- Speaker #0
Salut à tous, je suis Kevin Le Goff, fondateur de Coastline Creative Club et aujourd'hui je vous présente un podcast qui vise à explorer et faire parler l'univers de l'Hospitality, pour comprendre comment développer votre projet perso en faisant parler celles et ceux qui inventent des lieux hors du commun. Bienvenue à tous, vous écoutez No Small Plans. Première rencontre avec Edouard remonte à 2018 à Paris et à ce moment là j'avais que très peu d'infos sur qui il était et ce qu'il développait. On nous avait mis en relation et on s'était retrouvé pour un café échanger sur nos projets respectifs et là où je lui parlais d'une acquisition d'hôtel qu'on avait dans le Finistère, Edouard commence à me parler de ce qu'il développait et il commence à me parler de 200 hectares de terrain, deux immenses bâtiments agricoles et une ferme du 19ème et ça en fait c'était les premières lignes du barn. Et aujourd'hui, les granges retapées, elles accueillent 73 chambres, la ferme, un restaurant, on a un espace spa, des bains nordiques, et au milieu de tout ça, on a un étang qui est posé entre les deux. Le barn s'est devenu un phénomène dans un marché hôtelier qui est aussi avec plus ou moins de convictions entre expérientiel et montée en gamme, pour faire face notamment à la montée en puissance de la para-hôtellerie. Et Edouard, fondateur du barn, du coup... nous racontent dans cet épisode comment ils veulent en faire une véritable marque de fabrique, celle d'une hôtellerie différente qui reconnecte les urbains avec la nature. Vous êtes sur l'épisode 5 de No Small Plans, bonne écoute à tous. Alors nous ça fait quelques temps qu'on se connaît maintenant, et on s'était rencontrés il y a quelques années à Paris, j'en parlais en introduction de ce podcast, et ce que je te propose c'est peut-être de te présenter Edouard T.
- Speaker #1
hôtelier et de nous raconter un peu comment t'es arrivé dans cet univers et comment ça t'a emmené à créer ce projet complètement fou qui est celui du du bar notel et des bar notel alors très simplement déjà je suis hôtelier depuis très longtemps j'ai toujours fait ça après mes études j'ai fait l'école hôtelière, j'ai prolingué dans des restaurants en cuisine, en service je suis passé de Paul Bocuse à À Lyon, au Péninsula, à Pékin, j'ai toujours eu une approche assez indépendante dans mon métier parce que de par mon parcours très terrain, à chaque fois j'ai pris des directions de petits hôtels, de petits restos. Et puis de fil en aiguille, je n'avais pas beaucoup d'argent et du coup j'avais envie de mettre à profit ma créativité. Du coup j'ai monté une société de gestion et j'ai géré des hôtels pour le compte de tiers. dans lequel il y avait beaucoup de restauration à chaque fois, pendant une petite dizaine d'années. J'avais en tête l'idée du barn depuis un certain temps. Je trouvais que toute l'approche de la campagne était extrêmement passéiste. Tout ce qui avait attrait à la nature était toujours dans une démarche qui liait davantage les gens au passé qu'à la nature. Et j'ai voulu concevoir avec le barn un lieu qui corresponde à nos usages. les usages de notre temps. Ce n'est pas une question de génération, c'est plus une question de temporalité. Ce que je veux dire par là, c'est que le Barn, c'est un lieu qui s'adresse à des gens qui peuvent être plus ou moins âgés, des jeunes, des vieux, mais toujours avec cette idée de la fonction et de l'usage d'un lieu qui se veut ouvert sur la nature et sur la convivialité. Voilà. Si je te dis ça, c'est parce que, si je te parle dans mon parcours comme ça, c'est parce que tout le monde croit que le bar n'est encore un lieu de campagne de nature et de convivialité. Les gens pensent souvent que c'est une reconversion. Tiens, le mec, il était DA ou, je ne sais pas, ou publicitaire. Il s'est découvert une passion pour l'hôtellerie et la restauration. Je pense, je suis un peu vieux con de dire ça, mais... Et je pense qu'il ne faut pas se tromper, c'est un métier qui demande... pas mal de bouteilles et c'est pas un truc qui s'improvise comme ça de gérer un lieu avec 80 chambres un restaurant qui fait plus de 150 coureurs par service c'est pas en te reconvertissant que tu fais ce genre de truc
- Speaker #0
Justement je vais revenir un peu sur le barn quand est-ce que cette idée a commencé à émerger quand est-ce que t'as commencé à imaginer ce lieu
- Speaker #1
Sans mauvaise poésie, le Barne, il est en moi depuis toujours parce que, si tu veux, j'ai toujours vécu entre la campagne et la ville. J'ai toujours eu ce besoin de nature. Mais ce n'est pas une question de qualité ou de défaut, c'est juste que je suis baigné là-dedans. Je vivais une grande partie de l'année chez mes grands-parents quand j'étais petit, qui étaient en Normandie. Ma mère est martiniquaise, donc je... J'étais comme Mowgli pendant six mois de l'année. En même temps, j'étais citadin puisque j'habitais Paris. Du coup, il y a toujours eu cette relation complémentaire entre la nature et la ville, entre la cité, la rivière, la mer, etc. et les éléments. Et souvent, on me dit, mais tu habites Paris, ce n'est pas trop difficile et tout. Et en fait, non, parce que j'ai le beurre et l'argent du beurre en habitant à la fois une ville, mais en vivant à contre-courant vers la nature. Et en fait, le barn, je l'ai vraiment créé. Donc, je l'avais en tête depuis longtemps parce que c'est comme ça que je vis. Et si j'ai créé ce lieu depuis 2014, réellement, ça s'est concrétisé avec ma rencontre avec mon associé. Si j'ai créé ce lieu à partir de ce moment-là, je l'avais vraiment en moi parce qu'il correspond aux usages et à ma façon de vivre. Et en fait, mes usages et ma façon de vivre... sont somme toute assez communs puisque c'est ce que les autres recherchent. Donc en créant le Barn, je n'ai pas inventé un truc révolutionnaire, j'ai juste mis bout à bout plein de petites idées qu'on avait tous au fond de nous et qui n'avaient pas été mises bout à bout par quelqu'un. Donc encore une fois, il n'y a rien de très innovant, il y a juste le fait d'avoir saisi. quelque chose qui était dans l'atmosphère, quelque chose que je ressentais vraiment au fond de moi, un besoin de travailler différemment, de se retrouver différemment. Et voilà, je l'ai concrétisé entre 2014 et 2018, l'ouverture.
- Speaker #0
Et justement, c'est ta rencontre avec ton associé William qui a initié et qui a lancé ce projet ?
- Speaker #1
Alors, je l'avais vraiment écrit, le concept doc et tout, je l'avais vraiment en tête avant. Et en 2014, j'ai rencontré William. J'étais toujours en train de gérer des hôtels pour les comptes de tiers. J'ai rencontré William qui a été une des plus grandes rencontres entrepreneuriales et amicales de ma vie. J'ai proposé à William de développer ce concept avec lui. Et il est rentré dans l'aventure. Son premier mot, c'était de dire, je ne suis pas hôtelier, je n'ai pas envie de le devenir. Et en fait, aujourd'hui, il est encore plus hôtelier que moi. Comme il y a une différence de génération entre nous et une différence aussi de surface financière, les gens ont tendance à croire que William apporte notamment sa caution financière et que moi je développe et en fait ce n'est pas du tout ça. C'est vraiment une relation à deux et c'est vraiment un développement à deux qui a été réalisé et autant dans la granulométrie de la graffe que l'on va mettre au sol. Peut-être pas dans les menus, mais dans la façon de gérer le lieu, dans notre soin du détail, dans la déco, dans tout. Il y a toujours un grain de sel d'Edouard, un grain de sel de William, un peu de piment d'Edouard, un peu de poivre de William.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous raconter les débuts du barn de ce projet ? Quels ont été les premiers papiers, les premières rédactions ? Comment ça s'est passé ? Le terrain ? Pourquoi ce terrain ? Et comment tu es arrivé là ? et de nous raconter un peu ce début du barn.
- Speaker #1
On avait un terrain, puisque William était propriétaire du terrain du Hara de la Sens, qui est le lieu sur lequel le premier barn a vu le jour. Et on a décidé d'utiliser une partie de ce terrain, et notamment des anciens bâtiments agricoles, c'est ce qui a donné le nom au barn, pour déployer notre concept. Ce qu'on voulait, c'est créer une vraie tension financière sur le projet, parce que cette tension, elle est saine. et on a donc cherché à lever une dette assez costaud, qui soit non-recourse, donc sans garantie personnelle. On a cherché à lever jusqu'à 65% de notre opération. Et donc j'ai fait le tour des popotes pendant pas loin de deux ans pour trouver une banque qui veuille bien nous accompagner en France. Et du coup, je l'ai trouvée en Hollande, parce qu'il n'y avait pas un banquier en France qui voulait regarder ce projet. On nous comparait à l'Ibis de Rambouillet en localisation. Les benches étaient complètement ridicules. Et on dit souvent qu'il y a beaucoup d'argent disponible, mais il y a beaucoup... beaucoup d'argent disponible quand il s'agit de faire du repeat business avec des rendements benets, mais quand il s'agit d'être un peu innovant et de prendre des risques, ce n'est pas le métier des banquiers, clairement. Donc, j'ai eu beaucoup de mal à monter le projet. Finalement, j'ai trouvé une banque néerlandaise qui nous a accompagnés. Et puis, après, il y a eu toute la phase de... de description du projet vis-à-vis des entreprises qui allaient nous le construire. Donc on est passé par ce qu'on appelle un PMG, c'est un protocole de prix maximum garanti. C'est-à-dire que tu donnes un budget à une entreprise, tu lui demandes de faire les études, etc. Et si elle rentre dans cette enveloppe, tu lui donnes le projet. Ça a une vertu assez intéressante, c'est qu'en fait tu transfères le risque du prix de la construction. Tu transfères le risque des études, tu transfères le risque du planning, moyennant bien entendu une rétribution parce que ça te coûte un peu plus cher, mais ça c'est financé au préalable. Du coup, tu finances tout ce risque sur ta dette, sur tes fonds propres et à la sortie, tu as un projet clé en main. Et c'est ça qu'on a réalisé avec une belle entreprise française qui avait juste la taille qu'il fallait. pour à la fois ne pas faire travailler uniquement son service juridique et en même temps avoir la capacité et l'épaisseur suffisantes pour mener un projet assez important, puisqu'on a déployé pas loin de 5000 m² en un an. Je peux rentrer dans les détails, n'hésite pas à me poser des questions un peu plus précis, parce que j'essaie de survoler tout ça, mais c'est peut-être que je parle avec des... avec des éléments de langage qui sont inhérents à mon métier et qui ne sont pas intelligibles par tout le monde.
- Speaker #0
Justement, c'est exactement pour ça qu'on fait ce podcast, c'est d'avoir un petit peu toutes les infos qu'on n'a pas habituellement en visible et auxquelles on n'a pas accès. Donc, c'est parfait. Et justement, est-ce que tu peux nous partager un petit peu cette phase bancaire du projet ? Je t'expliquais tout à l'heure et on reviendra dessus un petit peu plus tard sur la partie financement que pour le coup, tu as été chercher. Un financement à l'étranger. Et comment ça s'est passé ? Tu n'as pas eu de proposition en France ? Tu en as eu ? Elles n'étaient pas assez bonnes ? Elles n'étaient pas à hauteur de ce que tu souhaitais ? Ou le projet ne leur parlait pas ?
- Speaker #1
Non, mais j'ai eu des propositions, mais elles n'allaient pas très loin. Elles n'étaient pas réalistes. Et si tu veux, j'aurais pu dépenser le double de fonds propres dans cette opération et faire quelque chose qui aurait été pareil, voire moins bien. Je pense que c'est, pour nos auditeurs, je pense que c'est indispensable de créer une tension financière sur les projets, parce que c'est ce qui t'invite à te dépasser tous les jours. On voit bien que tous les investisseurs qui ne sont pas de la partie dans un métier, et notamment il y en a beaucoup dans l'hôtellerie et la restauration, et qui arrivent avec des fonds propres en se disant je vais faire de l'hôtellerie parce que c'est à la fois patrimonial, et puis en même temps il y a de la pierre, il y a un sous-jacent immobilier. en fait Comme ils ne jouent pas le jeu de la tension et comme ils font ça un peu plus avec un regard, je ne dirais pas de bon père de famille, mais moins aiguisé, on va dire, le résultat, c'est que les rendements sont moins bons. Je me dis tous les jours que le barn qui m'a coûté X, s'il m'avait coûté X plus 50%, il serait moins bien aujourd'hui. Donc ça, pour moi, c'est un premier apprentissage. C'était pendant deux ans. On avait largement la capacité, notamment William, avait largement la capacité financière de faire ce projet. On le devrait déjà en moins. Et ça a été un sacré coup de pouce, en fait, de créer cette tension, cette contrainte financière sur le projet.
- Speaker #0
Et tu vois, est-ce que tu dirais que cette tension financière, elle peut accroître la créativité, tu vois ? Parce que c'est aussi un danger mental quand tu es préoccupé par cette tension financière et que tu es dans cette config là, c'est stimulant mais en même temps ça peut être dangereux. Comment ça s'est passé pour vous ?
- Speaker #1
On a créé des chambres qui, en coût de construction, doivent être 40% en dessous de celles de nos concurrents. Et parce qu'on a mis une logique, et elles sont certainement aussi bien si ce n'est mieux, parce qu'elles sont conçues avec cette contrainte et donc un besoin d'intelligence plus important. Je ne dis pas qu'on est plus intelligent, mais on a eu un besoin d'intelligence, on a eu un besoin de créativité. qui était plus fort parce qu'on devait sortir nos chambres avec un coût inférieur. Je vais te donner un exemple qui est très simple. La contrainte, pour moi, c'est ce qui drive vraiment le business parce qu'elle est souvent vertueuse. Il y a une très jolie phrase de Gide qui dit que l'art n'est de contrainte, vie de lutte et meurt de liberté. Cette contrainte te crée justement cette créativité. Et quand on a commencé à créer le barn, On a eu une contrainte architecturale où le parc naturel de la Vallée de Chevreuse nous a dit « vous avez des emplacements actuels de granges » . Le projet ne s'appelait pas le Barn à l'époque. Ils nous ont dit « vous avez des emplacements de granges et vous devriez rester dans ces emprises de granges parce que c'est ça qui va permettre, en ne faisant pas de mitage, c'est-à-dire en n'allant pas faire des constructions un peu partout sur le terrain, ça va vous permettre d'avoir l'impact. » environnemental le moins important sur le terrain, le plus faible. Et j'ai découvert que cette contrainte, ce qu'elle décrit, c'est que plus tu fais des lodges, des cabanes, des machins comme ça, plus tu as un impact néfaste, parce que la partie visible de l'iceberg, c'est les 10% de la cabane, mais en dessous, tu as les réseaux, la distribution, les eaux usées. En fait, la cabane ou le lodge, la petite maison, Elle n'a de sens environnemental que quand tu as des araignées qui te piquent les fesses, tu as chaud l'été et tu as froid l'hiver. Si tu la climatises, si tu mets le chauffage, etc., tu crées des passoires thermiques les unes à côté des autres et c'est un non-sens total. Seulement, visuellement, tu as l'impression d'être à la campagne. Du coup, ça invite à cette notion de nature et peut-être de RSE, etc., mais c'est une ineptie totale. Donc, le PNR, le parc naturel, nous dit, vous restez dans ces emprises de granges. Et vous faites votre projet comme ça. Je dis, putain, j'arrive dans les dîners chez mes potes et tout, je leur dis, regardez, je dois faire mon hôtel là-dedans, mais comment je vais faire ? En fait, cette contrainte, elle m'a permis plein de choses. Elle m'a permis de créer un lieu qui est différenciant et différencié d'un point de vue architectural, parce que j'ai construit une sorte de motel à la campagne qui est assumé. Elle m'a permis, vis-à-vis de mes concurrents, de faire un truc qui est beaucoup plus statutaire, parce que j'ai mes grandes granges qui font jusqu'à 40 chambres. Et c'est volontairement assumé. Elle m'a permis de trouver un nom à mon projet. Parce qu'en fait, pourquoi ça s'appelle Le Barne ? C'est parce que j'ai fait mon hôtel dans des anciennes granges. Et elle m'a permis aussi, économiquement, de faire quelque chose qui est... Et je n'ai pas peur du mot, parce que je le trouve très beau, même en 2022, surtout en 2022, d'industrialiser mon process de construction. Et pas rentrer dans le petit truc à la maman, là... avec les petites chambres les unes à côté des autres. Tu vois, c'était vraiment cette idée de se dire que ce n'est pas plus compliqué et c'est plus vertueux de faire grand que de faire petit. Et c'est cette contrainte architecturale, cette contrainte financière et cette idée que faire grand n'est pas plus compliqué que de faire petit qui a driveé ce projet.
- Speaker #0
Et justement, est-ce que tu pourrais nous partager quelques difficultés qu'ont apporté la grandeur ? Et l'amplitude de ce projet qui est quand même assez costaud. On parle de 200 hectares de terrain, des gros bâtiments et des contraintes architecturales. Du coup, est-ce que tu as quelques souvenirs des petites difficultés du début, du pendant, qui ont marqué un peu la construction de ce projet ?
- Speaker #1
Une fois que j'ai trouvé mon financement et que j'ai avancé sur mon plan architectural, j'ai eu les contraintes qui sont arrivées les plus fortes, les contraintes liées notamment aux architectes des bâtiments de France qui peuvent être difficiles sur ce type de projet parce qu'ils ont un droit de regard sur ce que tu fais.
- Speaker #0
Tu étais dans un périmètre là du coup ?
- Speaker #1
Oui, on est toujours dans un périmètre de toute façon. Il y a une sorte d'hégémonie, il y a toujours un périmètre à la con qui est trouvé, on est dans une hégémonie. Et en France, on fait des zones industrielles, des AC qui sont des espèces de boutons purulents sur notre paysage architectural. Et à côté de ça, dès que tu fais preuve d'un petit peu d'audace et de créativité, tu as souvent des bâtons dans les roues. C'est une évidence. C'est un truc qui est compliqué à gérer. Maintenant, il y a des gens qui sont passionnés. Les architectes des bâtiments de France, ce sont des gens qui apportent beaucoup, beaucoup, beaucoup sur la compréhension des lieux sur lesquels tu travailles, qui vont te faire réfléchir aussi les projets différemment. Mais c'est vrai que c'est une partie qui est assez difficile à gérer. Et puis... Et puis, tu as tous les aléas de la construction. Tu as les travaux, tu as la neige, tu as les aléas d'intempéries. Tu as 150 personnes sur un chantier, deux grues, tu démoules un projet de 80 chambres en un an. Donc, ça pulse, quoi.
- Speaker #0
Alors, tu vois, ça m'emmène à ta team. Comment tu as sélectionné ton équipe et comment tu as construit cette équipe ?
- Speaker #1
Ben, moi, je ne prends pas... J'essaie de... de créer une équipe la plus courte possible. C'est-à-dire qu'en ayant fait du mandat de gestion, en ayant géré pour le compte de tiers, j'ai vu que le problème n'est pas d'empiler des intelligences les unes à côté des autres, le problème est de faire en sorte qu'on parle. Parce que tu peux avoir, c'est souvent une cacophonie quand tu as un maître d'ouvrage qui est composé par trois personnes, une entreprise qui fait, tu vas avoir une maîtrise d'oeuvre d'un côté, une maîtrise d'oeuvre d'exécution de l'autre, donc un archi qui crée, l'autre qui... qui réalisent, et puis des corps de métiers séparés. Donc moi, j'ai réduit au maximum la chaîne de commandement pour que la maîtrise d'ouvrage, c'est-à-dire le décideur, moi et William, William et moi, pardon, une tête d'affiche, c'était moi. Je n'avais pas d'assistance à maîtrise d'ouvrage, d'AMO, etc. Ça, je réduis au maximum. la maîtrise d'oeuvre donc l'archi faisait également son exécution donc ça veut dire que l'archi qui dessine il réalise derrière ce qu'il a dessiné donc il a intérêt à dessiner avec intelligence et pas refiler le bébé parce que tu as beaucoup d'architectes stars en France je ne nommerai pas même si j'aimerais bien le faire qui te dessinent des trucs à la con qui coûtent une fortune qui travaillent pour leur ego et pas pour leur projet et qui derrière font exécuter par des architectes de talent ... qui, eux, s'arrachent les cheveux sur les chantiers à réaliser des choses comme ça. Et du coup, ça, c'est lié à mon expérience. J'ai vraiment réduit au maximum, encore une fois, la chaîne de commandement. Et en face de nous, il y avait... Enfin, en face, à côté de nous, avec nous, il y a une entreprise hyper bien, de belle taille, 200 personnes, de province. Vraiment une belle boîte, tu vois, comme on dit. qui a réalisé le projet.
- Speaker #0
Tu vois, vous aviez une contrainte qui était de construire le barn et d'opérer la rénovation en moins d'un an ou une année. Comment tu as pu convaincre ? Parce que tu vois, tout le monde te dit oui. Et en fait, comment tu arrives à identifier que la boîte, elle va vraiment exécuter ça en un an ? Et c'était quoi un peu les points d'identification que tu avais sur la sélection ?
- Speaker #1
Le projet a été dessiné de manière à être réalisé en un an. C'est-à-dire que sur le même chantier, d'avoir... Un chantier de rénovation, qui correspond à la bergerie, le moulin, les anciens bâtiments. Un chantier de construction bois, qui correspond aux barnes, aux granges. Et un chantier de construction béton, qui correspond notamment au manège. Et du coup, si j'avais fait la même taille de projet, mais que de la réno, je n'aurais jamais tenu un an. Et puis, je ne suis pas dans un environnement contraint en termes de taille. le barn il est sur un terrain qui fait au total 200 hectares du coup tu peux circuler tu ne te marches pas dessus pour faire les travaux donc c'est rapide mais il faut rendre à César ce qui appartient à César c'est que ce n'est pas nous qui avons été des stars c'est le projet qui était destiné aussi pour pouvoir être réalisé de la sorte c'est quelquefois plus compliqué de faire un presbytère de 500 mètres carrés en un an que de faire un barn comme on l'a fait
- Speaker #0
Du coup tu avais pas mal de couches quand même Tu avais la partie archi, partie ouvrage Tu as bossé avec Saint-Lazare aussi Donc ça faisait pas mal de créa Comment tu gères un peu Ce relationnel multi-créatif ?
- Speaker #1
On a bossé avec Saint-Lazare Mais tu as différentes Façons de travailler Avec des créas Soit tu es une maîtrise d'ouvrage qui délègue à la créa Soit tu fais rentrer la créa dans ton équipe Ce qui est mon cas Pour moi, il est hors de question de donner les projets à ceux qui... Enfin, celui qui choisit, celui qui décide de tout, doit être celui qui paye. Parce que c'est très facile de dessiner des belles choses quand tu n'as pas de notion de budget. Et du coup, moi, j'ai intégré Saint-Lazare et la magnifique équipe d'Antoine Ricardou, qui continue à travailler avec nous, au plus proche de nous. Et puis avec William, on a pas mal de bouteilles aussi dans l'univers de la créa. Et du coup, on savait très bien où est-ce qu'on voulait aller. Et on n'a rien délégué. Donc le barn, il appartient au barn. Son idée, son identité appartient au barn. Et la créa est la créa du barn, ce n'est pas la créa d'une signature X, Y ou Z.
- Speaker #0
Et justement, comment toi, tu vois, qui incarne complètement ton lieu, tu vois le fait de, c'est quoi un peu les tips que tu pourrais partager sur le fait de travailler avec une agence, travailler avec des créatifs qui vont devoir traduire un peu ta vision et surtout garder cette identité et cette personnalité ? dans l'aménagement, dans le design du lieu, et de ne pas venir perturber l'ADN de ton adresse.
- Speaker #1
Tu le sais bien, quand on crée un hôtel, on le crée pour 20 ans. Et les gens qui travaillent autour de nous sont des prestataires, donc ils n'ont pas le même degré de risque et d'implication. Quand tu prends des zones horaires, tu n'es pas mouillé de la même manière que quand tu mets tes couilles sur la table avec... ton cash et ta dette derrière qui va tourner pendant 15 ans donc le projet il est complètement signé j'assume totalement que l'équipe de Saint-Lazare est une contribution énorme au projet mais le projet c'est le projet de William et moi, c'est tout
- Speaker #0
Et là tu nous parles d'un projet qui doit vivre et perdurer pendant une vingtaine d'années Merci. C'est quoi tes ingrédients pour faire en sorte qu'un lieu comme celui-ci puisse vivre plus longtemps, 5-6 ans et passer une hype et retomber complètement comme ça s'est monté et faire en sorte que tu passes minimum deux générations ?
- Speaker #1
Je serais ravi de te donner la clé du succès parce que j'ai... Je ne l'ai pas encore dans le sens où le barn a vu le jour en 2018. Et aujourd'hui, il a toujours beaucoup de succès, mais on est loin des 20 ans. Je dirais que pour moi, la clé, en tout cas, ce à quoi je m'accroche, c'est la créativité. C'est le fait de tous les jours, mais ça, j'insiste là-dessus, c'est à la fois hyper enthousiasmant et c'est ce qui t'épuise. C'est être créatif. C'est toujours remettre en cause tout, tout, tout, tout, tout. Et tout revoir à 360 degrés, à 720 degrés tous les jours en ayant un focus sur qu'est-ce que les gens veulent, tout simplement. Qu'est-ce que les gens attendent ? Et la technique, elle passe derrière. C'est-à-dire que moi, quand on me dit, oui, mais c'est compliqué d'envoyer ça en chambre aussi ou ce plat-là, c'est compliqué à produire en cuisine. le late checkout qu'on fait le dimanche c'est ingérable pour les femmes de chambre je m'en fous la technique doit servir le produit et pas l'inverse et est-ce que tu dirais que justement c'est les
- Speaker #0
antipodes de la standardisation qui font que une adresse peut vivre plus longtemps et perdurer dans le temps parce que justement tu passes plus de temps sur ce côté créatif et on évite de répondre simplement à des problématiques techniques. On essaie de sortir de ce schéma classique qu'on peut retrouver dans de l'hôtellerie.
- Speaker #1
Oui, c'est plus que ça. En fait, c'est ma valeur ajoutée. Il faut bien que je travaille avec mes forces. Ma valeur ajoutée, ce n'est pas la standardisation. Il y a des gens qui font ça très bien. On est même leader dans le monde avec une petite marque qui s'appelle Accor. Et je leur laisse cette idée de standardisation. Mais moi, la créativité, elle me permet justement de surprendre, d'avoir une sorte de contre-pied vis-à-vis de mes clients et à chaque fois de leur apporter quelque chose qui est différent. Hier, j'étais au Barne. Hier après-midi, j'ai des clients qui étaient en train de se balader avec un moyen format argentique. et je leur dis venez on a un labo photo
- Speaker #0
Il me dit, quoi, vous avez un labo photo ? Je lui dis, ouais, venez, il y a un labo photo. Et j'ai créé un labo photo la semaine dernière avec, j'ai toutes les chimies, les bacs, l'agrandisseur. Et j'ai créé ça en dix jours avec un des plus grands tireurs parisiens qui s'appelle Fred Goyo. On a créé le labo photo du Barne. Tu veux, ce genre de truc, les clients qui étaient là et qui se sont... qui shootaient en moyen format argentique et qui se retrouvent à développer leurs photos et à les tirer au barn à 8h du soir hier, ils ont halluciné. Et en fait, le truc, il est tout simple. C'est juste un peu d'huile de coude, de la créativité, aller sur le bon coin, trouver la grandisseur qu'il faut, être curieux et puis avancer. Alors je sais, j'imagine que mes concurrents, comme toutes les idées qu'on prend, nous les dupliquent. Ce qui est amusant, c'est que quand tu dupliques, c'est jamais mieux que l'original.
- Speaker #1
Ça, carrément, je te rejoins là-dessus.
- Speaker #0
Tous les trucs qu'on a mis en place, le fait qu'on ne fasse pas de check-out le dimanche soir, par exemple. C'est un truc, le dimanche soir, on dit à nos clients, vous restez autant que vous voulez, c'est hyper simple. Tous les hôtels du monde sont vides le dimanche soir et nous, on s'est dit, pourquoi foutre les gens à la porte le dimanche à 11h, soit disant, pour que les femmes de chambre fassent leur chambre. ça a été repris progressivement chez tous nos concurrents. Mais ce qui compte, alors c'est normal parce qu'ils sentent une tendance. Quand tu la crées un peu, forcément, c'est prétentieux de dire ça, mais je m'en fous. Quand tu crées des trucs un peu malins, c'est repris derrière. Ça, ce n'est pas fatigant. Ce qui est fatigant, c'est qu'il faut aller trouver l'autre idée derrière, encore et encore et encore. Parce que les idées, elles volent et puis il faut les attraper. elles volent et elles se font voler donc il faut les attraper et puis ensuite en trouver d'autres il faut renifler ça toute la journée
- Speaker #1
Et t'es comment toi du coup maintenant Edouard là dessus t'es quotidiennement au barn, tu partages ton temps t'as un bureau ailleurs, t'essaies de t'extraire au maximum du spot t'as un directeur comment s'est structurée un peu la partie opérationnelle de ton côté sur le barn
- Speaker #0
J'ai un directeur, un fabuleux directeur, mais je suis présent H24. Tu penses que c'est ça ? Oui.
- Speaker #1
Là, du coup, je mets l'accent sur un sujet que je traite régulièrement dans le podcast. Mais est-ce que tu penses que si Edouard n'était pas là quotidiennement, ça changerait quelque chose ? Est-ce que le Barne serait différent ?
- Speaker #0
Tu es salaud de me poser cette question parce que je vais forcément passer pour un…
- Speaker #1
Je sais bien,
- Speaker #0
c'est pas ça. Bien sûr que c'est ça. je vais te le dire avec mon coeur non ça n'a rien à voir si je ne suis pas là c'est à dire que ça va pendant un mois ça va être pareil et puis au fur et à mesure ça va se déliter c'est évident parce que c'est porté par les tripes ce genre de projet mais ce qu'il y a de très intéressant au barn c'est que le projet Aujourd'hui, il est en phase d'être... Enfin, il n'est pas en phase, progressivement, il est incarné par l'équipe et pas par moi. Et ça, c'est à la fois très tendre et une très belle satisfaction d'un point de vue entrepreneurial, parce que les gens qui travaillent au Barn sont le Barn et ils sont de plus en plus à même d'incarner ce lieu. Je vais pouvoir, je n'abandonnerai jamais des trucs comme ça parce que c'est trop sensible, mais plus ça va, plus ils sont capables de le faire parce que plus ils l'aiment et donc moi je vais être indispensable à l'opération. Je serai toujours là en empêcheur de tourner en rond d'un point de vue créatif, mais ils sont là, ils sont aux manettes. J'ai beaucoup de visages en tête quand je te dis ça. Et c'est des gens qui sont à la fois, c'est pas ma richesse, parce qu'ils ne m'appartiennent pas, mais la richesse du Barne, c'est les gens qui travaillent là-bas. D'ailleurs, il y a une phrase très jolie qui dit que les jardins appartiennent à leurs jardiniers. C'est vraiment ça. C'est pas au fil du temps, tu conçois un lieu et ensuite, il faut que tu fasses en sorte que ce soit les jardiniers de ton projet entrepreneurial qui... qui prennent les manettes et qui deviennent propriétaires du lieu.
- Speaker #1
Complètement, et je pense que c'était, dans ma question un peu provoque, c'était justement d'illustrer ta présence par le fait que... en capacité de passer quelque chose, passer des valeurs. Et je pense que tout est dans cet exercice-là, dans cette typologie de lieu. Si ce n'est pas toi, il faut à minima que ton équipe incarne ce que tu as initié pour que ça continue de fonctionner. Et même si l'intensité de la présence d'Edouard sera peut-être moins forte dans les années à venir, je pense que c'est des lieux qui ont besoin de ça. qui ont besoin de cette origine, qui ont besoin de ces gens qui ont créé le lieu pour continuer d'avoir cette âme et parce que c'est des lieux qui sont portés par une âme plus que par une standardisation comme tu le disais tout à l'heure et ça a son importance et plus ça va,
- Speaker #0
plus je réalise qu'il ne faut pas donner ça à un individu que ce soit un directeur une directrice je pense qu'il faut transférer ça et il faut essayer de diffuser ça le plus possible vis-à-vis de l'ensemble de tes collaborateurs Parce que c'est à eux tous que tu dois le succès d'un lieu. Ce n'est pas uniquement à la direction.
- Speaker #1
Et justement, c'est quoi la suite du barn ? Vous en êtes où actuellement ?
- Speaker #0
Là, la suite, c'est qu'on se développe fort et que d'ici 5 ans, il y en aura une dizaine.
- Speaker #1
Parce que là, vous en avez combien exactement aujourd'hui ? Il y a celui qu'on connaît, le premier, le flagship. Et deux autres terrains ?
- Speaker #0
Oui, là, on a trois terrains qui sont... qui sont acquis et sur lesquels on a déposé des termes et construits. Et donc, on a trois barnes qui vont voir le jour d'ici un an et demi.
- Speaker #1
Et pour développer ces nouvelles adresses, tu reprends... Tu as un process aujourd'hui que tu as extrait de cette première expérience avec le premier barn où tu reprends les mêmes équipes. Comment ça se passe ? Tu essaies de mutualiser des choses ?
- Speaker #0
Je reprends le même... process. Forcément, j'ai quelqu'un qui est au dev, j'ai un DAF que j'ai d'ailleurs piqué à mon banquier. Du coup, on s'est un peu étoffé. Mais aujourd'hui, on a gardé l'agilité. C'est un mot que les grosses boîtes adorent dire. Nous, on a vraiment une belle agilité et en même temps, on a étoffé notre équipe. Dans un sens, je réussis à prendre l'altitude nécessaire, l'altitude, ce n'est pas le bon mot, pardon, mais l'œil extérieur nécessaire pour toujours être sur le terrain et en même temps laisser travailler les gens qui sont avec moi et qui sont fabuleux. Quand je les vois dans le bureau, si tu veux, le premier barn, j'étais un peu tout seul quand même. Et là, quand je les vois dans le bureau autour de moi, je me dis, c'est un kiff. Ils sont tous meilleurs que moi dans tout le monde. Mais tous. Avant, je faisais des tableurs Excel. Il y avait toujours une coquille quelque part. Dans le dev, j'avais toujours des erreurs de ce que je faisais. Et là, j'ai des machines de guerre. Donc, c'est génial.
- Speaker #1
Je voulais te poser la question tout à l'heure, mais là, tu nous as expliqué que tu avais un DAF maintenant. Mais comment tu construis ? Tu vois les sujets de modèle quand tu vois une nouvelle acquisition, enfin quand tu as une nouvelle acquisition en tête, comment tu vas construire ton BP, c'est toi qui le fais ou aujourd'hui tu bosses avec tes conseils, ils te le créent, tu challenges ton Excel, comment tu fonctionnes ou c'est ton DAF qui fait tout et toi tu valides un peu les dernières lignes ou tu as le nez dedans encore ?
- Speaker #0
Le BP, c'est le directeur qui le fait avec le DAF. Je ne suis même pas là pour vérifier parce qu'ils le savent mieux que moi. Ils sont tous les indicateurs. Je passe très peu de temps dessus. Je demande aujourd'hui plus que je ne réalise sur ce type de support. Mais ça, c'est une chance que j'ai parce qu'on s'est donné les moyens aussi d'avoir une structure qui nous permette de déployer, de développer. en fonction de nos souhaits. Et ce qui a été très important pour moi, par exemple, pour parler du DAF, c'est de trouver quelqu'un à qui j'ai dit « Ok, tu vas travailler sur des prêts à des fonds d'investissement, tu vas passer ta journée à modéliser des TRI, des WAC, etc. Et en même temps, je veux que tu ailles une fois par semaine au Barn parler avec le chef de cuisine, la directrice hébergement, pour avoir un doigt sur la rentabilité de notre établissement au quotidien. Donc c'est ça la transversalité de Thibaut qui est notre DAF, qui est hyper intéressante, c'est qu'il est capable d'aller voir le chef et lui dire, attends, on va essayer de travailler mieux sur l'entrée avec peut-être un peu de moins de manutention, peut-être enlever un peu de noix de cajou et que le plat soit aussi bon parce que ce qui compte, encore une fois, c'est le client final et améliorer notre marge, notre rentabilité pour pouvoir mettre cette rentabilité. Quand tu fais de la rentabilité, tu crées forcément de la valeur, mais tu crées aussi une bulle d'air pour pouvoir aller être créatif. Parce que si je me paye mon labo photo, si le bar ne se paye son labo photo, c'est parce que notre coût marchandise est bien géré.
- Speaker #1
C'est une soupape que tu t'offres en fait.
- Speaker #0
Oui, ça permet d'avoir un air nécessaire à la créativité et du coup à prendre encore des longueurs d'avance sur notre concurrence.
- Speaker #1
Alors tu viens d'en partager un, mais tu vois, quels seraient les trois conseils que tu pourrais partager ou donner à quelqu'un qui veut se lancer dans l'hospitality ou qui a un projet de création de lieu, que ce soit un hôtel, une house ou un workspace ou un co-living, peu importe, mais un peu les trois tips communs à tout ça. Quand tu fais de l'accueil et que tu rassembles des gens.
- Speaker #0
Il y a un premier élément, c'est l'élément personnel. Quand tu fais ce métier, en tout cas, moi, je ne suis pas capable de dissocier ma vie perso de ma vie pro. Je ne peux pas confier le barn et venir une fois tous les mois savoir comment ça fonctionne. Ce n'est pas dans mon ADN. Et je pense que les projets hôteliers qui ont notamment une prépondérance... de restauration, il faut savoir que ça va être ta vie. Ça va être ta vie, ton quotidien. Et si tu ne le fais pas comme ça, tu vas devenir schizo. Parce que tu es tout le temps sollicité et parce que c'est un truc qui doit correspondre à ton rythme de vie. Le deuxième élément, c'est qu'une fois que tu t'es dit ça, il faut faire un projet qui te corresponde. qui correspondent à tes usages de vie et Et ensuite je dirais que ça c'est vraiment William qui me l'a appris c'est faire grand c'est pas plus compliqué que de faire petit c'est souvent plus simple d'ailleurs et puis tu m'en as demandé trois Non mais c'est faire grand dans l'hôtellerie la restauration c'est faire grand travailler sur le volume parce que c'est ça qui crée ton une fois que tu as fait ton volume que tu peux faire de la marge avant c'est donkey shot tu deviens fou donc faire du volume, faire un projet qui te correspond, savoir que tu vas y passer tes jours et tes nuits et que tu vas aimer ça et être créatif créatif, créatif, créatif créatif,
- Speaker #1
créatif si on parle un peu du côté perso dans tout ça parce que ça prend de la place de gérer un hôtel et des hôtels tes papas euh... Trois enfants. Comment tu gères un peu ça avec ta famille, justement, et comment tu les impliques un peu dans ce quotidien ? Parce que c'est un rythme de vie un peu particulier, l'hôtellerie. Et comment tu gères ça ? Tu les emmènes avec toi tous les week-ends ?
- Speaker #0
Non, je leur impose, mais c'est pas possible. Je leur impose et c'est pas facile. Et en même temps, il y a pire que d'avoir un papa qui a fait des barbes, tu vois. Entre les chevaux, les chiens, les vélos, les goûter à 4 heures, pas besoin de faire ton lit, c'est plutôt cool. Il y a comme tout, il y a des éléments qui sont... Il y a du plus et il y a du moins, mais c'est plutôt sympa pour eux. Je les implique pas parce que... S'ils ont envie de gagner de l'argent, ils bosseront au Barne pendant les week-ends pour se faire de l'argent de poche. Ça sera pratique. Mais une de mes plus grandes fiertés, c'est qu'ils soient hyper respectueux des gens qui sont là-bas et qu'ils ne fassent pas les petits lords de Fonte-le-Roi dans l'hôtel et qu'ils soient plutôt contributifs quand ils sont là-bas. C'est sympa.
- Speaker #1
On arrive au bout de... de cet épisode, mais avant de terminer, est-ce que tu voudrais nous partager un peu l'actu du barn sur les prochains lieux ? Tu vois les nouveautés, qu'est-ce qu'on va y retrouver ? Est-ce que tu as déjà des petites choses que tu peux nous partager ? Et je retrouverai un peu ce premier café qu'on a eu quand tu me parlais du premier barn, mais si tu as déjà quelques éléments à nous partager, ça pourrait être cool.
- Speaker #0
Il y a pas mal de nouveautés qui vont arriver dans les prochains barns. Il y a cette relation à la terre, à l'agriculture qui va être de plus en plus omniprésente dans nos hôtels. De la même manière que la cabane ou le petit lodge, c'est mignon, pour nous, mettre veau, vache, poule, cochon dans un lieu, c'est de la déco pour citadins. Et pour nous, le respect de la nature, ça passe avant tout par la fonction qu'on lui donne et la légitimité. Et du coup, on va déployer dans nos prochains barns, notamment notamment de l'élevage laitier, on est en train de créer une ferme d'une centaine de vaches, on va produire 400 000 litres de lait par an, on est en train de transformer tout un territoire qui était en grande culture céréalière avec beaucoup d'intrants dégueulasses pour le sol, en pâturage tournant bio, voilà donc on apporte encore. cette créativité, cette notion de fonctionnalité et cette relation à l'usage actuel dans l'ADN de nos prochains projets. Alors c'est un exemple parmi les trois prochains, mais ça va être fort en surprise et fort en différenciation sur le marché encore.
- Speaker #1
Et on parle de quelle région pour les prochains BARM ?
- Speaker #0
Pour l'instant, on est autour de Paris, à moins d'une heure de Paris, pour les trois prochains.
- Speaker #1
alors il n'y a pas d'obligation mais si on veut te contacter est-ce que tu peux nous partager tes coordonnées est-ce qu'on peut te contacter peut-être sur LinkedIn ou autre ouais on peut LinkedIn je suis hyper joignable,
- Speaker #0
j'ai pas un emploi du temps de ministre je travaille comme tout le monde beaucoup mais je prétends pas en faire plus que les autres on peut m'appeler, m'envoyer un petit mail je suis ravi de répondre et de partager En fait, j'aime bien qu'on m'appelle pour partager. J'adore parler de ce truc parce que c'est une vraie passion, ce que je fais. Je déteste, en revanche, tous ces blaireaux qui viennent voir le barn pour essayer de faire la même chose derrière et qui font des trucs lamentables. Ça, je dis à toi bien, mais ils se reconnaîtront. Mais en revanche... ma ligne de téléphone est ouverte et j'en parle et je souhaite à beaucoup de gens de faire ce genre de choses et d'avoir la chance d'être entouré de l'équipe que j'ai voilà.
- Speaker #1
Merci beaucoup Edouard en tout cas pour ce moment pour toutes ces infos partagées et c'était cool de revenir aussi sur l'histoire du Barne et toutes ces nouveautés qui arrivent je partagerai toutes les coordonnées et puis je te remercie je te dis à très bientôt à bientôt,
- Speaker #0
passe une bonne journée en Bretagne, t'as bien de la chance
- Speaker #1
On va en faire en Bretagne un jour. Ciao. Après, je te trouve le terrain. Merci beaucoup d'avoir écouté jusqu'au bout. N'hésitez pas à m'envoyer vos retours d'expérience. J'adore recevoir vos commentaires. Et si cet épisode vous a plu, n'oubliez pas de le partager autour de vous, de vous abonner sur votre plateforme préférée. Si vous avez un peu de temps devant vous, d'y laisser une note 5 étoiles et un petit commentaire, ça m'aidera à remonter dans les classements. No Small Plan s'est produit par The Crafted Hospitality Garage, une plateforme de professionnels dédiée à celles et ceux qui créent des lieux hors du commun. Un espace pour échanger, se former, partager et obtenir des réponses à ces questions. Vous pouvez retrouver la plateforme sur coastlinecreative.club Encore merci à vous et à mercredi prochain pour un nouvel épisode.