- Speaker #0
Alors là, Nico, c'est toi qui as l'initiative de ça ?
- Speaker #1
C'est collectif. Il faut qu'on fasse quelque chose pour les 300, puis après, les idées sont parties.
- Speaker #0
Incroyable. Alors juste là, on a lancé l'enregistrement. Nico, il vient de se passer un truc. Vous m'avez fait une sacrée surprise juste avant qu'on entame l'enregistrement de ton épisode. Il y avait une trentaine de personnes sur le lien de la visio. Et il y avait, ben voilà, vous m'avez fait la surprise de me faire un petit happening avec des invités, etc. C'était absolument incroyable. Et je suis tout à l'heure encore émoustillé et un peu perturbé de ce qui vient de se passer. Donc, merci pour cette surprise. Et je suis désolé, mais je vais teaser parce que, voilà, vous retrouverez ce moment incroyable, extraordinaire sur la plateforme Patreon. C'est vraiment tout à fait indépendant de ma volonté parce que je suis totalement surpris de ce qui vient de se passer. Comment vas-tu, Nico ? encore à Nico, il y a trop de Nico dans le travail c'est ça,
- Speaker #1
mais donc pour le troisième épisode, il fallait bien qu'on fasse un petit quelque chose quand même,
- Speaker #0
donc vous verrez ça après merci pour ça, ça m'a vraiment vraiment touché tu es un invité du LTP qui a été comme à chaque fois tiré au sort alors ça fait un peu brutal comme ça de tirer au sort ses invités du LTP mais j'ai trouvé que cette solution pour être le plus créer le moins de soucis possible dans la communauté. En tout cas, tu as été tiré au sort cette fois. Et comme je le disais, je suis très content. Alors, les autres aussi, évidemment, j'étais très content de les avoir. Mais toi particulièrement, parce qu'on va l'entendre, tu as une histoire particulière et tu es quelqu'un qui me touche énormément. En tout cas, c'est un vrai plaisir de t'avoir dans un épisode du LTP. Je sais que tu attendais ce moment depuis un petit moment. Est-ce que tu peux te présenter et juste avant de te présenter, nous dire... Est-ce que toi, tu retrouves dans la communauté des Patréons ? Est-ce que tu peux nous faire un petit bilan de tout ça ?
- Speaker #1
Moi, quand tu as lancé l'idée éventuellement de faire intervenir des Patréons, ce qui me plaisait dans l'idée, et c'est pour ça que j'étais intéressé aussi d'y participer, c'est l'idée d'entendre des trailleurs lambda, en fait. Pas simplement d'entendre... d'entendre les parcours de trailer élite, mais de qu'est-ce qui anime des trailers comme moi et nous dans la communauté du LTP. Qu'est-ce qui nous anime dans cette activité ? Qu'est-ce qui nous a emmenés là ? Et qu'est-ce qui fait qu'on perdure et qu'on fait des efforts pour s'inscrire sur des courses et vivre ces expériences-là ? Donc, au même titre que j'aime bien entendre, les parcours des autres copains qui sont intervenus. Je suis content aussi de pouvoir partager ce qui m'anime dans cette activité. Et je me dis que de toute façon, c'est intéressant pour tout le monde de pouvoir entendre ce qui anime les gens qu'on croise et avec qui on ne parle pas forcément sur les courses. Moi, c'est toujours la question que je me pose. Qu'est-ce qu'ils foutent là ? Pourquoi ils sont là ? Pourquoi ils courent ? Pourquoi ils sont inscrits sur ce format-là ?
- Speaker #0
C'est moi ce que je recherche à faire, c'est essayer de comprendre aussi ce qu'il y a derrière, l'histoire qu'il y a derrière, la personnalité, les motivations, la volonté, etc. Et écoute, c'est avec un vrai plaisir que je te reçois dans cet épisode. Est-ce que tu pourrais, Nico, si tu veux bien, te présenter en quelques mots où tu habites, etc. Pour qu'on comprenne de manière un peu générale qui tu es.
- Speaker #1
Ouais, alors, donc, moi, j'ai... J'ai un peu plus de 50 ans. J'habite sur Nantes. Là,
- Speaker #0
tu n'es pas à Nantes, je précise. Non, là,
- Speaker #1
je suis dans les Bouges parce que j'ai une course demain.
- Speaker #0
Quelle course ? Dis-nous.
- Speaker #1
Je fais l'ultra des Bouges. Moi, j'aime bien les formats longs. Donc, un format 110 km, 7000 m de dénivelé, demain soir à 21h. Donc, j'ai 50 balais. Je vis sur Nantes, mais euh j'ai une partie de ma jeunesse qui s'est faite dans les Alpes, en gros entre 20 et 32 ans. Mes études et puis mes envies de montagne ont fait que j'ai vécu entre Grenoble et la Haute-Tarentaise. Et c'est là que j'ai creusé ma passion de la montagne, mais aussi découvert l'activité trail, que j'ai ensuite creusé une fois revenu à Nantes, puisque la montagne était beaucoup plus loin. J'ai creusé l'activité de trail à ce moment-là.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous parler un peu de ton enfance à Nantes ? C'était quel type d'enfance ? Tu étais entouré de frères, de sœurs. Décris-nous un petit peu ton environnement. Est-ce que tu étais sportif, pas sportif ?
- Speaker #1
Alors, j'ai deux frangines. Moi, je suis l'aîné, mais j'ai deux frangines. Et une famille qui fait de l'activité physique plus que du sport. C'est-à-dire que nous, tous les dimanches, quel que soit le temps, on partait marcher. Et puis, des parents amoureux du milieu de la montagne. Donc, quelle que soit la situation, notamment professionnelle de mon père, qui a eu plus de période de chômage dans sa vie professionnelle, On est toujours partis trois semaines en montagne tous les étés. Et moi, il peut y avoir des enfants qui sont rebutés à aller marcher dans la montagne avec leurs parents. Moi, j'ai toujours adoré ça. J'ai toujours adoré ça. Et plus la rando ou la sortie d'alpinisme était longue et un peu technique, plus ça me plaisait. Et puis, comme sport, j'ai fait de… J'ai fait du patin roulette et du ring hockey. Donc, du hockey sur patin roulette. J'étais gamin. Donc, j'ai fait ça jusqu'à l'adolescence. Oui. Et puis, ce qui est marrant, c'est que ma mère disait toujours, mais je ne comprends pas, sur les courses de patin, les autres, ils partent toujours à fond. Tu n'arrives pas à les suivre. Et pourtant, à la fin, toi, tu arrives à les rattraper, à les doubler sur la fin. Pourquoi tu ne vas pas vite dès le début ? En fait, je ne comprends pas. je crois que depuis le début, j'ai un patrimoine génétique qui fait que moi, j'aime bien quand…
- Speaker #0
Ça dure.
- Speaker #1
Voilà, les efforts, je n'arrive pas forcément, je ne suis pas un hyper-décent à la vitesse.
- Speaker #0
Tu n'es pas un explosif, mais tu es un endurant.
- Speaker #1
Voilà. Moi, je peux et j'aime quand les efforts, il faut perdurer le plus longtemps possible.
- Speaker #0
Intéressant. Ok, juste Nico, je couperai un petit peu. Est-ce que tu as la possibilité, parce que je n'ai pas prévu de backup au niveau audio, est-ce que tu as la possibilité de lancer un enregistrement en local avec ton téléphone, en mode dictaphone, pour assurer le backup au cas où il y a un problème avec la… J'ai oublié de te le demander parce que ça m'a perturbé cette histoire. Est-ce que tu peux lancer un… Tu vas sur dictaphone et tu lances en local comme ça au moins s'il y a des coupures, on est tranquille.
- Speaker #2
Ok, je le trouve.
- Speaker #0
Là, on est à combien ? On a commencé à 16h, donc 35 minutes.
- Speaker #1
Il y a forcément un dictaphone sur le...
- Speaker #0
Ouais, théoriquement, oui.
- Speaker #1
Alors, dictaphone, dicta... Non, il ne m'en propose pas sur le téléphone.
- Speaker #0
Il ne m'en propose pas ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
T'as quoi ?
- Speaker #1
J'ai un Samsung. Alors tu peux enregistrer, il faut que j'enlève le casque, à la limite je peux enregistrer le son.
- Speaker #0
Non mais laisse tomber, c'est pas grave, on va le faire comme ça et puis on va espérer qu'il n'y ait pas de problème, on va continuer, il n'y a pas de problème. T'embêtes pas,
- Speaker #1
c'est pas grave.
- Speaker #0
Du coup, tu disais, on disait pas, ok sur roller, c'est particulier comme sport ça, on n'en avait jamais parlé. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus, c'est intéressant de creuser un peu le truc.
- Speaker #1
Ben...
- Speaker #0
comment tu dis que ça s'appelle exactement ?
- Speaker #1
du rink hockey c'est du hockey sur patins à 4 roues c'est pas sur les rollers ça n'existait pas les patins en ligne à mon époque donc ça s'appelle le rink hockey et c'est vrai que c'est pas mal développé dans l'ouest de la France je
- Speaker #0
précise rink
- Speaker #1
R-I-N-K et c'est développé notamment dans l'ouest de la France aussi dans la région parisienne et puis euh C'est pas mal développé en Espagne et au Portugal. J'ai fait ça à l'adolescent. Après, j'ai eu des problèmes de croissance. J'ai grandi trop vite. J'ai pris 17 centimètres en un an. Ça m'a créé des problèmes. J'ai dû arrêter le sport à ce moment-là. Je n'ai pas repris le ring pocket arrière.
- Speaker #0
C'est à quel âge que tu as eu ces problèmes de croissance ? 15-16 ans.
- Speaker #1
visite médicale pour le sport chaque année j'étais petit moi première année en troisième 1m55 et début de seconde
- Speaker #0
1m72 ah oui la problématique d'après ce que j'en comprends c'est que si tu grandis trop vite en fait au niveau osseux ça grandit mais tout ce qui est à côté c'est à dire musculaire, ostéo-articulaire et tout, ça a du mal à suivre. C'est un peu ça le problème qui est arrivé.
- Speaker #1
Oui, le médecin m'a dit, il faut que tes muscles s'allongent. Je faisais quand même pas mal de sport. Il faut que tes muscles s'allongent, donc il faut que tu réduises un peu le sport. Et puis, j'avais mal aux articulations. Quand tes os poussent, c'est au niveau des articulations que tu as mal. Donc, j'avais mal à l'entendre. Bien sûr.
- Speaker #0
Tu as été obligé d'arrêter le sport à ce moment-là ? Oui,
- Speaker #1
j'ai arrêté un an le sport. Je n'ai pas aimé ça du tout. Et puis derrière, je me suis plutôt mis, mais pas en compète, mais à l'escalade. Je me suis inscrit au club alpin français à la section Alente. Et je me suis mis, c'était au lycée, plus à faire de l'escalade.
- Speaker #0
Escalade, pourquoi ? Parce que c'était un rapport avec cette montagne que tu avais et du temps passé en famille ?
- Speaker #1
Moi, mon rêve à cette époque-là, c'était soit de devenir guide d'haute montagne, soit de devenir gardien de parc national dans l'Oisan ou en Vanoise. Mes rêves professionnels, je ne sais pas ce que j'ai fait, mais mes rêves professionnels à l'époque, c'était ça.
- Speaker #0
D'accord. Alors, dis-nous du coup, dans quoi tu t'es orienté ? On va parler deux minutes de ta formation, de tes études, si tu en as fait, etc.
- Speaker #1
Donc, ben... J'ai fait un bac scientifique et des études en géologie. Donc, connaissance de la montagne, les cailloux. Donc,
- Speaker #0
ça avait un lien quand même.
- Speaker #1
Et puis, je suis parti faire ma licence de géologie à Grenoble dans la perspective de mener ces projets professionnels que j'avais à ce moment-là. Et puis, j'avais plutôt envie, je m'étais dit, peut-être d'essayer de devenir guide. Mais il se trouve que dans les Alpes, Bref, des fois, je me suis fait peur avec des copains. J'ai perdu des copains aussi en haute montagne. Et ça m'a un peu refroidi. Donc, je n'ai plus voulu faire de la montagne à aussi haute intensité que je faisais éventuellement pour venir guider.
- Speaker #0
Quand tu dis haute intensité, c'était dans la période où tu faisais tes études, si j'ai bien compris. Et tu faisais ça en mode passion. C'était quoi ?
- Speaker #1
Oui, je faisais de l'alpinisme, du style rando. Dès que j'avais du temps, le soir après l'école, cours le week-end, j'étais en montagne. Le soir, à l'escalade autour de Grenoble, et puis le week-end en montagne. Même si j'étais un peu âgé par rapport à d'autres profils dans l'idée, c'était pourquoi pas de devenir guide. Mais voilà, la perte de copains, notamment, m'a fait un peu refroidi et je me suis dit je vais continuer la montagne pour moi à un niveau qui me fait plaisir sans forcément... Et en même temps que j'étais à Grenoble, Donc je suis arrivé à Grenoble en 1995, j'ai commencé à entendre parler de courses. Alors il y avait une course en montagne qui montait sur un sommet de la Chartreuse qui s'appelait la Grande Sur. Cette course existe depuis 1905 je crois. Et puis il y avait quelques courses qui montaient mais plutôt sur route, ou sentiers très roulants mais qui montaient à Saint-Nizier, donc au-dessus de Grenoble sur les pentes du Vercors. donc moi j'ai participé à une fois à la grande sur mais c'était plus c'était plus une course j'allais dire folklorique que compétitive à l'époque et puis mais voilà j'ai commencé à entendre parler de puis j'ai commencé à croiser des gens qui participaient à ces courses là qui qui et puis qui ont commencé à me parler de la 6000D aussi Merci.
- Speaker #0
C'était quelle année ça Nico ?
- Speaker #1
J'étais à Grenoble de 95 à 98. Donc la 6000D, elle doit dater du début des années 90. À l'époque de la 6000D. Moi j'avais des copains qui disaient moi je vais aller faire la 6000D. Donc c'est là que j'ai commencé à entendre parler du trail.
- Speaker #0
du trail à l'époque c'était pas appelé comme ça mais voilà des preuves de course en montagne technique on va dire mais globalement toi t'es un de ceux qui ont donc connu les prémices de ce qu'est le trail aujourd'hui avec les événements mythiques comme tu disais la similité et tout j'aime bien poser la question de ceux qui ont vraiment vécu ces moments là qu'est-ce qu'elle avait de particulier j'imagine qu'on était encore plus sur une une notion de communauté, parce que c'était vraiment très niche à l'époque, j'imagine, même si certains événements, il y avait quand même un peu de monde. Mais on était sur quel type de pratiquants ? Est-ce que tu peux nous faire une petite description de ce que tu constates, toi ? Est-ce que c'est aussi une autre question ? Est-ce que c'était différent de la communauté des alpinistes ?
- Speaker #1
Il y avait un lien fort quand même. C'est-à-dire qu'à la 6000D, pour ceux qui ne savent pas, la 6000D, c'est une course qui… qui monte dans les hauteurs de la station de la Plagne jusqu'au plus haut de la station de la Plagne et qui redescend. 6000 D, ça veut dire 6000 mètres de dénivelé. En fait, il y a 3000 de dénivelé positif et 3000 de dénivelé négatif. On part de tout en bas, tout en haut et on redescend. Et les... Dans cette haute parenthèse où se faisaient ces courses-là, les gens qui couraient autour et qui se préparaient à ces courses-là, c'était des guides d'autres montagnes, des accompagnateurs en moyenne montagne, des skieurs, des gens qui avaient une activité liée à la montagne dans le coin.
- Speaker #0
Tu n'avais absolument personne qui venait de la course sur route ou de l'athlée ? Non.
- Speaker #1
Après, moi, je ne les connaissais pas, ceux-là. Parce que moi, mon réseau à moi était lié aux activités de la montagne. Donc, je sais qu'il y en avait beaucoup de ce réseau-là. Après, sûrement que dans les gens que je ne connaissais pas, il y avait peut-être plus des profils de coureurs. Mais de toute façon, des coureurs, je rappelle qu'Internet n'existait pas. donc Donc, de toute façon, c'était des courses qui... C'était des locaux. Donc, même si c'était des coureurs, c'est des coureurs qui avaient l'habitude de courir en montagne.
- Speaker #0
Et toi, quand tu te rends sur ces premiers événements, c'est quoi qui te marque ?
- Speaker #1
Alors, moi, je me dis que ce sont des malades. Ce sont des grands malades. Moi, ce que je faisais, c'était de l'alpini. Donc, avec des grosses chaussures, du matériel pour faire de l'alpini, des cordes et machin. et puis à un rythme de marche quoi même si j'aimais on essayait de tenir des temps c'est physique bien sûr on essaye de tenir des temps lié à la météo et tout ça mais moi j'étais pas un coureur j'avais fait un peu de cross quand j'étais à la fac à Nantes j'étais pas bon j'étais vraiment pas bon donc et je me disais mais Mais... mais jamais à ce moment là en plus c'était le côté qui me plaisait moins dans la 6 000 D c'est que c'était dans une ambiance un peu station de ski moi ce que j'aimais c'était le côté sauvage de la montagne donc voilà non moi aller courir le long d'une station de ski jusqu'en haut des remontées mécaniques et redescendre non ça me mais par contre j'étais fasciné par les copains qui se lançaient là-dedans jamais ils voient voilà et puis avec des baskets il faut voir les baskets qu'avaient les gens au pied c'était des baskets de route quoi
- Speaker #0
Et tu t'es dit à un moment, peut-être, c'était définitif, je ne ferai jamais ça ou l'ambiance ?
- Speaker #1
L'ambiance, j'aimais beaucoup. Alors, à 6000D, c'est une super ambiance. Donc, voilà, l'ambiance, je trouvais ça génial, par contre. Ça, ça pouvait être attirant. Et il se trouve que, donc, moi, j'ai fait des études en géologie, mais de par ma famille, j'ai aussi... une appétence militante, on va dire. Militante aussi bien pour l'environnement que sociale, politique, voilà. Et donc, après, je me suis lancé dans des études d'éducateur spécialisé.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Voilà, en me disant que de toute façon, je ne serais pas au guide et voilà. Et donc, je me suis retrouvé dans un poste d'éducateur spécialisé, justement, pas loin de la 6000D. J'étais déjà allé à la 6000D avant. Et ça, c'était en 2000... septembre 2002 et donc c'était au-dessus de Boursa-Maurice et moi j'ai vu passer les premiers coureurs de l'UTMB l'UT d'après, au Chapieux j'ai vu les premiers coureurs je m'étais proposé comme bénévole au Chapieux Vincent Delbar Marc Colmeau je les ai vu passer et ça par contre oui là j'ai eu un déclic Je me suis dit, alors là, par contre, aller courir sur les sentiers et faire des trucs genre le tour du Mont Blanc.
- Speaker #0
Là,
- Speaker #1
je me suis dit, ça, c'est bien, ça. Et donc, j'ai été présent un peu en tant que bénévole au Chapieux les trois premières Euh... Les trois premières éditions de l'UTMB.
- Speaker #0
Et à cette époque où tu étais bénévole sur l'UTMB, tu ne participais pas du tout au cours de ce trail à cette époque-là ?
- Speaker #1
Non, moi je n'avais pas. Moi, mon premier dossard en trail, il est récent. Mon premier dossard en trail, il est de 2024.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Mais par contre, je me suis mis à courir suite à ça.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je me suis mis à courir dans la montagne suite à ces expériences-là.
- Speaker #0
Tu es en train de me dire que de 2002, le jour où tu, même un peu avant, tu découvres le trail jusqu'à 2024, tu as fait du trail sans prendre de dossard. moi j'ai je te coupe mais pourquoi ?
- Speaker #1
parce que moi ce que j'aimais c'était courir dans la montagne c'était pas la compétition moi ce qui me plaisait c'est de dire ouais en fait on est pas obligé d'avoir des grosses chaussures et du matériel on peut être léger, aller courir dans la montagne et aller sur des sommets accessibles et donc moi je me suis mis on était pas nombreux à faire ça sans Dossa mais je me suis mis à aller à aller courir dans les sentiers et sur les sommets.
- Speaker #0
Et donc, si je te prolonge un peu ma question, mais quand tu vois passer les coureurs de l'UTMB, l'UTMB, c'est une course, c'est spécifique. Donc, quand tu vois passer ces gens-là, ce n'est pas du tout l'aspect UTMB, course en elle-même qui t'a fait rêver, mais c'est vraiment, tu as pris conscience que tu pouvais passer du temps, énormément de temps dehors avec des baskets en montagne. C'est ça qui s'est passé en fait.
- Speaker #1
Oui. Et puis, l'idée de la simplicité. L'alpinisme, ça demande beaucoup de matériel. Là, l'idée de la simplicité. Et puis, moi, je n'ai jamais eu un exprès de compétition. Donc, m'inscrire à une compétition, à cette époque-là, ça ne m'a même pas traversé l'esprit. Et puis, parce que j'avais la montagne à disposition, en fait. Moi, on arrivera à ce moment-là aussi, peut-être un tout petit peu plus tard. Mais moi, si je me suis mis à courir après, aujourd'hui, des courses formalement en montagne, c'est pour venir en montagne, profiter de la logistique de la course et pouvoir faire des parcours que je ne peux pas faire parce que j'habite loin. Plus que de performer. En tout cas, au départ, c'était plus ça que performer en termes de temps ou de place.
- Speaker #0
Moi, ce que j'aime bien creuser sur le sujet de la performance, et l'esprit, tu as utilisé le terme d'esprit de compétition. On a bien compris, tu n'as jamais eu l'esprit de compétition. Moi, je n'arrive pas à ne pas faire le lien entre ce que tu disais tout à l'heure par rapport à ton engagement politique et de valeur, on va dire. On a bien compris, j'imagine, que tu étais plutôt quelqu'un de politiquement de gauche, on va dire. Oui, oui. D'après ce que je comprends, est-ce que ça a un lien, tu penses, ce positionnement-là avec l'absence d'esprit de compétition ? Est-ce que tu penses que c'est les valeurs qu'on t'a inculquées, c'est-à-dire plutôt des valeurs, on va dire, de gauche, qui sont un peu antinomiques avec l'esprit de compétition ? Tu fais un lien là-dessus, toi ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a un lien, mais je ne pense pas qu'il faut en faire un absolu. C'est-à-dire qu'il y a aussi eu… dans l'histoire par exemple des partis politiques et des syndicats des partis politiques et syndicats qui ont monté et ça existe toujours d'ailleurs pour certains des clubs ou des fédérations de sport parce que le sport c'est aussi une source d'épanouissement d'émancipation des personnes, il y a une dimension collective dans le fait de pratiquer du sport ensemble mais sans doute que l'aspect être euh... être le meilleur essayer de gagner sur tous les autres c'est quelque chose qui est sans doute quelque chose qui forcément on tiraille quelqu'un qui est plutôt dans le collectif et l'idée
- Speaker #0
de réussir collectivement donc je tape un peu juste dans le sens où cette absence d'esprit de compétition il est... il est vraiment lié à des valeurs que tu as profondément ancrées en toi et qui sont un peu paradoxales avec ce que tu es en définitive. Parce que réussir à rester 20 ou 25 balais parce que moi, tu n'es pas le seul à avoir vu passer les premiers UTMB et ça fait forcément rêver et de se dire, j'arrive à rester, alors j'arrive, c'est toujours pareil, ce n'est pas un exploit non plus, mais j'arrive à rester 25 ans sans prendre aucun dossard alors que je pratique cette discipline, ce n'est quand même pas tous les jours qu'on voit ça.
- Speaker #1
Après, moi, je courais aussi. Moi, je n'avais pas arrêté l'alpinisme à ce moment-là.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
moi, c'était aussi un moyen de m'entretenir au service d'une autre activité. C'est ça aussi qui fait que je ne ressentais pas le besoin. Ce n'était pas mon activité finale quelque part. C'était toujours au service d'autre chose. Et même quand je suis revenu à Nantes, donc, je suis resté, j'ai fait ma formation d'éducateur. j'ai été éducateur en France dans une structure dans laquelle ça ne s'est pas bien passé. Derrière, j'ai eu... J'ai travaillé en station de ski, j'ai une formation en travaux acrobatiques. J'ai fait des petits boulots en quelques années. Et puis, j'ai eu besoin de valoriser mes compétences intellectuelles. J'ai fini par devenir professeur des écoles. Et professeur des écoles, on va dire que je m'en… La façon dont je vivais, j'étais dans une situation un peu précaire, ce qui fait que je suis retourné à Nantes pour des raisons à la fois personnelles et familiales. Je suis retourné à Nantes pour devenir professeur des écoles. Et donc là, j'ai continué à courir pour, pareil pour moi, en me disant je vais continuer à aller en montagne pendant mes vacances et je vais courir comme ça. Et puis, ce qui m'a amené au trail compétition, c'est en fait mon épouse Bénédicte. que j'ai épousé quand je suis arrivé à Nantes, que j'ai rencontré quand je suis arrivé à Nantes, est tombé très malade, a eu un cancer, est décédé en 2022. Et en fait, la course à pied, donc j'en faisais déjà avant pour moi, mais la course à pied qui avait été un peu mis de côté pour accompagner Bénédicte, parce que ça a duré des années son cancer, plusieurs années, ça a été un peu ma bouée de sauvetage en fait. Aller courir, ça a été un moyen de ne pas sombrer. Et j'ai eu envie d'aller courir dans des espaces, dans des lieux qui avaient du sens pour moi. Et j'ai cherché et j'ai trouvé notamment les glaciers de la Vanoise. Et moi, c'était mon lieu de vacances. J'ai eu envie de faire le tour de ces glaciers.
- Speaker #0
Excuse-moi, Nico, ça a coupé. Ça a coupé quand tu as dit les glaciers de la Vanoise. Est-ce que tu peux juste reprendre un petit peu avant ? Tu as trouvé les glaciers de la Vanoise, je crois que tu as dit.
- Speaker #1
Oui, j'ai trouvé sur Internet. Je cherchais, comme ça faisait partie un peu de mes aspirations, une course assez longue. Pas forcément d'aller courir vite, mais une course. J'ai trouvé le tour des glaciers de la Vanoise parce que c'était le lieu qui correspondait à là où je passais mes vacances avec mes parents en gamme. C'est au mois de juillet.
- Speaker #0
Ça a coupé encore. Ça a encore coupé.
- Speaker #1
C'est un problème de réseau ?
- Speaker #0
Je pense que c'est un problème de réseau. Toi, tu as un bon réseau de ton côté ?
- Speaker #1
Oui, c'est nickel.
- Speaker #0
Je ne sais pas pourquoi ça coupe. On va continuer, on va essayer de voir.
- Speaker #1
Tu n'as pas forcément beaucoup de dispo, mais s'il faut…
- Speaker #0
Non, on va continuer pour voir si ça tient, il n'y a pas de problème. Donc, Tour Légacé de la Vanoise.
- Speaker #1
Oui, et donc je me suis préparé pour ça en préparant des courses bretonnes. Donc, l'idée, ce n'était pas de porter un dossard pour essayer de performer, c'était de me dire de profiter de la logistique de la course, en fait, de pouvoir faire le tour en profitant, en se disant quand même, je vais être capable de tenir les barrières horaires. et puis je voulais te voir si je suis capable parce que j'ai eu un accident de la cheville ma cheville ne plie plus depuis 2016 j'ai eu un accident en montagne donc je me suis dit est-ce que je suis capable voilà c'était un peu une revanche à la fois sur l'accident et sur le décès de Bénédicte donc je me suis inscrit je me suis préparé et finalement ça s'est très bien passé et j'avoue que je me suis pris au jeu par contre de la performance à partir de ce moment-là Et je me dis, ouais, ça me plaît ce truc-là. Et j'ai envie de voir ce que je suis capable de faire aussi en termes de performance personnelle. Pas de place parce que vu mon âge, mon passif et ma cheville, je ne vise pas de place particulière. Mais de voir ce que mon corps est capable de faire.
- Speaker #0
Et c'est quoi ? Qu'est-ce que tu entends par le mot ? Qu'est-ce que tu mets derrière le mot performance, toi, de ton côté ? Tu viens de dire, c'est ce que mon corps est capable de faire, OK, mais... Est-ce que c'est aller plus vite, aller plus loin, être en meilleur état ? Quelles sont les définitions pour toi de la performance dans le cadre de ta pratique ?
- Speaker #1
Moi, c'est de réussir...
- Speaker #0
à courir quand même des formats longs, d'essayer de voir jusqu'où je peux aller en termes de format long. Alors, je sais que ça fait partie de la mode. Moi, comme j'ai dit tout à l'heure, ça correspond à ce que je suis depuis tout gamin, en fait, de ce que j'aime. Et puis, d'arriver à réunir toutes les conditions en termes d'entraînement, de nourriture. de matériel, d'emploi du temps, de récupération, et d'arriver au moment de la course en se disant, j'ai mis tout en place pour que ça marche, et d'arriver à donner tout ce que je suis capable ce jour-là, et d'arriver au bout, et de me dire, voilà, je suis allé au bout, et je... je ne pouvais pas aller plus vite.
- Speaker #1
Un objectif de maîtrise, d'après ce que je lis. Plutôt que des performances chiffrées de classement, de place, de temps, etc. Plutôt dans la maîtrise.
- Speaker #0
Après, je me suis amusé. Je me suis pris au jeu. Je m'amuse à regarder où j'en suis dans ma catégorie d'âge. Et puis, comme tout le monde, comme vous l'avez évoqué dans les épisodes des podcasts sur la préparation des différents formats de trail, je regarde mes cotes pour voir sur quoi ça m'amène sur une course que j'envisage. Je regarde mes performances aussi au service de mes futurs objectifs.
- Speaker #1
Ok. Donc un basculement d'une pratique plutôt libre le... Sans dossard et tout, tu as parlé, on ne va pas, tu sens toi libre aussi de parler de ce que tu as envie par rapport à ce sujet-là, mais tu as dit que le décès de ton épouse, ça a été le point de bascule d'une pratique, on va dire, un peu différente par rapport à avant. Je pense et j'imagine que certaines auditrices et certains auditeurs sont... ou ont été récemment dans une situation similaire très difficile. Est-ce que tu peux nous éclaircir un petit peu sur les motivations qui t'ont fait changer ta pratique par rapport à tout ça ? Et puis après, sors-toi libre un peu de nous partager ce que tu as envie. Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Après, j'ai eu un épisode dépressif, clairement, après le décès de mon épouse. Et à un moment donné, je restais chez moi sans faire grand-chose. J'étais en arrêt de travail. Et j'ai... Et j'en avais marre d'être là à rien faire chez moi dans mon canapé. Et j'ai ressenti ce besoin d'aller sortir et d'aller courir. Donc, je suis allé courir autour de chez moi. Il y a un petit étang, un petit lac. Et ça m'a fait une bouffée d'oxygène énorme à ce moment-là. Et en plus, c'est un peu comme de la… la méditation de pleine conscience, la course à pied. C'est-à-dire que, contrairement à la marche ou même le vélo à faible intensité, ça demande quand même d'être concentré sur l'ici et le maintenant. Donc, on n'est pas perturbé. On ne peut pas se laisser perturber par trop de pensées négatives quand on court ou quand on est dans une intensité suffisante, on va dire. Et donc, ça, ça me faisait du bien. Et puis, et puis Et puis, c'est quelque chose, je me dis, mais ça, en fait, pour rire, mais ça, c'est super bien. Je peux recommencer demain, tous les jours, et j'aurai ce petit moment dans mes journées. De déconnexion ? De déconnexion et qui peut être positif, même si le reste de la journée, tu te mords fond, tu n'arrives pas à faire grand-chose, tu auras au moins ce petit moment-là. Je t'ai accompagné aussi psychologiquement. Je ne me suis pas auto-soigné là-dessus. Mais voilà, c'est un… J'en ai discuté avec mon psychologue. On a validé ce que ça m'apportait ensemble. Et puis, de courir tous les jours, c'est ce qui m'a donné aussi après envie de me dire peut-être que je pourrais m'inscrire sur une course avec un dossard pour, à un moment donné, peut-être aussi pour valider les progrès que je me voyais faire de manière automatique. À partir du moment où on se met à courir tous les jours, on commence à faire des... de progrès, surtout si ça fait un moment qu'on n'a pas couru. Et puis, j'ai eu envie de me confronter aux autres aussi à ce moment-là pour voir si... Si j'étais devenu un vrai coureur quelque part.
- Speaker #1
Dans quelle mesure tu penses que la course à pied a eu un impact fondamental dans ce que tu es aujourd'hui versus ce que tu aurais pu être sans la course à pied ? Je ne sais pas si je me fais bien comprendre, mais est-ce que tu penses que ça aurait été fondamentalement différent ? Parce que moi, je te connais, on se connaît quand même bien maintenant. On s'est vus, on a passé des week-ends ensemble, et tu es quelqu'un de très positif, très joyeux, etc. donc on sent que t'es quelqu'un d'équilibré d'équilibré de tu savoures la vie aujourd'hui ça c'est ça dans quelle mesure tu penses que sans cette course à pied là ça aurait été différent moi
- Speaker #0
j'étais quelqu'un sur les dernières années avant de courir qui s'est beaucoup engagé syndicalement, je passais énormément d'heures euh... au niveau de mon activité syndicale.
- Speaker #1
Dans une activité de quoi ? De prof ?
- Speaker #0
J'étais professeur des écoles, mais au bout d'un moment, je n'avais plus qu'une activité syndicale. Aujourd'hui, je n'ai plus que de l'activité syndicale. Le système, c'est que c'est toujours l'éducation nationale qui est mon employeur, mais tout mon temps est au service de... Je suis le trésorier de la CFDT des Pays de la Loire.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
et donc je passais énormément d'heures et j'investissais beaucoup de temps, d'énergie à ça et après le décès de Bénédicte aussi parce que Bénédicte m'avait dit il faudra que tu prennes soin de toi après parce qu'elle m'a vu l'accompagner pendant des années, pendant 5 ans ça a été très compliqué, elle m'a dit il faudra que tu prennes soin de toi après que tu te remettes à faire plus de sport voilà donc et après le décès de Bénédicte finalement peut-être par habitude, par besoin de ne pas trop penser, je me suis mis à me réinvestir comme avant. Et je me suis écroulé parce que ça ne tenait plus. Et je me suis dit, mais non, mais en fait, tu t'étais engagé envers toi-même et envers Bénédicte à essayer de retrouver un nouvel équilibre. Et aujourd'hui, je pense que la course à pied m'a appris à prendre soin de moi puisque avant, je ne prenais pas beaucoup soin de moi parce que j'étais toujours à fond. dans les différentes activités que j'avais à côté. Et donc…
- Speaker #1
Tu t'es en quelque sorte un peu recentré sur toi-même au travers de la course à pied. Oui,
- Speaker #0
il ne faut pas confondre égoïsme et égocentrage. Je pense que je me suis égocentré, un peu plus égocentré. Et donc, j'ai choisi de donner du temps à la course à pied et de donner un peu moins de temps. J'ai renoncé à certaines responsabilités syndicales. en me disant non, aujourd'hui, je préfère avoir moins de responsabilités et de garder du temps pour moi et pour courir. Et si ça a été ma bouée de sauvetage, aujourd'hui, c'est mon équilibre, ce qui n'est pas exactement la même chose. À un moment donné, ça m'a soigné. On sait que c'est un antidépresseur très puissant, le sport, et la course à pied en particulier. Ça m'a soigné avec. aussi avec des médicaments et tout ça, mais ça a participé à me soigner. Aujourd'hui, je considère que je n'ai plus besoin d'être soigné, mais par contre, ça participe à mon équilibre et comme d'autres aiment faire de la musique, peindre ou aller observer les oiseaux, même si moi aussi, j'aime observer les oiseaux. Voilà, moi, ce qui participe à mon équilibre et ce qui me constitue aujourd'hui, c'est que je suis euh Je suis un ultra-trailer et je me plais là-dedans.
- Speaker #1
Ce qui est impressionnant et incroyable quand on entend des histoires comme la tienne, c'est qu'on a souvent du mal. Moi, j'aime bien le terme. Je crois que tu as utilisé le terme de choisir à un moment. En gros, tu as choisi ce que tu voulais faire. Tu as choisi d'avoir moins d'activités pour te recentrer vers autre chose. Et ce qui est incroyable, c'est que souvent, c'est très, très dur. On dit souvent, choisir, c'est renoncer. Quand on est dans une vie normale, on va dire, pas dans des circonstances compliquées comme tu l'as connue toi, on va toujours se trouver des excuses pour choisir, pour faire les bons choix, pour se recentrer et tout. Et ça doit être d'autant plus compliqué de choisir dans les moments où tu es en fragilité, en fait. Et c'est ça que je trouve... Alors peut-être que ça a trait à un peu de la... du sentiment de, comment dire, c'est l'instinct de survie presque à un moment.
- Speaker #0
Au début, c'est ça. Et c'est marrant parce que les deux Guillaume qui ont été invités des Patréons avant moi, ils racontent comment l'arrivée d'un enfant leur a demandé de faire des choix aussi sur leur pratique. Et c'était des jeunes qui s'étaient mis très tôt au trail et qu'ils ont dû repenser, réadapter avec l'arrivée d'un enfant. Moi, je suis dans une démarche un peu inverse. C'est-à-dire que moi, du fait de me retrouver veuve sans enfant, avec Bénédicte on n'a pas pu avoir d'enfant à cause de sa maladie moi je me retrouve d'un coup avec du temps disponible donc je construis un parcours où je n'avais pas je ne m'étais pas donné beaucoup de temps pour une pratique sportive et compétitive à 50 baleines me retrouver et choisir de prendre du temps pour ça parce que j'ai la possibilité de le prendre tu choisis,
- Speaker #1
tu aurais pu aussi faire Netflix canapé quoi non ça c'est pas Netflix
- Speaker #0
Non, pas la suite. Non, mais tu sais que je me suis... Avec Bénédicte, on était abonnés à des plateformes, parce qu'elle ne pouvait pas plus travailler. Elle avait besoin de passer du temps. J'ai enlevé tous les abonnements. Je n'ai plus d'abonnement à aucune plateforme.
- Speaker #1
Dans quelle mesure... Ce n'est pas pour faire de la curiosité mal placée, mais aujourd'hui, dans quelle mesure tu cours pour elle et dans quelle mesure tu cours pour toi ?
- Speaker #0
Alors, je dis toujours que je ne cours pas pour elle, mais je cours avec elle. Alors, je ne suis pas… Je ne pense pas qu'elle est quelque part ailleurs. Je pense que du fait du temps, des années qu'on a passées ensemble, elle me constitue un peu. Voilà, j'ai pris un peu de bénédict en moi parce qu'on a passé tellement d'années ensemble et on a vécu des choses à la fois fortes et compliquées ensemble. À un moment donné, on est marqués et l'autre, il participe à notre identité. Donc, je dis toujours que je… cours avec elle et c'est aussi du temps où j'arrive à penser quand je cours à penser à elle et à nous, à ce qu'on a vécu de manière assez positive quand je cours parce que je suis en train de faire quelque chose aussi de positif qui me plaît et j'ai aussi dans les moments moi où dans un ultra on a toujours des moments de down où c'est un peu compliqué moi c'est les moments en général où je mets mes écouteurs Mmh. Et j'ai la playlist qu'on avait en commun. En fait, on avait une playlist qu'on se mettait quand on mettait ça dans la voiture, quand on partait en vacances, machin. Et je me mets cette playlist-là. Et donc, c'est la playlist de Bénédicte et moi. Et donc, c'est pour ça que je ne cours pas pour elle, mais je cours avec elle et de manière positive. Quand je pense à elle pendant que je cours, ça m'aide plutôt que ça me tire vers le bas.
- Speaker #1
Merci pour ton partage d'expérience. C'est absolument subjugant de courage.
- Speaker #0
Après, chacun fait avec ce qu'il est et ce qu'il est capable de faire à ce moment-là. Moi, la course et le trail ont été un ressort qui m'a aidé et aujourd'hui qui me constitue.
- Speaker #1
Raconte-nous un petit peu ce premier dossard 2024, t'as dit ? 2024 ?
- Speaker #0
Oui, juillet 2024. C'est une année, je ne sais pas si vous vous rappelez, mais il a plu partout, tout le temps.
- Speaker #1
Ah oui, exact.
- Speaker #0
Moi, je me suis... Tous les trails que j'ai fait de préparation, tous les entraînements longs que j'ai fait, mais je les ai fait dans la boue.
- Speaker #1
Ah,
- Speaker #0
mais tu es gentil aussi. Et même... Et donc, la course devait normalement partir à... 4h du matin pour un format en gros 75 km, 4000 m de D+. Au niveau D+, ce n'est pas forcément énorme, il y a des formats plus durs. Par contre, c'est un des trails qui est le plus haut en altitude. On part, on monte à 2000 et on est pratiquement tout le temps entre 2000 et 3000.
- Speaker #1
C'est de la valloise, on le rappelle.
- Speaker #0
Oui. La difficulté, c'est aussi ça sur ce trail-là. Il avait eu des gros orages de... les deux jours avant. Donc, ils ont reporté le départ à 6h du matin. Ils ont changé le parcours. Et au lieu de passer par le col de Chavière, qui rallongeait un peu, on est passé par le col d'Aussois. Donc là, on est pratiquement monté à 3000. Ça a été plus haut, mais plus court, en fait. Ça nous faisait monter plus haut, mais ça raccourcissait. Et j'ai adoré. Je suis parti trop vite, comme tout le monde, pour sa première épreuve. Donc il y a un premier KV à faire pour monter au premier ravito, ça monte sur 1000 mètres de D+. Je suis arrivé là-haut fatigué mais pas explosé, mais j'ai réussi à me dire, je pense que ça c'est mon background d'alpinisme et de montagnard, non tu vas gérer ton effort maintenant, tu n'occupes plus des autres, tu gères ton effort, tu fais ce que tu es capable de faire. Tu as déjà passé des journées d'alpinisme, des fois 20 heures, partir à 4 heures du matin et rentrer à minuit. Et donc, tu gères ton effort. À partir de ce moment-là, j'ai essayé de courir quand je pouvais courir, de ne pas forcer. Et j'ai réussi à faire ça. Et je n'ai pas mangé comme il fallait. Comme d'entre vous, j'ai eu mal au bide au bout d'un moment. Je me suis dit, il va falloir que tu trouves des ressources en termes de nutrition pour que ça se fasse. En fait, une des choses que j'ai appris à manger, en m'intéressant à manger à l'effort. Je ne faisais très mal quand j'étais alpiniste. En fait, en m'intéressant au trail, j'ai appris à me nourrir à l'effort.
- Speaker #1
Il n'y a pas cette notion de... Il n'y a pas ces notions de physio, d'alpinisme, beaucoup moins, tu penses ?
- Speaker #0
Non, on pense à la difficulté technique, au danger, mais après, on progresse avec rien dans le bide, déshydraté, enfin non, c'est n'importe quoi.
- Speaker #1
Même aujourd'hui, tu penses que ça a évolué un peu dans ce milieu-là ? Non,
- Speaker #0
parce que je pense qu'il y a beaucoup plus de profils trailer-alpinistes, je pense que ça se développe.
- Speaker #1
mais clairement dans ton ancien comment dire sport tu sentais qu'on était à des années lumière de ce que toi tu connais j'emmenais du pain du saucisson,
- Speaker #0
du fromage et puis je m'arrêtais quand j'avais le temps un oeuf, une tomate et donc j'ai eu ma lobide mais à Mais j'ai réussi à terminer en courant. Donc ça, j'étais content de terminer en courant par rapport à mon accident à la schiste. Je suis capable de courir jusqu'au bout. Et puis, ça a été une expérience positive. Je ne me suis pas dit, ce truc est trop dur. Pourquoi je me suis lancé là-dedans ? Ça a été, je pense, parce que aussi... quand on fait de l'alpinisme, on traverse des moments compliqués dans une journée d'alpinisme il y a des moments aussi parce qu'en plus on mange mal mais voilà, donc je pense que je sais gérer ce genre d'efforts ce qui fait que je l'ai plutôt bien vécu, que j'ai plutôt bien traversé les moments compliqués et que j'ai su gérer les moments où ça montait dur, moi j'ai su gérer, j'ai vu des gens exploser, moi ces moments là j'ai su les gérer en fait
- Speaker #1
Qu'est-ce que ça t'a fait de franchir la ligne d'arrivée pour la première fois ? Alors, rappelle-nous le format et qu'est-ce que ça t'a fait ?
- Speaker #0
Donc, finalement, on a fait un format qui était plus 60 kilomètres et 3300 mètres de dénivelé, puisque ça a été raccourci. Donc, j'ai mis un peu plus de 11 heures. je me suis amusé à regarder justement pour voir j'étais loin des barrières horaires les barrières horaires ça devait être 15 ou 16h il y avait 75% des personnes qui étaient devant moi 25% derrière, c'est pas mal et puis non j'étais fier de moi il y a un sentiment de fierté et puis d'accomplissement parce que quand on se lance dans des formats longs même si c'est pas franchement un ultra c'est déjà un format long
- Speaker #1
11h t'es à la limite Non ?
- Speaker #0
et de se dire ça valide une prépa parce que se préparer sur ces formats là on a passé du temps on a investi du temps là dessus et donc d'arriver au bout et de se dire que ça s'est à peu près passé comme on avait pensé moi c'était mon premier truc en montagne j'avais fait des formats 50 km en Bretagne pendant le printemps qui s'était plus ou moins bien passé j'avais couru trop vite enfin ouais J'avais fait essai-erreur, on va dire. Pendant la préparation, j'avais fait format essai-erreur. Et puis, là, d'arriver au bout, je me suis dit, ouais, en fait, je suis cap... Je suis capable. Et puis, c'était aussi… Ça validait aussi une étape de ma reconstruction par rapport à ma dépression nerveuse. Quelque part, c'était se dire, si tu as réussi à faire ça, c'est que tu es sur le bon chemin et qu'il faut peut-être continuer par là parce que ça te fait du bien.
- Speaker #1
Tu as concrétisé une nouvelle étape dans ta vie.
- Speaker #0
J'aurais pu dire que ce n'était pas mon truc, qu'il fallait trouver autre chose. J'y arrive pas, j'ai visé trop. Non, ça a validé. Dans les jours qui ont suivi, j'ai cherché un trail de 80 km au mois de septembre. Donc, j'ai trouvé un trail en Corrèze d'Ordogne, 80 bornes, beaucoup plus roulant. Conclusion, j'ai terminé en marchant cette fois-ci parce qu'en fait, plus c'est roulant à cause de ma cheville, notamment, plus c'est roulant pour moi.
- Speaker #1
Tu as les qualités de marche en montagne aussi. Voilà,
- Speaker #0
je suis capable d'aller vite en terrain technique. Eh oui,
- Speaker #1
forcément.
- Speaker #0
Parce que j'ai le pied sûr. Mais quand il faut... Je n'ai pas une foulée très longue avec ma cheville. Elle se rigidifie au fil du temps. Et donc, pendant toute cette période-là, quand même, toute cette période-là, je me suis tapé tous les épisodes du LTP. Il faut le dire. Donc, depuis octobre 2019, ça fait déjà un certain nombre d'épisodes.
- Speaker #1
Bravo.
- Speaker #0
Et notamment, ce qui m'a aidé à construire ma pratique, mon entraînement, c'est Pascal Balucci. C'est tous les épisodes avec Pascal où moi, je lui dis d'accord, il faut que je fasse comme ça. Alors, la physiologie humaine, comme ça, ok. Donc, notamment les épisodes avec lui, ça m'a beaucoup aidé.
- Speaker #1
Clairement. Est-ce que tu peux dire que cette arrivée ou ce premier trail, c'était ton… Alors, moi, j'aime bien parler du plus beau moment de trail. Pour toi, j'entends, ça va au-delà. Ça va à toute ta pratique depuis que tu as commencé ce sport, même en off. Est-ce que tu peux nous raconter ou nous dire quel est ton plus beau moment de trail, toi ?
- Speaker #0
Alors, je peux en dire un sans dossard, un avec dossard ?
- Speaker #1
Tu peux.
- Speaker #0
Ouais, à 1,12, c'est la première fois où je suis monté, il y a un sommet en haute parenthèse qui arrive à se faire au mois d'août sans du tout glacier, qui monte à 3700 mètres d'altitude, qui s'appelle la Grande Sacière. Je l'avais fait avec mon père, enfin je l'ai fait plusieurs fois ce sommet-là, mais je l'avais fait avec mon père quand j'étais plus jeune, on était en grosse chaussure de montagne, mais on s'était bien envoyé, on avait monté du 500 mètres heure à l'époque. Mon père, on s'était bien envoyé quand même. Et on s'était fait doubler par un mec qui avait des grands bâtons, qui faisait partie de l'équipe de France de ski de fond, en fait. Et ça aussi, ça a peut-être été un déclencheur. Et c'est la première fois que je suis retourné tout seul. Il y avait quand même du monde sur le sentier. Je ne me suis pas retrouvé tout seul dans la montagne. Et de partir le jour à peine levé, voir le lever du soleil. Le but, c'était de voir le lever du soleil en cours de route. d'arriver là-haut tu as un paysage donc j'ai dû arriver là-haut à 8h du matin et puis d'avoir bien envoyé pendant toute la montée parce que même si je pense que je suis à la fois quelqu'un qui a le sens du collectif de par mes engagements mais qui a un fond solitaire aussi j'ai besoin d'un monde de solitude donc là ce moment un peu tout seul Merci. et enfin voilà c'était extraordinaire extra-ail ordinaire même si je ne connaissais pas ce mot ni de trail à l'époque et puis avec Dossard et puis j'étais tellement heureux là-haut qu'à la descente j'ai volé puis j'avais pas de problème de cheville à l'époque et puis avec Dossard alors ça va aller avec le pire, c'est marrant il y a souvent des gens qui disent que le pire et le meilleur c'est dans la même
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
c'est dans la même épreuve traverser nord de l'échappée belle août l'année dernière qui était un peu ma dernière course de p... préparation avant d'aller faire le trek du Bourbon sur les îles de la Réunion qui était exceptionnel le Bourbon mais c'est pas forcément là que j'ai vécu les moments les plus et donc là j'arrive quand même en fin de préparation je sais que j'y vais je vais pas me faire ma meilleure performance possible parce que j'ai quand même des de la prépa dans les pattes, même les jours d'avant. C'est vraiment la fin, le dernier gros truc. Et en fait, je fais le pire et le meilleur, parce qu'ils se suivent. Vers 18h, 18h, 19h, on arrive dans un point bas et j'ai mangé au dernier ravito une soupe avec des nouilles chinoises. Et putain, ça ne passe pas. Mais vraiment, ça ne passe pas du tout. Je suis obligé de me mettre sur le côté, de me vider par les deux bouts et de repartir. Et là, il y avait 1500 mètres pratiquement de dénivelé positif à monter en deux fois avec un petit ravito au milieu. Mais je n'avançais pas. Je marchais cinq minutes, je m'asseyais deux minutes, je marchais cinq minutes. Je n'ai jamais pensé abandonner parce que je ne me sentais pas en danger. Je ne me sentais pas en danger. Mais je me dis, par contre, ça va être long. Ça va être très, très long. Donc, je me disais, à bout d'un moment, ça va passer. Les douleurs au ventre, à un moment donné, ça va se réguler. Et donc, j'arrive au Ravito. J'ai un peu froid. Je me couvre. J'étais en situation un peu de faiblesse. Et je repars. Et la nuit commence à tomber. Et je n'arrive toujours pas trop à manger. Donc, je suis un peu… sur mes lipides mais ça marchait bien et donc je me retrouve en pleine nuit avant d'arriver à un des gros ravitaux qui est au deux tiers de la course en pleine nuit et là je suis tout seul je vois plus personne derrière je vois plus personne devant il y a les étoiles il fait grand beau je vois en bas dans la vallée les villages et je marche vite je trottine c'est Merci. Je suis en sentier balcon, en fait. Ça monte un petit peu, ça descend un petit peu. Et je suis heureux. Je n'ai plus mal au ventre. Je n'ai plus rien dans le bil, mais je suis heureux. Et là, non, mais c'était vraiment bien. Et puis, après, on est arrivé au Ravito. Et je me suis dit, bon, alors, qu'est-ce que je fais ? J'ai réussi à remanger un peu et je suis reparti.
- Speaker #1
C'est intéressant à chaque fois. C'est vrai que je le constate. Souvent, les pires et les meilleurs moments sont souvent très, très liés. voire à quelques minutes ou à quelques heures d'intervalle, c'est assez marquant.
- Speaker #0
Et donc, j'ai mis 33 heures. Je suis arrivé à… Il restait une heure avant les barrières horaires. J'ai mis 33 heures. Donc, quand on n'a pas grand-chose dans le bide, on ne va pas vite.
- Speaker #1
C'est sûr. Sans carburant, c'est difficile d'avancer. Surtout ça. Excellent. Bon, merci Nico pour ton partage. Est-ce que tu veux… On arrive gentiment à la fin de notre échange. Est-ce que tu veux partager… Une dernière chose, une pensée, open mic pour toi, Nico.
- Speaker #0
Non, rien. Juste peut-être dire qu'il faut que cette activité, notamment dans les périodes de la vie où des choses nous bousculent, alors ça peut être positivement, ça peut être la naissance d'un enfant, comme on a évoqué tout à l'heure, mais je pense qu'il faut… il faut réussir à lui trouver sa place, la place qu'elle doit prendre, pas plus, parce que, aussi, quand on a… Alors, soit si on est un trailer avant, ou si c'est une activité qu'on est en train de découvrir, mais en tout cas, avoir… Prendre du temps pour soi, ça donne de l'énergie pour prendre soin des autres.
- Speaker #1
C'est vrai. Excellent.
- Speaker #0
Moi, je pense que ça m'a aidé aussi à me... Quelque part, de prendre du temps pour moi, ça m'a aidé. à me retourner vers les autres. Parce qu'on était un peu situation des dents avec Bénédicte, un peu en vase clos. Et en fait, prendre soin de soi, ça aide à se retourner vers les autres et à prendre soin.
- Speaker #1
Après, le problème avec notre discipline, c'est que la notion de temps, elle est un peu à prisme variable. Tout de suite, quand tu prépares un truc en travail qui est un peu long, prendre du temps, c'est prendre du temps. Mais je suis complètement d'accord avec toi. de manière générale.
- Speaker #0
C'est pour ça qu'il faut lui donner la place qu'elle peut prendre dans nos vies.
- Speaker #1
Qu'elle peut prendre.
- Speaker #0
Après, il ne faut pas que ça devienne quelque chose qui nous apporte des tensions. Ça ne sert à rien. On n'est pas là pour s'apporter des tensions.
- Speaker #1
C'est clair. C'est clair. C'était hyper passionnant. En tout cas, Nicolas, je te remercie de ton partage, de ta transparence. Et puis, je pense que ça va parler à beaucoup et tu vas aussi peut-être faire résonner pas mal de choses. chez les auditrices et les auditeurs en tout cas c'est encore une sacrée histoire une sacrée preuve de courage qui montre que même si nous arrive des choses difficiles dans la vie quand on veut on arrive à rester dans le mouvement dans le projet dans la projection franchement c'est une sacrée leçon de vie que tu nous as donné et je te remercie pour ça et on te remercie pour ça
- Speaker #0
Merci. A bientôt.
- Speaker #1
Salut Nico. Merci beaucoup.
- Speaker #0
De rien.
- Speaker #1
C'était chouette.