- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans ma pause diète, le podcast où on donne la parole aux diètes. Je m'appelle Alessia, je suis diète en devenir et je travaille chez Mon Suivi Diète, un logiciel pour les diètes. Chaque mois, je pars à la rencontre de diététiciennes et diététiciens. passionnés par leur métier pour nous raconter leur histoire et nous partager leur anecdote, conseils, difficultés, réussites, questionnements et expériences. Diète en libéral, en hôpital, en clinique, en visio, à temps plein, chacun de mes invités partage aussi sa vision de la diète, ses observations, ses coups de gueule, ses épreuves et la réalité du métier. J'espère que ce podcast vous plaira et je vous souhaite une bonne écoute.
- Speaker #1
Vous devez patienter, on s'y trouve à sa belle.
- Speaker #0
C'est moi !
- Speaker #1
Vous pouvez entrer.
- Speaker #0
Quel étage ? Parce que... Il y a un ascenseur pour chaque étage ! Ah oui, on le repère, il repère. D'accord, ok. Cette fois-ci,
- Speaker #1
c'est... Oui !
- Speaker #0
Mais attends, je ne savais pas qu'il y avait un ascenseur. C'est trop drôle, c'est beau, c'est lumineux. Il fait chaud, j'ai le vent. Je suis arrivée, il y avait tellement de vent, c'était atroce. Il y a du vent quand même quand on fait un rêve en bain.
- Speaker #1
Parce que là, ici, c'est le point où je suis sortie de la maison. Je me dis, pourquoi on met une baisse ? Parce qu'il fait froid dehors. Il ne fait pas 27 tout le temps.
- Speaker #0
C'est beau.
- Speaker #1
À nous, c'est votre crèche. J'adore. ils n'ont pas été faits mais tu vois d'avoir cette ville là mais je me dis c'est chouette ici on a le feu d'artifice tu vois par exemple pour décembre il est tiré de l'église là-bas c'est le but du bon père de l'église Saint-Joseph je sais pas si tu connais de nom non je connais bien ta ville hein je suis une fan c'est le pont marseillais justement c'est un peu le pont marseillais partout j'arrive ici tu vois t'as quand même des tables de Marseille il y a des tables de Marseille de Béthia c'est la Marseille Marseille, en fait, c'est un retour aux sources. C'est une copine qui est dans les expressions marseillaises. Ça, c'est que des livres sur Marseille, en fait, aussi. Ouais, il y a la vue sur la bonne mer.
- Speaker #0
Sur la quoi ?
- Speaker #1
Moi, ma bonne mère, en fait, quand je viens à Marseille, quand je suis allée dans le Nord, la première chose que j'allais faire, c'était d'aller faire une prière à la bonne mer.
- Speaker #0
Bon, je crois que vous l'aurez compris, mon invitée du jour est une pure marseillaise et le revendique haut et fort. Elle m'a reçu dans son appartement chaleureux et lumineux. remplie d'objets évoquant la culture marseillaise dont elle en connaît un rayon. Elle connaît toutes les expressions marseillaises, sa manière de parler se lie à son caractère, dynamique, spontanée, amoureuse de la vie et fédératrice. C'est d'ailleurs ce qui l'a amené à créer il y a 8 ans sa propre association, la Sliv de l'eau, qui comptabilise aujourd'hui 5000 adhérents ainsi que sa chaîne YouTube suivie par 4000 personnes au travers de laquelle elle a pu échanger sur son ancienne situation d'obésité morbide. C'est dans cette atmosphère que mon invitée à l'accent chantant et accompagnée des rayons du soleil, qu'elle nous raconte son parcours. De son opération, en passant par son ancienne carrière dans le marketing, à sa reconversion en diététique. Et l'affirmation de soi, dont elle a dû faire preuve, pour être reconnue en tant que diète, malgré son statut d'ancienne obèse. Je vous présente donc mon invitée du VLOW, Laurence Desbolders. Bon,
- Speaker #1
t'es prête ? Ah bon ? Ouais, ouais. Ça va,
- Speaker #0
moi je l'ai de cette façon-là. Ah !
- Speaker #1
Ah, tu veux du naturel ?
- Speaker #0
Le plus possible.
- Speaker #1
Ok, tu couperas en montage. Oui,
- Speaker #0
je couperai,
- Speaker #1
ne comprenez pas.
- Speaker #0
Bon alors, du coup, Laurence, merci de me recevoir chez toi.
- Speaker #1
Vraiment. Avec plaisir.
- Speaker #0
Pour ouvrir ton petit chez-moi qui est vraiment super joli. Est-ce que dans un premier temps, tu peux un petit peu te présenter, nous raconter aussi ton parcours qui est quand même un petit peu...
- Speaker #1
C'est bien, c'est que tu rigoles en pensant à mon parcours. Oh là là, mon parcours, tu veux ma vie, mon oeuvre. Alors, comment te faire un parcours ? J'ai 46 ans, je suis marseillaise. J'ai été pendant 20 ans dans le marketing web. Après, j'ai eu plein de parcours hyper passionnants, dans des boîtes fabuleuses dans le nord de la France. Je suis revenue, parce que je suis marseillaise, je suis revenue chez moi au bout de 15 ans. Et j'ai baldingué, c'est bien le mot, dans des petites entreprises marseillaises. Et je ne m'y suis pas retrouvée. Je n'ai pas retrouvé la passion que je pouvais avoir au quotidien. Je n'ai pas eu la même passion que dans les boîtes que j'ai pu avoir. parcourir pendant les 15 premières années quand j'étais dans le Nord, et est arrivé le Covid. Et donc pendant le Covid, je me suis dit, il y a plein d'autres choses, même personnelles, qui me sont arrivées, c'est que moi je suis une personne, je vais le faire dans l'autre sens aussi, je suis une personne qui au départ était en obésité morbide, ça il faut quand même le noter parce que ça fait partie de mon parcours aussi, et j'ai été opérée en 2014 d'une slive qui m'a fait perdre au plus bas 70 kg, et j'ai repris 10 kg, mais c'était la suite logique de cette opération. Donc c'était pour la petite anecdote entre deux donc il y a eu le Covid et pendant le Covid j'ai eu le temps de me poser j'étais dans une entreprise catastrophique où je ne on n'était pas en fait en phase en fait avec les valeurs que je pouvais en fait porter et donc j'ai eu l'opportunité de me faire virer très sympathiquement au revoir Laurence donc je me suis dit bon on veut plus de toi qu'est ce que tu fais et ben voilà et c'est en fait.
- Speaker #0
Et dans cette période-là, tu en étais où par rapport à ton poids ? Tu avais déjà fait ta... Oui,
- Speaker #1
oui, oui, j'avais fait... Oui, parce que c'était... Alors, donc, le Covid, c'était 2020. Je me suis fait opérer en 2014. D'accord, oui. Donc, j'avais perdu tout mon poids. J'étais là-dedans. Et j'étais très baignée, en fait, par l'alimentation. Je n'arrêtais pas d'en parler. J'étais saoulante, en fait, même au niveau du boulot. Je travaillais dans des... La dernière boîte, entre guillemets, était dans l'agroalimentaire. Donc, j'étais dans mon truc. Ça, c'était plutôt chouette. J'étais passionnée de sport. Donc ça aussi, je suis connue pour être au quotidien un peu saoulante sur l'activité sportive parce que j'ai besoin, en fait, c'est un réel besoin, c'est-à-dire que je ne fais pas ça du tout pour maigrir, ce n'est pas du tout l'objectif, je fais ça pour moi parce que j'en ai besoin pour mon bien-être et que j'ai dû remplacer une addiction qui était mon addiction avec l'alimentation contre une autre addiction. Alors je ne devrais pas dire ça parce que ça a une connotation négative d'être addict à quelque chose. Mais toutes les... L'équipe pluridisciplinaire qui m'a entourée m'a dit « Aucun problème, ton addiction n'est pas non plus si excessive que ça, et elle te fait du bien, donc continue, tu as raison. » Donc j'étais connue pour être très aficionados du sport, de l'activité sportive, de la nutrition. J'ai même, pendant le confinement, je ne l'ai pas passé, mais j'ai suivi le CAP pâtisserie, parce que je me suis dit « Ah, la pâtisserie ! » Donc j'ai fait un CAP pâtisserie. Mais le but, ce n'était pas d'être pâtissière. C'est ce que je disais quand j'ai demandé ma formation. J'ai dit, attention, calmez-vous, je ne vais pas ouvrir une boulangerie. Ce n'est pas du tout mon truc. C'est que j'adore le truc et j'aimerais m'y connaître techniquement. Donc, j'ai commencé à faire plein de gâteaux, de machins, les techniques. Au niveau ATA, en BTS, j'étais au taquet. Ce n'était pas du tout la même chose. Mais du coup, j'avais un petit peu vu certaines recettes. Et donc est arrivé ce fameux licenciement. Je me suis dit, bon, Laurence, tu fais quoi ? Parce que maintenant, tu es licenciée. entre deux ça s'est passé avec plein d'étapes Et je me disais, et si je faisais le métier que j'aimerais faire depuis tellement longtemps ? Et je ne voulais pas vraiment me l'autoriser, parce que c'était très bizarre. J'avais peur qu'on dise, mais comment c'est possible qu'une nana qui était en obésité morbide puisse avoir l'autorisation un jour d'être diététicienne ?
- Speaker #0
C'est le syndrome de l'imposteur et c'est un peu aussi ce qu'on entend souvent. On dit souvent, par exemple, les coachs sportifs, s'ils n'ont pas l'image d'un coach sportif, c'est du coup, ils sont... Ça les décrédibilise, alors que je pense que ce n'est pas valable.
- Speaker #1
Ça peut s'entendre parce qu'on se dit, la personne qui ne connaît pas mon histoire, elle peut arriver dans mon cabinet en disant, la nana est quand même en surpoids, elle va me donner des conseils sur la nutrition, mais qui est-elle pour me donner des conseils sur la nutrition ? Et en fait, j'ai quand même énormément de personnes qui viennent en consultation, qui me connaissent et qui savent mon parcours et qui veulent être accompagnées par moi parce que je vais les comprendre aussi. Et c'est un gros plus parce qu'elles savent qu'elles ne vont pas être jugées sur des comportements, sur des attitudes, sur des envies et sur un sentiment en fait aussi. Et donc aujourd'hui, je suis beaucoup plus à l'aise avec cette légitimité. Mais ceux qui ne me connaissent pas, j'explique rapidement quand même en fait en intro mon histoire, pas pour prouver mais pour expliquer un petit peu d'où je viens en fait. Et parfois, j'ai eu une personne en fait la semaine dernière qui m'a dit « Waouh, votre histoire, elle est sympa. » Ça me donne de l'espoir. C'était une personne qui était à 140 kilos et qui, pour lui, allait toute sa vie à 140 kilos. Et je lui ai dit qu'il n'était pas obligé non plus de passer par une chirurgie, même si ça paraît bizarre. Mais dans son cas, à lui, il faisait 1m95. Ce n'est pas la même chose que moi avec 1m71. Et donc, voilà. T'es beaucoup plus détendu sur le sujet parce qu'il s'est dit, tiens, une personne qui est passée par le sentiment que je peux avoir.
- Speaker #0
Et je suppose que avant de faire en plus ta sleeve, c'est ça que t'as fait, t'es passée par plein de régimes, je suppose aussi.
- Speaker #1
Oh, je les connais tous. Tous les régimes, en fait. C'est pour ça que c'est assez drôle quand on m'en parle d'un. Tu dis, oui, oui, vous connaissez ça ? Ah, t'as été chez Wet'suature ? C'est génial. Et en plus, je connais les bons côtés, en fait, de certains régimes et les mauvais. Donc je souris selon le régime qu'on me... On va aborder ensemble et je pense les avoir tous faits. Parce qu'on a un peu cet espoir de se dire, et si ça marchait sûrement ? On parle des compléments alimentaires, combien il y en a sur les réseaux ? Je vais te faire gagner de l'argent, tu vas prendre des poudres, puis à la fin tu vas perdre 10 kilos en trois semaines. Alors oui, j'ai envie d'y croire aussi. Oui ! C'est sympa de croire à ça et tout. Donc j'ai l'est. Donc, je les ai testés. Donc, oui, tu perds. Et puis, après, tu reprends le 12 et le 13. Et donc, c'est pour ça, c'est plus facile pour moi, en fait, d'aborder le sujet, en fait.
- Speaker #0
Avec quel sujet ? Peut-être de... Oui, vraiment d'avoir cette connexion et cette facilité à échanger avec eux.
- Speaker #1
Et de dire que c'est pas grave d'avoir tenté. Et moi, je peux pas, en fait, leur mettre un coup sur la tête parce qu'elles ont eu l'espoir. On a le droit d'avoir l'espoir, de se dire et si ça marchait sur moi, quand même, c'est... Donc je ne peux pas leur en vouloir, leur dire juste, bon ben... C'est bien, en fait, t'as testé, tu t'es rendu compte que ça ne fonctionne pas. Est-ce que tu sais pourquoi la plupart du temps, elles ne savent pas ? Elles me disent « je ne comprends pas, ça marchait bien sur moi » . Mais non, ça ne marche pas, en fait. 95% des régimes ne fonctionnent pas.
- Speaker #0
Mais du coup, pour revenir à ce déclic que tu as eu quand tu t'es dit « je démissionne » , et c'était quoi ce déclic de te dire « là, ouais, en fait, diète, ouais, c'est bon, c'est ça » .
- Speaker #1
Je ne sais pas. Je n'ai pas eu un moment en me disant… Parce que moi, je suis animée par le doute. je peux se dire tout le temps en fait, je suis en train de me dire et je suis sûre de faire ça. Tu es sûre que tu vas faire ça ? Parce que là, tu es partie sur trois ans quand même. Donc, quand je me suis dit ça, je me suis dit, attention, le salaire va être divisé. Déjà qu'il était divisé par je ne sais pas combien quand je suis arrivée du nord vers le sud. Là, tu ne vas toucher que le chômage. Déjà, j'avais la chance d'avoir le chômage pour ma formation. Est-ce que tu es sûre de ton coût ? Est-ce que tu vas être légitime ? Et alors, peut-être, ce qui m'a donné envie et qui m'a poussée vers le fait de faire, c'est qu'on n'arrêtait pas de me le demander. C'est-à-dire que depuis, j'ai créé une chaîne sur YouTube quand je me suis fait opérer, un peu comme un journal intime où je racontais ma life toutes les semaines. Il s'est passé ça, etc. Et les gens, ils se sont pris un peu au jeu. J'ai une toute petite communauté. Franchement, elle est ridicule par rapport à une communauté de plein de YouTubers ou d'Instagramers. Par contre, c'est les mêmes depuis 9 ans. Ceux qui étaient là au départ sont toujours là aujourd'hui. Et donc, ils me connaissent. Et il y en a beaucoup qui me disaient « Mais Laurence, est-ce que je peux être accompagnée par toi ? Parce que j'aime ton énergie, j'ai envie que tu m'accompagnes. » Je dis « Mais non, c'est interdit par la loi, je ne peux pas t'accompagner dans ton rééquilibrage alimentaire ou dans ton coaching, je ne peux pas le faire. » Et je me suis dit « Mais si je pouvais avoir une légitimité, un petit bout de papier qui me permettrait de le faire ? Parce que finalement, on me le demande. » Donc je me suis dit « Bon, mais tonton, j'ai des gens qui me demandent, donc peut-être qu'il y aura des personnes. » Après, j'ai eu le doute en me disant, attention, aujourd'hui, ils ont eu du contenu gratuit parce que je me donne un petit peu comme ça sur les réseaux gratuitement, avec mon asso aussi gratuitement en bénévolat depuis l'association. Je l'ai créé en 2016. Oui,
- Speaker #0
d'accord. Ah non, parce que du coup, moi, je ne savais même pas que tu avais créé ta chaîne YouTube après ta slive.
- Speaker #1
Oui, en 2014. D'accord.
- Speaker #0
Et ensuite, tu as fait...
- Speaker #1
J'ai créé une asso parce que je me suis dit que j'avais besoin d'une entité juridique pour pouvoir aller dans les colloques sur l'obésité. pour pouvoir être auprès d'une équipe médicale potentielle, pour aller à l'hôpital témoigner, et pour pouvoir rassembler d'autres personnes. Donc du coup, c'est comme ça qu'on a fait une petite communauté sur Marseille. Les gens qui me connaissaient, on se rassemblait, on faisait par exemple des courses pour faire du sport, on faisait des randonnées, on se retrouvait pour en parler. C'était du bénévolat, c'était une association de personnes qui a été opérée. Le but, c'était vraiment de... d'avoir une entité juridique. D'accord. Et on m'avait dit, on n'est pas loin quand même du conseil. Je dis, c'est là la limite. C'est qu'aujourd'hui, je ne suis qu'une patiente experte, on va dire, et je ne suis pas un professionnel de santé. Donc il me faut... Tu parles ?
- Speaker #0
T'inquiète pas, je fais un petit coup que j'étais dans mon assaut. Tu étais dans ton assaut.
- Speaker #1
Comme quoi, oui, je l'ai créé et que... Oui. Et que je m'étais dit, en fait, que potentiellement, puisque les gens veulent me payer pour avoir une consultation, autant avoir, je ne me sentais pas déjà légitime parce que je n'avais pas les diplômes. Et je ne me sentais pas légitime, en fait, parce que je n'avais pas des diplômes et que c'était interdit. Et parce qu'il manquait des connaissances, surtout. J'avais juste mon petit côté à moi. Il fallait que je me sorte de mon espérance que personnelle et que je puisse avoir quelque chose de plus large et m'élargir à d'autres. pathologie j'avais en tête en fait la volonté de me spécialiser sur le diabète parce que j'ai toute une famille paternelle en fait qui est diabétique donc on a tous une petite histoire quand même surtout souvent avec une vie je ne suis pas diabétique j'ai la chance en fait de ne pas l'être oui c'est à surveiller parce que par la force des choses en fait il ya aussi une partie en fait un peu génétique qui fait que je vais surveiller ce truc là et donc je me suis intéressé en fait à des pathologies forcément l'obésité tout le suivi en fait préop et postop hop ! Et voilà. Donc,
- Speaker #0
c'est pour ça que c'est... Et en combien de temps tu l'as passé, le BTS ?
- Speaker #1
Alors, je me suis décidée... Parce qu'il a fallu du temps, en fait. Je me suis fait licencier au mois de novembre. Je me suis décidée, en fait, au mois de décembre. Et au mois de janvier, je me suis fait opérer du bodylift. Bodylift, en fait, c'est l'abdomioplastie. On t'enlève, en fait, la peau qui est devant. Et le bodylift, c'est derrière, en fait. On te remonte un peu les fesses. C'est pour t'imaginer. Je ne sais pas si tu vois cette opération, c'est une des opérations les plus dangereuses au monde en chirurgie plastique. Donc j'ai été opérée 5 heures d'opération. C'est une grosse, grosse opération. Où là, du coup, je ne pouvais plus faire de sport pendant deux mois, c'était interdit. J'en ai pleuré avec le chirurgien. Il me dit, mais vous vous rendez compte que vous pleurez parce que vous n'allez pas faire de sport ? J'ai dit, oui, mais j'ai peur en fait. J'ai tellement peur. Tu avais peur de quoi ? J'avais peur de me dire « mais qu'est-ce que je vais faire quand je ne vais pas faire de sport ? » Qu'est-ce qui va faire que je... L'énergie, où est-ce que je vais la mettre ?
- Speaker #0
Et tu l'as mise où ?
- Speaker #1
J'ai marché, comme une folle. D'accord. Comme une tarée. Il m'a dit, il faut que c'est calmé dans la marche. Je vous avais dit que vous ne pouvez pas courir, mais il ne faut pas trop marcher non plus. Et oui, si, en fait, j'ai lu. Donc j'ai marché, j'ai été doucement quand même. J'étais comme un petit robot au départ et tout. Et donc je me suis faupée au mois de janvier. Et en fait, finalement, mon BTS réellement, même si j'avais vu un petit bout de la mise à niveau, Je l'ai commencé au mois de mars.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
De mars. Et je l'ai eu, en fait, l'année d'après, en fait, au mois d'octobre. J'ai mis un an et demi.
- Speaker #0
Mais du coup, tu ne l'as pas eu en deux ans. Parce que normalement, c'est deux ans que BTS.
- Speaker #1
Ben, c'est ça. En fait, au lieu de commencer en septembre, j'ai commencé en mars.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ce qui était inscrit au mois de décembre parce qu'il fallait des dates un petit peu légales. Mais je l'ai commencé, en fait, en mars. J'ai fait ce que je pouvais tant bien que mal de mars en fait jusqu'à la fin de l'année où j'ai validé ma première année quand même Je suis passée en deuxième année. Dans cette deuxième année, il y avait en début d'année et en fin de première année un stage en restauration collective que j'ai validé. Et après, je me suis dit, je suis débordée. J'étais complètement... Pas en burn-out, mais j'étais... Qu'est-ce que je vais faire ? Il y a trop d'infos. Je ne vais pas réussir à le faire en deux ans, je vais le faire en trois ans. Donc je me suis dit, on passe tout. J'ai un peu bataillé avec le rectorat en disant, je passe tout, mais je suis en progressif. Il me dit, mais ça n'existe pas. Je me mets quand même en progressif, mais c'était pour une sorte de note. il y a eu un petit micmac. Il y a un petit vide juridique sur la forme progressive et tout ça. Donc, je me suis mis en progressif et je me suis dit, je passe toutes les matières. Et on verra bien ce que je vais obtenir.
- Speaker #0
Qu'est-ce que c'est progressif pour toi ?
- Speaker #1
C'est une forme de passage. C'est-à-dire que si, par exemple, tu imagines, j'avais eu 8 en biochimie et que je n'avais pas eu mon examen. Si j'estime que le 8 était le maximum que je pouvais avoir en biochimie, je gardais cette note. En forme progressive, tu peux le faire. En forme globale, tu ne peux pas faire. Tu es obligée de valider ta note au-dessus de 10. Oui. Donc je voulais absolument être en progressif. Parce que dans ma tête, je ne valais pas plus que 8 en biochimie.
- Speaker #0
Alors que tu as eu ?
- Speaker #1
Moins. Mais attends, tu ne m'as pas dit ça, la biologie ! Pour la biochimie, si. C'est sur base physiopathe où j'ai eu 10. En fait, j'ai été étudiée. Mais si, pour la biochimie, j'ai eu moins. Je n'ose même pas dire la note. C'est une catastrophe. J'ai eu moins en biochimie.
- Speaker #0
Mais tu ne m'as pas dit 19, un truc comme ça ?
- Speaker #1
Mais non ! En biochimie, tu rigoles ! Mais non, jamais de la vie j'aurais pu te dire un truc comme ça. Tu m'as confondue. Tu as confondu avec une autre matière en fait. Non, non, non, en anglais oui j'ai eu 18,5, en études de cas en fait j'ai eu une bonne note aussi, en mémoire en fait j'ai eu une super note, j'ai eu 17 donc oui. Après tu sais,
- Speaker #0
pour moi ça représente rien les notes que tu as vraiment...
- Speaker #1
Si, mais si, si, pour moi c'était très problématique d'avoir cette note en fait un peu naze en fait en biochimie. Et c'est pour ça que je veux continuer en fait, parce que c'est quand même des compétences clés comme dans la...
- Speaker #0
Oui, c'est des compétences clés, mais ça revient à ce que je te disais avant le podcast. En deux ans, tu ne peux pas emmagasiner autant d'études comme ça. C'est pour ça que j'ai beaucoup de diètes avec lesquelles je discute qui me disent qu'il y en a plein. Je les ai même vues pendant certains stages. Elles revoient certaines pathologies avant. Et puis après, c'est nous, en tant que professionnels de santé, de se dire, ça, je maîtrise moins bien, je vais revoir comme tu as fait.
- Speaker #1
C'est ce que je fais au quotidien. C'est-à-dire qu'à chaque fois que je sais que j'ai un truc que je ne maîtrise pas... Après, aujourd'hui, j'ai beaucoup de pathologies qui sont... que j'arrive à maîtriser, mais je suis quand même de temps en temps obligée de repartir dans certains cours. Mais ce n'est pas grave. Ce n'est pas grave. Ce n'est pas grave. Mais voilà, dans ma tête, je passais l'examen. Et puis je m'étais dit, dans le sens où la biochimie, je vais la passer, la base physiopathe, je vais la repasser. Je savais qu'il y avait ces deux matières-là que j'allais repasser. Et après, on verra. Je mettrai le temps qu'il faudra. Mais il ne fallait pas que ce soit au-dessus de trois ans. parce qu'au-dessus de 3 ans, ça commençait à sentir... même au niveau personnel. Donc voilà et en fait j'ai passé l'examen donc une partie au mois de juin où ça a été catastrophique où il s'est passé plein de choses presque à chaque épreuve je sortais soit en larmes soit hystérique puis à la fin il se passait quelque chose c'était vraiment que des épreuves trop émotives pour moi c'était trop en fait à chaque fois c'était trop je me dis mais je vais jamais m'en sortir de cet examen donc juin j'ai passé des examens et septembre j'ai J'ai passé l'oral avec le mémoire. Et puis octobre, les résultats et grosse surprise, j'ai eu une hystérie totale. C'est pas possible, j'ai mon examen. J'étais en train de hurler, enfin je hurlais toute seule en fait avec ma feuille que je recevais, ma feuille avec les résultats en fait sur l'ordi en fait que je regardais. Mon fils arrive de l'école, il a cru que sa grand-mère était décédée tellement je pleurais fort. Il m'a dit qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qui se passe ? J'ai eu mes examens. Il dit mais c'est pas grave, c'est génial. Mais j'étais tellement en fait, c'était trop. c'était trop d'émotion, ça paraît complètement con en fait avec le recul ben avec ceux qui n'ont pas vécu ce moment là, ils peuvent pas comprendre pourquoi j'étais aussi pendant 3 ans,
- Speaker #0
pendant le bachelor, je n'ai fait que pleurer je me dis souvent, la première année quand je me suis pris la biochimie dans la face alors que je sortais que d'années de commerce mais je me disais mais comment je vais, tu te retrouves dans des trucs pourtant tu vis pas un truc vraiment abominable tu vois, mais je me disais mais comment je vais surmonter ça, comment je vais arriver à gérer tout ça. Et puis quand t'es pas formatée à de la biochimie ou à avoir fait S, et que moi j'étais avec des nénettes qui avaient 18, qui sortaient de S, qui étaient un vrai esprit la formatée, mais je me disais mais c'est catastrophe, ça va être un enfer. Oui, oui,
- Speaker #1
ça va être long. Et ça va être long, et je me suis dit, et puis j'ai les capacités.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça, et puis en plus, toi t'as ta vie de maman aussi.
- Speaker #1
Ouais, j'ai ma vie de maman en fait, qui était prenante, j'ai ma vie en fait aussi de femme aussi, avec mon mari qui était habitué à faire beaucoup de choses, on a mis notre vie en fait un peu personnelle entre parent et... J'ai l'impression qu'il veut tout rattraper d'un coup. On est partis au Maroc, il faut qu'on parte vite fait dans un autre pays dans pas très longtemps. Je lui dis, calme-toi, calme-toi. Mais là, il a été un peu enfermé avec moi. Il a été un super allié quand même. Il a fait le BTS avec moi. Je pense qu'il a vécu le BTS avec moi.
- Speaker #0
Je crois aussi que c'est un soutien. Il faut être bien soutenu. On a l'impression de parler d'un truc de dingue. Mais moi, je sais que ma famille m'a vraiment soutenue.
- Speaker #1
Il le faut. Oui. Il le faut en fait, sans ça, ce qui arrive, il doit y en avoir en fait, des personnes. Oui, bien sûr. Mais je ne sais pas dans quel état je ressors. Déjà que moi, je suis ressortie un peu en mille morceaux.
- Speaker #0
Moi, en tout cas, ces études, je ne dis pas que je ne l'étais pas, mais ça m'a rendue d'autant plus humble.
- Speaker #1
Ah oui, bon, alors moi, je pense l'être en fait de manière naturelle. Enfin, je pense, j'espère, mais parce que je doute de plein de choses et tout. Mais alors là, vous... tu reviens en fait à un niveau de base. Parce que je suis partie un peu confiante. Oui,
- Speaker #0
c'est marrant parce que ce qui a été génial avec toi quand je t'ai rencontrée, c'est que j'ai eu l'impression qu'on avait cette même énergie et qu'on était partis du même stade. Et quand je t'ai entendu parler la première fois que je suis arrivée, je me suis dit, OK, donc en fait, ça va. J'ai mon alter ego qui est là.
- Speaker #1
Oui, par contre, j'ai pas eu 19 ans de chimie. On l'a eu dans cette date.
- Speaker #0
Je ne sais Je suis loin du 19. Oui, oui, c'est vrai que... Oui,
- Speaker #1
oui, et puis je voyais en fait aussi, les réseaux sociaux m'ont tuée en fait. Tu voyais en fait des personnes qui posaient des questions, on aurait dit des extraterrestres. Je me disais, qu'est-ce que c'est cette question ? Je n'ai pas la question. Alors, je ne vais pas comprendre la réponse, je ne sais pas quelle est, je ne comprends pas la question. Comment est venue cette question que cette personne a pu poser ? Je ne comprends pas comment il a pu se poser cette question-là. C'est au-delà de mes capacités. On a un métier complètement, je le disais un petit peu récemment dans un post que j'ai mis, en disant qu'on a un métier hybride. Il n'est pas comme ça. On n'est pas que là pour expliquer ce qu'il va y avoir dans ton assiette. On a les histoires de tout le monde au quotidien. On a des histoires qui sont très lourdes. Je suis très surprise de moi. J'arrive à retenir mes larmes beaucoup plus que ce que je pensais. J'avais très peur de ça. j'ai beaucoup de personnes qui... pleurent en fait. Et plus au cabinet, j'en ai eu en fait aussi en téléconsultation, mais quand ils sont au cabinet, je ne sais pas s'il y a des choses qui se relâchent, elles ont envie de parler, c'est plutôt des femmes qui ont tendance à se lâcher un petit peu plus, mais aussi des hommes qui sont plus dans la retenue, qui font semblant de rigoler, mais en fait ils ont une émotion extrême, et il faut pouvoir accueillir tout ça. On n'est pas du tout formés à accueillir ce type d'émotion. Comment on fait ? Et puis quand on a 20 ans d'accueillir ce type d'émotion d'une personne qui a 50 ou 60 ans, je me demande quelle est la posture aussi. Pas qu'elles ne sont pas légitimes, je me dis que c'est plus compliqué encore pour une personne qui n'a pas les armes de l'âge. Ça fait partie de mes armes. Oui, mais chaque palier d'âge,
- Speaker #0
ses propres armes. Oui, effectivement. Je pense qu'on attire la patientèle qu'on mérite.
- Speaker #1
Oui, et qui nous ressemble un peu. Je pense que, en tout cas... Je vois, je ne me suis pas fait une moyenne des gens qui étaient là, mais effectivement, on s'entend bien, c'est assez drôle, on s'entend bien avec les... Je ne sais pas si tout le monde peut dire ça, en fait, que je pourrais être copine des personnes que je vois, parce que je les trouve tous hyper sympathiques. Et je pense qu'effectivement, tu as raison, c'est elles qui m'ont choisie, je n'ai pas été les prendre, en fait. Elles m'ont choisie, donc il y a quelque chose qui a dû leur plaire. Et on ne plaira pas à tout le monde. C'est pour ça que moi aussi, alors je ne l'ai pas fait jusqu'à aujourd'hui, mais si je sens que je n'arrive pas à aider une personne... Il faut savoir accepter d'aller réorienter vers une autre personne.
- Speaker #0
Mais tu as commencé ton activité il n'y a pas longtemps.
- Speaker #1
Ah, il n'y a pas longtemps. Premier novembre. On a été diplômés le 15, je ne sais pas combien en fait. Et premier novembre, boum boum.
- Speaker #0
La première chose que tu m'as dit, je me souviens quand tu m'as appelée pour la première fois. Tu m'as dit, j'ai trois consultations demain, il faut que je sois au top. Je ne pensais pas en avoir autant.
- Speaker #1
Mais oui, mais j'étais dingue. Mais pourquoi ces personnes-là, en plus elles avaient pris des bilans, des forfaits. Donc elles étaient là avec moi pendant six mois. Je me suis dit, waouh, elles auraient pu prendre une consultation et voir. Non, elles m'ont fait confiance, bam, elles sont parties sur six mois.
- Speaker #0
C'était des gens attirés par le biais des réseaux ?
- Speaker #1
Oui, les premières patientes que j'ai eues, c'était des personnes qui sont arrivées par les réseaux. Et après, en fait, donc ça c'était le mois de novembre, je me suis dit, waouh, c'est génial en fait quand même. Sauf que du coup, je ne faisais que de la téléconsultation. D'accord. Je n'avais pas encore pris de place en cabinet parce que pour moi, je ne savais pas combien j'allais faire. Je n'avais aucune notion de ça. Et je ne voulais pas, au début, je pensais qu'il ne fallait pas investir. Il fallait d'abord un petit peu avoir d'argent. C'est drôle de calcul. Et finalement, assez vite au mois de décembre, je me suis dit non, je vais ouvrir. Je vais me renseigner pour avoir une place dans le quartier. Alors j'avais des exigences. Il fallait que ce soit dans le quartier. Et j'ai eu de la chance, c'est dans ma résidence.
- Speaker #0
C'est incroyable,
- Speaker #1
c'est incroyable ça. Donc ça c'est génial.
- Speaker #0
C'est dans ta rue, dans son bac, c'est toi, je me suis dit, elle a juste à descendre et c'est fini.
- Speaker #1
Oui, voilà. Alors oui, j'ai été traumatisée par les voitures. Je ne veux plus faire une heure de voiture pour aller jusqu'à mon lieu de travail. C'est terminé, je veux pouvoir avoir une qualité de vie. Ça fait partie de mes exigences un peu de quadra. Stop en fait. Non mais c'est, il y a des trucs qu'on veut, on ne veut plus. Et ça, ça fait partie de mes trucs, c'est terminé. De mes 20 ans, 25 ans, j'ai commencé à travailler. Quand j'étais à Roubaix, je faisais entre une heure et une heure et demie de route jusqu'à ici, où je travaillais au Pas-de-Mirabeau. En plus, c'était moche. Et je faisais pareil une heure de route. Donc, fini. J'ai dit, fini. Ça sera quartier. C'est-à-dire qu'il faut que je puisse le faire à pied. Et donc, j'ai cherché. Et puis, j'ai vu que le cabinet de kiné, qui est vraiment dans ma résidence, avait une place en partage. Donc ils partageaient des salles et le feeling est bien passé. Lui, il avait besoin que le feeling passe bien aussi. Il m'a expliqué qu'il y avait d'autres personnes qui venaient comme ça en faire un intervention, mais il avait besoin qu'il y ait une bonne entente générale. Je trouvais que c'était génial dans l'histoire. Donc il y a des masseurs, il y a des kinés, il y a des ostéopathes. Donc on est plusieurs professionnels de santé. Ils cherchaient une diète.
- Speaker #0
Et là, tu as du monde de quoi ?
- Speaker #1
Mais oui, mais ça aussi. C'est ça qui est assez drôle, c'est que... C'est super,
- Speaker #0
c'est super, parce que t'es étonnée de toi-même. Oui, j'ai dû le montrer,
- Speaker #1
c'est ça le pire. Mais c'est exactement ça, c'est que la première fois, alors la première demi-journée, personne. J'étais toute seule dans mon bureau, je me suis dit, c'est super, en fait, donc j'ai dit, bon, je vais faire mes posts sur Instagram et tout. Je me suis dit, ça risque d'être ça. J'étais assez... Quand on s'attend à rien, finalement, en fait, c'est pas grave. Donc j'ai fait mes petits posts et tout, et puis je me suis dit, c'est bien. En fait, j'essaye à chaque fois de trouver le positif. Je dis c'est bien, au moins je ne suis pas à la maison. Les enfants ne sont pas en train de me demander de faire un goûter. Je suis que là, il faut que je travaille. Je n'ai pas 10 000 choix, j'ai un ordi, une table, une chaise. Ça, c'était la première demi-journée. Deuxième demi-journée, j'ai mis un poste sur un groupe du 9e, de là où j'habite, pour dire que j'étais installée. Mais alors là, je n'ai rien compris. C'est-à-dire que là, il n'y a pas eu 60 personnes qui se sont mis à attendre, mais j'ai eu des rendez-vous des personnes qui ont demandé des recommandations à d'autres, qui ont été voir sur Internet mon site Internet. et en fait j'ai eu dans le mercredi, en fait, qui a suivi. Quatre consultations, en fait, l'après-midi. Je dis, mais ce n'est pas possible. D'où sortent-elles ? Donc, j'ai dit, oh, je vais voir des vrais gens, en fait. Et ça s'est super bien passé. Je suis sortie de là, j'étais vidée. J'avais l'impression d'avoir fait « Merci, Cassie » , aller-retour, en courant. Mais j'étais heureuse. Je me dis, ça y est, j'ai vu des gens. J'ai l'impression qu'ils ont tous repris rendez-vous, en fait, après. Je ne sais pas combien, en fait, j'ai des patients. il faudrait que je regarde sur mon suivi diète mais... Mais j'ai que trois personnes qui n'ont pas repris rendez-vous après la première consultation. Je ne sais pas pour quelles raisons. Pour être très honnête, soit ils ne voient pas l'intérêt, c'est possible. Mais là où je suis contente, c'est si la personne a envie de revenir et qu'elle voit l'intérêt. Et j'ai des personnes que je vois tous les quinze jours.
- Speaker #0
Et c'est plutôt quoi comme pathologie ?
- Speaker #1
Alors, j'ai eu beaucoup de chirurgie bariatrique par l'affaire des choses. Donc ça, c'était pour la téléconsultation. Mais après, j'ai eu des personnes souffrant du diabète. de problèmes de thyroïde, de cholestérol. J'ai des personnes qui viennent parce qu'elles n'ont rien du tout, mais qu'elles ne se sentent pas bien dans leur corps. Elles sont en pré-ménopause et elles veulent perdre quelques kilos aussi. Donc j'ai un jeune aussi qui est récemment en fauteuil et qui veut perdre un petit peu de gras parce qu'il veut pouvoir mieux se bouger. J'ai vraiment plein de typologies de patients et de passions.
- Speaker #0
C'est génial.
- Speaker #1
Non, c'est cool. C'est vraiment cool. Après, oui, je ne sais pas ce que ça va durer. Je suis toujours dans ce doute. Je me dis, est-ce que c'est... Mais oui, parce que si vous n'êtes pas animé par le doute, je ne sais pas si vous évoluez. Moi, je pars du principe que douter, c'est évoluer aussi. C'est se remettre en cause et dire qu'est-ce que j'ai fait entre la première consultation et celle que je fais maintenant, elle n'est pas du tout pareille.
- Speaker #0
parce que là du coup tu m'as parlé de ta chaîne Youtube tu m'as parlé de cette association est-ce que ça s'appelle la sleeve de l'eau ? j'ai vu que tu avais quand même pas mal de monde.
- Speaker #1
Oui, oui. Pour une asso qui est là depuis 2000... J'ai commencé ma chaîne en 2014. Elle doit avoir peut-être entre 4 et 5 000 abonnés. J'ai fait mon asso après en 2016. Il y a la page Facebook. Il y a tout qui est relié. TikTok, je suis partout. Après, au départ, je suis une marketeuse. C'est des outils que je connaissais mais que j'utilisais que de manière personnelle. On n'est pas beaucoup, mais le taux de transfo de ces personnes-là, en fait, il est bon. Parce que j'ai un bon retour, les gens sont là, ils me connaissent, ils connaissent aussi mes enfants, mon mari. Ça fait partie du storytelling aussi.
- Speaker #0
Je pense que je vois aussi sur Instagram que ton contenu est quand même interactif. Oui, tu montres que tu vas marcher le matin.
- Speaker #1
Parce que je suis avec eux en fait. C'est ça mon message aussi. Les gens n'aiment pas trop certaines quand je dis ça, mais je reste une obèse qui a été opérée. Et donc aujourd'hui mon combat en fait il est pour la vie et je veux montrer en fait que c'est pas terminé en fait. Et que je veux donner de la motivation ou l'envie d'eux. Alors parfois je peux énerver aussi parce que je pense que c'est très pénible quand t'es dans une charge mentale très forte de voir quelqu'un qui est toujours en train de faire quelque chose et toi tu y arrives pas. Donc de temps en temps j'essaye de faire autre chose parce que si je montrais tous les jours ce que je peux faire au niveau sportif, c'est très agaçant donc je veux pas non plus en fait faire fuir les personnes. Mais je suis là pour donner un petit peu mon histoire.
- Speaker #0
Comment tu faisais quand tu travaillais pour marcher ?
- Speaker #1
Je m'organisais. C'est-à-dire que là, par exemple, dans le dernier boulot, j'avais qu'une heure entre midi et deux. Je courais, je ne marchais pas. Parce que ça ne fait qu'un an que je ne peux plus courir. Mais je courais, donc je finissais à midi. À midi moins deux, j'allais aux toilettes pour m'habiller en habit de lumière. Je t'habillais en fluo dans tous les sens et tout. Et je partais en fait dans le Ausha qui était juste à côté pour courir pendant 45 minutes. Je revenais, je me lavais aux gants comme un chat et je me remettais dans la vie de... Et tu repartais ? Et je repartais. D'accord. Entre deux, par exemple, à une heure je mangeais en fait devant mon ordi. Je mangeais, je ne sautais pas le repas, mais je prenais mon heure en fait où j'avais le droit de sortir de cette entreprise pour aller courir.
- Speaker #0
Et toi, ton rapport à l'alimentation, comment il a été et comment il est aujourd'hui ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, il est beaucoup plus serein. Oui. Avant, j'étais dans l'alimentation un peu foutu pour foutu. Je mange un peu. Alors, je suis d'une famille pieds noirs italienne, très, très, très dans la jovérité. On a un rapport à l'alimentation qui est très particulier. On a l'impression qu'il faut manger à fond pour pouvoir être heureux. Et donc, ça, ça restera un peu toute ma vie. Ça fait partie de nos valeurs. Mais je suis un peu plus détachée justement de ça. Je me rends compte. Des erreurs qui n'étaient que de la maladresse de mes parents, c'était parce que c'était comme ça. Ils étaient décus comme ça.
- Speaker #0
Ils ont fait comme ils ont pu.
- Speaker #1
Exactement. Je ne leur en veux pas du tout. Et puis,
- Speaker #0
pour eux, c'était un signe de...
- Speaker #1
D'amour.
- Speaker #0
D'amour, exactement. Et là, comment tu l'entretiens ? Même avec tes enfants, aujourd'hui, ce rapport à l'alimentation, comment tu leur...
- Speaker #1
Il faut que je fasse attention parce que j'ai... Ça a été des super coachs, même, pendant le BTS. Ils ont... Tout a pris les cours avec moi. Mon petit connaît les acides gras et les valeurs de tous les acides gras. Je les ai trop mis dans l'alimentation. Parce qu'ils ont été... Ici, si tu vois dans mon appartement, toutes les fenêtres que tu vois ici étaient remplies de notes. On ne voyait pas l'horizon. Parce qu'il y avait des notes qui étaient collées sur toutes les fenêtres. Il faudrait que je te montre des photos, en fait. Mais ceux qui me suivent ont vu, en fait, cette période-là.
- Speaker #0
Mais je vais les voir, tu me les enverras.
- Speaker #1
Ça faisait rire beaucoup de gens, en fait. C'est-à-dire que j'avais tout l'appartement comme ça, qui était collé de grandes fiches. Je te montrerai dans le... J'en ai encore des fiches. Des fiches, en fait, de biochimie, le pancréas, les idéaux de longueurance, pour me rappeler. Donc, il fallait que tout soit là. Et mon mari, il dit, ça va s'arrêter quand ? Octobre ? T'inquiète pas, ça s'arrête en octobre. Quand est-ce qu'on verra le ciel ? Et donc, mes enfants, tout ça pour dire à mes enfants qu'ils m'ont fait répéter. Ils ne comprenaient rien forcément à certains trucs, mais ils m'ont fait répéter. Ils m'ont vu faire les cours jusqu'à 2h du matin de technique culinaire. Donc, ils savent qu'en fait, l'alimentation, c'est super important. et je leur en parle peut-être un peu trop. Il faut que je fasse attention à ne pas...
- Speaker #0
Tu es un peu extrémiste.
- Speaker #1
Eh ouais.
- Speaker #0
Mais c'est marrant parce que je peux l'être, enfin je peux l'être aussi, et du coup on apprend aussi ces études-là, en tout cas moi de m'être confrontée autant à moi-même, ça m'a appris à être plus modérée, à prendre du recul et du coup à devoir jongler avec ça. Donc je ne sais pas comment toi tu l'as vécu, mais c'est ça, t'as...
- Speaker #1
Oui, mais il va falloir avec le temps que j'arrive à jongler. En tout cas, je suis beaucoup plus sereine par rapport à l'alimentation. On parle d'alimentation, émotion. Oui, ce n'est pas l'alimentation, émotion. Je me suis rendu compte qu'on mettait ce mot-là. Ça existe, mais je ne suis pas là-dedans. Donc j'arrive à me détacher un peu plus, j'arrive à plus à savourer. Je ne sais pas, je ne me coincerai pas, mais j'étais hyper fâche là par la force des choses. Je ne peux plus l'être parce que dans tous les cas, mon histoire n'est pas ainsi. Donc je savoure en fait les aliments. je fais très attention en fait à l'équilibre. Alors des fois ça fait rire les enfants, s'ils ont un plat de pâtes ils me disent « waouh il n'y a que des pâtes ! » Parce qu'ils savent en fait que leur assiette va être composée en fait de légumes et de protéines et de féculents. Là s'ils n'ont que des pâtes c'est la joie. Donc il faut que je fasse attention parce qu'ils sont hyper contents quand il n'y a que des pâtes. Alors qu'ils aiment bien les légumes quand même, savent qu'ils trouvent que c'est tellement rare en fait qu'il y ait un plat comme ça alors qu'avant c'était... hyper courant. Donc eux, ils n'ont pas connu parce que mes belles-filles ont plus connu les raviolis, les lasagnes préparées, les pizzas,
- Speaker #0
les machins. Et ton corps aujourd'hui, comment tu te sens dedans ?
- Speaker #1
Je me sens beaucoup mieux. En fait, alors, c'est compliqué. C'est-à-dire que je n'avais pas... Je ne me voyais pas comme j'étais. Donc quand je vois des avant-après, ça me fait très très drôle. J'ai l'impression qu'on me parle d'une autre personne. Et bien sûr que je peux aller plus loin. Maintenant, en fait, je suis aussi très... très cool aussi avec mon corps en disant, de là où t'es partie, Laurence, oui, tu peux aller, il faudrait que je fasse, en fait, les 7 kilos que j'ai pris, j'ai pris 7 kilos pendant le BTS, le fait d'avoir... Je crois que j'en avais pris 6, je crois. Si je pouvais avoir déjà ces 7 kilos en moi, je sais que c'est 7 kilos où je suis mieux. Donc, oui, je vais le faire, mais je n'irai pas plus loin, c'est-à-dire que c'est pas grave de ne pas avoir un fatane IMC normal, l'IMC, c'est qu'une valeur, ma valeur à moi, elle est dans la santé, j'ai des prises de sang qui sont bien meilleures que plein de personnes qui sont minces. Et voilà. Ma valeur, elle va être plutôt dans la santé, dans le fait que je puisse faire du sport comme je veux, de ne pas avoir de diabète. Ça, c'est ça, pour moi, les valeurs.
- Speaker #0
Quand tu étais en obésité, donc tu étais en obésité morbide, tu le sentais, ton corps ? C'était quoi ce rapport à ton corps ?
- Speaker #1
Au début, pas du tout. C'est quand je l'ai senti que j'ai contacté une médecin nutritionniste. Oui. Qui, elle, après, elle a vu qu'elle... Je ne pouvais pas aller plus loin et qu'elle m'orientait vers la chirurgie bariatrique. Mais c'est parce qu'un jour, j'ai eu une palpitation au cœur. On était dans un voyage touristique en Tunisie. J'ai dit à mon mari, on va s'arrêter, j'ai un peu mal à la poitrine. Et je me dis, merde, je peux avoir un problème physique. Alors que jusqu'à aujourd'hui, je vivais une vie complètement normale. J'avais l'impression, je compensais beaucoup, j'ai toujours été en obésité. Donc je ne savais pas ce que c'était la santé ou pas la santé. Et là, on était en train de marcher, je me rappelle, on était au bord de la mer. J'ai mal à la poitrine, on va s'arrêter. J'ai dit, attends, mon bébé, j'avais un bébé qui avait un an. Il avait une maman qui a mal à la poitrine, qui a 35 ans. Ce n'est pas normal. Comme j'ai eu peur, et que quand je suis arrivée devant le chirurgien qui m'a dit que j'étais en danger de mort, c'est pour ça que ça s'appelle l'obésité morbide, j'étais à 47 d'IMC quand même. Donc voilà.
- Speaker #0
Mais toi, tu te voyais comment ?
- Speaker #1
Je ne me voyais pas, je pense. D'accord.
- Speaker #0
Même ton rapport au corps ne te dérangeait pas ?
- Speaker #1
Pas plus que ça. D'accord. Alors je pense que je me voilais la face parce que si ça devait... Franchement c'était pas non plus... j'ai jamais eu de discrimination, j'ai toujours un métier qui était même meilleur en fait quand j'étais en obésité morbide que après. Mon mari je l'ai connu en fait quand j'étais en obésité morbide, j'avais pas... j'ai... je voyais pas le problème. Bon qu'est ce qui se passe-t-il ? Et après j'étais pas poussée par mon mari qui me disait ça serait mieux que tu maigrisses, au contraire la première fois que j'avais eu cette démarche il m'a dit on va plus pouvoir aller au resto, tu vas pas... Et après, assez vite, il a basculé vers « si, c'est quand même peut-être bien pour ta santé » . Mais vraiment, il a suivi avec moi parce que ce n'était pas le projet que je faisais. Il m'a connue comme ça.
- Speaker #0
Et là, maintenant, il est le vieux.
- Speaker #1
Il est très content. Je pense qu'en fait, par contre, si je reprenais du poids, ce n'est pas que ça le dérangerait, c'est que ça nous a rechamboulé notre vie. Notre vie n'est plus la même au niveau du quotidien. Au niveau du sport, heureusement qu'on est tous les deux passionnés par ça. Hier, on était chez des amis, il est parti recouvrir 16 kilomètres pendant que j'étais en train de papoter, boire du thé. Il est devenu lui aussi très accro au sport. Il a toujours été beaucoup plus sportif, sauf qu'il avait mis un petit peu en silence sa passion du sport. Lui, c'était un gros sportif quand il était jeune. Plus rien pendant peut-être 15 ans. Et puis là, finalement, il a 50 ans. Ça y est, c'est peut-être l'année. Et donc non il est content et je pense que...
- Speaker #0
Ce qui me fait beaucoup rire c'est que ton mari il a l'air quand même de te surveiller de loin et de te...
- Speaker #1
Ah oui oui, il me surveille, il me surveille, il est là pour... Alors de temps en temps il dit des phrases un peu assassines et tout mais il est là, il est là, c'est un grand grand grand soutien.
- Speaker #0
Quand on avait fait l'interview sans filtre...
- Speaker #1
qu'est-ce que tu m'as fait rire avec cette épopée il t'avait dit maintenant tu arrêtes tu arrêtes tes bêtises et tout oui parce qu'il me voit faire ses tests de tout il m'a vu et puis en plus il m'a connu avec ses tests aussi même de régime donc il sait tous ces trucs que je teste à chaque fois il me dit si tu penses que c'est bien pour toi à chaque fois il me dit vas-y ma chérie si tu penses que c'est bien pour toi jusque ce jour là il m'a dit non bah là tu te démerdes avec c'était le mot d'ailleurs mais ouais non non non ça c'est Il me laisse faire. Il me laisse faire et il m'a beaucoup aidé là-dessus en me disant « T'inquiète pas, en fait, on va y arriver. Oui, on gagne moins d'argent. Ouais, ouais, ok. Eh bien, c'est pas grave, on va utiliser, en fait... On n'a pas été jusqu'à utiliser nos économies, mais si jamais, en fait, on devait faire cette troisième année, on aurait dû piocher dans nos économies. » Donc, il était OK pour le principe. Il a mis sa carrière un peu... Pas entre parenthèses, mais il aurait pu faire d'autres choses, en fait, lui aussi. Et finalement, il a fait le... Par amour, c'est moi qui vis mon truc, en fait. C'est pas... C'est pas donné à tout le monde de pouvoir faire une reconversion professionnelle à 46 ans, je pense pas.
- Speaker #0
Non, non, effectivement, mais moi je trouve ça tellement... Je pense qu'aujourd'hui, il y a plein de gens qui en souffrent,
- Speaker #1
d'ailleurs. Combien de personnes j'ai qui me disent, en fait, je m'emmerde, t'as mon boulot, et j'ai envie de dire, mais vas-y, attends ! c'est pas si facile ça serait tellement présomptueux de leur dire vas-y qu'est-ce que tu attends pour partir, je peux leur dire mais est-ce que je connais leur vie, est-ce que leur mari va être ok avec cette décision, est-ce qu'ils peuvent le faire c'était pas donné à tout le monde alors après quand on me dit t'as de la chance oui j'ai de la chance mais attention on a changé notre vie radicalement on était deux cadres intermédiaires avec des salaires assez sympas ... où on pouvait partir en voyage à toutes les vacances scolaires, à des destinations à l'étranger, tout ça. Aujourd'hui, c'est autre chose. C'est une vie à la marseillaise qui est pas... Je le regrette pas du tout, mais c'est beaucoup plus, en fait, simple. Oui, c'est pas mal. Oui, mais c'est grâce à notre vie d'avant, en fait, tout ça. Oui, bien sûr. C'est grâce à notre vie d'avant, en fait. On récolte aussi ce qu'on a semé pendant longtemps.
- Speaker #0
Et comment tu vois futurment après tes projets ?
- Speaker #1
On m'a dit, quand on est parti au Maroc, une personne qui m'a dit que je devais penser plus grand, parce que j'avais tendance à... Il a raison, parce que j'ai tellement de trucs en tête, je me dis, si je pouvais faire ça, j'ai plein de trucs en fait que j'aimerais faire, et beaucoup plus grand que ça. J'aimerais... Enfin, si je pouvais te parler d'un projet, c'est par exemple faire des voyages organisés avec des patients, avec des thèmes particuliers entre le sport et la santé, et le bien-être. Pas que ça en fait, pouvoir chanter pendant une semaine et s'occuper de son corps. J'aimerais avoir un local où on peut avoir une cuisine pour pouvoir cuisiner avec mes patients. J'aimerais pouvoir voir beaucoup plus grand parce que je me rends compte que le problème, il est loin d'être que dans l'assiette. Il est dans l'accompagnement de ces personnes. Et souvent, je manque de structure, de largesse. Il y a plein de choses que je peux faire en téléconsultation, que je continue à faire et je donne mon énergie sans problème. Mais il y a des choses en vrai. J'aimerais bien faire des choses sur du plus long terme et sur une plus longue durée. Mes consultations, elles durent deux plombes. Il faut avoir du temps. Donc voilà, il faut que je me structure un petit peu plus et à terme j'espère être plus grande.
- Speaker #0
Tu as déjà des résultats avec les patients de ton cadre ?
- Speaker #1
Alors tout dépend de ce que tu appelles des résultats parce que moi des personnes qui perdent du poids, j'en ai, c'est pas toujours le résultat que j'attends.
- Speaker #0
Moi je te dirais aujourd'hui que le résultat dans ma vision de la diététique c'est plus sur le rapport au corps, comment ils se sentent.
- Speaker #1
Et oui parce que moi il y a une personne la semaine dernière qui m'a dit « Laurence, est-ce que c'est bien si j'ai envie de te dire ça cette semaine mais tu vas me dire si j'ai le droit de le dire. » Cette semaine j'ai pas perdu de poids. Par contre, je me sens super bien. J'allais lui dire son prénom, j'ai dit mais c'est génial ce que tu es en train de me dire. Bien sûr, d'abord tu avais perdu du poids avant, donc là tu es peut-être en plus, on est juste après les fêtes et tout. Mais bien sûr que c'est bien, qu'est-ce que tu crois en fait ? Tu crois que l'objectif en fait, quand on fait un point comme ça, c'est juste je vais regarder ta perte de poids ? Au contraire, j'ai vu la semaine d'avant une personne qui avait perdu 4 kilos, je lui ai fait des yeux comme ça. J'ai dit mais pourquoi vous avez perdu 4 kilos ? Je pense que vous n'avez pas suivi du tout, en fait. Ce n'est pas normal, en fait, d'avoir perdu 4 kilos. Donc, oui, j'ai des résultats, en fait, dans le rapport à l'alimentation.
- Speaker #0
D'ailleurs, tes consultations, comment tu les agences ? Parce que le BTS, on ne nous donne que des rations. Mais est-ce que tu fonctionnes sur ce système de ration ?
- Speaker #1
Alors, ça dépend des personnes. Je fais parce que ceux qui disent qu'on n'a pas besoin de ration, et puis moi, je pensais que je n'allais pas forcément en avoir besoin. on a quand même besoin d'un cadrage. Les gens qui arrivent ici ne savent pas trop où ils vont. La plupart du temps, en fait, ils sont dénutris. ils ne mangent pas assez enfin J'ai les deux cas, j'ai les extrêmes qui vont manger énormément, c'est hyper glucide, hyper lipidique, et là il faut les restreindre un tout petit peu, et puis tu as celles qui ne mangent pas du tout, donc il faut leur donner un cadre en disant tu devrais manger comme ça. Elle me dit si je mange comme ça je vais grossir, je dis non, on est dans l'apprentissage de pourquoi elles sont bloquées. Donc oui je donne des rations et on est adapté, moi je regarde beaucoup le journal alimentaire pour voir, mais tout le monde n'arrive pas à le remplir, c'est un truc en plus qui est compliqué, c'est lourd.
- Speaker #0
c'est contraignant pour certaines et d'autres elles le font à fond tu vas avoir le système de trackers qui leur permet aussi de jauger plus sur leur état émotionnel et qui leur prend moins de temps et du coup des fois elles réalisent des choses en amont et toi tu as un oeil là dessus aussi je leur demande en fait si jamais parce que des fois c'est aussi le fait de se mettre sur
- Speaker #1
le téléphone tout le monde n'a pas l'application dans mes patients de mon suivi diète Donc elles ont des petits carnets. C'est plus facile pour elles de noter. Moi, je suis très petit carnet. Si vous voyez le nombre de petits carnets que j'ai, j'en ai plein. Et pourtant, je suis très, très, très téléphone. Je l'ai toujours avec moi. J'en ai trois. Mais le petit carnet, le fait d'écrire, je ne sais pas. C'est un petit truc en plus. Donc je fonctionne là-dessus. Par contre, quand c'est très éloigné, ce que j'aime bien, c'est avoir les interactions avec les personnes entre les deux consultations. Comme ça, je sais en fait vers quel sujet je vais pouvoir en fait aller la fois d'après. Oui, j'ai des thèmes. Alors, ce n'est pas des cours majestueux, mais c'est la dernière fois, une personne qui m'a demandé, elle me dit, moi, je ne comprends pas en fait ces lectures d'étiquettes, je ne comprends pas entre Yuka, le Nutri-Score, les valeurs énergétiques, je ne comprends plus rien. Est-ce que vous pouvez m'expliquer une bonne fois pour toutes ? Eh bien, je lui ai fait un cours en fait sur le comparatif, à quoi ça servait en fait ces différents éléments. Elle était contente, elle me dit, j'ai appris un truc. Et j'ai dit, mais en fait, vous avez un truc essentiel. Moi, je voudrais que toutes les personnes qui sortent de ou de téléconsultation ou de consultation, elles aient appris au moins un truc, qu'elles aient ou retenu ou appris un truc. Et quand elle m'a dit ça, je me suis dit, en fait, il faut absolument que je les prépare. Toutes mes consultations sont préparées et je sais quel thème j'oriente. Parce qu'en parlant, en fait, je vais orienter la personne vers le sujet que je veux aborder. Mais l'idéal, c'est quand j'ai des interactions avec des personnes qui me disent. Il s'est passé ça, j'ai fait ça. Super, la prochaine fois, on pourra savoir comment on va pouvoir faire face à ce type de situation.
- Speaker #0
Est-ce qu'aujourd'hui, tu te sens plus légitime ?
- Speaker #1
Oui, je peux le dire oui.
- Speaker #0
Quand tu dis que tu es diététicienne, aujourd'hui, tu te sens légitime, genre je suis diététicienne.
- Speaker #1
J'ai plus de facilité à le dire. Entre tous ceux qui te disent esthéticienne, non, diététicienne, il y a un problème avec ce mot-là. J'ai plus de facilité à le dire, ce n'est pas encore fluide. Parce que...
- Speaker #0
Tu sens des regards, des fois ?
- Speaker #1
Non, non. Pour l'instant, pas de jugement. Les gens à qui je le dis, ça paraît assez naturel parce qu'ils m'ont tellement vue, en fait, aussi, dans l'évolution que... Non, non. Mais c'est moi, en fait, qui ai ce rapport-là, en disant, mais qu'est-ce qu'elles peuvent... Je pense encore, en fait, à ça, quand même. Qu'est-ce qu'elles peuvent penser ? Donc, voilà. Il y a une fois, sur TikTok, une personne qui connaissait pas mon histoire et qui a dû... J'avais réagi sur une vidéo d'une personne qui était en train de faire un régime. Et elle a dit, oh là là, l'autre, la diététicienne qui s'est fait opérer, qui ose dire quelque chose. Alors, c'était dur, en fait, parce qu'elle l'a écrit, quand même. Et bon, j'ai dit, la personne ne sait pas, en fait, mon parcours, parce que ce n'est pas la diététicienne qui s'est fait opérer. Je crois qu'elle a rajouté, super, en fait, ça a été bénéfique d'être diététicienne, tout ça, pour se faire opérer. D'accord. D'ailleurs, je me demande si ça existe, le parcours dans l'autre sens. Une diététicienne qui pourrait être en obésité et qui se fait opérer. quel est le rap, est-ce que ça existe ? Je fais un appel, en fait. Mais parce que comment ils sont accueillis, ces personnes-là ? Est-ce qu'on peut parler de diététique, en fait, en étant obèse ?
- Speaker #0
Je pense que quand même, de ce que tu me racontais, quand même, t'en as vu pas mal aussi. Et t'as été obligée, en fait, de te renseigner sur le sujet. Donc, quelque part, au bout d'un moment, t'as été formatée, mais... Bon, je pense qu'aujourd'hui, avec les études, c'est quand même autre chose.
- Speaker #1
Oui, alors même si le contenu du BTS m'a apporté, en fait, oui, des infos, en fait, que je n'avais pas. Je ne vais pas dire qu'il n'y avait rien dans ce BTS, mais je pars quand même beaucoup de mon expérience. Et l'énergie que j'avais avant, c'est toujours la même après. Donc, c'est moi, en fait, qui... C'est plus l'énergie.
- Speaker #0
Je pense que c'est vraiment plus l'énergie que tu dégages aussi. C'est ça, en fait. Je pense que les gens viennent te voir parce que tu...
- Speaker #1
c'est boostant c'est booster oui oui après il faut pas que ça soit que ça mais ça fait partie en fait c'est un tout moi je veux être une vraie facilitatrice une aidante en fait dans cette histoire et mon énergie fait partie en fait de l'aide et elles ont envie de me faire plaisir aussi c'est ça qui est super chouette, je trouve ça génial il y a des personnes qui m'ont dit j'ai pas dormi en fait parce que j'ai eu la consultation aujourd'hui je me dis mais ça va pas ou quoi elles me disent non mais vous me mettez en fait une pression qui est positive. Moi j'ai besoin de ça. J'ai besoin d'une épaule et vous êtes l'épaule sur laquelle j'ai envie de me reposer. Par contre, le fait de ne pas dormir, j'étais pas contente. J'étais comme, c'est quoi cette histoire ? Mais... Non, ouais, j'espère jamais ça. Ça, c'est un truc que je veux jamais, en fait...
- Speaker #0
En tout cas, c'est un beau parcours. Bravo.
- Speaker #1
C'est le début.
- Speaker #0
J'ai une petite question de fin, parce que je pense qu'on a fait bien le tour. Si tu devais être un repas, ce serait lequel ?
- Speaker #1
Tu aurais dû me la poser avant que je dise un truc un peu original, parce que... Alors, si j'étais un repas, je serais lequel ?
- Speaker #0
Peut-être celui qu'on t'a tellement privé pendant...
- Speaker #1
On m'a privé de rien. Je suis privée de rien, en fait, et j'ai aucune frustration sur les trucs. Au contraire... Alors, j'étais plutôt, en fait, plat en sauce. Le plat, en fait, que tu m'aurais dit avant, je t'aurais dit directement des lasagnes, par exemple. Oui. C'est un plat, en fait, qui représente la famille. Des lasagnes du couscous, pour moi, c'est la famille. Aujourd'hui, en fait, si je devais me régaler... En fait, ça fait vraiment diète un peu bobo. Je déteste cette image-là, mais c'est vraiment... Et d'ailleurs, c'est ce qui a été fait pour mes 45 ans. Mon mari, il est... Il est venu avec ça, en fait, avant qu'on fasse la fête avec les copains. Il m'a fait un pokéball. Et ça, c'est mon plaisir d'avoir du saumon, du riz, avec du sucre, d'ailleurs, en fait. Quand tu regardes, c'est pas le plat le plus... Enfin, si, c'est équilibré, parce qu'il y a un peu de tout. Mais ça, c'est mon régal. Un pokéball.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que c'est bon, en plus. Tu le fais toi-même ?
- Speaker #1
J'en fais régulièrement. À chaque fois, les enfants... Et on a les assiettes et spray pour faire des pokéballs. J'en fais tout le temps. Donc pour eux, c'est comme si tu faisais des pâtes au beurre. Super, voilà. Génial.
- Speaker #0
Bon, ben écoute, merci beaucoup, Laurence, pour ton enthousiasme. Et on te souhaite une super belle continuation.
- Speaker #1
Ah, merci.
- Speaker #0
J'espère que cet épisode vous aura plu. N'hésitez pas à le partager autour de vous et à me suivre sur nos différents réseaux sociaux. Alessia, tiré du bas, mon suivi diète, ainsi que mon suivi diète. Je vous remercie pour votre écoute et d'être de plus en plus nombreux à nous écouter. Je vous dis à très vite pour un nouveau épisode de ma post-diète.