ClémentAujourd'hui, on va parler d'un phénomène qui ne connaît ni âge ni frontières. Je veux parler de l'attaque de panique. Bonjour à toutes et à tous, c'est Clément. J'espère que vous allez bien. Si l'anxiété est aujourd'hui votre pire ennemi, vous êtes au bon endroit. Ensemble, nous allons apprendre à la comprendre, à l'apprivoiser et même à en faire une alliée. Bienvenue sur Même plus Peur, le podcast qui brise les tabous sur l'anxiété. Dans cet épisode d'une dizaine de minutes, je vais essayer de vous expliquer ce qu'est une attaque de panique, quelles sont ses symptômes, les différents types qui existent, comment elles peuvent se déclencher, et enfin, on pourra prendre un moment pour déconstruire quelques mythes et idées reçues. Pour commencer, vous avez sans doute déjà entendu, et vous entendrez souvent dans ce podcast, les termes de crise d'angoisse, crise de panique ou attaque de panique. Ils sont souvent utilisés comme synonymes. Mais d'un point de vue clinique, c'est bien le terme « attaque de panique » qui est utilisé. Mais alors, qu'est-ce qu'une attaque de panique ? De façon très simple, une attaque de panique, c'est une peur soudaine, intense, accompagnée de symptômes physiques et cognitifs très forts. Si fort que c'est l'une des causes les plus fréquentes de passage aux urgences. Beaucoup de personnes pensent vivre un infractus, tant les sensations sont violentes. Cliniquement, on parle d'attaque de panique quand apparaissent brutalement une peur ou une gêne intense associée à au moins 4 des 13 symptômes définis par le DSM-5. Ces symptômes peuvent durer de quelques minutes jusqu'à une heure. Et même si c'est extrêmement désagréable, c'est important de le savoir et de le dire clairement, on ne meurt pas d'une attaque de panique et on ne fait pas non plus de malaise. Et aussi impressionnantes soient-elles, elles finissent toujours par passer. Mais alors, qu'est-ce qui rend ces attaques de panique si impressionnantes et si désagréables ? Eh bien, ce sont les symptômes. Ils sont classés en deux grandes catégories. Les symptômes dits cognitifs et les symptômes dits somatiques. Pourquoi fait-on cette distinction ? Eh bien, parce que l'attaque de panique déclenche à la fois des réactions corporelles très intenses et des pensées, des émotions qui viennent amplifier ce que l'on ressent. On va commencer tout d'abord par les symptômes cognitifs. On retrouve la peur de la mort, la peur de devenir fou ou de perdre le contrôle de soi-même. Et enfin, un sentiment d'irréalité, d'étrangeté ou de détachement vis-à-vis de soi. On appelle ça la dépersonnalisation. Petit aparté sur ce terme, car je l'ai moi-même vécu, et c'est peut-être un petit peu moins parlant que les deux symptômes précédents. La dépersonnalisation, c'est cette sensation étrange d'être détaché de son corps, de son esprit et de ses sentiments. Pour celles et ceux qui ne l'ont jamais expérimenté, concrètement, c'est comme être engourdi. On se sent présent, mais en même temps... ailleurs. On ne ressent plus grand-chose, ni émotionnellement, ni physiquement. Je m'en souviens très bien, quand ça m'arrivait, souvent dans la rue, d'un coup, j'avais cette impression que mon esprit me regardait d'en haut, comme si je flottais. J'étais là, mais complètement détaché de la situation. Je me pincais, comme quand on essaie de se réveiller d'un rêve, je me pincais pour me dire non, là, je suis présent. Mais malgré cela, cette sensation persistait. C'est très particulier et très déroutant. Pour poursuivre sur les différents symptômes, je vais m'attarder maintenant sur les symptômes dits somatiques, terme clinique pour dire physique. On va retrouver les dix symptômes restants, notamment une gêne thoracique, une sensation de vertige, d'instabilité ou d'évanouissement. Une impression d'étouffement, des bouffées de chaleur ou des frissons, des nausées ou des douleurs abdominales. Une sensation de picotement appelée paresthésie, généralement sur les extrémités. On va retrouver également des palpitations ou une fréquence cardiaque accélérée. Une sensation de dyspnée, une sensation de respiration difficile. Et enfin... des sueurs et des tremblements. J'aimerais insister sur le fait qu'il suffit de 4 symptômes sur les 13 pour parler d'attaque de panique. Et d'une personne à l'autre, ou même d'une attaque à l'autre, les manifestations peuvent être très différentes. De mon côté, par exemple, j'ai remarqué quelque chose d'assez marquant. Quand je faisais une attaque de panique chez moi, c'était surtout des tremblements, beaucoup de tremblements. Mais dès que ça arrivait à l'extérieur, c'était complètement différent. Là, ce n'était plus ça, c'était plutôt les vertiges, cette sensation de tête qui tourne, et surtout cette peur très forte de m'évanouir. Mon expérience, la vôtre, sont des exemples parmi tant d'autres. Pour mieux comprendre l'ampleur du phénomène, ça vaut le coup de regarder ce que disent les données. Et là, on réalise qu'on est loin d'être tout seul. En effet, la prévalence à vie des attaques de panique est de 13,2%. Imaginez, cela représente 1 milliard d'êtres humains sur Terre. Une expérience a été menée sur 143 000 participants de 25 pays différents et économiquement différents à travers le monde sur des sujets âgés de plus de 18 ans. On voit bien que l'attaque de panique, elle peut toucher absolument tout le monde. Petite précision sur ce chiffre, il faut noter qu'il s'agit d'attaques de panique totalement isolées, sans conséquences et pas forcément liées à un trouble anxieux. Alors, si autant d'individus peuvent en faire, qu'est-ce qui déclenche une attaque de panique ? Eh bien, on distingue généralement deux grands types. Nous avons en premier lieu les attaques dites « attendues » . C'est par exemple, une personne ayant une phobie des araignées peut présenter une attaque de panique à la vue d'une araignée. Et en deuxième lieu, nous avons les attaques de panique dites « inattendues » . Ce sont des attaques qui se produisent spontanément, sans raison apparente. Je dis bien apparente parce qu'en réalité, elles ne le sont pas tant que ça. Elles sont liées à ce qu'on appelle des agents stresseurs. Plus précisément, trois agents stresseurs. Ils vont rendre la personne plus vulnérable à déclencher, à précipiter la venue de la première attaque de panique. Alors, l'agent stresseur, il ne va pas forcément... provoquer l'attaque de panique dans les heures qui suivent son apparition. Mais il créer le contexte de son apparition. Alors, ces agents stresseurs, lesquels sont-ils ? Le premier, c'est l'agent stresseur physiologique. Il inclut les malaises, telle qu'une crise d'hypoglycémie, un accouchement ou encore une activité physique intense. Cela va par exemple nous faire hyperventiler. Et l'hyperventilation, quand on n'a pas l'habitude, c'est extrêmement désagréable et peut nous faire paniquer. En deuxième, nous avons les agents stresseurs psychosociaux. On entend par là les coups durs dans la vie de l'individu. Cela peut être la mort d'un être cher, un divorce ou encore la perte d'un emploi. Et enfin, dernièrement, nous avons l'agent stresseur chronique. c'est quand on ne trouve la présence d'aucun des facteurs cités avant. On parle du terme chronique car il désigne le fait que la personne vive avec un stress majeur depuis longtemps et qui affecte son fonctionnement. Cela peut être des problèmes conjugaux, des relations de travail compliquées ou encore la maladie. Bien sûr, ce n'est pas toujours lié à un seul facteur précis. Ça peut être plusieurs choses en même temps ou une succession d'événements. Souvent, c'est un peu l'effet boule de neige. On peut par exemple perdre un proche. Puis, avec le temps, d'autres difficultés peuvent s'ajouter. Des tensions dans le couple, au travail. Et tout ça fragilise encore davantage. Et parfois, il suffit d'un élément de plus. La goutte d'eau, comme une crise d'hypoglycémie. Pour que le corps lâche et que l'attaque de panique apparaisse. Vous l'aurez compris, il existe énormément de facteurs possible derrière une première attaque de panique. Il y a aussi bien sûr la génétique qui entre en jeux. Certains n'en feront jamais, tandis que d'autres en feront beaucoup plus souvent. Mais ce qu'il est important de comprendre, c'est que faire une attaque de panique ne veut pas forcément dire qu'on souffre d'un trouble anxieux. Et même si c'est extrêmement désagréable sur le moment, paradoxalement, pour le corps, ça peut être aussi une façon d'évacuer. Comme une soupape. L'angoisse ressort et après coup, on peut parfois ressentir une forme de relâchement. Beaucoup de gens pensent encore qu'une attaque de panique, c'est juste dans la tête, ou qu'il suffit simplement de se calmer. Mais en réalité, comme on l'a vu, c'est beaucoup plus complexe que ça. Souvent, l'attaque de panique arrive après une période plus ou moins longue de souffrance. Il y a quelque chose en arrière-plan, un mal-être, une tension. Parfois même une douleur qu'on n'arrive pas forcément à identifier. Et à un moment donné, cela ressort sous la forme d'une attaque de panique. Les réactions physiques, quant à elles, sont bien réelles. Elles sont liées à des mécanismes biologiques complexes. Ce n'est ni imaginaire, ni exagéré. Ce n'est pas non plus un manque de force mentale. Et c'est essentiel de se débarrasser de ces préjugés si on veut permettre une prise en charge adaptée. Comprendre ces mécanismes, mettre des mots sur les symptômes, savoir ce qui se passe dans le corps et dans le cerveau, c'est déjà un premier pas pour reprendre un peu de contrôle. Si vous vivez vous-même des attaques de panique, ou si quelqu'un de votre entourage en souffre, rappelez-vous, vous n'êtes pas seul. Et surtout, ce que vous ressentez est légitime. Dans les prochains épisodes, on ira encore plus loin. On parlera du système nerveux pour comprendre toutes ces réactions. Et surtout, des outils concrets pour traverser une attaque de panique. Que ce soit pour soi ou pour les autres. C'est la fin de cet épisode. Merci d'avoir partagé ce moment avec moi. Si le podcast vous plaît, n'hésitez pas à en parler autour de vous. Et n'oubliez pas, chaque pas compte, même les plus hésitants. Ensemble, faisons de l'anxiété un simple chapitre de votre parcours, et non le titre de votre histoire. Je vous dis à bientôt, dans Même plus Peur, c'était Clément.