ClémentQuand l'attaque de panique arrive, le cœur accélère brutalement, on le sent taper dans la poitrine, fort, trop fort. Et quand cette sensation s'accompagne de vertiges, de la respiration qui se coupe, et de cette douleur qui monte dans le thorax, une seule pensée nous envahit. Et si c'était une crise cardiaque ? Bonjour à toutes et à tous, c'est Clément. Bienvenue sur Même Plus Peur. Anxieux depuis plusieurs années, je ne suis ni médecin, ni thérapeute, juste le cobaye. Et ce podcast, c'est un peu mon carnet de bord. C'est l'une des questions et l'une des peurs qui revient le plus souvent. Comment faire la différence entre une douleur de poitrine liée à la panique et une vraie douleur cardiaque ? Dans les prochaines minutes, nous allons décortiquer ce qui se passe dans le corps, pourquoi cette douleur apparaît, et surtout... Ce qui distingue concrètement les deux. Je tiens à rappeler un point important avant de commencer. Cet épisode s'adresse aux personnes dont le bilan cardiaque a déjà été fait et est revenu normal. Si cette peur vous préoccupe au quotidien et que vous n'avez jamais consulté, c'est le premier pas à faire avant tout le reste. Si vous avez écouté les épisodes précédents sur le système nerveux et les attaques de panique, certains mécanismes vous seront déjà familiers. Mais ici on va les appliquer à ce symptôme précis. Pour bien comprendre, quand le cerveau envoie son signal d'alarme lors d'une attaque de panique, il ordonne en une fraction de seconde à l'organisme de se préparer à fuir ou à combattre. C'est l'activation du système nerveux sympathique. Et l'une de ses premières actions, c'est de libérer de l'adrénaline. Cette substance accélère le cœur, augmente la pression artérielle, et contracte les muscles. Le corps passe alors dans un état d'alerte maximale. Et c'est là que la douleur dans la poitrine peut apparaître, par plusieurs mécanismes en même temps. Premièrement, peut-être l'aurez-vous déjà remarqué, mais en situation de panique, on ne respire plus avec le ventre. On respire avec le haut du thorax, avec les épaules. Des muscles qui normalement ne servent qu'en cas d'effort intense. Les intercostaux. Les pectoraux, les muscles du cou, ils sont sollicités de manière continue et anormale. Au bout de quelques minutes, forcément, ils se fatiguent. Ils se contractent et ils font mal. On a donc bien une douleur musculaire qui est réelle. Le deuxième mécanisme, c'est l'hypervigilance. Comme on l'a vu, le cœur s'accélère. Oui, c'est un emballement du rythme normal. Mais chez la personne en pleine crise d'angoisse, La perception de ce battement est amplifiée. Le cerveau est en mode scanner permanent. Il capte le moindre signal, il pose immédiatement la question. Est-ce que c'est dangereux ? Et c'est pour cela qu'on a l'impression que le cœur bat beaucoup plus fort qu'il ne le fait en réalité. J'en ai eu la preuve par moi-même, lors d'un repas avec des amis, pas plus tard que la semaine dernière. J'ai senti une montée d'angoisse, comme rarement ces derniers temps. J'ai décidé, par réflexe, de regarder ma montre connectée, et elle indiquait 105 battements par minute, largement au-dessus de ma moyenne qui tourne autour des 58. Lors d'un match de badminton quelques jours plus tard, ma fréquence cardiaque moyenne était alors de 155. Si vous m'aviez demandé lequel des deux me semblait le plus fort, j'aurais choisi sans hésiter le repas. Et c'est ça, l'hypervigilance. Ce n'est pas que le cœur bat plus fort, C'est juste que l'attention est focalisée dessus. Ce que ces deux mécanismes ont en commun, c'est qu'ils expliquent une douleur bien réelle et des sensations bien réelles. Mais il faut bien comprendre que le cœur n'est pas en danger. Le corps, pendant une attaque de panique, n'est pas en train de nous lâcher. Il est au contraire en train de se mobiliser pour assurer notre survie. Et quand on le compare à un effort physique intense, comme une course, une séance de musculation, ou encore, dans le quotidien, un sprint pour attraper son train, on réalise que le pic cardiaque d'une attaque de panique reste bien en dessous de ce que le corps est capable d'encaisser quotidiennement, sans le moindre danger. Cela dit, même en comprenant ces mécanismes, la question reste légitime. Comment faire la différence concrètement entre une douleur de panique et une douleur cardiaque ? Ce qui distingue le plus clairement les deux, c'est la nature de la douleur en elle-même. Lors d'une attaque de panique, la douleur thoracique est réelle, mais elle est d'origine musculaire et nerveuse. Elle ne traduit pas une lésion du cœur. Elle apparaît brutalement, culmine en quelques minutes, et est associée à l'envie instinctive de fuir, de bouger, de trouver une sortie. Et comme pour la crise, la douleur tend à diminuer quand on s'éloigne de la situation angoissant. Ce que décrivent les personnes ayant vécu une vraie crise cardiaque est différent. C'est une oppression, une barre derrière le sternum, continue, écrasante, comme si quelqu'un comprimait la poitrine de l'intérieur. Une douleur qui peut irradier vers le bras gauche, la mâchoire et le cou. Et contrairement à la panique, où le corps veut fuir, Lors d'un infarctus, le moindre mouvement devient difficile et douloureux. La douleur ne passe pas au repos. Elle s'installe, elle dure et elle ne cède pas. Ce qu'il se passe biologiquement est à l'opposé. Pendant une attaque de panique, le cœur reçoit suffisamment d'oxygène. Il s'emballe, mais il est alimenté. Lors d'une crise cardiaque, c'est une artère qui se bouche. Le muscle cardiaque est alors privé d'oxygène. C'est cette privation qui crée la lésion et la douleur qui ne lâche pas. La douleur dans la poitrine pendant une attaque de panique est donc bien réelle. Ce n'est ni dans la tête, ni exagéré. C'est le corps qui réagit, qui se mobilise, qui fait exactement ce pour quoi il est conçu. Survivre. Pour résumer ce qu'il faut retenir de cet épisode, C'est que la douleur à la poitrine ne signifie pas que le cœur est en danger. Les mécanismes qui le provoquent, la tension musculaire, l'hypervigilance ou encore l'adrénaline, ne sont que des réponses de survie, pas des signes de défaillance. Mais une fois le bilan fait, et le cœur déclaré sain, cette douleur raconte autre chose. J'espère que cet épisode aura répondu avec un peu plus de clarté à la question et tenu sa promesse. Je sais que cette peur est très présente chez beaucoup d'anxieux, et c'est pour cela que j'ai voulu commencer par cet épisode. Je compte en sortir deux autres concernant chacun une peur différente pendant une attaque de panique. Les deux prochains seront portés sur la peur de faire un malaise, et l'autre sur la peur d'étouffer. Normalement, vous n'aurez pas à attendre longtemps. car j'ai décidé de sortir un épisode par semaine en ce mois de septembre pour tenter un nouveau format. Mais le planning étant un peu chargé ces derniers temps, c'est assez compliqué de me dégager du temps pour travailler sur le podcast. Peut-être que certains d'entre vous l'auront remarqué, avec des épisodes sortis un peu quand je pouvais, ces deux derniers mois. J'espère que cette suite d'épisodes vous plaira, et si vous souhaitez que j'aborde une peur précisément, n'hésitez pas à me contacter directement par mail pour me faire part de vos témoignages. C'est la fin de cet épisode. Merci d'avoir partagé ce moment avec moi. Si le podcast vous plaît, n'hésitez pas à en parler autour de vous. Et n'oubliez pas, chaque pas compte, même les plus hésitants. Ensemble, faisons de l'anxiété un simple chapitre de votre parcours, et non le titre de votre histoire. Je vous dis à bientôt, dans Même plus Peur, c'était Clément.