- Speaker #0
Après ce qui est très difficile pour moi c'est de comment tu interprètes cette FC, quels changements dans l'entraînement tu vas faire. Parce que si dès que ton athlète il a tendance à avoir une FC qui monte moins que ce que tu attends, tu le fais alléger, mon expérience dans le train il me ferait dire que les gens vont pas s'entraîner souvent quoi.
- Speaker #1
Et salut, je suis extrêmement heureux de te retrouver pour un nouveau numéro du Let's Ride Podcast, le podcast 100% consacré à la pratique et à la communauté du trail running. Et dans cet épisode, on va parler entraînement. Et là, on va aborder ça de manière très précise, très pointilleuse, point par point. On va se focaliser sur les intensités de l'entraînement, alors de l'entraînement ou des courses d'ailleurs, mais les différentes possibilité que nous avons de mesurer et d'analyser en tant que coach ou en tant que sportif les datas, les intensités en trail running, quels sont les bénéfices et les éventuels risques dans l'analyse et dans les consignes en fonction des différents types d'intensité. Et pour ce faire, on va échanger avec Nicolas Martin que je n'avais pas eu depuis un petit moment dans le LTP et que je suis très heureux de retrouver. Nicolas Martin, bien sûr, qu'on ne présente plus, évidemment. Et Grégory Chanez, qui est triathlète de son état et qui est le fondateur de la fameuse chaîne Nakan.ch, qui parle et qui dissèque tous les bijoux technologiques qu'on a l'habitude et qu'on a la chance d'avoir à nos poignets, notamment. Et donc, on va parler ensemble de tout un tas de sujets. On va essayer d'être assez pratico-pratique et de vous permettre d'avoir des éléments les plus concrets possibles. Allez, après cette longue introduction, je vous laisse profiter de cet échange avec Nicolas Martin et Greg Chanez. Bonne écoute ! Et salut ! Je suis avec Greg, Grégory Chanez et Nicolas Martin. Salut à tous les deux les gars. Vous êtes intervenus dans le podcast de manière indépendante, de manière séparée. Toi Nico, ça faisait un petit moment qu'on n'avait pas échangé dans le podcast. Ça me fait extrêmement plaisir de te recevoir de nouveau. Comment vas-tu ?
- Speaker #0
Ça va, et toi ?
- Speaker #1
Bon ok, excellent, magnifique, parfait, tout va bien. Qu'est-ce que tu nous racontes de beau ces derniers temps ? Tu me disais un petit peu en off que tu sortais d'une période un peu chargée, j'imagine avec les temps pliés, il y a eu l'UTMB, etc. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai que le trail, le cœur de saison, même s'il y a des trails tout le temps maintenant, cette année, ça a commencé avec les Champions de France, du côté du Ventoux, et puis ça se termine un petit peu. du côté de Millau ou de La Réunion avec la Diagonale et les Templiers. Après, il reste souvent la Saint-Élion, mais c'est vrai que c'est un peu plus calme. C'est aussi souvent la période de coupure des athlètes. Donc, c'est là qu'on a un peu moins de travail. Mais c'est vrai que sinon, c'était bien actif avec un peu plus de déplacements, notamment pour la marque Brooks cette année. C'est vrai que notamment parce qu'une partie du début de saison, notre team manager Benjamin Sassenti avait eu un un un petit souci à vélo et donc du coup il était un peu moins disponible. J'ai fait quelques déplacements supplémentaires mais voilà c'est c'est pas... Je dis souvent que j'ai la chance de faire un travail que j'accepterais de faire même si j'étais pas rémunéré donc bon la vie n'est pas trop dure.
- Speaker #1
C'est clair, c'est clair, c'est clair. Et puis juste t'as ton émission avec les copains là de le travail qu'on aime ça se passe bien le podcast ?
- Speaker #0
Ouais ouais ça se passe bien.
- Speaker #1
On les salue d'ailleurs.
- Speaker #0
On a enregistré hier d'ailleurs. Du coup, c'est la semaine des podcasts. C'était sympa. On essaye de faire quelque chose qui est un peu à notre image, un peu geek, un peu moins grand public. Et puis, c'est sympa aussi que des fois, on invite des gens qui ne sont pas trop connus. Et puis, en fin de saison, ils sont invités dans tous les podcasts parce qu'ils commencent à être connus. C'est ce qu'on essaye de faire des fois, d'aller chercher des gens qui ne sont pas forcément... très connu encore et pas... c'est un peu la philosophie... Après bien sûr on est comme tout le monde il faut faire un minimum d'écoute donc quand on a la chance de pouvoir avoir des gens qui ont de la visibilité c'est toujours sympa mais on n'a pas forcément cette cette volonté d'aller chercher les communautés de... Les invités, c'est l'actu qu'ils font, qu'ils viennent. Donc des fois, c'est des gens préconnus. D'autres fois, c'est des gens qui ont... On va dire qu'on leur amène sûrement un peu plus d'éclairage qu'eux nous en amènent, mais c'est ça qui est sympa. Et puis on essaye d'être assez ouvert aussi sur d'autres choses. On a une petite rubrique à la fin où on essaye de ne pas parler que de sport.
- Speaker #1
En tout cas, on partage ce même état d'esprit de découvrir des gens qui ne sont pas forcément très connus et d'aborder des sujets un peu divers et variés. D'ailleurs, avec toi, on avait... Le dernier épisode qu'on avait fait, c'était sur la chasse et le trail, qui m'avait d'ailleurs... qui avait fait pas mal réagir, donc voilà, tu vois comme quoi on a pas mal de sujets...
- Speaker #0
Si tu veux faire de l'engagement, c'est la chasse, ça marche pas.
- Speaker #1
Bon, en tout cas, ravi de t'avoir de nouveau. Salut Greg, comment ça va depuis notre dernier épisode sur la puissance ? On avait fait un épisode sur la puissance, c'était... si je me rappelle bien... Faut que je retrouve un petit peu... mes petits, j'ai oublié tout ça, en tout cas comment vas-tu ?
- Speaker #2
ça va super bien, je continue à utiliser la puissance toi aussi ?
- Speaker #1
oui bon bah écoute, en tout cas on avait fait un bel épisode bien costaud sur ce thème là, sur notamment le stride etc, j'espère que ça avait plu là aujourd'hui l'idée de cet épisode c'était d'échanger nous trois et puis aussi de partager nos expériences à la fois de coach pour Nico et toi Greg aussi de geek matériel, geek montre, etc. de toutes les datas, toutes les données qu'on peut utiliser, qui est un vrai sujet en ce moment. D'ailleurs on le disait juste avant en off Nico, si on peut introduire par ça, que toi tu constates que certains des meilleurs ultra-trailers et trailers actuels ne sont pas forcément très portés sur les datas. Donc déjà ça plante le décor, est-ce que c'est vraiment utile de les utiliser ? De manière un peu générale, toi Nico, c'est quoi ton approche là-dessus ?
- Speaker #0
Moi, je pense que la data, c'est intéressant. Mais ce qui fait progresser un athlète dans le trail, c'est quand même le fait, et dans les autres sports aussi, c'est quand même le fait d'avoir une continuité, une logique. Et qu'en fait, souvent les gens se perdent. Moi, j'aime bien dire ça souvent. Aujourd'hui, tout le monde est hyper pointu sur les 2% en oubliant un peu de faire les 98%. parce que aussi les podcasts la plupart des choses vont dans ces 2% parce que c'est un peu ce qui est sympa c'est un peu le détail bon si tu fais un podcast pour dire bon bah faut bien manger faut bien s'entraîner tu tombes vite en rond ouais tu tombes vite en rond mais en attendant faut pas oublier de le faire mais en attendant c'est l'essentiel voilà c'est ça et c'est pour ça que après moi j'aime bien aussi cette Cette image-là qui est de dire qu'il faut être un peu humble en tant qu'humain et se dire que toute l'évolution qu'on a, tous les capteurs embarqués qu'on a dans notre corps, est-ce qu'on a construit des outils qui sont plus précis que ça ? Je ne suis pas convaincu. Par contre, la lecture de ce ressenti, tout ça, ça prend beaucoup de temps, ça s'apprend. Et c'est là que les outils, la data a toute sa place pour accélérer l'apprentissage. Moi, je le vois vraiment comme ça.
- Speaker #1
Clairement. Toi, Greg, sur le sujet de manière un peu générale, quelle est ton approche par rapport à la multiplicité des... les datas, toi qui es dedans toute la journée, qu'est-ce que tu en penses ?
- Speaker #2
Quand on est un geek, c'est super intéressant de voir l'évolution des capteurs, l'évolution des indicateurs, l'évolution des technologies de mesure et tout ça, et puis de voir un petit peu comment c'est intégré par les différentes marques, dans les différents produits. C'est une actualité qui est très intéressante et puis qui bouge très vite, donc forcément c'est passionnant. Mais après vient le moment où tu mets la montre à ton... poignet et puis tu sors t'entraîner et là je rejoins à quasiment 100% ce que Nicolas nous a dit, c'est-à-dire que il ne faut jamais oublier que ces datas-là et que ces outils de mesure, ça reste des outils et ce n'est pas des vérités absolues, ce n'est pas l'essence de l'entraînement, c'est juste un indicateur de comment ton corps fonctionne ou de comment tu évolues dans ton environnement et il faut tout contextualiser pour pouvoir exploiter ces données. beaucoup, beaucoup de gens aujourd'hui prennent ça pour des vérités absolues. Je pense qu'il y a des dangers à faire ça. Et puis, je pense que dans cet épisode aujourd'hui, on va redémystifier quelques mesures, quelques indicateurs et revenir un petit peu au centre, c'est-à-dire au ressenti et à la connaissance de soi qui reste. Alors, c'est méga chiant de faire un épisode de podcast sur comment apprendre à s'écouter, à ne pas... plus avoir besoin d'une montre parce que c'est pas vendeur et puis on répète tout le temps les mêmes trucs mais ça reste quand même central dans l'amélioration des performances sportives que ce soit en trail, en vélo, en triathlon pour moi c'est le cas Dans toutes les disciplines, tu imagines ?
- Speaker #1
Moi, je suis assez d'accord avec vous sur l'aspect qu'il faut bien se connaître et il faut se recentrer sur ses propres sensations, sur la manière dont on se perçoit, on perçoit l'effort et tout. Mais globalement, moi qui est quand même dans la très grande majorité des cas, des sportifs qui sont ou peu aguerris ou qui n'ont pas réellement de connaissances très approfondies sur leur propre fonctionnement et tout. C'est vrai que le fait de dire s'écouter, c'est bien, mais ça a quand même aussi parfois ses limites, parce que, comme on le disait, c'est quand même délicat d'arriver à se connaître par cœur. Souvent, moi, je rencontre des gens qui sont complètement perdus sur telle ou telle intensité, telle ou telle zone, et en fait, ils n'ont pas d'éléments objectifs et concrets qui peuvent leur permettre de savoir dans quelle zone ils travaillent, par exemple, ou pourquoi travailler dans telle ou telle zone. Donc ça, c'est un autre sujet, mais globalement, je pense que... Je suis d'accord avec vous sur l'aspect, il faut se connaître, il faut savoir s'écouter et tout. Mais à partir du moment où il y a des gens, s'ils s'écoutaient, et ça arrive très souvent, il y a beaucoup de personnes, notamment les débutants, quand ils s'écoutent, ils s'entraînent toujours au seuil. Donc ils s'écoutent, il n'y a pas de problème. Mais ils n'ont pas réellement la conscience dans quelles zones ils s'entraînent, pourquoi ils s'entraînent dans ces zones-là. Et je pense que... Aussi, il y a une approche différente en fonction du niveau, notamment de compréhension de son propre corps. Et toi, peut-être que Nico, vu que tu as une approche peut-être un peu plus haut niveau, naturellement par ton travail, est-ce que tu ne penses pas que tu es biaisé aussi par cet aspect-là ?
- Speaker #0
Non, mais en fait, je suis 100% en phase avec toi. C'est-à-dire que pour moi, l'outil, il a beaucoup plus de poids chez quelqu'un qui débute. Parce que tu dis à quelqu'un, cours à 7 de RPE. Si ça fait 15 ans qu'il court, il va courir à 7 de RPE. Tu prends quelqu'un qui n'a jamais couru et tu lui dis de courir à 7 de RPE, il n'a aucune notion d'échelle, il ne va pas réussir. Donc toi en tant qu'entraîneur ou en tant qu'athlète quand tu t'auto-entraînes, c'est ok. 7 c'est associé à quoi comme type de données par exemple de vitesse ? On va dire un peu en dessous de la vitesse critique par exemple. Si tu as fait un test de vitesse critique, il y a plein de limites mais tu as quand même plus de chances en utilisant une métrique. qui est plutôt externe pour le coup, tu vois, d'une vitesse en disant, je ne sais rien, tu as sorti 14 km heure de vitesse critique, tu te dis au coureur, cours à 13,5, il y a quand même plus de chances qu'il soit dans la vérité de cette manière-là qu'en lui disant de courir à 7 de RPE chez un débutant. Chez quelqu'un qui est plus aguerri, par contre, c'est possible qu'il soit plus précis et que finalement, il soit aussi plus en capacité. de tenir compte de l'humain qu'il est ce jour-là. Le problème de la métrique, quand tu l'as prescrit par exemple de la métrique notamment externe, c'est que tu as fait un test et tu pars du principe que l'humain, c'est toujours le même. Mais il y a plein de choses. Après, ça dépend comment tu entraînes. Est-ce que tu as cinq athlètes entraînés ? Du coup, tu checkes la météo qu'il fait chez chaque athlète avant de l'entraîner. S'il fait chaud, tu vas diminuer les intensités. et tout le message. Je pense que c'est très marginal. Tu fais un planning, tu ne regardes pas forcément la météo. Donc peut-être que tu as mis une vitesse. S'il fait 35 degrés au moment où l'athlète fait la séance, il ne va jamais tenir les allures que tu as pu définir. Alors si tu es très haut sur le spectre, il ne va pas réussir à les tenir. Si tu es plus au milieu du spectre, il va peut-être réussir à les tenir, mais il ne va pas faire le travail que tu lui demandes. Et donc, moi, je dis toujours, les outils, ça sert à comprendre son corps. Et petit à petit, tu te passes des outils. Mais je pense que ce n'est pas simple de prendre zéro outil, de partir débutant. Tu iras moins vite qu'en utilisant des outils. Là où quelqu'un qui est très aguerri, outil ou pas outil, c'est après. Moi, mon expérience, c'est qu'en compétition, j'aime bien les outils pour la prise de décision. Parce que quand tu es des fois dans une course, Et... il y a du stress et des fois, le ressenti te dit qu'il faut ralentir, mais tu n'arrives pas à prendre la décision. Et là, l'outil, une donnée de puissance, une donnée de l'EFC vont peut-être faire « bon, attends, là, il y a trois choses qui vont dans le même sens, peut-être qu'il faut que je ralentisse. » Moi, j'aime bien l'utiliser comme ça et souvent, avec les athlètes, c'est aussi comme ça des fois qu'on utilise ces marqueurs-là.
- Speaker #1
On va en parler tout à l'heure, mais je souscris complètement à cette approche, particulièrement en trail où, en fait, le relief évoluant, on va, à mon avis, avoir plus plutôt tendance, si on utilise les outils en course notamment, à faire varier sa lecture en live en fonction des différentes typologies de terrain. Par exemple, à plat, regarder plutôt l'allure, en montée, pourquoi pas la puissance ou le cardio, etc. Donc, je souscris assez à ça. Et dans l'approche, effectivement, je ne suis pas forcément aligné avec ce que tu dis dans le sens où, par exemple, quand tu regardes quelqu'un comme Rémi Rivet, qu'on salue, qui est très pointu, qui fait en sorte d'avoir des datas très précises, notamment sur l'allure, la vitesse critique, etc. C'est vrai que lui, de ce que je ressens en tout cas de son travail, il va te dire, pour développer telle ou telle qualité physiologique, il faut vraiment de la finesse dans tes allures qui se basent sur différents tests pointus et donc des moyens assez objectifs et concrets de mesurer ces intensités-là. Donc tu peux avoir aussi l'approche très très pointue. Toi, tu dis de ton analyse que même pour quelqu'un de très haut niveau, ce n'est pas forcément quelque chose qui a du sens.
- Speaker #0
Bah si je pense que ça a du sens après la question c'est que faut être en capacité de prescrire ces choses très fines et c'est quand même un trail pas si simple quoi tu vois parce qu'après évidemment que si tu suis 5 athlètes comme je te disais tout à l'heure tu vas peut-être pouvoir le faire si t'en suis plus aller chercher dans la finesse ça et la question c'est aussi est-ce que entre ce que tu veux prescrire Est-ce que tu aurais prescrit de manière un peu plus au ressenti à l'athlète en travaillant avec son ressenti ? Parce qu'en fait, il y a deux éléments pour moi dans l'utilisation de la data. Il y a ce que tu vas utiliser pour prescrire à l'athlète et que tu vas donner à l'athlète, par exemple. Et il y a tout ce que tu fais toi à côté qui est, OK, je vais peut-être dire à mon athlète, cours à 6 de RPE. Par contre, le coach, il va peut-être dire, OK, là, en fait, je regarde les datas et il n'était pas vraiment à 6 par rapport à ces données que je connais. C'est un peu trop. Et du coup, tu vas peut-être lui faire comme retour, attention, tu vois, là, c'était trop rapide par rapport à ce qu'on veut développer, ce n'était pas la zone dans laquelle on voulait travailler. Et donc, tu utilises la donnée à postériori. Moi, j'utilise plus la donnée comme ça, aussi pour se rendre compte de où se situe un athlète. Tu vois, quelqu'un que tu connais, que tu fais depuis longtemps, tu sais que s'il travaille vers le seuil 2 en bosse, si c'est sur une pente de 20%, il sort telle métrique. Si tu vois que la métrique a gagné 50, 60, 80 mètres heure, ou au contraire qu'elle est plus basse, ça c'est des indicateurs. La fatigue se détecte aussi comme ça. Quand la perf décroche, c'est aussi une sensation. Parce que le problème de faire tout à la sensation, c'est qu'il faut apprendre après à lire le ressenti de l'athlète qui est très différent. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui vont être très dans la protection, ce qui n'est pas hyper le cas dans les sports d'endurance. Et d'autres, au contraire, quand ils commencent à te dire qu'ils sont fatigués, c'est déjà qu'ils ont commencé à bien creuser. Donc ça, après, ça s'apprend, mais au début, tu ne le sais pas forcément. Et donc, si tu n'es que basé sur le ressenti, tu vas peut-être avoir un delta de réponse entre le moment où peut-être il aurait fallu alléger la charge d'entraînement et le moment où effectivement tu l'allèges, alors que peut-être que si tu avais été plus précis sur les datas, tu aurais commencé à voir depuis quelques séances que ça décrochait et qu'il faut peut-être se reposer et récupérer.
- Speaker #1
Clairement, on a commencé à attaquer la première partie, le premier thème qui est le RPE. C'est parfait Nico, merci d'avoir lancé le truc. Je suis assez d'accord, je partage assez l'avis aussi. Le RPE aujourd'hui, on a un petit peu des vagues régulières. En ce moment, c'est un peu le RPE, la clé à tout. Il y a beaucoup de contenu qui explique que le RPE est très corrélé à des valeurs physiologiques de labo et qu'en fait, on se rend compte que les gens savent bien... globalement bien se lire, mais après, est-ce que c'est pareil ? Est-ce qu'il y a un biais de confirmation de la population avec laquelle on a fait ces études-là et tout ? Moi, je souscris assez, je dis quand même que le RPE, il est assez dangereux et notamment, il est aussi très variable en fonction de l'expérience, donc ça, on l'a dit, c'est-à-dire que quelqu'un qui a peu d'expérience et qui se connaît peu, va avoir beaucoup plus de mal à juger son RPE, donc son échelle d'effort de maladie, on va dire, et il y a aussi une notion de... Je ne sais pas si ça vous a déjà fait ça, mais j'ai souvent des sportifs qui me disent en début de course, mais j'étais super bien, j'avais un RPE à 5. Mais quand tu regardes la charge externe que ça donne, tu es au seuil sur un maratrail ou sur un trail long. Donc tu as beau être bien, avoir un RPE de 5, te dire que je suis presque à l'aise, mais en fait dans la physio, ça ne donne pas du tout ce que... ce que toi tu as ressenti en termes de RPE, qu'est-ce que tu en penses toi Greg ?
- Speaker #2
Le RPE, moi je pense qu'il est très efficace et très performant et indicateur sur des séances qui sont relativement courtes et stables en termes d'efforts, mais j'ai beaucoup plus de mal moi-même à mettre un RPE sur une sortie de 3 heures dans lesquelles j'ai vécu le RPE de 1 à 7. Et quand tu arrives au bout de ta séance, qu'est-ce que tu mets ? Est-ce que tu mets une espèce de joyeuse moyenne de ce que tu as ressenti quand tu étais en montée où c'était dur, ensuite en faux plat descendant où c'était facile, tu étais bien ? Est-ce que tu mets l'état dans lequel tu te sens à la fin de ta séance ou au milieu de ta séance ? Il y a beaucoup de trucs qui font que si je vais faire un 2x, 10x 400 sur piste, pour moi, c'est très facile de mettre un RPE sur ce type de séance. Si je fais une sortie de 3 heures, moi je pratique assez peu le trail en compétition, mais les terrains sur lesquels je m'entraîne autour de chez moi, il n'y a rien qui est plat. Donc on peut dire qu'en fait je m'entraîne en trail pour courir sur route. Et quand je m'entraîne, je fais une sortie longue autour de chez moi à 3 heures. Donc pour moi, je fais 3 heures, ça correspond à un effort continu sur route, théoriquement de 3h30 en termes d'effort avec le dénivelé, etc. Mais tu ne peux pas tellement déjà comparer ça. Après, tu utilises des formules mathématiques. pour dire, OK, c'est tant de kilomètres d'efforts, enfin bref. Mais à la fin, pour moi, c'est super difficile de mettre des RPE. Et pour moi, ils sont moins pertinents sur ce type d'efforts-là que sur des efforts courts. Un contre-la-montre à vélo, par exemple, c'est super facile de te mettre un RPE. Tu vas faire une étape du Tour de France, tu mets quoi comme RPE après 8 heures de vélo où tu as été pendant une demi-heure en descente un RPE de 1, et puis en montée, quand tu attaquais comme un fou, un RPE de 9. Tu vois ce que je veux dire ? Donc il faut garder chaque donnée, chaque indicateur dans un contexte dans lequel elle a une pertinence. C'est pour moi que tu vas faire l'UTMB et qu'à la fin de ton UTMB tu dois donner un RPE, c'est du bullshit.
- Speaker #1
Il faut quand même rappeler à mon avis que le RPE à la base, donc Rate of Perceived Exertion, c'est l'échelle simplifiée de Borg qui va de 1 à 10, 1 étant le niveau presque repos et 10 étant l'effort maximal. Ça a été calculé initialement pour quantifier de la charge. Et moi je te rejoins d'ailleurs sur le sujet de qu'est-ce que je note. Moi j'ai souvent la question des sportifs que j'accompagne. Qu'est-ce que je note dans la séance ? Est-ce que je note la séance, si par exemple je donne une séance de 3x5 au seuil, ils me demandent est-ce que je note la séance avec échauffement et retour au calme ? Est-ce que je note la séance comment j'ai ressenti le seuil ? Est-ce que je note une espèce de moyenne hasardeuse de toute la séance ? Donc moi je trouve que c'est un sujet qu'on n'aborde pas souvent, cette notion de RPE, de notation. Toi, c'est quoi ton approche, Nico, sur une séance ? Quand tu donnes une séance, imaginons, de seuil ou de VMA ou de PMA, qu'est-ce que tu leur demandes de noter ? Tu te focalises plutôt sur la charge que ça représente ou est-ce que tu te focalises sur plutôt, moi, ce que j'appelle... Moi, je me sers du RPE pour dire, voilà, note-moi la séance, la partie la plus dure telle que tu l'as ressentie, pour voir si ce que je t'ai donné, tu as ressenti vraiment du seuil. Toi, comment tu l'abordes ? Et déjà la première question c'est est-ce que tu utilises le RPE dans tes notations a posteriori ou avant ?
- Speaker #0
Ouais, moi je pratique pas mal en RPE. Du coup, oui, normalement quand même, le biais de la notation souvent il est que si tu calcules une charge de fausse-terre, typiquement le très bon exemple qu'a pris Greg c'est à l'arrivée de l'UTMB les gens mettent 10 sur 10 tu vois par exemple. En fait, non, ils n'ont pas passé les 20 heures à 10 sur 10. Ils ont peut-être passé les 2-3 dernières heures à 10 sur 10. Ça fait exploser la charge de Foster. Vu qu'ils ne font pas des UTMB toutes les semaines, ce n'est pas très grave. J'ai envie de te dire, par exemple, tu fais une séance PMA, VMA, quelque chose orienté VO2. L'idée, c'est quand même plutôt de noter le cœur de la séance. Parce que c'est ça le cœur de la séance, savoir s'il était à 2 ou à 4 sur l'échauffement. Je ne suis pas sûr que ce soit très déterminant.
- Speaker #1
Malgré tout, la charge est calculée là-dessus, parce que c'est le volume fois l'intensité. Donc ton volume, si ta séance fait une heure et demie et que tu passes une heure à t'échauffer et à faire du retour au calme, il y a quand même une heure qui sont faites sur les intensités qui sont faibles.
- Speaker #0
Oui, mais souvent quand même, tu vas avoir tendance, alors c'est un cas particulier, mais vu que c'est une charge, tu es en unité arbitraire. tes séances de VO2, elles vont quand même toujours avoir à peu près la même note. C'est sûr que si tu mets à un moment donné une heure et demie d'endurance avant de faire le curb séance, parce que tu veux travailler un peu avec de la fatigue, c'est sûr que là, c'est moins pertinent. Mais très souvent, tu mets entre 15 et 25 minutes d'échauffement, selon la dispo des gens, qui a dit 5 à 15 minutes de récup. tu vas avoir toujours à peu près, on va dire, 1h10 de séance quand tu fais du VO2, par exemple. Et donc, ta note, elle sera toujours à peu près la même. Donc, je pense que ça, ce n'est pas très important. Après, je vous rejoins là où, par exemple, sur une sortie longue… Pour moi, si je vois une note un peu trop élevée, par exemple, c'est aussi peut-être que j'estime que sauf s'il y a une consigne, ce n'est pas normal de finir une sortie longue à 7. C'est qu'il y a un truc qui n'est pas bien fait. Soit ça va trop vite, soit tu ne te ravitailles pas bien et donc du coup, tu finis à moitié en hypo. Elles ne sont pas bien. Peut-être que tu t'es déshydraté, il faisait trop chaud. Tu vois, tout ce genre de choses. Peut-être que tu manques de durabilité et que c'est très dur. Voilà. C'est ça et du coup ça c'est intéressant aussi de le voir comme ça parce que en fait quand tu es entraîneur en principe tu t'attends à un ressenti quand tu prescris quelque chose. Tu vois, tu as des gens des fois ils ne comprennent pas le RPE, ils font des VMA, ils te mettent 4. Tu leur dis non mais là tu n'as pas bien compris le RPE. Donc soit ils ne poussent vraiment pas, soit ils mettent une note aléatoire tu vois sans trop comprendre. Mais le plus dur, moi, je dirais, c'est de noter... une séance où il y a beaucoup de variations. Si tu mets 45 minutes d'échauffement, un bloc vers le seuil pour générer de la fatigue, derrière, tu mets quelque chose vers le S1, puis tu remets dans ce cas-là. Très souvent, j'écris que l'athlète, il essaye de détailler quand même le RPE. Et puis après, encore une fois, moi, j'utilise presque plus que le RPE dans la prescription aussi pour que les gens s'approprient l'effort que représente ce type. Par exemple, quand tu dis à quelqu'un de travailler sur l'allure d'une certaine course, le fait qu'il réussisse à prendre des repères à l'entraînement, de « ok, c'est ça une allure, par exemple, des temps pliés » , toi, tu vas rétro-contrôler en lui disant « non, mais là, quand même, ta FC, elle était quand même vraiment élevée, tu vois, c'est pas une nature que tu vas tenir » . Tu vois, moi, je me rappelle, la dernière fois que j'ai fait les temps pliés, j'étais avec Mathieu Simon, et à un moment donné, on s'était fait lâcher du groupe de tête, il me dit « ouais, on se fait larguer et tout » , je lui dis « bah non, mais Maths » . dis-toi tout à l'heure, vers la salvage, il faut courir à la même allure. Et quand tu lui dis ça, le gars, il fait, ah ouais, ouais, en fait, peut-être que ça sera pas si facile tout à l'heure. Et tu vois, de vraiment aussi essayer, enfin, quand tu es dans la période spé, tu vois, c'est aussi de donner aux gens la bonne allure. Et donc, du coup, le RPE, c'est quand même aussi quelque chose qui est quand même intéressant dans le sens où les autres métriques, elles ne sont pas toujours simples à utiliser. Parce que, par exemple, l'AFC, Laquelle FC ? Moi j'aime bien dire ça, c'est l'AFC de la compète, quand tu es un peu plus frais, normalement c'est un peu plus raide, le système nerveux monte plus. Ou est-ce que c'est l'AFC du bloc d'entraînement ? Moi je sais que les gens qui s'entraînent beaucoup, il y a vite une zone de décalage. Les zones que tu vas mesurer en état de fraîcheur, et les zones que l'athlète a au quotidien. C'est aussi là, quand tu es trop focus sur une métrique, tu peux faire n'importe quoi quoi parce que moi il ya des fois mon seuil 2 il à 160 et puis je suis là ça c'est et il ya des moments quand je m'entraîne beaucoup à 160 chanel de rpe quoi on va revenir sur le sur la fc latata commence à être dure le sujet suivant mais moi pour revenir un petit peu sur le rpe effectivement c'est
- Speaker #1
là où on voit que c'est intéressant parce que chaque chaque donnée ou chaque méthode de mesure de consigne d'intensité assez limite c'est je reviens sur sur l'exemple des Templiers. Je reviens sur un exemple très simple à comprendre sur un marathon. On sait que pour réussir un marathon, il faut déterminer une allure cible qu'on va essayer de maintenir du début à la fin. Jusque là, on est d'accord ? Cette allure cible, au début d'un marathon, en RPE, théoriquement, elle doit être de l'ordre de 5. Et à la fin, on est d'accord ? 5-6 ? Et à la fin, on doit être sur l'ordre de 9-10. Donc, ça montre bien que même sur un effort court... tout à fait relatif, sur un effort relativement court en temps, relativement, j'ai bien dit, on se retrouve avec un RPE qui évolue énormément au fur et à mesure du temps, et que donc, et si on revient un petit peu à ton exemple de Templier Nico, ton RPE du début des Templiers, il n'est pas du tout le même au bout de 3 heures de course versus au bout de 6 heures ou 6 heures 30, tu vois.
- Speaker #0
Ouais, mais là, tu mets le doigt sur aussi le cœur de à quoi sert un RPE tout. En fait... Pour moi, par exemple, quand tu fais une course qui dure, tu prends l'exemple du marathon, le RPE du début, il sert à une seule chose, c'est que ce 5 ne devienne pas 14, et que 14, ça ne marche pas sur 10. En fait, à la fin, tu fais du mieux que tu peux. C'est pareil au temps plié. Au temps plié, il n'y a personne dans le cadre qui se dit « Tiens, il faudrait que je respecte ta métrique, qui met tout ce qu'il a pour aller. » Alors, il ne se dit pas « La fin, c'est dans deux minutes. » Mais à un moment donné, pour moi, au début, par exemple, donner des consignes de limite, c'est... pour préserver l'athlète pour pas qu'il explose avant la ligne d'arrivée tu vois après au moment tu vois elle fait un mois pour moi par exemple sur un temps qui est au bout de quatre heures et c'est tu fais ce que tu peux quoi du mieux possible quoi il n'y a pas trop de focus vraiment tu vois à part des petits focus du style ou attention fait gaffe de pas en mettre trop tôt tu vois dans une bosse qui dure 15 minutes fait pas les cinq minutes à bloc et puis tu plafonne toi donc là peut peut-être lui dire une consigne de puissance tu vois en disant bah tiens regarde à la fin ta valeur puissance de ne pas te mettre parce que tu vois souvent tu as quand même le problème du RPE c'est qu'il y a un delta entre ce que tu produis et la sensation tu vois et donc très souvent surtout si tu es sur un effort qui est au-dessus du seuil 2 entre le moment où tu produis au-dessus et le moment où tu commences à ressentir des fois c'est un peu tard pour réguler et c'est ça l'avantage par exemple d'une métrique style la puissance qui tout de suite te dit attention tu vois mais L'objectif d'un Templier, ce n'est pas de tenir un RPE, c'est juste de dire au début, attention, si tu pars à 7 de RPE au début des Templiers, il y a quand même des chances, ça ne se passe pas bien l'arrivée jusqu'à milieu. Mais par contre, au bout d'un moment, on s'en fout, tu fais tout ce que tu peux. Et globalement, les deux dernières heures d'un Templier, je ne sais pas si on peut dire que c'est 10 de RPE, mais en tout cas, c'est aussi à prendre en considération. Moi, je trouve le RPE dans un contexte. c'est à dire que c'est pas exactement pareil le rpe si tu as cours ça fait cinq minutes que si elle fait que si elle fait 7 heures tu vois bien sûr et globalement autant qu'y est au bout d'un moment je vais te dire c'était le max de la douleur je suis capable de supporter en me disant bah faut encore tenir pendant une heure et demie deux heures tu vois non mais ce que je veux dire par là et après je passerai la parole à grec sur pour en terminer sur le rpe mais si
- Speaker #1
Si tu considères que donner... C'est aussi le sujet de cet épisode. C'est-à-dire que... Chaque méthode de consigne ou d'analyse de l'intensité a ses limites. Moi, c'est vraiment ma façon de voir les choses. Si tu considères que donner une consigne sur toute une course au RPE à quelqu'un du début à la fin, forcément que si quelqu'un démarre à 5 et qu'il finit son Templier ou son Marathon à 5, il va forcément sous-performer.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
On est d'accord.
- Speaker #0
Mais normalement, tu vas lui dire, je te prends l'exemple des Templiers, ça va être reste sur un PO max de 5-6 jusqu'à la roc et puis à partir de la roc essaye d'accélérer et puis... Et la fin c'est la survie. Bah tu vois les conditions ça va être du style bon bah c'est bien le cas de faire attention de ne pas partir trop vite en bas pour ne pas plafonner à la moitié de la bosse par contre tu essayes d'en mettre le plus possible et puis une fois que tu as passé le cadre chaque mètre c'est du gain de terrain le plus vite possible ça va plutôt être ça les consignes et là il n'y a aucune métrique que... qui est donné très souvent. Voilà, c'est plutôt... Après, tu vois, l'athlète, il peut le faire, c'est-à-dire avoir des métriques du style « Ok, là, je cours à 14 ou à 15 sur le plat. Vas-y, mentalement, ça me met dans un bon mood parce que c'est une bonne vitesse, tu vois, plus comme ça. » Mais très souvent, l'athlète, il donne tout ce qu'il a le plus vite, le plus possible. Et puis de toute façon, je pense que dès qu'un effort dur, tu es moins sur des limites physiologiques. Après, c'est beaucoup plus souvent la capacité à endurer, très souvent la douleur. Pour moi, sur le trail un peu long, à un moment donné, ce qui te limite, si on t'enlevait des douleurs dans les jambes, je pense que tout le monde irait plus vite. C'est clair.
- Speaker #1
Greg, est-ce que tu voulais rajouter quelque chose sur le sujet RPE, par rapport à tout ce que vient de dire Nico, ce que j'ai évoqué aussi ?
- Speaker #2
Je pense que pour cadrer les mesures dont on va parler et dont on a déjà parlé, il faut bien se rendre compte qu'il y a différents types de data et bien comprendre de quelle catégorie de data on parle, quand on parle d'une ou de l'autre donnée, parce qu'il y a des données qui sont des données purement mesurées. C'est vraiment une mesure précise. des mesures de distance, ça peut être une mesure d'allure qui est issue de la distance et du temps, c'est toutes des mesures qui sont plutôt exactes. Il y a des mesures qui sont extrapolées à partir de plusieurs valeurs et qui sont moulinées dans des boîtes noires de différents algorithmes qui sont définis par les marques et dont on connaît plus ou moins bien le fonctionnement. Il y en a certaines qui sont basées sur des études scientifiques, il y en a certaines qui sont publiées, il y en a d'autres qui sont complètement opaques, on ne sait pas ce qui se passe dedans. Je prends par là, par exemple, l'implémentation dans les différents appareils et les différentes marques, une mesure dont on va parler plus tard, c'est par exemple la vitesse ajustée à la pente. On ne sait pas exactement quels algorithmes utilisent telle ou telle marque, et si tu prends un appareil de telle ou telle marque, tu n'auras pas forcément exactement la même allure ajustée à la pente. même si tu les mets côte à côte avec le même effort. Et puis, il y a des données qui sont des données que tu dois toi-même estimer. Et le RPE en fait partie. Et je pense que ça fait partie des données qui nécessitent le plus d'expérience dans leur utilisation. Et voilà, le RPE, on peut en parler encore très longtemps. Je pense qu'il y a des tas de trucs très intéressants à donner.
- Speaker #1
Ça fait partie de la charge interne, on va dire. La charge interne, c'est le RPE, le ressenti et éventuellement la fréquence cardiaque ou la fréquence respiratoire.
- Speaker #2
Oui, mais tu vois, par exemple, il y a différents indicateurs qui vont donner à peu près les mêmes informations en termes de charge ou d'effort que tu as produit. Si je prends un utilisateur de capteur de puissance sur le vélo, par exemple, il y a des données comme la TSS qui vont être comparables et sur lesquelles tu vas pouvoir... travailler un petit peu ton ressenti de RPE par rapport à l'effort que tu as fourni et la charge d'entraînement de ta séance. Mais finalement, tu es d'accord que ça mesure à peu près la même chose, mais tu ne vas pas forcément avoir du tout les mêmes valeurs à la fin de ton entraînement. Pourquoi ? Parce que tu as une mesure purement mécanique avec un capteur de puissance, alors que toi, si tu as mal dormi la nuit d'avant, que tu as un petit rhume le matin de ta course, que tu as le petit stress qui fait que tu es dans ta zone de départ, tu es un petit peu froid avant tout, tu te prends le départ, tu te mets à courir, tu as le stress des autres, tu as le stress de trouver ton rythme, etc. Ton ressenti d'effort par rapport à l'effort réel, mécanique que tu vas fournir vont être radicalement différents. Et c'est là qu'il va falloir avoir un apprentissage dans la gestion de ces données, de ces trucs-là. Et on parlait au début de, est-ce qu'il vaut mieux avoir des datas au début pour apprendre à se connaître ? Moi, je pose la question, est-ce que... Il vaut mieux avoir le bouton dans sa voiture où tu appuies dessus et qu'elle fait son créneau toute seule ? Dans ce cas, tu appuies ton bouton depuis le début, tu apprends à conduire. Finalement, tu n'apprends jamais à faire un créneau toi-même. Ou est-ce qu'il vaut mieux que ce bouton, il apparaisse dans ta voiture quand tu sais déjà faire un créneau ? C'est juste un côté pratique, tu appuies sur le bouton. Mais si un jour, tu dois reprendre le volant, les pédales et ton levier de vitesse, tu sais le faire, quel est le mieux ? J'aime bien l'analogie.
- Speaker #0
le débutant c'est un peu comme si tu le mettais dans la voiture et qu'il avait jamais conduit et du coup il est au milieu de la rue il bloque toute la rue il faut qu'il fasse son créneau on est tous passé par là les gens qui ont appris à conduire c'est ça et tu vois après c'est aussi ça c'est le rôle de l'entraîneur moi je sais qu'il y a des gens ils demandent toujours d'avoir une métrique parce que c'est facile à suivre et il y a des fois je leur dis aujourd'hui c'est au RPE Merci. Parce que c'est facile de toujours suivre. Il y a un moment donné, il faut que tu apprennes. Et puis après la séance, je te dirais, là, ce n'est pas ce qu'il fallait faire ou très bien, c'était dans la zone. Parce que sinon, c'est facile. Parce que tu parlais du TSS, c'est un très bon exemple. Parce que ça mesure toujours, pour les mêmes watts, ça sort toujours le même chiffre. Pour tous ceux qui ont déjà fait du vélo, tu fais un effort de 20 minutes, on va dire, dans la zone 3. Si tu le fais en début de sortie... pas trop dur, mais ça met un certain chiffre de TSS. Tu le fais en fin de sortie dans la chaleur et tout, tu vas mettre les mêmes watts. Il y a un coup, si on te demande le RPE, il était à 5 et là, il est à 9. Et ça va te mettre la même mesure. Donc, c'est vrai qu'en fait, c'est pour ça aussi qu'il faut croiser parce qu'il y a des choses qui sont intéressantes sur certains points et puis le RPE, il va amener autre chose et en fait, il faut croiser le plus de mesures possibles. De toute façon, quand tu fais dans le trait haut niveau, il croise plein de choses. pour aussi comprendre parce que le truc c'est quand tu as un décalage entre ce que tu prévoyais et ce qui s'est passé, l'objectif quand même de l'entraîneur et de l'athlète c'est pourquoi ça quoi ? Pourquoi ça ne s'est pas passé comme on l'avait planifié quoi ? Pour comprendre, ajuster pour que la prochaine fois ça se passe un petit peu mieux quoi.
- Speaker #1
Donc si je résume un petit peu tout ça, le RPE globalement c'est quand même un élément qui peut être utile à apprivoiser quand même et à... comparer avec d'autres éléments plutôt objectifs qui nous permettent de dresser un tableau complet, on va dire, qui n'est quand même pas... Ce n'est pas si évident que ça. Moi, je tiens quand même à souligner le truc. Moi, je vois souvent des gens qui te disent toujours, encore une fois, en début de course ou quoi, et surtout des gens qui sont peu expérimentés sur les courses et tout. Ah, mais j'étais super bien. En fait, tu te rends compte qu'ils étaient sur des... Et on le voit sur les départs de course. Des gens qui sont sur des intensités improbables. Alors ça... On est d'accord, encore une fois, ça se voit quand même beaucoup moins sur le haut niveau parce que ce sont des gens expérimentés, qu'ils se connaissent beaucoup mieux. On voit souvent d'ailleurs que les athlètes de haut niveau, quand ils font des tests d'effort labo à l'aveugle, ils sont très souvent capables de positionner assez finement leur SV1 au ressenti, ce qui est quand même beaucoup moins le cas chez les athlètes de niveau plus faible ou les débutants. Donc moi je dis que le RPE c'est bien, c'est un élément qui doit être... considéré et travaillé. Par contre, attention, c'est pas si simple. Il est dépendant de plein de choses aussi, de l'état de fatigue, de la durée de l'effort, de son expérience, de la manière dont on a à le lire et tout. Donc, voilà,
- Speaker #0
un petit peu pour le... Surtout qu'il y a le cerveau en haut qui... Tu fais une interprétation et c'est ça le gros biais du RPE. C'est que les gens vont interpréter de manière différente. Et peut-être que ton athlète qui a couru vite et qui t'a dit que c'était 5, si tu l'avais mis tout seul au milieu des courses sur un entraînement, à la même allure, il t'aurait dit que c'est 7. Et que toi, peut-être que quand tu regardes tes datas, tu te dis que c'était plutôt un RPE de 7. Et lui, il a été biaisé parce qu'il y a le faux. il y a ça, il y a de la fraîcheur, tu vois, il y a plein de choses. Et c'est sûr que pour ça aussi, il faut croiser. Quelqu'un de très expérimenté, il ne peut faire que du RPE, je pense, mais il saura des limites. Au quotidien, l'athlète ne peut utiliser que du RPE, mais l'entraîneur, il va utiliser d'autres datas. Par contre, chez des gens qui débutent, je pense qu'il faut croiser aussi, parce que sinon, ils vont droit dans le mur.
- Speaker #1
Par contre, moi, j'ai un exemple que j'ai à chaque fois sur le RPE, et ça, j'ai quelques cas comme ça. Ça dépend aussi de l'historique sportif, c'est-à-dire des gens qui sont... qui viennent de l'athlée, qui ont fait beaucoup de demi-fonds, donc naturellement qui ont fait quand même beaucoup d'efforts de chipper seuil, etc. C'est quand même des gens, tu leur donnes du seuil à plat sur piste, avec des bases objectives d'allure et tout. Moi, ça m'arrive souvent où j'ai un RPE de 6, 5. Et inversement, des gens qui n'ont pas du tout l'habitude de faire du seuil dans leur historique sportif, je vais leur donner du seuil sur des bases objectives d'allure, de puissance ou quoi, et ça ressort des 8, 9. donc ça montre aussi que L'historique, la manière dont on a d'appréhender l'effort au travers de son histoire et tout, ça influe sur ce RPE-là ? Tu le ressens, toi, Greg, toi, personnellement, ou sur ce que tu constates, sur ce que tu analyses ?
- Speaker #2
Je vais reprendre la métaphore de l'apprentissage de la conduite et puis de l'apprentissage de ses différentes allures et du RPE. Si je donne à un coureur débutant maintenant... une voiture, je lui dis maintenant tu fais un créneau c'est un petit peu comme si tu prends un cours dès le débutant maintenant, tu lui donnes une séance au seuil puis ensuite avec des intervalles en VMA et puis tu lui demandes à la fin de te mettre un RPE ton athlète il va pas pouvoir te mettre un RPE à la fin tout simplement parce que déjà il sait pas ce que c'est du seuil, il sait pas ce que c'est de l'allure VMA et puis il sait pas ce qu'il doit faire entre le seuil et la VMA, donc ton apprenti conducteur avant de lui faire faire le créneau tu vas lui apprendre à manipuler de puler la boîte de vitesse, aller en avant, en arrière, à tourner le volant, à comment ça marche quand tu tournes le volant, on marche avant ou on marche arrière. Ton athlète au début, j'imagine que si vraiment tu as un super débutant, tu ne vas pas l'envoyer en première séance en lui disant maintenant tu me fais 30 minutes de seuil, puis à la fin tu me donnes un RPE. Déjà tu vas lui expliquer ce que c'est du seuil, et puis tu vas faire construire tes séances d'abord, puis tu ne vas pas commencer par lui demander direct, mais moins un RPE, tu vas d'abord lui demander sur une échelle de 1 à 3 entre facile. moyen difficile et puis ensuite tu vas élargir un petit peu le panel et puis tu vas le faire de cette manière là et comme les intensités tu vas pas lui parler d'abord cinq zones de fréquence cardiaque et puis en cette zone d'allure qui en deux zones de puissance tu va simplifier les trucs au début puis tu vas rajouter de la complexité au fur et à mesure est en fait c'est la même chose avec toutes les datas que tu vas utiliser il ya un débutant qui fait Une minute de marche, une minute de course, une minute de marche, une minute de course pour se mettre à la course à pied au début, il n'en a rien à foutre de sa cadence de course à pied, il n'en a rien à foutre de son association verticale, de son temps de contact au sol à droite, à gauche, de l'équilibre des deux pieds, etc. Ce sont des données qu'on va intégrer bien plus tard dans sa pratique. Et donc, à chaque période de l'apprentissage de la course à pied ou de n'importe quel sport, tu vas rajouter de la data. Et tu vois, je pense que Roger Federer, il n'a pas commencé à 8 ans à faire des revers avec un entraîneur qui lui mesurait l'angle de sa raquette au moment de la prise d'élan de son coup de revers. C'est venu bien après, quand ils ont optimisé les trucs pour essayer de battre des Nadal et Djokovic, etc. Et je pense qu'il faut vraiment remettre tout un petit peu dans le contexte. Aujourd'hui, il y a une facilité d'accès à ces données et il y a des gens qui me contactent sur le site en me disant, tu vois, j'ai un équilibre de temps de contact au sol de ma course à pied qui est à 53,47. Est-ce que c'est grave ? Comment est-ce que je corrige ? Et puis, je lui demande sa pratique de course à pied et en fait, je vois qu'il en est à même pas six mois de pratique. Ok, c'est peut-être important de travailler ça, mais pas tout de suite. Il faut remettre les choses dans leur...
- Speaker #1
Ça revient à ce que disait Nico au début. Il ne faut pas essayer de pousser trop loin la logique. Il faut commencer déjà par les basiques. On va passer à la fréquence cardiaque. C'est un sujet qui m'intéresse beaucoup. Pareil, on pourrait y faire deux heures, mais on va essayer de faire court. Je vais donner mon avis perso là-dessus. Je trouve qu'elle est... de manière un peu trop systématique, décrédibilisée, parce qu'on dit qu'elle est dépendante de plein de paramètres extérieurs, de la température, du niveau de fatigue, du niveau de forme, etc. Mais moi, je donne toujours un exemple qui me revient en tête systématiquement, c'est que je pense qu'on a globalement toujours un cardio, à part si on est vraiment très acclimaté, par exemple à la chaleur, on a globalement tous un cardio qui est beaucoup plus important. dans les conditions de chaleur et je ne crois pas qu'on ait battu des records au marathon ou dans des efforts d'endurance dans ces conditions là, donc ça montre bien que on n'est plus en cardio, on a forcément moins de capacité physique j'ai envie de dire et que de dire que l'AFC, ça m'embête un peu d'entendre dire l'AFC elle est souvent décrédibilisée parce que Elle est très dépendante des conditions externes. Moi j'ai envie de dire justement, la FC, elle est un marqueur de ces fameuses conditions externes qui peuvent nous permettre de... Enfin, qui peuvent ne pas nous permettre de performer justement. Toi, qu'est-ce que tu en penses de cette introduction sur la FC, Nico, par rapport à ça ?
- Speaker #0
Je suis 100% en phase avec toi. En fait, la FC, elle a des limites. C'est-à-dire qu'elle ne rend pas compte que de l'effort. Mais d'un autre côté, est-ce que quand tu fais entraîner quelqu'un, tu as envie de prendre en compte que l'effort ? Je veux dire, si ton gars, il court par 35 degrés, de savoir que la chaleur lui a généré du stress, c'est quand même une information qui me paraît pertinente. Donc, c'est quand même intéressant. Moi, là où je mets plus de limites sur l'AFC, c'est plus le fait que pour quelque chose qui est censé avoir, on va dire, la même charge interne, l'AFC peut se comporter un peu différemment selon l'état de fatigue. Mais c'est une information aussi. C'est-à-dire que peut-être que, après, je ne suis pas spécialiste de tout ce qui est HRV, mais peut-être qu'il y a une dominante parasympathique. Après, ce qui est très difficile pour moi, c'est de comment tu interprètes cet AFC et quel changement dans l'entraînement tu vas faire. Parce que si dès que ton athlète, il a tendance à avoir une AFC qui monte moins que ce que tu attends, tu le fais alléger, mon expérience dans le train me ferait dire que les gens ne vont pas s'entraîner souvent. Mais ça peut être un marqueur. C'est-à-dire que s'il faut une semaine de décharge pour que ça remonte, c'est peut-être que ça allait un peu trop loin. Si en deux jours, un peu facile, on a tendance à revenir plus tôt sur des données. Mais ça, après, c'est aussi ton rôle, toi, en tant qu'entraîneur, de dire, là, attention, tu me dis, ma FC ne montait pas. Ben ouais, mais en fait, tu vois, la personne, si elle commence à avoir un peu d'expérience, mais il faut encore cette erreur-là, parce que des fois, les gens, ils veulent être dans la zone. Et puis, j'en sais rien, la zone, c'était censé être quelque chose qui était du tempo, donc du 5-6 de RPE. Et le gars, il va pousser, et puis il va se retrouver et dire, « Ah, c'était dur ! » Tu vois, le truc typique, je trouve, c'est le tempo. Tu mets du tempo, tu mets, j'en sais rien, une séance pas très dure, 4x8. Et puis tu as l'athlète qui dit « ouais, j'ai fait que 4 minutes la dernière, je n'arrivais plus à tenir l'allure » . Mais d'où tu n'arrivais pas à tenir l'allure du tempo ? Le tempo, ce n'est pas censé être quelque chose qui te met dans le mur. Mais c'est juste parce que soit tu avais mis une UFC associée à ce que toi tu aimais être l'AFC du tempo, mais ce jour-là, en fait, il avait du mal à monter. Et peut-être que s'il avait essayé de monter à FC Max ce jour-là, elle était 10 pulses plus basse que d'habitude. des prophètes Il s'est mis dans une zone où il était limite seuil 2, voire au-dessus. Et donc, oui, au bout d'un moment, la physiologie l'a rattrapé. Il pouvait plus tenir l'allure qu'il essayait de tenir ou l'AFC qu'il essayait de tenir parce que c'était juste trop dur. Ça, c'est limite. Mais par contre, moi, je reste convaincu que, comme ça prend en considération plein de choses, c'est quand même très pertinent comme donnée.
- Speaker #1
En en connaissant, bien évidemment, les limites. Moi, je suis absolument d'accord. Je précise juste que FC, c'est F fréquence cardiaque pour ceux qui n'ont pas suivi. Fréquence cardiaque mesurée, c'est un sujet que j'aimerais aborder en premier et je donne la parole après Greg. C'est la manière dont on en mesure cette fréquence cardiaque. Moi souvent je dis à mes sportifs qu'on essaie d'éviter la mesure au poignet qui est souvent déconnante. Il y a souvent des incohérences de lecture notamment. Je trouve que la lecture de la fréquence cardiaque au brassard est relativement pertinente, bien qu'elle soit parfois un peu imparfaite, et que la manière la plus fiable de mesurer cette fréquence cardiaque, c'est quand même la ceinture thoracique, mais dans nos sports à nous, qui sont des sports relativement longs, on s'aperçoit que c'est difficilement, on a vraiment du mal à la garder tout au long des efforts. Ceci étant dit Greg, qu'est-ce que tu penses toi pour introduire ce sujet de la fréquence cardiaque ?
- Speaker #2
C'est une mesure qui est très intéressante dans le top 5, dans mes mesures que j'utilise dans mon entraînement, qui me sont le plus utile, la fréquence cardiaque, que je positionne clairement au premier, parce qu'elle est utile à l'effort, on en a parlé, à Nicolas on a bien parlé, toi aussi, mais elle est utile aussi en dehors de l'effort. Juste après l'effort, tu peux mesurer, après un effort intensif, Merci. Tu peux mesurer la vitesse à laquelle et la tendance à laquelle ta fréquence cardiaque revient à la normale pour savoir quelle est ta fatigue d'entraînement directement après ta séance. Et puis, tout au long de la journée, tu peux mesurer la variabilité de la fréquence cardiaque. Ce n'est pas directement la fréquence cardiaque, mais ça donne énormément d'informations. Cette mesure, elle est aussi effectuée par beaucoup d'appareils pendant l'effort. À mon avis, ça, c'est un petit peu plus discutable en termes de pertinence. Mais je reviens à ce que tu viens de dire. L'élément essentiel, c'est d'avoir une donnée qui est fiable. Et si tu la mesures uniquement au poignet, tu n'as pas une donnée qui est fiable. Si tu la mesures au brassard et puis que tu fais des allures qui sont situées entre 60 et 75% de fréquence cardiaque maximale, tu arrives à des données qui sont cohérentes. Si tu fais des intervalles à VO2max ou à VMA sur piste, tu n'auras pas des données avec le brassard qui seront suffisamment... pertinente pour pouvoir faire ton analyse et là il n'y a que la ceinture qui compte moi c'est simple, que ce soit un 10 km ou un marathon ou même un Ironman de toute façon j'utilise la ceinture moi je n'ai jamais eu de problème à porter des ceintures sur des longs efforts, aujourd'hui on a des ceintures qui sont vraiment très très confortables très légères que si tu la règles correctement, que tu la portes correctement, je n'ai pas de problème de confort avec ça, par contre ça te donne un confort en termes de données qui sont produites qui est incomparable parce que Merci. tu ne remets pas en doute les données que tu as. Déjà, ça, c'est un confort qui est vraiment agréable parce qu'il y a peu de données que tu peux mesurer avec un tel niveau de précision. Donc, c'est quand même très précieux comme indicateur. Et puis, on a parlé pendant tout un épisode de la mesure de puissance. Donc, ça, c'est vraiment une mesure mécanique de la machine du corps humain qui va produire un effort. La fréquence cardiaque, elle, elle a toutes ces petites... subtilités qui sont communiquées à travers sa valeur, du fait qu'on n'est pas des machines justement, on est des êtres humains. On a un jour où on est stressé, où on est frustré, où on arrive à l'entraînement du club en ayant passé 45 minutes dans les embouteillages et avec des mecs qui nous font des queues de poissons et on est remonté. Il y a plein de choses qui font qu'on peut avoir des variations là-dessus. tu démarres ton entraînement Tu vois ta fréquence cardiaque, si tu te connais un petit peu, tu arrives tout de suite à te dire si tu es dans un bon jour ou pas. C'est difficile avec d'autres valeurs. À moins que tu cours vraiment à plat et puis tu arrives à faire une transposition avec ton allure ou avec ta puissance. Mais sinon, la fréquence cardiaque, pour moi, c'est quand même clairement l'indicateur qui va me dire très vite, dans mon entraînement ou ma compétition, OK, c'est un jour où je peux y aller ou bien là, c'est un jour, ça va être compliqué. Moi,
- Speaker #1
sur l'aspect utilisation de la fréquence cardiaque, je ne suis pas tout à fait d'accord avec ton analyse concernant la pertinence des mesures sur le brassard cardiaque, sur les efforts courts. Parce que d'une part, j'estime quand même que sur les efforts courts, si on parle, je ne sais pas, de séance de VMA, de fractionnés, etc. Justement, pour le coup, c'est la fréquence cardiaque en elle-même qui a, à mon avis, très peu de pertinence. Parce qu'il y a quand même un délai de... de réaction de la fréquence cardiaque à des efforts élevés, qui est quand même assez important, de l'ordre de 30 secondes. Donc si on considère que notre métrique d'intensité sur les efforts répétés, courts et intenses, est l'AFC, je pense qu'on n'est pas totalement, à mon avis, dans quelque chose de cohérent. Toi, je ne sais pas si Nico, tu utilises...
- Speaker #0
Ça dépend de ce que tu veux faire, en fait. Parce que, par exemple, quand tu fais des intervalles de haute intensité, l'un des intérêts de l'AFC, par exemple, si tu veux très... Si tu veux être très orienté physio, ça peut être par exemple de calibrer ta récup, soit la durée de ta récup, soit la vitesse de ta récup, parce que par exemple tu veux peut-être essayer de créer le plus possible un plateau de FC sur la fin de tes reps, et là la FC c'est quand même intéressant. Tu vas par exemple, j'en sais rien, tu vas faire un 30-30 au début, alors bon quand t'es chez un athlète expérimenté tu fais pas ça, mais admettons que tu commences par un 30-30, tu vas voir ça redescend trop, et bien peut-être que la fois d'après tu vas faire un 30-25. tu te dis, ouais, bon, OK, à la fin, ça descend encore peut-être trop. Je vais faire un 30-20, voire un 30-15. Tu vois, ça a quand même cette donnée-là. Après, moi, sur l'utilisation brassard, ceinture... Très clairement, je suis 100% en phase avec Greg, la ceinture c'est la meilleure mesure, il n'y a pas de discussion possible. C'est un peu moins utilisé entre elles je pense parce que la ceinture c'est un peu chiant quand tu as un sac en fait, c'est un peu ça la limite principale. Souvent la ceinture elle est au niveau des attaches et ça frotte et je sais que moi j'utilise beaucoup la ceinture mais il y a des étés, tu as des frottements, ça finit par faire des frottements, des brûlures quand tu fais 3-4 heures tous les jours. Merci. avec le sel, la transpiration. Et le brassard, moi, j'ai l'impression que je suis très proche de ce que va mesurer des ceintures qui sont un peu référence. Donc moi, franchement, je me connais assez bien. J'ai quand même l'impression que les données sont bonnes. Par contre, il y a des gens chez qui ça ne marche pas du tout. C'est clair. Donc là, il faut quand même être vigilant et dire, quelqu'un, tu vois que ça ne marche pas. Je sais que ma compagne, par exemple, n'importe quoi. Elle est censée être en zone 2 alors qu'elle est à bloc. Ouais sur le brassard.
- Speaker #1
Il y a souvent des incohérences selon la position. Souvent quand tu le mets à l'intérieur du biceps, ça donne pas forcément les bonnes mesures. J'ai eu le cas récemment. Et juste en tournant d'un demi-tour,
- Speaker #0
en le mettant sur le triceps, ça fonctionne. Ouais, normalement il est plutôt sur le triceps. Normalement je crois que c'est chez TOSA la recommandation. Mais il y a aussi, je pense, la couleur de la peau. Si j'ai bien compris la technique... C'est une lecture optique, Greg, c'est ça ? Ouais, c'est une lecture optique, et puis après c'est un algo qui recalcule, donc moi j'ai l'impression aussi que des fois il y a des limites. Par exemple, quand il fait très froid, et qu'il y a de la vasoconstriction au niveau de la peau, j'ai l'impression que ça marche moins bien, par exemple, aussi. En fait, c'est comme tout outil, il faut connaître les limites. Après, moi j'avoue que j'ai changé beaucoup pour le brassard, parce que, t'as dit pas trop citer de marque, mais si t'en citais une... Ouais, tu peux, ouais. J'avais une Polar H10, elle durait un an, elles étaient mortes à chaque fois. Au bout d'un moment, là j'ai un brassard Coros, ça fait trois ans que je l'ai, il marche nickel. Après aussi, parce que moi je fais moins du sport paire, donc s'il y a un coup ça ne marche pas et que les données ne sont pas ouf, ce n'est pas très important. Mais c'est vrai que quand tu as une ceinture qui ne marche pas, des fois c'est un peu pénible. C'est vrai que je n'ai jamais trop eu ce souci avec le brassard. Mais voilà, l'AFC, on rejoint Greg, il y a plein d'intérêts. Et notamment, on a parlé de l'AFC de récupération, qui est visiblement un des bons marqueurs pour détecter de la fatigue aussi. Et pas toujours. Avoir une AFC qui est rapide de récup, c'est plutôt bon, au principe. Mais si elle évolue trop vite vers le bas d'une semaine à l'autre, ça, ce n'est pas très bon. C'est plutôt un signe de fatigue. Si tu as tendance à descendre beaucoup plus vite que la semaine d'avant, Ce n'est pas j'ai beaucoup progressé en une semaine, c'est plutôt je suis un peu trop fatigué. Il faut être vigilant parce que c'est toujours aussi ça, quand on s'entraîne à ses limites, on est toujours sur la limite. Quand on est performant, on s'entraînait beaucoup. mais moins performants et qu'on en serait en train de m'en s'entraîner beaucoup aussi quoi et donc tout là tout le débat c'est beaucoup mais tolérable par et assimilable par le corps clairement est ce que tu veux rajouter quelque chose grec sur l'aspect fréquence cardiaque qu'on a fait à peu près le tour ouais je voulais juste revenir sur ton sur
- Speaker #1
ton point de vue à propos du brassard je pense que pour le trait en fait il est parfaitement adapté dans le sens où si tu sais que ça donne une mesure qui est cohérente par rapport à ta fréquence cardiaque. En trail, tu n'es jamais à 100% de FCmax. En tout cas, sur l'ultra-tail, c'est assez rare. Mais les deux gros défauts, en fait, de la mesure optique par rapport à la mesure ceinture, c'est que la ceinture va mesurer les signaux électriques du cœur. Donc, tu auras une mesure qui sera immédiate. Si ta ceinture te dit que tu es à 180 battements par minute, c'est que vraiment, sur les trois dernières secondes, elle va détecter cette fréquence cardiaque-là. Il y a un lissage qui est beaucoup plus longue qu'elle est de l'ordre de 8 à 15 secondes sur un capteur optique parce que les signaux sont plus difficiles à identifier au niveau de la fréquence et donc il faut lisser plus de données pour avoir une mesure et en général en trail tu t'en fiches de savoir si ta fréquence cardiaque qui s'affiche maintenant c'est celle instantanée ou celle il y a 8 secondes quand tu fais des 100 mètres sur les pistes et que tu es un athlète de... de fond ou de demi-fond et puis que tu fais des entraînements sur pied, c'est plus important d'avoir ces données en temps réel. Et puis, il y a un autre point qui est celui que tu abordais par rapport à comment on met son brassard. Il ne faut vraiment pas qu'il glisse sur la peau parce que dans ce cas, on a très vite un effet qui s'appelle le cadence lock, qui est en fait quand tu cours, tu as des petites impulsions de poids du corps, etc. Et puis, tu vas assez facilement avoir des fréquences qui restent. coller entre 160 et 180 battements par minute et en fait c'est pas ta fréquence cardiaque qui est mesurée, c'est ta cadence de course et en fait c'est simplement les mouvements de balance et de frottement du capteur sur ta peau qui va interpréter de manière incohérente en fait ça comme du flux sanguin mais c'est simplement le glissement sur la peau et en fait ça te donne ces mesures qui sont aberrantes et on le voit assez souvent, tu fais un effort et tout d'un coup t'as cette courbe de fréquence cardiaque qui ne veut plus rien dire mais qui reste un plateau assez régulier quoi Et tout d'un coup ça reprend la lecture correcte et ça c'est ce qu'on appelle le cadence lock. Complètement.
- Speaker #0
Surtout en descente.
- Speaker #1
Ouais, ça arrive vraiment quand t'as ta poids.
- Speaker #0
Moi par exemple, au poignet en montée, c'est assez fiable la mesure souvent chez moi. Par contre, tout ce qui est plat à monter ça va et puis dès que je fais une zone de descente, ça me met très souvent à ma cadence ou en tout cas assez proche de ma cadence.
- Speaker #2
Moi ce que je recommande à mes sportifs souvent, s'ils le peuvent, L'idéal pour moi c'est le combo effectivement Brassard sur les sorties pas trop intenses, mais de l'avoir tout le temps, de l'ordre du tempo, etc. Dès qu'on commence à aller sur du seuil, etc., je leur dis, essaye de mettre la ceinture, parce que c'est quand même vraiment ce qu'il y a de plus fiable et de plus réactif. J'aimerais juste, avant qu'on passe au sujet de la lueur, etc., de parler de ce que tu disais tout à l'heure, Nico, sur la réactivité du cardio. Moi, je vois des trucs absolument hallucinants. Tu en as parlé juste avant, mais... des décalages de zones cardio en début de course notamment liés certainement à la fraîcheur ou à la fraîcheur musculaire ou à l'adrénaline liée au départ de course je vois des deuxièmes jours de bloc notamment avec des cardio qui sont complètement, comme disent les jeunes, éclatés au sol avec des cardio qui montent plus du tout toi c'est les choses que tu constates aussi toi ces gros écarts de zones notamment en fonction des conditions et des
- Speaker #0
Ouais, complètement. Je pense que là où je le constate le plus maintenant, c'est presque sur moi-même parce qu'avant, j'étais sur une charge élevée. Donc, j'avais un peu ma FC, on va dire, de fin de coupure qui était très haute. Et puis après, toute l'année, plus basse. Et maintenant, j'ai plus de période où des fois, j'arrive à m'entraîner pendant 5-6 jours. Donc, j'ai de la charge si ça baisse. Puis pendant 3 jours, parce que j'ai des trucs à faire, je m'entraîne moins. Du coup, je remonte de nouveau et je vois vraiment cette différence. Mais par contre, j'ai l'impression que je suis... Ça, c'est assez lié au profil de chaque personne. Mais il y a vraiment des gens, trois jours de charge et bim, ça descend vraiment fort. D'autres sont moins impactés. Et tu vois, des fois, ça a même des effets délétères. Quand tu commences à faire un affûtage, les athlètes sont habitués à courir à une certaine allure, à un certain ressenti et puis à avoir cette EFC. Ils sont là en panique. Ouais, non, mais là, j'avais le cardio qui était hyper haut aujourd'hui et tout. Et là, le truc, c'est non, mais gars, il y a quatre jours, tu étais en forme. C'est juste que tu as de la fraîcheur, tu retrouves. Après, je ne suis pas assez spécialiste, mais ce que m'avait expliqué un cardiologue, c'est qu'aussi, quand tu stimules énormément ton cœur, en fait, ils baissent un peu la capacité à être stimulés. Je crois que c'est les bêta-récepteurs. Et donc, c'est assez naturel aussi quand il y a beaucoup de battements cardiaques, notamment quand on fait des sorties longues, il y a tendance à un peu moins s'activer, donc que l'AFC soit un peu plus basse. C'est quand même un phénomène assez adaptatif de ce que j'ai cru comprendre. Donc oui, ça se constate quand même très souvent. Et c'est aussi pour ça qu'en trail, on revient pas mal au RPE, parce que ça permet aussi d'avoir un truc quand même aussi qui est un peu… En trail, ce qui est très dur, c'est que les autres métriques, ce qui n'est pas simple. FC, RPE, le reste en sortie longue, par exemple, alors oui, si tu es sur une montée très spécifique avec un certain pourcentage, tu peux mettre d'autres données, mais en plus en trail, tu as la technicité du terrain, donc la vitesse, même si c'est plat, elle n'est pas forcément adaptée. Tu peux être en altitude, donc tout le monde ne connaît pas ses allures en fonction de l'altitude. Et c'est vrai que c'est pour ça aussi que le RPE, on en parlait avant, a une place assez importante entre elles parce que c'est moins facile d'utiliser d'autres données. En vélo, quand tu as un capteur de puissance, une fois que tu as pris un peu en considération qu'il peut y avoir de la fatigue et que la mesure est impactée d'une certaine manière, entre elles, ce n'est pas aussi simple que ça. C'est aussi pour ça qu'on utilise plus le ressenti parce qu'on est un peu contraint de l'utiliser.
- Speaker #2
Clairement. On passe au sujet suivant qui est l'allure à plat, on va dire, et cette fameuse VAP ou allure ajustée à la pente. Greg, tu nous en as parlé tout à l'heure. J'avais fait un épisode sur Montre et Trail avec Jérôme de Montre et Cardio GPS et on avait parlé en longueur de l'aspect technique, de la vitesse à plat, etc. J'aimerais que tu nous rappelles quand même cette histoire de vitesse ajustée à la pente et en quoi, je crois que tu en as déjà parlé juste avant, mais... Mais globalement, en quoi est-ce qu'il faut y faire attention ? On essaie de ne pas trop rentrer dans le détail dans ce sujet, mais j'aimerais bien y revenir dessus quand même.
- Speaker #1
Oui, alors je parlais tout à l'heure des données qui sont directement mesurées ou des données qui sont plus ou moins devinées par des algorithmes en boîte noire. Là, on est typiquement dedans quand on parle d'allure ajustée à la pente. C'est-à-dire que chaque fabricant de montre ou autre appareil de sport a sa propre potion magique. pour t'afficher une allure ajustée à la pente. En gros, on rappelle que l'allure ajustée à la pente,
- Speaker #2
c'est un équivalent à plat quand on court dans une certaine pente, que ce soit positive ou négative.
- Speaker #1
Alors, déjà rien que quand on t'entend le dire, on s'imagine tous les problèmes qu'il peut y avoir avec ce type de mesures. Parce que, est-ce que quand je cours dans une pente à 10%, est-ce que mon mouvement au niveau biomécanique... qu'il est équivalent à un mouvement, un effort équivalent à plat. On peut bien imaginer que non. La foulée, la posture n'est pas la même. Les forces auxquelles on fait face ne sont pas les mêmes. Donc, on prend un échantillon de coureurs, on les fait courir à plat en leur donnant une intensité cible. Donc, typiquement, des gens qui se connaissent par cœur, on leur donne un RPE courir à plat et puis on leur demande de courir en côte contrôlée. Au même RPE, on regarde la différence et on tire des algorithmes qui sont liés à ça. En général, les marques n'utilisent pas tellement les données d'allure pure et de pente, mais se basent sur une donnée qui est déjà un peu marinée, c'est la puissance mesurée par la montre ou par un autre appareil. Et puis, de cette puissance, on extrapole une allure en fonction des variations d'altitude. Merci. Sur le papier, c'est magique. C'est-à-dire que tu te dis, OK, moi, mon marathon, je cours 42 kilomètres à 5 minutes au kilomètre. Et puis, je sais que je vais finir un tout petit peu plus que 3h30. Et je pars sur un trail. Le trail, il va durer également 3h30 à peu près. Et donc, je vais prendre mon allure ajustée à la pente et je vais courir à 5 minutes au kilomètre tout le long de mon trail. On imagine bien que... De manière biomécanique, c'est possible de ralentir, mais de garder la même intensité en montée. On imagine bien que garder une allure de 5 minutes au kilomètre quand on est dans une descente de 18% de pente, ça va être compliqué pour tout ce qui est squelettique et musculaire de maintenir une allure équivalente. Parce que si à la montée, quand je cours, admettons à 3 km heure dans une pente importante, et que ma montre va me dire, ok, à plat, tu courrais en équivalent à 12 km heure, c'est inversé à la descente. C'est-à-dire que plus ça descend, plus il va falloir courir vite, au-delà de la vitesse cible pour, entre guillemets, rattraper un petit peu le retard de la montée. Et puis, on se rend compte qu'à la fin, même si on y arrivait, Biomécaniquement, ce n'est pas possible, mais même si on y arrivait, en fait, on ne serait pas exactement à nos 3h30 sur notre épreuve, etc. Parce qu'il y a plein de paramètres qui entrent en jeu, qu'on n'a pas la même efficacité quand on court en descente ou en montée par rapport à quand on court à plat, que l'algorithme n'est pas parfait, et puis que les athlètes qui ont été utilisés pour faire cet étalonnage de la boîte noire qui est dans la montre, ils ne me correspondent pas à moi. Je ne suis pas un coureur qui, en moyenne... cours en zone 3 à 16 km heure. Ce n'est pas sur moi que l'algorithme a été entraîné, mais sur quelqu'un d'autre. Donc, il y a plein de biais. Mais si on veut utiliser cette donnée, elle donne une indication qui est peut-être plus utile quand même que l'allure instantanée lorsqu'on est dans des ponts importants. Donc, à ne pas prendre à la lettre parce qu'on va droit au fiasco, mais si on s'entraîne avec, on l'a déjà utilisé et puis qu'on la met en perspective avec notre ressenti, etc., on peut l'utiliser peut-être pour se caler à une allure qui est peut-être un petit peu plus facile à utiliser qu'une allure brute de fonderie qui est sortie d'une montre GPS. Surtout que si on laisse sa montre GPS, quelle que soit la marque, quel que soit le modèle, souvent, en fait, le GPS fait une projection de distance à plat. C'est-à-dire que s'il me dit j'ai fait un kilomètre, c'est que tu prends la carte à plat de là où tu as couru et puis tu as couru un kilomètre en traçant un trait au crayon là-dessus. Mais si tu mets le relief, tu vas te rendre compte que ta pente va faire que tu vas courir plus parce que tu vas accumuler non seulement de la distance horizontale, mais aussi de la distance verticale. Et ça, la plupart des montres qui sont configurées de base ne prennent pas en compte ce qu'on appelle dans les montres la distance ou la vitesse 3D. Et il y a aussi ce biais-là qu'il faut bien comprendre. Quand on utilise l'allure sur des pentes, je dirais qu'ils sont supérieurs à 8%.
- Speaker #2
Moi, à titre perso, je n'utilise pas du tout la VAP en consigne. Toi, Nico, ton côté,
- Speaker #0
c'est quoi ton positionnement ? Moi, l'intérêt que je vois de la VAP, c'est un des trucs que j'utilise avec plein de limites, mais plutôt, on va dire, au quotidien, chez les gens qui s'entraînent chez eux, c'est quand même plus ou moins tout. tout le temps le même terrain, sur l'évolution. C'est-à-dire que moi, je le vois bien, je connais bien mes datas, je sais que quand j'étais à mon meilleur niveau, je faisais de l'endurance entre 4,15 et 4,20 de vapes. Aujourd'hui, je suis moins entraîné, je suis quand même plutôt à 4,40, 4,45 de vapes, par exemple. Et c'est quand même, je l'avais vu quand j'avais repris l'entraînement après une blessure, j'ai recommencé à 5 et c'est descendu. Et quand j'avais préparé le thérapie 2024, j'étais revenu à 4,20, 4,25. Et c'est quand même... quand tu t'entraînes au même endroit, sur le même terrain. C'est assez cohérent et c'est quand même un bon indicateur. Et je sais que je l'utilise aussi chez certains athlètes, en sachant que des fois, tu vois que quand il commence à sortir cette valeur, tu te dis, voilà, il va être bien. Et très souvent, il n'est pas mal. L'autre intérêt que je vois un petit peu, moi, je l'utilise un petit peu, par exemple, moi, je suis quelqu'un qui n'aime pas aller tout le temps dans les mêmes bosses pour ne pas avoir, tu vois, tu connais par cœur, tu te dis, aujourd'hui, je suis à les 5 secondes moins haut. Et quand tu t'enfermes sur des pentes un peu similaires, la vitesse qui sort, elle est propre à toi de savoir que c'est un 3,20 de vape. Est-ce que c'est exactement pareil que du 18 à plat ? On s'en moque un petit peu, c'est juste sur moi-même. Je sais que quand je suis relativement bien et que je fais du seuil… À posteriori. Oui, à posteriori. En analyse. Oui, en analyse parce que sur le coup, ça ne fait que varier. C'est quand même dur d'avoir quelque chose de stable. Après, la difficulté que j'ai, c'est que ça dépend vraiment des plateformes. Je trouve que l'une des meilleures, selon moi, c'est celle de Strava. Mais du coup, on ne peut pas trop l'utiliser sur le coup. Après, je sais que j'ai une montre Coros, par exemple. Chez moi, elle tend de plus en plus à être un peu très similaire à celle de Strava. Par exemple, la plateforme d'entraînement que j'utilise de Nolio, elle est très... Moi, je la trouve assez aberrante, très rapide quand les pentes sont faibles, par exemple, et plutôt très peu juste dès que c'est très raide.
- Speaker #2
De toute façon, la VAP, globalement, c'est basé sur une courbe mathématique qui est...
- Speaker #0
Oui, non. En fait, ça utilise des courbes de Minetti, je pense, à la base. Mais après, c'est tous des algos un peu maison qui sont retravaillés. Retravaillés d'ailleurs. Oui, parce que moi, j'avais essayé de reconstruire une vape un peu maison et ce n'était pas fou. En tout cas, ça ne retombait pas sur les données de Coros ou Strava.
- Speaker #2
Quand tu regardes sur Internet, tu tapes VAP Strava, il y a un graphe qui sort et qui affiche, alors est-ce que c'est la vraie ou pas la vraie, mais qui affiche cette fameuse courbe mathématique qui est censée servir à Strava pour calculer sa vape. Maintenant, effectivement, est-ce que c'est un algo modifié au-delà de ça ? Moi, je souscris assez à ce que tu dis, Nico, sur l'aspect utilisation de la vape. Donc, encore une fois, je rappelle que c'est un équivalent à plat d'une sortie avec du relief. Moi, je trouve que ça fonctionne plutôt bien à partir du moment où on mesure toujours sur le même support. Sur le même terrain et sur le même support. C'est-à-dire qu'effectivement, aller comparer une vape Strava avec une vape Nolio ou Haidou, ou autre, ou Garmin, ça n'a pas de sens. Donc, à utiliser une VAP, je trouve que c'est assez cohérent, effectivement, en restant sur le même support. Et après, je me pose la question, je vais même plus loin, pourquoi on est parti sur de la VAP qui utilise un algorithme un peu biscornu et qui est un peu boîte noire, et qu'on n'a pas utilisé, par exemple, tout simplement la vitesse au kilomètre et fort. Qu'est-ce que tu en penses, Greg, toi ? Qu'on a voulu absolument rentrer dans des détails, par exemple sur un effort global, je ne sais pas, de deux heures, avec 10 km et 500. Pourquoi on n'a pas dit 10 km et 500, ça fait 15 km d'effort et on a juste une valeur de km d'effort ? Effectivement, ça ne prend pas en compte les différences de pourcentage et tout, mais moi je me pose la question, pourquoi on n'est pas parti plutôt sur quelque chose de plus simple ?
- Speaker #1
Parce que ça ne marche pas, tout simplement, parce que ça dépend beaucoup trop de paramètres qui sont plus compliqués que ça. Si ton parcours, tu peux avoir un million de déclinaisons possibles d'un parcours de 10 km avec 500 m de dénivelé.
- Speaker #2
C'est pareil pour la vape. Là, je parle de la vape globale. Sur la vape globale, c'est pareil. C'est-à-dire que tu vas avoir un temps global. Ça va te sortir une VAP globale sur ta sortie.
- Speaker #1
Non mais je veux dire, tu ne peux pas appliquer le même algorithme sur un 10 km qui monte de manière tout à fait progressive, donc vraiment tu tires une ligne droite à la règle et tu obtiens une pente de X% continue sur ton parcours de 10 km, et puis appliquer la même règle si tu as 8 km à plat, et puis tu as tes 2 km sur lesquels tu t'envoies tes 500 m de dénivelé positif. On serait dans des pentes de fous, on est d'accord, mais tu vois le truc, tu ne peux pas avoir une formule linéaire là-dessus, toute bête, tirée à la règle sur des performances qui seraient équivalentes là-dedans. Sachant que ton 500 mètres de dénivelé positif, est-ce que derrière tu as le même dénivelé en négatif ou pas ? Parce que la vape fonctionne aussi dans les deux sens. Pour rappeler, la vape au global, effectivement,
- Speaker #2
c'est vrai que je n'y avais pas pensé, mais globalement... La vape globale d'une séance, c'est le calcul de tous les petits bouts de vape qui sont mis les ans à la suite des heures. Donc effectivement, ce n'est pas simplement comme un kilomètre très fort qui est utilisé d'ailleurs je crois par la FFA, il me semble, si je ne dis pas de bêtises. Mais globalement, la vape globale d'une séance, c'est vraiment la moyenne de tous les petits bouts de vape qui sont mis les ans à la suite des heures.
- Speaker #0
Puis l'autre idée aussi, c'était d'avoir une valeur proche de ce que tu avais l'habitude. de faire à plat aussi à la base même si c'est pas la réalité des faits mais normalement c'est pas non plus je pense que sur la plupart des gens il n'y a pas un moment donné tu cours à plat t'es à 3 au kill et dans une pente pour un effort qui est similaire ça te met 4 de vape normalement peut-être qu'il y a des gens ça va mettre 3-20 il y en a qui vont être à 2-50 selon leur qualité mais il va quand même y avoir un peu de corrélation et c'est un truc d'idée mais c'est aussi l'intérêt par exemple d'avoir une puissance qui est Merci. de temps un chiffre qui est plus ou moins comparable selon les poids. Je pense que le plat et la montée en descente, c'est plus... Enfin, surtout en course à pied où c'est des algos, mais c'est... Ça a un peu l'intérêt, mais je trouve que l'autre truc où je m'en sers, moi, c'est de comparer un peu des courses un peu similaires sur le terrain qui se ressemble, tu vois, de voir, de se dire, voilà, un maratrail de haut niveau, si il y a une parcours... Le parcours est relativement roulant. La vape va être entre... 3,35 et 3,45. Mais après, là où tu vois plus facilement la limite de la vape, c'est que tu as deux gars qui ont fait la même course, ils n'ont pas la même vape. Ça a quand même ses limites. Moi, ça m'est déjà arrivé, par exemple, sur Strava, de battre un record dans une bosse et d'avoir une vape qui était moins bonne qu'une fois où je suis allé moins vite. Parce que ce jour-là, ça a dû mesurer pas exactement le même déni. Il ne faut jamais oublier que ce sont des outils et que ce n'est pas non plus une mesure hyper précise et qui est une vérité absolue. Oui, c'est sur une base d'ego.
- Speaker #1
Tu vois, on parlait tout à l'heure des boîtes noires des marques. Les boîtes noires des marques, typiquement la vape de la montre Coros de Nicolas, je ne sais pas du tout comment elle fonctionne parce que Coros n'a jamais publié son algorithme dedans. mais on parlait de de l'algorithme de Minetti qui a été publié dans le journal of Applied Physiology. Moi, je n'ai pas lu l'article scientifique détaillé, mais si je prends la formule, il y a plein de paramètres qui sont liés. Il le dit lui-même que le coût énergétique de déplacement, il varie de façon non linéaire en fonction de l'inclinaison du terrain. Ça veut dire que si tu as une pente à 5%, tu ne peux pas comparer l'effort dedans avec une pente à 8%. Et puis dans sa formule, il y a plein de paramètres liés à la vitesse, à la pente, etc. Mais aussi des constantes. Je vois des constantes qui sont de 155.4, de 30.4, de 43.3. Et tout ça, en fait, c'est des données qui sont agrégées de plusieurs mesures physiologiques sur différents athlètes, mais sur quel type d'athlète ? Est-ce qu'une femme de 45 ans qui pèse 55 kg, qui mesure 1,50 m, va pouvoir s'identifier à ces valeurs-là ? parce que dans l'étude, il n'y a probablement pas de femmes de cet âge-là, de cette taille-là, de ce poids-là, qui ont été intégrées dans le panel, mais c'est probablement plus des hommes qui sont plus jeunes, qui sont plus grands, qui sont plus forts, et donc du coup, ça va correspondre à une certaine partie de la population qui va largement se retrouver dans ces chiffres en disant « wow, chez moi, c'est quand même vachement précis » , et puis la personne d'à côté qui n'a pas du tout le même âge, même format, même physiologie, même foulée, même économie de course, que sais-je, et pour qui ça ne va pas marcher du tout.
- Speaker #2
donc complètement c'est important de le rappeler on va passer à la vitesse ascensionnelle tiens la vitesse ascensionnelle est-ce que tu l'utilises et si oui dans quel cas ?
- Speaker #0
je l'utilise très peu en prescription je l'utilise un peu de la même manière que la vape, regarder après une séance quelle était la vitesse ascensionnelle associée à l'effort que j'ai demandé à l'athlète pour suivre un peu l'évolution de sa forme ce genre de choses sinon en fait Merci. Pour moi, le moment où tu peux utiliser de la vitesse ascensionnelle, tu peux utiliser du temps. Parce qu'en fait, il faut une pente connue. Donc en fait, si tu dis à un mec qu'il va courir dans une bosse à telle vitesse, il peut faire un chrono pour se comparer. Je ne suis pas hyper fan de la vitesse ascensionnelle. Après, ça peut être utile, mais avec toutes les limites qu'il y a de la réactivité. Pour par exemple se calibrer en mode, je sais que dans une pente à 20% sur une course qui dure, il ne faut pas que je aille plus vite que si je suis un athlète de haut niveau, j'en sais rien, 1500 mètres heure, ça peut te permettre de contrôler un petit peu comme ça. Mais le problème, c'est que la vitesse intentionnelle, il y en a une pour chaque gradient de pente. Donc c'est un peu compliqué d'apprendre tous tes gradients de pente.
- Speaker #2
Moi, je l'utilise en analyse, pas du tout comme tu disais Nico en prescription, mais je l'utilise en analyse surtout pour aussi par moment faire prendre conscience à certains sportifs ou sportives que oui, ils avaient l'impression, c'est souvent la phrase qui me revient souvent, on a des problématiques différentes, je pense Nico, toi et moi, c'est-à-dire que moi encore une fois, j'ai beaucoup des sportifs de niveau... on va dire modérée, voire faible, et donc on se retrouve face à des gens qui n'ont pas la conscience de... Ouais, mais on me dit souvent, si je dois monter moins vite, là je m'arrête. Et en regardant souvent la vitesse sensationnelle, on se rend compte que quelqu'un qui a des niveaux, des sportifs qui ont des niveaux relativement faibles à la marche, dans des pentes prononcées, on va dire aux alentours de 25-30%, on se retrouve parfois avec des gens qui ont des vitesses sensationnelles de 1200 mètres heure. Et en utilisant cette métrique-là en analyse, on peut aussi leur dire, ouais, tu me dis que tu ne vas pas vite, mais ça sort quand même quelque chose de, voilà, au-delà de 1000 mètres heure. Et au-delà de 1000 mètres heure, ça commence déjà à monter un peu quand même. Oui, c'est trois fois l'allure d'un remeneur. Voilà, donc c'est aussi au travers de cette métrique-là, moi j'aime bien utiliser ces derniers temps, que je fais aussi prendre conscience à certains et à certaines qu'ils n'ont pas l'impression de monter vite, mais quand même que... que ça monte un peu. Toi Greg, de ton côté, sur l'aspect plutôt technique, qu'est-ce que tu penses de cette métrique-là, cette data ?
- Speaker #1
Alors moi, à titre personnel, en tant qu'athlète, je ne l'utilise pas en course à pied du tout, que ce soit en course en côte, etc. Par contre, je l'utilise pas mal à vélo quand je m'entraîne en montagne, mais jamais sur le vélo en train de faire mon effort. C'est une donnée que... que j'utilise à posteriori est en graphique de répartition. C'est-à-dire, comme disait Nicolas avant, c'est intéressant de le voir par ratio de pente. Et en fait, quand tu es en train de monter, tu ne sais jamais exactement dans quelle pente tu es. Par contre, à la fin de ton effort, tu as des outils informatiques qui peuvent te sortir un graphique et qui te dit quand tu étais dans la pente à 5%, tu avais une vitesse ascensionnelle de temps. Quand tu étais dans une pente à 8%, tu avais une vitesse ascensionnelle moyenne de temps. Et là, en fait, tu arrives à comparer des sorties qui sont à peu près de même à Kabi. grâce à ta vitesse ascensionnelle si tu la découpes par gradient de pente. Et puis ça, ça te donne un indicateur qui n'est pas un indicateur par séance, qui ne te permet pas vraiment de calibrer une séance, mais sur une saison, de voir ton amélioration, ton aptitude à grimper. Alors en l'occurrence, moi, c'est un vélo que j'utilise, mais je pense que pour un driller, si tu l'utilises de cette manière, ça peut être aussi intéressant de voir ta progression parce que tu peux devenir un meilleur coureur, mais pas t'améliorer en vitesse. vitesse verticale parce que ça demande une capacité biomécanique et une adaptation qui est différente. Et je pense que quelqu'un qui s'entraîne beaucoup dans des pentes faibles, par exemple maximum 5%, parce qu'il n'a pas accès à un environnement qui lui permet de monter beaucoup plus. Un Parisien qui veut s'entraîner pour l'UTMB ne va pas forcément trouver des longues pentes de 15% sur lesquelles il va pouvoir faire plusieurs kilomètres en continu. Donc, il va peut-être s'améliorer en vitesse pure à plat ou dans des pentes faibles. Et puis, quand il vient en montagne et qu'il s'envoie une montée de 8 km à 20 %, il va se rendre compte que finalement, même s'il s'améliorait à plat, il ne va pas beaucoup plus vite en montée parce que cet aspect-là biomécanique, il n'a pas beaucoup travaillé.
- Speaker #0
Par exemple, tu as poncé l'analyse très loin avec des athlètes de haut niveau. C'est une des choses qu'on va essayer de faire. Et je pense qu'avec l'intelligence artificielle, on va y arriver de plus en plus. c'est de, par exemple, segmenter les courses et voir comment ils évoluent parce que très souvent, aujourd'hui, on part un peu de ressenti de l'athlète en disant, je ne sais rien sur la nuit TMB, je n'étais pas bien sur les parties roulantes. Du coup, tu travailles beaucoup ça mais qu'est-ce qui se passe dans les pentes plus raides et dire attention, là, ça dégrade dans les pentes plus raides donc peut-être qu'il faut remettre un peu de travail spécifique pour essayer d'avoir l'athlète le plus efficient possible. Après, là-dessus, il va venir se greffer de, est-ce qu'il faut pousser dans les montées raides parce que ça coûte Merci. physiologiquement, ou est-ce qu'il faut faire en sorte d'être indestructible musculairement et pouvoir envoyer, Par exemple, c'est une des choses qui est sortie, j'ai analysé un petit peu l'UTMB de Ben Diman. Là où il fait vraiment la différence, c'est en descente et à plat. Beaucoup plus qu'en montée. En montée, les autres sont beaucoup plus proches de lui. Et pour avoir échangé avec lui, c'est plus parce qu'en fait, il dit, ouais, mais en montée, ça coûte aussi. Alors que j'ai l'impression que dérouler tout ça en descente, je trouvais… trouver. Après, c'est aussi des choix et c'est aussi ça qui peut être intéressant dans le suivi de ces données-là, dans l'orientation du travail que tu fais en fonction de vers où tu veux aller.
- Speaker #2
Sur le sujet de la vitesse ascensionnelle, du coup, si je comprends bien, vous l'utilisez plutôt à posteriori, selon le cas et vous faites toujours attention à la relation qu'il y a entre la vitesse ascensionnelle et le gradient. Et plutôt, j'imagine, c'est ce que... c'est plutôt dans des pentes régulières et plutôt longues.
- Speaker #1
Oui, c'est pour ça que j'utilise un vélo principalement, parce que quand tu montes un col, tu as rarement des variations, tu passes de 8 à 17% tous les 15 mètres. En trail, quand tu es vraiment dans le terrain, ça peut être plus le cas. Je pense que c'est un peu plus délicat en termes d'analyse à posteriori, quand tu es vraiment dans des pentes très irrégulières.
- Speaker #0
C'est aussi, tu vois, quand tu entraînes, tu as aussi des référentiels et de gens d'un niveau équivalent, mais même sur des gens plus amateurs. Si tu vois que, je ne sais rien, dans une pente à 20%, les gens sont censés aller, tu disais tout à l'heure, 1200 mètres heure, et que tu en as un qui a le même niveau que les autres à plat, qui en descendent, se débrouillent bien, mais qui a vraiment un déficit de vitesse, par exemple, sur ces gradients-là. et bien s'il prépare une conf il y a beaucoup de power to read peut-être que ton coeur de l'orientation de ton travail ça va être de dire je vais le faire progresser dans le red tu vois c'est plus la plupart des data ils sont aussi là pour faire ça c'est à dire ok j'ai des data parce que Pendant très longtemps, des datas, c'est facile de collecter de la data. T'en fais quoi de la data ? Si c'est juste pour faire des graphiques et dire à la tête, « Regarde, il y a plein de graphiques, mais toi, ça ne t'aide pas à prendre des décisions. » C'est pour ça aussi que des fois, souvent, on revient vers de la simplicité. Parce que si tu viens agréger plein de choses, au bout d'un moment, tu ne sais plus prendre de bonnes décisions. Et des fois, avec moins de données, tu prends peut-être des meilleures décisions. Et petit à petit, dans une évolution, il y a... ok, là maintenant, je comprends bien mon athlète avec ses données, Vas-y, je vais peut-être venir remettre un truc en plus. Et puis peut-être qu'on va affiner encore les choses. Mais tu vois, il ne faut pas se noyer trop dans la donnée. Sinon, tu n'arrives plus à prendre de décisions. Trop d'infos, tu l'infos. C'est ça.
- Speaker #1
Parce que moi, j'ai discuté avec deux athlètes qui étaient très antinomiques à ce niveau-là en termes de gestion de l'effort. Le premier, c'est Kylian Jornet. Lui, il accumule des données, mais comme un fou. Il travaille sur énormément, une grande quantité de données. Et il essaye de s'améliorer en regardant vraiment chaque aspect qu'il peut mesurer et qu'il peut analyser. Et quand tu regardes ses journaux d'entraînement, c'est des centaines de données pour chaque sortie. Kylian Jornet, je n'ai pas besoin de refaire son pédigré sur ce qu'il a gagné et ce qu'il a accompli. Et puis il y a un deuxième athlète avec lequel j'ai pu échanger un peu plus récemment. Il n'est quand même pas un non-name, c'est Xavier Thévenard, donc trois fois vainqueur de l'UTMB plus tout le reste de son palmarès. Et lui, il me dit en course, moi, je regarde juste de temps en temps l'allure. Sinon, je me connais, je sais ce que je dois faire au niveau physiologique, au niveau… Donc, il y a vraiment ces deux écoles. Et tu ne peux pas dire qu'il y en a un qui a vraiment surperformé par rapport à l'autre. Chacun dans son domaine a obtenu des résultats de classe mondiale.
- Speaker #2
Mais est-ce que Kylian utilise les données pendant la course ? Parce qu'il peut les analyser et puis derrière, il est tellement bien que...
- Speaker #1
Honnêtement, je pense que lui, il n'a pas forcément besoin de les analyser. En fait, au final, Xavier Tavena ou Kylian, en course, ils fonctionnent de la même manière.
- Speaker #2
C'est juste que Kylian, il les analyse à postériori.
- Speaker #1
Possiblement plus, oui. Moi,
- Speaker #0
je pense que c'est plus utilisé comme ça. pour faire des choix plus fins dans l'entraînement en fonction des données qu'il a collectées. Mais très clairement, après, tu vois, tu as aussi, quand tu parles d'un athlète comme Kylian, c'est quelqu'un qui est entraîneur, parce que je pense que c'est vraiment des connaissances et tout, et il s'auto-entraîne. Donc, en fait, la seule personne que tu as à suivre, c'est toi-même. Tu peux connecter beaucoup de données parce qu'en fait, entre guillemets, je caricature, mais tu as 10 heures tous les jours pour analyser les données de ta sortie que tu viens de faire. même Même dans le vélo, tu vois, les entraîneurs, ils ont quand même, je pense, 7, 8 coureurs à suivre. À un moment donné, même si aujourd'hui, il y a de plus en plus d'outils, ils ne peuvent pas non plus passer 8 heures à chaque athlète pour analyser toutes les données. Donc, il y a aussi, je pense, des fois, des petites limitations sur ce qu'on suit pour des raisons un peu logistiques, quoi.
- Speaker #1
Oui, aussi, mais ils vont quand même privilégier le fait de mesurer... précisément très précisément de Pogacar et puis son porteur d'eau ils vont mesurer la puissance et la cadence et puis c'est très bon. Donc voilà c'est aussi un petit peu des choix de performances parce que je pense pas que les données de Pogacar, Wingard, Paul Seixas et autres sont moins aussi analysées. Oui c'est sûr,
- Speaker #0
les leaders et puis même tout tu vois la construction du plan d'entraînement elle est quand même tournée autour du leader Merci. Et souvent, les équipiers, j'ai un copain qui était équipier dans le cyclisme professionnel, il disait, on n'est jamais entraîné pour être à notre 100%, parce que notre rôle, c'est d'être équipier plein de fois dans l'année, là où le leader, il part en stage, il optimise.
- Speaker #1
Et oui, tu vas boucher un trou. Tout d'un coup, dans l'équipe, il y a le gros grimpeur qui est malade, on va t'envoyer faire de la montagne comme un fou parce que tu dois accompagner ton leader sur la prochaine grosse. courses dans les montagnes, même si à la base, tu n'es pas forcément un grimpeur. Pour ça, on est passionné de cyclisme. Là, vous m'avez perdu, les gars. Je vous le dis de suite. Pour dire que la data, c'est un truc qui est énormément utilisé par les entraîneurs, mais pas forcément par les athlètes. Et plus tu te connais, moins tu as besoin de data.
- Speaker #0
Après, je pense que c'est un épisode de trois ans avec l'avènement de l'intelligence artificielle.
- Speaker #2
il sera peut-être différent parce que c'est sûr qu'aujourd'hui il va y avoir des assistants qui vont pouvoir faire mouliner beaucoup de data et qui travaillent H24 j'aimerais aborder le prochain point parce que même si on a fait un énorme épisode avec Greg et je t'en remercie encore une fois je ne peux pas passer à côté de te poser la question Nico parce qu'il me semble avoir vu sur quelques-unes des vidéos de Mathieu notamment sur les Templiers l'année dernière qui l'utilisait quand même. Alors, je ne sais pas s'il utilise le pod. Alors, on avait fait la différence entre... Donc, on va parler de la puissance, évidemment. On avait fait la différence entre le pod et le stride, notamment. On avait dit, on avait rappelé, Greg, que le pod... Le pod, il ne sert à rien,
- Speaker #1
non ?
- Speaker #2
Oui, le pod, ce n'est pas de la puissance. On est d'accord jusqu'à là ?
- Speaker #1
Alors, il y a de la puissance, mais il y a plein d'outils qui permettent de corréler plusieurs données pour en sortir une donnée de puissance en course à pied. Et pour faire simple, à vélo, on mesure la puissance avec vraiment un appareil qui va mesurer la force multipliée par la vélocité, etc., qui va nous donner un nombre de watts qui est indiscutable. C'est tant de watts, ce n'est pas autre chose. en course à pied c'est la même chose que les boîtes noires pour la VAP chacun a sa petite sauce pour faire de la puissance en course à pied et c'est mesuré soit sur la chaussure soit à la taille, soit sur la ceinture de fréquence cardiaque, soit maintenant pour beaucoup de monde directement au poignet et chaque point de mesure a ses forces et ses faiblesses on imagine bien que mesurer l'oscillation verticale au niveau du pied c'est pas idéal et puis c'est mieux au niveau de la ceinture thoracique Et puis mesurer de l'impact au sol et puis de la longueur de foulée, c'est mieux sur le pied qu'au poignet. Donc on a tous ces appareils-là qui vont nous donner des watts qui ne sont pas consistants, si je veux bien, entre les différents capteurs. Il faut bien comprendre que la puissance en course à pied, c'est une estimation via un algorithme qui va prendre plus ou moins de facteurs pour nous sortir une donnée. Ce n'est pas moins efficace ou plus efficace que la donnée à vélo, mais il faut bien comprendre que je ne peux pas comparer ma donnée de puissance cardiaque, ma donnée de puissance avec mon stride, avec la tienne, Nico, par exemple, si tu la mesures avec une montre Garmin qui va la mesurer à la ceinture cardio.
- Speaker #2
Complètement. Juste avant de te laisser la parole, merci, Greg, d'avoir replacé tout ça dans le contexte. Avant de te laisser la parole, Nico, moi, j'utilise vraiment de plus en plus le stride en connaissant toutes les limites qu'on avait évoquées. Avec Greg notamment, monter très raide à la marche, ça n'a plus de sens. Et dans les descentes très raides et très techniques, ça n'a plus de sens non plus. Mais clairement, moi j'y trouve un intérêt absolument incroyable. J'ai eu la possibilité de faire des séances d'intensité à la course dans des pentes peu raides. Et je trouve que c'est absolument d'une précision incroyable. Je suis très étonné de voir notamment qu'un très haut niveau... ou en haut niveau en marathon sur des marathons un peu un peu vallonné c'est pas utilisé plus que ça ça me met ça m'étonne clairement toi nico ton côté pour faire aller assez rapide est ce que tu utilises comment quel est ton point de vue alors un petit personnel j'utilise exactement pour ce que tu décris je trouve ça un super et pique pacing après
- Speaker #0
ce que ce que moi je trouve c'est que des fois je le mets je regarde pas et je fais trois séries et je fais deux watts de différence après je trouve que c'est aussi formidable je digresse un peu mais je trouve ça formidable quand tu t'es entraîné longtemps c'est à quel point t'arrives à créer une précision avec ton propre corps sans donner je te coupe mais ça m'intéresse même en ayant fait une coupure la récente toi avec un niveau de gaz après la problématique que je peux avoir c'est que des fois il y a un peu de décalage entre le mécanique et puis la durabilité genre de choses quand je m'entraîne moins mais bon Après, je m'entraîne. Quand je ne m'entraîne pas, je ne fais pas de pantouilles parce que je vais à la chasse toute la journée. Je ne me désentraîne pas non plus, totalement. Sinon, l'utilisation, c'est un peu comme ça. Après, avec les athlètes, c'est plus un peu comme on l'utilise des fois avec l'AFC. Mais comme on en parlait tout à l'heure, le vrai point positif de la puissance, c'est cette mesure immédiate. qui sert notamment dans les montées. Je sais que l'an dernier, avec Sylvain Cachard, on l'a fait plusieurs fois à la Sierre-Dinal, de vraiment pacer la première bosse, avec d'autres données aussi, mais d'avoir un peu cette limite de puissance, en se disant, attention, là, ça pousse un peu trop fort, il faut peut-être se moduler. Et notamment l'année dernière, au début de la Saint-Élion, il avait fait une reco très spécifique, il s'était dit, je suis capable de tenir ça. Tout le début de la course, il était 15e. il tenait ses données et puis au bout d'un moment il est revenu sur l'avant de la course et il a gagné la course en étant assez focus là-dessus il avait une base de puissance sur la Saint-Élion ouais sur les bosses, pas dépasser telle consigne de puissance en sachant que c'est quand même en train c'est pas simple il était au stride pardon je te précise ouais il était au stride et moi par exemple j'ai pas beaucoup de différence entre ma montre corée et mon stride c'est ce que je constate Tchao ! C'est assez proche, franchement.
- Speaker #2
En valeur ou en fiabilité ?
- Speaker #0
En valeur, globalement, c'est quand même assez proche pour suffire. Des fois, tu as oublié de mettre le stride, des fois, je ne fais pas demi-tour.
- Speaker #1
à 5 watts près c'est étonnant parce que je constate vraiment de grosses différences ça dépend des gens je pense la légende raconte que les ingénieurs de chez Coros se sont basés sur le stride pour établir leur propre algorithme de mesure de puissance il faudrait que j'obtienne confirmation parce que Garmin ça marche pas Garmin et Polar en tout cas c'est clairement pas
- Speaker #0
Coros moi il y en a plusieurs qui me l'ont dit et c'est quand même vraiment proche après oui il y a raison d'après Greg
- Speaker #1
J'ai jamais eu une confirmation officielle de la part de Coros mais j'ai entendu ça plusieurs fois.
- Speaker #2
Donc ça montre bien que même un très haut niveau, notamment Sylvain qu'on salue, qu'on embrasse, a utilisé le stride notamment lors de sa centennion remportée l'année dernière.
- Speaker #0
Oui, la centennion mais sur plusieurs courses parce que je dis vraiment l'intérêt de la puissance une fois que tu as mis les limites c'est vraiment cette réponse rapide. il y a un moment donné je l'utilisais et je me rappelle je me disais j'attaquais les pieds de boss tu vois des boss qui font 7-8 minutes et t'es là t'es en mode c'est facile tu vois et puis tu regardes le stride et tu dis là normalement c'est quand même ma zone de puissance où tu vois dans 5-6 minutes je vais commencer à sentir que je fais un effort et t'es là tu dis c'est facile tu vois donc t'aurais tendance à pousser un peu plus et si tu pousses plus tu prends un tir et si tu restes avec la zone effectivement au bout de 7-8 minutes ouais en fait t'as bien l'allure fois d'autres Merci. Et ça c'est quand même hyper, ça peut être potentiellement très intéressant. Après c'est comme tout, il faut travailler, il faut aussi, c'est toujours ça le problème des outils, c'est que les gens, il faut qu'ils soient en capacité de dire, ouais mais alors là il y a des marges de merde, arrête de regarder la puissance, ça sert à rien. Il faut aussi que les gens soient capables d'utiliser l'outil au bon moment. Après tu vois typiquement un faux plat, tu vois chez moi c'est jamais vraiment plat. Et je sais que quand je faisais de la VMA avant, j'étais toujours en mode... Dès que c'est un faux plat montant, tu es un peu dans l'allure de, je ne sais pas, tu cours à 18, tu es amené par ça, donc tu as plein de repères sensoriels, tu vois, de déplacements autour de toi. Donc, tu arrives sur du 1-2%, tu veux garder ce même repère sensoriel, mais là, quand tu as le strike, tu as vu que tu as pris 40 watts. C'est ça. Et puis, tu arrives en haut de la petite montée, tu as un 2%, tu te dis, là, je suis obligé de ralentir et tout parce qu'en fait, c'est juste que tu en as promis. Et c'est vrai que là-dessus, c'est intéressant. Quand tu as des choses un peu ballonnées, ça permet de mieux pacer.
- Speaker #2
Et ça ne vous étonne pas que... Enfin, moi, est-ce que je me trompe ? Mais je n'ai pas l'impression qu'un marathon, notamment sur le marathon de Paris ou quoi, ça n'utilise pas le stride. Alors que, franchement, pour le tester depuis de nombreux mois, voire années, c'est fou la précision que ça a sur des pentes faibles et des petites bosses. Quoi de mieux que le stride pour se pacer au marathon de Paris ? En fait, je ne comprends pas.
- Speaker #0
Après, il y a la question de, par exemple, si ça pousse un peu trop dès que ça monte un peu, est-ce que tu as un intérêt à rester dans ta zone et puis à perdre le groupe ? Il y a aussi cette dynamique-là. Il n'y a pas tant de marathons où ils sont vraiment en mode, le but, c'est le record du monde. Très souvent, c'est quand même aussi la gagne et tout. Et finalement, des fois, ils sont un peu conditionnés. souvent les organisateurs montent des courses avec des lièvres pour que ça aille vite mais à un moment donné, il n'y a pas grand monde qui va dire les lièvres ne vont pas assez vite, il n'y a personne qui se dit vas-y moi je veux faire 2h02, je vais partir devant tout seul à un moment donné ils essayent quand même souvent de gagner aussi parce qu'il y a un aspect pécunier quand même sur les grands marathons qui font que...
- Speaker #2
En tout cas sur un marathon un peu vallonné ou sur une course nature ou sur un truc comme ça moi quelqu'un qui n'a pas forcément la volonté de gagner mais qui veut faire une belle course alors après c'est un budget mais clairement je trouve que c'est hyper cohérent et hyper faible du contrario de ce que dit
- Speaker #1
Nicolas s'ils ne l'ont pas en compétition ça veut dire qu'ils ne l'ont pas à l'entraînement parce que c'est la même chose pour un cycliste du Tour de France je suis désolé Nico je vais partir un petit peu sur le vélo mais c'est un bon exemple quand les capteurs de puissance sont arrivés ça a révolutionné l'entraînement du cycliste Et ils l'ont tous utilisé à l'entraînement pour s'améliorer, pour mieux mesurer leur effort, leurs intensités, etc. Et du coup, même si en course, il fallait aller bagarrer, il fallait aller dépasser l'autre, rester dans le groupe, mettre son attaque en montagne, ils ont continué à utiliser le capteur de puissance pour analyser ça aussi, pour analyser leurs efforts, et puis pour pouvoir analyser ça non seulement pendant, mais surtout après l'effort. je pense que si aujourd'hui les athlètes... pro sur marathon, même sur des marathons qui sont un peu cassants. On peut imaginer que le marathon de Boston, typiquement un marathon sur lequel le stride a beaucoup plus d'intérêt que l'allure ou même peut-être la fréquence cardiaque pour ces athlètes-là, ils ne l'utilisent pas. Donc, à mon avis... il y a quand même soit une réticence des coureurs à pied à apprendre à utiliser la puissance comme métrique parce que depuis de nombreuses années, on les berce d'allure et de fréquence cardiaque. Et surtout, on dit à tour de bras que c'est de la merde et que ça ne fonctionne pas aussi. Alors ça, je ne sais pas d'où vient cet espèce d'énigrement, etc. Mais aussi, à mon avis, Stride a manqué sa communication dans le sens où ils n'ont jamais vraiment eu d'ambassadeur comme d'autres marques, d'autres technologies. qui ont percé parce que, non pas parce que la technologie est bonne, mais parce que des gens connus se sont mis à l'utiliser. Je pense qu'un stride aujourd'hui est bien plus efficace dans ta manière de gérer ta course qu'un capteur d'oxygénation musculaire hype sur les réseaux sociaux. Mais on préférera aller sur le capteur qu'utilisent tous les influenceurs et autres de course à pied plutôt que le stride. Je trouve que d'un côté progression, c'est dommage parce qu'en niveau nombre d'euros investis,
- Speaker #0
par rapport à l'outil et ce que ça permet c'est bien meilleur que plein d'autres gadgets mais par contre serait c'est vrai ça perce pas en course à pied petit appel à tous les tous les meilleurs en course à pied qui sont aussi issus de milieu dans lequel l'investissement dans un stride c'est quand même un coup pour bien sûr quand tu viens d'Afrique de l'Est, les meilleurs, ils pourraient avoir accès à ça, mais c'est vrai que je pense qu'ils courent, et surtout que chez eux, ça rend encore du sens, parce qu'ils ne doivent pas tant courir aux allures, parce que la part sur la piste, c'est quand même pas trop plat. Moi, j'ai la sensation quand même, Nico,
- Speaker #2
que ce n'est pas du tout utilisé, de manière très, très sportive, par quelques personnes.
- Speaker #0
On n'en voit pas souvent, c'est vrai.
- Speaker #2
Ok, je pense qu'on a fait le tour, globalement, sur à peu près tout toutes les intensités, les manières de les analyser, de les mettre en consigne, on va dire.
- Speaker #0
On n'a pas parlé du corps, mais je ne connais pas grand-chose.
- Speaker #2
Après, on se limite à des solutions qui sont accessibles et relativement simples à mettre en action, on va dire. Moi, ce que j'en retiens et ce que j'essaie d'appliquer, moi, dans le cadre de mes coachings, c'est qu'on a plein de possibilités de mettre en... de donner des consignes et d'analyser les séances et les courses notamment, et que c'est un espèce de travail d'assemblage, de puzzle, de plein de petites choses qui font qu'on comprend le tableau global en ayant tous ces petits éléments-là, et qu'il ne faut pas croire qu'il y a une métrique ou une data qui est ultime. Donc voilà un petit peu ma conclusion par rapport à tout ça. Je te laisse la parole Nico et ensuite Greg.
- Speaker #0
Moi, je dirais aussi qu'on a beaucoup parlé de data. Je parlerais plus aussi de l'importance, quand on est athlète, de donner aussi des infos, le plus d'infos possible à son coach. Parce que moi, je dis souvent qu'en réalité, on est le meilleur entraîneur pour soi. Parce que le vrai RPE, il n'y a que toi qui le connais vraiment. Après, tu vas essayer de le donner. Donc, donner le plus d'informations possibles à ton entraîneur, c'est le meilleur moyen. Moi, je sais que les athlètes... Je prenais tout à l'heure l'exemple de travailler le roulant sur l'UTMB. C'est l'année dernière, quand j'ai dû entraîner Thibaut Gariguet. Il m'a dit, je sens que le plat, ça me coûte. Moi, je ne me suis pas dit, c'est toi le coach qui sait. Je me suis dit, c'est un mec qui court depuis des années. Il me dit, c'est pas vrai que c'est bon. Moi, mon rôle, c'est, OK, je vais essayer de te rendre meilleur là-dessus. Et après, à force théorique, on s'est dit, peut-être on a trop négligé le raid. Et donc, si on avait dû refaire une prépa, on aurait essayé de trouver l'équilibre. Mais je pense que vraiment communiquer, c'est aussi le cœur. Complètement, je suis absolument d'accord, à 100%. Greg, de ton côté, qu'est-ce que tu veux rajouter ?
- Speaker #1
Alors, moi, je conclurai cette discussion en posant une question aux auditrices et aux auditeurs de savoir s'ils ont une relation saine avec l'analyse de leur data, de se mettre en perspective très simple. Ils sont dans leur course principale de l'année et tout d'un coup, leur montre s'éteint. Et il faut finir la course, ils sont au milieu de leur course. Merci. Est-ce que c'est un cauchemar ? Ou est-ce qu'on se dit, j'ai suffisamment utilisé la corrélation d'écouter mon feeling et mon corps et de les mettre en perspective avec mes données pendant mon entraînement ? Je suis serein, je sais que je peux continuer sans mes datas sur mon poignet jusqu'à la ligne d'arrivée ? Ou est-ce que je vais ne pas donner ? Je vais laisser les personnes avec cette question.
- Speaker #2
Oui, mais j'aime bien parce qu'en même temps,
- Speaker #0
si la montre ne fonctionne plus il n'y a rien sur Strava ça c'est un autre problème moi je suis d'accord je dirais absolument aucun problème sur le coup J'en parle parce que j'analyse très souvent C'est les Templiers Et j'ai ma montre qui a perdu de GPS Sur mon meilleur Templier en 2018 Entre Mazio et Larvée Et du coup je n'ai pas les datas De ça Et ça me frustre pour comparer L'évolution du niveau De me dire à quelle allure On allait cette année là Il y a les timings Mais sur le coup Par exemple moi je regarde très peu ma montre J'ai fait un marathon J'ai dû regarder deux fois la monde dans la course. Ah ouais ? Parce que tu te prends par cœur aussi. J'ai regardé un peu au début, le temps de prendre la mécanique un peu, donc j'avais beaucoup travaillé. Puis après, j'ai couru, Puis comme on disait au début du podcast, à la fin, j'en mettais le plus possible. C'est ça.
- Speaker #2
C'est clair. Bon, merci à tous les deux. C'était vraiment très chouette. J'espère que ce n'était pas trop massif et trop chargé en info. En tout cas, moi, je me suis régalé à faire cet épisode. C'est toujours aussi intéressant de... de mettre un peu de nuance dans un monde où tout va trop vite, on a toujours des solutions miracles, tout est un peu zéro ou un. Donc j'aime bien aussi faire ces épisodes où on passe un peu de temps à parler des sujets comme ça, et c'est toujours intéressant. En tout cas, j'espère que ça vous aura plu. Je vous souhaite une bonne fin de soirée, cher Nico et cher Greg, et merci encore pour votre participation. C'était cool.
- Speaker #1
Merci à vous deux.
- Speaker #0
Merci à vous.
- Speaker #2
À plus.
- Speaker #1
Ciao, ciao.
- Speaker #2
Salut, salut.
- Speaker #0
Bye, bye.
- Speaker #2
Et voilà, cet épisode est à présent terminé. J'espère que vous avez apprécié cet échange et la compagnie de Nicolas Martin et Grégory Ausha que je remercie tous les deux pour le temps qu'ils ont accordé au Let's Try Podcast. Si tu veux nous rejoindre sur les réseaux sociaux, rendez-vous sur Facebook ou Instagram à Let's Try Podcast. Si tu veux aider le LTP, rendez-vous sur les plateformes de podcast, Apple Podcast ou Spotify. Tu peux y mettre un petit rate, une petite étoile, cinq petites étoiles et un petit commentaire, ça fait toujours plaisir. Et puis si tu veux vraiment aider la création de contenu indépendant, rendez-vous sur la plateforme de soutien participatif patreon.com.com.com slash letstrialepodcast J'espère te retrouver pour un prochain numéro du Let's Try Podcast et surtout n'oublie pas, si tu penses que c'est impossible, fais-le avec les bonnes intensités pour te prouver que tu as tort. Salut salut !