- Speaker #0
Ma vie, ma vie, ma vie, ma vie, le podcast où on se dit tout. Ma vie, ma vie, ma vie, ma vie, ma vie, ma vie, le podcast où on se dit tout. Bienvenue dans ma vie, le podcast où on se dit tout. Aujourd'hui nous recevons Guylaine. Pendant près de 50 ans, elle a partagé sa vie avec son mari. Puis un jour, la vie a basculé. Le deuil, le silence et la solitude. Pendant presque trois ans, elle n'a pas envisagé une seule seconde à rencontrer d'autres hommes. Et puis un matin, à 73 ans, elle a pris une décision inattendue, s'inscrire sur une application de rencontre. Par audace, par curiosité... Par défi, ce qu'elle a découvert va bien au-delà des rencontres amoureuses. Elle a retrouvé le désir, la confiance et le plaisir d'être regardée. Dans cet épisode, nous allons parler d'amour après 70 ans, de liberté, de solitude, de sexualité et des tabous liés à l'âge. Parce qu'il n'y a pas d'âge pour aimer et pour le plaisir. Et comme dans chaque épisode de ma vie, après ce témoignage, je retrouverai mon amie et experte Marini. Diplômée de l'Institut de médecine traditionnelle chinoise, ensemble, nous tenterons de comprendre ce qui se joue lorsque l'on réouvre son cœur après un deuil. Pourquoi le désir ne disparaît pas avec l'âge et comment les femmes peuvent s'autoriser à vivre pleinement leur féminité, même après 70 ans. Ma vie, ma vie, le podcast où on se dit tout. Bonjour Guylaine.
- Speaker #1
Bonjour Virginie.
- Speaker #0
Merci d'être venue dans Ma Vie, le podcast on se dit tout. Alors je suis ravie de t'accueillir aujourd'hui et tu vas venir nous parler de toi. Qui es-tu ? Quel âge as-tu ? Et ton statut marital ?
- Speaker #1
Alors je suis, je m'appelle Guylaine, j'ai 73 ans, j'ai été infirmière libérale à mon compte. J'ai créé un cabinet de groupe pendant 30 ans, 33 ans à peu près. Et puis j'ai changé brutalement de vie à 50 ans, la crise des 50 ans, pour ne pas finir exactement pareil. Et là, j'ai pris une maison d'hôte pour faire des séminaires et de l'accueil pour la mémoire cellulaire. Et j'ai fait ça pendant 20 ans. Et puis maintenant, je suis retraitée. J'ai été retraitée à 69 ans, après avoir travaillé 60 heures par semaine. jusqu'à 69 ans. Donc les restes sont ce qu'ils sont.
- Speaker #0
Ils sont très bien. Alors tu vas nous raconter ton histoire, parce que je crois que tu as été quand même mariée près de 50 ans.
- Speaker #1
Oui, j'ai été mariée jusqu'à... j'ai perdu mon mari en 2023. Et on a été 47 ans ensemble, effectivement, très très fusionnel, très très proche, vraiment. Jusqu'au bout, avec beaucoup de tendresse. Et après, je me suis retrouvée seule, ce que... Ce que je n'ai pas vécu plus de 10 minutes par an peut-être, je crois, parce que j'étais vraiment tout le temps avec des gens.
- Speaker #0
Quand il est parti, comment tu te sentais en tant que femme ? Qu'est-ce qui a été le plus difficile pour toi ?
- Speaker #1
Très frustrée d'avance, honnêtement. Oui, parce que j'aime ça. J'aimais bien cette proximité et le contact physique. Et je me suis dit, ça va être insupportable, comment faire ? Je ne pensais pas que c'était aussi difficile que ça.
- Speaker #0
Et ça, tu te l'as dit tout de suite, très rapidement en tout cas.
- Speaker #1
Oui, parce qu'on a eu de la tendresse. Cette chaleur humaine, oui. Je me suis dit, mais c'est insupportable de ne plus avoir ce contact avec l'autre profond, vraiment de tendresse. Parce qu'à la fin, j'avais un mari qui était 16 ans plus âgé que moi, donc qui était plus âgé. Ça faisait un petit moment que ça commençait à être un peu difficile sur la différence d'âge peut-être et la maladie, mais voilà.
- Speaker #0
Et alors à quel moment tu décides de te dire je vais me prendre en main, je veux que les choses changent, le contact pour moi c'est important, donc tu vas prendre une décision assez radicale ?
- Speaker #1
Oui parce que pendant presque trois ans, je pensais que le deuil durait deux ans déjà, je me suis dit bon... Il y en a pour deux ans, c'est l'horreur. Et puis en fait, ça a duré plus longtemps parce que j'ai peut-être entretenu une relation. Je lui mettais des bougies, je lui mettais des post-it avec du boulot à faire quand même, il faut savoir. Avec s'occuper d'un tel, s'occuper d'autre. Quand il dit du boulot à faire, c'est pas bien ? S'occuper de quelqu'un qui n'allait pas bien. Je lui confiais les gens qui n'allaient pas bien et tout ça. Et donc, ça marchait bien en général. C'est incroyable. Et puis donc, j'étais dans cette espèce de presque rituel. Je passais devant sa photo, j'avais fait son petit hôtel sur une étagère. J'avais mis des petits mots pour le meilleur, pour le rire. Des tas de trucs. Donc, j'entretenais inconsciemment cette relation. Et donc, j'étais très connectée. Particulièrement connectée. Et en fait, au bout de presque trois ans, tout à coup, je me suis dit... C'est ma sœur qui m'a dit, mais vas-y, mets-toi sur une appli, ma fille. Ça marche et tout. Et je me suis dit... Je n'ai pas quoi faire d'autre. Parce qu'une femme seule, ce n'est pas très facile d'être invitée dans des groupes où il y a des couples et des célibataires. À mon âge, avec mon éducation, dans le milieu où j'étais, tout ça, ce n'est pas fréquent. On est un peu le danger pour les autres d'être seule, d'être libre, d'être retraitée, je ne sais pas. Je ne sais pas, je ne vais pas mettre d'étiquette non plus. Et du coup, tout à coup, je me suis allée. La seule solution, c'est que je me booste, que je me donne cet élan, que j'ai le courage de me dire que peut-être, quelqu'un aura envie d'être avec moi un jour. Et donc, je me suis inscrite sur
- Speaker #0
Tinder. Alors justement, le jour où tu as créé ton profil, tu as mis ta photo. Oui. Qu'est-ce que tu ressentis ? Qu'est-ce que tu t'es dit à ce moment-là ? J'ai eu une bonne photo de moi, c'est formidable. Ça tombait bien ?
- Speaker #1
Tout de suite, ça faisait juste... un an ou deux que j'avais prise, enfin qu'elle avait été prise, parce que je ne suis pas du tout photogénique, mais en fait, elle était bien celle-là. Et puis j'en ai mis deux, trois autres où je buvais un petit verre de vin ou quelque chose de plutôt sympa qui me montrait comme j'étais. Et j'ai fait un profil totalement sincère.
- Speaker #0
Est-ce que tu t'es sentie plus vulnérable en créant ce profil ?
- Speaker #1
Non. J'ai eu besoin d'être authentique. J'aurais pu être plus original, plus drôle, mais il ne fallait pas, parce que déjà, j'ai fait peur à beaucoup de ce que j'écrivais. Et donc, je pense que c'est un bon conseil d'être parfaitement limpide. Et vraiment... Les hommes m'ont beaucoup dit, ceux que j'ai rencontrés, que c'était insupportable quand ce n'était pas authentique. Et c'est très réciproque. On peut leur passer le message.
- Speaker #0
Et alors, comment a réagi ton entourage, tes enfants, peut-être tes petits-enfants ? Alors,
- Speaker #1
mon fils a été mis au courant par ma petite-fille. C'est un petit fait qui a été découvert ? Oui, elle m'a dénoncé à son père, dont je suis assez proche, donc il n'y a pas de problème. Et je n'ai pas voulu que ce soit un tabou, justement. Je me suis dit, la seule solution pour que j'accepte de poser cet acte, de faire ce pas, peut-être de démystifier ça et puis de les préparer un tout petit peu, parce qu'ils étaient tous très proches de mon mari. Même s'ils étaient plus âgés et tout, ils étaient tous très émus. Donc, je me suis dit, je ne sais pas quand ils vont penser quoi, mais en fait, c'est quand même ma vie. J'ai senti qu'il fallait que j'y aille. Donc, j'ai trouvé que c'était important que ce ne soit pas un tabou. Mes petits-enfants me disent, ah quoi, tu es sur Tinder ? Je dis, bah oui. En même temps, qu'est-ce que tu ferais à ma place ?
- Speaker #0
Ah oui, c'est vrai,
- Speaker #1
oui, c'est vrai. Ah bon, t'as vu, elle est sur Tinder.
- Speaker #0
Ils ont dû se dire qu'il y avait une grand-mère formidable. Oui,
- Speaker #1
déjà, je suis un peu particulière comme grand-mère, mais là, ça subjuguait un peu, oui. Ils étaient très étonnés, mais ce n'est pas grave. Et des amis de mon âge aussi. Elles sont venues pour faire un petit karaoké à la maison, mais on a parlé beaucoup au départ. Et comment réagissent tes amies justement ? Je me dis, mais pourquoi tu vas tout le temps à ce bar ? Je dis, ben je vais pas tout le temps, je vais de temps en temps, mais tu me rencontres souvent. Oui, mais t'es tout le temps pressée, tu vas tout le temps à ce bar. Ben je dis, oui, parce que parfois j'ai des rendez-vous. Mais alors c'est quoi ? Et alors là je lui dis, je leur ai dit, 70 ans les filles à peu près. Et j'ai démystifié ça, il y avait une fille qui était... Veuve depuis 16 ans, dans un deuil complet, enfin totalement impossible d'imaginer quoi que ce soit. Et finalement, le fait que j'en ai parlé, au bout d'un moment, on a peu chanté ce soir-là, mais beaucoup parlé parce qu'elle m'a dit « oui, moi, tu vois, je ne peux pas, parce que… » Donc ça a été finalement un échange. Le fait que ce ne soit pas tabou pour moi a été difficile, mais pas un échange. Et peut-être un peu libérateur aussi. Alors il y en a qui ne veulent pas en entendre parler. Il y a des filles qui… Merci. J'ai des copines qui ont plus de libido depuis des années et qui n'en parleraient même pas. Il y en a d'autres qui ne parleront jamais de ça, même si elles le font. Parce que c'est tabou. Alors on est une génération aussi où c'est beaucoup plus tabou, je pense.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Je pense.
- Speaker #0
Ma vie, le podcast, on se dit tout. Est-ce que tu n'as jamais eu peur du regard des autres en te disant, mais quand même à mon âge de faire ça ? Non, tu ne t'es jamais souciée ? Non,
- Speaker #1
ça non, j'avais peur du regard des hommes, j'avais peur de ne pas convenir, de ne pas plaire. J'ai toujours été très complexée. Donc voilà, je me suis dit, mon Dieu, qu'est-ce que ça va donner ? Et puis en fait, j'ai eu un retour plutôt, moi, une certaine exigence. Et j'étais un peu déçue de ce que j'ai rencontré.
- Speaker #0
Alors justement, explique-nous comment ça se passe ces débuts et comment on fait pour entrer en contact avec des zones qu'on ne connaît pas mais qui vous montrent que finalement, ils vous apprécient grâce à votre profil.
- Speaker #1
Oui, parce qu'en fait, il faut s'inscrire sur des plateformes, sur des applis. Moi, j'ai pris Tinder et j'ai pris Disons Demain. Il faut payer quand même un petit peu, parce que je connais des femmes de mon âge qui ne payent pas, qui ne veulent pas payer, mais en fait on ne voit que des trucs floutés. Et si par hasard il y en a un qui vous like et que vous le likez, alors vous allez pouvoir le voir. Alors moi je n'ai pas du tout, bien que je sois retraitée en vacances soi-disant, je n'ai pas le temps de passer mon temps à avoir des trucs floutés, ce n'est pas possible. En quelque sorte, tempérament je ne peux pas. J'ai dû dépenser au total 60 euros entre une semaine là, une semaine là, enfin voilà. Et là, du coup, on peut voir les profils. Et ce qui est très bizarre, c'est que le premier jour, sur 10 ans de main, j'ai eu... Je ne sais pas combien de likes. Je crois que c'était 99, mais je n'ose même pas le dire. Donc, ce n'est pas normal du tout. Je me suis dit, c'est une arnaque. OK, c'est une arnaque. Et pourquoi ? Mais si, c'est forcément une arnaque. C'est pour que je reste sur le site ou que je ne sais pas. Et en fait,
- Speaker #0
je n'en sais rien.
- Speaker #1
Il paraît que pas forcément.
- Speaker #0
Mais non. Alors, justement, tu me dis, j'étais très complexée par mon corps. Est-ce que quand on arrive à ton âge, est-ce qu'on est... plus libre et on se fiche un petit peu du regard des autres et c'est plus facile ou c'est plus compliqué ?
- Speaker #1
Non, c'est peut-être un peu plus facile, ça dépend de la tranche d'âge qu'on met. Moi, je n'avais pas envie de refaire infirmière, non, non, c'est bon. Donc, j'ai 73 ans, donc j'ai mis entre 65 et 75 pour être sympa. Honnêtement, les 63-72, ça va. honnêtement dès que je voyais que ça ressemblait trop au mari que j'avais perdu enfin voilà mais aussi quand ça ressemblait trop à quelqu'un que je connaissais physiquement je me suis dit un ami ou un profil dont je connaissais la psychologie finalement et donc que je retrouvais dans le visage de quelqu'un, je ne pouvais pas. Et attention, les prénoms. Ah oui, il y a des prénoms qui sont insupportables. Vous n'avez pas envie d'être avec. Et après, j'avais aussi beaucoup de critères. C'est un peu personnel, mais franchement, tous les hommes qui se prennent en selfie dans leur salle de bain, qui n'est même pas Ikea, enfin, qui est vraiment moche. Ben non, quoi. Et alors, quand ils mettent trois photos qui sont trois selfies, je leur mets un petit mot, un copier-coller que je fais. Monsieur, si vous voulez vraiment avoir une chance de trouver votre âme sœur et plus, si affinité, arrêtez de vous prendre en selfie dans votre salle de bain. Arrêtez. Il y en a qui m'ont écrit merci beaucoup, c'est très sympa de me le dire. Alors c'est pareil pour les femmes sûrement, ça il faudrait interviewer des hommes. Bon alors ça, ceux qui ne buvaient jamais d'alcool, jamais. Alors j'ai dit non, moi je suis, on m'appelle Champagne au cours du gym aquatique, donc je ne peux pas. imaginer être avec un homme qui, quand je lui ai m'ouvré une bouteille de champagne toute seule, bouh ! Oui, c'est un peu triste, toute seule. C'est pas possible. Donc, j'ai éliminé. Quand ils étaient bien, quand même, je lui disais « Ah, enfin, peut-être qu'il peut se mettre à boire, mais je sais pas. » Voilà. Après, les barbus, tout à fait en uniforme. Au bout d'un moment, j'ai saturé. J'ai dit « Mais ils ont tous le même barbier. » Oui, donc tu avais des critères. Tu étais très sélective. Mais parce que c'était... J'ai écouté mon instinct, en fait. Il faut écouter son instinct. Et puis, les hommes trop beaux, mais limite, pourquoi pas, pervers narcissiques. J'en ai eu un au départ, très séducteur, évidemment. Je me disais, ah non, fais attention. Mais ça, il faut laisser aller son cœur, il faut laisser aller son instinct, quoi.
- Speaker #0
Oui, mais très lucide. C'est-à-dire que tu t'es inscrit sur les sites, non pas pour à tout prix être avec quelqu'un. Tu étais quand même très sélective et tu faisais attention.
- Speaker #1
On peut être avec quelqu'un le soir même, il y a marqué, vous choisissez, les relations d'un soir, les relations sérieuses, etc. Dans les relations sérieuses... Qu'est-ce que tu avais mis toi d'ailleurs sur ton profil ? Relation sérieuse, et j'ai mis dans mon profil que je n'étais pas forcément quelqu'un qui couchait le premier soir, mais qui en avait quand même beaucoup besoin, ou un truc du genre. Enfin, je veux dire, j'ai rien contre, mais pas forcément que... pour ça le premier jour.
- Speaker #0
Alors quand un homme te dit sur ses applications pour la première fois qu'il te trouve belle, que tu es séduisante, que tu lui plais, quelle est ta réaction ?
- Speaker #1
Je regarde si c'est réciproque et si c'est réciproque, je lui dis merci beaucoup déjà.
- Speaker #0
Oui, donc tu prends le compliment, tu y crois.
- Speaker #1
Il y a des faux compliments. Il y a des profils qui sont très charmants, qui mettent très longtemps avant de fixer un rendez-vous. Même, ils n'en fixent pas. J'en ai un en ce moment qui m'explique sa vie, qui a une maison entre tel endroit et tel endroit. Je lui dis, c'est marrant, j'ai des amis qui n'habitent pas loin. Et puis, il ne peut pas, parce qu'il doit aller voir sa maman qui est malade. Puis, il rentre et il a une grippe. Et puis, voilà, etc. et le Et là, il faut faire attention. Je préfère qu'ils me donnent leur numéro en premier. Donc j'insiste en disant, donnez-moi votre numéro, je vous mettrai un SMS. Et là, je tombe parfois sur un téléphone qui vient d'Afrique ou d'ailleurs, avec des prêts. Des noms qui sont africains, français, mais pour des africains, et que je n'ai pas du tout subodoré au départ, donc c'est une expérience. Voilà, il faut faire attention un petit peu, et puis donner rendez-vous dans un endroit neutre, si possible, au départ.
- Speaker #0
Oui, jamais chez toi, par sécurité, pour connaître la personne.
- Speaker #1
Je l'ai fait, je l'ai fait un jour, après avoir eu la personne au téléphone, assez longuement. Et puis je ne sais pas, j'ai eu envie de lui quand j'ai raccroché, et je l'ai fait venir directement à la maison, oui. C'est le seul.
- Speaker #0
Est-ce que tu te sentais rassurée ? Oui,
- Speaker #1
mais il faut quand même rester prudent. Aller chez quelqu'un,
- Speaker #0
par exemple,
- Speaker #1
la première fois, je pense que non. Il vaut mieux que ce soit presque chez nous et être vigilant, parce qu'on parle de tout ce qui est drogue, boisson. On n'arrête pas d'être inquiet sur tout. Donc moi, je ne l'étais pas naturellement, sauf qu'il faut que je sois un tout petit peu consciente aussi. Donc j'ai essayé de faire attention à ça. Je me suis un peu obligée. Je ne veux pas non plus être anxiogène.
- Speaker #0
Alors, est-ce que tu peux nous raconter la toute première rencontre ? Comment ça s'est passé et comment tu t'es sentie surtout en rentrant chez toi ?
- Speaker #1
Un peu frustrée parce que le premier que j'ai rencontré, donc rendez-vous dans un bar, après on est allé dans un autre bar où on pouvait manger un petit truc, et puis après il m'a dit on peut aller dîner en face. Donc ça faisait trois... endroits différents. Alors, heureusement, on n'a pas trop mangé au milieu. Mais on a partagé systématiquement l'addition. Déjà, je me suis dit « Ah, c'est super, je suis autonome. Enfin, moi, quand même, ça aurait été bien. Enfin, non, c'est pas grave. » Voilà. Et puis, ça se passe bien. Et j'étais assez attirée physiquement avec lui. Je ne le connaissais pas. Et donc, quand on s'est dit au revoir, j'avais un peu envie de le prendre dans mes bras. Et ça s'est fait très légèrement. Et après, je suis rentrée chez moi en me disant Bye Ouais, moi j'aurais bien été plus loin, mais bon, comme quoi on a toujours 14 ans dans sa tête, hein. Voilà. Et en fait, j'étais un petit peu frustrée, et en fait j'ai eu aucune nouvelle. Et c'est très fréquent qu'il n'y ait aucune nouvelle, ni d'un côté ni de l'autre, c'est-à-dire que... Moi, je n'en ai pas donné, mais j'en espérais un peu. Ce n'était pas non plus l'homme de ma vie. Et de l'autre côté, c'est assez souvent qu'il n'y a pas de retour du tout.
- Speaker #0
Comment tu expliques ça ?
- Speaker #1
Parce que personne ne sait comment le dire, quoi. hier j'ai rencontré quelqu'un qui était bien, qui est venu de beaucoup de gens qui n'habitent pas dans Paris évidemment donc moi j'habite dans Paris, il a parlé de lui tout le temps, en expliquant qui il était comment il vivait, machin, etc les photos de ses petits-enfants même et tout et je me suis dit mais où est l'émotion ? il me dit voilà comme ça tu sais quel est le zigoto que tu as en face de toi comme ça je te dis tout, mais j'aimerais bien que tu puisses venir chez moi, etc et je me suis dit, mais qui suis-je ? il ne sait pas qui je suis ça ne l'intéresse pas trop il m'a posé juste une question sur un de mes deux enfants ça tombait bien mais voilà et après je n'avais pas tellement envie de parler de moi d'ailleurs ce n'est pas une question d'avoir envie de parler de soi c'est une question d'avoir l'impression que soit il est hyper auto-centré totalement soit il était hyper anxieux Et il voulait me montrer tout ce qu'il était parce que ça faisait longtemps qu'il était seul et qu'il voulait que je sache tout pour dire oui tout de suite. J'ai beaucoup de tendresse pour les hommes. Je suis très critique et qu'ils ne savent pas donner leurs sentiments. Ils ne savent pas communiquer. Et que les femmes, on est quand même très casse-pieds aussi. Ils pensent qu'il faut tout le temps nous sécuriser. Ben oui, mais en fait, il faudrait peut-être un peu moins. Avec ses chiches en plus. Je critique aussi les femmes. Je veux dire, j'ai une vraie tendresse pour les hommes parce que je pense que c'est très compliqué pour eux. Depuis que la femme travaille, peut avoir des enfants si elle veut, pas si elle ne veut pas, peut être autonome. Je pense que c'est compliqué pour l'homme parce que c'est tellement inscrit. tellement de choses sont inscrites, on peut comprendre que ce soit difficile. Et ils doivent être un peu déstabilisés, de trouver une femme qui a travaillé, qui a fait ci, qui a fait ça, machin. Et moi, je leur ai fait peur à plusieurs. On dit, oui, vous avez une vie quand même très chargée, vous êtes très occupé, vous nous donnez rendez-vous entre 5h15 et 6h30. J'ai même eu une copine qui est arrivée à 6h30 pour me chercher dans ce troquet. Je lui ai pas dit de rentrer, mais l'autre type, il a dû se dire, c'est un plan A3 ou c'est quoi ce truc ? Enfin, parce que je suis comme je suis, quoi. Et en fait, certains attendent une femme très disponible. Certains sont un peu machos et donc veulent quelqu'un qui fasse... Alors, la grosse critique, c'est l'homme voudrait probablement, pour une partie, ce qu'il veut, quand il veut, à l'heure qu'il veut, quand ça lui vient. Et le... Première personne avec laquelle ça s'est très bien passé entre nous. Super physiquement et vraiment, j'ai adoré. Je me suis dit, mais ce n'est pas possible d'avoir vécu ce que j'ai vécu pendant trois ans. Ce n'est pas vrai. J'avais super envie. Mais il était un peu loin. C'était un peu compliqué de venir. Il fallait sa voiture. Il fallait ça. Moi, j'ai un amour à 1200 kilomètres et j'y vais quand il veut. Donc, je ne comprenais pas trop, mais je conçois. En fait... Il n'avait pas suffisamment, m'a-t-il écrit après, de sentiments profonds pour pouvoir faire cette distance à chaque fois, etc. Je l'ai appelé coup d'essai, à la place de... c'était un truc en trois mots, comme ça aussi. Je me suis dit, bon, c'est un coup d'essai, j'ai écopé, c'était dur, parce que je m'étais vite attachée. Il me dit, vous avez besoin d'être sécurisée. Je dis, non, je dis juste que quand on se voit un jeudi, si on peut prévoir pour la semaine d'après, mais parce que j'avais mon planning aussi. Oui, et puis ça semble normal d'avoir envie de se dire, bah tiens, on se revoit tel jour. C'est normal,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Mais je me demandais si c'était moi qui étais trop dans l'attente ou eux qui sont incapables de savoir le jeudi s'ils vont avoir envie le jeudi d'après. Alors qu'ils peuvent décommander. Je ne veux pas aller trop loin. Je pense que c'est une fragilité masculine ou un désir trop pulsionnel. Je ne sais pas.
- Speaker #0
Ma vie. Ma vie. Marie et tu penses pas que ça vient aussi du fait des réseaux et de se dire on ne sait jamais je veux pas m'engager peut-être que je vais rencontrer une autre femme qui me correspondrait plus ils décommandent c'est ça que je comprends pas il y a vraiment une différence énorme
- Speaker #1
de psychologie en fait on est super complice entre femmes mais on a besoin des hommes c'est ça qui est compliqué
- Speaker #0
Alors, est-ce que tu peux nous raconter une anecdote, la rencontre que tu as eue, peut-être la plus émouvante ou la plus drôle ou la plus incroyable que tu aies faite ?
- Speaker #1
Un monsieur qui s'est fait piquer son profil par quelqu'un au milieu, je n'ai rien compris. Il s'appelait d'un prénom, il s'est appelé d'un autre, j'ai cru que ce n'était pas lui. Et puis, il n'avait rien dans sa vie, mais rien, de rien, de rien. Il était attendrissant. Je lui ai dit écoutez dimanche je vais voir la journée portes ouvertes des résidences seniors si vous n'avez rien à faire on peut peut-être y aller ensemble.
- Speaker #0
C'est quand même assez incongru comme sortie.
- Speaker #1
Mais je suis incongru, depuis que je suis petite je dérange, c'est clair. Et je me suis dit ça il va être avec moi et puis il va faire quelque chose, voilà. Et puis il m'a dit c'est quand même bizarre comme activité pour un dimanche. Je lui ai dit enfin en même temps pour un lundi aussi, donc c'est comme vous voulez. Il est venu. On a fait la visite de la résidence senior. Il y avait un thé dansant, il était emballé, il avait presque envie de danser. Tout était bien. On discute avec des gens en sortant dans la résidence. Et puis, en discutant avec ces personnes qui étaient là, il dit, mais vraiment, on est quand même bien chez soi. Parce que là, c'est quand même pas très gai, tout ça. Je dis, oui, il faudrait faire toutes les peintures tout de suite. Ça, c'est sûr, mais le reste, c'était pas mal. Et il y avait une piscine et tout, c'était très bien. Il me dit, je vous raccompagne ou comment on fait ? Vous avez une jolie boucle d'oreille. Je dis, oui, il faut que je prenne mon bus maintenant. Voilà. Et je lui dis, en fait, vous savez, vous avez compris que vous étiez bien chez vous. Donc, à partir de demain, vous allez être heureux d'être chez vous. Et puis, si un jour, vous êtes trop seul et que vous ne faites rien du tout, eh bien, vous savez où aller. Et voilà, je vais prendre mon bus. Et ça, je ne sais pas comment il l'a vécu lui, mais moi je ne l'ai pas fait du tout avec une mauvaise intention, mais pas du tout. Simplement, il y a des hommes qui n'ont rien dans leur vie, et moi j'ai plein de trucs tout le temps. Donc j'étais décalée, je suis décalée avec plein de gens.
- Speaker #0
Oui, et puis cette inscription sur les sites de rencontres, ce n'était pas pour être accompagnée, c'était vraiment pour partager avec quelqu'un, et passer du bon temps, et avoir un vrai échange.
- Speaker #1
Oui, ce n'était pas que physique, Physique, j'ai peut-être trop d'exigences. J'ai un caractère trop fort, je ne sais pas.
- Speaker #0
Est-ce qu'il est arrivé parfois que tu aies peur, que certains profils, certains hommes te fassent peur ? Tu te dises, attention, il faut que je sois prudente ?
- Speaker #1
Je suis assez inconsciente, mais j'ai fait attention quand même. C'est-à-dire que j'ai donné rendez-vous quand même dans un café. En fait, j'ai été tout de suite à la rencontre. Et il y a beaucoup d'hommes ou de femmes aussi qui font... Oui, des femmes, parce que les hommes m'ont dit ça. qui font énormément de SMS. Ça n'en finit plus. Et bonjour, et comment vas-tu ? Alors qu'on ne se connaît pas, on ne s'est pas vus. Donc, ce n'est pas possible. Et donc, j'ai tout de suite dit, il n'y a aucun jugement, aucune pression. Mais ce serait bien qu'on puisse se rencontrer, en tout cas, boire un verre. Autant ne pas perdre de temps. Est-ce que la photo est vraie ? Est-ce que le feeling se fait ? Est-ce que c'est envisageable ?
- Speaker #0
Il y a beaucoup d'hommes qui mentent sur leur profil.
- Speaker #1
Il y a des photos qui sont un peu traîtres. Oui. Ils ne sont pas de la même année, quoi. Enfin, vraiment pas. Mais après, il y a une chose terrible aussi, c'est l'IA. Tous les hommes qui cherchent une relation vraie, tendre, honnête, authentique, machin. Enfin, le texte, c'est un copier-coller, quoi. Un copier-coller de l'IA. Donc après, avec l'expérience, au bout de quelques jours... On est repère, et on se dit au début c'est formidable, c'est exactement ce qu'il nous faut. Comment émouvoir une femme sur l'IA, c'est tout de suite écrit.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu as découvert sur les hommes que tu ignorais encore ?
- Speaker #1
J'ai pas envie d'être négative, je suis un peu inquiète. Mais je suis inquiète du zapping, enfin. Un peu pour tout le monde d'ailleurs, parce que quand on n'aime pas quelqu'un sur un site, quand on n'a pas envie de continuer, on zappe avec le doigt. C'est très facile. Oh zut, j'ai mis un like, j'ai mis un like, qu'est-ce qu'il se passe ? C'est complètement dingue, l'espèce d'immédiateté dans l'action. qui est incroyable. Donc, en face de ça, tout le monde est déréglé un peu, je pense. Et les hommes ont particulièrement, je pense, ce côté, peut-être qu'on est juste à consommer, je ne sais pas.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui manque le plus selon toi ? Est-ce que c'est...
- Speaker #1
L'authenticité, l'authenticité. Que l'homme dise ce qu'il a dans la tête, non d'une pipe. Qu'il se livre, qu'il soit eux-mêmes. C'est le courage d'être eux-mêmes.
- Speaker #0
Est-ce qu'on aime différemment à 73 ans qu'à 20 ou à 30 ans ?
- Speaker #1
Moi, je n'ai pas beaucoup évolué. Je n'ai pas beaucoup évolué, non. J'ai l'impression d'être pareil.
- Speaker #0
D'être la même, oui.
- Speaker #1
Alors, on a peut-être... Plus de tolérance pour les différences. On a moins envie d'être copié-collé ou que l'autre soit comme on a envie qu'il soit. Ceci étant dit, on a quand même envie qu'il ne soit pas comme ci, pas comme ça.
- Speaker #0
Est-ce que tes amies, maintenant que tu es inscrite et que tu as fait plusieurs rencontres, est-ce que ça a poussé certaines de tes amies à s'inscrire ? Est-ce qu'elles se sont dit, moi aussi je le ferais bien ?
- Speaker #1
Non, elles ont eu du mal. Je suis plutôt la fille un peu dangereuse. les vrais amis je pense que j'ai pas eu trop l'occasion d'en parler, j'en ai pas non plus parlé à tout le monde, j'ai parlé quand ça se présentait vraiment, je cherchais pas à étaler ça du tout, j'avais pas du tout envie que ce soit autour de mon image c'est pas quelque chose où on a envie forcément de dire, mais avec des vrais amis je pense qu'il n'y a pas de problème il y a quand même une crainte des femmes mais elles sont quand même dans la séduction, mais elles sont quand même dans la frustration et on sent que ça tourne en rond et que même si les hommes ont des défauts on en a besoin aussi Bien sûr.
- Speaker #0
Alors, quand on s'inscrit sur un site de rencontre comme toi, qu'est-ce qu'on cherche ? On cherche juste une jolie histoire ? Est-ce qu'on cherche encore l'amour ?
- Speaker #1
L'amour physique, oui. Vraiment, oui. Moi, en tout cas, beaucoup. Et puis... Oui, d'avoir un compagnon, un fil conducteur, je dirais. Je ne cherche pas du tout quelqu'un qui vive avec moi tout le temps. Mais on puisse faire une escapade, aller faire un week-end, aller voir une expo ensemble, d'avoir un copain. Le partage, de ne plus être seule. C'est une amitié amoureuse, mais ce n'est pas l'un sans l'autre.
- Speaker #0
Alors tu disais, autour de toi, les amis que tu as, elles n'ont pas forcément changé pour aller s'inscrire sur des sites. Est-ce que tu penses qu'elles sont honnêtes ? Ou qu'elles n'osent pas s'avouer qu'en fait, elles aimeraient être comme toi, mais elles n'y arrivent pas.
- Speaker #1
Je pense qu'elles n'osent pas s'avouer.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Vraiment. C'est juste d'oser faire ce pas, simplement. Mais je vois pas ce qu'on risque, en fait. On se booste, on se redonne une énergie vitale, finalement. Alors on espère, on souffre, on est déçu, on peut s'attacher à quelqu'un et que ça s'arrête, bien sûr. Mais dès qu'il y a de l'amour, il y a de la souffrance aussi.
- Speaker #0
Ça t'est arrivé de t'attacher, d'avoir une relation ? Oui,
- Speaker #1
j'ai eu du mal à arrêter cette relation avec le premier que j'ai eu, vraiment, oui. Né ! Voilà, j'ai préféré souffrir et avoir eu cette expérience que de ne pas avoir d'expérience du tout.
- Speaker #0
De ne pas la vivre,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Qu'est-ce que cette aventure t'a appris sur toi-même ?
- Speaker #1
Ça m'a donné confiance, très sincèrement. Ah oui ? Oui, je ne pensais pas, non. Et en fait, oui, j'ai trouvé de la confiance en moi quand même. J'ai vraiment envie d'être comme je suis. Et si ça ne plaît pas, ça ne plaît pas. Et si je serais seule, si je suis seule, je serais seule. mais je ne peux pas m'obliger à être comme on dit qu'il faut que je sois pourtant je dénote j'ai conscience tes amis te le disent que tu dénotes ? oui parce que je suis cash ça fait combien de temps maintenant
- Speaker #0
maintenant que tu es inscrite sur les réseaux ?
- Speaker #1
Ça fait trois mois.
- Speaker #0
Oui, donc c'est assez récent. Tu comptes continuer ?
- Speaker #1
Non, je crois que là, j'ai un peu fait le tour. Je vais peut-être arrêter et puis reprendre. Il y a plusieurs personnes qui font ça. Qui font ça deux mois, puis un mois, et puis qui arrêtent, et puis hop, ils s'y remettent. Parce que je n'ai pas envie de tourner en rond avec une espèce de planning, de rendez-vous possible, des noms. Alors j'essaie de voir le profil de l'un. Je me suis même trompée. Parce que je mets dans mes contacts la personne que je vais rencontrer. Et donc, je fais la copie d'écran de ce qu'ils aiment, etc. Bon, j'ai fait un bide hier parce que je me suis trompée. J'ai mis un truc de l'un sur le profil de l'autre.
- Speaker #0
Mauvais gentil, sèche.
- Speaker #1
C'était pas très garbouille comme quoi. Faut éviter. Et puis après, on peut toujours passer à côté du bon numéro. Il y a toujours un espoir, je pense.
- Speaker #0
Tu me dis que tu t'inscris sur les réseaux. Est-ce que c'est compliqué dans la vraie vie, dans la vie réelle, de rencontrer un homme ?
- Speaker #1
Oui, pour moi oui. Pourquoi ?
- Speaker #0
Parce que tu penses qu'aujourd'hui les hommes ont plus de mal à aller vers les femmes ?
- Speaker #1
Déjà oui, je pense qu'il y a pas mal de célibataires là où j'habite, dans mon quartier, qui se baladent dans la rue et qui ont peut-être envie de rencontrer des gens, mais qui ne vont pas le faire comme ça. Ça ne se fait pas. Et puis moi j'ai pas beaucoup de copains garçons, j'en ai, mais ils sont partis malheureusement. Voilà, donc j'ai beaucoup beaucoup de sollicitations, mais pas des vrais amis garçons. Donc parfois je me dis oui, il faudrait que je demande à des copines, des gens, des professionnels que je vois, etc. Mais vous n'avez pas un homme de 70 ans qui serait sympa, allez ! Parce que je préfère mille fois le réel, mais ce n'est pas forcément facile. Non, et puis personne ne s'occupe tellement de l'autre comme ça. On vient me demander, moi je reste de bonne humeur. depuis que je suis veuve. Donc, je ne fais pas pitié. Je ne me plains pas, je ne dis pas que c'est dur et tout. Puis les filles, elles ne parlent pas à 70 ans. Elles ne parlent pas de sexe, de... de vie privée, intime. C'est fou, quoi.
- Speaker #0
Tu penses que les hommes en parlent plus que les femmes ? Ah, il faut que ça, il paraît.
- Speaker #1
Alors, moi, j'ai une sœur qui a 70 ans, qui est à Bordeaux, et qui m'a dit, c'est incroyable. Elle, elle a des copains, un garçon. Et elle m'a dit, j'ai eu un dîner hier, mais c'était que ça. Ils sont obsédés par leur image. Est-ce qu'ils peuvent encore ? Est-ce qu'ils vont pouvoir ? À 65 ans, comment je vais être à 70 ans ? Est-ce que je vais toujours pouvoir ou pas ? À 70 et à 75, comment je vais être ? Elle m'a dit, c'est dingue.
- Speaker #0
Alors, qu'est-ce que tu conseillerais à une femme de ton âge qui n'ose pas faire le pas, qui a très envie, mais qui n'ose pas, qui a peur, tu lui dirais quoi aujourd'hui ?
- Speaker #1
Moi, je lui accorde un quart d'heure déjà, tout de suite, pour lui expliquer qu'il n'y a pas de risque, qu'il faut faire du bénévolat. Il faut essayer, parce que ça booste, moi, ça m'a remis dans la vie, quand même. Honnêtement, j'étais un peu entre ciel et terre, dans cet espèce d'état de veuve. chaque coup Qui arrange tout le monde. Dans un sas, finalement. Tout le monde s'en fiche, les autres s'en fichent que vous soyez veuve et seule et tout. Ils sont bien gentils comme ça, mais vous êtes seule, en fait. La réalité,
- Speaker #0
c'est que tu te lèves seule et tu t'endors seule.
- Speaker #1
Voilà, oui. Et puis, quand on a un gros coup de trafalgar dans notre vie, on est seule et on rentre, on n'a pas de conseil, pas de... Rien, quoi. Et ça, c'est super dur, je trouve. C'est très cruel, quoi. Donc, oui, il faut y aller. Il faut essayer, il ne faut pas prendre des risques impossibles. Pas plus que moi, c'est déjà pas mal. Et puis ça ne fait aucun tort. Ça ne peut que nous ouvrir, peut-être comprendre mieux la mentalité masculine, mais sans l'étiqueter non plus. C'est-à-dire que je ne veux pas me dire j'arrête l'appli parce que je suis trop déçue par les hommes. Non. Mais il faut garder espoir.
- Speaker #0
Je pense. Merci beaucoup, Guylaine. Merci pour ton témoignage et ta franchise. C'est une jolie leçon de vie. Merci à toi. Merci d'être venue aujourd'hui dans Ma vie, le podcast où on se dit tout. Oui,
- Speaker #1
c'est très bien que vous fassiez ça.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Ma vie, ma vie, ma vie.
- Speaker #0
Ma vie, le podcast où on se dit tout. A travers ton témoignage, on comprend que le désir et l'envie de partager ne disparaissent pas avec l'âge. On comprend aussi combien la société continue parfois à enfermer les femmes dans des cases trop Trop âgée pour séduire, trop âgée pour désirer, ou trop âgée pour recommencer. Pourtant, ton histoire nous montre exactement l'inverse. À 73 ans, tu as choisi de rester curieuse, ouverte aux rencontres et fidèle à tes désirs. Mais pourquoi est-il encore si difficile pour beaucoup de femmes de s'autoriser cela ? Pourquoi la solitude, le regard sur le corps qui vieillit, ou le jugement social pèsent-ils encore autant ? Pour nous aider justement à comprendre ces injonctions sociétales et nous donner un regard différent, Je retrouve maintenant mon amie et experte, Marini. Son approche est bien sûr complémentaire de la médecine traditionnelle et ne se substitue pas à un accompagnement médical et psychologique lorsqu'il est nécessaire. Bonjour Marénie. Bonjour Virginie. Je suis ravie de te retrouver à nouveau pour parler d'un sujet qui est tabou et qui pourtant ne devrait pas l'être, le désir féminin chez les seniors. Alors pourquoi la société accepte-t-elle plus facilement le désir masculin que le désir féminin après 60 ou 70 ans ?
- Speaker #1
On porte encore énormément d'idées reçues sur les femmes qui vieillissent. Depuis longtemps, la femme a été essentiellement valorisée par sa jeunesse. Sa beauté, sa maternité, son pouvoir de séduction. Passée un certain âge, c'est comme si elle devait doucement devenir plus discrète. Alors que chez l'homme, les cheveux gris peuvent presque devenir un signe de charme ou d'expérience.
- Speaker #0
Ah oui, on l'entend tellement. Les hommes, quand ils vieillissent, c'est du charme, c'est mignon.
- Speaker #1
Ils sont beaucoup plus beaux.
- Speaker #0
Voilà, alors que nous, les femmes, dès qu'on prend une ride... On est vieille.
- Speaker #1
Et ce que j'aime beaucoup chez Guylaine, c'est qu'elle vient complètement bousculer ça. Elle ne dit pas « j'ai 73 ans mais j'essaie de paraître 40 » . Elle dit simplement « j'ai 73 ans et je suis toujours une femme » . Et elle a encore envie de plaire, d'échanger, d'être regardée, de rire, d'avoir du désir. Vieillir ne veut pas dire renoncer.
- Speaker #0
Beaucoup de femmes disent qu'à partir d'un certain âge, elles ressentent, elles ont l'impression de devenir invisibles. Comment tu l'expliques ça ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a d'une part le regard de la société, mais aussi parfois le regard qu'on finit par porter nous-mêmes sur nous. Pendant des années, on nous renvoie énormément à notre apparence, puis arrivent les rides, les cheveux blancs, la fameuse ménopause.
- Speaker #0
Ah, la ménopause avec tous ses avantages, les bouffées de chaleur, on connaît bien.
- Speaker #1
Exactement, et le corps qui change, et certaines femmes finissent par penser Est-ce que je suis toujours désirable avec ce corps qui change ? Parce que ce sont deux choses complètement différentes. La féminité ne disparaît pas au moment où le corps change.
- Speaker #0
Alors très concrètement, je voudrais te poser une question claire. Est-ce qu'à partir d'un moment, le désir s'arrête ? Est-ce que quand on vieillit, on n'a plus de désir ? Est-ce que c'est censé s'arrêter à un moment donné ?
- Speaker #1
Il n'y a pas un âge précis auquel le désir doit disparaître. Par contre, il peut évoluer. Il dépend de plein de choses, l'état de santé, la fatigue, les hormones, la façon dont on se sent dans son corps. Après la ménopause, certaines femmes peuvent ressentir de la sécheresse ou de l'inconfort pendant les rapports. Et là, je trouve important de ne pas se dire, c'est normal, je suis vieille et ma sexualité est complètement terminée.
- Speaker #0
Et puis c'est vrai que ça reste un sujet encore tabou et que les femmes n'osent pas en parler.
- Speaker #1
On peut en parler à son médecin ou à son génicologue parce qu'il existe des solutions. Et puis surtout, la sexualité, ce n'est pas uniquement un rapport sexuel. C'est aussi le toucher, la peau, la tendresse, l'intimité, le désir. Le plaisir, le fait d'être regardé et de regarder l'autre. Et tout ça, ça peut continuer très longtemps.
- Speaker #0
Alors lorsque l'on avance en âge, que la solitude peut devenir forcément plus présente, est-ce que cette peur peut nous pousser à chercher quelqu'un à tout prix, quitte à confondre le besoin d'être aimé avec le besoin de ne pas être seul ?
- Speaker #1
Ça peut réveiller une partie de soi qu'on avait complètement mis de côté. Merci. Et je veux faire une nuance, on n'a évidemment pas besoin du regard d'un homme pour avoir de la valeur. Entendre « je te trouve belle » , mais aussi sentir qu'on plaît encore, après des années où l'on pense qu'on était plus désirable, oui, ça, ça peut faire du bien. Mais ce qui me semble encore plus intéressant chez Guylaine, c'est tout ce qu'elle redécouvre à travers ça. Sa curiosité, son audace, sa sensualité et surtout son poids. pouvoir de choisir.
- Speaker #0
Est-ce que retrouver sa féminité, comme chez Guylaine, peut participer à la reconstruction après un deuil ?
- Speaker #1
Après un deuil, je dirais que ça peut être un vrai point d'appui. Mais retrouver une partie de soi qu'on avait mise en sommeil peut aider à revenir vers la vie. Et là, je voudrais faire un lien avec la médecine chinoise. Je vois beaucoup de grandes périodes de transition chez la femme. Comme la ménopause, la vieillesse, un deuil, un changement de vie. Ce sont des moments où le corps, l'énergie, les émotions et le regard qu'on porte sur soi qui peuvent beaucoup évoluer. Mon rôle n'est évidemment pas de rendre une femme plus jeune, ou de lui promettre de retrouver du désir, mais je peux l'accompagner dans son bien-être global, le sommeil, la fatigue, les tensions, l'écoute de soi. Et parfois, retrouver un peu de bien-être dans son corps permet aussi de recommencer à habiter ce corps autrement, à se sentir de nouveau femme. Pas seulement veuve, ni mère ou grand-mère.
- Speaker #0
Lorsqu'on avance en âge et que la solitude peut devenir plus présente, Est-ce que cette peur peut nous pousser à changer ? chercher quelqu'un à tout prix. Quitte à confondre justement le besoin d'être aimé avec le besoin de ne pas être seul.
- Speaker #1
Alors il n'y a aucune honte à souffrir de la solitude. On a besoin des autres. Mais si tu es prête à accepter n'importe quelle relation uniquement pour ne plus être seul, là Peut-être qu'il faut prendre un peu de recul. Et d'ailleurs, Guylaine ne dit pas « Il me faut absolument un homme ! » Elle dit « Je suis encore ouverte à ce que la vie peut m'apporter. » Et ça, ça change tout. Elle rencontre, elle essaye, elle est déçue.
- Speaker #0
parfois mais elle continue à vivre alors si une femme de 65 70 ou même 75 ans nous écoute et qu'elle se dit moi aussi j'aimerais rencontrer quelqu'un mais jamais j'oserais aller sur une application de rencontre qu'est ce que tu lui dirais je
- Speaker #1
leur dirais mais qu'est ce qui vous en empêche le message évidemment ce n'est pas à 70 ans tout le monde sur tinder demain Tu peux commencer doucement, créer un profil, échanger, prendre ton temps et évidemment rester prudente. Premier rendez-vous dans un lieu public, prévenir quelqu'un, garder son propre moyen de rentrer et surtout ne jamais donner de l'argent à quelqu'un qu'on vient de rencontrer en ligne. Parce qu'il faut aussi le dire, il existe des arnaques sentimentales, notamment auprès de personnes seules. Et je voudrais finir par dire, il n'y a pas d'âge pour les applications de rencontre, il n'y a pas d'âge pour aimer, il faut oser.
- Speaker #0
Exactement, et on terminera là-dessus, Marie-Di. Merci beaucoup à toi.
- Speaker #1
Merci Virginie.
- Speaker #0
Et surtout, merci à Guylaine pour sa liberté de parole, sa sincérité et son incroyable énergie. Son témoignage nous rappelle une chose essentielle, il n'existe aucun âge limite pour aimer, désirer, rencontrer ou recommencer. La vie ne s'arrête pas. pas à 50 ans, ni à 60, ni à 70 ans. Tant que le cœur bat, il reste des rencontres à faire, des émotions à vivre et des histoires à écrire. Merci de nous avoir écoutés. A très bientôt sur Ma Vie, le podcast où on se dit tout. Si cet épisode vous a touché, n'hésitez pas à liker, partager et vous abonner pour soutenir le podcast. Et surtout, n'oubliez pas, vous n'êtes pas seul. Ma Vie, Ma Vie, Ma Vie, Ma Vie, le podcast où on se dit tout. Ma Vie,
- Speaker #1
Ma Vie, Ma Vie, Ma Vie, Ma Vie,
- Speaker #0
Ma Vie, le podcast où on se dit tout.