans, 40 ans, qui va être quasiment négligeable. Nous, notre projet, en exploitant le lithium sur nos permis, va nous permettre... sur 30 ans de produire suffisamment de lithium pour alimenter 600 à 700 000 véhicules électriques par an, pendant une trentaine d'années.

  • Arnaud Montebourg

    Renault, qui a pris le leadership en France sur les véhicules électriques depuis longtemps, s'est déjà assurée elle-même auprès d'Arverne-Lithium de France, pour son approvisionnement en cette matière première critique, le lithium, en France, dès 2028, pour ses batteries de voitures électriques. C'est bien moins cher que dans les mines à ciel ouvert en Europe et à peine plus cher que dans les mines du bout du monde, avec des impacts environnementaux et des conditions de travail terribles. C'est simple, ce qu'a réalisé Arverne-Lithium de France, en si peu de temps, c'est du jamais vu en France. Et ils n'ont pas particulièrement été favorisés, comme nous le raconte le président du groupe Arverne, Pierre Brossolet.

  • Pierre Brossollet

    Il aura fallu plus de cinq ans, entre le moment où on a demandé nos permis et le moment où on va mettre le premier coup de pioche au forage, pour réellement débuter, puisque l'aventure opérationnelle débute véritablement au moment où on fore le puits, puisque c'est là où on va vérifier que la ressource est là. C'est un sujet qui est critique, puisque là on parle de course contre la monte, s'agissant de cette transition énergétique, et principalement sous un prisme de souveraineté, parce que pour moi la transition c'est évidemment la décarbonation, mais c'est d'abord une urgence pour remettre la main sur nos systèmes énergétiques, de façon à ne plus dépendre, on va dire, d'un certain nombre de pays qui ne sont pas forcément amis.

  • Arnaud Montebourg

    Oui, car la géothermie permet en même temps que le lithium d'extraire une chaleur qui bénéficie au territoire et au local. Le responsable du développement de Lithium de France, Xavier Goerck, nous raconte qui va en profiter et comment.

  • Xavier Goerke

    Le fait d'avoir de la calorie, ça pérennise l'activité, ça permet d'apporter de l'activité. Parce qu'aujourd'hui, une entreprise qui est mondialement cotée, elle cherche à déduire ses quotas carbone, elle cherche à décarboner sa fourniture d'énergie. Aujourd'hui, le territoire peut proposer ça. Donc ça attire des entreprises et ça attire aussi des collectivités qui aujourd'hui ont besoin d'être rationnelles dans leur consommation énergétique. Et même dans le monde rural où on est, Béchtorf, il y a une piscine, il y a des collectivités, il y a des communs, il y a des bailleurs sociaux. Alors on a tout le terreau. Qui peut bénéficier de ça ? Sans parler de la cerise sur le gâteau, c'est les cultures sous serre, le maraîchage.

  • Arnaud Montebourg

    Lithium de France, la start-up du groupe Arverne, dont je suis fier d'être un associé historique, va créer 200 emplois directs en Alsace et dans ses couloirs, à son siège à Agneau. On croise déjà aussi bien des experts en forage qu'en gestion, ce qui est indispensable pour obtenir les permis. Il y a aussi les responsables du développement pour construire des relations de confiance avec toutes les parties prenantes du territoire. Et dans cette joyeuse équipe d'ingénieurs géophysiciens, Pierre-Henri Roche explique comment ils ont réalisé en deux ans quatre campagnes de mesures en trois dimensions pour débusquer les meilleurs saumures en ayant une sorte d'échographie intérieure, une idée précise du relief du sous-sol jusqu'à trois kilomètres sous nos pieds.

  • Pierre-Henri Roche

    Cette année, une campagne 3D, c'était 167 km² en deux morceaux. C'était à peu près 20 000 géophones déployés. Chaque géophone, on connaît la position en X, Y et Z, c'est-à-dire qu'il y a des personnes qui sont allées mesurer les 20 000 positions et qui ont posé à la main ces 20 000 capteurs et qui les ont récupérés ensuite. Donc, finalement, l'opération d'imagerie va durer une quinzaine de jours, trois semaines grand max, mais il faut commencer deux, trois mois avant.

  • Arnaud Montebourg

    La voisine de bureau de Pierre-Henri est sismologue. C'est Clara Duverger, venue du commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, avec une mission très particulière.

  • Clara Duverger

    L'idée pour ce projet, c'est d'estimer en fonction de nous des contraintes qu'on va infliger à la Terre en injectant de l'eau et en faisant remonter de l'eau du sous-sol. Est-ce que cela perturbe de manière forte le système ou non ? Et quelle serait la sismicité attendue ? en fonction de ces influences qu'on afflige, et essayer de limiter au maximum l'impact qu'on aura sur ces structures.

  • Arnaud Montebourg

    Le visage de l'Alsace va évoluer, va être différent. C'est la réindustrialisation à la française auquel nous avons affaire, par des vrais souverains.

  • Pierre Brossollet

    Le terme souverain s'applique à tous ceux qui travaillent ici. Ils ont quitté leur vie d'avant dans des grands groupes ou autres pour travailler sur un projet de souveraineté. Je pense qu'on fait difficilement mieux. Cette région a vocation à s'appeler la région du lithium.

  • Arnaud Montebourg

    Sur un marché d'énormes opérateurs, Arverne est une pépite qui monte, qui ne demande qu'à faire école au sein d'une filière. Le groupe, coté depuis 2023 en Bourse sur Euronext à Paris, a déjà les permis pour explorer sur 2 000 km² et va forer son premier puits de lithium dans quelques semaines, en parallèle de ces travaux ininterrompus sur les nouvelles technologies. Grâce à ce mélange de matière grise, de vision à long-terme, de risque entrepreneurial, c'est un fleuron français qui est en train de naître sous nos yeux. Il croit et embellit avec notre aide en rendant possible une transition énergétique soutenable et souveraine grâce à ce trésor que nous avons sous nos pieds. Nous avons affaire là, encore une fois, à de vrais souverains.

Description

Arnaud Montebourg visite Lithium de France à Haguenau. La start-up du groupe Arverne s'apprête à extraire le lithium géothermal des eaux profondes qui alimentent les réseaux de chaleur de la plaine d'Alsace. Elle contribue à organiser en France une transition énergétique souveraine.


Co-réalisé par Renaud Duguet et Maxime Verner.


Générique : Guillaume Bérat.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Arnaud Montebourg

    Bonjour les vrais souverains, je suis Arnaud Montebourg, un homme politique défroqué, comme les curés qui ont quitté l'église. Mais un entrepreneur passionné dans l'agriculture et l'industrie, les deux mamelles nourricières de la République comme aurait pu l'écrire Jules Méline. Laissez-moi vous présenter des gens extraordinaires dont on ne parle malheureusement jamais. Ce sont des entrepreneurs qui sont en train de refaire la France par le bas. Ce sont des syndicalistes, des entrepreneurs, des salariés. Ils prennent des risques. Ils inventent des solutions, leurs initiatives résistent et elles réussissent. J'ai décidé de vous les faire connaître en leur rendant visite comme si vous y étiez. Écoutez-les, aidez-les, soutenez-les et construisons la France, pourquoi pas, avec eux. La chaleur du sous-sol est une richesse inexploitée. Elle nous permettrait pourtant, par le développement de la géothermie, de nous passer du gaz d'importation et de nous débarrasser des 11 millions de chaudières au gaz et au fioul. Mais vous allez le voir, la géothermie exploitée par le groupe Arverne ne donne pas seulement accès à la chaleur, mais aussi diluée dans l'eau chaude à 2 500 mètres, aux terres rares et au lithium. Cette ressource la plus recherchée de la transition énergétique, celle qui fait l'essentiel de nos batteries de voiture jusqu'au téléphone. Comme vous l'avez découvert dans l'épisode précédent des vrais souverains, les équipes de Pierre Brosselet du groupe Arverne ont développé, dans une entreprise française, une expertise unique sur la géothermie. Ce sont des vrais de vrais souverains.

  • Pierre Brossollet

    Nous sommes des pionniers de ce qu'il y a sous terre, du sous-sol, de sous la terre, pour aller chercher des énergies nouvelles, des énergies vertes, des énergies renouvelables, qui sont utiles dans le cadre du renouveau énergétique, du changement de paradigme énergétique que nous sommes en train de vivre. Et on aimerait contribuer à ce qu'on passe d'un système où on a importé et on continue à importer du fossile, on continue à importer du gaz russe, à un système où nous développons nous-mêmes et si possible en circuit court, des énergies non fossiles. C'est ça le groupe Arverne.

  • Arnaud Montebourg

    Cette eau chaude qui bouillonne sous nos pieds est un véritable or bleu. Quand on connaît le prix faramineux de notre dépendance aux hydrocarbures importés, le gaz et le pétrole.

  • Pierre Brossollet

    C'est quand même plus simple d'aller chercher de l'énergie à quelques centaines de mètres ou quelques kilomètres que d'aller le chercher à quelques milliers de kilomètres. C'est une question de contrôle, une question de maîtrise, une question de respect de l'environnement. Donc il y a aussi toutes ces petites vertus ou petites valeurs qui ont contribué aussi à la naissance d'Arverne. Les Romains faisaient de la géothermie. Il suffit d'aller à Chaudzeg pour voir que là, il y a une cité thermale où il y a de l'eau qui sort à 70 degrés. Ils avaient inventé des systèmes avec des pentes, etc. Mais il y avait déjà de la géothermie dans les maisons. Donc en fait, on n'a pas inventé grand chose, si ce n'est les techniques de forage déviées que vous avez vu ce matin. Quelques petits trucs.

  • Arnaud Montebourg

    Tu as pas inventé l'eau chaude, c'est ce que tu es en train de nous dire (rires).

  • Pierre Brossollet

    Merci beaucoup pour ce mot de la fin, c'est exactement ça.

  • Arnaud Montebourg

    En observant les saumures alsaciennes, cette eau enfermée dans le sous-sol à 2 500 mètres, et donc ces eaux géothermales de toute la grande plaine Rhénane, la plaine d'Alsace, les équipes du groupe Arverne ont découvert qu'elles étaient incroyablement riches en lithium. et contenait tous ou presque tous ces éléments classés dans le fameux tableau des terres rares de Mendeleïev. Ce trésor, qui est notre bien commun, devient de plus en plus indispensable à la transition énergétique. Et au moment même où les premières gigafactories s'installent dans la vallée de la batterie dans les Hauts-de-France, nous avons de quoi les alimenter en Alsace, de la France vers la France. Voilà le sens des vrais souverains. Je me suis rendu à Haguenau, en Alsace, au siège de Lithium de France, la filiale d'Arverne, rencontrer Madame Clio Bosia, qui dirige ce projet, spécialisé dans l'extraction de ce lithium géothermal. Elle nous raconte l'incroyable pari technologique de cette start-up qui est passée, en trois ans seulement, de trois salariés à cinquante salariés.

  • Clio Bosia

    Aujourd'hui, je travaille avec mon équipe au développement d'un procédé qui puisse permettre d'extraire le lithium qui est dissous dans les eaux géothermales locales alsaciennes, d'arriver à l'extraire de ces eaux et puis à le convertir dans un sel de lithium qui va intéresser le marché pour rentrer dans les batteries des véhicules électriques, par exemple.

  • Arnaud Montebourg

    Alors, vous allez chercher l'eau à combien de mètres ? Puisque c'est de l'eau de saumure, c'est-à-dire de l'eau enfouie dans les sous-sols qui sert à capturer la chaleur, c'est ça la géothermie ? Oui. Expliquez-nous tout ça.

  • Clio Bosia

    Les fluides géothermaux, vous l'avez dit, ce sont des fluides qui viennent du sous-sol, qui se trouvent dans la région du fossé rhénon à partir d'environ 2,5-3 km de profondeur jusqu'à bien plus profond. Et le lithium, en réalité, le lithium est là depuis bien longtemps. Il vient des roches avec lesquelles ses saumures sont en contact, qui arrivent à s'enrichir en différents sels dans le lithium. Et ce que nous, on a décidé de faire, c'est de l'exploiter. Or, ça fait déjà plusieurs années, plusieurs décennies qu'il existe des opérations de géothermie dans la région, dont on connaît bien les saumures, on connaissait la présence de lithium, mais ça ne fait que très peu d'années que ce lithium, qui est quand même en concentration relativement faible par rapport à des gros gisements qu'on retrouve ailleurs dans le monde, que ce lithium devient intéressant d'un point de vue marché. Dans le monde entier, on a deux ressources principales de lithium, ce qu'on appelle les ressources conventionnelles, qui sont soit de la mine, de la roche dure, et notamment du spodumène, soit en fait des saumures, type des saumures de salards, qui, elles, en fait, vont présenter une concentration en lithium qui est effectivement plus élevée que celle qu'on a ici. La saumure, c'est une eau très salée. C'est une eau qui a une très forte salinité. C'est pour ça qu'on peut penser à la saumure naturelle, mais on peut parler aussi de saumure... Par exemple, quand on fait de la cuisine et qu'on laisse nos choux mariner dans de la saumure, parce qu'on a une eau qui est très salée. Aujourd'hui, il y a plusieurs technologies qu'on a tendance à regrouper sous un grand nom, qui est celle des technologies d'extraction directe de lithium, qui effectivement, en opposition par exemple à ce qu'on avait mentionné, les salards qui sont assez louvaires, donc on va récupérer le lithium en faisant évaporer ces saumures et en récupérant ce qui reste. Là, au contraire, on va appliquer des technologies d'extraction directe qui vont venir capter de manière préférentielle et sélective le lithium dans la saumure. Donc, ils vont laisser tous les autres éléments, tous les autres sels en solution et ils vont extraire uniquement ou quasi uniquement le lithium.

  • Arnaud Montebourg

    Mais alors, j'ai une question. Vous commencez par capturer les calories avant de capturer les molécules de lithium ? Oui. Enfin, les ions de lithium.

  • Clio Bosia

    Tout à fait.

  • Arnaud Montebourg

    Donc, on sert d'abord le réseau. Et puis ensuite, on enlève chimiquement le lithium avant de réinjecter l'eau dans les saumures. Guillaume Borrel, que j'ai rencontré évidemment, c'est le directeur général lithium de France, basé en Alsace, a passé un quart de siècle dans sa vie professionnelle, dans le groupe Schlumberger, l'un des plus grands équipementiers du pétrole, accessoirement français, avant de devenir le patron de toutes les opérations du lithium géothermal en Alsace.

  • Guillaume Borrel

    Il y a une vraie synergie entre ces deux business, le business géothermie d'un côté, le business lithium de l'autre, puisque l'un ne va pas sans l'autre. Une fois qu'on a circulé notre saumure à travers ces échangeurs thermiques pour extraire les calories, puis ce filtre à lithium, on réinjecte la saumure dans son élément naturel, dont on l'a prélevé initialement, et donc on est en boucle fermée au niveau de l'eau géothermale, de cette saumure géothermale.

  • Pierre Brossollet

    Les réserves et les ressources sont suffisamment importantes pour faire de ce projet un projet très significatif dans les besoins de recouvrer notre souveraineté en France sur les métaux critiques et notamment le lithium. Est-ce qu'on réussira à couvrir 30, 40, 60% des besoins français ? Ça dépend d'abord du besoin, donc du nombre de gigafactories et puis évidemment des résidus. des premiers puits et derrière de ce qu'on va découvrir.

  • Arnaud Montebourg

    Mais est-ce que vous estimez que la ressource est renouvelable,

  • Pierre Brossollet

    en lithium ?

  • Arnaud Montebourg

    Renouvelable, c'est-à-dire que l'eau va se recharger ou pas, ou est-ce que c'est un gisement qui va s'épuiser au fil de son exploitation, au fil du temps de son exploitation ?

  • Guillaume Borrel

    Sur l'échelle humaine et même à une échelle géologique, le gisement est fini, il n'est pas infini. Donc oui, il va s'épuiser au bout d'un moment, c'est certain. Aujourd'hui, ce qu'on envisage, ça rejoint la question de tout à l'heure, la nappe du fossé Réunan étant connectée, on a une nappe immense avec un effet de dilution sur des exploitations à 30 ans, 40 ans, qui va être quasiment négligeable. Nous, notre projet, en exploitant le lithium sur nos permis, va nous permettre... sur 30 ans de produire suffisamment de lithium pour alimenter 600 à 700 000 véhicules électriques par an, pendant une trentaine d'années.

  • Arnaud Montebourg

    Renault, qui a pris le leadership en France sur les véhicules électriques depuis longtemps, s'est déjà assurée elle-même auprès d'Arverne-Lithium de France, pour son approvisionnement en cette matière première critique, le lithium, en France, dès 2028, pour ses batteries de voitures électriques. C'est bien moins cher que dans les mines à ciel ouvert en Europe et à peine plus cher que dans les mines du bout du monde, avec des impacts environnementaux et des conditions de travail terribles. C'est simple, ce qu'a réalisé Arverne-Lithium de France, en si peu de temps, c'est du jamais vu en France. Et ils n'ont pas particulièrement été favorisés, comme nous le raconte le président du groupe Arverne, Pierre Brossolet.

  • Pierre Brossollet

    Il aura fallu plus de cinq ans, entre le moment où on a demandé nos permis et le moment où on va mettre le premier coup de pioche au forage, pour réellement débuter, puisque l'aventure opérationnelle débute véritablement au moment où on fore le puits, puisque c'est là où on va vérifier que la ressource est là. C'est un sujet qui est critique, puisque là on parle de course contre la monte, s'agissant de cette transition énergétique, et principalement sous un prisme de souveraineté, parce que pour moi la transition c'est évidemment la décarbonation, mais c'est d'abord une urgence pour remettre la main sur nos systèmes énergétiques, de façon à ne plus dépendre, on va dire, d'un certain nombre de pays qui ne sont pas forcément amis.

  • Arnaud Montebourg

    Oui, car la géothermie permet en même temps que le lithium d'extraire une chaleur qui bénéficie au territoire et au local. Le responsable du développement de Lithium de France, Xavier Goerck, nous raconte qui va en profiter et comment.

  • Xavier Goerke

    Le fait d'avoir de la calorie, ça pérennise l'activité, ça permet d'apporter de l'activité. Parce qu'aujourd'hui, une entreprise qui est mondialement cotée, elle cherche à déduire ses quotas carbone, elle cherche à décarboner sa fourniture d'énergie. Aujourd'hui, le territoire peut proposer ça. Donc ça attire des entreprises et ça attire aussi des collectivités qui aujourd'hui ont besoin d'être rationnelles dans leur consommation énergétique. Et même dans le monde rural où on est, Béchtorf, il y a une piscine, il y a des collectivités, il y a des communs, il y a des bailleurs sociaux. Alors on a tout le terreau. Qui peut bénéficier de ça ? Sans parler de la cerise sur le gâteau, c'est les cultures sous serre, le maraîchage.

  • Arnaud Montebourg

    Lithium de France, la start-up du groupe Arverne, dont je suis fier d'être un associé historique, va créer 200 emplois directs en Alsace et dans ses couloirs, à son siège à Agneau. On croise déjà aussi bien des experts en forage qu'en gestion, ce qui est indispensable pour obtenir les permis. Il y a aussi les responsables du développement pour construire des relations de confiance avec toutes les parties prenantes du territoire. Et dans cette joyeuse équipe d'ingénieurs géophysiciens, Pierre-Henri Roche explique comment ils ont réalisé en deux ans quatre campagnes de mesures en trois dimensions pour débusquer les meilleurs saumures en ayant une sorte d'échographie intérieure, une idée précise du relief du sous-sol jusqu'à trois kilomètres sous nos pieds.

  • Pierre-Henri Roche

    Cette année, une campagne 3D, c'était 167 km² en deux morceaux. C'était à peu près 20 000 géophones déployés. Chaque géophone, on connaît la position en X, Y et Z, c'est-à-dire qu'il y a des personnes qui sont allées mesurer les 20 000 positions et qui ont posé à la main ces 20 000 capteurs et qui les ont récupérés ensuite. Donc, finalement, l'opération d'imagerie va durer une quinzaine de jours, trois semaines grand max, mais il faut commencer deux, trois mois avant.

  • Arnaud Montebourg

    La voisine de bureau de Pierre-Henri est sismologue. C'est Clara Duverger, venue du commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, avec une mission très particulière.

  • Clara Duverger

    L'idée pour ce projet, c'est d'estimer en fonction de nous des contraintes qu'on va infliger à la Terre en injectant de l'eau et en faisant remonter de l'eau du sous-sol. Est-ce que cela perturbe de manière forte le système ou non ? Et quelle serait la sismicité attendue ? en fonction de ces influences qu'on afflige, et essayer de limiter au maximum l'impact qu'on aura sur ces structures.

  • Arnaud Montebourg

    Le visage de l'Alsace va évoluer, va être différent. C'est la réindustrialisation à la française auquel nous avons affaire, par des vrais souverains.

  • Pierre Brossollet

    Le terme souverain s'applique à tous ceux qui travaillent ici. Ils ont quitté leur vie d'avant dans des grands groupes ou autres pour travailler sur un projet de souveraineté. Je pense qu'on fait difficilement mieux. Cette région a vocation à s'appeler la région du lithium.

  • Arnaud Montebourg

    Sur un marché d'énormes opérateurs, Arverne est une pépite qui monte, qui ne demande qu'à faire école au sein d'une filière. Le groupe, coté depuis 2023 en Bourse sur Euronext à Paris, a déjà les permis pour explorer sur 2 000 km² et va forer son premier puits de lithium dans quelques semaines, en parallèle de ces travaux ininterrompus sur les nouvelles technologies. Grâce à ce mélange de matière grise, de vision à long-terme, de risque entrepreneurial, c'est un fleuron français qui est en train de naître sous nos yeux. Il croit et embellit avec notre aide en rendant possible une transition énergétique soutenable et souveraine grâce à ce trésor que nous avons sous nos pieds. Nous avons affaire là, encore une fois, à de vrais souverains.

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