Speaker #0Bienvenue sur le podcast Manger en Paix, je suis Charlène Béraud, diététicienne, nutritionniste et hypnopraticienne avec une approche très globale. Et ma mission est simple, rendre aux gens la joie d'habiter leur corps. Ici, on parlera donc bien évidemment du corps, de nos comportements alimentaires et de l'estime de soi, sans pression et sans violence. Ce podcast, c'est comme un chemin, un chemin où chaque épisode t'aide à avancer vers une relation plus douce avec toi-même, à ton rythme à toi. Si tu es là... c'est que tu aspires à plus de paix, de liberté, de légèreté. Alors bienvenue, respire un bon coup, tu es au bon endroit. Bonjour à toi et bienvenue dans cet épisode un peu particulier, totalement hors série, que je souhaitais publier absolument aujourd'hui, ce 24 avril. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'hier, c'était l'anniversaire de mon deuxième fils, il a eu deux ans, et demain... Le 25, c'est l'anniversaire de mon aîné, de mon premier garçon qui va avoir 4 ans. J'ai eu deux bébés reflux, deux bébés avec un RGO. Le deuxième a eu un RGO encore bien pire que le premier. Ça a été forcément du coup très compliqué. Et hier, pour ces deux ans, j'étais vraiment très émue et très heureuse qu'il ait entre guillemets enfin passé ce cap. Merci. Déjà les 1 an, la marche a forcément été un cap. Et si tu écoutes ce podcast, c'est peut-être que tu as ou que tu as eu ou que tu souhaites t'informer sur le reflux. Et tu sais que la marche, donc le cap des 1 an peut être un assez gros cap. Mais j'avais vraiment hâte du cap des 2 ans. Et en fait, ça y est, j'y suis. C'est passé un peu plus vite que prévu. Ça a été long certains jours et rapide d'autres. Et je voulais vraiment aujourd'hui apporter du soutien. dans cet épisode. Donc voilà, c'est pour ça que je fais cet épisode. Le but est vraiment de parler du reflux des bébés, pas de donner de solution miracle, mais vraiment pour vous sentir moins seul, pour que tu te sentes moins seul et que tu comprennes peut-être comment moi j'ai pu traverser cette période en essayant de ne pas trop m'oublier et pour que tu fasses mieux que moi. Remettons donc du contexte. Tu es au milieu de la nuit, la maison est silencieuse, tout le monde dort, sauf toi forcément. T'as déjà ton bébé à pleurer un peu, t'as compris qu'il voulait un biberon, en tout cas c'est un peu ta seule marme. Même si c'est pas forcément l'idéal pour les reflux, tu lui donnes un biberon, il s'apaise un petit peu, ses yeux se ferment. Tu crois que ça y est, tu vas pouvoir te rendormir parce que lui c'est le cas et en fait il se met à hurler. Et c'est pas des petits pleurs, c'est vraiment des hurlements, ceux qui vont peut-être te traverser le corps quoi. Donc, tu te relèves un peu plus, tu le prends, tu le berces, tu trouves une position, une seule. Moi, c'était vraiment ça, une seule position. Debout, les bras qui tiennent, les jambes qui encaissent, des petits squats, un bercement à telle fréquence, presque immobile, vraiment difficile, et là, ça va un peu mieux. Mais toi, tu as sommeil, tes bras tremblent, ton dos commence à tirer, et tu aimerais juste changer de position, t'asseoir, souffler un petit peu, fermer un peu tes yeux. Mais tu bouges à peine et se remets à hurler. Alors bah tu restes, tu tiens, les minutes passent, et puis au bout d'un moment, une heure, et à ce moment où en fait t'en peux plus, tu craques, tu le poses. Et ça, ça m'est arrivé malheureusement plein de fois. Moi aussi, je pleure, moi aussi, je crie. Mais tu n'es pas seule, t'en peux plus. Et dans la tête, personnellement, j'avais surtout cette phrase, j'en peux plus, Mais tu le reprends. Tu fais taire ta douleur, tu fais taire ta fatigue et tu prends sur toi et tu attends qu'il se rende homme profondément. Tu tiens, tu tiens, tu tiens. Et si tu vis ça aujourd'hui, où tu passes tes journées à observer le moindre de ses détails, à essayer de comprendre ce qui déclenche, ce qui aggrave, ce qui pourrait apaiser son reflux, où tu es en hyper-vigilance permanente, tu redoutes le moment du biberon, perso c'était mon cas. Pas parce que t'as pas envie de le nourrir, pas du tout, mais parce que tu ne sais jamais comment ça va se passer pendant et après. Tu te retrouves à pleurer avec ton bébé à n'importe quel moment du jour ou de la nuit, parce que presque rien ou rien ne fonctionne, parce que t'as tout essayé, tu te demandes quand ça va s'arrêter, si un jour il sera apaisé, si toi aussi tu vas réussir à souffler, tu culpabilises, tu t'énerves parfois, alors que tu sais qu'il souffre, que le pauvre il y peut rien. Ou elle, il peut rien ? Tu passes des heures à chercher, à lire, à fouiller Internet dans tous les ans, au lieu de dormir, au lieu de te reposer. Et au milieu de tout ça, tu te sens seule. Tu te reconnais dans ça ? Sache que tu n'exagères pas. Ce que tu vis est méga intense, méga épuisant, super déstabilisant et surtout, tu n'es pas seule. Je l'ai vécu. Je l'ai vécu deux fois avec mes deux fils. Pire la deuxième. Donc en plus, c'était encore plus dur parce que j'avais déjà le premier. Bref. Je me souviens de ces nuits. Je me souviens du doute, de l'accumulation de fatigue. Donc non. je t'assure que tu n'inventes rien, que tu n'exagères rien. On parle souvent du reflux comme un problème digestif, quelque chose de fréquent, même parfois banal, genre juste un reflux, ça va. Mais quand t'es dedans, ça n'a rien de banal, qu'il soit interne, externe, peu importe, ça n'a rien de banal. Ce n'est pas juste un bébé qui régurgite. C'est un bébé que tu n'arrives pas à apaiser, c'est un bébé qui souffre, c'est un bébé imprévisible. Et petit à petit, forcément, tu doutes. Tu ne sais plus ce qui est juste, tu ne sais plus si tu aides ou si tu aggraves la chose avec ton comportement. Et ça touche tout en fait, ça touche ton lien avec lui, ça touche ta confiance en toi, ta confiance en tes capacités de mère, ça touche ton quotidien. Et forcément tu fais comme tu peux, tu cherches, tu testes, tu ajustes encore et encore et encore, tu changes, tu modifies ça, tu accumules. Et plus tu en fais, plus tu te sens... perdu, comme si tout reposait sur toi. Alors que le problème, ce n'est pas que tu ne fais pas assez, c'est qu'en fait, tu es seule à apporter tout ça. Et franchement, je suis passée par là et pendant longtemps, j'ai cherché une solution. Et je sais à quel point c'est lourd, c'est dur. On a l'espoir, on cherche une solution, mais la réalité, en tout cas ce qui a été mal réalité... et je te souhaite que ça ne soit pas la tienne, c'est que pour moi, en tout cas, il n'y en a pas eu. Ce qui a changé, amélioré les choses, c'est le temps. Le fait qu'ils grandissent, qu'ils se tiennent assis dans un premier temps, mini amélioration, mais je prends tout ce que je peux, donc je l'ai prise. Et surtout, ce qui a été le gros changement, et pour mes deux, et j'avais même peur pour le deuxième, et ça a été bien aussi le cas pour le deuxième, c'est quand il a marché. Petit à petit, les choses se sont... apaisées et même entre avant d'être assis, il y a eu des micro-mieux par moment même s'il y a eu de gros rechutes au-dessus entre temps, il y a eu des rechutes entre assis et la marche, mais il y a eu du mieux aussi entre temps et après la marche, il n'y a eu par contre là que du mieux petit à petit, les choses se sont apaisées pour autant, ça ne veut pas dire que tu dois juste subir, donc écoute bien cet épisode jusqu'au bout, parce que ce qui va faire une vraie différence en tout cas, ce qui pour moi a commencé à faire une différence, c'est le moment où j'ai arrêté de tout porter tout seul. C'est le moment où j'ai osé demander de l'aide, même imparfaite. Parler, extérioriser, parfois aller chercher du soutien, pas pour faire disparaître le reflux, mais pour peut-être déjà ne plus m'effondrer avec. Personnellement, la prise d'antidépresseur a été nécessaire et toutes ces choses peuvent changer la manière dont tu traverses cette période. Rien ne devient simple, mais quelque chose Merci. bouge. Je sais à quel point c'est difficile de ne plus vivre uniquement pour son bébé, tout tourne autour de lui et toi tu t'effaces. Alors penser à toi peut te sembler impossible, même égoïste, mais en réalité ton bébé a besoin de toi, ton bébé a besoin de toi qui tient. Et ça, je l'ai compris un chouïa trop tard. J'ai tenu jusqu'à ne plus tenir, j'ai lâché, j'ai donc la antidépresseur. Parce que je m'effondrais pleinement, j'avais malheureusement même des débuts d'idées noires. J'ai donc augmenté le temps de garde, accepté de l'aide, demandé un accompagnement psychologique. Ça a été difficile, méga, méga, méga rude, vraiment. Cette séparation avec surtout mon deuxième, je l'ai extrêmement mal vécu, mais ça a été nécessaire. Et ça m'a permis de me retrouver, d'être un peu mieux. Et mon seul, mon plus gros regret, c'est de ne pas avoir fait tout ça plus tôt. Parce que parfois, en fait, ça commence par presque rien. Dire que c'est difficile, accepter une aide, même imparfaite, pour te créer des micros espaces. Ne pas attendre d'être au bout. Et aujourd'hui, c'est entre leurs deux dates d'anniversaire, et quand je les regarde, j'ai presque du mal à reconnecter avec ces nus-là, parce qu'ils ont granduit, les reflux n'existent plus, ils ne sont plus là. Même si, quand mon deuxième est malade, j'ai encore des micro-signes. Mais c'est des micro-signes. Donc, je n'ai pas oublié. Mais si toi, tu es en plein dedans, sache que ça évolue. Et surtout, tu n'es pas obligé de traverser ça. Seul. Alors voilà. J'espère que cet épisode pourra t'aider à mettre en place un micro-mouvement pour toi, pour lui, pour eux. Et je te souhaite, je t'envoie plein d'amour, plein de courage.