Speaker #0Hola hola, chers auditeurs et auditrices de l'Usobrib ! Bon, chose promise, chose due. Voici un petit épisode bonus sur ces films qui ont choisi le Portugal comme décor. Mais avant toute chose, comme en septembre dernier, je souhaitais dédier cet épisode aux pompiers et pompières du Portugal. Volontaires ou professionnels, habitants anonymes ou élus locaux, vous qui avez donné de vos forces et de vos ressources pour combattre le fléau des incendies, Obrigada ! Le Portugal, nous l'avons vu dans le douzième et dernier Lusobrib de cette saison, est un terreau fertile, plein à ras-bord de cinéastes de talent. Et au-delà de ces frontières, les artistes ont été nombreux à s'intéresser à cette lumière unique, à la diversité de ses paysages, à son architecture, à son peuple et à ses mystères. Quand je vous dis que nous allons voyager, je ne rigole pas. Du voisin espagnol à l'énergie lointaine de Bollywood, les cinémas du monde n'ont pas manqué de planter leurs trépieds dans le sol portugais. Nous ne pourrons pas tous les citer, mais laissez-moi vous guider dans quelques-unes de ces références. Deux films français pour commencer, y'a pas de raison. Et deux histoires d'amour-passion. Les Amants du Tage d'Henri Verneuil d'abord. Sorti en 1955, adaptation du roman de Joseph Kessel. Cette histoire d'amour tragique, empreinte de Saudade, a été tournée entre Lisbonne et Nazaré. Amelia Rodrigues y apparaît, jouant son propre rôle et ajoutant de sa magie à l'ambiance du film. La peau douce de Truffaut, ensuite, sorti presque dix ans plus tard. Lisbonne y est le théâtre d'une liaison entre un écrivain français engoncé dans ses conventions bourgeoises et une jeune hôtesse de l'air. Lisbonne, Théâtre de la seconde chance chez Verneuil, y est le lieu de l'illusion d'une parenthèse du quotidien. Une image de la ville comme un lieu de transit, où les hommes du monde pensent pouvoir échapper au carcan, mais se retrouvent rattrapés par la réalité, que l'on retrouve dans le film Affectionally Yours, en français, Ma femme se marie demain, de l'américain Lloyd Bacon, ou dans Dans la ville blanche, du Suisse à l'intaneur. Dans Les Nuits Fauves, film de 1992, Lisbonne devient le théâtre des errances amoureuses tragiques des années Sida. L'amour et le drame vont souvent main dans la main dans ce pays de mélancolie. Mais pause dans l'amour tragique, on change de registre. Connaissez-vous Estoril ? Petite ville de bord de mer, un tout petit peu au nord de Lisbonne. Sous ses airs de station balnéaire glamour, Cette ville était surtout devenue le cœur de l'espionnage lors de la Seconde Guerre mondiale. Le Portugal, resté neutre dans le conflit, ne se gardait pas de négocier avec le plus offrant, et cette zone grise donnait lieu aux aventures les plus rocambolesques. C'est dans le mythique hôtel Palacio qu'un certain Ian Fleming, journaliste et officier du renseignement naval britannique, a fait naître sous sa plume en 1953 le plus grand espion de fiction jamais vu. Le célèbre James Bond. Ce dernier aurait été inspiré par les mystérieux et élégants espions ayant séjourné dans cet établissement en même temps que Fleming. Rendant hommage à cette origine, le film 007 au service de sa majesté, sorti en 1969, place George Lazenby dans ce décor mythique, allant jusqu'à embaucher les employés de l'hôtel comme figurants. José Diogo, par exemple, qui n'avait que 18 ans lors du tournage du film, fait encore partie des équipes. De quoi légèrement frimer devant les nouveaux arrivés. On reste chez les héros de l'ombre, mais retour à la capitale maintenant. La Maison Russie, un film d'espionnage américain de 1990, adapté d'un roman de John le Carré. Un éditeur britannique, un brin alcoolique, en visite dans les foires du livre Moscovite, y fait la rencontre d'un physicien nucléaire à un brin dépressif, avant de partir traîner ses guêtres à Lisbonne. S'en suivra toute une aventure d'espionnage et de contre-espionnage par fin guerre froide, avec le Portugal comme horizon de paix. On y retrouve Sean Connery et Michel Pfeiffer, rien que ça. Et comme décor du Happy End à venir, impossible de faire moins que les balcons de l'Alfama surplombant le château Saint-Georges. Attention, après l'espionnage, on tombe dans le côté obscur du cinéma de genre. Petit moment interrosurprise ! Vous vous souvenez des lettres portugaises ? On en a parlé dans l'épisode 8, un texte aux origines mystérieuses daté de 1669 et reprenant 5 lettres d'une religieuse portugaise à un officier français. Et bien Jésus Franco, sulfureux cinéaste espagnol, en a fait en 1977 une adaptation très très très libre. L'anone est mi-prude, mi-sensuelle comme jamais, embarqué de force dans un couvent satanique où la luxure est partout façon passion BDSM. Côté décor, on est à Cachcaich, bord de mer au nord de Lisbonne toujours, au palais des contes de Cachetrugui Mareich. Jésus Franco tournera ensuite régulièrement au Portugal et notamment sur l'île de Madère. Retour à la capitale, mais on reste dans le cinéma de genre avec « Ces garçons qui venaient du Brésil » , un thriller de science-fiction de 1978 signé Franklin K. Scheffner, le réalisateur du premier Planète des singes. Cette adaptation du roman dira les vies par le complot nazi, espionnage, de nouveau, et clonage, et sera nominée pour trois Oscars. Elle a été en partie tournée dans un hôtel de charme sur l'Avenida de la Libertad à Lisbonne. Décidément, on reste dans le sulfureux. Allez, pour changer un peu, direction l'intérieur du pays maintenant, avec un film qui a remporté lors de sa sortie en 1992 l'Oscar du meilleur film étranger. Belle époque de Fernando Prueba. En 1931, un déserteur espagnol se réfugie dans une maison isolée. Les quatre filles du propriétaire, parmi lesquelles Penélope Cruz et Ariadna Jill, ont au fait de s'intéresser au jeune homme qui ne peut s'empêcher de tomber amoureuse de chacune d'entre elles. L'intrigue se déroule en Espagne, mais a été entièrement tournée dans la région d'Estremaus, d'où les remerciements adressés au Portugal par le réalisateur au moment de recevoir son Oscar. Retour sur la côte pour vous parler d'un des films les plus populaires parmi cette liste. La maison aux esprits de Bail Auguste, adapté du roman d'Isabelle Allende, sorti en 1993. Le film, qui se déroule au Chili, a en partie été tourné à Lisbonne, mais également dans l'Alentejo, plus au sud. Monte de Tres Maries s'est transformé le temps d'un film en ferme chilienne, terre de la famille Trueba. On parle là d'un sacré paquet de stars. Meryl Streep, Glenn Close, Antonio Banderas, Jeremy Irons... Un vrai coup de projecteur pour cette région. Le réalisateur reviendra au pays 20 ans plus tard, avec Train de nuit pour Lisbonne, un professeur obsédé par un livre sur la résistance, joué par Jérémy Ayrons, encore lui, s'y perd dans les rues de la capitale, de la gare Santa Apollonia à la jetée de Belém, courant à la poursuite du souvenir d'une jeune résistante, incarnée par Mélanie Laurent. On reste dans la capitale avec un film de l'allemand Wim Wenders, une déclaration d'amour, Lisbonne Story, sorti en 1994. Presque en écho de notre épisode précédent, il raconte l'histoire d'un ingénieur du son luttant pour terminer un film muet en noir et blanc dans la ville blanche, accompagné par la chanteuse Teresa. La BO du film est signée Madre de Ush, un groupe mythique dont fait partie Rodrigo Leão, un de mes artistes préférés du pays. Vanders avait déjà tourné plusieurs fois au Portugal, notamment à Sintra pour L'État des choses et à Lisbonne pour Jusqu'au bout du monde. John Malkovich aussi est tombé amoureux du Portugal. Acteur fétiche de Manuel de Oliveira, il était déjà bien connu du pays quand il choisit de réaliser son premier long-métrage en prenant Lisbonne, Porto et Aveiro comme décors. Dancer Upstairs, sorti en 2003, est une adaptation du roman du même nom de Nicolas Shakespeare. Une guérilla urbaine y est menée par Javier Barden et Laura Morente dans une ville anonyme d'Amérique du Sud, moins lointaine qu'il n'y paraît, donc. Autre apparition de Malkovich à Lisbonne, côté scène cette fois-ci, il incarne le plus grand séducteur de tous les temps dans « Les variations de Casanova » de Michael Sturminger en 2014. Pour accueillir ce film mêlant théâtre, opéra et cinéma, pas de meilleur décor que le Théâtre National Soin-Carloche. Portugal, pays caméléon. Dans « La Conjura de l'Escorial » d'Antonio del Real, Sagres, ville mythique de l'Algarve, joue la Flandre. en Belgique. Un choix de décor intéressant pour ce drame historique de 2008 mettant en scène les intrigues de la cour espagnole au XVIe siècle, époque où le Portugal et l'Espagne se trouvèrent brièvement réunis dans ce qu'on a appelé l'Union ibérique. Une période passionnante qui fera sûrement l'objet d'un épisode dans la saison à venir. Portugal, pays emprunt de magie aussi, et de légende. Dans House of the Dragons, la série préca la Game of Thrones, le mythique village de Monsanto devient Dragonstone, siège d'origine de la maison targaryenne. Dans La Demoiselle et le Dragon, une production Netflix de 2024, Millie Bobby Brown affronte une bête légendaire dans des décors mêlant le monastère de Batalia le couvent du Christ à Tomar, le village de Sortelje et les décors sauvages de Madère. Pour finir cette petite sélection, on demande du dépaysement et le retour de l'amour. Se faire choisir par Bollywood, ça, ça claque. La grande machine du cinéma indien adore le Portugal depuis que le réalisateur Imitya Zali y a filmé une comédie romantique comme Bollywood en a le secret. Lisbonne y est lumineuse, magique, vibrante. Dans Jab Ari Met Sejal, sorti en 2017, la superstar Ausha Rukh Khan incarne un guide touristique blasé en crise de la quarantaine qui va voir sa vie changée par la rencontre avec une fille joyeuse, mais perdue, incarnée par Anoushka Sharma. Bon, vous voilà déjà avec une belle watchlist ! Saurez-vous reconnaître les rues, les palais, les paysages ? Cette liste est non exhaustive. J'aurais pu vous parler du palais de Boussako. Accueillant un Staline en thérapie, des courses de voitures folles de Fast and Furious 10, de la Lisbonne fantasmée de Pauvres Créatures, ou de Sintra ouvrant la neuvième porte vers les enfers. Mais je vous laisse explorer ces films-là de votre côté. Un peu de mystère, ça ne peut pas faire de mal. Si vous voulez découvrir encore plus de films rendant hommage à Lisbonne, je vous invite à écouter l'épisode 4 du podcast Les Villes au cinéma de FIP. Merci d'avoir suivi cette saison à mes côtés, et à bientôt !