- Speaker #0
Mais là, il arrive dans l'inconnu, comme nous tous, comme nos organisateurs. Il arrive dans l'inconnu et puis il en a bavé, beaucoup plus que sur marathon même, parce que je me souviens, dans la côte de Cornus, il est déjà cintré, il fait chaud en plus, il a soif, parce que personne ne sait vraiment comment gérer ce genre de choses. Et il finit vraiment dans la douleur. Et ce grand moment, il est porté, il a deux doigts vers le ciel, il rentre dans une petite histoire au départ qui va devenir une brandisse. histoire, c'est une belle lettre qui est écrite ce jour-là.
- Speaker #1
Salut à toutes les trailers et à tous les trailers, c'est Nico au micro et vous écoutez Let's Trail, le podcast. Pour ce projet consacré 100% à la pratique et à la communauté du trail running, j'ai décidé de partir à la rencontre des différentes personnalités qui constituent ce milieu. Trailers inconnus, organisateurs de courses, athlètes de très haut niveau ou encore figures médiatiques, je souhaite vous faire bénéficier de cette opportunité. leur expérience à travers un entretien au format long qui nous permettra de vous faire découvrir plusieurs aspects de mes invités et ainsi connaître leurs histoires, leurs peurs, leurs motivations et leurs petits secrets. Pour constituer une réelle communauté autour de ce projet, Charles de Litte Je vous demande de participer à votre manière en notant avec 5 étoiles et en mettant un petit commentaire sur Apple Podcasts ou en vous inscrivant à la newsletter mensuelle. Et passons maintenant à la présentation de l'amitié du jour. Aujourd'hui, j'ai l'honneur de recevoir un des personnages historiques du monde du trail, journaliste et photographe, il est le créateur des magazines V.O. de Run et Endurance et du site internet SPE15 en 2015 consacré au dopage dans le monde de l'athlétisme et de la course à pied. Il est en premier lieu, et c'est ce qui nous intéresse le plus, le créateur et le fondateur avec son épouse Odile Baudry. du festival des Templiers en 1995. Nous allons évoquer son immense expérience du milieu puisqu'il fait partie des pionniers de la discipline. Remerciements tout particulier à monsieur Fred Bousso qui a permis cette rencontre. Je ne vais pas vous faire patienter plus longtemps et je laisse place à ma conversation avec Gilles Bertrand. Aujourd'hui je reçois Gilles Bertrand. Monsieur Bertrand bonjour et je vous remercie d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #0
D'abord, il ne faut pas dire monsieur,
- Speaker #1
Gilles, ça me suffit. Alors Gilles, ça suffit. Merci. Alors bonjour Gilles et merci encore d'être présent parmi nous.
- Speaker #0
C'est moi qui vous remercie d'arriver de cette façon chez nous, dans notre territoire des Templiers.
- Speaker #1
D'accord. Déjà, petite question. Comment se passe le confinement chez vous ? Comment vous vivez la situation ? Parce que pour ceux qui écouteront l'épisode bien après, on est en pleine période du coronavirus et en confinement, comment ça se passe chez vous ?
- Speaker #0
Alors moi, j'ai une situation un peu particulière parce que je suis encore journaliste. Donc... Même la veille du confinement, j'ai débuté un travail de journaliste pour raconter la vie du confinement à Millau. Donc en fait, tous les jours, je fais un reportage et je publie tous les jours. Donc au départ... Je pense que les trois premiers jours, j'ai fait des images dans Millau, où effectivement il y avait plus grand personne dans les rues. Et puis au quatrième jour, j'ai commencé une première rencontre, puis une seconde, soit dans des aspects sociaux, des gens qui me connaissaient, gens qui sont en souffrance, ou bien des commerçants, petits industriels qui sont également en grande difficulté actuellement, qui sont dans un grand questionnement. Hier et ce matin, j'ai rédigé mon dernier sujet qui paraîtra ce soir sur un petit hameau sur le Larzac. Il s'appelle Saint-Martin-du-Larzac, où il y a sept personnes qui vivent là. Et tout simplement, j'ai été voir comment se passait le confinement pour ces gens-là. Il y a un éleveur, il y a un retraité, et puis il y a deux couples qui vivent dans des maisons isolées. Je vais dans des univers très différents. Avant-hier, j'ai fait la cellule Allo Senior qui permet aux personnes âgées d'être en contact avec les services de la mairie si elles sont en difficulté. Mon quotidien est très occupé. Pour moi, le confinement n'existe pas. Je suis un privilégié.
- Speaker #1
D'accord. Pour ceux qui ne me connaissent pas, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
- Speaker #0
En quelques mots, c'est compliqué. Moi je suis d'abord avant tout un journaliste et photographe, parce que j'ai une longue carrière, j'ai 30 ans, je vais dire 25. ans dans le milieu du sport et principalement dans l'athlétisme, même si j'ai travaillé en Chine dans plusieurs sports. Et puis depuis six ans, avec Odile Baudrier, mon épouse, on a créé le site SP15 et moi je me suis écarté de cette voie pour vraiment consacrer à l'écriture et à la photo dans le domaine sociétal. d'aller plus dans la société civile et me confronter à des univers les plus divers et variés. Et en même temps, à côté, je suis organisateur depuis l'âge de 23 ans, parce que j'ai créé ma première course à 23 ans, et je n'ai cessé d'organiser, de créer, d'avoir des projets dans le domaine événementiel, que ce soit petit associatif ou grand événement comme les Templiers. Là, on est plus dans une dimension entrepreneuriale avec un vrai projet, même si c'est encore en structure associative, avec une vision, avec le souci de porter ce projet vraiment loin parce qu'on a une richesse entre les mains. C'est tellement riche d'enseignements personnels, c'est riche de porter un projet comme ça pour notre territoire, à titre personnel aussi, avec mon équipe. Je suis très investi dans ce projet.
- Speaker #1
D'accord, merci. Dans le podcast, j'ai l'habitude de commencer par le début, on va dire. Est-ce que vous pourriez un petit peu nous parler de votre enfance, de votre parcours qui vous a amené à être journaliste aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors moi, je suis né à Meun-sur-Yèvre. C'est une petite commune du Cher entre Vierzon et Bourges. Alors moi, je suis fils d'ouvrier. Ma mère, mécanicienne en confection. Mon père, ouvrier en métallurgie. Donc enfance très modeste, adolescence un peu compliquée avec l'envie déjà de faire le tour du monde. J'étais porté par ça. Donc l'athlétisme à 11 ans, je découvre le fond à 16 ans et demi parce que je suis originaire d'une région où on a quelque chose qui est un peu semblable à la Saint-Élion, qui s'appelle Bourg-Chanceyre, mais qui ne réunit que des randonneurs. Donc moi à 16 ans et demi j'ai fait ça, et là ça a été vraiment un grand déclic. Donc je débute par la marche athlétique de compétition. Donc à 17, 18 ans, 19 ans, je fais déjà des 50 km, des 6 heures. En même temps je suis des études de géographie physique à la faculté de Tours. Et là je coudoie des coureurs à pied, et je côtoie les premiers coureurs sur route de l'époque qui m'embarquent sur le premier semi-marathon. à Vierzon premier semi-marathon, j'ai 19 ans un deuxième semi-marathon 15 jours après à Châtellerault où je fais 1h28 je crois sans entraînement, spécifique sur ce mode de progression parce que moi j'étais marcheur donc j'étais un peu bloqué à 10h30-11h et là j'étais obligé de courir entre 14 et 15 à l'époque. Et je suis devenu très vite marathonien. J'ai arrêté mes études à la licence que j'ai eue. Donc là, j'étais un long moment à me chercher. J'ai fait deux fois la traversée de l'Afrique en stop avec mon épouse. Elle, en parallèle de ça, elle avait été recrutée par la Banque de France. Elle a fait quelques années à la Banque de France avant de me rejoindre. Donc là, je simplifie parce que ce sont des parcours assez chaotiques. Les éléments déclencheurs pour me retrouver dans cet univers de la course à pied et du journalisme, c'est la création, je l'ai évoqué brièvement, De ma première épreuve sportive avec un journaliste de Rodez, Jean-Pierre Rech, nous créons ensemble ce qui s'appelait le Petit Tour du Royaume. C'était une course par équipe de cinq qui faisait un petit tour de l'Aveyron Nord sur cent... sur 120 km. En fait, on s'était inspiré de ce qui existait à l'époque, c'était une course en relais en Bretagne, qui traversait la Bretagne. Donc on avait dupliqué cette formule de relais. Et c'était en quelle année ce premier événement ? C'était en... 79. 79. 78-79, oui. J'avais 23 ans. Et en fait, en créant cette épreuve, on s'aperçoit qu'il y a pas mal d'épreuves qui émergent en France. je crois qu'il y a déjà à peu près 250-300 épreuves sur route. Et en fait, il n'existait strictement rien pour connaître les dates, comment s'inscrire. Il existait à l'époque une première revue de course à pied qui s'appelait Spiridon. dans laquelle vous avez travaillé à laquelle j'avais commencé à collaborer parce que quand j'ai traversé l'Afrique en stock j'avais fait mes premiers reportages en Ethiopie en Tanzanie et aux Haïrs donc je connaissais le rédacteur donc on lui a fait part de notre projet de créer un agenda parce qu'à l'époque Il n'y avait pas internet, il n'y avait pas les montres connectées, il n'y avait pas Strava. Donc on dotait tout simplement notre entraînement sur des petits calepins. Donc l'idée avait été de créer un agenda avec une maquette pour mettre dans des petites cases tous les jours son entraînement et puis d'adjoindre à ce carnet d'entraînement le premier guide qui recensait les courses qui étaient organisées en France.
- Speaker #1
C'était des courses que sur route ?
- Speaker #0
Oui, à l'époque, il y avait des courses sur route et des courses de montagne. À l'époque, les courses de montagne étaient déjà existantes, comme les crêtes Vosgiennes, le Canigou, le Nid d'Aigle. Ce sont les premières épreuves qui ont été créées en France. Même certaines étaient vraiment historiques, puisque comme le Canigou, c'est une épreuve qui est, je ne dirais pas qu'est centenaire, je ne connais pas la date, mais qui est vraiment très ancienne, qui est inscrite dans le patrimoine. du pays catalan donc voilà on a eu ce projet d'édition qui a de suite trouvé son public parce qu'en fait il y avait un vrai manque et puis le running explosait totalement puisque ça a été la première grande vague du running en France avec la création des grands marathons notamment Paris que moi j'ai dû faire en 79, 80 quelque chose comme ça et donc là on a vraiment mis un pied tous les deux avec Jean-Pierre et déjà Odile qui travaille travaillait en plus de son emploi à la Banque de France et collaborait déjà dans l'ombre à la rédaction de ce guide, qui était un guide annuel, qui a de suite trouvé son public et qui a été un vrai succès. Et on a fait ça pendant dix ans. Et ce guide, il était diffusé comment ?
- Speaker #1
Par quels moyens ?
- Speaker #0
Alors, on le diffusait principalement par abonnement et on le diffusait dans les premiers magasins. running comme par exemple boutique marathon de Raymond de Cornou. A l'époque elle était en bas de Montmartre et ensuite elle est partie dans un autre arrondissement de Paris donc il y avait quelques boutiques comme celle-ci qui était, il y en avait très peu, il y avait Thaès à Marseille. Merci. ou mandat peut-être, j'ai oublié les noms, désolé. Mais il n'y avait que quelques pionniers qui avaient déjà ouvert les premières boutiques running en France, dans lesquelles on était vendu, et après il y avait quelques... Je me demande si on n'était pas déjà vendu à la FNAC également, puisqu'on avait fait une émission à la FNAC, on avait fait une table ronde dans une des FNAC. Mais notre principale source de vente, c'était la vente par correspondance. Alors pour l'anecdote, on avait déjà des fichiers conséquents, puisqu'on avait déjà des fichiers avec plusieurs milliers de noms, mais en fait on fonctionnait à l'époque, on n'était pas informatisés. Les premiers ordinateurs domestiques n'existaient à peine, ils étaient très chers. Et on avait des grands bacs dans lesquels on avait des petites fiches. Et donc on cherchait les numéros comme ça. Là, on ne voit pas mon geste qui mime le fait de chercher les petites fiches avec tous les noms. Et donc on inscrivait la commande de la personne. Et après, au début, on a fait les étiquettes à la main. Et après, assez vite, on a acheté notre premier ordinateur qui s'était invité. et on a pu gérer nos fichiers sur ordinateur. C'est ma femme qui a créé les premiers fichiers avec un système qui s'appelait DBase, qui était vraiment archaïque. Et donc, on éditait nos données. Oui, exactement. Et donc, en 1989, moi, j'étais un... J'étais un grand lecteur de magazines. A l'époque, il existait un magazine qui s'appelait Actuel, qui était un peu l'équivalent de Society aujourd'hui, mais en plus dense, plus riche et plus ouvert sur le monde. Moi, j'étais vraiment fan de ce magazine et je rêvais d'être un reporter comme les grands reporters, comme Bizot, comme les grands reporters de ce magazine. Moi, je rêvais d'être l'un des leurs. Et notamment, je me souviens, il y a un des grands reportages que j'avais lu dans Actuel, qui était un reportage qui se passait à Kinshasa, qui était sur la musique de Kinshasa, sur la rumba, sur les grands groupes de rumbas aéroises. Et moi déjà j'étais fan de cette musique, et j'animais déjà une émission sur une radio locale qui s'appelait « Quand un Zoulou aime sa doudou » . Cet article avait été une vraie révélation pour moi. C'est vraiment ça que je veux faire. Donc j'ai fait de la patience pour créer ce magazine et me libérer et partir à la conquête du monde, mais dans mon domaine à moi, c'est-à-dire ma passion, l'athlétisme et la course à pied. En 1989, j'ai réussi à convaincre Jean-Pierre qu'on puisse créer ce magazine qui s'est donc appelé VO2 et qu'on a créé en mars 1989. Là, ça a été le début d'une grande aventure. Vous étiez trois à la création de ce magazine, alors. Vous étiez votre femme, Jean-Pierre,
- Speaker #1
et vous.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et le premier, au numéro deux, avec Odile, on part en Afrique du Sud. Et je fais mon premier reportage engagé, vraiment, à Soweto, avec les coureurs noirs sud-africains. Je rencontre Xolile Yawa, je rencontre Mathieu Smotswarate, qui avait été... à l'époque recordman du monde du 10 km et je fais et on fait tous les deux avec Odile l'interview de Mark Plages qui était un métis sud-africain qui vivait dans un township au nord de Johannesburg et on le rencontre on fait notre premier grand interview en plus il avait une vraie symbolique parce que c'était un grand militant anti-apartheid qui ensuite a immigré aux Etats-Unis et il a gagné il a été champion du monde de marathon Merci. en Allemagne l'année je ne me souviens plus avec le maillot américain et deux mois plus tard on part au Kenya et là on rencontre Kip Kaino à Eldoret pareil sans pratiquement pas d'adresse à la débrouillardise c'est à dire tout ce qu'on avait appris dans nos voyages en Afrique c'était savoir se débrouiller et partir à l'aventure et remonter le fil de l'info comme ça et trouver la personne. Et c'est là où je fais aussi mon premier reportage dans un petit meeting d'athlétisme. C'était à Kakamega, à la frontière de l'Ouganda. Et puis après c'est parti. Et donc de là, pour suivre le fil de ces grands reportages qui s'enchaînent, c'est là où nous partons au Leadville Trail. Dans le Colorado ? Oui, parce qu'à l'époque j'étais abonné à... à Ultra Running, qui a été la première grande revue d'Ultra créée dans les années 70. C'était une sorte de fanzine qu'on recevait tous les... c'était mensuel. Je me souviens, moi j'avais une excitation absolument terrible. J'attendais, j'attendais ce magazine. Pour moi, c'est... C'était un peu comme Spiridon, j'attendais ça pour être informé, pour être connecté avec le monde. Aujourd'hui, on a tout dans la fraction de seconde et nous, nous devions attendre vraiment longtemps. Et franchement, les jours qui précédaient l'arrivée par la poste du magazine, on avait une vraie impatience. Donc c'est comme ça que je découvre le trail, le Sandman, comme la Western State, le Wasatch, le Leadville, etc. Et en août 60. En août 1989, on fait notre premier reportage là-bas. Et l'année suivante, on enchaîne par la West Ham State. et c'est de là où j'ai le désir d'organiser une course de trail bon ça se fait pas parce que alors je présente mon dossier à la mairie de Millau il me semble que quand vous proposez
- Speaker #1
votre dossier vous aviez dans l'idée initialement de ne pas faire uniquement un trail mais une course avec plusieurs activités, c'est ça je me trompe ?
- Speaker #0
c'est ça oui, on avait appelé ça le festival de l'endurance et tout devait se passer à Millau Merci. Et donc on devait faire de la course à pied. L'idée c'était, je m'étais inspiré du Leadville, c'est-à-dire de faire un aller-retour, de Millau et aller jusqu'à notre sommet symbolique qu'on a ici, 1600 mètres d'altitude, c'est un petit peu moins, c'est le moins égal. Donc c'était un aller-retour, donc à pied. VTT, parce que moi j'étais déjà un fan de VTT, et en plus je pratiquais un peu en compétition, et en plus j'avais déjà créé une course là-bas sur le Cosnoir, pas très loin d'où se passent les Templiers maintenant. Et ça a été d'ailleurs une des toutes premières courses de VTT, ça s'appelait la Rock'n'Bike. Et puis également d'y associer les cavaliers. C'était un grand projet, je le reconnais. Et puis ce projet a été retoqué et c'est vrai que mon collègue Jean-Pierre était vraiment pas chaud parce qu'il trouvait ça trop gros, trop grand, trop ambitieux. Donc on a mis ça en sommeil. Le rapport avec les cavaliers, c'est un rapport avec la Western State qui initialement était une course faite en cheval, c'est ça le lien ? Tout à fait, exactement. C'était exactement ça et je trouvais qu'on était en plus capable de montrer comment on peut... découvrir nos grands courses, soit en VTT, soit à pied, en courant ou en randonnant, ou soit en étant cavalier. Et donc ce premier dossier retoqué, quelle est votre réaction et la suite ? Je n'ai pas insisté, je pense que j'étais aussi très engagé dans VO2. C'était du bricolage, VO2, c'était pas beaucoup d'argent, pas beaucoup de revenus. Le titre perdait beaucoup d'argent au début. C'était notre agenda guide qui ramenait l'argent en fait. Puis après on avait développé... une petite boutique de vente par correspondance pour éponger les déficits du départ par exemple on avait créé des les premiers collants hivernaux. J'avais la chance d'avoir une sœur qui était styliste. Elle avait dessiné les premiers collants. À l'époque, la tenue du coureur, ce n'était pas de porter des collants. C'était assez mal vu de se balader avec des collants qui moulent un peu. Moi, je me suis dit pourquoi on ne porterait pas ? Je faisais aussi du ski de fond et on portait déjà des combinaisons en lycra. assez saillante et je me disais pourquoi on ne porterait pas ça en courant alors qu'on avait des joggings qui étaient assez informes en coton transpirés là-dedans, donc ce n'était pas très confortable donc on a créé une petite boutique comme ça qui a vraiment bien marché et qui a épaulé la vie, la survie du magazine parce qu'au début ce n'était vraiment pas ça et puis Dans VO2, en fait, on a popularisé au départ par les deux grands articles que nous avions réalisés sur la Western et le Leadville, on a fait connaître le trail. Et là, des organisateurs français se sont emparés de l'idée. C'est donc Agilondas, Frédéric Boucher qui a créé le grand raid d'Antel Ventoux. Et un jour, il me téléphone, il organise une course. qui était une course un peu terroir découverte du vignoble, au pied du Ventoux. J'avais même fait un sujet chez lui, et il me dit, voilà, tu as parlé d'un truc, nous on peut faire ça chez nous, est-ce que tu peux m'expliquer ? Donc je l'avais rencontré, et je lui ai expliqué comment ça se passait un trait. Et lui, il avait créé le RAID, le RAID d'Antel Ventoux. Je dis bien RAID parce qu'à l'époque, on ne disait pas du tout RAID. En fait, on faisait les premières grandes épreuves organisées en France. Ils se sont appelés RAID parce que... Il y avait donc à La Réunion le grand raid de La Réunion, qui avait pris le mot raid, dans les Pyrénées aussi. Puis aux États-Unis, le mot trail était peu utilisé finalement, puisqu'on préférait dire Endurance Run, 100 miles, Endurance Run. C'était plutôt le titre générique pour appeler une épreuve de trail. Voilà, quelques épreuves se créent en France. Et... Moi, il y a quelque chose qui se passe dans ma vie familiale. Je vais adopter une petite fille au Tchad, Anaïs, qui avait deux mois. Et en revenant, avec Odile dans l'avion, on se dit comment pouvons-nous aider cette ONG qui est installée là-bas au Tchad, qui vit avec pas beaucoup de moyens, qui donc gère un centre, l'orphelinat, un centre de PMI. une école pour former des artisans, un centre d'éducation pour les jeunes filles, etc. dans le sud également, à Comras. Que pouvons-nous faire ? Et c'est là qu'on décide d'ouvrir le tiroir, de ressortir le dossier de l'épreuve que nous souhaitions faire à Nio. Et puis là, le projet prend forme, on réfléchit un peu plus à ce que doit être l'épreuve. Alors on enlève le vélo, on enlève les chevaux. Et... On s'inspire plus de ce qu'ont fait les Américains Hector Trail, c'est-à-dire s'ancrer dans une histoire, c'est-à-dire de partir soit d'un sentier historique ou s'accrocher à l'histoire pour raconter, pour raconter également une histoire, pour témoigner sur du patrimoine. Et c'est pour ça que nous allons sur le Lorzac et que la première édition, en 1995, propose un circuit qui, grosso modo, fait le tour des cités templières. ça c'est une grande étape de notre vie évidemment c'est à ce moment là qu'est décidé le nom et le thème de la course et ce sont également 95 surtout 96 nos grandes années pour VO2 96 c'est les JO d'Atlanta c'est le titre là vraiment à décoller c'est nos plus grosses ventes en amont dans le preview et après les JO ou où franchement on fait un excellent travail journalistique on était capable de par notre expertise d'être capable de faire Un sujet sur toutes les disciplines, en plus c'est vrai que moi j'étais beaucoup spécialisé sur le Kenya et Odile et moi sur les Etats-Unis, donc on avait été sur les Triols dès 92 à la Nouvelle-Orléans. Moi j'avais été faire un sujet sur l'inauguration du stade d'Atlanta, j'avais été faire les Triols à Sacramento. On avait déjà été faire pas mal de sujets aux Etats-Unis sur Mike Conley, qui était encore maître du monde du triple saut. Je ne vais pas citer tous les noms, mais on avait une bonne expertise. Et là, vraiment, le titre V.O. 200 vole. Là, vraiment, c'est un magazine qui est établi, on est reconnu. Et franchement, les rêves que j'avais... de faire de la presse avec des grands sujets, d'investigations, des grandes enquêtes. Et d'être dans les grands rendez-vous, c'est un rêve de gamin. Moi, je me souviens, mes parents n'avaient pas beaucoup d'argent, mais ils m'avaient offert un livre. C'était dans des petites collections qui existaient à l'époque, des petites collections roses ou vertes, je ne sais plus exactement. C'était l'histoire d'un journaliste qui partait au Gio de Mexico, il racontait sa vie. Mais moi, ce livre, c'était pour moi... le rêve absolu que je pouvais atteindre. Et vous l'avez réalisé ce rêve. Oui, exactement. Et moi qui viens d'un milieu extrêmement modeste, pour moi franchement, je l'ai franchi une grande étape. 95 est emplié, 95 à Atlanta, avec la réussite journalistique. Ce sont deux grandes étapes dans ma carrière. Je le reconnais.
- Speaker #1
95, l'année de la consécration ou le début des gros projets qui ont changé votre vie ?
- Speaker #0
En fait... Oui, en fait, VOD, on est déjà sur un gros projet parce qu'on n'a pas peur, on se frotte à l'équipe. Franchement, on est au carton, dans les mix-up zones. Moi, photographe, je me bats comme un diable, alors qu'au JO, par exemple, on est 300 photographes, c'est un peu la jungle, il faut se battre. Franchement, on va au contact et on ramène l'info et vraiment, on est pertinent. Moi, je me souviens sur Gale Diverse. que j'avais découvert un peu en amont, on est au contact pour offrir quelque chose qui est à l'époque plus pertinent sur certains athlètes, pas tous, mais sur certains athlètes, on est plus pertinent que l'équipe. Les Kenyans, c'est très fort. L'équipe est plus généraliste peut-être ? L'équipe était très forte sur certains domaines, mais nous, sur les Etats-Unis, sur le Kenya, franchement, nous, on était très forts. Jean-Galcion, moi, je voyage avec lui dans l'avion. qui part à Atlanta, on avait déjà une proximité, je me souviens, Odile avait été faire un sujet avec lui à l'INSEP, elle se rappelle encore qu'il l'avait prise en moto pour traverser l'INSEP, c'est des souvenirs qui après, c'est des anecdotes, et après pour construire des longs textes, c'est facile parce que il n'y a pas seulement le fait que la personne, elle a la médaille d'or autour du cou, il y a tout ce qu'on est capable d'accrocher tout autour de ce vécu que nous avions avec les athlètes. Par contre, les Templiers, au départ, ce n'est pas un grand événement.
- Speaker #1
On va en parler, c'est où d'ailleurs initialement les Templiers ?
- Speaker #0
Au départ, ça démarre dans un petit village à Saint-Eulalie-de-Sernon. C'est une des cités templières. Mais au départ, ce n'est pas un grand projet. On a juste l'ambition de faire un bénéfice et de le reverser à l'orphelinat.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Sauf que... on a 500 coureurs la première édition.
- Speaker #1
Et vous en attendiez combien ?
- Speaker #0
Franchement, on ne s'était pas fixé.
- Speaker #1
Il y avait un seul format de course ?
- Speaker #0
Oui. Alors franchement, le kilométrage, on ne l'a jamais su. Moi, à l'époque, j'étais assez folklore sur toutes ces données-là. En plus, c'était vendu avec cette idée qu'on partait mais qu'il y ait 55 ou 60, ce n'était pas grave. Il n'y avait surtout pas de kilométrage à liquer, il n'y avait pas de cartographie, il n'y avait pas de carte du tout d'ailleurs. Moi j'avais fait vraiment un truc très approximatif avec une petite roulette sur une cartiche de GN, donc c'était archi faux.
- Speaker #1
Et vous vous rappelez du parcours ? Avec le recul et les technologies, on peut savoir comment il faisait du coup le premier Templier ?
- Speaker #0
Oui, il faudrait que quelqu'un soit le fasse ou soit que je le reporte ou je pourrais le refaire avec trace de traîne ou je pourrais le refaire. Oui, pour savoir. Ça serait d'ailleurs pertinent parce que ça permettrait de voir l'allure exacte du vainqueur. Bon, le vainqueur, c'était Patrick Renard. Patrick Renard, oui. C'était un grand marathonien. Il avait fait 2h17, donc c'était un bon marathonien. Mais ce serait intéressant de savoir quelle avait été vraiment son allure de course. Mais c'est vrai, je n'avais jamais pensé. Mais c'est vrai. C'est vrai que c'était pas normé, c'est d'ailleurs ce qui a fait le succès du trail, c'est qu'à l'époque il n'est pas normé. Parce qu'il n'y a personne qui a ce souci, cette rigueur dans les distances. Aujourd'hui... Dans l'instant T, on sait que le coureur passe à tel endroit, on connaît sa moyenne, on connaît le temps qu'il a mis entre tel ravito et tel ravito, on connaît l'écart avec la personne qui le précède, on sait même son allure, on peut même supposer l'allure à laquelle il va être sur la seconde section suivante avec les nouvelles technologies.
- Speaker #1
Et en 1995, il y en avait beaucoup des courses de long format comme ça ? Vous étiez le premier ?
- Speaker #0
Franchement, gigantesque, je ne sais pas s'ils existent encore, parce que je ne crois pas qu'ils aient été annualisés. Il existe le Grand Raid de La Réunion, ça c'est sûr. Je pense qu'il existe l'équivalent de La Réunion dans les Pyrénées. Je suis imprécis là. Il existe la 6000D, mais qui dans l'esprit des gens est perçue comme une course de montagne. Au départ, elle est organisée comme une course de montagne, avec les codes qui sont propres à la course de montagne. à la course de montagne et ça se rapproche en fait de la course route c'est à dire des ravitaillements très réguliers etc alors que nous d'abord on arrive avec un mot nous Templiers on arrive avec un mot fort c'est un mot fort, on s'en rend aperçu pas, mais c'est un mot qui est vraiment pertinent, il est très court, c'est une syllabe, c'est très...
- Speaker #1
À ce sujet, je me permets de vous couper de nouveau, mais vous pouvez apporter une précision, j'ai lu quelque part que vous aviez déposé en 90 à l'NPI le terme, est-ce que c'est vrai ?
- Speaker #0
Ouais, c'est exact, ouais.
- Speaker #1
Donc c'est vous qui avez officiellement déposé...
- Speaker #0
90 ou 95, mais peut-être 90,
- Speaker #1
ouais. J'ai vu ça dans la magazine.
- Speaker #0
Mais on l'a déposé, c'est exact, ouais, on l'a déposé, mais on l'a jamais fait réexpecter.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
C'est parce qu'en fait, en 1995, lorsque l'on crée les Templiers, on communique beaucoup sur le mottrel. L'année suivante, il se crée cinq courses qui prennent le mottrel. La FFA s'intéresse de suite à ce phénomène pour l'intégrer dans... dans l'univers du running et nous avec Odile on comprend que là il ne faut pas y aller on l'a certes déposé mais il ne faut pas jouer avec ça il faut justement que ça parte et que tout le monde se l'approprie on n'a pas fait comme l'Ultra Trail qui a été un peu cadenassé par l'UTMB aujourd'hui je ne sais pas s'ils font vraiment respecter grand chose sur cela mais on a compris que On a compris qu'il ne fallait surtout pas cadener le mot et c'est ce qui d'ailleurs fait son succès.
- Speaker #1
J'ai lu aussi que lors de la première édition, vous aviez le souvenir absolument impérissable de l'arrivée de Patrick Renard. Vous pouvez m'en parler de ça ? Je crois que c'est votre plus beau souvenir d'organisateur, il me semble.
- Speaker #0
Oui, c'est un de mes plus beaux. Ça m'a ragé l'arbre, je le reconnais. Oui, parce que derrière, il y a quand même une histoire forte avec Anaïs qui a quelques mois de plus. Elle n'est pas bien grosse, elle n'est pas bien costaud, mais elle est dans les bras de... d'une amie, de sa nounou. Et donc ça c'est important, parce qu'il y a un lien qui est fort. Et puis Patrick Renard, c'est un beau vainqueur, c'est quelqu'un qui a exprimé quelque chose qu'on a vu par la suite, mais peut-être pas aussi intensément que ce jour-là, parce que lui-même avait vécu une grande aventure. Je pense qu'il avait eu des émotions sur marathon. C'était quelqu'un qui était très performant. C'était quelqu'un qui était dans une logique course à pied performance, la vie de club, les entraînements à base de grosses séances, etc. Mais là, il arrive dans l'inconnu, comme nous tous, comme nos organisateurs. Il arrive dans l'inconnu et puis il en a bavé. Beaucoup plus que sur marathon même. Je me souviens, dans la côte de Cornus, il est déjà cintré, il fait chaud en plus. il a soif, parce que personne ne sait vraiment comment gérer ce genre de choses. Et il finit vraiment dans la douleur. Ce grand moment, il est porté deux doigts vers le ciel. Il rentre dans une petite histoire au départ qui va devenir une grande histoire. C'est une belle lettre qui est écrite ce jour-là. On a l'impression d'avoir été porté par une émotion qui nous submerge. En plus, il a la couronne, on avait déjà mis des codes qu'on avait été piochés ici et là.
- Speaker #1
Il n'y avait pas l'arche ?
- Speaker #0
Non, l'arche n'existait pas. On avait très modestement, parce qu'on avait un tout petit budget, je ne connais pas le montant, on avait déjà des petits codes qu'on avait pris à droite, à gauche dans les grandes courses, dans les grands événements auxquels nous avions travaillé. Il y avait notamment la couronne, puis le sac du berger qui est offert. Le trophée, c'était le fait qui était faite hier de toit, qui était faite en émail par quelqu'un qui fait ici des carreaux de rejol, qui sont connus mondialement. Et c'est surmonté d'une colombe. Voilà, c'était symbolique, la course avait pris son envol.
- Speaker #1
Et vous vous dites à ce moment-là, on part pour quelque chose de long ? Vous avez le sentiment qu'il y a quelque chose qui s'est passé ce jour-là ?
- Speaker #0
Non, on n'a vécu que l'instant présent. En fait, on n'était pas dans la même situation. à la construction. On n'était pas du tout dans la construction de se dire je m'inscris pour une longue histoire.
- Speaker #1
Vous n'aviez prévu qu'une édition ?
- Speaker #0
Non, on était parti pour que... Dans notre tête... on était partis pour que l'épreuve dure parce que d'abord elle avait cet objectif de elle avait cet objectif de reverser donc un montant financier à cet orphelinat donc on ne se voyait pas faire juste une édition juste un one shot non et d'ailleurs c'est pour l'anecdote mais lorsque l'épreuve s'installe... Il faut dire qu'à l'époque, on était très peu soutenus, notamment par les collectivités locales. On avait déjà des partenaires privés, mais localement on était peu soutenus. Donc on avait décidé de faire un petit salon dans la salle des fêtes, avec une quinzaine d'exposants. C'était très modeste, c'était vraiment la table, les traiteaux, la table... des petites cloisons, je ne sais plus comment, mais on avait essayé de décorer comme on pouvait, on avait fait des tirages photos qu'on avait suspendus sur des câbles en haut, c'était un début. Mais par contre, ce petit salon, c'est de suite un succès, et je me souviens avoir dit, parce qu'on avait créé, je l'ai évoqué, j'avais créé une course de VTT, et la course de VTT, on l'a faite deux fois, deux fois. Et j'ai arrêté. Parce qu'en fait, la FFC a mis le grappin sur le VTT très vite. Et pour organiser, il fallait qu'on soit en club. Et moi, à l'époque, je ne me voyais pas rentrer dans un club pour organiser. J'étais plutôt individualiste. et puis je ne me voyais pas créer un club pour organiser je ne me voyais pas rentrer dans une structure fédérale donc on a abandonné et là quand j'ai vu que notre petit salon et notre course grandissaient je me suis dit j'ai fait l'erreur d'arrêter ma course de VTT J'ai vu ce qu'était devenu le Rock d'Azur.
- Speaker #1
Bien sûr, alors 25 000 participants, je crois, combien c'est ?
- Speaker #0
Je ne ferai pas la bêtise que j'ai faite une fois. Et là, progressivement, la course a pris son envol. Mais pendant 15 ans, on n'a jamais été dans une logique financière. jamais, franchement on nous a beaucoup reproché d'avoir rajouté des pièces tous les ans, une course comme ça mais franchement si on l'a fait c'est parce que 1, on avait envie et puis 2, c'est parce que on voyait bien qu'il y avait des gens qui ne pouvaient pas faire les templiers moi je raconte toujours cette anecdote Elle est importante parce qu'on a été vraiment beaucoup critiqués sur le fait qu'on a mis dans notre programme des petites distances. Parce qu'à l'époque, le trail, il faut que ça soit dur, il faut que ça grimpe, il faut du dénivelé, il faut que les gars en bavent. Et moi, je me disais, finalement, il faut que la discipline soit accessible. Et un jour, je vais signer ma convention avec les gendarmes. J'avais un petit contrat pour la sécurité. Et le gendarme devant moi au guichet me dit, oui, c'est bien à 65. s'aborde, mais nous on ne peut pas. Tu ferais une petite course de 20, là ça va, nous ça on sait faire. Et quand je rentre, je pense que le gendarme a raison, il faut qu'on aille vers ce public. qui a envie de courir mais ils ne le feront jamais 60 parce que c'est beaucoup trop long pour eux ils ne s'entraînent pas ils ne peuvent pas s'entraîner pour différentes raisons et c'est comme ça qu'on a créé la Templière surtout pour les femmes parce qu'au départ on avait quand même une grande majorité d'hommes qui couraient c'était je crois 6-7% de femmes au départ donc
- Speaker #1
Donc, beaucoup de femmes qui venaient voir le mari courir.
- Speaker #0
Et le samedi, elle s'ennuie un petit peu. Donc, on dit, c'est elle qui a eu l'idée. Créons une épreuve courte pour les femmes. La Templière. Ça, c'est le premier maillon qu'on ajoute.
- Speaker #1
C'est en quelle année la création de la Templière ?
- Speaker #0
Je suis désolé. Je ne sais pas dire. Là, il faudrait que j'ai mon petit lexique. Je suis désolé. C'était peut-être en 2000, en 1999. pour fêter le cinquième anniversaire. On créait l'Ultra, je pense que c'était 2000-2001. Ensuite, on créait les 18. On avait créé, je fais un petit peu la chronologie des courses, on avait créé pour fêter l'an 2000 sur l'Aubrac, on créait le premier trail sur neige. Ça n'existait pas en France. Moi, j'étais skieur de fond. Je me suis dit, tiens, on fait de moins en moins de neige sur l'Aubrac. Je fais pratiquement plus de ski de fond, mais j'aimerais bien. On a créé une épreuve hivernale, il n'y a rien qui existe de ce genre en France pour fêter l'an 2000. Donc on a créé la fila au Vrac 2000, le 25 janvier 2000, et on a eu beaucoup de neige. Et comme ça marchait bien, ce format marathon, il y a quelqu'un qui me dit « t'as créé un marathon sur le Vrac, mais pourquoi tu ne fais pas un marathon dans le cadre des Templiers ? » C'est comme ça qu'on a créé le Marathon des Causses. Puis après, ça s'est enchaîné. J'ai un bénévole qui me dit, il est en plié, tu refuses beaucoup de monde, mais pourquoi le vendredi, tu ne fais pas une course plus intimiste ? En plus, les gens râlent parce que ça bouchonne, etc. Créer une course intimiste avec 300-500 coureurs le vendredi, tu verras, ça a marché. Effectivement, ça a marché. C'était l'intégrale des Causses. Après, j'adore les noms des courses. Moi, je ne me verrais pas pour... organiser une course qui s'appelle l'UTXYZ je ne pourrais pas faire ça il faut que ce soit lyrique un peu moi je joue avec les mots toute la journée je vais de plus en plus vers la poésie pendant le confinement j'ai lu des poèmes des lueurs il me faut des mots pour expliquer, pour raconter mon petit discours que je fais euh... A ma petite façon, au moment du départ des Templiers, c'est simplement des mots, c'est pour créer de l'émotion. Les mots donnent de l'émotion parce que ça sonne à mes oreilles. Moi j'écoute de la musique, j'écoute des chansons, de la belle chanson française parce que... ça me transporte, la poésie me transporte. Donc, quand j'ai un mot qui me vient à la tête, j'ai envie de créer une course, c'est bête, c'est vrai, la Mona Lisa c'est comme ça que ça se passe, j'ai un mot qui s'appelle le Mona. Un jour, parce que souvent je faisais la... Ce circuit qui est très beau, qui monte sur le Causse en partant du Monard et je reviens par le Rhin des Halles. Et là, c'est venu comme ça, au détour dans un virage. Et puis la Bofi 50, pareil. La Bofi 50, c'est à force de cheminer sous les falaises, sous la Bofi. La Bofi, c'est une grande falaise. C'est une paroi connue par les grimpeurs.
- Speaker #1
Les grimpeurs, oui.
- Speaker #0
Voilà. Et la bouffe FIFNI, c'est venu comme ça. Et là, j'ai envie de… Je ne l'ai pas fait cette année parce que j'ai été un peu timide, mais… j'ai envie de créer une course pour jouer avec le mot d'ourbi. J'ai trouvé 3-4 mots qui sont géniaux. Je ne vais pas les dire, parce que peut-être que l'épreuve n'aura jamais lieu. J'ai envie, tout simplement. beaucoup de choses se sont passées comme ça déclenchées par des mots qui me donnent des sensations c'est vrai est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu,
- Speaker #1
alors c'est pas du tout une critique il peut sembler parfois un paradoxe entre votre vision initiale du trail que vous avez pu constater notamment à la West End State ou ailleurs aux Etats-Unis et ce qu'est devenu aujourd'hui le festival qui est quand même une énorme machine est-ce que vous pouvez parler de cette de ce paradoxe-là ?
- Speaker #0
Alors moi, je pense que je suis quand même quelqu'un d'assez ambitieux. Je pense l'être. Mais l'ambition qui... permet de dépasser les clivages, qui permet de dépasser les freins qu'on a dans la tête, c'est de se dire, ça je suis capable de le faire. Ça a été le cas pour moi au départ, quand j'ai 16 ans, quand je fais ces 55 bornes, ça je suis capable de le faire. J'ai envie, je vais me lancer là-dedans. Quand je lance VO2, c'est pareil, je n'ai pas un centime, je ne sais pas ce que c'est que de faire de la presse, je ne connais aucun dérouage, mais je suis porté par ça. les Templiers, on les a vus grandir et j'ai eu le sentiment que j'avais dans les mains quelque chose d'extraordinaire. J'avais envie de bâtir tout autour et j'avais envie que là où j'habite, il y ait comme un espèce de diamant qui brille ici et que toute la ville, toutes les associations, tout mon entourage, tous les gens, gens qui sont avec moi depuis 20 ou 25 ans, on soit capable de tirer les grands grédeaux bien ouverts sur le Grand Kos et puis on y va, on a quelque chose de fabuleux dans les mains et surtout on ne va pas se priver. Parce que pourquoi on ne se priverait ? Parce qu'en fait… Moi je me suis aperçu d'une chose, c'est que quand on va à l'arrivée de la Templière, ou des troubadours par exemple, moi je vois des femmes que je croise dans la rue à Millau. c'est parfois des femmes qui ont eu des problèmes de santé des problèmes de surpoids et puis elles s'embarquent dans ces aventures parce qu'elles ont des copines et elles disent mais si tu peux le faire, c'est ouvert à tout le monde faut pas que t'aies peur, etc moi quand je les vois arriver franchement ça me fait quelque chose, j'ai des poils comme ça sur les bras Moi, j'ai envie d'ouvrir les vannes pour ces gens-là. Parce qu'il n'y a pas que l'ultra, il n'y a pas que les Templiers qui, effectivement, sont des grands moments. Parce qu'on va beaucoup plus loin dans la recherche, dans une quête de soi. Mais pour ces femmes, franchement, c'est l'Everest. Même pour des hommes, je vois des hommes qui font 120 kilos, qui n'étaient pas capables de marcher, ils ont pris deux bâtons, ils ont commencé à marcher, ils ont commencé à grimper 100 mètres de dénivelé, et puis ils se sont dit, je suis capable, ils ont mis un dossard, je les retrouve chez moi, moi ça me rend heureux, et je me dis, mais pourquoi j'ai envie de me limiter ? Et là aujourd'hui on a une quinzaine de courses, je pense que peut-être dans certaines ça manque peut-être un peu de confort, parce qu'on a eu, je pense qu'on a pratiquement tout réglé maintenant, on a eu des moments effectivement où ça a coincé etc, mais globalement aujourd'hui sur l'Ultra, sur la Midnight, sur le marathon du Larzac qu'on a créé parce que... On voulait le marathon des Causses, on ne voulait pas qu'il grossisse plus, donc on a créé le marathon du Larzac pour 500 personnes. Franchement, les gens quand ils partent, c'est une petite odyssée sur le Larzac. Quand ils arrivent, franchement ils ont vécu. une petite aventure personnelle sur un parcours qui est riche en patrimoine, qui est riche en histoire. Hier, j'étais à Saint-Martin-du-Larzac. C'est là où une partie de la lutte s'est faite dans les années 70-80. j'ai fait l'interview d'une des grandes militantes de l'époque moi j'ai envie que les gens comprennent ça donc moi accueillir 15 000 coureurs j'ai aucun complexe d'autant plus que nous faisons quand même un label de millions 2000 personnes c'est à peu près 25 000 euros qui sont reversés à la ligue contre le cancer donc on est quand même engagé pour le moment c'est le jeudi Merci. Le jeudi matin, on a des courses sport adaptées. Parce que ça, c'est quelque chose qui met très cher. Alors oui, effectivement, c'est une grosse machine. C'est aussi une grande kermesse. C'est aussi une grande fête. Je pense que le samedi, c'est une grande fête. Pour moi, je suis heureux de voir... notre animateur qui fait la java sur le podium et qui fait danser les gens les hommes, les femmes s'embrassent, je ne sais pas s'ils vont pouvoir le faire cette année mais ils ont la banane les gens sautent je confirme et puis après c'est très solennel et franchement le dimanche matin dans le silence Quand il y a ce départ des Templiers, s'il y a une telle sonalité, c'est un peu religieux, vraiment les gens sont en communion. Moi, tous les reproches qu'on vient de faire, c'est une grosse machine, c'est l'hypermarché. Franchement, je suis trop heureux de ça. Et franchement, si je pouvais faire 30 000, je ferais 30 000. On ne peut pas pour des raisons que tout le monde connaît. entre elles. Je ne veux pas aller au-delà de ce que l'on fait aujourd'hui. Aujourd'hui, on est bien calibré. Chaque cours est calibré. Franchement, on a un accueil quand on rentre dans la tente. et pourtant une tente c'est pas chaleureux mais on a beaucoup travaillé dans l'accueil on a beaucoup travaillé sur la déco le design de notre air d'arrivée pour que il y a une relation qui soit faite avec notre patrimoine on est quand même dans un théâtre de verdure là on arrive cette année on le renforce par des totems en bois et en fer ce qu'on va supprimer progressivement toute cette grande signalétique qui est très intrusive. On a des grands partenaires, on a une signalétique qui est forte parce qu'on leur doit, mais aujourd'hui on veut aussi essayer de démontrer qu'on est capable de leur apporter une visibilité. tout aussi pertinentes, mais avec des matériaux qui sont nobles. Donc là, actuellement, on veut travailler là-dessus. Et puis, c'est un élément que les gens oublient trop, parce qu'ils vivent peut-être de façon trop personnelle la course. c'est que moi j'ai tout un territoire qui vit de la course, qui vibre et qui vit. C'est-à-dire il vibre parce que j'ai 37 associations qui s'engagent, j'ai 1000 bénévoles, j'ai toute une communauté, intercommunalité, c'est-à-dire des dizaines de villages qui s'engagent. Moi, j'ai des villages où on ne gère presque plus rien. J'ai les frères Julie, à Saint-André-de-Vasile, avec leur groupe, ils font tout. J'ai tout un village qui s'investit. J'ai des accordéonistes qui viennent, ils s'occupent de tout.
- Speaker #1
C'est une grosse machine qui fait vivre du monde.
- Speaker #0
Alors vivre dans les deux sens du terme, c'est-à-dire vivre parce que c'est un moment de vie qui est important, et vivre parce que ça ramène de l'argent sur le territoire. C'est 7 millions d'euros sur le week-end, sur Mio, mais c'est aujourd'hui tous les gîtes. attendre les Templiers, parce que ce n'est pas seulement ce week-end-là, mais c'est des gens qui sont séduits, qui tombent amoureux des grands causes, et qui reviennent, et qui refont du séjour, et c'est du Airbnb qui est de plus en plus plein, tous les étages sont pleins, c'est des gens qui viennent faire l'espace trail maintenant, qui viennent en famille et qui viennent parce qu'on a un territoire en plus qui est riche en multi-activités donc on vient faire du trail mais on peut faire aussi du VTT, du canyoning, de l'avia ferrata donc il y a pour le gamin qui vient Pour le gamin qui vient au bike park, qui va peut-être faire une via ferrata, et puis les adultes qui vont s'éclater dans ce grand théâtre que sont les grands causes. Donc non, franchement, nous on n'a aucun complexe, on avance, on travaille chaque année sur une spécificité. Cette année, si nous pouvons organiser, c'est aller encore plus sur une déco pour le marketing qui sera moins intrusif. Et puis cette année, on passe tout au bio. C'est un grand vœu que j'ai. Justement, on correspond encore plus à ce qu'est notre territoire, c'est-à-dire marché court, circuit court, production locale et bio. Moi, je suis très investi là-dedans personnellement, à titre personnel, parce que moi, j'ai été à 20 ans, modestement, j'étais aux Amis de la Terre, je n'ai jamais été militant, mais je me sens très investi dans cette cause. C'est des choses sur lesquelles on n'est pas allé assez loin. dans nos organisations pour des raisons de coût. 2020, normalement, on est prêts, on va franchir le pas sur ces aspects-là. Donc, on travaille en synergie avec les villages, on travaille en synergie avec les éleveurs, on travaille en synergie avec les paysans, avec les papis-mamies qui vivent là-haut. Notre course, elle est vraiment bien acceptée avec les chasseurs, alors que c'était très dur, on était dans des territoires... J'étais pris pour les envahisseurs. Aujourd'hui, franchement, la course est aimée. Moi, je suis heureux de ça. Franchement, je suis heureux de ça. Ouais, je peux pas dire plus.
- Speaker #1
Attends, mais moi, de mon point de vue, moi je l'ai faite en 2018, c'était un vrai régal, c'est vraiment effectivement une vraie fête du trail et c'est très bien organisé. Les parcours sont magnifiques. Je ne connaissais pas du tout le territoire dans lequel se déroule la course, mais c'est juste sublime. J'ai passé un agréable moment. Comme je le disais tout à l'heure, avant l'enregistrement, c'est mon trail qui a été le plus long. Il a une portée très importante pour moi. Et voilà, je voulais vous féliciter par rapport à tout ce qui est fait. C'est gentil, merci. C'est très beau. Alors, je voudrais maintenant parler un petit peu de quelque chose d'un peu moins sympathique. J'aimerais revenir sur le Templier de l'année dernière et sur son annulation en rapport avec les fameuses conditions météo. Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu de cette annulation-là ?
- Speaker #0
C'est vrai, je me suis beaucoup expliqué là-dessus, c'est normal, mais comme je l'ai répété plusieurs fois, une annulation... Il faut l'avoir intégré avant. C'est-à-dire, quand on organise, nous, on organise à notre échelle. On n'est pas SO, on n'est pas le CEO, on est, quelque part, même si l'événement est important dans l'univers du trail, on reste des organisateurs modestes. Mais malgré tout, on se doit, quelle que soit l'importance de l'épreuve, être en capacité d'intégrer le fait quand puis-je puissent être contraints d'annuler. Donc ça, chaque année, vous pensez à cette donnée-là. Donc, pour moi, au fond de moi, je l'avais en moi. Je savais qu'un jour...
- Speaker #1
C'est déjà arrivé ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
C'était la première fois.
- Speaker #0
Même aucune alerte, aucun questionnement. Mais, au fond de moi, je savais qu'un jour, je serais obligé d'appuyer sur le bouton rouge. C'est stop. Alors, après, comment cela Là, c'est déroulé. Nous avons des bulletins météo qui sont très imprécis, mais ça on le sait, c'est une donnée constante. Il y a parfois des bulletins météo très précis parce qu'on est sur des prévisions qui sont très stables. Donc là on n'a pas de soucis à se faire, que ce soit pas très beau ou très beau, mais on sait qu'on aura un temps bas, 7 degrés, un peu de vent et puis ça ne va pas bouger. Là par contre nous avions des prévisions qui étaient vraiment imprécises, qui ont bougé constamment. Jusqu'au samedi matin on avait trois bulletins différents. On avait deux abonnements, plus la météo du vieil livre de Médine qu'un salarié de... du Viaduc nous fournit gracieusement. Donc, le samedi matin, on n'était absolument pas en mesure de savoir si nous allions être confrontés à un vrai cataclysme. Impossible. Moi, à midi... je vais au PC, on regarde ensemble les bulletins. Pour nous, il y a un risque en fin de soirée, mais pas plus. Par contre, à 18h30, là, on a eu des bulletins beaucoup plus précis, avec un risque d'orage à 10h30. Donc, moi, j'étais sur le terrain, je suis rentré en urgence. Un quart d'heure plus tard, j'étais... j'étais au PC, on a fait une réunion de crise. Donc le temps de réunir toutes les personnes qui étaient susceptibles d'apporter un avis pertinent arrive. Je ne me souviens plus des horaires exacts, mais on passait 19 heures. Et là, on a passé une heure et demie, effectivement, à évaluer si on prend le risque ou si on ne le prend pas. parce que l'intensité des orages n'était pas précisée. Donc nous sommes 1h30 à essayer d'évaluer s'il est possible ou non d'organiser en prenant un risque éventuel. Et c'est au final la voie de la sagesse qui l'a emporté. Une personne dans mon équipe qui est habituée à faire de l'assistance sur de gros rallies à l'étranger a eu un poids... dans la balance pour peser vers une annulation. Et c'est vrai qu'on a évoqué tous ensemble la possibilité de faire notre parcours de repli. pour espérer sur un parcours plus court faire rentrer tout le monde beaucoup plus tôt. Mais ce n'était pas réaliste parce que les orages à 10h30, même si c'est 11h, même si c'est midi, sans connaître leur intensité. sans savoir si on allait être en vigilance orange, voire rouge. Nous n'avions pas ces éléments-là. On n'a pas pris de risque, on a dit stop. Après, j'ai souhaité contacter le maire de Milieu. Donc là, je l'ai eu de suite. chez lui a annoncé la mauvaise nouvelle. Par contre, le maire et moi-même, nous avons essayé de joindre le sous-préfet. Alors là, ça nous a pris pratiquement trois quarts d'heure. Donc on n'a jamais réussi à le joindre. Donc voyant que nous n'arrivions pas à joindre la préfecture, la sous-préfecture, on s'est dit, bon, maintenant, la décision est prise. Maintenant, on a averti tout le monde. Donc là, on a perdu un peu de temps. C'est vrai que les coureurs nous l'ont reproché. Après, ça s'est vite oublié, tout ça. Et à 22h, Donc on a... envoyé sur une plateforme un SMS et un mail à tous les coureurs et on a averti tous nos prestataires et à 22h30 tout le monde pratiquement tout le monde était prévenu alors c'est vrai qu'il y a eu un peu d'irritation parce que c'était tard je l'avoue mais franchement on a eu envie de sauver la course et tout le monde aurait voulu le faire et c'est vrai que si la veille on me disait ces vigilances. orange et rouge, là je ne jouais pas, c'était déjà décidé, mais là dans la mesure où ça n'était pas invoqué par Météo France, qui donne le signal, et même le lendemain, la vigilance orange et rouge n'a jamais été décidée. Donc à 5h30 on est venu sur la ligne de départ, il y avait un petit groupe de coureurs, je ne saurais pas l'évaluer, mais peut-être entre 40 et 50. Et effectivement il y avait quelques personnes un petit peu énervées, dont une ou deux extrêmement agressives, qui ont été insultantes, pas à mon égard, mais sur des bénévoles. Et puis, assez vite, pourtant à ce moment-là, on avait déjà un fort vent. Les scènes étaient en train de s'envoler. C'était assez impressionnant. Des gars essayaient de démonter les scènes, mais ils ne pouvaient pas. Ils ont obligé d'arrêter. Et puis, assez vite, les fortes pluies sont arrivées vers 8h. Donc, ça pleuvait très fort. Après, il y a eu une petite accalmie. Et c'est là où certains coureurs sont partis. pour monter la poncho, pour essayer d'oublier, pour essayer d'évacuer cette grosse déception. Et c'est là, à 10h30 ou 10h35, où il y a eu cet énorme coup de tonnerre qui a fracassé toute la vallée, tout le Kos. C'est d'ailleurs la vidéo qui a été tournée par un blogueur, qui a été un peu virale, cette vidéo, et qui a démontré qu'il y avait un vrai danger. Et à partir de là, à midi ou 13h, je ne me souviens plus exactement l'heure, on a eu la foudre qui est tombée sur une maison face à la course. Il y a eu le feu qui est parti comme une boule et les pompiers sont venus. Et puis après, on a eu un énorme orage et une pluie absolument diluvienne jusqu'à 16h30, je crois. la baisse était dite à partir de là nous on a travaillé pour rapatrier tout le ravitaillement 10 tonnes pour le stocker pour appeler les services sociaux le CCAS ici des centres de secours etc pour que tout cet alimentaire puisse être récupéré pour que ça ne puisse pas être perdu et à part le pain je crois qu'on a tout perdu le pain c'est de 100 kilos parce qu'on pensait pouvoir le donner au centre équestre mais en fait ils ne le prenaient plus on a réussi à tout écouler on a pratiquement pas eu de perte voilà donc la décision était bonne non mais là non mais là c'est Mais même... Je l'ai dit, mais je le répète encore une fois, ce jour-là, on réussit notre course. On réussit une course qui n'a pas lieu.
- Speaker #1
Pas de blessés ?
- Speaker #0
Non, c'était... En fait, la course s'est résumée à prendre une seule décision. Parce que quand vous organisez, vous avez des milliers de petites décisions à prendre. On ne s'en rend même pas compte. Ces décisions se prennent en parlant, en discutant. Vous allez voir les bénévoles. Alors, tout va bien ? Ah, en fait, il y a ça. Donc, hop, la question, elle est simple. La réponse, elle est simple. C'est dans le flot, dans le flux. Mais là, par contre, il n'y avait qu'un seul questionnement, une seule réponse. pris la bonne décision. Après, c'est derrière nous, ça a fait mal. Après, on a eu la chance d'organiser l'hivernal. L'hivernal, il faisait très beau. On a réussi notre course un peu effacée. cette déception et puis on s'aperçoit encore plus maintenant et depuis le 17 mars qu'il faut savoir toujours recentrer les priorités dans la vie ce qui est important et ce qui l'est beaucoup moins même si nous organisateurs on s'est engagé et même si les partenaires se sont engagés même si le territoire avait vraiment besoin de ça et même si les coureurs aussi se sont beaucoup engagés Merci. Il y a des choses plus importantes dans la vie, on le voit. Il y a des gens aujourd'hui qui sont en souffrance parce qu'ils ont perdu des proches. Il y a des gens qui sont en souffrance parce qu'ils ont mis l'entreprise, le bistrot, le salon de coiffure. Donc ils ont baissé le rideau, ils ne savent pas quand ils reprennent. Ils ont les traites qui commencent à arriver. Ils sont un peu dans le désarroi. Voilà, moi je... Mais j'ai même pas eu d'état d'âme, c'est... Non, j'étais... Franchement, j'étais libéré... Le dimanche soir, j'étais libéré. Libéré d'avoir pris telle décision, je... D'avoir pris la... bonne avec le poids qu'on a, parce que vous avez un poids quand même. Vous avez vos partenaires, vous vous dites, il y aura une déception, parce que la course, le 25e anniversaire, il n'a pas lieu. votre petit mot que vous avez préparé le lendemain matin, il reste dans la poche surtout que c'est un moment clé pour moi c'est mon petit moment où je me place dans l'univers c'est ma petite bulle qui dure une minute trente vous mettez le petit papier dans la poche et puis il y a bien plus d'importance C'est clair.
- Speaker #1
Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu... peu la manière dont vous voyez la suite des Templiers ?
- Speaker #0
La suite des Templiers, on la voit dans la continuité de ce qu'elle est aujourd'hui, comme je l'expliquais tout à l'heure, une épreuve qui se recentrait. Ce qu'on souhaite réussir, c'est une alchimie entre organiser un grand événement, mais ne pas se corrompre. C'est une alchimie extrêmement complexe. Parce qu'effectivement, quand on arrive dans les Templiers, on peut avoir ce choc visuel qui peut être décevant ou perturbant. Et ça, ce qu'on souhaite réussir à terme, c'est gommer. gommer cette impression. C'est-à-dire faire en sorte que quand le coureur arrive, il faut qu'il se sente dans quelque chose qui le séduise de suite par plein de petits aspects qui vont être... Bien sûr, il va y avoir du marketing, il va y avoir de la com, il va y avoir de l'affichage parce qu'on ne peut pas vivre sans nos partenaires. Mais il faut qu'il y ait des éléments de graphisme Merci. Le théâtre qu'on va monter, dans lequel les coureurs vont monter sur les planches, il faut que ce soit un théâtre qui soit extrêmement séduisant. Ça, c'est notre grand vœu, c'est ce qu'on veut vraiment réussir à terme. Après, c'est m'échapper un peu de ce qu'est le trail aujourd'hui, par cet aspect-là. Mais être encore plus en phase avec un territoire qui est riche, avec une histoire qui est forte, pour m'échapper de... comment dire du côté factuel un peu du trail j'aimerais qu'en fait on soit sur des fondements on soit sur de la poésie on soit sur quelque chose de plus romantique de l'affectif qu'on soit quelque chose de très très romantique et que le coureur puisse construire une histoire sur laquelle il va mettre des mots Sans doute qu'il le fait déjà, mais j'aimerais que ça aille plus loin. C'est mes voeux, que chaque coureur soit capable d'écrire une histoire comme moi. J'ai un petit don pour le faire avec beaucoup de sensibilité. et beaucoup de romance. C'est un peu mon vœu de m'échapper des circuits de la performance, même si je suis très content que les gens viennent courir pour percer. Mais tout en sachant que moi j'ai toujours mis la notion de performance à un niveau égal pour tout le monde. J'ai toujours dit, vient qui veut, gagne qui peut, et c'est à chacun sa victoire. à chacun sa performance. Ce n'est pas un chrono. La performance, c'est quelque chose que chaque coureur doit se construire pour soi-même et bien sûr être finisheur, mais c'est pour tout ce qu'il va vivre dans la course. C'est ce que j'expliquais tout à l'heure. C'est pour la femme qui sort d'un trauma au niveau physique. qui vient se reconstruire et puis se réapproprier quelque chose et ça va mettre des mots qu'elle va pas nécessairement dire parce qu'il y a beaucoup de pudeur mais elle va s'écrire une histoire interne, une petite chanson personnelle qui va lui permettre d'aller plus loin dans la vie et briser un peu le côté un peu masochisme de l'ultra le côté un peu tous ces aspects là pour lesquels je me suis écarté de tout ça donc dans les formats de course on ne peut pas aller au delà on ne peut pas avoir plus de coureurs il faut qu'il y ait du confort il faut que les gens se sentent bien il faut qu'ils se sentent apaisés même si le corps va brûler un peu de temps en temps comme les coureurs disent ça va piquer voilà toute l'équipe est portée vers ça d'accord c'est un message qu'on fait passer à tous nos partenaires c'est un message qu'on fait passer à tous nos bénévoles parce que les bénévoles c'est eux qui ont le relais parce que le langage le temps langage, le dialogue, c'est les bénévoles. Moi, j'ai un peu de relation, mais peu finalement. Parce que je suis assez happé, même si je suis assez disponible. Mais par contre, s'il y a une chaîne humaine qui se construit tout au long de la course, ce sont les bénévoles qui vont construire ce relationnel, ce lien, ce petit côté affectif, le sourire, c'est eux. C'est un peu moi, mon équipe, mais c'est cette chaîne humaine. Donc c'est tout ce dialogue que qu'il faut construire,
- Speaker #1
entretenir et faire comprendre que tous doivent se situer dans ce grand flot d'accord ok c'est très bien j'espère que vous allez pouvoir perdurer cet esprit et que vous allez pouvoir mettre en place le romantisme dont vous parlez d'ailleurs à ce sujet quand on parle templier on parle la première chose qui me vient en tête moi c'est, vous en avez parlé un petit peu tout à l'heure c'est le départ, c'est cette chanson des rats c'est cette osmose qu'il y a au départ ça date de quand la chanson des rats ?
- Speaker #0
je pense que c'est la 4e édition je pense.
- Speaker #1
4e ? Ah bah d'accord.
- Speaker #0
3e ou 4e, oui.
- Speaker #1
Donc ça fait plus de 20 ans.
- Speaker #0
Ce ne sont pas les deux premières, c'est sûr. C'est la 4e ou la 5e. Mais je pense que pour... Pour la cinquième édition, en 99, nous l'avions. Je ne suis presque sûr.
- Speaker #1
Ceux qui ne connaissent pas et qui écoutent le podcast, allez voir sur YouTube le départ des Templiers. C'est quelque chose qui fait vibrer. Est-ce que vous voulez aborder un sujet qu'on n'aurait pas abordé ?
- Speaker #0
Non, je vais me répéter, mais les Templiers, c'est s'approprier notre territoire. Voilà, c'est en prendre un petit bout de pour soi-même. Puis voilà, on met dans un écrin. L'écrin, c'est souvent un petit quelque chose qu'on a quelque part dans la tête. Et puis... c'est une petite musique et puis quand ça va pas la petite musique on appuie sur play et puis ça fait du bien j'ai envie de dire ça d'accord écoutez
- Speaker #1
Gilles merci beaucoup pour votre votre temps. On a passé un agréable moment et vous avez partagé énormément de votre parcours et pour ça, je vous en remercie beaucoup.
- Speaker #0
C'est moi qui vous remercie. J'adore parler de ce que je fais parce que je sais que ça fera couper.
- Speaker #1
On adore écouter ce que vous dites, donc c'est parfait. Super. Je vous remercie beaucoup et à bientôt.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci, c'est très gentil. Merci bien. Merci beaucoup, au revoir.
- Speaker #0
Bye bye.
- Speaker #1
Et voilà. Cet épisode est à présent terminé. Je remercie M. Gilbert Franck de nous avoir rejoint pour un épisode du LTP. Si vous souhaitez en savoir plus sur mon invité, rendez-vous sur son site internet gilbertfranck-franck.com photographie Y à la fin. En ce qui concerne le LTP, comme d'habitude, si vous souhaitez nous rejoindre sur les réseaux sociaux, vous pouvez vous rendre sur Instagram à Let's Try le podcast, sur Facebook et YouTube à Let's Try et n'hésitez pas à vous inscrire à la newsletter mensuelle présent dans les liens de ces différents réseaux sociaux. J'espère vous retrouver pour un prochain épisode du LTP. Et d'ici là, n'oubliez pas, vive le trail libre, vive Let's Trail. Et si vous pensez que c'est impossible, faites-le pour vous prouver que vous aviez tort. Salut, salut !