- Speaker #0
On ne quitte pas son entreprise, on quitte son manager. Vous écoutez Manager Tout-Terrain, le podcast qui explore les défis, les succès et les enseignements des managers pour améliorer vos pratiques. Je suis Simon Chatelain, directeur pédagogique chez MyConnecting et ensemble nous allons partir à la rencontre de managers inspirants qui vont nous partager leurs conseils concrets et leurs expériences terrain pour devenir un manager plus efficace, humain et agile. Dans cet épisode, je reçois Arthur Rosa, membre du Codire chez The Boost Society. Arthur, il a une conviction forte, tu ne peux pas réduire ta relation uniquement au travail. Et c'est pour ça qu'il a choisi de nous parler aujourd'hui de comment il crée du lien informel avec son équipe. Bonne écoute ! Salut Arthur !
- Speaker #1
Salut Simon !
- Speaker #0
Je suis ravi de t'avoir dans le podcast aujourd'hui. Pour démarrer, je te propose de te présenter un peu qui tu es, ton management et puis aussi ton entreprise.
- Speaker #1
Ok, bon moi, Arthur Rosa du coup j'ai 30 ans et je suis du coup directeur des investissements pour The Boo Society. The Boo Society c'est une boîte spécialisée dans le logement pour étudiants et jeunes actifs en gros tout ce qui est immobilier géré et on investit on gère et on est propriétaire du coup de plusieurs résidences en France et en Espagne actuellement je crois qu'on a une quarantaine de résidences en opération ou en construction ce qui représente à peu près 13 000 lits sur toute la France voilà moi je suis arrivé dans la boîte en 2017 c'était mon stage de fin d'études je m'en souviens très bien c'était en décembre et on était 12 à l'époque donc c'était une entreprise qui venait de démarrer depuis quelques années qui avait connu des petits moments de moins bien et moi j'arrivais pile au moment où la boîte se relançait où il y avait un nouveau PDG assez dynamique qui était arrivé et Et du coup, j'ai fait mon stage de fin d'études dans cette boîte. Depuis, la boîte a été revendue parce qu'à l'époque, elle était sous un fonds d'investissement américain ou toute autre ambiance où on était très challengé et qui était très actif, qui a été revendue en 2019 à AXA, donc Investisseurs Institutionnels Français, donc totalement qu'on connaît bien, tout à fait, et totalement, du coup, une autre façon de voir les choses, beaucoup plus institutionnelle comme on peut l'imaginer, avec un côté plus reporting on peut dire et plus cadré que sous un fonds. Je crois qu'en 2019, quand elle s'est fait racheter la boîte, on devait être une soixantaine et aujourd'hui du coup, ça a vachement accéléré le développement parce qu'il y a beaucoup de capitaux investis et là on est passé à peu près à 160 collaborateurs un peu partout dont 60 rien qu'au siège à Levallois. et du coup voilà moi je... qui occupe la direction des investissements, qui est l'un des départements, des six gros départements de la boîte.
- Speaker #0
Ok, trop bien. Donc effectivement, tu es rentré, vous étiez 12, maintenant vous êtes 160, tu disais. Donc il y a eu vraiment une grosse évolution. J'imagine que l'entreprise n'a plus rien à voir.
- Speaker #1
Oui, ça a totalement changé. On est vraiment arrivé dans un petit format, on était tous dans un open space, on mélangeait tous les départements. Moi, je me souviens, derrière moi, il y avait... Il y avait la personne qui était responsable de tout le marketing. En face de moi, il y en avait une qui faisait le marketing produit. À gauche, il y avait le comptable. Et puis voilà, donc là, c'était au début, on était vraiment douze dans un petit bureau. Petit à petit, ça a commencé à grandir, on était à l'étroit. Et puis voilà, aujourd'hui, c'est vrai qu'on a deux étages. Un open space par département ou par petit département, nous on le partage par exemple. Et effectivement, on ne voit plus du tout les mêmes personnes qu'avant. On ne sait plus trop ce qui se passe dans les autres départements. En tout cas, on le sait parce qu'on en parle beaucoup, mais c'est vrai que ça a totalement changé l'ambiance de la boîte. Elle a beaucoup évolué, mais ce qui est normal et c'est ce qui était attendu.
- Speaker #0
Vous êtes passé à l'échelle, voilà, une taille d'entreprise plus de PME un peu plus standard. Ok, trop bien. Et donc aujourd'hui, tu manages combien de personnes ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, j'ai une équipe de cinq personnes. On est cinq en tout plutôt, que des mecs. Malheureusement, c'est un métier qui attire beaucoup plus les gars. que les femmes même si on essaye fortement de diversifier notre département mais voilà on est que des mecs pas très mixtes parce qu'on vient globalement tous des écoles de commerce je crois qu'il n'y en a qu'un qui a fait plutôt une école d'hôtellerie à la base mais qui s'est spécialisé ensuite en finance pour rejoindre et voilà à peu près tous la même tranche d'âge je pense que le plus vieux a 31 ans et le plus jeune en a 28 il me semble
- Speaker #0
Ouais, carrément, ce que tu dis, c'est qu'effectivement, la finance, c'est un milieu où il y a, je ne connais pas les proportions, il y a forcément en tout cas beaucoup plus d'hommes que de femmes C'est ce qu'on voit beaucoup au sortir d'école de commerce. T'es devenu manager assez jeune par l'évolution classique de l'entreprise et surtout t'es arrivé au codire d'une boîte de 150-160 personnes alors que toi t'avais moins de 30 ans. C'est quoi le principal défi que t'as dû relever par rapport à cette situation justement ?
- Speaker #1
Effectivement, je suis arrivé dans la boîte, c'est vrai que j'étais en stage. J'ai eu un poste de manager, je crois que c'était à peu près en 2019, en même temps qu'on commençait à se faire acheter par accident, on va dire 2020, donc on devait être un peu moins de 100 personnes. Et ma supérieure est partie monter sa propre boîte il y a deux ans maintenant. Du coup, j'ai pris sa place en tant que manager. Je suis arrivé à un Codire où globalement, oui, j'étais le plus jeune. Je pense qu'ils ont tous entre 40 et 55 ans. Moi, j'avais 28 ans. Principal défi, je dirais, ce n'était pas forcément hyper facile d'avoir cette place. Ce n'était pas forcément évident pour moi que j'allais pouvoir l'avoir. Ça a mis un peu de temps, il y a eu pas mal de discussions. Finalement, quand je l'ai eu, on va dire quelques mois après le départ de ma bosse. Ça nécessitait un peu de préparation, forcément un peu de stress, même beaucoup de stress on peut dire. On veut bien faire les choses, moi je suis assez perfectionniste, donc forcément je voulais être à la hauteur de la tâche. Surtout que la personne qui était là avant était très très pointue, on va dire, en tout cas était hyper investie dans son poste. Ce qui fait que forcément quand quelqu'un part qui est autant investi, on a un peu la charge de faire aussi bien et même vouloir faire mieux. Donc voilà, je suis arrivé au poste, on va dire, hyper motivé à fond, mais forcément un peu stressé. Le principal défi que j'ai eu, c'était en fait le regard un peu des autres et de me dire, est-ce qu'ils pensent que je suis légitime, est-ce que je vais avoir ma place, est-ce que je vais facilement pouvoir débattre de mes idées ? Parce qu'avant tout, le Codire, c'est un endroit où les membres de la direction échangent sur des sujets qui ne concernent pas forcément que mon département, qui peuvent concerner tous les départements, ça peut être des décisions stratégiques de la boîte. Et voilà, forcément quand tu as des personnes qui ont eu plusieurs expériences dans d'autres boîtes, qui ont vécu peut-être d'autres codires ou d'autres en tout cas directions, forcément arriver alors que tout le groupe est déjà établi, qu'on pose des questions sur les sujets stratégiques, forcément ça peut donner un peu l'angoisse et on se demande comment ils vont réagir.
- Speaker #0
Tu es le nouvel arrivant quoi.
- Speaker #1
Tu es un peu le nouvel arrivant et puis tu es surtout plus jeune, donc tu te mets un peu plus à l'impression. Mais globalement, j'ai la chance d'avoir un PDG plutôt bienveillant. qui m'a pas mal accompagné et je me suis senti assez vite à l'aise et heureusement parce que en gros ça dépotait direct quoi j'ai beaucoup de boulot à faire et je me suis rendu compte que pendant ces comités de direction en fait la part réservée aux pôles d'investissement était quand même assez était importante pas plus qu'un autre département mais en tout cas les sujets intéressés tout le monde et fallait du coup être assez actif sur ce qu'on faisait il ya des sujets de débats on partage pas mal de choses avec d'autres départements. C'est plutôt transverse comme département en fait parce que le marketing gère un peu le marketing tout ça avec la partie opération donc le pôle opération. Le côté RH est un peu à part mais gère aussi conjointement avec les opérations. Ensuite il y a la partie acquisition construction qui gère un peu l'acquisition à construction avec nous à l'investissement. La partie finance qui va aussi gérer tout ce qui est les parties comptes avec un peu les op et en fait nous on est un peu au carrefour de tout ça. où on va autant s'intéresser aux produits marketing, aux personnes qui vont être embauchées dans chacune des résidences parce que forcément dès qu'on ouvre une résidence on embauche des gens, donc on fait tout ce qui est BP, donc il y a des relations avec la RH, il y a des relations avec bien sûr l'équipe acquisition-construction parce qu'on n'avait que dès le début et en fait nous on fait tout ce qui est BP financier, analyse de marché, négociation, on débloque les fonds avec l'investisseur et également avec la finance parce qu'après on veut suivre la performance forcément de l'actif qu'on fait. et du coup C'est un poste qui a pas mal d'enjeux, parce que c'est central. Et se retrouver à se codir avec que des personnes qui sont à leur poste de direction depuis au moins 2-3 ans, forcément, ça m'a mis un peu la pression. Du coup, le principal défi, c'était surtout envers eux, de vouloir être légitime, de ne pas polluer les discussions, être le plus proactif possible, et du coup avoir, on va dire, un plus. En tout cas, apporter quelque chose au débat, aux discussions et montrer que j'étais à la bonne place. Donc forcément, je me suis mis un peu la pression. Et après, dans un deuxième temps, le défi, c'est plutôt avec les autres personnes autour, les autres départements. Autant mon département, j'ai recruté moi-même deux autres personnes parce qu'il y a eu forcément un peu de mouvement avec le départ de ma boss. Donc, ces personnes-là savaient très bien que j'étais là. Je serai leur directeur. Je suis passé manager d'une personne de qui je n'étais pas manager, mais ça s'est finalement hyper bien passé, on a beaucoup discuté avant. Et après, c'est surtout les autres. Parce que forcément, je suis plus jeune, donc j'ai le même âge que certaines autres personnes qui ne sont pas membres du comité de direction, voire d'autres personnes qui sont plus âgées, qui sont directeurs, mais pas membres du Codire. Donc forcément, on peut avoir un peu cet aspect de se dire, est-ce que la personne pense vraiment que je suis légitime ?
- Speaker #0
Toi, tu te sentais légitime ou pas ?
- Speaker #1
Moi, je me sentais légitime. Enfin, ça peut être un peu préemptif de dire ça, mais en fait, comme ça faisait un moment que je savais que ma bosse allait partir et qu'on était dans l'attente d'une solution, en fait, moi, je m'étais préparé. Et quand je me suis dit, je ne peux pas laisser la chance, en tout cas l'opportunité filer, je me suis vraiment conditionné à tout faire pour l'avoir. Donc forcément, au fur et à mesure, il s'est passé peut-être 4 mois, je pense. J'ai réussi à me convaincre en tout cas que j'allais tenir le coup et en me convainquant, j'ai réussi aussi à convaincre peut-être mon PDG, je ne sais pas à quel moment il s'est dit que c'était une bonne idée, mais en tout cas les échanges que j'ai eu avec lui je pense m'ont aidé.
- Speaker #0
Oui, je te posais cette question, c'est important, la légitimité souvent, il faut d'abord se la trouver soi-même avant que les autres puissent la trouver, sinon ça ne se trouve pas.
- Speaker #1
mais heureusement quand je suis arrivé dans la boîte on était pas beaucoup et le département s'est un peu créé avec du coup ma boss moi et un autre gars avec qui on est arrivé mais en même temps le même jour même du coup j'ai eu l'impression d'un peu suivre toute l'évolution qu'elle a fait elle a un peu tracé le chemin aussi qui a fait que quand elle est partie au final je savais un peu ce qu'elle avait fait où on en était je savais aussi les choses que je trouvais très bien qu'elle avait mis en place que je voulais continuer et chose que j'estimais peut-être qu'on pouvait changer. J'ai réussi à me trouver une légitimité à travers ça, à travers le boulot qui avait déjà été fait avant moi parce que j'ai pas inventé le département ni rien. Et après, la légitimité, je l'ai trouvée auprès des autres parce que plusieurs mois après la prise de poste, tout a commencé à bien rouler, j'ai eu pas mal de retours positifs, nous avons du PDG mais d'autres personnes dans ce département qui m'ont d'ailleurs envoyé des messages pour venir félicitations, tu le mérites. Donc tout ça, ça t'aide aussi à prendre... un peu confiance en toi et à te lancer et voilà quoi.
- Speaker #0
Trop bien. Et comment tu as fait justement pour prendre un peu les bons réflexes de manager lors de ta prise de poste ?
- Speaker #1
Ouais, bonne question. J'étais déjà un peu manager depuis 3-4 ans, j'avais surtout managé des stagiaires, je pense que j'en ai vu 4 ou 5 passer. Et on va dire 2 ans avant d'avoir le poste de directeur, je manageais une personne en CDI. Donc voilà, c'était vraiment mon... Mon collaborateur et globalement j'avais déjà commencé un peu prendre des réflexes. On peut dire je me suis un peu entraîné sur les stagiaires, apprendre à les manager. C'est vrai qu'au début je me souviens au début je stressais de faire un entretien d'embauche. Petit à petit ça m'a décontracté d'en faire avec plusieurs stagiaires, d'en avoir plusieurs. La première fois que j'ai dû manager quelqu'un, je me demandais comment ça allait se passer. J'espère avoir quelqu'un d'assez cool. et qu'il s'allait bien se passer. Au final, on se rend un peu compte de comment ça fonctionne, quelle dose de cool on peut mettre dès le début, ou alors quelle dose de sérieux il faut mettre. Je me suis rendu compte que ça dépendait vachement du candidat.
- Speaker #0
On va en parler. On va en parler, oui.
- Speaker #1
Ça dépendait vachement du candidat. Et après, petit à petit, quand je suis devenu directeur et que j'ai eu plusieurs personnes à manager, J'avais déjà un peu les bons réflexes mis en place. J'ai aussi eu des conseils de mon PDG par exemple. Ce que je disais, c'est que je pense que c'est important d'écouter tout le monde dans la boîte, et notamment son équipe. Et du coup, en bons réflexes, j'essaie en tout cas de leur demander souvent comment ça se passe, s'ils ont des idées ou autre, pour un peu enrichir déjà les discussions. Puis en plus, je pense qu'ils ont tous quelque chose à apporter parce qu'ils ont tous une vision de leur poste. Et du coup, quand je suis arrivé en tant que manager, mon réflexe a été de faire des points avec eux, en tout cas, surtout les personnes qui étaient déjà là. Je me souviens du coup de Maxime, qui je bossais, qui est devenu responsable en dessous de moi, avec qui je m'entends hyper bien. J'avais fait plusieurs points avec lui en demandant comment est-ce qu'il sentait la chose, est-ce que ça lui allait, qu'est-ce qu'il voyait qu'on pouvait améliorer ou autre. Donc, ce genre de discussion, j'ai fait beaucoup de communication au début.
- Speaker #0
Beaucoup communiquer ?
- Speaker #1
communiquer, essayer de ressentir ce qu'ils ressentent, essayer de me mettre à leur place. Et puis après…
- Speaker #0
Tu leur demandais des feedbacks sur ton management aussi ou…
- Speaker #1
Ouais, au début je pense qu'en entretien après, je ne me rends pas compte à quel point je l'ai bien fait, mais je pense qu'en entretien au début j'étais assez anxieux de me dire que ça leur… si ça leur allait ou pas, je me souviens le premier point de l'année que j'ai fait avec eux, je leur ai demandé s'ils avaient des retours, s'ils avaient des choses à dire et autres. Et je pense que j'essaye toujours de le faire aujourd'hui, en tout cas j'espère, mais je me suis vachement nourri aussi de leur feedback parce qu'ils étaient en la boîte, en tout cas ces deux personnes-là, avant que je devienne directeur, ils ont connu une autre direction, ils ont aussi vu la boîte évoluer et je pense qu'ils avaient aussi beaucoup à m'apporter moi en me disant bah ouais effectivement là tu peux améliorer ça. ou en mode non c'est très bien continuons comme ça j'aime bien j'avais aussi mis en place par exemple avant on envoyait un peu quand on avait un projet on l'analysait on faisait une valo une valorisation du projet et une analyse et on l'envoyait aux autres équipes pour qu'elles les transmettent et par exemple aujourd'hui une fois par semaine après on est en équipe on se réunit tous et chacun présente son projet et on débat tous ensemble C'est pas moi qui donne l'avis, je le commande comme tout le monde. Je laisse même commencer par commenter eux et après je donne mon avis pour ne pas l'influencer. Et l'idée...
- Speaker #0
On est dans des biais cognitifs de biais de confiance. Ouais voilà, tout à fait. J'ai envie que quelqu'un donne son avis.
- Speaker #1
Parce que si j'arrive et je dis non mais ce projet je le trouve pas top, déjà la personne qui commence à le présenter va être moins motivée à le présenter parce que si elle est partante pour le faire, c'est qu'il y a une raison. Et puis les autres ça va aussi les influencer.
- Speaker #0
Oui c'est sûr.
- Speaker #1
J'avais mis ça en place pour que tout le monde puisse présenter son projet, on puisse en débattre et qu'à la fin, le go ou no go sur le projet et le prix qui va sortir selon les hypothèses qu'on met, ce soit un peu le travail d'une personne surtout, mais qu'il soit alimenté un peu toute l'équipe qui a chacun son point de vue et son ressenti. J'ai mis ça en place. J'essaie de faire pas mal de petits trucs informels, mais je pense qu'on en reparlera avec eux. Et puis voilà, mon réflexe, c'est d'être à l'écoute et c'est de me mettre à leur place. Toujours bien dire bon qu'est ce qu'ils sont en train de faire, est-ce qu'ils ne sont pas sur une mission trop rébarbative. Je leur dis toujours quand je vous ai une mission urgente, essayez de ne pas passer toute la journée dessus. C'est bien peut-être de faire, vous mettez par exemple si vous avez une semaine pour faire ça et que vous vous dites ça va me prendre huit heures, ne passez pas huit heures en une journée là-dessus. Essayez de vous mettre deux heures par jour et comme ça vous serez en plus beaucoup plus productif. Donc plein de petits effets comme ça et surtout leur demander, souvent leur demander où ils en sont, s'ils bloquent sur des choses ou autre.
- Speaker #0
Clairement. Ce podcast il s'appelle manager tout terrain, c'est quoi pour toi être un bon manager tout terrain ?
- Speaker #1
Du coup, j'ai dit un peu mais en gros pour moi un bon manager tout terrain c'est déjà comprendre qui on manage parce que voilà, comme je le disais un peu, j'ai vu plusieurs collaborateurs ou stagiaires et je me suis rendu compte qu'en fait selon la personne c'est pas du tout la même. le même management qu'il faut appliquer. Je pense à des stagiaires hyper stressés qu'il fallait vachement rassurer, mettre à l'aise pour qu'ils puissent un peu plus se libérer et dérouler parce qu'une personne stressée n'est pas hyper productive et elle doute d'elle-même. Donc il faut être plutôt cool, bienveillant, essayer d'expliquer, prendre le temps. D'autres personnes qui veulent foncer ou autre et qui prennent un peu de la place sur les autres. Donc il faut aussi un peu... les calmer, il y en a d'autres qui sont beaucoup trop à l'aise quand ils arrivent. Moi je me souviens, il est encore là aujourd'hui et on s'entend hyper bien, mais j'ai un collaborateur quand il est arrivé, je pense qu'il sortait de stage peut-être un peu plus cool, ou en tout cas d'école de commerce surtout, il a débarqué dans les locaux, la première semaine il était sympa et ça allait, mais la deuxième semaine... Le midi, il prenait toute la place pendant le dej, à raconter la soirée qui s'était mise la veille, devant les autres directeurs, les PDG, il était en stage, il venait d'arriver, donc c'était pas possible. Donc voilà, j'ai appris ce que j'avais jamais fait, mais à recadrer quelqu'un dès le début en me disant, lui en fait, il faut que je sois plus ferme, parce que sinon, il va prendre trop de place, ça va commencer à gêner des gens. J'avais commencé à avoir des retours de gens qui me disaient, non mais, c'est pas possible, il est trop à l'aise, là, c'est gênant. je sentais que ça pouvait gêner aussi euh des autres directeurs donc j'ai dû le recadrer et il y a d'autres personnes au contraire faut essayer de les les insérer, il y en a qui sont plus timides on essaie de les faire présenter on va plus en gros faire l'effort de les présenter aux autres membres ou autres et puis voilà donc moi je pense être manager tout terrain c'est se mettre à la place du coup du collaborateur comprendre comment il fonctionne, quel type de personnes c'est pour en tout cas s'adapter à lui et adapter son management à lui pour faire en sorte qu'il puisse s'épanouir dans sa structure culture. et être le plus à l'aise possible, je pense que c'est le plus important. Et après, le travail et la performance viennent forcément ensuite. Une personne qui est à l'aise et qui est contente d'être là, forcément, elle donnera plus au travail qu'une autre. Et du coup, ça passe vachement à travers ça, c'est à travers l'épanouissement du collaborateur. Et du coup, cet épanouissement, il faut l'aider à le trouver. Pour moi, c'est ça.
- Speaker #0
J'interromps quelques instants cette conversation passionnante pour vous préciser que ce podcast est diffusé par MyConnecting. Chez MyConnecting, on accompagne vos projets de transformation. en intelligence artificielle, management, RSE QVCT, mais également en soft skills, performance commerciale, bureautique et digitale et en langue. Le tout à travers un ADN pédagogique qui tient en trois mots, hyperpersonnalisation, accompagnement, performance. Retrouvez toutes les informations pour nous contacter dans la description. Ok, tu me disais que vous aviez justement une culture de boîte, alors la foi qui a grandi très vite. mais c'est aussi une culture de boîte assez jeune, justement dans les rituels, dans ce que vous faites un petit peu au quotidien, on va en reparler. C'est quoi l'avantage et l'inconvénient de cette culture selon toi ? L'avantage,
- Speaker #1
c'est déjà que... Tu vas passer du bon temps quand tu es au boulot. Et je ne parle pas forcément dans ton travail ou dans tes missions, mais tu vas passer du bon temps parce que nous, on a la chance d'avoir un PDG assez actif qui aime bien profiter de la vie et des gens équilés en tout cas quand ça se passe bien et nous c'est le cas, et qui a fait beaucoup de choses en dehors du boulot pour... pour les salariés, comme des superséminaires, parfois des restos ou autre. Et du coup, quand on est dans une structure comme ça, c'est sûr que l'avantage d'être une boîte assez jeune, où tous les collaborateurs sont jeunes et il y a pas mal d'événements informels à côté, fait qu'on se rencontre hyper vite et ça devient un peu une ambiance, je ne dirais pas qu'on se retrouve un peu comme quand on était au lycée, on va revoir ses potes avec qui on va partager un moment à la récré, autre et entre temps on travaille, mais ce n'est pas très loin de ça. version adulte on va dire et du coup l'avantage c'est globalement on passe du bon temps en étant au travail et et que ce soit sur la pause déj, que ce soit ce soir en partageant un verre ou ou même du coup en travaillant en faisant des réunions avec des personnes qu'on a appris à apprécier parce qu'on a partagé des moments sympas donc ça c'est vraiment l'avantage et du coup moi en tout cas qui suis quelqu'un de très humain et social et qui adorent le contact humain, c'est important pour moi quand je vais au boulot d'y aller pour voir du monde. Moi par exemple je ne suis pas très télétravail parce que je n'aime pas être seul trop longtemps, j'aime bien faire une journée de temps en temps mais je ne pourrais pas en faire trop et j'adore aller au travail ne serait-ce que pour voir mon équipe, passer un bon moment ensemble et d'ailleurs je pense que ça se voit parce que dans mon équipe on ne prend jamais du télétravail quasiment et pourtant on a le droit mais... Je ne sais pas, on est content d'être là, on est content de se voir et du coup on passe un bon moment. Et du coup je pense que ça c'est grâce à ce côté très jeune de la boîte, on est tous à peu près le même âge, on a su passer du bon temps ensemble donc on s'est un peu rapproché. Ça c'est cool. Le désavantage par contre, c'est qu'effectivement quand on est dans une boîte assez jeune, où parfois il peut y avoir des moments un peu plus informels, sympas, où on déconne un peu, à contre à vous, il faut savoir être sérieux. Il faut savoir être sérieux, d'autant plus quand on est dans un pôle investissement, quand il y a parfois des périodes de rush assez intenses. Parfois, on a quatre ou cinq dossiers d'un coup qu'il faut présenter. Ça inclut de finir relativement tard le soir, revenir tôt le matin, le midi de manger rapidement, pas trop le temps forcément de profiter, des collègues ou en tout cas du repas ou d'autres moments et de devoir dérouler. Ça peut durer plusieurs semaines et ça peut être même stressant parce qu'on fait des comités d'investissement. On se présente devant un board de… d'investissement qui du coup peut être un peu impressionnant et forcément ça amène un peu de stress et du coup parfois il faut amener la personne à comprendre que c'est le moment d'être pas stressé mais concentré et l'ennui c'est quand on est dans une boîte qui est un peu cool parfois quand on a l'habitude de prendre une pause déj sympa voilà on n'est pas sur les horaires nous parce que Globalement ils arrivent tous tôt, ils partent tous tard donc quelqu'un qui prend une pause d'échec plus longue, ça n'a jamais été un problème. Par contre, il faut le savoir, ne pas le faire dans les périodes de rush. Et le désavantage d'avoir une boîte où c'est une culture un peu jeune, où on s'entend tous bien, c'est justement de trouver le bon moment d'être sérieux et de faire comprendre en tout cas aux personnes dans ton équipe que c'est le moment de s'y mettre. Mais globalement ça se passe bien mais c'est vrai que ça peut être un point négatif d'être dans cette ambiance. Même si pour moi, ce n'est pas un gros sujet négatif.
- Speaker #0
En préparant cette interview, je t'ai demandé si tu avais une conviction forte sur les sujets de management. Et tu m'as dit, cette phrase que j'ai notée, tu ne peux pas réduire ta relation uniquement au travail. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus de ce que tu entends par là, justement ?
- Speaker #1
Je pense que tu l'as un peu compris. Je m'entends bien avec mon équipe. Et je m'entends bien avec elle. parce qu'on a fait en sorte d'avoir une équipe comme celle-là. Moi, c'était hyper important dans le recrutement de sentir, en fait, outre les qualités, on va dire, analytiques et financières et tout ce que tu veux professionnel de la personne. Le très important pour nous c'était le feeling, de sentir si le mec allait être dans la bonne dynamique, qu'il allait bien fonctionner avec les autres membres de l'équipe. Moi je me souviens d'avoir fait des entretiens avec une personne, franchement le CV impeccable, sortait d'une super école de commerce, en plus avait fait des super stages, mais il n'y avait pas ce côté, je savais que ça allait friter, je savais qu'il allait avoir de la compète. Tu n'as pas senti le fit quoi ? Je n'ai pas senti le fit, je sentais que le fit avec moi allait plutôt marcher, parce que la personne était motivée. mais je sentais qu'avec les équipes ça n'allait pas forcément, en tout cas mon équipe, ça n'allait pas forcément bien prendre. Et on a privilégié une personne qui était beaucoup plus, du coup, peut-être que le CV faisait moins rêver, au final on n'en saura jamais qui était le meilleur en tout cas, la partie professionnelle, mais en tout cas avec qui on avait beaucoup plus ce feeling. Moi je partage souvent mes impressions avec la RH parce qu'elle les rencontre aussi, et souvent je fais rencontrer du coup un entretien à un autre membre de l'équipe pour avoir aussi son ressenti. Et globalement, en fonctionnant comme ça, en parlant un peu de comment on ressent la personne, ça a toujours un peu aidé. Du coup, l'équipe s'est construite avec des gens qui, je pense, ne sont pas du tout pareils, ne se ressemblent pas du tout, mais fonctionnent bien ensemble. Et du coup, pour moi, c'est important parce qu'on va passer peut-être 40, 50 heures par semaine ensemble. Du coup, je ne sais pas si on s'en compte, mais sur une journée, en tout cas en semaine, sur 24 heures, on va peut-être passer 9-10 heures ensemble, au moins, parfois 11 heures même. Étant donné qu'on dort 7-8 heures par nuit, en gros, pour résumer, tu restes 5 heures où tu n'es pas avec tes collègues, tu es chez toi, tu souffles ou tu fais des tâches ménagères ou tu es dans les transports ou tu profites un peu de ta famille. Donc, si tu enlèves les week-ends, effectivement, ça fait que tu passes la plus grosse partie de ton temps. avec tes collègues. Moi, ça fait 7 ans que je suis dans la boîte, donc j'ai l'impression que mes collègues, je ne sais pas les heures que j'ai passées avec eux en bossant, mais c'est stratosphérique. Du coup, pour moi, comme tu passes le plus de temps dans ta journée et quasiment ton année, en tout cas, avec tes collègues et certainement encore plus avec les membres de ton équipe, c'est hyper important de connaître les personnes. En fait, voilà, une personne, elle a une vie perso, tout le monde l'a, et on n'en parle pas forcément, mais comprendre comment est-ce qu'une personne va la journée, pourquoi est-ce qu'elle irait moins bien aujourd'hui, pourquoi est-ce qu'elle doit partir plus tôt parce qu'il y a un sujet, ou alors... ou juste savoir si tout va bien, tu vois. Je trouve que c'est hyper important parce que ça permet de s'adapter à cette personne ce jour-là et à faire en sorte que tu l'accompagnes s'il y a un truc qui ne va pas. Il ne faut jamais rentrer trop dans le perso, je pense. Mais en tout cas, l'accompagner s'il ne va pas et s'adapter un peu à elle pour montrer que, en tout cas, voilà, on est là. Et pour moi, c'est comme ça que tu crées une équipe. Et c'est ce que je voulais, c'était pas créer un département. Ouais, tout à fait. C'est créer une équipe. Et quand tu as créé une équipe, en fait, tu gagnes vachement, je pense, en productivité et voilà ce que je dis c'est quand tu es content d'aller au boulot que c'est agréable et que tu vas rejoindre ton équipe vraiment plus que des collègues avec qui tu bosses avec qui tu fais en sorte de faire les projets parce qu'on se met tous dessus on s'est changé projet c'est pas chacun fait son truc et tu connais un peu la vie perso de chacun et comment est-ce qu'ils réagissent à certains trucs les sujets touchy du moment quand il veut acheter un appart quand il est machin tout ce que tu fais en plus que d'être collègues permet de créer cet esprit d'équipe qui je pense est hyper important pour la productivité et du coup aussi pour l'ambiance générale.
- Speaker #0
T'as raison et effectivement le côté c'est intéressant, ce que tu dis sur la partie est-ce que le recrutement en question va fitter ou pas avec le reste de mon équipe indépendamment de son travail. Ça c'est un point je pense qui est vachement sous-estimé au sein d'une équipe et on sait que ce qui ternit la performance au sein d'une équipe c'est notamment les conflits. Donc, de pouvoir un peu le faire en anticipé, c'est carrément pertinent. Ok, et comment tu fais ça justement au quotidien, de prendre le temps pour apprendre à connaître l'autre ? Est-ce qu'il y a des choses spécifiques que tu fais pour rentrer sur cette partie un peu perso, sans trop en faire non plus, comme tu disais ?
- Speaker #1
Tout à fait. Alors déjà, on essaie de temps en temps de boire une bière. Ça, c'est le truc hyper classique. Je pense que beaucoup de gens font. mais en On se retrouve parfois après une grosse journée, tout le monde a pas mal bossé, a envie de souffler, on part peut-être le lendemain ou si on a le temps, ou le soir si on a déjà fini un peu plus tôt, et on va se partager une bière pour passer un petit moment un peu informel, parler d'autre chose que le boulot ensemble et se détendre. Ça c'est des trucs simples. Également, parfois on fait des petits déjeuners d'équipe, je pense qu'on fait ça une fois par trimestre, un peu plus de temps en temps. ça dépend des périodes par exemple si tu veux veux on a passé un comité d'investissement un peu compliqué un vendredi je vais emmener tout le monde déjeuner midi ils sont hyper content du coup d'avoir ce moment là le vendredi après parce qu'on passe en comité tous les vendredis c'est un peu particulier et du coup le vendredi après c'est beaucoup plus relax on va un peu se détendre on va bosser quand même c'est pas c'est clairement il ya de l'enjeu il ya pas mal de travail à fournir mais
- Speaker #0
c'est plus détente et en créant ce genre de choses ça va bien tu vas adapter ça on va dire notamment à des temps un peu plus où tu sais que la tension soit est à son comble soit justement doit redescendre un petit peu Tu veux aussi adapter, mettre ces moments-là.
- Speaker #1
Tout à fait. Par exemple, là, début d'année, on a eu un moment où on avait beaucoup de tensions parce qu'on devait présenter 5-6 projets en comité et les signer et tout. Donc, c'était pas mal de sujets à gérer. Et ce que je faisais de temps en temps, c'est quand je voyais que ça faisait 2 heures que personne ne parlait au bureau, soit je mettais un coup... Alors, ça vous dit, on s'écoute un peu de musique. Ce qu'on faisait, c'est chacun du coup... On me donne sa musique, on m'envoie sa musique sur Spotify, j'y mets la suite des autres, on doit deviner un peu qui a donné sa musique ou autre, donc ça fait un peu animer et puis ça empêche pas de bosser en même temps parce qu'on écoute la musique. Ouais,
- Speaker #0
carrément.
- Speaker #1
Je fais aussi parfois des petits jeux où, voilà, je vous donne un exemple, mais une fois je sentais que c'était hyper tendu, tout ce niveau boulot, mais pas entre eux niveau boulot parce qu'il y avait vraiment de la dose. J'en ai dit bon, alors ça prend 15 minutes, on va faire un jeu. Je vais vous donner... Chacun va donner un truc complètement loufoque. On va devoir deviner combien ça coûte. Celui qui est le plus près marque tant de points. Celui qui est dernier marque tant de points. Et à la fin, chacun fait ça. Celui qui a gagné le plus de points a gagné. Et celui qui est dernier va chercher avec l'avant-dernier un goûter pour tout le monde, par exemple. Et du coup, ce n'est pas grand-chose. Mais c'est vrai, ça prend 15-20 minutes dans la journée. Mais du coup, pendant 15-20 minutes... Tout le monde a soufflé, on a fait un jeu qui n'est pas terrible, mais qui est assez drôle, à trouver le prix d'un hélicoptère ou un truc comme ça. Et du coup, ça a fait un peu rire tout le monde. Au final, ça a permis en plus de prendre un petit goûter ensemble après rapidement. Donc tout le monde était content, puis après on est retourné au boulot, on a pas pu décontracter autre.
- Speaker #0
C'est une pause en collectif quoi ? Ouais,
- Speaker #1
c'est une pause d'animation, je peux dire, un peu animateur. J'ai pas le baffin, mais ça ressemblait un peu à ça. Ça je le fais rarement, je le fais quand ils sont stressés. Après c'est vraiment plus des petits trucs informels comme aller boire un verre, discuter, se prendre un café, prendre un peu le temps de temps en temps de se poser. Et après, dans les périodes un peu plus cool où il y a moins de boulot, bon il y en a toujours beaucoup. Mais je les autorise à partir plus tôt, à compenser un peu, à prendre un peu de temps pour eux aussi. Et ça, je pense que ça aide aussi à créer du lien, de savoir que le manager, c'est faire la part des choses quand il y a moins besoin des personnes. Pas les garder pour faire les horaires, mais dire, écoutez les gars, on a eu des grosses semaines. Là, cette semaine, c'est plus tranquille. Franchement, partez un peu plus tôt, allez profiter du soleil et de vos potes.
- Speaker #0
C'est pas lié un peu à la culture du présentéisme qu'on peut avoir par moment ?
- Speaker #1
Ouais, après j'y arrive. Moi j'ai du mal parce que je pense que j'ai cette volonté de justifier ma place. Donc moi en tout cas, j'arrive toujours le premier matin et je pars souvent dans les derniers. Mais j'essaye en tout cas de, eux, leur les dé... Dédiaboliser le fait de partir tôt et de faire du présentéisme quand c'est le bon moment en leur disant bah oui pas de souci tu peux partir si tu as quelque chose de pas vu. Là par exemple il y en a un cet après midi qui avait réservé il y a longtemps avec un pote un paddle à Versailles qui était venu plus tôt le matin pour partir plus tôt pour faire son paddle. La période est plus creuse, il n'y a pas de souci. Je sais qu'il sera là le moment où il y aura beaucoup plus de boulot. Il n'y aura pas de souci, je pourrais compter sur lui. Et c'est aussi parce que je peux compter sur lui qu'on forme une équipe, que je permets ça. Je pense que ce ne serait pas aussi évident si l'équipe n'est pas si bien, qu'il n'y ait pas autant d'esprit d'équipe.
- Speaker #0
Ok, carrément. Il y a certaines personnes, quand justement... On crée une relation un peu plus forte qui peut avoir du mal justement, c'est que cette frontière ami-collègue, toi tu m'as dit que vous aviez en plus plus ou moins tous le même âge, en tout cas c'est une culture qui est assez jeune on l'a dit, comment tu gères cette dimension de à la fois, je reste le manager, je reste un collègue. Donc je ne suis pas ton ami, mais je dois faire... À la fois, j'ai envie d'être proche de toi. Oui,
- Speaker #1
tout à fait. Ce n'est pas facile. Honnêtement, ce n'est pas facile. Je me pose très souvent la question et j'essaie souvent de prendre du recul. Et souvent, je prends après avoir parlé. Je l'explique, mais par exemple, parfois, il y a des moments où on est à fond dans le boulot et on commence un peu... La journée est longue, on commence à être un peu fatigué. Et on commence un peu à sortir des conneries sur le bureau, ça détend un peu tout le monde. Et parfois, après coup, quand une autre personne a un peu réagi, on se dit « Ah merde, là je suis allé un peu trop loin » . C'est jamais des choses malveillantes, mais juste tu fais une blague un peu trop que tu ferais dans l'intimité ou en tout cas avec tes potes, tes collègues qui disent ok s'il peut la faire, moi aussi.
- Speaker #0
Tu donnes une autorisation.
- Speaker #1
Tu donnes l'autorisation, ce qui est tout à fait normal, sauf que toi après coup, tu es là en mode ah merde, c'est vrai que j'ai donné l'autorisation et du coup, j'espère que ça ne va pas du coup ouvrir la porte. à ce que ce soit n'importe quand ce genre de choses parce que c'est vrai que là c'est arrivé comme ça et c'est pas trop le cas et parfois ben on quand la personne ensuite se le permet on essaye de surcompenser enfin en tout cas de compenser en étant un peu plus rigide en disant non mais tu peux pas dire ça enfin fais gaffe et tout sauf que c'est pas c'est pas un bon signal parce que la personne elle dit mais je comprends pas parce que un moment il est hyper cool, il se permet vraiment des des digressions, enfin en tout cas d'être très très familier et à l'aise et d'un autre moment il va être beaucoup plus sérieux et voilà c'est pas le moment ça correspond pas forcément non plus au moment où on a besoin d'être sérieux ou on peut s'étendre par rapport à la dose de travail ou ce qu'il faut fournir parce que c'est clairement où on se dit bah là il va aller un peu trop loin s'il le fait au mauvais moment ou avec d'autres mauvaises personnes ça va être un peu chaud donc c'est vrai que du coup quand t'es trop proche des gens il faut trouver juste équilibre Il n'est pas forcément évident à trouver. Je pense qu'il est beaucoup plus dur à chercher, en tout cas quand on est dans des grosses boîtes beaucoup plus formelles, parce qu'on n'a pas cette relation d'équipe. Et que c'est vrai que quand on devient proche de ses collègues, forcément ça amène ce genre de discussion.
- Speaker #0
Comment tu arrives à le trouver toi du coup aujourd'hui ?
- Speaker #1
En tout cas, déjà moi quand j'étais un peu froid avec quelqu'un ou quand je lui dis attends, attends, c'est pas à toi de parler, ou voilà, j'ai dû calmer un peu la situation, ce que j'ai fait. c'est que je suis allé voir la personne un peu à part je lui ai fait écoute je suis désolé j'aurais pas dû te remballer ou en tout cas être un peu incisif avec toi c'est juste que c'était pas le bon moment pour en parler voilà faut que tu laisses en tout cas la place aux autres ou alors tu peux pas dire ça au boulot faut faire gaffe au moment ou autre enfin tu vois que tu comprennes et au final je pense que trouver le juste équilibre C'est du coup rester naturel, rester soi-même du coup. Il y aura toujours des moments de fatigue où on peut un peu partir en live et si c'est le cas, et qu'on sent qu'il y a d'autres personnes qui se peuvent permettre des familiarités trop proches, par exemple sur sa vie privée ou autre, ne pas hésiter à prendre, en tout cas ne pas garder de non-dit, communiquer. Prendre peut-être la personne à côté en disant écoute c'est pas grave mais tu vois je préférais que tu fasses gaffe à ne pas le dire devant tout le monde parce que c'est vrai que peut-être qu'à l'apéro on buvait une bière, ... Je t'ai parlé du fait qu'avec ma copine, je ne sais pas, on voulait déménager. Je ne voulais pas que les gens aussi le sachent. Donc, tu vois, ce n'était pas le moment de le balancer comme ça devant tout le monde.
- Speaker #0
De le respecter spontanément aussi. Ça,
- Speaker #1
c'est un peu respecter. Après, par contre, tu ne peux pas trop en vouloir non plus parce que tu n'as pas établi les règles de ce qui peut... À quel point on peut être proche ou pas. Ça se crée tout seul. Ça, c'est plutôt le début. Après, aujourd'hui, une fois que tu mets ça au clair et que tu as la communication, que la personne sait pourquoi, tu t'es un peu fermé. Et Et ce qui est plutôt, on va dire, accepté ou non, ça prend un peu de temps, mais une fois que c'est établi, tu n'as plus ça. Et aujourd'hui, je pense que dans mon équipe, on sait exactement à quel niveau on peut se trouver les uns les autres en termes de plaisanterie ou d'intimité ou autre, en tout cas, sans que ça devienne un peu trop personnel et en tout cas que ça gêne la personne. Moi, je sais qu'il y a un collègue. il est beaucoup plus ouvert sur sa vie privée, il adore en parler. Quand il arrive le matin, il adore nous dire « j'ai fait ça ce week-end, je suis en train de faire des choses dans mon appart, tout autre. » Il nous parle de tout, il nous montre les photos, il adore. Donc, tu lui poses des questions, ça se passe bien. Il y en a d'autres, ils n'ont pas envie de parler de leur vie privée, ils n'ont pas envie qu'on s'intéresse à qui, s'ils ont une copine ou autre. Donc voilà, petit à petit, en fait, plus tu crées cette... cette connaissance de ton collègue et de la personne, plus tu t'adaptes à ta façon de communiquer avec lui et toute l'équipe en fait, comme tout le monde se connaît, s'adapte et à la fin tout le monde est d'équerre. Mais c'est sûr que dès que tu as un nouvel arrivant ou quand il y a un peu des mouvements, forcément il faut un peu redéfinir les règles, recadrer un peu ce qui est accepté ou pas et très vite en fait les gens s'y mettent et voilà. Mais forcément quand tu bois des bières avec tes collègues, ce que tu as fait la veille, tu ne peux pas le reproduire forcément. le lendemain, tu es forcément obligé d'un peu recadrer. Mais je pense qu'aujourd'hui, tout le monde le comprend et tout le monde sait que ça fonctionne ainsi.
- Speaker #0
Ok. Si tu avais un seul conseil très concret, justement, pour un manager qui voudrait cultiver ce lien informel dans son équipe, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Moi, pour le cultiver, en tout cas, j'ai essayé de faire des choses marrantes adaptées à l'équipe. Mais par exemple... L'année dernière, pour Noël, on fait des petites sorties. Ça permet de resserrer un peu les liens de l'équipe. Et ce qu'on avait fait, c'est qu'on avait fait un peu un atelier do it yourself où on est allé une journée dans une charcuterie boucherie parisienne qui est très bien, où ils font des ateliers où on travaille dans une charcuterie comme un charcutier. Alors, personne n'est charcutier dans l'équipe. Je me suis assuré avant que ça allait à tout le monde parce que c'est un peu particulier. Mais du coup, on est tous allés ensemble passer une journée avec un charcutier qui nous a tout expliqué son fonctionnement, comment il travaillait ou autre, quel était le métier de charcutier, qu'est-ce qu'il faisait dans la vie en fait, qu'est-ce qu'il fait, comment il s'improvise, tout ça. Et ensuite, pendant deux heures et demie, on a préparé des produits pour la charcuterie. On a fait un pâté tête, on a fait des paupiettes, on a taillé des côtes, on a fait des rillettes, des terrines et ainsi de suite. Tout ensemble en fait.
- Speaker #0
Ouais, original.
- Speaker #1
Ouais, original, ouais. Franchement, ça ne plaît pas à tout le monde. Moi, je l'ai vraiment fait parce que je savais que ça allait à tout le monde.
- Speaker #0
C'est pour ça que tu es végétarien dans l'équipe.
- Speaker #1
Tout à fait. Et après, en plus, on a déjeuné ensemble avec le charcutier, notamment des choses qu'on avait préparées. Et on a discuté un peu de ce qu'ils ont ressenti, comment était la journée. Ça permettait ensemble de faire autre chose que de travailler en équipe. parce que c'est quand même un boulot d'équipe parce qu'on était plusieurs sur chaque sujet ça permet de découvrir autre chose, de se découvrir aussi dans un autre contexte avec une côte de maille et un couteau pour découper de la viande sans se couper soi-même ou alors avec un foie de veau ou de porc à dépiauter c'est quand même... voilà on est dans un registre qu'on ne connaît pas on est en costume, enfin pas costume mais on est en chemise blazer chino toute la journée devant un ordi, voir trois écrans d'ordi même, pas trop bouger de notre open space, on se retrouve debout dans une charcuterie avec le charcutier en fait à faire tout à fait autre chose. Et ça, ça crée vraiment beaucoup de liens informels j'ai trouvé. Pourquoi ? Parce qu'en fait on s'est découverts, on s'est vraiment découverts en faisant un autre atelier qui sortait du lot et voilà.
- Speaker #0
C'est de vivre autre chose en équipe.
- Speaker #1
C'est exactement, c'est de vivre autre chose en équipe qui n'est pas forcément aller boire une bière après le après une journée de taf ou autre, parce que ce n'est pas forcément à travers ça que ça se passe.
- Speaker #0
Merci beaucoup Arthur pour tes réponses et le temps que tu nous as partagé. Est-ce qu'on peut te suivre quelque part, si on veut suivre ton actualité, l'actualité de ton entreprise ?
- Speaker #1
L'entreprise, c'est The Boot Society. Nous, en ce moment, pour l'actualité, on a levé 615 millions d'euros de... de dette financière, à peu près 600 millions d'euros d'investissement d'un gros fonds norvégien. Donc voilà, là on est très actif, on a investi 1,3 milliard sur le marché français-espagnol en résidence étudiante. La marque CLE, la marque Hive, donc si vous voulez suivre un peu les aventures de ce département Invest, de cinq personnes hyper motivées qui se développent en France et en Espagne, avec deux marques hyper sympas un peu partout dans les villes de France, vous pouvez aller voir ce que fait CLE. Et HIFE sous la marque, en tout cas sous le groupe The Boost Society, et en espérant que vous aurez l'occasion de venir en tout cas loger dans une de nos résidences.
- Speaker #0
Trop bien, on mettra tous les liens en commentaire.
- Speaker #1
Merci Simon.
- Speaker #0
Merci Arthur. Merci d'avoir écouté Manager Tout-Terrain. Si l'épisode vous a plu, la première chose à faire est de le dire à l'invité via les réseaux sociaux pour le remercier. Ensuite, vous pouvez vous abonner au podcast et laisser un avis 5 étoiles. Ça nous aide beaucoup pour remonter dans les classements. Le podcast manager tout terrain est diffusé par MyConnecting, l'organisme de formation qui vous accompagne dans le développement de vos compétences transverses. Vous retrouverez dans la description toutes les informations pour nous contacter. Et moi, je vous dis à la prochaine !