Speaker #0Bonjour à toutes et tous, bienvenue dans le 13e épisode de Ce sera tout. J'ai envie de m'attaquer à un sujet qui bouffe de l'énergie en sous-marin, la frontière entre se comparer et s'inspirer. Bon je vais éviter le cours de psychologie sociale, la comparaison elle est humaine. C'est ce que disait Léon Festinger en 1954 dans la théorie de la comparaison sociale, justement. Pour résumer, elle sert de repère en tant qu'individu dans un groupe. On observe, on évalue, on injuste, on regarde un petit peu à quoi on ressemble au milieu des autres. Elle n'est pas automatiquement mauvaise. Elle peut donner des idées, elle peut nous montrer que quelque chose est possible, elle peut donner envie d'essayer. La bascule, à mon avis, et c'est ce qui m'intéresse le plus, elle devient un peu un verdict sur nous-mêmes. Ça existe chez l'autre, pas chez moi, du coup je suis en retard, je suis moins bon, je suis moins bonne, je ne suis pas encore assez loin dans ma vie. Qui n'a pas déjà ressenti ça, qui ne s'est pas déjà dit ça, ou qui n'observe pas son ado, son ami en train de faire ça. Se comparer à outrance, c'est du coup bloqué. Il sera baissé même parfois. La question à se poser, c'est peut-être, quand vous regardez cette personne, est-ce que vous découvrez quelque chose qui vous donne envie ou est-ce que vous en servez pour vous coller une mauvaise note ? On compare très souvent des éléments qui n'ont rien à voir. Je dis souvent vous. Vous êtes en train de comparer l'incomparable à des gens que je vois bloqués à des endroits et qui d'un coup voudraient... je ne sais pas, ressembler aux plus gros entrepreneurs de France alors qu'ils sont en train de lancer leur petite entreprise. Step by step, en fait. Regarde là où tu en es, ça ne sert à rien d'aller regarder le sommet de l'autre. C'est incomparable, ce n'est pas du tout ce que tu recherches. Ça n'a aucun intérêt, en tout cas pour l'instant. Ou alors, on compare à des éléments qui ne sont ni complets ni équivalents. La première chose qui peut paraître intéressante à regarder, que beaucoup de gens oubli et d'autres nis complètement, c'est l'inégalité invisible, les cartes en main dès le départ. Comparer des résultats sans comparer le jeu de départ, c'est-à-dire le capital familial, le réseau, la santé, la situation financière, les aides, le temps disponible, le caractère. déjà ça je pense que c'est une erreur parce que chacun, chacune vient d'un endroit très très différent, on peut pas faire comme si tout le monde débutait la partie avec le même paquet, le même paquet de cartes pour ensuite s'étonner de pas jouer le même coup en même temps, c'est à dire qu'effectivement tu passes pas du pion à la reine en un instant en général surtout quand rien te prédestinait à ça, il y a un effort derrière tout ça il y a ce qu'on appelle l'inégalité invisible il y a autre chose Quand les gens se comparent souvent, ils voient un peu le blockbuster chez l'autre, quoi. Tout ce qui est réussi, tout ce qui va bien. Mais en fait, derrière ce blockbuster, ce que l'autre t'a peut-être pas montré, c'est toutes ses galères, toute sa fatigue, tous ses brouillons, toutes ses hésitations. Et puis, est-ce que vraiment, c'est à ça que t'as envie que ta vie ressemble, de toute façon ? Côté pro, ça pourrait ressembler à... Un gros chiffre d'affaires affichés ne dit pas toujours la rentabilité de la personne qu'on est en train d'observer, que ce soit, je ne sais pas qui, de connu et reconnu, ou même le vendeur du coin. Ça ne dit pas les frais, ça ne dit pas le temps passé, ça ne dit pas la stabilité dans ses contrats, ça ne dit pas tout le stress engendré, les renoncements, et puis ce n'est pas forcément une vie qui est enviable. C'est là où ça va être intéressant de se dire, OK, il y a ce que je vois, mais il y a ce que je ne sais pas. Et surtout, est-ce que c'est vraiment ce qui me donnerait envie d'être vécu ? Côté carrière, pareil. Ah, mais cette personne, elle a eu le titre, la promotion, mais ça ne raconte pas son quotidien à cette personne. Ça ne raconte pas ses responsabilités, tous les compromis qu'elle a peut-être fait pour arriver jusque-là. Et surtout, ça ne raconte absolument pas son épanouissement, à moins qu'elle vous l'ait dit. je suis super épanouie, c'est exactement ce que je voulais, là c'est top, et ça peut être super, super inspirant, c'est cool, mais de se comparer sans avoir les éléments... Ça ne nous dit rien. Sinon que cette personne, OK, elle a réussi. Elle le mérite très certainement. Elle a fait un tas de choses. Mais tant qu'on ne sait pas trop, ça ne sert pas à grand-chose, en fait, de comparer comme ça sans éléments. Le côté perso, qui n'est pas passé par la comparaison des calendriers de la vie, le couple, les enfants, le logement, les voyages, les projets de vie, quoi. Comme s'il existait un ordre officiel des étapes à franchir. Alors évidemment, on a un timing. qui soit naturelle, consensuelle. Il y a ce truc qui nous revient toutes et tous en boucle à des moments. C'est logique aussi. Mais c'est important de se demander quand même est-ce que je me compare pour comparer ou est-ce que ça m'intéresse cette comparaison ? Parce qu'en fait, si le timing que j'ai actuellement me va bien, ça ne cède peut-être à rien d'aller mettre la pression sur celui des autres. Il y a encore énormément de possibilités de faire différemment les choses. Les réseaux, c'est pareil. On le voit, c'est très dangereux pour les tout jeunes. et les moins jeunes d'ailleurs, de comparer un groupe en face avec une personne qui est sur les réseaux, et on voit à quel point être présent sur les réseaux ne veut pas dire être heureux. On regarde ce qui nous est montré, et puis on est là, on complète les blancs avec notre imagination. Et bizarrement, en fait, dans nos scénarios justement, on attribue souvent la vie qui nous manque. Alors le but, c'est pas de supposer que la personne qui a réussi est forcément malheureuse et qu'elle est en train de tricher ou de vous cacher des choses. Mais en fait, c'est de se dire, on ne sait pas. On ne sait pas. Tant que la personne ne vous l'a pas dit, vous ne savez pas ce qu'elle est en train de vivre. Il y a des gens aussi qui s'énervent. Qui s'énervent parce que ça va plus vite chez les autres. Parce que chez eux, ouais, c'est trop lent. Mais en fait, s'énerver parce que quelqu'un va plus vite que vous sur une autoroute, comme je le disais tout à l'heure, ça n'a aucun sens. Si vous, le but, c'est un petit marathon jusqu'à la boulangerie d'à côté. C'est-à-dire que ce ne sera pas la même foulée. Donc au lieu de s'énerver, préparez sa foulée pour aller à la boulangerie d'à côté. Et puis un jour, si vous avez envie de prendre l'autoroute à cette vitesse-là, très bien, pour l'instant, ce n'est pas du tout l'objectif. Le vrai sujet, je pense, ce n'est sûrement pas dans la comparaison le résultat de l'autre qui vient piquer. C'est certainement plus la permission. que chacun ne s'accorde pas. L'autre, il a osé se montrer, il a demandé plus, il a ralenti, il a lancé ce projet, il a réussi. OK ? Qu'est-ce qui te touche là-dedans ? Qu'est-ce que tu as envie, en fait, de cette personne ? Qu'est-ce que ça vient révéler chez toi ? Ça peut être utile de se demander, OK, tu te compares là à quelqu'un, mais en fait, est-ce que vous avez quelque chose à voir ? Est-ce que c'est comparable ? Qu'est-ce que ça vient ? chez toi chercher, que t'aimerais bien avoir dans ta vie. Réussite des autres, elle peut m'apporter quelque chose si elle m'inspire, mais le but c'est pas de devenir un jugement. Si se comparer c'est pour se juger, ça n'a pas beaucoup d'intérêt. Et je vais vous éviter la phrase qu'on entend tout le temps, elle n'est pas con hein, mais j'ai pas forcément un amour fou non plus pour celle-ci, compare-toi seulement à qui tu étais hier, ça me semble un peu évident bien sûr. regarde tout le chemin que t'as parcouru, regarde ce que t'as réussi à faire. Après, je trouve que malheureusement, elle devient aussi un petit peu cliché. Donc pour terminer, je dirais se comparer, ça arrive. C'est normal et c'est humain. On ne va pas se raconter qu'on est au-dessus de tout ça. C'est presque impossible de ne pas le faire. Et ça, à ce côté, je fais partie de la meute. C'est normal. Mais peut-être se demander la prochaine fois que quelqu'un vous donne l'impression, à vous, d'être à la traîne. Qu'est-ce que vous êtes en train de mesurer exactement ? Est-ce vraiment ce qui compte pour vous ? Et quand vous comparez, qu'est-ce que vous regardez chez l'autre ? Et surtout, qu'est-ce que vous oubliez de regarder chez vous-même ? Ce sera tout. N'hésitez pas à liker, à partager et à vous abonner. Vous recevrez la suite des épisodes. Sinon, ce sera tout.