ClémentBonjour à toutes et à tous, c'est Clément, j'espère que vous allez bien. Si l'anxiété est aujourd'hui votre pire ennemi, vous êtes au bon endroit. Ensemble, nous allons apprendre à la comprendre, à l'apprivoiser, et même à en faire une alliée. Bienvenue sur Même plus Peur, le podcast qui brise les tabous sur l'anxiété. Imaginez, il est 22h30. Vous venez de quitter des amis après une superbe soirée. Votre ventre est lourd. Vous avez certainement trop mangé. La rue est déserte. Le quartier est calme. Vous le connaissez bien. Il fait sombre et vos yeux peinent à voir dans l'obscurité. Pour aller plus vite, vous décidez de passer par une petite ruelle. Vous l'avez déjà prise plusieurs fois. Rien de nouveau. Mais ce soir, dès que vous vous y engagez, quelque chose vous dérange. Vous ne savez pas quoi. Peut-être le silence, peut-être cette lumière orange bizarre des lampadaires, peut-être juste cette tension dans votre ventre. Vous décidez de continuer, mais après quelques mètres, vous entendez des pas derrière vous, clairs, rapides, qui se rapprochent. Vous décidez de vous retourner discrètement, et vous le voyez. Un homme, encapuché, silencieux, regard fixe. Il vous suit et ne ralentit pas. Là, tout change. Votre corps passe en mode survie. Vous ne pensez plus, vous agissez. Votre cœur se met à accélérer. Votre respiration se coupe. Vous marchez plus vite. Votre regard est instable. Vous semblez regarder dans toutes les directions. Votre ouïe s'affine. Vous êtes maintenant capable d'entendre que la personne accélère à son tour. Vous vous mettez à courir. Vous n'avez jamais couru aussi vite. Vos yeux repèrent une grille entreverte sur le côté. Vous foncez. Vous poussez la grille. Entrez. Et vous vous cachez derrière un petit mur. Le souffle court. Immobile. Quelques secondes plus tard, l'homme arrive à l'endroit où vous aviez quitté la ruelle. Il s'arrête. Et souffle. Il regarde autour. Longtemps. Puis il repart. Vous ne bougez plus, vous attendez. Cinq minutes, peut-être dix. Puis, vous ressortez doucement, vous tremblez, mais êtes en sécurité. Ce soir-là, vous n'avez pas eu besoin d'être courageux. Vous n'avez pas eu besoin de réfléchir. Vous avez juste eu peur. Et cette peur-là, c'est elle qui vous a sauvé. La peur ne se trompe pas toujours. Parfois, elle voit ce qu'on n'ose pas encore regarder. Aujourd'hui, vous l'aurez compris, on parle de la peur. Cette émotion qu'on fuit, qu'on juge, qu'on cache, et qui pourtant nous veut du bien. Alors, c'est quoi la peur ? A quoi elle sert ? Et comment peut-elle, paradoxalement, nous aider à avancer ? Pour commencer, nous allons définir la peur. Selon le dictionnaire Larousse, c'est un sentiment d'angoisse éprouvé en présence ou à la pensée d'un danger. réelle ou supposée d'une menace. Ce qu'il faut comprendre, c'est que la peur est une émotion fondamentale chez l'humain. C'est une émotion primaire, innée et universelle. Paul Ekman, un psychologue américain qui a notamment travaillé sur la théorie de détection des micro-expressions, l'a classé dans les émotions dites simples, au même titre que la joie, la tristesse, la colère, le dégoût ou encore la surprise. Si cette théorie des micro-expressions vous intéresse, je vous conseille fortement le livre de Paul Ekman qui s'appelle « Je sais que vous mentez » où justement il documente ses recherches sur cette théorie. Il faut savoir qu'elle est très utilisée aujourd'hui, notamment par la police ou encore les mentalistes, pour détecter le mensonge par exemple. Mais il faut savoir aussi que ça peut être très intéressant de les connaître pour améliorer son intelligence sociale. Bon, depuis tout à l'heure, on parle d'émotion. Mais qu'est-ce qu'une émotion ? Une émotion, ça vient du latin « movere » qui signifie « mettre en mouvement » . On comprend alors qu'une émotion permet l'action, et dans le cas de la peur, elle assure notre survie. Nous allons voir maintenant les réactions physiques liées à la peur. Ce qu'il faut savoir, c'est que chaque émotion vient avec son lot de réactions physiques. Il y en a certaines qu'on connaît toutes, comme les larmes, le rire, ou encore, par exemple, une boule au ventre. Pour la peur, comme on l'a vu dans notre petite histoire, différentes réactions physiques qui se sont mises en place pour éviter de nous faire poignarder par exemple par l'individu qui nous suivait. On peut citer notamment les muscles qui se contractent pour être prêt à agir, le cœur qui s'accélère, un rush d'adrénaline pour moins sentir la douleur par exemple. Et l'hypervigilance, qui permet au sens de s'affûter pour réagir au moindre changement. On va alors avoir les pupilles qui se dilatent pour mieux voir, ou encore l'ouïe qui est plus fine pour être plus attentif au son. On note également trois réactions dites instinctives à la peur. On a le gel, la fuite et le combat. Pour le gel, c'est quand on est complètement paralysé. Le corps se fige, c'est le cas par exemple pour les souris. Pourquoi ? On peut comprendre l'utilité de se figer en observant la réaction d'un chat face à une balle. Le chat va ignorer la balle si elle est immobile. Mais dès qu'on se met à lui la lancer ou à la faire bouger, Le chat va devenir vigilant et bondir vigoureusement sur la balle ou la frapper avec sa patte. Dans le cadre de l'être humain, comme on l'a vu dans notre récit, ça va servir à se cacher du danger. Pour ce qui est de la fuite, comme son nom l'indique, c'est tout simplement fuir la situation qui nous met en danger le plus vite possible. Et enfin, on a la réaction de combat. Ça peut être considéré comme la dernière option dans certains cas. Si on a tenté les deux autres et qu'on se retrouve acculé contre un mur, notre dernière chance, c'est de combattre le danger. Ces trois réactions sont totalement instinctives, c'est-à-dire qu'elles sont innées chez l'être humain. C'est totalement inconscient le corps réagit de la meilleure des manières pour un danger à l'instant T. C'est le corps qui va choisir en fonction du danger s'il est préférable de fuir, combattre ou de s'immobiliser. L'exemple tout simple, ce sera si je me fais agresser par une personne qui fait 1m70 et que j'en fais 1m80, peut-être que ma réaction va être la réaction de combat, parce que je sais que j'ai une chance de m'en sortir face à l'individu. En revanche, s'il y a cinq individus ? Avec des battes de baseball, mon corps va choisir la meilleure option. Et donc, pour ce cas-là, ça peut être la fuite. Tout ça, bien sûr, ça joue dans le cerveau. Et je ferai un épisode dédié au système nerveux sympathique et au système nerveux parasympathique, qui explique ces différentes réactions. Voilà. J'espère vous avoir démontré que la peur est très utile dans notre vie quotidienne, et que c'est grâce à elle que nous avons pu survivre jusqu'à maintenant. Les dangers, bien sûr, ne sont plus du tout les mêmes. Ils ont évolué. Mais nos réactions, elles, sont restées les mêmes. Pendant la préhistoire, il s'agissait de survivre face à des tigres à dents de sabre. Aujourd'hui, ce sont les armes à feu. On voit bien que, du coup, nos réactions sont limitées, aujourd'hui. On aura beau avoir le rush d'adrénaline, on ne pourra jamais courir plus vite qu'une balle. Bien sûr, je grossis le trait de ces réactions, mais c'est pour montrer que, du coup... Il peut y avoir une certaine différence entre les peurs actuelles et les réactions mises en place actuellement avec les peurs anciennes de nos ancêtres. Mais ces réactions, elles servent toujours aujourd'hui, puisqu'on entend toujours parler d'une histoire, d'une personne qui connaît quelqu'un, ou dans les journaux, d'un individu qui a été capable de soulever... Une pierre de 150 kilos pour sauver son fils qui était coincé en dessous ou un ami qui était en dessous. Tout ça grâce à la peur justement. J'en profite pour rappeler, pendant que nous sommes sur les prouesses techniques de la peur, que, hormis les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, il est impossible que les réactions liées à la peur nous fassent faire un malaise ou mourir. J'espère vous avoir convaincu et prouvé que c'est d'ailleurs tout à fait le contraire. Le corps, en aucun cas, n'aurait d'utilité à nous faire avoir un malaise ou pire, mourir, alors que son but est de nous protéger justement d'une mort qui pourrait arriver si on n'avait pas toutes ces réactions physiques. C'est que vraiment, ce n'est pas possible d'avoir des réactions telles que le malaise ou, pour les gens qui ont peur, de faire un infarctus, etc. Pendant la peur, Tout simplement parce que ce n'est pas son but à la peur. Je voulais juste remettre les choses au clair, parce que je sais qu'il y en a beaucoup qui sont dans ce cas-là. Moi, j'ai été dans ce cas-là pour la partie malaise. J'avais peur de faire des malaises dues à des attaques de panique, à la peur. Eh bien, ça rentre toujours aujourd'hui. Je le répète pour vous et pour moi en même temps. Mais non, on ne peut pas faire de malaise lié à la peur. Et il y a une phrase que j'avais lue, que j'aime beaucoup, qui m'a marqué, c'était de dire que si les humains mouraient ou faisaient des malaises à cause de la peur, on serait déjà éteint depuis très longtemps. Je vais enchaîner sur les bienfaits de la peur. Comme on l'a vu, la peur, elle aide à survivre, elle détecte le danger avant même qu'on en prenne conscience. C'est un réflexe en fait quelque part qui est vital. Deuxièmement, la peur nous apprend. Plus un événement est chargé en émotions, et ça peut être une émotion de peur, on va l'éviter à l'avenir. C'est un moteur d'apprentissage. La peur nous pousse aussi à anticiper. On révise un oral parce qu'on a peur d'être ridicule. On met sa ceinture parce qu'on a peur d'un accident. Donc elle nous pousse à nous préparer. Elle nous connecte aussi aux autres. La peur, elle est contagieuse. On alerte, on crie, on se protège en groupe. Donc ça crée du lien social en cas de danger. Et enfin, elle nous fait grandir. Chaque peur qu'on affronte est une victoire. Elle renforce la confiance en soi ainsi que la résilience. Je terminerai cet épisode en disant que la peur... est une émotion comme une autre, qu'il faut l'accepter. Tôt ou tard, si on la fuit, elle va finir par revenir. Et grâce à cet épisode, j'espère que vous avez appris à mieux la comprendre et que ça vous servira pour mieux l'appréhender dans le futur. C'est la fin de cet épisode. Merci d'avoir partagé ce moment avec moi. Si le podcast vous plaît, n'hésitez pas à en parler autour de vous. Et n'oubliez pas, chaque pas compte, même les plus hésitants. Ensemble, faisons de l'anxiété un simple chapitre de votre parcours, et non le titre de votre histoire. Je vous dis à bientôt, dans Même plus Peur, c'était Clément.