- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans ce quatorzième épisode de Lyric Hunter, le podcast qui explore les paroles des chansons anglaises, mais en français. Moi c'est Micha, 50% français, 50% suisse, 100% guitariste amateur. Et ici, dans Lyric Hunter, on inspecte, on épluche, on décortique les paroles des tubes anglophones dans la langue de Mylène Farmer ou de Christine and the Queens... Euh, pardon, Redcar... Non, c'est pas ça non plus... Chris... Non, dans la langue de Mylène Farmer ou de Rahim C. Redcar. C'est selon.
- Speaker #1
précédemment dans l'Iran.
- Speaker #0
Dans l'épisode 13, on se penchait sur Sweet Dreams de Eurythmics et on concluait que le bonheur, c'est un concept très personnel et que même noyé tout au fond de la dépression, l'esprit humain a cette admirable capacité de produire des éclairs de génie. Alors, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c'est qu'on attaque un nouvel épisode de l'Eric Hunter. La mauvaise, c'est que si vous pensiez trouver dans l'épisode du jour de la légèreté, du bien-être ou de la joie de vivre, vous risquez d'être un poil déçu. Avant d'aller plus loin, je dois encore sortir la carte « Petit avertissement » pour celles et ceux qui voudraient écouter l'épisode avec leurs enfants. Aujourd'hui, on va parler de... et aussi de... ou encore de... Donc, mes petits canards, vous pouvez retourner jouer avec vos Beyblades, vous reviendrez dans quelques années. L'épisode restera bien au chaud et sera toujours là quand la barbe vous poussera au menton. On va parler de Hardshape Box du groupe Nirvana qui est, il faut bien le dire, un client parfait pour un podcast comme Lyric Hunter où on préfère justement les chansons au sens caché. Parce que des fois il y a des paroles... Ou ben ma foi, il n'y a pas grand chose de plus... plus à dire. Côté sens caché, avec Heart Shaped Box, le moins qu'on puisse dire c'est que j'ai été servi. J'ai lu les paroles une fois, j'ai rien compris. J'ai relu les paroles deux fois, je comprenais toujours rien. Et là, je commençais à sentir la confiance en moi se fissurer, à tel point que j'en parlais à ma psy. Cette chanson, je n'y comprends rien. Rien, vous entendez ça, aucun sens. Des boîtes, des poissons, du goudron. Moi j'essaie de faire un podcast de qualité, qu'est-ce que je vais leur dire aux gens, moi ?
- Speaker #2
Allez, allez, calmez-vous, respirez profondément. Vous n'avez rien compris ? Mais c'est complètement ok, vous avez le droit. Allez à votre rythme. Allez, prenez ce mouchoir et on fait l'éléphant, ok ? Oui.
- Speaker #0
Du coup, j'ai cherché sur internet pour en apprendre plus. Et là encore, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise nouvelle, c'est qu'on ne saura jamais ce que Kurt Cobain a voulu dire exactement. La bonne est que vous quitterez cet épisode en ayant quand même une meilleure compréhension de la chanson. chanson. Je sais, dit comme ça, c'est franchement contradictoire, mais quoi qu'il en soit, on reprend du début. Comme je suis un peu voyant, je pense que vous qui m'écoutez devez avoir entre 30 et et 55 ans, et qu'a priori, j'ai pas vraiment besoin de vous expliquer ce que représente Nirvana pour le rock. Cela étant dit, j'en parlais à ma progéniture qui a passé glorieusement le cap des 18 ans, et pour qui Nirvana et Kurt Cobain, c'est un peu flou. Tout ça pour dire qu'il faut toujours garder à l'esprit que ce qui est évident pour les uns ne l'est pas forcément pour les autres. Du coup, je vais faire une présentation en mode Nirvana expliqué en moins d'une minute. On y va ? A la fin des années 80, le rock'n'roll c'était des gros riffs de gitounes, des solos de foufou, ou les gratteux jouaient à qui est la plus grosse technique. Des brushings avec beaucoup de lac et de shampoing adoucissant. et plus généralement une attitude assez viriliste. Le grunge, lui, apparaît du côté de Seattle et grosso modo, l'idée c'est de garder le gros son mais de prendre le contre-pied d'à peu près tout le reste. Exit les solos à 200 km heure, les bouteilles de shampoing et les pantalons enchaînés. en spandex. Le grunge se veut authentique et sans artifice. Et côté thématique, on parle plus de mal-être que de conquête féminine. Au milieu de tout ça, un groupe va tout faire exploser, Nirvana. Kurt Cobain, Chris Novoselic et Dave Grohl deviennent le visage d'un mouvement grâce à l'album Nevermind et surtout la chanson Smells Like Teen Spirit. En quelques mois, Nirvana passe des des clubs de Seattle au sommet des ventes. Le grunge n'est plus un mouvement underground, il devient la bande-son d'une génération. Ça, c'était pour le contexte. Je reviens rapidement sur l'album Nevermind. Ça va nous aider à comprendre le cheminement du groupe vers leur troisième album, In Utero, où se trouve la chanson du jour. Les chiffres de vente de Nevermind sont tout simplement sidérants. Et ce coup-ci, j'ai trouvé un truc pour éviter l'énumération de chiffres que je redoute à chaque épisode, comme les collégiens redoutent le gratin de chou-fleur de la cantoche du vendredi. En décembre 1991, le numéro 1 des ventes, c'était lui. Un mois plus tard, en janvier 1992 donc, c'est Nirvana qui monte sur la plus haute marge du podium. Et en fin d'année, ils sont littéralement le groupe le plus écouté au monde. Avec 8 à 9 millions d'exemplaires vendus dans l'année 92, vous pouvez imaginer sans problème que les finances étaient au beau fixe, et que s'ils avaient voulu enregistrer leur prochain album dans un jet privé avec des guitares en or, en se faisant masser avec de l'huile Chanel à la vanille entre deux prises, et engager le Philharmonic de Berlin pour ajouter quelques nappes de cordes, ils auraient pu le faire sans problème. Mais ça aurait été mal connaître le groupe si atelier. Même si Nevermind a eu un succès monumental qui aurait donné le sourire à n'importe quel musicien, le moins qu'on puisse dire, c'est que la production de l'album leur a laissé un goût amer dans la bouche. Pendant que l'album s'arrachait par millions, voilà ce que disait Kurt Cobain en interview. Quand j'y repense, la production de Nevermind m'embarrasse aujourd'hui. C'est plus proche d'un de Motley Crue que d'un album de... Si vous n'êtes pas familier de l'esthétique de Motley Crue, c'est typiquement le genre de groupe dont le grunge entendait se distancer le plus possible. Dans la bouche de Kurt Cobain, sonner comme Motley Crue, c'est une véritable insulte. Donc, comme on disait plus tôt, le grunge en général et Nirvana en particulier se veulent authentiques et sans artifices. Les sons doivent être bruts et peu retravaillés. En gros, plus ça sonne comme un enregistrement à l'arrache dans un garage, mieux c'est. Donc, pour leur troisième album, les Nirvana entendent retrouver un son crasse-pouilleux en renouant avec les fondamentaux du genre. Et c'est assez logiquement qu'ils font appel à Jack Andino qui avait produit leur premier album Bleach. Je vous passe un extrait de la chanson Floyd the Barber et vous allez vite comprendre ce que je voulais dire par son crasse-pouilleux. Ils enregistrent quelques démos mais le projet ne va pas plus loin. Que ben... jet alors son dévolu sur Steve Albini qui était notoirement réputé pour avoir produit l'album Surfer Rosa des Pixies. Et aussi pour avoir une philosophie de travail bien à lui. Philosophie qu'il leur a détaillée dans une lettre de 4 pages dont on va se lire un extrait pour voir le genre d'oiseau qu'était Steve Albini. La plupart des producteurs considèrent un disque comme un projet. Ils veulent contrôler chaque son. Si le groupe doit être bousculé au passage, peu importe. Tant que le projet satisfait celui qui commande. Ma philosophie, c'est exactement l'inverse. J'aime laisser une place aux accidents et au chaos. Faire un disque parfaitement lisse où chaque note est parfaite. et chaque coup de grosse caisse identique, c'est pas un exploit. N'importe quel idiot ayant suffisamment de temps et d'argent peut y arriver. Pour moi, 99% d'un disque doit être obtenu dès la prise de son. Le remix est fait pour les incapables qui ne savent ni accorder une batterie, ni placer un micro. Je ne veux aucun pourcentage sur les ventes du disque, aucun. Je trouve immoral qu'un producteur ou un ingénieur touche les royalties. C'est le groupe qui écrit les chansons, c'est le groupe qui joue la musique, Ce sont les femmes du groupe qui achètent les disques, les royalties doivent donc revenir au groupe. Je préfère être payé comme un plombier. Je crois que ma phrase préférée est dans le post-scriptum. Si un disque met plus d'une semaine à être enregistré, c'est que quelqu'un a fait une connerie. Donc, en février 1993, tout le monde se met en route pour le Pachyderm Studio situé dans le fin fond du Minnesota. Le Minnesota en février, c'est plutôt le genre... Température moyenne, moins 12 degrés. Météo rafraîchissante, donc Chris Novoselic dira « On était totalement isolés. Pendant deux semaines, on a vécu dans une maison perdue au milieu de nulle part, comme dans un goulag. Il neigeait sans arrêt, impossible de se débrouiller. » de sortir. Du coup, il n'y avait qu'une seule chose à faire, enregistrer le disque. Conformément aux souhaits d'Albini, l'album est enregistré en six jours et la location du studio n'aura coûté que 50 000 euros quand son illustre prédécesseur en aura coûté le triple. Pour ce qui est du son brut et sans concession, le résultat est au rendez-vous. On retrouve sur Inutero des livraisons fréquentes. Franchement abrasif comme Saint-Las-Apprentices, Milk It, ou encore Tourette. Et même si ce n'est pas le sujet du jour, je peux pas vous dire pas m'empêcher de faire un rapprochement que je n'aurais jamais cru possible. Je vais te parler un tout petit peu de la chanson « Frances Farmer will have her revenge on Seattle » . Francis Farmer était une actrice hollywoodienne connue pour son caractère rebelle. Après une série de crises mineures et d'arrestations pour conduite en état d'ébriété, sa propre famille l'a fait interner de force dans un asile psychiatrique où elle subit des traitements brutaux à base d'électrochocs. Dans cette chanson, son, Cobain fait un parallèle entre lui et l'actrice, critiquant l'industrie musicale qui veut le faire passer pour un fou, tout en essayant de le détruire. Comme il l'avait fait avec l'actrice 50 ans plus tôt. Et donc, je reviens au rapprochement improbable que je ne m'attendais pas à faire en début d'épisode. Mylène Farmer.
- Speaker #1
Je, je suis libertine.
- Speaker #0
Notre Mylène nationale doit son nom à Frances Farmer. Étonnant nom. En 1984, Laurent Boutonnat et Jérôme Dahan organisent un casting pour trouver l'interprète de leur chanson « Maman a tort » , inspirée donc de l'avis de Frances Farmer. La jeune Mylène Gauthier se présente et tape dans l'œil de Laurent Boutenat qui dira « Ça a été elle tout de suite. On aurait juré qu'elle sortait de l'hôpital avec ses cheveux longs et son attitude à la limite de la psychose. » Mylène Farmer était née. Mais revenons à nos moutons. C'est le moment de faire une transition habile comme le ninja se faufile sur les toits tokyoïtes un soir de pleine lune. Et de nous pencher un peu plus sur le cas de ce bon vieux Kurt Cobain. Essayer de résumer Kurt Cobain sans faire trop long ou dire de bêtises, C'EST IMPOSSIBLE ! Du coup, j'ai décidé de partir d'une interview de Cobain accordée le 10 août 93. Donc, un peu moins d'un an avant qu'il ne décide de mettre fin à ses jours à l'âge de 27 ans. Je vous conseille vivement ce visionnage tout au long duquel on voit Kurt Cobain, plutôt détendu, enchaîner cigarette sur cigarette et parler de sa vie. Il y explique entre autres sa fascination pour le parfum, le livre de Patrick Zuzkind, qui lui a inspiré la chanson The Scentless Apprentice. Il raconte aussi sa passion pour l'anatomie en expliquant les nombreuses références au bébé et au fœtus qu'on retrouve sur la pochette de l'album In Utero, dans l'utérus donc. Quand la journaliste l'interroge sur son engagement contre le sexisme, il répond C'est pour ça que j'ai écrit Rate Me de manière aussi directe. J'en avais assez que les gens ne comprennent pas le message de chansons comme About a Girl ou Polly. Je voulais que cette fois, personne ne puisse interpréter les paroles autrement que comme une dénonciation du viol. et de la violence sexuelle. Nous soutenons aussi des causes comme les droits des personnes LGBT, ou les victimes de la guerre en Bosnie. Chose intéressante à noter, en fin d'interview, alors qu'il est interrogé sur l'avenir de Nirvana, il explique que l'album In Utero est probablement le dernier chapitre de leur période grunge à trois accords et qu'il voudrait faire plus d'expérimentation par la suite. Et justement, en parlant d'expérimentation, on arrive à une figure centrale dans la vie artistique de Kurt Cobain, William S. Burroughs. Alors... Prenez une petite barre de céréales, un café bien serré, parce qu'on va parler de beatniks, de cut-up, de néo-dadaïsme et de narrateurs non fiables. Et bien pour vous expliquer que si beaucoup de textes de Cobain sont assez cryptiques, voire carrément incroyables, incompréhensible au premier abord, c'est qu'il y a une bonne raison et que l'influence de William S. Burroughs y est pour beaucoup. Burroughs était un auteur phare de la Beat Generation, aux côtés de Alan Ginsberg et Jack Kerouac, dont on a parlé dans l'épisode consacré à Jim Morrison. Alors, les beatniks et la Beat Generation, c'est un mouvement né dans les années 60. C'était un mouvement qui prenait le refus du consumérisme, un style de vie marginal, l'amour de la poésie et du jazz. Burroughs est connu pour ses romans qui mélangent drogue, homosexualité et anticipation. Il a aussi pas mal expérimenté une technique littéraire en particulier, appelée le cut-up, le découper en version française. Comment expliquer le cut-up ? Vous prenez un ou plusieurs textes de l'origine de votre choix et vous faites
- Speaker #1
Coupé, pas décalé Décalé Coupé, décalé Décalé Coupé, pas décalé
- Speaker #0
Voilà, je pense que vous commencez à voir la lumière, mais vu que Lyric Hunter est un podcast à gros budget, voici une petite mise en application du principe de cut-up. Des nuages noirs qui viennent du nord, je me lève et je te bouscule. Autour des lacs, tu ne te réveilles pas. C'est pour les vivants, comme d'habitude. Terre brûlée, ma main caresse tes cheveux, tes landes de pierre. Sur toi, je remonte, je te vois. monte le drap, un peu d'enfer. J'ai peur que tu aies froid, presque malgré moi. Comme d'habitude, la terre, les lacs, les rivières, tu me tournes le dos. C'est le décor du Connemara. Voilà, voilà. Et donc le cut-up se rapproche du néo-déjeuner. au dadaïsme dans sa volonté d'explorer les limites du langage dont Burroughs dira qu'il est comme un virus. Dit comme ça, c'est un peu fort de café. Mais si on se dit que le langage avec sa grammaire, ses règles et la connotation culturelle qu'il porte est comme une forme de limitation à une expression libre, alors oui, l'idée de vouloir déconstruire le cadre rigide pour exprimer autre chose a une sorte de sens. Et j'en profite pour vous passer un extrait des mégapneumes qui n'est pas... pas un nom de garage à Sartrouville, mais une œuvre expérimentale de Gilles-Joseph Wallman. Vous allez voir, c'est aussi intriguant que dérangeant, mais je sais qu'il vous en faut plus pour vous choquer, n'est-ce pas ? Je sais, je sais, c'est assez perturbant tout ça, mais j'ai pas terminé. Allez, un dernier détour par le narrateur non fiable et promis, on revient à Kurt Cobain. Le narrateur non fiable est un procédé littéraire et cinématographique où la personne qui est racontent l'histoire ne transmet pas une vision objective, exacte ou complète des événements. Le lecteur ou le spectateur doit apprendre à douter de sa parole et à lire entre les lignes pour reconstituer la réalité. En gros, des films comme Fight Club, Usual Suspect ou Six sixième sens, exploite parfaitement le principe de narrateur peu fiable. J'en dis pas plus au risque de vous spoiler. Et j'en profite pour adresser un message personnel. A toi, oui toi pourriture communiste qui m'a spoilé la fin de Usual Suspect que je n'avais pas vue. Je sais que tu m'écoutes. Je sais où tu habites. Je vous chercherai. Je vous trouverai. Et je vous tuerai. Bref, à ce stade, vous devez vous demander pourquoi je vous raconte tout ça en supposant qu'il doit y avoir un lien avec Kurt Cobain. Et vous avez raison. En fait, notre ami Cobain s'inscrit complètement dans la continuité du travail de Burroughs en utilisant la technologie de la technologie. du cut-up et la voix du narrateur non fiable. D'ailleurs, les deux hommes enregistreront ensemble « The Priest They Called Him » qui est une courte histoire lue par Burroughs avec un fond sonore joué à la guitare par Cobain. Bon, on ne va pas se mentir, c'est un peu dur sur l'homme. Mais il fallait bien ça pour illustrer l'admiration de Cobain pour son aïeul beatnik. Donc c'est le moment de revenir à Cobain lui-même. Au cours de plusieurs interviews, il dira La plupart de mes paroles n'ont pas de lien entre elles parce que j'ai pris des vers issus de plein de poèmes différents que j'avais écrits et je les ai assemblés. J'aime simplement les mots qui riment ou qui sonnent bien ensemble quand je les chante. La musique vient à 90% en premier. Je compose la musique, puis je marmonne des sons en anglais qui collent au rythme. Et enfin, j'écris des mots qui s'adaptent à ces sons. Les gens accordent tellement d'importance au sens des paroles que pour moi, elles ne sont là que pour porter la voix. Mais, mais, mais, mais, mais, je vous vois venir. Il ne faut pas confondre travail littéraire expérimental et fainéantise. Même si l'ami Cobain allait piocher un peu au hasard dans ses cahiers personnels pour assembler ses textes, ça ne veut pas dire pour autant qu'il faisait ça à l'arrache. Loin s'en faut. Dans sa biographie consacrée à Nirvana, comme As You Are, Michael Azerad explique comment Cobain travaillait ses textes. Kurt concevait ses paroles comme un puzzle. Il piochait des verres dans ses carnets au hasard, mais il passait ensuite un temps considérable à les couper, à les intervertir, modifier la longueur, pour que chaque syllabe frappe exactement sur le bon temps de la batterie ou du riff. Le sens s'effaçait derrière l'obsession de la métrique. Charles R. Cross, qui a écrit la biographie de référence sur Kurt Cobain, écrira quant à lui « Dans ses carnets, on découvre des dizaines de versions de la même chanson. Kurt pouvait reprendre une phrase trouvée par hasard des mois plus tôt, puis la réécrire 15 fois en changeant juste un mot ou une consonne, cherchant désespérément la sonorité exacte qui s'adapterait à sa ligne de chant. Ce n'était pas de l'écriture automatique improvisée, c'était de la sculpture sonore. » Et maintenant qu'on sait tout ça, c'est enfin le moment de nous pencher sur les paroles de Hardship Box. On va d'abord écouter les paroles chrétiennes. senté par Kurt Cobain en personne. Après, on traduit et on explique. D'ailleurs, je vous invite à faire attention aux voix harmonisées qui ont été ajoutées après l'enregistrement, contre l'avis de Steve Albini, mais qui ajoutent un vrai plus à la chanson. On y va ? Elle me regarde comme un poisson quand je suis faible. Le premier truc qui frappe l'oreille, c'est l'assonance en I. On revient sur ce qu'on disait plus tôt. Même si les mots sont porteurs de sens, dans le cas de Nirvana, ils sont aussi choisis pour leur sonorité. Là, du coup, Cobain a décidé d'attaquer avec une répétition du son I pour un effet esthétique. Après, pour le sens, il y a un personnage féminin, She, qui le regarde comme un poisson. L'explication la plus généralement admise est qu'il est question de Courtney Love et de lui-même. Cobain était du signe astrologique du poisson. Et a priori, dans le ménage Courtney Love Kurt Cobain, Madame était plutôt du genre caractère explosif et extraverti, là où Monsieur était plutôt calme et introverti. D'ailleurs, on retrouvera la référence au poisson sous la plume de Cobain dans la lettre d'adieu retrouvée à côté de son corps sans vie. Voilà un extrait. Il y a du bon en chacun de nous. Et je crois que, tout simplement, j'aime trop les gens. Tellement que ça finit par me rendre putain de triste. Le petit homme triste, sensible, ingrat, poisson. Jésus, pourquoi est-ce que tu n'arrives pas simplement à en profiter ? Je ne sais pas. Chez Cobain, être poisson semble donc faire partie de la manière dont il se représente lui-même et notamment de la manière dont il pense sa propre vulnérabilité. Je suis enfermé dans ta boîte en forme de cœur depuis des semaines. La fameuse « heart-shaped box » ou « boîte en forme de cœur » . Alors ce nom vient probablement d'un cadeau qu'a fait Courtney Love à Cobain au début de leur relation. C'était une boîte en forme de cœur donc, avec des petits objets hétéroclites. On parle de petites babioles en plastique, une tête de poupée, enfin vous voyez le genre. Et visiblement, ce n'était pas un geste isolé, puisqu'ils ont continué à s'offrir des boîtes du même genre par la suite. Pour le côté moins mignon, on rappellera que le titre originel de la chanson, c'était Heart Shaped Coffin. Cercueil en forme de cœur en VF. Du coup, c'est beaucoup moins kawaii et ça explique la présence du verbe enfermer. La boîte n'est pas un contenant anodin, mais plutôt un symbole d'enfermement. On ne sait pas pourquoi il a changé le mot cercueil par boîte, mais je suis prêt à parier 50 centimes sur le fait que ça sonnait mieux. Heart-shaped box au lieu de heart-shaped coffin. Perso, je trouve que ça sonne mieux et j'ose supposer que c'est un peu la raison qui a amené Cobain à faire ce choix. Et autre information pas kawaii du tout, il se pourrait bien que la Heart-Shaped Box soit une référence directe à la... de Courtney Love. Et ça c'est pas moi qui le dit, c'est elle. En effet, en juillet 2012, Lana Del Rey, qu'on a traité il y a trois épisodes, décidément le monde est petit, en 2012 donc, Lana Del Rey reprend Heart-Shaped Box live. Dans la foulée, Courtney Love se fend d'un tweet assez croustillant. Tu sais que la chanson parle de mon vagin, n'est-ce pas ? Lance-moi ton noeud coulant ombilical pour que je puisse remonter. En plus de ça, une partie des paroles sur mon vagin, c'est moi qui les ai écrites. Alors, la prochaine fois que tu la chantes, pense à mon vagin, d'accord ? Bah, merci Courtenay, c'est un éclairage qu'on n'attendait pas forcément, mais bon. Elle s'est ravisée en supprimant le tweet dans la foulée, mais c'était déjà trop tard. On ne sait pas si elle l'a supprimé pour le fond ou pour la forme. En tout cas, ça permet de remettre une pièce sur la théorie qui voudrait que Hardship Box parle effectivement de sa... J'ai été attiré dans ton piège magnétique de goudron. Là encore, on retrouve un petit jeu phonétique avec « tar, pit, trap » , avec une allitération en « t » et un petit effet de miroir avec « tar » et « trap » qui sont assez ressemblants et le pit qui vient faire le lien entre les deux. Côté idées, Cobain en rajoute une couche sur l'idée d'enfermement. Maintenant, il nous explique comment il s'est retrouvé dans la boîte. Il a été attiré dans un piège. Il empile trois images. En premier, le magnète, quelque chose l'attire vers elle presque malgré lui. En deuxième, Tar Pit, la fosse de goudron, dans laquelle il s'enfonce et dont il devient de plus en plus difficile de sortir. Et en troisième, Trapp, qui ne laisse plus beaucoup de doute. Donc on a une progression, elle m'attire, je m'enfonce, je suis piégé. Si la boîte représente leur relation, on comprend maintenant que c'est une relation vécue à la fois comme extrêmement attirante, mais aussi impossible. Le truc qui l'attire est aussi exactement le truc qui le piège. Il y a peut-être aussi un autre double sens dans Tar. La Black Tar héroïne est une forme d'héroïne noire particulièrement collante. Et Cobain était consommateur d'héroïne. Alors ça donnerait une deuxième lecture. Le piège dont il parle pourrait être aussi bien celui de sa relation avec Courtenay que celui de sa dépendance. J'aimerais pouvoir manger ton cancer quand tu deviens noir. Là, on entre dans le mélange assez typique de Cobain qui oscille entre amour et image de maladie. Eat your cancer donne l'impression qu'il voudrait pouvoir prendre en lui ce qui détruit l'autre. Cobain Cobain expliquera à Michael Hazerad que l'idée de base de Heart-Shaped Box lui était venue en regardant des documentaires sur des enfants atteints de cancer et que cela avait bouleversé. Du coup, les deux lectures peuvent très bien se superposer. Cobain récupère une image, le cancer, qui provoque une image de l'enfant atteint de cancer. provoque chez lui une réaction émotionnelle très forte, et il l'utilise pour parler de courtenay. Le cancer devient alors tout ce qui l'arronge, sa souffrance, sa colère, ses addictions, son côté autodestructeur, et lui, il aimerait pouvoir absorber tout ça à sa place. D'ailleurs, Michael Cross, dont on parlait plus tôt, dira que selon lui, ce vers est probablement la manière la plus tordue qu'un auteur-compositeur ait jamais trouvé dans l'histoire de la pop pour dire « je t'aime » . Encore une fois, on ne peut pas affirmer de manière certaine que ce vers parle de Courtney Love spécifiquement. Mais il faut mentionner que notre bonne amie Courtney est du signe du cancer. Donc, on peut remettre une pièce sur l'idée que la chanson lui est partiellement dédiée.
- Speaker #3
Forever in debt to your price as advised Hey ! Wait ! I got a new complaint Forever in debt to your price as advised Hé !
- Speaker #0
Attends ! J'ai un nouveau reprise proche, éternellement redevable pour tes précieux conseils. Dans le refrain, le ton devient plus sarcastique, I got a new complain, c'est en gros, attends, j'ai encore un truc à te reprocher, et ça enchaîne avec, forever in debt to your priceless advice. Il y a un petit jeu de mots autour de l'argent. In debt signifie être endetté ou redevable envers quelqu'un, alors que priceless signifie qui n'a pas de prix, donc inestimable. En gros, merci pour tes merveilleux conseils, je t'en serai éternellement reconnaissant. Sauf qu'évidemment, il faut comprendre exactement l'inverse. Et là, on a une illustration parfaite de... Apparemment, c'était un truc courant chez Cobain. Larry Smith, son oncle par alliance, raconte que Kurt utilisait justement cette formule pour faire enrager une de ses tantes pendant leur dispute. Ce serait donc une expression qu'il utilisait réellement dans la vie. Courtney Love a récemment affirmé que le verre visait Kim Gordon de Sonic Youth, donc Kurt aurait mal pris certains jugements. Venant de Courtney, c'est toujours compliqué de savoir si c'est du lard ou du cochon, mais bon. I Got A New Complaint peut être aussi une référence à sa propre image publique, celle du rocker devenu millionnaire qui continue pourtant de se plaindre de la célébrité, de la presse et de l'industrie musicale. En gros, Cobain prend les devants et joue lui-même avec la caricature. Oui, voilà, Kurt Cobain a encore un truc à reprocher. Du coup, le refrain dépasse probablement la seule relation avec Courtenay. Il peut s'adresser plus largement à tous ceux qui, depuis le succès de Nevermind, ont soudainement un avis sur ce que Kurt Cobain devrait faire ou devenir. Il leur répond en gros, « Oui, oui, merci pour vos précieux conseils, mais ça va aller. » Les orchidées carnivores ne pardonnent encore à personne. Niveau sonorité, on retrouve encore un jeu de répétition avec le son I très marqué dans Meat Eating Orchid. Les deux mots s'enchaînent presque l'un dans l'autre et font écho au WIC et WIX du début de la chanson. Pour l'image, j'ai bien peur qu'encore une fois il soit question de... L'orchidée a une symbolique sexuelle assez ancienne qui ne date d'ailleurs pas de Cobain. Chez Proust, par exemple, faire Catleia, Catleia qui est le nom d'une orchidée, était une façon de dire coucher ensemble. Et il y a peut-être une connexion beaucoup plus personnelle. Kurt et Courtney se sont mariés à Hawaii en 1992, et si on regarde les images de leur mariage, on peut voir des orchidées. Les Meats Eating Orchids peuvent donc évoquer une féminité à la fois attirante et dangereuse. Et si l'orchidée renvoie effectivement à Courtney et à leur mariage, la fleur devient littéralement carnivore donc. On retombe sur le principe de Magnet Tar Pit Trap, c'est ce qui attire Cobain et aussi ce qui risque de le bouffer. J'ai mis mon peau sur l'angelaire et bébé. Je me suis coupé avec des cheveux d'ange et du souffle de bébé. Encore une fois, Cobain prend des images extrêmement douces et les transforme en quelque chose qui fait mal. Des cheveux d'ange ou le souffle d'un bébé, c'est pas le genre de truc avec lesquels on pense se blesser. Notez que Baby's Breath, c'est aussi le nom anglais de la gypsophile, une petite fleur blanche qu'on retrouve notamment dans les bouquets de mariés. Après les orchidées, on reste donc dans le vocabulaire floral, avec toujours cette opposition entre le beau et le dangereux, et propagandiste. Probablement encore une allusion à sa vie de couple. On peut aussi penser à sa fille Frances Bean, née en août 92. Rien ne prouve que Cobain parle directement d'elle, mais avec Baby's Breath, puis les références au corps et au cordon ombilical qui arrivent derrière, le double sens est vachement tentant. Imen déchiré de votre Altesse, moi j'en ressors noir. Bon, là, ni... Niveau subtilité, on repassera. Broken Human renvoie directement à la perte de virginité à laquelle Cobain colle un trait pompeux, votre Altesse. Ça place encore une fois la femme au-dessus de lui. Elle est son Altesse, pendant que lui finit Left Black, marqué ou sali par la relation. On retrouve le black du premier couplet, sauf que cette fois, les rôles semblent presque s'inverser. Avant, c'était elle qui devenait noire, et lui qui voulait absorber son mal. Maintenant, après cette image sexuelle, c'est lui qui se retrouve black. Comme si ce qu'il a rongé avait fini par passer chez lui. Jette-moi ton nœud coulant ombilical pour que je puisse remonter. Encore une association de mots complètement improbables. Le cordon ombilical est ce qui relie la mère à l'enfant et le maintient en vie, le nouze. Au contraire, c'est le nœud coulant, quelque chose qui étrangle et peut tuer. Le même lien est donc à la fois vital et mortel. Et surtout, Cobain demande qu'on lui lance ce cordon pour pouvoir remonter immédiatement. Mais remonter où ? Si on suit l'image jusqu'au bout, vers la mère, voire carrément vers l'utérus. Après Baby's Breath, l'imagerie de la naissance revient sur le tapis. Ça colle aussi avec le reste de la chanson. Il sait que cette relation l'enferme et l'étouffe, mais il demande quand même à y retourner. Le lien qui l'étrangle est aussi celui auquel il se raccroche pour remonter. Et avec Frances, qui vient de naître, l'image du cordon ombilical a évidemment une forte résonance. Même si, encore une fois, rien n'oblige à y voir une référence directe à elle. Bon, à partir de là, on repart sur le refrain qui débouche sur un court solo de guitare à la mode de Nirvana, c'est-à-dire court et mélodique. Solo dont on peut se féliciter que c'est pas la version enregistrée avec Albini qui a terminé sur la galette. La version de l'album... Et la version d'Albini. Quoi, des fois, un peu de travail en post-prod, c'est quand même pas mal. La chanson se termine par le premier couplet suivi du refrain. Ce qui veut dire qu'on a fait le tour des paroles de Heartshake Box et qu'il est temps pour nous de conclure. Donc, qu'est-ce qu'on peut retenir de tout ça ? Avec Nevermind, Nirvana avait littéralement donné une nouvelle orientation au rock en proposant une autre façon de vivre le gros son et en offrant une autre expression de la sensibilité. Alors qu'ils auraient pu céder à la facilité en essayant de faire un Nevermind n°2, en utilisant les mêmes formules et vendre des wagons de disques, ils sont revenus aux fondamentaux du genre avec un son brut, en refusant tout choix consensuel qui aurait été à l'encontre de leur intégrité artistique. Heart-shaped box, c'est un peu l'illustration du style d'écriture de Cobain dans toute sa splendeur. La chanson ne propose pas une narration linéaire et cohérente, mais plutôt un univers de références poétiques qui servent à passer une émotion plutôt qu'un message explicite. Dans Heart-shaped box, Kurt Cobain utilise encore la technique du cut-up héritée de William S. Burroughs avec un niveau de maîtrise particulièrement avancé. On y retrouve un grand nombre de références qui décrivent un état émotionnel. C'est un peu comme s'il avait coupé des images d'une même couleur dans un magazine pour essayer de faire un camailleux. Hardshape Box, c'est beau, sensuel, noir, morbide et floral à la fois. Il y a dans ce morceau quelque chose de profondément poétique, attirant et vénéneux. Un peu à l'image du piège qu'on décrivait en début d'analyse. La chanson nous attire... On s'enfonce dans sa sombre sensualité et finalement, elle nous tient prisonniers dans son piège. Les mots en eux-mêmes ne veulent rien dire, mais ils font apparaître des images dans notre tête qui finissent par dessiner un tableau émotionnel. Du coup, on en revient à ce qu'on disait au début. Est-ce qu'on peut dire avec certitude que Hardshape Box parle d'un sujet en particulier ? La réponse honnête, c'est non. Ceci étant dit, je vais humblement donner mon avis sur la question et je vous laisserai vous faire votre avis par vous-même. Je crois que la chanson parle beaucoup de la relation de couple Courtney Love-Curt Cobain, parce qu'on a pas mal d'allusions dans la chanson qui permettent de le penser. On a aussi deux biographes qui vont dans ce sens en disant notamment que c'est probablement la manière la plus tordue qu'un auteur-compositeur ait jamais trouvé dans l'histoire de la pop pour dire « je t'aime » . On a aussi Courtney Love en personne qui dit que la chanson parle d'elle et de... Naturalibus Un petit peu d'alpinisme Sur son monde Vénus Bref, beaucoup d'éléments qui pointent dans la même direction. Quoi qu'il en soit, on est arrivé à la fin de la conclusion. C'est dire si on est à un stade avancé de l'épisode. J'adorerais avoir votre avis sur cette analyse de Hardshapebox. Vous pouvez m'écrire à delirichunter.gmail.com ou sur Instagram. Mon petit nom c'est podcastmusiqueparole. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager autour de vous ou à laisser un like ou plein d'étoiles sur votre site de streaming préféré. Chaque partage m'aide vraiment à toucher plus de monde et ça me motive à continuer pour faire d'autres épisodes. Avant de vous laisser, je vous ai préparé une petite rubrique pour finir sur une note sucrée. Le bon, la brute et le truand. Où je vais vous proposer trois versions de Heart Shaped Box. Le bon, une version magnifiée de l'original. La brute, une revisite osée ou décalée. Le truand, ça c'est mon petit penchant pour les versions déviantes, malfagotées, feignante ou carrément crapuleuse. Bon allez on commence par le truand avec une petite frappe venue de Jamaïque. Autant la dernière fois on avait un truand issu du grand banditisme qui méritait 20 ans ferme dans un QHS avec Ministry et son infâme reprise de Sweet Dreams, autant ce coup-ci on parle d'un petit malfaiteur de seconde zone qui mérite à peine un froncement de sourcils et une petite tape sur la fesse. Little Roy est sa version reggae. C'est plutôt inoffensif mais mais on sent que ça a été fait à l'économie. Cette musique-là en particulier supporte pas très bien l'adaptation dans le style reggae. Et puis bon, les choristes qui répètent le dernier mot de chaque vers, c'est quand même qui tchouille comme on n'en peut plus. Pour la brute, on va s'écouter un petit extrait de la version du groupe de soul-funk américain Conbrio. Leur version a cette qualité d'apporter un peu de groove dans un morceau qui n'en a pas forcément beaucoup au départ. Alors, vous pourrez objecter qu'ils en mettent un peu partout et que c'est pas très grunge tout ça, et vous aurez raison. Mais, je vous demande de me croire sur parole quand je dis que les reprises de Hardshapebox se divisent en trois grandes familles. Les versions rock fidèles, les versions orchestrales surproduites, Et enfin les versions instrumentales ou intimistes mollasson. Du coup, j'étais assez content de trouver ce petit vent de fraîcheur offert par Conbrio. Et enfin le bon, qui va être un bon un peu particulier. Parce que c'est pas forcément une version coup de cœur. J'ai choisi cette reprise du groupe Valley of Wolves parce qu'il a le mérite de mettre en avant la qualité d'écriture du groupe Nirvana. Si Kurt Cobain était un poète dans le monde de l'art, dans ce que le nom a de plus noble, c'était aussi un sacré compositeur. Alors même si Cobain aurait probablement roté du sang à l'écoute de cette version, je me permets de la glisser dans votre conduit auditif, avec votre consentement bien sûr, pour montrer à quel point son écriture s'est alliée plage mélodique et coup de poing rythmique, tout en offrant une alternance de tension et de relâche. Partager cette version, c'est peut-être une façon d'imaginer quelle autre musique incroyable il aurait pu écrire s'il n'avait pas écourté sa vie prématurément. Bref, c'était Lyric Hunter épisode 14 consacré à Hardshape Box de Nirvana. Je vous remercie de m'avoir écouté et je vous dis à très bientôt pour l'épisode 15. Maintenant, je vous laisse avec Valley of Wolves.