- Speaker #0
Vous venez de décrocher un entretien pour le poste de vos rêves, mais le rendez-vous est dans 48 heures. Vous sentez le stress monter et vous vous demandez par où commencer ? Pas de panique, vous êtes ici au bon endroit. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Claude Destet, coach de dirigeant, expert en transition professionnelle et auteur du livre référence « S'entraîner à l'entretien de recrutement, même à la dernière minute » , tout juste paru aux éditions Erol. Dans cet échange, on va décrypter la psychologie qui se joue derrière le bureau du recruteur. Claude va nous expliquer comment vous pouvez concrètement rassurer votre interlocuteur pour ne pas être perçu comme une erreur de casting, mais comme la pépite à recruter. On va parler des meilleures techniques pour se préparer à l'entretien, de l'importance d'être aligné avec soi-même, d'aller chercher des informations au sujet du recruteur sur LinkedIn pour déceler ses modes de fonctionnement, des mots-clés à utiliser pendant l'entretien, mais aussi le sujet sensible de la rémunération et de l'après-entretien. En gros, faut-il ou non relancer le recruteur et à quelle épreuve. échéance. Bref, un programme bien complet qui vous permettra, j'en suis sûr, d'être le plus outillé possible pour accéder au job que vous convoitez ces dernières semaines. Mais avant d'accueillir notre invité comme il se doit, jingle. Bienvenue sur Marc Employeur, le podcast qui t'accompagne dans ta vie professionnelle. A travers chaque épisode, tu découvriras plein de conseils pour trouver ta voie et t'épanouir dans ton travail. Je suis Guillaume Coudert et je suis très content de te retrouver pour ce nouvel épisode. Bonjour Claude.
- Speaker #1
Bonjour Guillaume.
- Speaker #0
Je suis très content de t'accueillir sur ce nouvel épisode de podcast pour parler d'un sujet qui est celui de s'entraîner à l'entretien de recrutement même à la dernière minute. Alors j'ai ton tout dernier livre sous les yeux. On peut clairement dire que ce livre c'est la bible de l'entretien de recrutement. Il y a énormément énormément de ressources, beaucoup de choses à apprendre et on va en parler aujourd'hui. peut-être en quelques mots, qu'est-ce qui t'a donné envie d'écrire sur cette thématique ? Et là, peut-être même une question un peu plus précise, on est sur la deuxième édition du bouquin. Est-ce qu'il y a des choses qui ont évolué justement au sujet de l'entretien de recrutement ces dernières années ?
- Speaker #1
Alors, plusieurs questions dans cette question.
- Speaker #0
Je vais avoir vraiment beaucoup de questions à te poser, je pense.
- Speaker #1
Première question, qu'est-ce qui m'a donné envie d'écrire ce bouquin ? Moi, l'entretien de recrutement, c'est un sujet que j'ai pratiqué. en tant que RH en entreprise pour recruter des candidats pour des opérationnels. C'est un sujet que j'ai pratiqué pour recruter des candidats pour mes équipes. C'est un sujet que j'ai pratiqué en tant que chasseur de tête. C'est un sujet que je pratique maintenant de l'autre côté, je dirais, car je suis coach en accompagnement de transition professionnelle. Et donc je prépare des candidats à passer des entretiens. Et c'est un sujet que j'ai encore pratiqué. parce que j'anime des formations au recrutement, à l'entretien de recrutement en entreprise, où je forme des RH et des managers au recrutement. C'est un sujet sur lequel je tourne depuis plusieurs années, donc je suis un peu 360, je dirais, sur le sujet. Et ce qui m'a donné envie, c'est que j'ai animé à une certaine époque des ateliers de simulation d'entretien. Et à l'issue de ces journées, souvent on me demandait, pour aller plus loin, qu'il bouquin vous nous conseillerez. » Et alors j'ai été voir, et je trouvais qu'il y avait effectivement beaucoup de bouquins sur le sujet, mais c'était des bouquins qui étaient plutôt centrés, « il faut que tu prépares, il faut que tu prépares » . Ils ne disaient pas comment, et puis en revanche, ils disaient « fais pas ci, fais pas ça » , mais ils ne disaient pas vraiment ce qu'il faut faire. Et donc moi, j'ai voulu axer mon bouquin sur comment vraiment se préparer de façon très opérationnelle. C'est pour ça qu'il est bâti autour d'exercices. qui vont permettre au lecteur finalement de se prendre par la main pour construire son discours.
- Speaker #0
C'est ça que j'ai adoré justement dans le bouquin, c'est qu'il y a plein d'exercices, plein de fiches techniques pour se préparer à l'entretien. On a même en fait un guide des questions en anglais et comment y répondre aussi en anglais. Il y a d'ailleurs un peu toutes les questions qui peuvent potentiellement nous être posées en entretien et comment y répondre, quelle posture adopter, etc. Vraiment, il y a énormément, énormément de ressources. Alors, sur ce bouquin, il y a quand même le sujet de la dernière minute, c'est à dire que Voilà, j'ai un recruteur, une recruteuse qui m'appelle, qui m'envoie un mail et qui me dit, voilà, demain, on passe un entretien. Alors, quelle est la première chose à faire quand on décroche un entretien de manière imprévue ?
- Speaker #1
Alors, là, le truc de « à l'air dernière minute » , c'est vraiment un truc d'éditeur.
- Speaker #0
Ah ok ! Parce qu'on ne peut pas s'y prendre à la dernière minute en général ?
- Speaker #1
Non mais quand on s'entraîne, on ne fait pas à la dernière minute. Quand vous faites de la musculation, c'est comme un programme sur plusieurs semaines. Alors c'est sûr que vous avez l'entretien demain, vous achetez le bouquin, vous allez passer votre après-midi dessus, c'est déjà mieux.
- Speaker #0
Oui, on aura déjà pas mal de ressources si on y passe déjà quelques heures.
- Speaker #1
Voilà, mais j'aurais plutôt dans ce mois à conseiller de s'entraîner en amont le plus possible. Plus on est entraîné, mieux on sera. Alors vous allez me dire, mais pourquoi s'entraîner ? Parce qu'on ne sait pas exactement ce qui va se passer. Mais le fait d'être entraîné, ça permet d'être meilleur. Et moi, j'ai souvent l'image des forces du GIGN qui s'entraînent, pas à la dernière minute, c'est leur job de s'entraîner. Qu'est-ce qu'ils font ? Ils appliquent des procédures face à un certain type d'événement. Et quand ils sont appelés sur un théâtre d'opération, c'est jamais exactement sur quoi ils se sont entraînés. Mais le fait d'être entraîné, ils vont. abouter de façon naturelle la procédure A avec la procédure B et les choses vont s'enchaîner naturellement.
- Speaker #0
Il y a des gens qui sont parfois hyper sur deux. On se dit toujours, bon, c'est bon, je vais improviser. Mais tu dis dans le bouquin qu'improviser avec brio ne s'improvise pas. J'ai bien aimé cette phrase. On doit absolument être préparé. C'est peut-être aussi un moyen de réduire le stress en entretien, le fait de se préparer à fond.
- Speaker #1
Oui, mais le stress, c'est normal. Il faut avoir Un minimum de stress pour être non pas bon, mais très bon. Le stress, ça va être un booster. C'est un peu comme le tract pour un acteur, ce qui permet d'être bon. Mais trop de stress, là, c'est nuisible. Parce que trop de stress, ça laisse la porte ouverte à votre inconscient.
- Speaker #0
Ça paralyse peut-être aussi.
- Speaker #1
Oui, ça paralyse. Mais l'inconscient, c'est comme un petit diablotin qui sort de sa boîte. Il peut torpiller beaucoup de choses.
- Speaker #0
Oui, ça t'en parle justement de cet inconscient qui nous sabote un petit peu. L'inconscient peut torpiller un message. Comment on fait alors ? Comment on prévient cet inconscient ? Comment on fait pour ranger ses problèmes dans un tiroir, comme tu l'évoques dans le bouquin ?
- Speaker #1
En fait, c'est être aligné avec soi-même. Si on est clair avec ce que l'on veut, que l'on sait pourquoi on veut ça, ce qu'on ne veut plus, qu'est-ce qu'on peut apporter à une entreprise ? Déjà, c'est beaucoup. ça permet d'avoir quand même un discours qui va être beaucoup plus fluide, ça permet d'envoyer au recruteur le message qu'on sait qui on est, on sait quelle est notre place dans l'entreprise et qu'est-ce qu'on peut apporter. Donc en fait, on va avoir un discours qui est beaucoup plus crédible et entendable et lisible de la part d'un recruteur.
- Speaker #0
Alors ça, c'est le facteur numéro un, celui d'être aligné, celui d'être clair avec soi-même avant d'être clair avec l'autre. Il y a d'autres facteurs, clés de succès qu'il faut un petit peu... peu anticipé ? Est-ce que tu peux nous parler de ces autres facteurs ?
- Speaker #1
Le premier facteur, effectivement, c'est se connaître et connaître l'autre. Connaître l'autre, c'est au minimum avoir googlisé votre recruteur. N'allez pas le faire... À une époque, je me posais la question s'il fallait le faire en anonym ou pas sur LinkedIn. C'est juste pour montrer que vous êtes motivé. Vous allez vous renseigner sur la personne. Se renseigner sur la personne, c'est aussi Merci. essayez de décrypter sa carte mentale. Et vous allez la voir au travers de son parcours. Si c'est quelqu'un qui est passé, qui a eu un job opérationnel avant d'avoir un job RH, il va avoir une manière de conduire l'entretien un petit peu différente. Si c'est, regardez aussi le type de boîte dans lequel il est passé, le type de fonction. Si par exemple, il est allé chez Valeo un long moment, c'est sûr qu'il sera plus sensible à une culture très... contrôle de gestion, gestion des coûts. En revanche, s'il est passé un bon moment chez L'Oréal, il sera plus sensible à des valeurs type créativité, capacité à faire passer des messages, culture orale.
- Speaker #0
En fait, tu conseilles d'aller un peu fouiner, d'aller chercher des infos sur le recruteur pour essayer de le connaître, jouer un peu le rôle de mentaliste, chercher tout un tas d'infos.
- Speaker #1
Ça va vous donner des informations sur la manière dont il fonctionne.
- Speaker #0
Et où est-ce qu'on va aller chercher ces infos ?
- Speaker #1
L'Incoding !
- Speaker #0
Ouais. OK.
- Speaker #1
Son parcours.
- Speaker #0
Donc, on va chercher son profil sur LinkedIn et là, on découvre son parcours. Et en fonction de ce qu'on sait de son parcours, on va pouvoir influencer un petit peu l'échange, c'est ça ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est influencer, c'est qu'on a une vision de sa possible carte mentale.
- Speaker #0
OK. Mais ce n'est pas évident, ça, de... aller chercher tout ça, de guider l'échange, alors que nous-mêmes, on est un peu stressés souvent lorsqu'on est candidat. Non, mais ça,
- Speaker #1
c'est un travail en amont. C'est un travail en amont. Mais alors, je n'aime pas trop quand tu dis guider l'échange. Dans un entretien de recrutement, celui qui lead l'échange, c'est le recruteur. Il y a un positionnement à accepter de suivre le chemin de pensée de votre recruteur. Parce qu'autrement, vous allez avoir un positionnement un peu trop... un cursif dans l'entretien. Et ça peut être interprété en disant « Ce candidat, il manque de souplesse, il ne s'adapte pas aux situations. C'est à vous de vous adapter. » Moi, j'ai eu des clients qui avaient eu des postes à grosse responsabilité de management d'équipe importante et ils avaient beaucoup de mal à accepter ça. Ils me disaient « Mais Claude, moi, quand j'organise une réunion, je fais un ordre du jour, je sais que je veux parler de ça, ça, ça. » Je dis « Ben non. » c'est votre recruteur qui décide s'il a envie de parler de ça, Oui,
- Speaker #0
mais c'est intéressant ce que tu dis là, parce qu'on parle beaucoup de la génération Z, comme le fait qu'elle challenge les recruteurs, qu'elle arrive directement en entretien avec ses prérequis, ses attentes, etc. Donc, c'est qu'en gros, cette nouvelle génération qui est présentée un peu de cette manière-là, elle devrait un peu changer, elle devrait fonctionner un peu différemment.
- Speaker #1
Tu dois s'adapter à ce qui nous est demandé, en fait. C'est aussi montrer une intelligence des situations. Là, c'est drôle, parce que moi, je parlais... d'un monsieur qui avait une cinquantaine d'années, un gros poste à responsabilité. Et c'est vrai que la génération Z va être un peu plus aussi dans ce sens-là. L'idée, c'est de comprendre ce que le recruteur a envie d'entendre pour lui donner à manger ce qu'il a envie de manger.
- Speaker #0
Et ça, c'est de le rassurer, en fait, pour qu'il ne se dise pas qu'il a fait une erreur de casting parce qu'on se le dit assez rarement, mais en fait, c'est assez coûteux pour le recruteur de faire une erreur de recrutement. Au final, c'est assez challenging pour lui de trouver le bon profil. Il ne fait pas ça pour s'amuser. Par exemple, un refus de la part d'un recruteur, ça ne l'amuse pas lui. En fait, ce qu'il a envie, c'est de trouver le candidat parfait assez rapidement en réalité.
- Speaker #1
Il y a un coût d'un recrutement qui est très important pour une entreprise. Ça, c'est le premier point. Deuxième point, maintenant, un manager, il est évalué sur sa capacité à construire une équipe. Donc, ça va directement impacter son évaluation. aussi le chasseur, il a tout intérêt à trouver le bon candidat le plus rapidement parce que il peut y avoir une candidature qui va émerger en interne il peut y avoir une candidature qui va arriver par réseau, finalement souvent le chasseur il est perçu par les candidats comme entre guillemets un méchant qui élimine, mais il n'a aucun intérêt à éliminer.
- Speaker #0
Oui il a tout intérêt à vous recruter en fait.
- Speaker #1
Exactement il y a un coût et donc pour le candidat qui est parfois très très stressé il peut avoir en tête que Merci. son recruteur en face de lui, il est tout aussi stressé parce qu'il ne veut pas se gourer, il ne veut pas se tromper, il ne veut pas se planter.
- Speaker #0
Je comprends. Alors, il y a justement une phrase que tu dis dans l'ouvrage qui m'a pas mal alerté, c'est de se méfier des recruteurs peu actifs dans l'échange, ceux qui ne rendent pas forcément l'appareil. Pourquoi il faut se méfier de ces recruteurs-là ?
- Speaker #1
Parce qu'ils ne sont pas dans l'échange. Donc, on ne sait pas ce qu'ils pensent. Et souvent, ce qui se passe, c'est qu'on a des candidats qui... peuvent partir ce que j'appelle en mode diesel. Donc, ils couvrent le terrain et ils avancent et blablabla. Et ils ne savent pas du tout ce qui se passe dans la tête du recruteur. Je vais être très franche avec toi. Tu avoues, chose que je n'avoue pas très souvent, mais quand je faisais beaucoup de recrutement à haute dose, face à des candidats diesel, il y a un moment, je décrochais et je me disais, qu'est-ce que je vais faire à dîner pour mes enfants ce soir ?
- Speaker #0
Tu te penses à autre chose.
- Speaker #1
Ah ben ouais ! Et ça, c'est le candidat qui est en mode diesel. Et souvent, il pédale sur son petit vélo, il pense que tout va très, très bien. Mais le recruteur, il n'est pas avec lui. Et c'est un peu dommage parce que s'il n'est pas avec lui, le recruteur, il ne va pas intervenir. Et plus l'entretien est interactif, plus finalement, c'est favorable au candidat parce que quand le recrutement, le recruteur, il intervient, a priori, c'est que ça l'intéresse.
- Speaker #0
Par rapport à ça... Moi, ce que je comprends, c'est que finalement, il y a une part de fond et une part de forme. On va dire que le fond, c'est le parcours du candidat, c'est ce qui a motivé le recruteur à recevoir le candidat en entretien. Mais il y a quand même une grosse part de forme dans la préparation, dans la manière d'aborder l'échange, de poser les bonnes questions, dans la posture à adopter. Cette part de forme, elle est vraiment si importante que ça en entretien, puisqu'on a tendance à se dire, mais le recruteur, lui, va juste me juger sur mes compétences et sur mon parcours. Non, le reste est tout aussi important, en fait.
- Speaker #1
La posture, finalement, ça va être... des éléments très importants sur votre personnalité. Et à un certain niveau, les candidats, ils ont tous les bons parcours, ils ont fait tous les bonnes écoles, ils ont tous le bon stage en marketing truc. Et pourquoi la différence, ça va être sur la personnalité. Et la personnalité, maintenant, en France, il y a une législation anti-discrimination dont je parle dans la nouvelle édition. Tout à l'heure, je n'ai pas répondu à la première question que tu me posais.
- Speaker #0
Il y a une question, je te dis, mais n'hésite pas à revenir dessus.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui a changé ? C'est qu'il y a une législation qui est quand même assez contraignante sur la discrimination. Donc le recruteur, il n'a pas le droit de poser normalement, je dis bien normalement, des questions personnelles. Donc quand un des facteurs de succès que j'indique, c'est faire la différence avec sa personnalité. Mais alors bon, si le recruteur ne peut pas... poser de questions sur ma personnalité, comment on parle de ma personnalité, mais votre personnalité, c'est aussi la manière dont vous fonctionnez, dont vous vous articulez avec votre recruteur. D'où l'importance de trouver la bonne posture.
- Speaker #0
Et ce n'est pas évident, justement, en cas de stress, d'où l'intérêt vraiment de se préparer pour diminuer peut-être cette charge, ce stress qui peut nous envahir lors de l'entretien de recrutement.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
En fait, c'est presque un métier. Le métier de recruteur, c'est un métier, évidemment, mais être candidat, c'est aussi un métier. C'est-à-dire qu'on doit apprendre à se comporter convenablement en entretien, en plus du fait de valoriser sa candidature, en plus de ses études, en plus de chercher un job. C'est quand même, c'est presque un boulot à part entière, en fait, d'être candidat.
- Speaker #1
Quand même. quand même. Chercher un job, aujourd'hui, c'est dur. Le marché, il est très dur. Avant, ce que je voyais, le marché était dur autour de 50 ans. Maintenant, pour les jeunes diplômés, c'est très dur. Chercher un job, ce n'est pas à tiers temps. C'est une activité quasiment à temps complet. Donc, il faut se préparer. Il faut après enclencher ses entretiens réseaux, travailler son marché, préparer ses entretiens et ça prend du temps. La posture, c'est peut-être plus en lisant, entre guillemets, je fais ma pub, en lisant mon bouquin.
- Speaker #0
Je vais bien.
- Speaker #1
Ça permet de comprendre qu'est-ce qui doit se passer, quels sont les facteurs de succès d'un entretien, et de se dire, ben oui, là, je parle trop, là, je n'ai pas écouté mon écouteur. Souvent, le candidat, il n'écoute pas, parce qu'en fait, le candidat, il a tendance à parler, parler, parler dans un entretien. Et puis quand le recruteur parle, le candidat, il se repose. Erreur. Ou alors il se repose, ou alors il se dit, merde, je n'aurais pas dû dire ça. Donc il est plugué sur quelque chose de négatif. Ou alors il pense à ce qu'il a envie de lui dire.
- Speaker #0
Donc il n'est pas vraiment dans l'écoute, et il faut vraiment être dans cette posture d'écoute active pour comprendre la question et entrer dans le dialogue avec le recruteur.
- Speaker #1
Comprendre ce que le recruteur a envie d'entendre. Et très souvent, quand on fait des simulations d'entretien, et même en entretien, le nombre de fois où un candidat ne répond pas à la question qui lui est posée, mais à la question qu'il a envie qu'on lui pose. D'où, comme tout à l'heure, tu me disais, mais est-ce que c'est le candidat qui doit dire ce qu'il a envie de dire, etc. Non, le candidat doit dire ce que le recruteur a envie d'entendre.
- Speaker #0
C'est quand même un sacré entraînement et ton bouquin est là pour ça. D'ailleurs, tu décris dans ce bouquin toutes les conditions d'un bon pitch, d'une bonne présentation. Et tu parles notamment du fait d'utiliser des mots-clés dans son discours. Comment on choisit les mots-clés qu'on utilise lorsqu'on parle ? Est-ce qu'on s'inspire du champ lexical de l'entreprise ?
- Speaker #1
Alors, les mots-clés, c'est hyper important déjà sur un CV. Parce que votre LinkedIn, c'est hyper important sur une candidature. Parce qu'il y a les fameuses ATS. Donc, on parlait tout à l'heure, tu me demandais qu'est-ce qui a changé aussi. l'intelligence artificielle, qui est parfois utilisée en entreprise. Qu'est-ce qu'il y a ? Là, je fais un petit flashback. C'est aussi les entretiens en vidéo différés, qui sont de plus en plus répandus pour les recrutements génériques de jeunes diplômés. Alors, les mots-clés hyper importants pour votre CV, hyper importants pour votre entretien. C'est-à-dire, par exemple, réfléchir sur une fonction, c'est quoi les mots-clés ? J'ai marqué le point. Exemple, un poste de chef de projet. Les mots-clés, ça va être livrable, budget, délai, ce type de mots. Ça, vous pouvez aussi utiliser l'intelligence artificielle pour préparer votre entretien. Donne-moi les mots-clés pour un poste de chef de projet et il vous sortira livrable, délai.
- Speaker #0
Ok, donc en gros, le challenge en entretien, c'est un peu de placer ces mots-clés dans tes phrases pour parler le même langage que le recruteur, en tout cas le langage attendu par le recruteur sur l'offre d'emploi en question.
- Speaker #1
Exactement, exactement.
- Speaker #0
C'est intéressant.
- Speaker #1
Autre chose, souvent le candidat, il veut tout dire. Parce qu'en fait, il a fait plein de choses. Et il a recensé, grâce à mon livre, toutes ses forces. Et il veut mettre toutes ses forces sur la table. Mais ce n'est pas forcément toutes les forces qu'il faut mettre sur la table. C'est celles que le recruteur a envie d'entendre.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr qu'on a envie de s'éparpiller. On a envie de montrer qu'on est le bon candidat. Surtout quand on est hyper enthousiaste. Et c'est une qualité d'ailleurs d'être enthousiaste. Mais de s'éparpiller, par contre, c'est un défaut.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. et on peut venir basculer en recruteur diesel. Vouloir tout dire aussi, c'est noyer l'recruteur. Ça me fait penser à ce qu'une fois un monsieur m'appelle en me disant « Voilà, je voudrais commencer à travailler avec vous parce que je ne suis pas très bon d'entretien. » Je lui dis « Qu'est-ce qui se passe ? » Il me dit « Je vais passer 100 ans d'entretien. » Je lui dis « 100 ans d'entretien ? » Il me dit « Oui, mais je ne comprends pas et je dis tout. » Non, un entretien à recrutement, ce n'est pas buffet à volonté où le recruteur va se baffrer comme un malade. c'est plutôt lui passer les plats un par un, mais le bon plat, ce qu'il a envie de manger. Et pour savoir ce qu'il a envie de manger, il faut l'écouter.
- Speaker #0
Ok, et c'est ce qui fait la différence entre un candidat et un autre, puisque tu le disais tout à l'heure, il y a de plus en plus de candidats qui ont à peu près les mêmes compétences, les mêmes parcours, le même niveau de maîtrise de l'anglais par exemple. Et ce qui va vraiment les différencier, c'est leur côté un peu stratège et de savoir répondre réellement aux questions des recruteurs et pas en gros dire tout ce qu'ils ont envie de dire sans que ça ait trop de rapport avec ce que demandent les recruteurs.
- Speaker #1
Et alors, parfois aussi, j'ai des personnes qui me disent « je parle, je parle » . Comme ça, le recruteur, il ne va pas me poser les questions que je ne veux pas.
- Speaker #0
Ah, ça leur permet d'éviter,
- Speaker #1
en fait. C'est pas en occulpant le terrain qu'un recruteur, quand il veut poser une question, il la posera.
- Speaker #0
Oui, parce que s'il pose des questions, c'est que forcément, il a envie de connaître les réponses. C'est bon. Ok, je comprends. Ok, alors il y a des questions délicates, justement. Tu consacres tout un chapitre à ce sujet-là, répondre aux questions délicates. Par exemple, si j'ai changé de société... tous les six mois, comment on explique, comment on répond à ces questions délicates sans tomber dans la justification ?
- Speaker #1
Oui, alors c'est vrai qu'il ne faut pas tomber dans la justification. Il y a le proverbe qui se justifie, s'accuse, mais le recruteur, il a envie de savoir. Alors, c'est un peu selon les cas, il va falloir trouver une explication idéalement en dehors de son système professionnel. En dehors de son système professionnel, c'est ma boîte, il y a eu des licenciements économiques, ma boîte a été rachetée, donc là, vous n'y pouvez rien. En dehors de son système, ça peut être mon conjoint a eu une mutation, donc j'ai dû suivre une expatriation, par exemple. Idéalement, c'est mieux quand c'est en dehors de votre système où parfois, là, j'ai été chassée, on m'a proposé le job du siècle, j'ai pris la décision d'y aller.
- Speaker #0
Il faut montrer en fait que c'est cohérent, que le choix a été cohérent par rapport à ce parcours professionnel, par rapport à ce parcours de vie. Et surtout pas tomber dans le piège de la justification, comme tu le disais, puisque qui se justifie s'accuse. Je retiens en tout cas ce proverbe. Alors, on va peut-être parler de ce sujet aussi qui est souvent assez tabou en entretien. On ne sait jamais trop comment l'aborder, s'il faut l'aborder ou quand l'aborder. Je pense que tu as deviné de quel sujet.
- Speaker #1
La rémunération.
- Speaker #0
Exactement. Alors, la rémunération, est-ce qu'on en parle dès le premier entretien ? Est-ce qu'on lance le sujet en tant que candidat ? ou pas ? Est-ce qu'on attend que le recruteur nous en parle spontanément ?
- Speaker #1
Vous êtes chassé. Un chasseur de tête, souvent, vous allez être approché par une assistante de recherche, qui elle, va vous demander votre rémunération, ce que vous attendez du poste. Pourquoi ? C'est parce qu'elle veut savoir si vous rentrez dans le screening ou pas du poste. Donc là, réponse, il faut y aller. Aujourd'hui, je suis à tel niveau de rémunération. Vous entendu, j'attends un mark-up. plus ou moins significatif après. Vous êtes dans un processus de recrutement. Là, moi, mon conseil, c'est d'en parler le plus tard possible, sauf si véritablement vous changez, vous ressentez qu'il va y avoir un méga problème, parce que vous allez perdre votre temps. Mais ça, souvent, s'il y a un méga problème, on le sent. Mais autrement, le plus tard possible, parce que plus l'entreprise sera, entre guillemets, tombée en amour pour vous, plus elle sera prête à ouvrir les cordons de sa bourse.
- Speaker #0
Ok, c'est ça en fait, elle sera prête à s'adapter si vraiment elle a le coup de cœur. Oui,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Après, il y a des entreprises qui ne peuvent pas trop s'adapter, des entreprises qui ont des grilles. Par exemple, il y a des grilles, effectivement. Donc là encore, c'est intéressant de se préparer pour savoir si l'entreprise a la possibilité d'augmenter sa proposition de salaire ou pas. Parce qu'il y a des entreprises qui ne peuvent pas le faire et d'autres qui ont une marge de manœuvre.
- Speaker #1
Mais en tous les cas, ce qui est important, c'est déjà connaître votre rémunération actuelle. J'ai un fixe de temps, mon variable est de temps. J'ai des stocks, je n'ai pas des stocks, j'ai une voiture. Déjà, parce que pourtant, on a des candidats qui débarquent complètement sur leur rémunération, qui se confondent le brut du net.
- Speaker #0
Ils ne sont pas trop au cœur là-dessus, je comprends. Et savoir aussi si cette rémunération actuelle, elle est au marché, si elle est juste.
- Speaker #1
Exactement. Donc là, vous avez l'intelligence artificielle qui va vous donner plein d'informations, Glassdoor aussi, il y a une vache de rémunération là-dessus.
- Speaker #0
C'est ça, à partir du moment où on mène ses recherches, on retrouve tout un tas de réponses, grâce à l'IA et grâce à Google, tout simplement. On sait ce qu'il y a à la page.
- Speaker #1
Vous n'arrivez pas à négocier, surtout si vous postulez souvent un job commercial. Si vous n'arrivez pas à négocier votre salaire, si vous n'arrivez pas à négocier pour vous, comment vous négociez pour la boîte ? C'est ce que le recruteur peut penser. Personnellement, je pense que c'est beaucoup plus facile de négocier pour la boîte que pour soi.
- Speaker #0
Oui, forcément. On se sent peut-être un petit peu moins légitime à négocier pour soi-même alors qu'on a une vraie prise de recul lorsqu'on essaie de vendre un produit pour sa boîte.
- Speaker #1
Mais il faut dépasser ce blocage en se disant finalement, ma capacité à vendre un produit pour une boîte, si je ne suis pas capable de vendre le produit que je suis, et a priori je me connais bien, l'entreprise, je vais créer un petit doute chez elle.
- Speaker #0
Oui, ça ne lui inspirera pas forcément confiance, je comprends. Alors peut-être une dernière question, et cette dernière question, elle parle de l'après-entretien. Qu'est-ce qui se passe après l'entretien ? Comment on gère la fin de l'entretien ? Et puis même peut-être les jours qui suivent ? Est-ce qu'il y a des erreurs à ne pas commettre potentiellement ?
- Speaker #1
Alors, pas de fébrilité. Le temps dans l'entreprise, ce n'est pas votre temps. Ça prend toujours plus de temps. Donc, il faut accepter le temps. Vous ne pouvez pas les relancer toutes les cinq minutes. Donc, c'est le lendemain ou 48 heures après. Envoyez un petit mail pour remercier de l'entretien et confirmer votre motivation. Idéalement, en reprenant des mots. de l'entretien.
- Speaker #0
Pour montrer qu'on a bien écouté le recruteur, justement.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça.
- Speaker #0
Ce que tu disais tout à l'heure.
- Speaker #1
Et que c'est un petit mail tailor-made. Donc, ce n'est pas votre mail de base que vous envoyez après tout vos recrutements. Donc, c'est vraiment ce recrutement-là, ce poste-là, parce que vous êtes vraiment motivé, d'où l'importance d'essayer de le personnaliser au travers des petits mots. Exemple, moi, j'avais une cliente, le recruteur avait employé le mot « pépite » . Oui. Elle a indiqué qu'elle était extrêmement motivée pour rejoindre son équipe pour développer les pépites en portefeuille.
- Speaker #0
Et puis ça, ce n'est pas un mot qu'on utilise forcément dans tous les entretiens. Donc, on sait directement que là, ça a trait à l'échange en particulier.
- Speaker #1
Oui, donc le petit mail. Et puis après, il faut accepter d'attendre et ne pas relancer, je pense, moins avant 15 jours, 3 semaines. C'est long, très long pour un candidat.
- Speaker #0
Pour un candidat qui attend une réponse et qui est super motivé, effectivement, 15 jours, 3 semaines, c'est assez long.
- Speaker #1
Oui, c'est très long.
- Speaker #0
Ok, alors là, on a vu, allez, j'allais dire un dixième de ce qui est écrit dans le bouquin, voire même peut-être un petit peu moins. Il y a énormément, énormément de ressources et notamment les 100 questions basiques posées en entretien avec des axes de réponse et des conseils que tu prodigues, Claude. Donc, c'est vraiment une bible pour s'entraîner à l'entretien de recrutement. Où est-ce qu'on trouve cet ouvrage ? Où est-ce qu'on peut le commander ? Où est-ce qu'on peut l'acheter ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, je sais qu'il est à la FNAC. Il est dans pas mal de librairies. Autrement, on peut le commander à la FNAC, Amazon. Je ne vais pas trop dire Amazon, mais quand même.
- Speaker #0
Tu préfères qu'on l'achète à la FNAC ou sur le site d'Erol potentiellement ? Exactement,
- Speaker #1
sur Erol. Alors, je voulais revenir. Effectivement, il y a un schéma d'entretien de recrutement en anglais avec des axes de réponse. Et d'une manière générale, dans les exercices, il n'y a pas les corrigés, mais il y a des propositions de réponse. Il y a souvent plusieurs propositions de réponses qui sont directement sorties de mon ordinateur, que j'ai blindées, qu'on a construites avec certains de mes clients. Et l'idée pourquoi je mets plusieurs réponses, c'est qu'on est tous différents et qu'il faut que chacun trouve la bonne réponse qui lui va bien en termes d'alignement personnel, de compétences, mais aussi de profil personnel. Et le profil de personnel, ça va jusqu'au rythme de parole. Il y a parfois des candidats à Yves. ne peuvent pas dire des phrases trop longues. Il faut mettre des silences. Chacun doit construire son propre discours. Ce n'est pas les corriger.
- Speaker #0
C'est un ouvrage qui est très pratique. Il y a pas mal d'exercices. Donc, il faut se munir de son plus joli crayon pour pouvoir crayonner à l'intérieur du bouquin. Il y a pas mal de petites fiches, pas mal de petits exercices. Hyper agréable en plus à faire. Ça ne semble pas contraignant. C'est assez introspectif, mais c'est sympa. Ça se fait dans la joie et la bonne humeur. Alors,
- Speaker #1
pour la petite histoire, quand tu dis qu'il faut crayonner, la première éditrice demande. de mon livre, a été chassée au moment où elle lisait mon livre. Et sur le manuscrit, elle a fait les exercices.
- Speaker #0
Et elle a été recrutée, j'espère, en tout cas.
- Speaker #1
Eh oui ! Elle a pris ses fonctions juste au moment où elle est allée chez un autre auditeur et elle a reçu... Elle était encore chez Errol. Quand le livre a été lancé, elle a dit... C'était son argument de vente aux commerciaux. Elle leur dit, j'ai fait les exercices, regardez, je pars chez... Autre maison d'édition.
- Speaker #0
Ok, donc c'est vraiment un ouvrage pratique. Tu as même des exemples concrets, même de la maison d'édition. Claude,
- Speaker #1
ça bouge.
- Speaker #0
Ça a marché. Pour tout te dire, moi-même, en lisant le bouquin, je me suis dit, moi-même, j'ai envie de me préparer à des entretiens de recrutement que je ne vais même pas passer, pour tout te dire. C'est vraiment... C'est passionnant. Merci beaucoup, en tout cas, Claude, pour tous tes bons conseils. J'espère que ça aidera pas mal de candidats et de candidates qui auront été... écoutez l'épisode et sinon, foncez acheter ce bouquin. S'entraînez à l'entretien de recrutement, même à la dernière minute aux éditions Erol. Merci beaucoup Claude.
- Speaker #1
Ok, à bientôt.
- Speaker #0
Marc Employeur, c'est fini pour aujourd'hui. Merci d'avoir écouté cet épisode, j'espère évidemment qu'il t'a plu. Si tel est le cas, n'hésite pas à t'abonner pour ne pas louper le prochain. A bientôt.