Speaker #0Bienvenue sur le podcast Manger en Paix, je suis Charlène Béraud, diététicienne, nutritionniste et hypnopraticienne avec une approche très globale. Et ma mission est simple, rendre aux gens la joie d'habiter leur corps. Ici on parlera donc bien évidemment du corps, de nos comportements alimentaires et de l'estime de soi, sans pression et sans violence. Ce podcast c'est comme un chemin, un chemin où chaque épisode t'aide à avancer vers une relation plus douce avec toi-même, à ton rythme à toi. Si tu es là... c'est que tu aspires à plus de paix, de liberté, de légèreté, alors bienvenue, respire un bon coup, tu es au bon endroit. Bonjour à toi ! Dans l'épisode d'aujourd'hui, nous allons tenter de comprendre l'angoisse d'anticipation pour t'aider à sortir doucement des compulsions alimentaires. Je mets un peu de contexte. Est-ce que ça t'est déjà arrivé de te réveiller le matin en disant Allez, aujourd'hui, surtout, je craque pas, aujourd'hui, ça va être une super... journée, je vais super bien manger. De passer donc ta journée à surveiller chaque pensée, chaque envie, chaque regard vers la cuisine, le placard. Et tu te répètes, tu te répètes de aujourd'hui c'est une bonne journée, je ne craque pas, je ne craque pas. Et plus tu te le répètes, plus ça tourne dans ta tête, un peu comme un disquerier. Ne mange pas, contrôle-toi, fais attention, tiens bon. Et pourtant, fin de journée ou le soir arrive, la fatigue avec, l'émotion déborde. Et là, c'est la compulsion. Comme si ton corps te disait, tu vois, tu avais tellement peur de ça, que je t'ai prouvé que ça arrive et tu l'as provoqué. Aujourd'hui, j'aimerais du coup te parler vraiment de ça, de ce mécanisme invisible, de cette angoisse d'anticipation qui, sans qu'on s'en rende compte, va entretenir les compulsions. Alors, au moins en partie. Les pulsions, c'est souvent quelque chose de multifactoriel, mais en tout cas, cette angoisse d'anticipation peut être l'un des facteurs qui peut jouer et favoriser l'apparition des pulsions. Donc là, on se concentre aujourd'hui sur ce phénomène d'angoisse d'anticipation. Pour commencer à en sortir avec douceur, mais on avance quand même. Donc, la première chose, ça va être en fait de prendre conscience qu'on la... peur, justement, devient un peu comme un piège. Imagine-toi un instant que ton esprit soit comme un lac. Quand tout va bien, l'eau est calme, mais que quand tu commences à avoir peur, la peur, ça va... On va l'imaginer que c'est comme si tu jetais des pierres dans ton lac. Une pierre, c'est la pensée, et si je craque ce soir ? Et une autre pierre, ça va être, mais si je perds le contrôle ? Et encore une autre pierre, ça va être, j'ai pas le droit, il faut pas. Résultat, t'as lancé plein de pierres. dans ton lac, l'eau devient donc agitée, troublée. C'est impossible d'y voir clair parce qu'en fait, ça devient tout flou. Plus tu as peur, plus ton mental s'agite et plus il s'agite, plus ton corps cherche un moyen de se calmer. Et souvent, ce moyen, ça va être la nourriture. Pas par faiblesse, mais par survie émotionnelle. Est-ce que ce principe commence à être un petit peu plus clair pour toi avec cette métaphore ? Donc ton esprit, c'est un lac calme. Toutes les pensées, par peur, par la peur d'anticipation, tu vas jeter des pierres. Mais si je craque ce soir, il faut... j'ai pas le droit, je dois faire attention. Donc avec ces pierres, ton eau, ton lac devient tout troublé, tout agité. Tu n'y vois plus clair, ton mental s'agite. Plus il s'agite, plus ton corps... veut chercher un moyen de s'apaiser et ce moyen, c'est la nourriture. C'est vraiment une survie émotionnelle. Et à force, à moyen terme, à long terme, on entre dans l'hyper-contrôle, l'hyper-pensée et donc l'hyper-épuisement. Quand on souffre de compulsion, on tombe souvent dans ces deux pièges. Piège 1, l'hyper-intention. Il faut absolument que je me contrôle. Je dois réussir. Cette fois, c'est la bonne. Et en deux, l'hyper-réflexion. Mais pourquoi j'ai envie ? Mais est-ce normal ? Est-ce grave ? Qu'est-ce que ça veut dire que je pense ça, que je fais ça ? Ton cerveau devient en fait clairement un centre de surveillance. Il analyse, suranalyse tout. Il juge, il anticipe. 24 sur 24. Et devine quoi ? Un cerveau sous pression. qui s'épuisent, puisqu'il n'y a jamais d'arrêt, en fait, il craque. Et il craque toujours. Pas parce que c'est nul, mais parce qu'en fait, il n'en peut plus, parce qu'il est fatigué. Fatigué par cette hyper-intention, et surtout cette hyper-réflexion, cette hyper-anticipation. Prenons un exemple concret. L'exemple de Sophie et du chocolat. L'histoire, c'est que Sophie adore le chocolat. Mais pour elle, le chocolat est signe de... danger de prise de poids, donc en désaccord total avec ses objectifs. Et du coup, chaque matin, elle se dit, aujourd'hui, je ne touche pas au chocolat. Aujourd'hui, je ne craquerai pas et je n'irai pas au magasin en acheter. Donc forcément, elle fait en sorte d'éviter le rayon, même si elle pense au chocolat. Elle lutte contre le chocolat. Elle parle au chocolat dans sa tête. Résultat, en fait, le chocolat prend une place énorme dans son esprit. C'est comme un monstre dans sa tête. tellement il prend de place. Et en fin de journée, le soir, après une journée de travail, quand on est fatigué, potentiellement émotionnellement assez vidé, elle ouvre le placard et elle mange tout le chocolat. Ensuite vient le cercle culpabilité, honte, et la promesse, c'était la dernière, demain j'arrête, et demain le cycle recommence. Et en fait là, ce qui est important pour moi de te faire prendre conscience, C'est que c'est pas le chocolat le problème. Le problème, c'est la guerre que tu te fais toi-même autour du chocolat. Je te propose maintenant qu'on imagine autre chose. Sophie rencontre une diététicienne avec une approche assez globale et comportementale. Et celle-ci lui dit, et si au lieu de lutter, tu... tentait de faire l'inverse. Elle, assez choquée et perplexe, commença l'inverse. La diététicienne lui propose, quand tu as peur de craquer, dis-toi volontairement, ok, ce soir, je m'autorise à manger du chocolat. Je choisis que si mon envie est là, c'est ok de manger du chocolat. Même beaucoup de chocolat si j'en ai envie. Pas pour se forcer, mais juste pour enlever la pression. Donc ça peut être plus ou moins facile, difficile, suivant où vous en êtes dans votre état d'esprit, on va dire du moment. Mais ce qui est sûr, c'est que si Sophie se sent prête à ce moment-là à tenter cette expérience, là quelque chose peut changer parce que le chocolat devient normal en fait. Ce n'est plus un interdit. Ce n'est pas un produit sacré, c'est en fait ce qu'il est, juste un aliment. Ni noir, ni blanc, ni rouge, ni vert, c'est redevenu ce qu'il est, c'est-à-dire juste un aliment. Et peu à peu, je ne dis pas tout de suite, mais peu à peu, à force, en fait elle en mange moins. Mais ce qui est hyper important, c'est qu'elle en mange moins sans effort, sans combat, sans promesse. Et ça, je l'ai vu plein de fois et je sais que je vais continuer de le voir plein de fois au cabinet. Ce n'est pas forcément quelque chose d'évident à mettre en place, parce que ça ne fait pas partie de votre zone de confort qui est pourtant très inconfortable, mais c'est utile, ça vous apporte beaucoup de bénéfices. C'est quelque chose qui est important à oser tenter. Maintenant, je vais essayer d'expliquer du coup un petit peu plus. Ce qui s'est passé dans cet exemple avec Sophie. Cette approche, en fait, ça s'appelle l'intention paradoxale. C'est hyper simple, mais c'est aussi hyper puissant. Parce qu'en fait, quand tu arrêtes de fuir ta peur, quelle qu'elle soit, on parle forcément d'alimentation, mais quelle qu'elle soit, quand tu arrêtes de fuir ta peur, elle se calme quand tu lui dis « ok » . C'est ok, je t'autorise. Elle perd en fait son pouvoir malsain. C'est comme un enfant qui crie. Si toi, tu cries plus fort, lui aussi l'enfant, il va crier mille fois plus fort. Si toi, tu arrives à rester très calme et au contraire à l'opposer, hyperposé avec une voix hyper douce, l'enfant va s'apaiser beaucoup, beaucoup. plus rapidement. Et ton corps ? En fait, ils fonctionnent exactement pareil. Et ça marche vraiment sur le long terme, donc ce qui est quand même plus important, on est d'accord. Tu veux régler ton comportement alimentaire pour te sentir mieux dans ton corps, dans ta tête, mais durablement. Et ça, ça fonctionne vraiment sur le long terme parce qu'en fait, tu passes de la guerre à la coopération. Tu passes de la honte à la compréhension. Tu passes du contrôle à la confiance. Et surtout, tu envoies plusieurs messages profonds à ton corps. Je suis en sécurité. Je ne vais pas te punir. Tu peux te détendre. Et un corps détendu, il a beaucoup moins besoin, voire peu. Pas du tout de compulser, ce qui est quand même ce qui peut être magique. Si tu as envie de tenter ce pas-là, je te propose cette semaine. Quand tu as une forte envie qui arrive, respire. Respire profondément, mais genre une vraie respiration. Et dis-toi intérieurement, j'ai le droit. Repense à moi, ou peut-être aide-toi de moi si jamais, Charlène m'a invité à avoir le droit. Je ne suis pas en danger, je peux choisir. Et observe, observe avec le moins de jugement possible, sans obligation et avec le plus de curiosité possible, ce qui se passe en toi, dans ton esprit, comment c'est, et peut-être que oui. Au départ, rien que d'y penser, tu vas être encore en panique, tes pensées vont mettre plein de cailloux dans ton linge intérieur, troubler ta vision. Mais pour autant, au fur et à mesure des jours, tu vas pouvoir continuer cette expérience, ce premier petit exercice, t'autoriser à entendre certains mémos, réécouter cet épisode de podcast, jusqu'au jour où tu choisiras d'oser l'expérience. Et puis de voir est-ce qu'elle a plus ou moins fonctionné, à quel niveau, peut-être pas totalement ce que tu espérais. Et en même temps, tu choisiras de recommencer la prochaine fois que tu auras une pulsion qui va monter en toi. Et j'imagine que l'expérience sera peut-être encore un petit peu plus positive ou pareil que la précédente, mais ce sera la troisième fois qu'elle avancera. Et petit pas par petit pas, tu avanceras, tu te libéreras. Et j'aimerais terminer... Avec ces mots, j'aimerais que tu repartes avec ces phrases que tu n'es pas faible, tu n'es pas dépendante de la nourriture, pas autant que tu le crois en tout cas, rien n'est foutu. Tu es peut-être sûrement une personne sensible qui a appris à survivre avec la nourriture et aujourd'hui, tu souhaites, tu as l'envie d'apprendre une autre manière d'exister, une autre manière... de vivre, avoir une autre relation avec la nourriture, avec toi-même, plus douce, plus respectueuse, plus libre. Et ça, c'est quelque chose qui se fait pas à pas. Je sais que ça peut paraître une montagne, une échelle immense, mais encore une fois, petit barreau par barreau, vous pouvez la monter cette échelle, je le sais. Oser commencer ? Et vous savez bien sûr que si besoin, je suis là pour vous accompagner. Voilà, merci de m'avoir écoutée jusqu'au bout. Et si cet épisode t'a fait du bien, n'hésite pas à mettre 5 étoiles où tu le peux sur ta plateforme d'écoute, à le partager à quelqu'un qui pourra en avoir besoin, à l'enregistrer pour que tu puisses le réécouter. Parce que je pense que c'est un épisode qu'on a pas mal besoin de réécouter. Voilà, merci et on se retrouve lundi prochain pour continuer ce chemin ensemble et en attendant, continue à ton rythme et surtout offre-toi un peu plus de paix jour après jour.