- Joelle Mastelic
Bonjour et bienvenue dans Mémoire Végétale, la voix des plantes médicinales, un podcast où les plantes racontent des histoires et ceux qui les côtoient partagent leur chemin de vie, leurs gestes, leurs mémoires. Je m'appelle Joëlle et ce podcast est né de mon désir de transmission, de lien et d'un émerveillement grandissant pour les plantes médicinales. Elles ont une voix, une présence, une sagesse qui traverse les âges. J'espère que cet épisode va vous inspirer autant qu'il m'a inspiré et je vous souhaite une bonne écoute. Les échanges que vous allez entendre sont le fruit d'expériences personnelles, de savoirs transmis oralement et de pratiques individuelles. Ils ne constituent en aucun cas des conseils médicaux ou thérapeutiques. En Suisse et en Europe, l'usage des plantes médicinales à des fins de traitement est encadré par la loi. Ce podcast ne pose aucun diagnostic,ne remplace pas une consultation médicale et n'encourage jamais à interrompre un traitement prescrit. Nous vous invitons toujours à consulter un professionnel de santé qualifié avant toute décision liée à votre santé. Bonjour et bienvenue dans le podcast Mémoire Végétale, la voix des plantes médicinales. Et aujourd'hui, on est avec Laurence Noyrigat. Comment vas-tu Laurence ?
- Laurence Noyrigat
Bonjour, ça va très bien.
- Joelle Mastelic
Et on se voit ici, en Haute Savoie, où est-ce qu'on est exactement ?
- Laurence Noyrigat
Alors, on est dans la vallée du Giffre, à Taninge, une vallée que je connais bien, où j'ai grandi quand j'étais enfant. Voilà.
- Joelle Mastelic
Et tu m'as raconté que c'était ici que tu faisais tes premières cueillettes, c'est juste ?
- Laurence Noyrigat
Oui, voilà, mes premières cueillettes. Mon papa, il me laissait un petit peu de liberté, mon papa était postier. Et du coup, il me disait, j'avais une montre, lui, d'avant, et il me disait, à telle heure, moi, je reprends. Donc, il me laissait vadrouiller, les copains, les copines, on allait dans la forêt, on allait dans les prés, et puis j'allais au jardin de la Géissima, j'ai égal au plein que mon enfant, et puis j'allais chez mon maman des montagnes, qui m'a un peu gardé, j'avais un peu ça, toujours intéressé par ce qu'il y avait par terre,
- Joelle Mastelic
donc une fleur, deux fleurs,
- Laurence Noyrigat
trois fleurs, voilà, un arbre, ainsi de suite. et puis je crois que ça a été un peu viscéral.
- Joelle Mastelic
C'est donc aujourd'hui que tu es paysanne herboriste, c'est comme ça qu'on dit, et cueilleuse ?
- Laurence Noyrigat
Voilà, je suis donc producteur-cueilleur, consommateur-formateur, en plantes médicinales, aromatiques, aromatiques, marbacéutiques. Donc je fais partie de la Fédération des paysans herboristes, je fais partie aussi de la Guilde des herboristes, depuis que je suis inscrite à leur association. Qu'est-ce que c'est la Guilde de Désert ? Alors, c'est un regroupement de gens qui pratiquent l'herboristerie, qui font des consultations et qui pratiquent l'herboristerie, qui guident les personnes pour prendre des plantes. On peut aider les gens pour certains problèmes de santé.
- Joelle Mastelic
Et on s'est rencontrés ce week-end au Salon de la santé par les plantes à Morgin. C'était déjà vu il y a deux ans. Et je dois dire... que moi, ça m'a vraiment motivée à travailler dans ce domaine de l'herboristerie. Tu as animé un atelier sur les hydrolats. Raconte-nous un peu cet atelier.
- Laurence Noyrigat
Alors cet atelier, il avait été un peu particulier parce que c'est vrai que j'étais venue d'abord à un salon au mois de juillet à Brossines où j'ai fait un atelier, c'est un ami qui m'a invité, où j'ai fait un atelier de la reine des prés en distillation avec mon alambic mobile. Et du coup, Guillaume... ma sonnette m'a dit moi je voudrais que tu fasses quelque chose à Morgue donc je suis venue avec mon alambic et de la lavande fine du Larzac parce qu'elle n'a pas la même odeur que la lavande de Valensole et du coup j'ai animé cet atelier où les gens ont été subjugués je crois que dans le village il y avait un parc lavande qui s'était divulgué et ça, il y a beaucoup de gens qui m'ont appelé derrière, ça les a appouffés Euh... Tu vois, c'est une transmutation, la distillation est une transmutation en soi. Ça a transmuté la plante, mais je crois que ça a transmuté aussi les participants.
- Joelle Mastelic
En tout cas, moi, ça m'a beaucoup parlé, la manière dont tu transmets. Ce podcast, il est rentré sur la transmission des connaissances sur les plantes médicinales. La manière dont tu transmets, justement, en racontant les plantes, en expliquant comment ralentir. Effectivement, j'étais un petit peu shootée à la lavande à la fin de l'atelier. C'était merveilleux.
- Laurence Noyrigat
Oui, en plus, je crois que vous avez fait sentir quelques hydrolats au niveau émotionnel, de voir comment... cette odeur, qu'est-ce qu'elle a porté chez vous, est-ce que vous l'appréciez ou pas. Et j'aime beaucoup cet atelier d'olfactothérapie, et surtout par les hydrolats, parce qu'on ne parle que des huiles essentielles, c'est le totem de la plante, c'est son esprit pur, c'est le haut de la plante. Et du coup, la plante, elle peut être agressive, quand on veut une eau, c'est un moyen de dépense. En fait, une huile essentielle, c'est son moyen de dépense. Si on veut beaucoup d'huile essentielle, on a l'impression qu'elle est grainée, la graine. c'est la protection. Donc, quand on donne une essentielle, c'est corrosif. Ils sont boucliers, quelque part. Et là, l'hydrolat, on va chercher plus la douceur, plus la pureté, plus... On va être dans la profondeur, parce que c'est plus doux, c'est plus floral. On va chercher chez la plante tout ce qui peut être doux, alors que dans l'essentiel, on va chercher tout ce qui peut être agressif. Et ce n'est pas du tout. le même équilibre. Donc je trouve que l'olfactothérapie avec les hydrolats est beaucoup plus agréable. Donc tous ces hydrolats, ils ont un spectre beaucoup plus large, même en donné aux enfants. Et le symbolisme de la plante va apporter. Et on oublie ce symbolisme de la plante. Chaque plante a un symbole. Même des fois, on lui a donné un symbole, déjà écrit sur un livre, que ce soit dans l'herboristerie, dans l'alchimie. Et puis après, il y a le symbolisme de toi. Qu'est-ce que tu ressens quand tu vas cueillir la pente ? Qu'est-ce qu'elle t'apporte à toi ? Comment la distillation te fait ? Et toi, ça t'a apporté quelque chose de nouveau ?
- Joelle Mastelic
Moi, ça m'a transmuté, en tout cas. Merci beaucoup. Effectivement, j'aime beaucoup cette approche avec les hydrolats. Parce que finalement, aussi d'un point de vue environnemental, il faut tellement de ressources naturelles pour produire des huiles essentielles. Et ces hydrolats qui sont finalement peu valorisés, comment est-ce que... toi tu vois cette partie environnementale ?
- Laurence Noyrigat
Alors, très destructrice morale, l'huile essentielle est destructrice. Trois fois l'huile essentielle n'était pas utilisée comme maintenant. C'est devenu, je crois qu'on en dit ce mot là, presque on dit bon service, on va dire. En plus, il y en a qui ne savent même pas être, avec des gens qui ne savent même pas conseiller. Et il y a quand même des mises en garde. Et ce n'est pas quelque chose qu'on devrait avoir à la vente aussi facilement. Même nous, je ne sais pas trop en France, mais... Je ne sais pas comment ça se passe, mais nous, en France, les pharmaciens, on pose la question,
- Joelle Mastelic
ils n'ont pas la connaissance. On ne leur donne plus la connaissance.
- Laurence Noyrigat
Donc, la connaissance, presque, je dirais, d'accord, par écrit, elle est liée, par des livres, elle est liée, mais entre le livre et la pratique, sur le terrain, c'est totalement différent. Il y a un fossé, c'est pas un fossé, c'est une douce de château, c'est même un océan. Il n'y a que dans le ressenti. Moi, j'ai gardé une petite chose de mon père qui m'a toujours transmis quand j'étais petite. Quand on venait ici, quand on allait des fois, c'est un souvenir énorme. On montait à Joutes-Plannes et ils prenaient une tablette de chocolat avec un bout de pain ou un bout de jambon de pays. Alors que ça, c'est hier, on regardait la planète. Voilà le jambon, le chocolat, il n'a pas le même goût qu'en bas à la maison. Il a grandi et c'est pareil quand on fait de la cueillette pour un hydrolat, pour une tisane, pour une macération, qu'elle soit alcoolique. ou pour une macération huileuse. Quand est-ce que tu la ramasses ? Parce que moi, j'ai eu le train d'amasser des plantes sur des hydrolats en pleine nuit, sous la lune. Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que la lune m'appelle et me dit c'est là que je vais donner quelque chose à la plante. C'est agro-dialogiste quelque part.
- Joelle Mastelic
Et quand on compare les effets des hydrolats ou les effets des huiles essentielles, dans quelles circonstances, toi tu utilises plutôt des... des hydrolats ou dans quelles circonstances les huiles essentielles ?
- Laurence Noyrigat
Alors les huiles essentielles, en fin de compte, je les utilise tellement. Je vous dirais presque que je vais les mettre plus dans une brume qui va on appelle ça des brumes entre guillemets chamaniques où au niveau de l'atmosphère elles vont apaiser. Là, elles vont se diffuser. Je préfère un produit hydrolat qui est plus doux. Déjà, c'est moins agressif pour le corps et pour l'esprit. Si vous n'oubliez pas tout ça, il y a un aménement qui se fait. Et je pense que même un petit enfant, même un petit bébé, on peut lui mettre une cueillère à café dans le bain d'hydrolazure, il a un peu de fièvre, on peut le mettre dans le biberon avec de l'eau, il risque rien. Et la plante va porter ce côté, le sureau pour un enfant, elle est énorme, c'est quand même l'arbre des fées, c'est un arbre protecteur. la mythologie de la plante en général. Pourquoi il mettait des surocres à des maisons ? Il disait que c'était pas l'onive. Les oeufs, les sorcières, le machin, voilà. Et bon, de rien, il n'est pas de la fièvre, il ne parle pas, il ne se nourrit pas, il va exécuter le problème de la santé, et cet enfant, il va suivre, il va mieux se porter, il va mieux dormir, il va être apaisé. Elle a une action sur les rhumes, elle a une action sur les branches, elle a une action sur les fluides, sur les tiques, elle a une action sur la graine, c'est toi, comme disait mon père, c'est toi, il observe.
- Joelle Mastelic
Il a l'impression que si on n'a pas ces connaissances des plantes, si on les a un petit peu perdues ou qu'elles se sont endormies, On ne voit même plus le sureau qu'il y a autour de la maison ou les médicinales. Moi, je vois, ça fait maintenant un an que je suis dans cette formation de technicienne en herboristerie, et je vois les plantes que je ne voyais pas avant alors qu'elles étaient déjà là. Et c'est ce qui me passionne, en fait, c'est cette transmission de ces connaissances pour poser un autre regard, finalement, sur ces plantes.
- Laurence Noyrigat
Oui, mais la transmission, on peut le voir comme un fond de l'épreuve.
- Joelle Mastelic
C'est vrai qu'il y a beaucoup d'arboristes qui écrivent des livres.
- Laurence Noyrigat
Et moi, le problème, écrire un livre. Moi, tu viens à m'enrichir des lumières, des épaules, du Vénus, du Jupiter, du Neptune, du Soleil. Pourquoi le Soleil, à telle heure, il va faire ça pour moi ? Parce que c'était mon ressenti. Ah, le convoi a parlé. Il nous a dit, tu peux peut-être contourner à droite. Pourquoi je te dis ça ? Je ne sais rien. Pourquoi tu transcrives ça sur mon livre, « Reboxing » ? J'ai du mal, on me le demande. J'ai du mal. J'ai envie toujours de me dire, par où je commence ?
- Joelle Mastelic
Parce qu'il y a une partie scientifique que tu as acquise, académique, à l'école de Lyon, c'est juste, mais il y a aussi une partie émotionnelle et spirituelle.
- Laurence Noyrigat
Voilà, spirituelle, que mes grands-mères m'ont troncée, parce qu'il ne faut pas oublier que j'avais des mamies qui cueillaient aussi. Mon bébé, ma famille est arnaise, de la France, du Ouest, et tu manges. On allait raffaciller la menthe sauvage, la marjolaine, donc un origan, des feuilles de loup, et elle nous amenait à l'herboristerie de fable, qui sont nommées après les fables laboratoires chlorales. Et il y avait l'herboristerie d'encaisse, et c'était un moyen de gagner 4 sous. Elle avait gagné 100 francs, ou 30 francs, ou 50 francs, et puis elle faisait 4 courses pour la maison, c'était pour la famille. Donc il y avait le côté ludique, et puis elle avait dans les ventes. paysans, il y avait toujours ce savoir. Ah ben ça, tu te fictions avec, ça va déjà ça. Il y a tellement de choses qu'on a perdues et qu'on nous a... Je dirais que presque la nature est tellement inconnue que tout le monde a peur. Alors que non, on en fait partie intégrante. Donc, à la plupart, on a peur.
- Joelle Mastelic
Tu organises aussi des sorties avec des personnes, quand tu dis que tu transmets.
- Laurence Noyrigat
Oui. Oui, oui, je prends des stagiaires, des stagiaires agricoles, évidemment. Souvent, je leur dis, soit tu prends un carnet, soit tu prends un enregistreur, ou essayer de te rappeler. Je crois que j'ai une petite stagiaire qui était à la Sorbonne, à la fin mémoire de fin d'études. Je crois que c'était la sociologie entre l'homme et la plante, un truc comme ça. Et elle m'a décrit. J'étais surprise de voir comment elle m'avait vue, parce que moi, je ne me vois pas. Moi, je vis, tout simplement. Je suis qui je suis. Et elle m'a décrit, en rentrant dans une forêt au moment des champignons, je ne suis plus du tout la même personne. C'est des parterres au sol, qui défendent même les chaussures. Mais des fois, ça m'est arrivé pour cueillir de la spérule, ce qui était mes bottes.
- Joelle Mastelic
La spérule magnifique.
- Laurence Noyrigat
L'arrêt de mai, là. Et de marcher le plus doucement possible. La dernière de dire... et puis je parle. Salut, tu vas ? Oh, toi t'es jolie. Mais oui, mais pensez-moi.
- Joelle Mastelic
Les enfants aussi me disent c'est bizarre, tu parles au plomb. Ça doit être quelque chose de commun quand on connecte avec la nature.
- Laurence Noyrigat
Oui, c'est quelque chose qui fait partie intégrante de nous. Je pense même l'homme à nous savoir en criant lui, sans le savoir. Et je pense que ça date pas de maintenant. Je pense que ça vient de la nuit des temps quand l'homme... s'est relevé pour marcher, il a découvert sa bupétie. Ils se sont bien soignés, ces hommes de la préhistoire, les Néandertaliens, au moins Erectus, tout ça, ces hommes, puis de l'humanité. Et comment ils ont fait pour... Ils avaient ces fameuses, entre guillemets, hommes ou femmes de médecine qui avaient toujours des sacs moches, avec des plantes qu'ils avaient séchées, ils faisaient des potions, des breuvages, ils les connaissaient. Cette transmission, elle était plutôt, du coup, d'un point de vue oral. que de la transmission orale, et même d'ailleurs quand on parle des druides, entre guillemets, les barres des druides, c'était oral, on n'a pas d'écrit, il n'y a pas d'écrit sur la part du César. qui se raconnent sur les Helvètes. C'est le seul qui a écrit, parce qu'il est noir, il faut pas dire le mot. Voilà. Mais même que ce soit la Rome antique, que ce soit les Grecs, ils avaient un savoir sur des plantes que je te disais que j'ai ramassé la cratodine, que vous appelez ici, pour faire cette fameuse zicœur. C'est quoi cette crat... Parce que moi, je n'avais jamais entendu ce terme. La Rapportierne-Molide, c'est une petite jambier qui pousse en altitude. Parce que ça porte 1400-1500. Elle aime les sols rocailleux, bien exposé soleil, plein sud. On va dire soleil du matin jusqu'au soir. Elle aime bien chauffer. Elle a un petit côté un petit peu mentholé. Et ici, c'était une liqueur qui faisait... Ils mettaient une trentaine de feuilles dans de l'alcool, dans de l'eau de vie. un petit peu de sucre. Je pense qu'à l'époque, quand le sucre n'existait pas, c'était du miel. Beaucoup de gens, sucre blanc, sucre de 4, c'est tout récent. C'est à quoi ? 200 ans ? 200 ans, on va dire, c'est pas si vieux que ça. Et avant, le seul sucre qu'on connaissait, c'était nos abeilles. C'était un casson de sucré, l'hydromène, tout ça, c'était fait à base de miel. Et c'est vrai que cette petite craponine, quand on la sent, moi, je l'aime beaucoup, elle est mentholée. Elle a un nom particulier, c'est Sideritis isopifolia. Et le Sideritis, la Grèce, c'est un marquin. Et ce Sideritis, on appelle ça le thé des dieux. Mais pourquoi on l'appelle comme ça ? Elle pousse au plus haut, au plus haut de la montagne. Elle est au plus proche des cieux qu'au plus proche des dieux. Et elle a quelque chose en... Elle a le froid de l'hiver, la douceur du printemps, la chaleur de l'été. Et elle va sortir dans ses racines assez de nouveau en hiver au repos. Donc, elle a quand même des propriétés un peu particulières. Alors, on a les propriétés, évidemment, chimiques, ce qui est bien. Voilà. Et puis après, il y a les propriétés un peu... J'aime beaucoup le côté spirituel de la plante.
- Joelle Mastelic
J'ai vu qu'il y avait une farteuse ici, à Tannin. Est-ce qu'elle fend aussi cette fameuse liqueur ?
- Laurence Noyrigat
Ah oui, on prend beaucoup de chocs. Elle est juste visitable. Je ne sais pas si à l'époque, peut-être s'ils en faisaient. Et je pense que c'était au reposoir qu'ils devaient faire la fameuse liqueur. Parce que le stéréotis, disons que je vous l'ai dit, je le ramasse au col de la Colombière. Et à côté, nous avons la chapeuse du reposoir. Donc les carniques, je pense qu'il y a bien longtemps, qu'elles devaient faire une liqueur qui peut-être…
- Joelle Mastelic
Qu'est-ce que c'est la liqueur ? C'est liquifié quelque part. C'est… Merci.
- Laurence Noyrigat
Tu crées l'esprit de la plante. Spiritueux, justement. Quand on dit l'ordre de spiritueux, c'est quand même ouvrir son esprit. Quand on a un petit peu vu, on est inhibé, on a tendance à mieux parler, à mieux ouvrir son cœur et son esprit. Et qui c'est qui les est tous ces spiritueux ? C'était souvent les hommes d'église ? Voilà, parce que bon, si tu écoutes les gens, tu ne peux pas. Et je pense que toutes les plantes, plus ou moins, même si on les goûte sans alcool, telles que ma petite traine de moumé, quand on l'accueille, si on en mange un peu comme ça, elle est légèrement narcotique. Ce côté a un effet un peu transport, elle élève l'esprit. C'est presque comme elle pousse au milieu des êtres, être ou ne pas être.
- Joelle Mastelic
C'est magnifique. J'ai eu une belle rencontre cette année justement au stage de Guillaume Besson, en-dessus de B. avec la férule. Et c'est vrai que quand on ne l'a jamais vue, on tombe sous le charme avec cette toute petite fleur blanche et ce parfum incroyable.
- Laurence Noyrigat
C'est un parfum extraordinaire. C'est de la vanille, c'est de la coumarine. La coumarine, c'est la vanille. La vanille contient de la coumarine. C'est doux. D'ailleurs, on en faisait des coussins pour les bébés, de taille de férule. On en faisait des coussins pour les enfants. D'ordre mieux. Ça, plus personne ne fait ça. Il y avait des plantes qu'on mettait en coussin, qu'on mettait au berceau de l'enfant pour qu'il soit reposé. Le tilleul, la spérule, le houppelot. Qui c'est qui fait ça ?
- Joelle Mastelic
L'oignon, s'il a un petit peu de nez bouché.
- Laurence Noyrigat
Voilà, l'oignon, s'il a un petit peu de nez bouché. Mais il y avait ces quatre plantes, la lavande, l'oranger, la feuille d'oranger ou la fleur d'oranger qu'on mettait. Pourquoi ? Parce que c'est apaisant, c'est relaxant, ça décontracte l'esprit, ça décontracte les muscles et l'odeur douce. agréable. C'est vrai que la spirule a cette odeur de vanille, presque qu'on dormirait au milieu du bois, au milieu de la spirule. Et on laisserait l'esprit divaguer en regardant les hêtes bouger au-delà du vent. Et quand on regarde ces arbres, ces toutes petites plantes qui ont une action sur le poids, en fin de compte, elles vont avoir une action sur le poids. Je ne dépendrai de son poids, on va drainer son esprit, la colère, beaucoup de choses. On va nettoyer. Et si on s'allonge au milieu d'un astéroïde, dans un bois de pètes, on voit les êtres qui montent avec leurs branches, leurs feuillages, on dirait des poumons. Ça respire. Ça ouvre. Ça relaxe. Ouais, ça respire. Pense-toi, la plante est vétère.
- Joelle Mastelic
C'est exactement ça qui m'avait tellement charmée aussi par rapport à l'atelier. C'est que tu disais beaucoup que la nature, elle prend son temps. Elle a le temps. Et qu'est-ce que tu penses en fait de notre société ?
- Laurence Noyrigat
Par rapport à ça, toi qui vis avec le rythme de la nature, finalement, la nature, elle a le temps, mais la nature, plus personne ne la regarde. On nous a posé un calendrier, depuis le temps entre Grégoire et Julien, les calendriers, on en a eu.
- Joelle Mastelic
Donc, janvier, février, en plus, si vous regardez les mois, ils ont des symboliques aussi.
- Laurence Noyrigat
Janvier, c'est le passé et le présent. C'est Janus. Je regarde derrière, je regarde devant, qu'est-ce qui va se passer. Le mois de janvier, il est neutre. Février, c'est la purification. Une bolte d'intradition. on va dire, self, païenne. C'est la chambre d'or chez les chrétiens, c'est en publicité, la chambre d'or représente le soleil, le soleil qui va revenir. Tout est lié, en fait, que ce soit l'herboristerie scientifique ou l'herboristerie traditionnelle, empirique, on va l'appeler comme ça, orale, tout est lié, la lune, le soleil, la Terre, tu sais, les planètes. Et celle-là, la nature, elle était pressée. Personne n'avait d'aperçu. En fait, l'automne est passé d'une période humide. On a eu de la pluie, On avait besoin de recharger la vaisseau. Parce que le ciel et la terre, c'est relié quand même. On ne peut pas oublier. Donc, je faisais un seul coup, on est passé au chaud. Et là, j'ai eu l'impression de l'interdiser. Dépêche-toi parce que l'automne est arrivé vite.
- Joelle Mastelic
On a démarré rapidement. C'est vrai que les fruits avaient beaucoup d'avance aussi.
- Laurence Noyrigat
Les plantes avaient beaucoup d'avance. Voilà. Moi j'ai cueilli, j'habite à 1100 mètres sur le plateau du Léveso, en un verreau. J'étais en train de ramasser la prime verte officinale, qu'on appelle aussi symboliquement les clés du paradis, ou les clés de Saint-Pierre. J'aime bien ces noms vernaculaires que les anciens ont donnés. Et c'est vrai que sur le coup, j'ai ramassé la spirule. Comment ça, la spirule ? C'est pas le moment. Alors, je rentre chez moi parce que j'ai un calendrier lunaire et je les garde tous depuis. Et comme ça, je vois un peu les différences des années. Je me suis partie qu'il y avait des périodes de sept ans, des cycles de sept ans. Et les anciens me disaient des fois, il y a un cycle de sept ans et au bout de sept ans, il y a un changement de temps. On va passer en période sec, on va prendre un cerveau. Et ça, je suis en train de refaire un petit peu pour essayer de comprendre ce qu'il disait les anciens. Et pour en revenir à un symbolisme de notre tradition religieuse chrétienne, c'est marqué dans la Bible. Oui, c'est le tout. Les 7 ans, les 7 jours, mais au bout de 7 années, tu laisseras ta terre se reposer.
- Joelle Mastelic
Ah oui ?
- Laurence Noyrigat
Et c'est marqué dedans. Et là, c'est le peu qu'on rentre.
- Joelle Mastelic
On a besoin d'outils.
- Laurence Noyrigat
On a besoin des outils high-tech. Maintenant, on va dire électronique. la chose se passe maintenant, deux secondes après, on le sait déjà, à l'époque, ça mettait six mois à arriver chez nous, et on se fait croire que c'est ce qu'on laisse le temps au temps. Et est-ce qu'on a pris le temps de se dire pourquoi la nature était si pressée cette année ? Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qu'elle nous prévoit ? Surprise ! Il y a de ce qu'il y a qu'elle sait, c'est un autre vivant, nous on est juste sur elle, on est un peu... Je me rappelle une fois mon fils, quand on gardait les brebis, il me disait, en gros, « Maman, c'est les cheveux de terre. » Et je trouvais ça tellement beau. Ce qu'il disait, c'était « C'est les propres cheveux. » J'ai trouvé ça très... Le végétal est les cheveux de la terre. Et quand on se regarde, nous, on a du minéral, on a... Je pense qu'on est séparés de la... On est les enfants de la terre. On est lié avec les animaux, mais ça ne veut pas dire qu'on ne doit pas... Il y a une spirale de vie. Et c'est un cycle de la vie. La vache, le chevreuil va manger l'herbe, le chevreuil va manger par le loup, et ainsi de suite. Et c'est un cycle de la vie, la vie, la mort, l'amour, la vie. Et c'est comme ça depuis la nuit des temples, depuis que la Terre s'est créée, depuis que l'eau est arrivée sur Terre, on est tous des extraterrestres, on est tous des... Je ne sais pas, mais c'est tellement merveilleux. Est-ce qu'on a vraiment besoin de savoir tout ça ? Est-ce qu'on ne faudrait pas s'asseoir et observer ?
- Joelle Mastelic
Juste prendre du temps, de ralentir, de regarder les plans de sa société. Et pourtant, même moi, dans mon métier, on me demande d'être dans la rentabilité. Et des fois, je me dis, mais non, je ne veux pas de ça.
- Laurence Noyrigat
Je veux revenir. J'ai envie de remonter des fois mon petit pays et d'admettre un petit pays.
- Joelle Mastelic
Comment on fait, alors, quand on vit dans cette société où il faut avoir une certaine rentabilité pour pouvoir continuer nos activités ? Mais en respectant la lenteur. Oui, la lenteur.
- Laurence Noyrigat
Alors moi, maintenant, je me dis, jusqu'à décembre, je prépare pour... Parce que j'ai le marché de Noël, les tisanes, elles plaisent. Et bien après, je m'arrête. Du janvier, février, je reprends fin mars. Moi, les bourgeons arrivent tard. J'ai besoin de climat où, oui, si vous avez déjà les feuilles dans les vallées, que moi, les premières feuilles,
- Joelle Mastelic
elles arrivent début mai. Donc,
- Laurence Noyrigat
vous y voyez les bourgeons qui sont là, qui ont du temps. Donc, je prends le temps. Je me ralentis au rythme de la voiture et je l'arrive en mode parce que je vais dire que je dors beaucoup. Je me laisse beaucoup plus tard parce que je viens au rythme du soleil. Moi, le jour, je me lève avec. Je me couche et je me couche sans qu'il y ait des cueillettes spéciales nocturnes en fonction des planètes et de la Lune. Mais, je crois qu'au bref, on ne peut plus dans cette société. On nous demande... tellement d'être... On demande la même chose à l'homme qu'est-ce qu'on demande à la terre, en fin de compte. Rentable. On veut que la terre soit rentable, ouais. Et en fin de compte, on n'a pas compris que sans veine, on ne peut pas vivre. Parce que bon, c'est du foin, c'est du grain, mais les vaches, les animaux, le sauvage, ils mangent dessus. Et puis, il y a ici que la pluie, les périodes automnales, c'est la pluie, c'est... C'est le repos. Les porcons ont poussé, les futures feuilles, les feuilles ont tombé parce qu'elles ne sont plus alimentées. Il y a les couleurs orange, c'est couleur orange, rouge, c'est la douceur, c'est on se pose un peu, c'est les légumes d'hiver qui arrivent. Ça aussi, on ne sait plus manger des légumes à la saison. On va manger des tomates à Noël. Non, ce n'est plus la saison. Moi, je te fais tes conserves, je te fais tes réserves. C'est ce que faisaient les anciens. L'été, c'était les réserves. Les réserves de plantes médicinales, ah ben, l'hiver, si on en a le rhume, on va faire un peu de crapaudine. Tu peux frictionner, les gens, avec l'eau de vie et la crapaudine. Tu as mal là, au lieu de frictionner, ça va aller mieux. Et puis, il y avait la tension.
- Joelle Mastelic
On doit le préparer un peu à l'avance.
- Laurence Noyrigat
Préparer pour l'été, passer les heures. L'hiver, parce que des fois, les hivers peuvent être longs, comme ils peuvent être courts, ils peuvent être très froids, comme ils peuvent être très doux. Et ça, c'est une sécurité que tu as du temps. Je crois qu'on garde. Juste des épisodes. Ah non, on avait beaucoup de neige. Moi, j'ai eu des hivers avec beaucoup de neige. Ce sont des hivers plus froids. Le dernier, c'est 2012. C'est pas si vieux.
- Joelle Mastelic
Pour ta pratique, comment est-ce que tu ressens le lien entre ce geste artisanal, la nature et la mémoire des plantes ? Parce que tu fais beaucoup de tisane, d'hydrolat aussi.
- Laurence Noyrigat
Alors, quand je fais le lien, je dirais parce qu'il est spontané. Il est né. Je pense qu'il est... Comme je disais tout à l'heure, il est ancré. Il est ancré. Je suis sûre que demain, on se retrouve dans un état de... On peut mettre le mot catastrophe. Quelque chose qui n'était pas prévu au programme. On va le dire comme ça. Mais je crois que l'homme lui-même, il est capable de se nourrir et de se soigner sans avoir fait les études. Et j'avais lu un livre sur ça, qui est un grand botaniste, M. Oxley. Il avait fait un livre sur la fameuse guerre des Balkans où les gens ont repris. Je pense que c'est dans nos cellules, c'est dans nos génomes, que demain, on se retrouve, on sera soigné, on saura se nourrir. Je pense que c'est dedans.
- Joelle Mastelic
Est-ce qu'on doit aller jusqu'à la catastrophe pour réapprendre les plans ?
- Laurence Noyrigat
Des fois, je me demande. Je pense que oui. Pour réapprendre que... Je ne suis pas contre une médecine conventionnelle.
- Joelle Mastelic
Mais je pense que la médecine conventionnelle, nous va accepter la médecine empirique, on va l'appeler comme ça, ou traditionnelle, européenne, c'est la véritable médecine. En tout cas, si on regarde bien les tempéraments hippocratiques, si on les écoute, si on les regarde, elles commencent par ton assiette, ton alimentation. On est la forme galénique, c'est l'alimentation. Et je pense qu'en... Comment tu manges ces aliments dans un monde où on te dit, « Eh, tu es là pour être fin, tu dois faire ça, tu dois faire ça, tu dois faire ci, tu dois faire ça. » Alors, contrefois, l'être humain, il mangeait, il travaillait pour se protéger et manger. Et si possible, manger le plus possible. Et je crois que maintenant, la part alimentaire dans une maison de famille, elle est pilote. C'est le loisir, c'est « Oh, j'étais là, j'étais ça, j'étais ça, j'étais là. » J'ai jamais pris la langue de ma vie, mais quand je viens, déjà je découvre la France, l'Europe, les paysages, que y'a des roisures, je me mets dans la langue de l'Europe non plus.
- Laurence Noyrigat
Et puis c'est chaque fois un dépaysement, tu reviens en Haute-Savoie, depuis le Larzac, c'est quand même un dépaysement aussi.
- Joelle Mastelic
Voilà, c'est un dépaysement, on se perd en plus, on meurt petit à petit. J'ai de l'Arzac à quelques kilomètres. J'habite sur le plateau du Lévesou. C'est le centre du département. On fournit pratiquement toute l'eau de Rondès. Le Lévesou, ça veut dire l'eau. L'eau centrale, il y a beaucoup de tourbières, beaucoup de brouillères. J'aime beaucoup la brouillère. Les gens ne la regardent même pas, cette brouillère. Tu la regardes et tu la sens. Il y a un filtre à café, un filtre à la terre, un filtre lourd. Tu regardes, ah si, ils sont tourbiers. Tu ne sais pas. je faisais tellement de choses de voir que... Eh bien, c'est magnifique de monter. On passe à l'Eau Brasse, la Margeride, c'est des gros bateaux, 1200, 1400, 1500, c'est plat, mais c'est magnifique. Il y a des gros rochers de granit, de basalte, des rochers noirs, et puis on arrive sur le massif central profond, où les baissons, elles sont foncées, parce que c'est... C'est la roche qui est vraiment volcanique. On sent le puits. C'est énorme. C'est un pépien. On descend, on l'a d'un seul coup, puis on remonte sur l'autre. Là, on arrive sur l'isère. Là, c'est plat. D'un seul coup, on voit les petits murs de montagne qui arrivent. Ah, on va les sauver. Et c'est une aventure à chaque fois. Pas besoin de prendre l'avion. Je trouve que c'est bien. Je ne sais pas. C'est chaque... Vier... Il y a une région assez propiante, en fait, pour dire qu'il faut plus un endroit, plus un autre.
- Laurence Noyrigat
Voilà la vie que vous aviez. Pas d'impératoire, malheureusement, de votre région.
- Joelle Mastelic
Il paraît bien la vie. Et c'est là que je me dis, quand on parlait de l'agriculture, tout à l'heure, nous, l'agriculture, sur le plateau de Devezou, elle est devenue, à une époque, dans les années 70-80, elle est devenue intensive. Ils ont asséché les tourbières, ils ont grainé. Il a fallu que le département de l'avion rachète les tourbières. justement pour les protéger. Il y en a trois. Ils ont racheté une châtaignerie aussi, une prairie sur le Brac, pour préserver les biotopes et de la biodiversité. Et c'est vrai que ça a été l'industrie Rockford, on va l'appeler comme ça, où on a demandé aux agriculteurs, aux paysans de là-bas, de devenir rentables au niveau du Rotsor et de produire du lait, c'est-à-dire des brebis qui faisaient un litre de lait par jour. On en venait de faire 2 litres par jour. Donc des vaches. Et c'est pas vrai, c'est pareil. Même, il est devenu un peu son de rentabilité. Des brunes de profit. Voilà, son de profit. Donc ça a détruit beaucoup de biotopes. J'ai eu des anciens qui me disaient, moi je suis arrivée dans les années 80, là on me disait, oh c'est l'argent de bien de jaune, on ne faisait pas les cœurs, c'était pour quand c'était pas bien, pour digérer, quand l'estomac n'était pas en forme. la diarrhée, des coliques. Ah bon, il est gentil, il est chiant. Bon. Il y a de l'armica aussi, c'est des vins, oui, mais mon grand-père, il a passé l'armica, il en faisait des corps, et on se pousse de l'herbeille, qu'il en mettait dans du Saint-Loup. Dans du Saint-Loup ? Ben oui, pour se bâtir. Quand on avait mal, ou des bleus, ou des cons. Ah, dans du Saint-Loup, parce que tout le monde n'avait pas de l'huile d'olive.
- Laurence Noyrigat
Oui, pareil, en Valais, on voit que Germaine Pouzin, par exemple, Merci. Ils proposent aussi le sandeau, pourquoi ? Parce que c'est un produit de luxe, l'huile d'olive.
- Joelle Mastelic
Eh oui, c'était un produit, c'était pas une salade, encore, tout le monde ne se payait pas d'olive. Donc le Saint-Dou, c'est vraiment quelque chose. Puis bon, le Saint-Dou, quand on regarde la composition du Saint-Dou, c'est ce qui se rapproche le plus de la peau de l'homme. Au niveau de la façon, il faut chercher un petit peu ce que... Je me dis, mais pourquoi on fait des bonbons Saint-Dou ? Il faut aller chercher pourquoi ? Et en fin de compte, ça aussi, on a changé. Parce que bon, c'est un animal, on le met sur la peau, mais les anciens, ils ont fait comment ? Ils étaient bien obligés avec ça. Et ils se sont soignés. Donc, on va arriver à une question difficile pour toi.
- Laurence Noyrigat
Quelle est ta plante préférée ? Et si tu pouvais nous partager une recette avec ta plante préférée, pour que ceux qui nous écoutent puissent aussi essayer la question. Elle est dure. On évite les plantes toxiques.
- Joelle Mastelic
Évidemment. Ma plante préférée.
- Laurence Noyrigat
J'ai dit qu'elle était dure, cette question. Pour tous les herbes réciproques.
- Joelle Mastelic
Toujours, elle est dure. Quand j'essaie de visualiser tout ce que je cueille, une rostette en plus, qu'il est la plante, je ne sais pas. Je crois que j'ai parlé de... Cette année, j'ai eu une plante qui m'a appelée énormément. Je ne peux pas laisser de cette année qui m'a appelée. et qui d'ailleurs n'est pas finie d'être appelée parce qu'elle a transformé encore autre chose. Elle est passée de bourgeon en gémothérapie en cueillette de sa fleur. Elle va passer en sirop et je vais la distiller. Ce ne serait pas le sirop ? Non, c'est le mélèze.
- Laurence Noyrigat
Cette année, c'est tard, il m'a beaucoup appelée.
- Joelle Mastelic
J'ai été voir un peu la symbolique du mélèze en époplate. de l'aurore. J'étais un petit peu cherchée, un petit peu renseignée. Pour les gens de la Sibérie, c'est l'axe du monde. C'est comme nous, le frêne en Europe occidentale. Le frêne, c'est une dravisie. C'est l'arbre qui porte le monde. Et chez eux, c'est le mélèze. Et le mélèze, il a ce côté baissiste métro-proliver. Quand on regarde...
- Laurence Noyrigat
Il se fait ralentir.
- Joelle Mastelic
Il se fait ralentir.
- Laurence Noyrigat
Il devient...
- Joelle Mastelic
Orange, il perd toutes ses aiguilles. C'est le seul conifère qui perd toutes ses aiguilles. Je crois que de sa résine, on en fait la fameuse Théria de Venise qui est en exil du Suédois. Cette année, j'ai cueilli son bourgeon pour faire la gémothérapie de mélèze. J'ai vu qu'il y avait les premières fleurs de mélèze, les petites millipides de pas. C'est cassant.
- Laurence Noyrigat
Les vignettes, elles sont magnifiques, avec un petit bout rouge.
- Joelle Mastelic
Un petit bout rouge, rose,
- Laurence Noyrigat
presque rose. Ensuite, il y a un petit parfum. Il y a un parfum de bonbons,
- Joelle Mastelic
de bubblegum. Je ne sais pas, il y a un côté acidulé. Il y a quelque chose de... Je ne sais pas, il fait bonbon, le ménage. J'ai rabattu toutes les petites fleurs qui m'accusent de l'esprit de la fourrure, que j'aime beaucoup. D'ailleurs, dedans, il y a... Elle aurait de cette trapodine. Là, je vais le ramasser avec ses aiguilles et ses petites lignes de peintre plus matures. Elle a plein de résine dessus. Je vais encore du cibro pour le boire. La respiration, les bois respiratoires. Et puis, je pense qu'au début septembre, je vais le dispiler pour en faire un hydrolat. Et quand on ouvre l'hydrolat, on va la fourrer. Comment on fait un hydrolare ? Explique-nous un petit peu.
- Laurence Noyrigat
Comme si on était une de ces stagiaires.
- Joelle Mastelic
Déjà, il y a la cueillette en soi, donc on va cueillir. Donc évidemment, il y a s'imprégner de la plante, s'imprégner du subtil, des touches qu'on ne peut pas toucher, sentir. Il y a la cueillette en elle-même. Il y a toute une ambiance autour, voilà, toute une ambiance. Puis après, on prépare l'alambic, on va se mettre devant l'alambic. Alors moi, quand je m'installe, je mets mon réchaud, je mets mon folicère, je mets ma cuve, je mets mon eau de source. Que de l'eau de source. Voilà, c'est bien, c'est important. Je pense que ça change, pour moi, ça change les hydrolates, ça change les goûts. Je mets mon eau de source, je mets ma grise, je mets mes plantes, je les mets avec délicatesse. D'ailleurs, je mets mon drap accroché autour de la cuisse des alambics comme si ça faisait une traîne. C'est comme une espèce de traîne.
- Laurence Noyrigat
Tu leur donnes un nom à ces alambics, c'est juste ? Celui qui fait le mélètre, comment il s'appelle ? Bélenos.
- Joelle Mastelic
Voilà. Le soleil, c'est la chaleur. C'est un ambigüe en cuivre. Il est chaleureux, il est vivant. Il se dilate par la chaleur, il se rétracte avec le froid. Il apporte quelque chose de plus dedans. C'est vrai que le vent, c'est presque une part de moi, l'ambigüe, quelque part. Mais même une tisane, quand je suis une tisane. C'est une part de moi. Les gens me disent « T'as mis quoi dans la tisane ? » Moi, avec ma main, je fais avec l'intention. J'ai mes mélanges. Je mélange mes plantes. Je chante des fois dans les tisanes. Ça m'arrête de prier pour la nature. Voilà, il y a un côté. C'est peut-être pour ça qu'elle laisse tant aux gens parce qu'elle leur rend du bien et peut pas. Après, je prépare mon anglais et je le ferme avec mes mains. au foie en farine, il y a toujours une branche. Comment tu fais ce bois en farine ? Alors moi, je fais de la farine de sarrasin, je la colle. Ça colle moins ? Elle colle tout autant, mais elle tâche moins le cuivre. Du coup, elle s'en vient beaucoup plus facilement et on n'a pas besoin de trotter, Ça se décolle tout seul.
- Laurence Noyrigat
C'est ça la combinaison. Parce que sinon, c'est un peu laborieux.
- Joelle Mastelic
Oui, c'est un peu laborieux d'enlever cette farine qui accroche. Oubliez le contenu de gluten, c'est de la glu, les cocards sont folles. Ah oui, en même temps, je vais faire de la cologne et de la farine quand je suis petite pour coller le papier. Et donc le sarrasin, actuellement, à la loi, déjà ce n'est pas une céréale, ce n'est pas une poissée, c'est une telle habitude, mais oui, une polygonacée, la même famille que la rhubarbe, que le rhum-ex. Eh oui, quand on regarde bien, c'est du pseudo-céréale, ce n'est pas une céréale en soi. Le pseudo céréale, donc à des côtes je me fais ça, et moi j'ai toujours un brin, il y a toujours un brin de plantes, de plantes que, alors, je ne sais pas, je bénédicte en soi quelque part. Donc je prends l'eau du refroidisseur, et je fais un cercle spirale sur la landique, dans le sens inverse des aigus, et on rentre pour revenir au centre de la landique, et... Et quelque part, je me demande est-ce que cette distillation apporte le bien-être, l'attention civile. Parce qu'on se rassure à chaque fois qu'on dissime une plante, elle nous apporte quelque chose. Et c'est vrai qu'il y en a qui disent « ah mais moi je me lance à l'ambiance et je vais faire autre chose » . Mais j'y reste pas. Tu restes à côté. Oui, à côté.
- Laurence Noyrigat
Tu l'as bien expliqué d'attendre au rythme de la nature.
- Joelle Mastelic
Ah, et puis il y a cette partie, il y a comme une effluve. une odeur qui arrive avant que l'hydrolat sorte, l'huile se tient, c'est ensemble, et il y a quelque chose, une odeur, et chaque fois tu importes quelque chose de différent. Je me rappelle d'une édition particulière, j'ai tenté une plante qui ne pousse que sur l'opportunité méditerranéenne, qui s'appelle la Flumis lignitis, l'herbe à la lumière. Elle a un nom extraordinaire. Mais pourquoi elle est allumée à cette flamie ? C'est une lamia c'est aussi, elle est un peu dufteuse, un peu poilue. On dirait qu'elle se protège de quelque chose, aussi bien de la chaleur que du froid. Elle n'est plus qu'à une altitude de 200 mètres sur un sol blanc, rocailleux, quinquenaire, où le soleil donne pleine chaleur. D'ailleurs, quand on l'accueille en pleine chaleur, on le sent en pleine chaleur, les nocaillasses et tout. Il y a une odeur particulière. Et cette plante, en la distillant... Quand le défi va sortir, on appelle ça la part des anges, quand ça commence à s'ouvrir, c'est la part des anges. Et là, j'ai dit, oh, ça sent la madeleine de ma grand-mère, le gâteau de ma grand-mère. J'avais l'impression de voir ma mamie sortir le gâteau, le gâteau, cette odeur de biscuits. Et on était là, on était trois, deux morts, assis, mains, mais on avait tous une vision du gâteau qui sentait du fond à chaud. Et c'était, en fin de compte, c'était... Cette plante a une assurance sur la circulation sanguine, au niveau du cerveau, au niveau du retour veineux, le retour lymphatique, elle libère, elle m'ouvre. Et personne n'avait distillé l'alignitis. Et quand j'étais faire des recherches sur cette plante, elle servait à faire des mèches pour les lampes à graisse. Je ne l'utilisais pas pour la distillation. Et Aletiziva, il a buvé pour se purifier. En Espagne, il est très réputé. Parce que moi j'aime bien, c'est bien beau de chercher en France. Moi des fois je tape en italien, en espagnol. Je vais chercher. Et c'est à côté de l'obotanisme quelque part. C'est une recherche ancestrale et empirique. Alors que je n'ai pas fait le diplôme. Moi, je mets le diplôme. C'est un diplôme de berger. Moi, je ne suis plus de bergère.
- Laurence Noyrigat
Tu fais de l'équipe des plantes de Lyon.
- Joelle Mastelic
Oui. Mon premier, c'est de bergère. Voilà, c'est toi.
- Laurence Noyrigat
Et tu recherches aussi beaucoup l'information.
- Joelle Mastelic
Oui, je comprends. Mais je vais en rechercher une. Il y a une information scientifique tout le temps. Les molécules, on veut des chrysterpènes, des chrysterpènes. On en a des flavonoïdes, des machins. Ok, c'est sympa. Mais il y a des informations autres qui sont tout aussi intéressantes et qui se rapportent aux informations scientifiques. Mais pourquoi, eux, ils ont fait ça ? Moi, c'est ça qui m'épanouit. C'est ça qui m'épanouit. Comment ils ont su ?
- Laurence Noyrigat
Ils sont passés par l'empirique.
- Joelle Mastelic
Je pense que nous on peut passer par l'empire, par la communication, on parle de communication animale.
- Laurence Noyrigat
Il y a beaucoup de recherches maintenant sur la communication végétale. Les premiers sont passés un petit peu sur l'uberluc, mais ça se fait. Aujourd'hui, on peut tester aussi scientifiquement cette communication végétale.
- Joelle Mastelic
C'est ça, il y a ce côté, je pense à cet homme qui parle des arbres, qui est de chez vous, Ernest. Mon nom est sur le bout de ma langue, mais ça n'a pas d'individu. Je le mets de fait, on est comme un cercle de l'Éthique des hommes. Mais vraiment, je demande à cet homme, qui parle du chèque, qui dit à la masse, mais c'est la guerre, c'est l'art, c'est la forme. D'accord, si on les regardait, je ne sais pas, les arbres, les plants, tout est... Je ne sais pas, il y a beaucoup de choses. L'homme, il l'a zappé. Il ne l'a pas zappé, là, certainement. J'ai l'impression qu'il y a eu un morceau. Il a fallu qu'on prenne tous ces langues de savoir, parce que tous les mots péjoratiques qu'on a mis, tout ça, toujours, le pontifice a une parole qui m'a beaucoup plu, ce qui m'appelle Baba. Tout le monde sait qui c'est Baba Yaga. Et c'est vrai que sur le coup, je dis, oui, Baba Yaga, c'était une sorcière. Mais non, Baba, tu n'es pas une sorcière. Toi, tu es une guérisseuse. C'est beau. Un enfant de 6 ans. J'ai trouvé ça tellement beau et naturel pour lui. Parce que pour lui, le plus rigolo, c'est que son papy est médecin généraliste. Et sa mamie, de côté de sa maman, c'est le papy, c'est le papa. Et donc, en jante, son père est médecin généraliste. Et de l'autre côté, il y a RSE. Le guérisseur brise, entre guillemets, l'empirisme, la tradition. Voilà. Il a peut-être un juste équilibre, cet enfant, quelque part. Il est venu dans les deux mondes. Dans les deux mondes. Voilà. C'est ça, peut-être, ce qu'il faut trouver. Ce juste équilibre entre le conventionnel... Et il passe sur lui au côté empirique. Est-ce que cette personne, elle a un traitement ? Est-ce qu'on ne pourrait pas diminuer ça ? Pour essayer de compléter avec une texte de ce côté-là ? Non, ça va y avoir un commun.
- Laurence Noyrigat
C'est ça, les médecines complémentaires. Qui sont complémentaires à la... Pourquoi ils en ont peur ? C'est tout un autre débat qu'on n'aura malheureusement pas le temps de couvrir parce qu'on arrive à la fin de cet épisode. Si tu voulais que les personnes qui nous écoutent se rappellent d'une chose de notre discussion, ce serait quoi ? Ou d'un élan que tu as envie de leur donner, qu'est-ce que ce serait ?
- Joelle Mastelic
C'est la meilleure chose à faire, c'est prendre le temps. Ne sois pas précis d'aller tout faire en un seul jour.
- Laurence Noyrigat
Merci beaucoup en tout cas pour cet échange vraiment inspiré. Merci beaucoup et à bientôt.
- Speaker #2
Merci d'avoir écouté Mémoire Végétale, la voix des plantes médicinales. Si ces voix, ces récits et ces gestes vous ont touchés, vous pouvez vous abonner et partager cet épisode à une personne qui pourrait, elle aussi, suivre la voix des plantes médicinales. N'hésitez pas à laisser un commentaire ou une note sur votre plateforme d'écoute préférée. Cela nous aide beaucoup dans cette mission de transmission des savoirs. C'est ainsi que les histoires circulent et que les plantes continuent de murmurer à l'oreille de ceux qui prennent le temps de ralentir pour les écouter. A bientôt pour un nouvel épisode !