- Speaker #0
Tu t'es traversé de la manche, pourquoi tu t'es lancé là-dedans ?
- Speaker #1
J'ai bataillé 3 heures sur un courant où si je m'arrêtais, juste 10 secondes, je pouvais perdre jusqu'à un quart d'heure. Et tu sais que moi à la fin, dans l'eau à 10 degrés, je pouvais rester jusqu'à 1h45.
- Speaker #0
On craque pourquoi s'il y a 83% des gens qui n'ont pas ? Pourquoi c'est si dur ?
- Speaker #1
Un pitch, t'as déjà entendu des mecs, on veut devenir le Airbnb 2, ok, bah prends la vie qui va avec. On se raconte tous des histoires qui sont héritées de là où on vit, de là où on est, d'atavismes familiaux, d'hérités de plein de choses diverses et variées. Un mec qui préparait les pilotes de Formule 1 m'a donné, que je trouvais assez incroyable et que je donne à tout le monde, il me disait...
- Speaker #2
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce numéro 103 de Méthode 2SK.
- Speaker #0
T'as été regarder les numéros ?
- Speaker #2
Ouais, j'ai vérifié, j'ai fait mon travail. Aujourd'hui je suis avec Aymeric Marot-Desgrottes et on fait une dédicace à Julien Masson qui ne peut pas être là aujourd'hui. On lui fait un gros bisou, tout va bien. Il avait une contrainte boulot. Et avant de démarrer pour la présentation, vous êtes de plus en plus nombreux à nous écouter, donc on vous remercie vraiment d'en parler autour de vous. N'hésitez pas à vous abonner sur les plateformes audio, vidéo sur lesquelles vous nous écoutez parce que ça nous fait monter dans l'algorithme. Aujourd'hui on est tous tenus par cet algorithme, donc le truc qui marche le mieux c'est... Vous vous abonnez, vous mettez 5 étoiles, vous commentez les tenues de Julien Masson, et on est content, voilà. Maintenant, revenons à nos moutons. Aujourd'hui, on a un épisode expert, ça veut dire qu'on va suivre une thématique de manière plus deep, et cette thématique, on a la chance de la creuser avec Grégoire Osbolt, qui est le fondateur et CEO de Cijage. Je ne fais pas de bêtises.
- Speaker #1
C'est Gré-gor Osbolt.
- Speaker #2
Gré-gor, oui, Gré-gor, évidemment.
- Speaker #1
Très heureux d'être là.
- Speaker #2
Bah écoute, ravi de... de t'accueillir. Donc, Sijoj, en slovéne, ça veut dire briller. Tout à fait. Il y a une histoire dans l'histoire et c'est une dédicace à ton grand-père. Voilà. Du coup, alors, j'ai parlé un petit peu de toi, ça permet d'introduire la thématique. Donc, tu as un parcours qui est quand même très étonnant et assez rare. Et du coup, on va essayer d'en parler un petit peu plus en détail. Donc, tu as commencé ta carrière dans la maçonnerie et comme conducteur de travaux.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #1
Je suis maçon de formation. Je peux te faire des murs et te faire des planchers.
- Speaker #2
C'est génial et d'ailleurs, ça peut me servir. Donc ça, ça a duré 7 ans. Et au bout de 7 ans, tu as plongé la tête la première dans l'entrepreneuriat. Et du coup, en 14 ans, tu as fondé trois sociétés, donc à la fois dans la silver economy, dans la tech et les services. Et tu as notamment fait une sortie avec une revente auprès d'EDF. Tu n'as pas de thématique qu'on va aborder là, mais...
- Speaker #1
En tout cas, j'y ai participé et le deuxième sujet, j'ai aussi vécu la liquidation. Donc, on va dire que je sais qu'entrepreneurialement parlant, je sais ce que c'est que de se prendre ça dans la chair. Et c'est important pour moi dans ce qui a fait le coach que je suis aujourd'hui.
- Speaker #2
Donc, si tu es là aujourd'hui, c'est parce que tu as une double casquette qui est à la fois l'entrepreneur et le sportif de haut niveau. Alors, on va appeler ces deux sportifs d'extrême parce qu'en août 2019, alors peut-être que ton nom parle à certains de nos auditeurs. Tu as été un des premiers français, donc il y en a 23 qui l'ont fait, qui ont traversé la manche à la nage.
- Speaker #1
Oui, je suis le 23ème français.
- Speaker #2
Voilà, je pense que c'est une des raisons pour lesquelles Julien Masson n'est pas là, c'est que ça devait l'angoisser. On appelle ça l'Everest de la natation. Donc quelques chiffres pour comprendre de ce dont on parle. Donc c'est 1300 km d'entraînement avant de le faire. Donc 43 km de nage du coup pour faire... La traversée, en conditions extrêmes, évidemment. Et ça veut dire que c'est 14 heures dans l'eau, à 16 degrés, en maillot de bain. Parce qu'en plus, tu n'avais pas de combinaison. Trop facile.
- Speaker #1
Pourquoi le faire avec un maillot de bain ? Et je tiens à préciser aussi, puisque c'est une préparation au froid, j'ai pris plus de 200 bains froids en une année, et je rajoutais deux séances de musculation en plus, pour vraiment prendre, et plus 15 kilos de graisse.
- Speaker #0
Voilà, ça va.
- Speaker #1
Il faut qu'on en parle.
- Speaker #0
Ouais, il faut qu'on en parle. Attends, moi je fais du sport avec Grégory et quand j'arrive, je me dis « putain, il est custom, il est quand même un peu... » Il est un peu bravo.
- Speaker #1
Ça juge, hein. Ça juge.
- Speaker #2
Cet été, dites que vous préparez la traversée de la nage à la manche, comme ça, ça explique les raisons pour lesquelles vous êtes cette petite bouée.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #2
Faut savoir qu'il y a plus de 83% d'échecs sur cette traversée et que toi, tu l'as fait one-off.
- Speaker #1
J'ai fait, ouais.
- Speaker #2
Donc, ici, on va parler de coaching parce que... ta force, donc ça fait que tu avais 3000 heures de coaching auprès de top performeurs. En fait, ton job, c'est d'accompagner différents types de personnes. Donc tu vas accompagner dans les grands groupes type Volvo, Bosch, LVMH, des intrapreneurs pour leur permettre de réussir, mais aussi des entrepreneurs. Donc soit des entrepreneurs dans des licornes ou des entrepreneurs dans des entreprises, qui ne sont pas encore des licornes, et aussi des sportifs qui ont participé notamment au JO. Parce que le coaching, ça... Ça peut concerner tous les gens qui ont envie de réussir, donc un entrepreneur. Ton modèle, c'est que c'est un sportif de haut niveau. Et du coup, il faut déjà travailler le dirigeant pour que la boîte... que ce soit successful. Et donc, tu as développé une méthode qu'on va travailler avec Emery, qui va creuser, qui s'appelle Nereus, qui est propriétaire, qui n'est pas figé, qui s'adapte évidemment à chaque personne, mais en gros, qui sort le dirigeant du piège identitaire qui est lié à l'entreprise. Et toi, tu l'as connu parce que ton papa était entrepreneur et que quand ta soeur a repris la boîte familiale, tu as aussi aidé et donc tu as vu les deux faces de ce métier-là, aussi par ailleurs. Donc, on est ravis de t'accueillir et de creuser avec toi à la fois la partie coaching qui est en fait Quelque chose qu'on entend beaucoup autour de nous, mais on veut voir à travers toi qu'il y a aussi des méthodes qu'il y a derrière. Qu'est-ce que toi tu as à nous raconter par rapport à ça ? Et voilà, c'est parti.
- Speaker #0
Oui, puis on fera un focus sur la traversée de la manche. Tu l'as fait comment avec la manche ? Oui, on a déjà assez de challenges, mais why not ? Avant qu'on repasse à la traversée de la manche, peut-être reviens un peu sur ton parcours, c'est intéressant. Qu'est-ce qui fait à un moment que tu te dis que t'as fait 7 ans BTP, etc., qu'est-ce qui fait qu'à un moment on a envie de changer ?
- Speaker #1
Je suis dans une quête d'absolu. Et je suis dans une quête concrète de savoir ce que j'ai envie de faire de mes 10 doigts. Et pour moi, le BTP, ça a été un truc qui a été poussé par mon père, qui, pour lui, pensait que c'était un endroit où il allait toujours avoir du travail. Donc en fait, je l'ai suivi un peu mécaniquement par ratavisme familial. Donc ça, c'était vraiment le premier point. Et ensuite... Il y a l'entrepreneuriat, j'ai été piqué assez rapidement parce qu'en fait je suis un amoureux, il y a une feuille blanche devant toi, moi je suis un amoureux de la feuille blanche. J'aime prendre un problème et j'aime essayer de le comprendre psychologiquement pour trouver la solution qui va derrière. Et c'est ça en fait qui m'a guidé une grande partie de ma vie, c'est ça qui fait la colonne vertébrale pour la plupart des RH. Je suis un enfer sur terre, mais je ne cherche pas de travail donc tout va bien et surtout pour ma mère aussi. Mais surtout, le vrai sujet dans l'histoire, c'est que moi, ce qui m'intéresse, c'est que dès que je suis dans un endroit qui ne me plaît plus ou intellectuellement, c'est compliqué pour moi ou je sens que ce n'est pas fait pour moi, il faut que je brûle mes bateaux et que je teste autre chose. Et c'est ce qui m'a fait successivement aller jusqu'au bout. Et d'ailleurs, c'est pour ça que je suis très séquentiel. Je ne sais pas faire 15 projets en même temps. J'en prends un, je le teste, je vais jusqu'au bout. J'ai quand même fait 7 ans de BTP, donc j'ai quand même fait plusieurs tours de roue. Et à la fin, je me suis dit, mais en fait, ce n'est pas ce qui est fait fondamentalement pour moi. Donc, j'ai brûlé mes bateaux. J'ai décidé de partir et je suis parti autre part. C'est ça la colonne vertébrale de ma vie. C'est résoudre un problème sur une feuille blanche. C'est ça qui me...
- Speaker #0
Et du coup, tu as monté ces boîtes. Tu en as monté plusieurs dans des domaines très différents. Pareil, à chaque fois, tu montes, tu expérimentes et puis après, tu as envie de passer à autre chose.
- Speaker #1
Ça va vraiment dépendre. Des fois, c'est le marché qui m'a dit non. Des fois, c'est mes associés qui m'ont dit non. Et des fois, c'est que... Le problème sur lequel t'es, t'es pas suffisamment amoureux du problème. Et chaque fois par contre, je prends un projet et j'essaye d'aller comprendre intellectuellement et psychologiquement là-dedans ce qui se passe et comment je peux aller toucher mes clients. Et in fine, comment tu peux aller vendre, comment tu peux aller vraiment aller apporter de la valeur derrière. Bah des fois, le marché te répond. Et t'es pas forcément si content, surtout quand t'as mis toute ta fortune sur un projet. Et ça, je n'ai pas de problème pour en parler. Ma première boîte, je faisais de l'adaptation de logement pour les seniors en situation de dépendance. Et moi, mon objectif, c'était de monter un diagnostic mobilité pour le compte des assureurs, des mutuelles et des caisses d'assurance de retraite pour que les seniors restent le plus longtemps chez eux. Et on avait monté un début de réseau de diagnostiqueurs. J'étais pris à l'EM Lyon à l'époque. C'est là où j'ai monté ma première boîte et pour pouvoir m'entourer. Et en parallèle, je me suis amusé à aller essayer d'aller creuser ce mécanisme-là, d'où la silver economy. Je peux parler des heures de ce marché-là. C'est un marché qui est assez particulier, mais c'est mon erreur de marché. Je voulais faire du préventif, alors que c'est un sujet de curatif, et que le curatif est un océan rouge.
- Speaker #0
Si on revient à, finalement, là où j'imagine que tu t'es trouvé, c'est traverser de la Manche. Déjà, d'où vient l'idée ? Comment, à un moment, on décide d'aller se foutre dans l'eau froide et d'y passer des heures ? Voilà, c'était quoi ? Qu'est-ce que tu avais conscience, d'ailleurs, de ce que ça allait être ? avec le recul. Pourquoi tu t'es lancé là-dedans ? Après, on verra comment.
- Speaker #1
Je ne vais pas reposer tout le contexte, mais ce qui m'a vraiment fondamentalement donné envie, c'est que je n'habitais pas très loin dans le 17e arrondissement, juste à côté là. Et je vivais dans un appartement où je fumais, je buvais vraiment énormément pour fuir la tristesse que j'avais ressentie avec mon père. Et en fait, ce truc-là, pendant six ans, m'a suivi à être vraiment déprimé. Et donc, ça a été très compliqué pour moi. Jusqu'au jour où ma sœur est venue chez moi. Je sais que ça fait très cheesy la manière dont je vais le dire, mais elle m'a tendu un livre qui est celui de Tony Robbins, qui s'appelle « Pouvoir limité » . Et ça a juste changé ma vie. C'est pas Tony Robbins en tant que tel, c'est juste que c'était pour la première fois, j'avais un livre en face de moi qui n'était pas le néant et le dark total. Et c'est que ça m'a donné envie. Et long story short, je vous jure, je ne fais pas une psychanalyse, il y avait un exercice où tu marques tout ce que tu rêves de faire, d'avoir, d'être et de donner. Et j'ai commencé par arrêter de fumer, j'ai commencé par arrêter de boire, j'ai commencé à me remettre au sport, j'ai commencé à entreprendre, j'ai commencé à faire des choses qui me plaisaient fondamentalement. Et il y avait une petite ligne qui était de faire, j'ai une mère qui est prof de sport agrégé, et il y avait une petite ligne quand même qui était marquée, je rêvais de faire quelque chose de sportif. qui allait au-delà de l'excellence et pour aller toucher ma grandeur et une espèce de puissance intérieure. Et la traversée de la Manche était un peu imposée à moi. Je viens d'une famille de nageurs, j'ai une mère qui est nageuse, j'ai un grand-père qui était nageur de long. Et j'avais envie aussi d'aller retoucher ce trait familial, parce que les chiens ne font pas des Ausha. J'ai des épaules de nageur, même si je suis un peu gras. Elle m'a fait mal, celle-là.
- Speaker #2
Mais Brick, il est dur.
- Speaker #1
Non, je déconne. Et pour le coup, et d'ailleurs j'ai une très bonne anecdote là-dessus, mais pour le coup, c'était vraiment d'aller toucher cette excellence-là. Et non, je ne savais pas ce qui allait m'arriver et je ne savais pas que c'était aussi violent et aussi dur, mais j'ai fait ce que comme tout bon entrepreneur fait. J'ai étudié et je suis allé nager. J'ai étudié pour voir quelles étaient les meilleures fenêtres, au meilleur moment, au meilleur endroit, parce que c'est quand même 16 degrés en slip de bain pendant 14 heures et une minute. Donc ça veut dire que Ça va être très violent pour ton corps, physiquement, physiologiquement et mentalement parlant. Donc je suis allé étudier le mécanisme pour voir. Il s'avère que c'était mi-août où il y avait le plus de passages mathématiquement parlant. Donc j'ai essayé d'avoir une place à ce moment donné là. Et ensuite, j'ai mis en place ce que tout bon entrepreneur fait. J'ai fait 1300 kilomètres d'entraînement. Donc j'ai enchaîné des longueurs. J'ai enchaîné des tours de lac dans toutes les conditions possibles et imaginables. que ce soit dans le glacé ou que ce soit dans l'ultra chaud, pour aller adapter mon corps pour pouvoir aller le faire.
- Speaker #0
Parce qu'en fait, tu as deux préparations parallèles. Tu as une préparation physique. Et donc là, il y a une littérature qui te dit qu'il faut absolument faire ces 1400, 1300 bornes. Il y a une préparation physique. Il faut bouffer.
- Speaker #1
C'est pour ça que j'aime ça. Tu veux faire un Ironman, tu tapes sur... n'importe quel moteur de recherche où il y a, il va t'expliquer, il va te donner un plan sur la Manche. À l'époque, il y a très peu de Français qui l'ont fait, et donc très peu de littérature. Et c'est ça que j'adore dans l'histoire. C'est qu'en fait, par contre, le seul truc auquel je suis sûr et certain, c'est qu'il y a forcément quelqu'un quelque part qui allait pouvoir m'aider intellectuellement et physiquement à le passer. Il s'avère que ce mec, il habitait à 7 km de chez moi. Donc qu'est-ce que j'ai fait ? Je suis allé prendre une tente quichua, je suis allé m'asseoir devant chez lui, et tant qu'il ne me parlait pas... qui s'appelle Mathieu, et tant qu'il ne me parlait pas et qu'il ne me donnait pas l'opportunité de lui expliquer mon projet de ce que je voulais faire, je suis resté devant chez lui en attendant, en campant, pour aller chercher du savoir parce qu'il n'y en a pas beaucoup qui l'ont.
- Speaker #0
Parce que lui l'avait fait.
- Speaker #1
Parce que lui l'avait fait, et il habitait à 7 km de chez moi. Et juste pour la petite anecdote, c'est ça que j'adore, et on va en parler en coaching juste après, c'est que ce n'est pas parce qu'il l'a fait qu'il a fait un copier-coller sur son ancien nageur avec moi. Il a eu l'intelligence, par contre, de prendre la substantifique moelle, de se faire un véritable Rex, et de savoir comment il va l'adapter à moi. Et ça, ça paraît bête, ce que je suis en train de dire, mais c'est ça de la finesse. C'est ta capacité à pouvoir voir où est-ce que t'as réussi ou pas, et surtout à le réadapter à une nouvelle typologie de nageur. Et il a été... Ça me fait mal au cœur de dire ça, mais Mathieu, t'as été assez intelligent sur cette histoire.
- Speaker #2
On le dédicace. On peut donner un nom ?
- Speaker #1
Mathieu Thivole. Mathieu Thivole, oui, oui. Je peux le balancer, pas de problème.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui est dur, c'est le physique ou le mental ? Ou les deux ? On craque pourquoi, s'il y a 83% des gens qui y vont pas, pourquoi c'est si dur ?
- Speaker #1
Là, toi tu me parles de la traversée en tant que telle. Moi je te parle des 1300 km. Le plus dur c'est en plein mois de février, quand tu dois te lever à 5h du matin. Parce que je faisais pas que ça. Ma vie n'était pas intrinsèquement, identitairement basée sur le fait de réussir ou de ne pas réussir la traversée. Bien sûr que ça prenait une place hyper importante. Mais cependant, mon sujet, il était de... pouvoir être capable d'être motivé de manière quasi constante pour aller te mettre dans un lac tu connais bien le froid, d'eau froide ou d'eau glacée tous les jours.
- Speaker #0
On salue Ben Cardozo qui fait des mains froides. Exactement.
- Speaker #1
Tous les jours. Et ça se gagne au au mois de février. Quand le 14 février, que tu ouvres les yeux, qu'il fait noir dehors, et que tu dois prendre ton sac et tu sais que moi, à la fin, dans de l'eau à 10 degrés, je pouvais rester jusqu'à 1h45. Je restais 1h45 en slip de bain à 10 degrés. La première fois que j'ai fait ça dans un Ausha 10 degrés, je suis resté moins de 15 minutes. Ce qui paraît beaucoup, déjà. Mais quand tu regardes ce que mon corps, je dois lui demander, il y avait un gap entre qui j'étais et là où il fallait aller travailler. Et là, ça demande, pardonnez-moi de ma trivialité, mais de fermer sa gueule et d'avancer. Parce que ça demande de ne pas négocier avec soi-même de manière quasi constante. Donc, de mettre en place des structures pour ne pas avoir à réfléchir tout le temps. Moi qui sur-intellectualise tout, il a fallu que je trouve des échappatoires pour quand je suis plein mois de février,
- Speaker #0
à me lever. Tu te fixes un truc et tu dis, j'y vais tous les deux jours, et tous les deux jours, c'est tous les deux jours.
- Speaker #1
Oui, c'est tous les jours. Et il y a un truc qui était qu'un... Le mec qui préparait les pilotes de Formule 1 m'a donné, que je trouvais assez incroyable et que je donne à tout le monde. Il me disait, pour que j'emmène mon pilote tout le temps, je lui fais son sac tous les jours. Il me dit, fais ton sac. Pourquoi ? Parce que quand tu rentres chez toi, tu refais tes affaires, tu remets tes nouvelles affaires et tu poses ton sac à l'entrée. Tu évites toute négociation de, je me lève le matin, il est 5h, il fait froid, où est mon maillot de bain ? Où est mon bonnet ? Où sont mes lunettes ? Bon, il n'y a pas beaucoup de matos, mais... Où sont tous mon matos ? Et tu n'es pas obligé, tu crées des petites frictions. Tu dois enlever le plus de frictions possible pour te retrouver dans l'eau le plus rapidement possible, pour éviter d'avoir des négociations. Sinon, tu trouves des échappatoires. Et plus c'est violent, tu connais le froid, et plus c'est dur en termes de réflexion intellectuelle, donc tu enlèves toutes les frictions possibles, imaginables.
- Speaker #0
Donc ce que tu dis, ce qui était très dur, c'est la préparation, de tenir dans la préparation, donc d'éviter les frottements. On a des doutes quand on est au milieu de la traversée ? Parce qu'en fait, pardon, excuse-moi, tu t'es entraîné dans le temps, mais tu n'as jamais fait les 14 heures. Tu ne les as jamais fait. J'imagine que tu n'as jamais été aussi longtemps dans l'eau. Donc, il y a quand même une part de... Tu t'es préparé, mais est-ce que c'était plus dur que ta préparation ?
- Speaker #1
Quand tu prends un projet comme ça, le but, c'est d'empiler et le fait que ton cerveau ne rende contre pas de nouvelles choses le jour J. Donc, ça veut dire que... On a parlé du 16 degrés, il y a des plaques qui descendent à 10 à certains moments, donc je suis allé me confronter à du 10. J'ai démarré, il y avait entre 1m20 et 1m50 de vague, donc je suis allé nager dans des conditions de tempête. J'en ai pris 6 heures. Je suis allé me mettre dans des conditions où le lac était plat et calme, mais complètement parce que dans ces moments donnés-là, il ne faut pas forcer plus que de raison. Il faut trouver, en fait, il faut empiler toutes les possibilités que tu vas rencontrer pour te retrouver à ce moment donné-là. Et c'est une question d'échelle. Qu'est-ce que 1300 km d'entraînement face à 43 km le jour J ? Sérieusement, c'est normal d'être dit office. Et donc tu dois retravailler cet effet de masse, même si la performance, elle se joue le jour J, parce que c'est ça, performer. Performer, c'est être capable de délivrer un instant T, vu par d'autres, ce que tu as appris et sur lequel tu t'es entraîné pendant un certain temps. Et ce mécanisme-là, c'est vraiment d'être capable de faire que, en fait, c'est une journée normale. Ma mère, mes sœurs m'aimeront quoi qu'il arrive à la fin de cette journée que je ne réussisse ou que je ne réussisse pas. En fait, c'est d'enlever tout le stress que tu peux te mettre sur un sujet comme celui-ci. Encore plus quand c'est anomalique, quand t'as pas beaucoup de personnes qui l'ont réussi. Donc c'est tout un travail d'effet de masse et de vraiment désancrer ça.
- Speaker #2
Donc il n'y a pas de moment où quand t'es en train de traverser, où tu te dis là, je vais craquer quoi.
- Speaker #1
Je suis une machine de guerre les gars.
- Speaker #2
En fait, t'es vraiment dans ton truc. se traverser, ce n'est pas...
- Speaker #0
Tu t'es levé le matin et tu es allé.
- Speaker #2
J'y suis allé, j'ai terminé, j'étais en Angleterre.
- Speaker #1
Tu es une machine de guerre. Je me lève le matin en Angleterre, j'ai qu'une envie, c'est d'envier.
- Speaker #2
Tu pars d'Angleterre.
- Speaker #1
Oui, ça se fait toujours dans le sens Angleterre-France. Si vous pouvez aller voir, vous tapez mon nom et mon prénom, Gregor Osbold, et vous allez voir, ça fait un Z. Et la dernière difficulté sur cette traversée, c'est que quand vous arrivez sur les côtes françaises, il y a un courant de face. Et il y a un moment donné qu'on appelle le cimetière des nageurs. Parce que tu as pris déjà à peu près 10 heures de nage. Tu en as un peu plein les épaules, c'est à beaucoup de fatigue qu'ils viennent petit à petit, c'est vraiment, tu commences à t'étioler physiquement. Et en fait, à ce moment-là, c'est soit tu es capable de passer le courant ou tu n'es pas capable de passer le courant. Et tout se joue à cet instant-là précis. Et tu vois le bateau tourner et il va viser les côtes françaises. Et il y a une règle du jeu qu'on se dit entre toute personne, mais pas beaucoup, mais sur la traversée, on se dit, surtout, ne regarde pas la plage. Quand tu es proche de la France, ne regarde pas la plage. Moi, égotiquement, pensant plus fort que les autres, qu'est-ce que je fais ? Je regarde la plage. Je regarde la plage et c'est intellectuellement assez horrible à vivre parce que tu as un courant de face que tu ne vois pas. Tu as la plage qui est à quelques mètres de toi, donc tu as l'impression que c'est terminé.
- Speaker #0
C'est horrible.
- Speaker #1
Et c'est un enfer parce que mon coach se retourne vers moi et on a une règle entre nous, c'est qu'il ne doit pas me donner de chiffres. Le bateau est en train de tourner, on va viser pour aller sur les côtes françaises. Il me fait Gregor. Tend entre 20 minutes et 1h30 pour finir le courant. Moi je regarde Mathieu, je te le fais en 30 minutes, c'est bon, allez, on va manger un fish and chips après, tranquille. Ça m'a pris 3 heures. J'ai bataillé 3 heures sur un courant où si je m'arrêtais, je m'arrêtais juste 10 secondes, je pouvais perdre jusqu'à un quart d'heure. C'est juste, à un moment donné, concentration totale, où en fait, d'être capable de pouvoir aller à un moment donné poser ton cerveau, et j'ai monté plein de techniques pour ça, pour ne pas être dans mon mental à ce moment donné là. Et pousser jusqu'à sentir le sable sous ma main.
- Speaker #0
Et t'as pas de doute quand tu te dis que ça doit être fini entre 30 minutes et 1h30, et t'es à 2h45 là ?
- Speaker #1
Je suis une machine de guerre. Et je pourrais pas te le dire, sur plein d'autres choses dans ma vie, je pourrais pas te dire ça. Mais ce jour-là, quand je saute dans l'eau, j'ai fait une prière, j'ai demandé que ça s'ouvre à moi, j'ai fait tout ce qui était possible et imaginable, en plus de l'entraînement. Et pour moi, il y avait un côté un peu quasi mythologique dans cette histoire. C'est que je ne suis pas le plus rapide. Je ne suis pas le plus vieux, je ne suis pas le plus jeune. Soyons vraiment très francs, c'est une anomalie pour la plupart des gens, mais moi, dans mon monde à moi, j'ai des mecs qui ont fait des trucs extraordinaires, encore plus fous que ce qu'on est en train de se dire. Mais pour moi, à ce moment donné-là, quand je suis dans l'eau, c'est mon milieu naturel et je me sens mais...
- Speaker #0
extrêmement bien et je me sens dans un état de forme qui est fou que j'ai travaillé tous les jours par visualisation que j'ai travaillé tous les jours coup de bras par coup de bras et on a un petit moment de déprime après ce qu'en une fois que tu l'a fait t'es content tu es sur le moment où tu es heureux mais alors le lendemain tu vas plus t'entraîner tu fais quoi tu vois tu reprends les clopes et le
- Speaker #1
Y'a quoi dans la bouteille Le si l'enfer C'est l'enfer. Mais j'aime pas dire ça parce que je connais beaucoup de gens qui prennent ça pour acquis et qui se disent « Ouais, pourquoi le faire après pour déprimer ? » Bien, je vais te dire, mais va d'abord lever les bras, en fait. Va d'abord ressentir cette profondeur de puissance que ça peut être. Et il y a un autre élément dont on se parle, parce que là, je vous dresse le portrait, je vous fais le beau storytelling du truc. Mais ce qui est aussi intéressant, c'est d'aller en soi, d'ouvrir les portes que t'as pas envie d'aller ouvrir. Pourquoi t'as envie d'être meilleur que les autres ? Pourquoi t'as envie de mettre... ton nom sur le mur dans un pub en Angleterre juste pour montrer que t'as réussi un truc que peu d'êtres humains sont capables de faire la vraie question dans l'histoire aussi elle est aussi d'aller ouvrir les portes beaucoup moins belles, beaucoup moins marrantes mais qui sont tout aussi intéressantes à aller ouvrir parce que ta prof d'allemand en 6ème t'as dit que tu ne ferais jamais rien de ta vie, c'est pas mon cas elle me l'a dit en 5ème, et ce que je veux dire par là c'est que quel est ton moteur qui va aller derrière, et ça pour moi c'est aussi ma passion et ça C'est ce que tu dis. Leçon numéro un,
- Speaker #0
c'était la clarté des objectifs. Tu dis, il faut comprendre les motivations profondes de ce qui va faire tenir ton corps. Quand la tête dit, on arrête. J'aime bien avoir après les lessons learned. La première, c'est la clarté de l'objectif. La deuxième, tu me dis gestion du court terme versus le long terme. Qu'est-ce que tu en as retiré ?
- Speaker #1
C'est qu'à un moment donné, c'est un travail très besogneux dans lequel tu ne vois pas le Rex tout de suite ou tu ne vois pas l'Héroï tout de suite. Notamment pour le froid. Le froid, ça met énormément de temps avant de s'adapter. Et comme je te l'ai dit tout à l'heure par rapport au 10 degrés, mais on le voit aussi en eau glacée, c'est que ça prend énormément de temps. Donc ça veut dire qu'il faut être capable dans le court terme à aller trouver du plaisir. Parce que c'est pas plaisant de sauter dans un lac froid. Mais tu vois le ressenti que t'as après un bain glacé ? Bah moi c'est la même chose après un très long terme mis dans du 10-11 degrés, je me sens béni des dieux, je suis sur une autre planète, t'as... plus besoin de boire, t'as plus besoin de fumer, tu te sens dans un autre endroit et tu te connais que t'as une espèce de bien-être que j'ai vu dans très peu d'endroits. Et tu vois, par exemple, c'est ça le court versus long terme. Parce qu'à très long terme, tu me dis, va faire 1300 km d'entraînement, je nage à 3,5 km heure, je vous laisse faire les maths, c'est quand même un petit bout de temps. Et c'est ça dont on se parle. C'est que c'est d'être capable, et ça c'est un learning aussi entrepreneurial qui est hyper intéressant, c'est que Merci. L'action que tu vas aller mettre en place aujourd'hui et le focus que tu vas aller mettre aujourd'hui, on a toujours tendance à vouloir qu'il y ait un héroïe extrêmement rapide. Là, tu es obligé de travailler ta frustration parce que ça va mettre énormément de temps et de manière exponentielle après pour, par exemple, passer le sujet du froid, ou ne serait-ce que physiquement et physiologiquement.
- Speaker #0
Troisième leçon, l'importance de l'environnement. On n'est pas seul. L'importance de choisir ton environnement avec soin comme un sportif de haut niveau. Tu peux revenir là-dessus ? Parallèle avec l'entrepreneur aussi, du coup.
- Speaker #1
Oui, tout à fait, c'est un sujet que tout le monde connaît, mais c'est un sujet que personne n'applique réellement et concrètement. Moi, je vais te donner un exemple différent, c'est que ma mère, le jour où je lui ai dit que je traversais la Manche à la nage, elle m'a vu arriver avec plein de projets. Je vais faire un projet sur la cyberéconomie. Elle m'a vu arriver. Elle a toujours acheté d'ailleurs, même des trucs qu'elle n'utilisait pas. Mais le jour où je lui ai dit, écoute maman, je veux traverser la Manche à la nage, dans sa bouche, elle m'a dit quatre fois le mot non. Et c'est pas grave, mais elle m'a dit quatre fois le mot non. Et c'est sa peur qui était en train de parler à ce moment donné là. Et moi, je me suis retrouvé dans une situation où je devais déjà porter ma peur personnelle, parce que j'ai quand même mis huit mois avant de me dire tu as le droit d'avoir un bateau. Et en même temps, tu dois porter la peur des autres. La question, c'est qu'est-ce que tu fais de cette information ? Et par exemple, ma mère, je lui dis écoute, pendant un petit bout de temps, je ne vais pas trop te parler de la traversée, je ne vais pas trop te parler de l'entraînement, j'ai commencé à monter, je vais t'expliquer un peu ce qui s'y passe. Elle est prof de sport, je vous rappelle, donc elle a envie, elle a un regard, ça l'intéresse, mais sauf qu'elle a peur. Donc je lui dis, dans quelques temps, je t'emmènerai à un entraînement quand tu seras prêt et quand moi, je serai déjà beaucoup plus solide sur mes appuis pour que tu puisses aller partager. In Fitness, t'es la première sur la plage. Juste ce que je veux dire par là, c'est qu'à un moment donné, t'as un temps pour donner ton temps et ton focus à certaines personnes autour de toi. Ça veut pas dire les dégagés ou que la somme des cinq personnes que tu côtoies. c'est Quel temps tu donnes à ces personnes-là et quelle importance tu donnes par rapport à leur propre projection ? Et ça, c'est un tout petit peu différent et entrepreneuriellement parlant, on a tendance à le voir beaucoup aussi.
- Speaker #0
La dernière leçon, enfin il y en a plein j'imagine, mais celle-là j'avais noté aussi, la gestion des émotions. Parce que tu dis la peur, le doute et la douleur ne disparaissent pas. Il faut apprendre à gérer et pas les éviter. J'imagine que tu as beaucoup travaillé et que c'est ça qui t'a aidé dans ton activité de coach derrière.
- Speaker #1
Ouais, l'un des sujets, c'est par exemple sur la traversée, moi j'ai pris beaucoup de piqûres de méduses au visage. Sur à des moments donnés où en fait tout se passait très bien, mais qu'à un moment donné ça se retourne contre toi, et t'as une méduse qui vient se coller sur ton visage et elle glisse. Ça c'est pas agréable. Au-delà de la méduse, la question c'est que si tu commences à t'énerver, tu perds de l'énergie pour ton objectif. La question c'est qu'est-ce que tu fais de l'information qui vient de t'arriver à cet instant et que te dit cette émotion-là ? Là c'est une ambition darwinienne, primaire. Mais il y a plein de moments donnés dans nos vies entrepreneuriales où on s'est retrouvé avec des émotions qui n'étaient pas les nôtres, qui étaient prenons de la colère ou de la tristesse, mais qui nous ont mécaniquement freinés ou fait prendre des décisions à l'instant T où on n'était pas complètement en shape et c'était un peu compliqué. La traversée, moi, m'a appris à aller regarder, à aller m'asseoir avec ces émotions-là. À aller vraiment arrêter de les foutre et de les mettre quelque part, et vraiment d'aller m'asseoir. Et qu'est-ce qu'elle a à me dire ? La piqûre de Mélisse, elle a à me dire « Respire et laisse passer » . Mais par contre, quand tu as d'autres choses où tu commences à mariner, parce que pendant des heures et 14 heures, tu vas nager, émotionnellement parlant, le but, c'est d'en sortir le plus rapidement possible. Et donc, in fine, te demander Qu'est-ce qu'elle a à me dire ? Qu'est-ce que ça a fondamentalement à me dire à cet instant-là ?
- Speaker #0
Et nos émotions ont plein de trucs à nous dire.
- Speaker #1
Et tu dis d'ailleurs à la fin que l'entrepreneur, c'est vraiment un sportif de haut niveau. Et c'est ça qui te permet quelque part de les comprendre et de pouvoir les accompagner. On va y venir. Mais tu dis que c'est la même discipline, c'est la même préparation mentale, c'est la même nécessité de gérer les échecs. Tout ça, c'est ce qu'on apprend à faire et c'est ce qu'on vit quand on est un sportif de haut niveau.
- Speaker #0
Complètement. C'est vraiment, pour moi, entrepreneur égale sportif de haut niveau. Un certain type d'entrepreneur. Moi, je sais que je ne suis pas fait pour coacher tous les entrepreneurs de la planète. Moi, j'aime les gens qui sont singuliers et qui ont décidé d'aller performer dans des niveaux qui les intéressent. Et ça, pour moi, c'est l'un des trucs les plus importants qui existent. Et donc, forcément, je suis allé glaner quelques... Même si je ne me considère pas comme un sportif de haut niveau, je me considère comme un amateur capable de faire des choses de haut niveau. Le sport de haut niveau, c'est encore une strate supérieure ou, on va dire, différente. Mais cependant, il y a tellement d'outils à aller prendre et à aller glaner. Tout n'est pas à prendre. Mais il y a quand même des outils à aller glaner et notamment te faire coacher en études ou aller chercher des supports pour aller t'aider là-dessus en études.
- Speaker #2
Est-ce que tu fais cette traversée et du coup, tu dis ça à la fois, se poser les questions, ouvrir les portes, etc. qui te font dire que c'est ta voie en fait ? Non. Parce qu'il y a plein de voies possibles. Pourquoi tu vas faire ça ?
- Speaker #0
La traversée de la manche, c'est juste... Un an, c'est... Vous m'avez invité pour la traversée de la Manche, mais si vous voulez, on peut se parler, je suis monté faire un combat de boxe alors que je suis un gentil garçon et que mettre un coup de poing dans la tête de quelqu'un, il est un des trucs les plus difficiles pour moi et j'ai envie de lui faire un câlin. Pourtant, je suis allé mettre des gants avec des mecs qui voulaient me dévisser la tête. J'ai fait ça pendant 5 ans. En fait, moi, ce que j'aime, c'est aller m'asseoir avec mes émotions. Moi, j'en ai marre d'avoir des gens qui m'expliquent ce que c'est que... de vouloir faire des grandes choses et autres sur le papier de manière très forte. Moi, j'ai envie de vivre tout le kaleidoscope des émotions. J'ai envie d'aller ressentir ce qui va se passer. Quand un entrepreneur est en train de trancher ou qu'il se retrouve parce qu'il ne reste que deux semaines de cash et qu'il ne sait pas comment il va payer les gens et qu'il se retrouve dans son bureau un vendredi soir alors que tout le monde est en train de sortir boire un coup et que lui, il se retrouve là, je pense que de comprendre l'émotion d'injustice dans lequel il est ou parce que c'est ses choix ou d'appréciation et autres, moi, ça m'aide. à comprendre la carte empathique de la personne que j'ai en face de moi. Et c'est ça que je vais aller rechercher. Donc je me suis amusé à faire plein d'autres choses, genre Vipassana, c'est le fait de ne pas lire, écrire, ni parler pendant dix jours en méditation, où tu ne parles à personne, où tu n'écris pas, où tu ne lis pas. Et là, tu te retrouves en face de toi-même. Je me suis amusé à faire Saint-Jacques-de-Compostelle sans argent, parce que ça m'amuse d'aller comprendre et que j'avais peur de manquer d'argent. et de me dire qu'est-ce que je vais faire dans ces situations-là.
- Speaker #1
Tu veux chercher tout le temps à maîtriser quelque part, non ? Tu veux gérer tes émotions ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Tu les affrontes ?
- Speaker #0
Ouais, je m'assois avec. C'est un tout petit peu différent. Et il y a un truc indistingué, c'est comme vous l'avez entendu, on pourra parler si vous voulez, mais au décès de mon père, je l'ai subi. C'est OK, c'est la vie, et j'ai pas envie de débattre là-dessus. Là, je choisis. Donc s'il y a une émotion que j'ai envie d'aller voir... avec lequel j'ai envie d'aller m'asseoir, je décide d'y aller. La traversée de la manche, c'est aller m'asseoir avec le fait de briller, de sortir de la médiocrité. C'est vraiment d'aller m'asseoir avec ce truc parce que pendant très longtemps, je me suis senti comme un petit gamin médiocre alors que je fais 1m90, alors que... Mais j'avais quand même cette image-là et j'avais envie d'aller m'asseoir. Et à la fin de ma vie, j'ai envie de me dire mais incroyable ! C'est... J'avais envie de toucher ce truc-là. Le fruit de plein de...
- Speaker #1
Tu décides de monter, c'est ça dont tu voulais parler, le métier de coach. Peut-être que tu veux te lancer sur la méthode. C'est vrai que c'est un truc qu'on a envie de comprendre.
- Speaker #2
Oui, je pense que quand on entend coach, et en fait aujourd'hui la facilité de devenir coach, de se le décréter, elle est là. C'est facile de dire je suis coach de un tel, Mais j'ai l'impression que toi, il y a derrière une méthode, quelque chose de... Tu pars de principes assez clairs. que tu adaptes à les gens que tu coaches, et j'aimerais qu'on parle de ça. Qu'est-ce que tu peux nous dire par rapport à ça ?
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #2
C'est quoi ce métier-là ? Qu'est-ce que tu mets derrière toi ? Raconte.
- Speaker #0
Mais comme c'est facile de se décréter entrepreneur. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il y a plein de gens qu'on croise entrepreneuriellement parlant qui n'ont même pas fait un euro de chiffre d'affaires et qui se décrètent aujourd'hui entrepreneurs. Ce que je veux dire par là, c'est que moi, ce qui m'intéresse dans toute cette histoire, c'est que depuis la nuit des temps... On peut prendre, moi qui suis fan de philosophie, qui aime la psychologie au sens large du terme, avant que je me fasse shooter par des psychologues et psychiatres, ça n'est pas mon métier, c'est un métier particulier, et moi je ne touche pas à ça. Par contre, je fais preuve de psychologie. Ce qui est un tout petit peu différent. Vas-y, exprime,
- Speaker #1
exprime, allez, pourquoi ?
- Speaker #0
Quand je dis que je fais preuve de psychologie, ça veut dire qu'en fait, moi mon but, c'est d'essayer d'aller comprendre la personne et l'environnement dans lequel elle vit. Moi, mes outils, ils sont connus depuis énormément de temps. Sauf que l'art de coacher, parce que pour moi c'est un art, et donc un art ça se pratique, c'est ta capacité en fait à prendre un outil et à le travailler, mais à l'intégrer dans l'environnement de la personne. Et c'est ça faire preuve de psychologie. C'est-à-dire que je prends tout autant de plaisir d'aller voir un mec qui a monté une licorne française pour... comprendre comment il a joué à ce jeu-là à un moment donné, tout comme je vais voir un patron d'industrie et d'une petite PME à côté dans la banlieue lyonnaise pour aller comprendre intellectuellement où est-ce qu'il en est et quels sont les freins qu'il peut aller voir. Les outils seront le même.
- Speaker #1
Oui, parce que si tu veux, je comprends bien le cœur de ta réflexion, c'est de te dire, on a souvent des entrepreneurs qui font plein de choses, qui sont assez dynamiques, etc., et qui deviennent leur propre limite. Et toi, si j'ai bien compris, c'est de dire un mot, tu atteins un palier, tu atteins un plafond, tu délègues pas, tu deviens le bottleneck de la boîte. Et toi, ce que tu as fait, j'aimerais qu'on creuse sur ta méthode, tu vas rechercher très profondément sur, ok, c'est quoi les non-dits, c'est quoi les événements passés marquants qui ont fait ça, pourquoi tu te limites, c'est quoi ta vision de là où tu veux aller. J'aimerais bien qu'on travaille tout ça, parce que j'ai l'impression que tu fais un gros travail, justement, pour remettre dans le contexte.
- Speaker #0
le... Un entrepreneur, quand il prend une feuille blanche et qu'il le démarre, on peut parler de reprenariat aussi, mais à un moment donné, il faut qu'il soit totalitaire. Ça ne veut pas dire qu'il n'écoute pas les autres, mais il y a quelqu'un qui va les trancher et il va y avoir des décisions qui vont être prises par rapport à ça. Ce moment et ce momentum-là, il a raison d'exister. Sauf qu'à un moment, quand ta boîte croit à un certain niveau, toutes les informations vont repasser par toi. Sauf que le problème, ce qui t'a... permis de réussir et la psyché qui t'a permis de réussir et l'histoire que tu t'es racontée qui t'a permis de réussir pour arriver là, l'histoire ne fonctionne plus. Et c'est là où tu deviens vraiment le goulot d'étranglement de ta boîte et que tu vas aller prendre toutes les... Tu vas aller prendre tout ce qui se passe dans ta structure. Et c'est pour ça que ma question préférée avec les entrepreneurs avec lesquels je bosse, c'est est-ce que c'est encore toi qui change le papier toilette de ta boîte ? Vous seriez vraiment étonné. du nombre de personnes qui continuent à renaître leur boîte comme si c'était le tout départ. Et donc moi, mon job, c'est d'aller lui poser des questions pour comprendre les histoires qui se racontent par rapport à ça, savoir si c'est les bonnes personnes pour aller au niveau d'après, qui est souvent le scale, et s'ils sont les bonnes personnes et qu'ils acceptent d'être les bonnes personnes, sur quoi et quoi ils doivent aller travailler et changer, quelle histoire ils doivent aller changer à ce moment donné-là. Et moi, mon job, c'est d'aller les aider à faire bouger cette histoire. Un tout petit peu pour les aider à mieux déléguer, à savoir quel est leur rapport au pouvoir, quel est leur rapport à l'argent, quel est leur rapport foncièrement sur le fait de lâcher les commandes à certains endroits de leur structure et de leur boîte.
- Speaker #2
Parfois, le rapport identitaire à la réussite aussi de la société, ce n'est pas facile.
- Speaker #0
Il y a plein de sujets qui peuvent venir et qui deviennent des vrais freins à ce moment donné.
- Speaker #2
C'est intéressant ce que tu as dit. Est-ce qu'ils sont prêts à accepter le scale ?
- Speaker #1
Est-ce qu'ils en sont capables ? C'est-à-dire qu'il y a un moment euh Tu as aussi des gens qui se racontent qu'ils sont capables et tu arrives à les faire atterrir en disant mais tu vois, il y a un moment, ce n'est pas donné à tout le monde. Parce qu'en fait, cette notion, enfin nous, on creuse beaucoup ça et c'est quand même le sens du podcast, c'est qu'il y a un moment, on a parlé tout à l'heure de pivot, il y a un moment, il y a surtout une grosse remise en question. C'est-à-dire qu'au début, il te faut des qualités qui ne sont pas les mêmes que celles qu'il faut après. Et donc, il faut soit que tu apprennes à te réinventer, soit que tu apprennes à gérer tes égos ou soit que tu ne le fasses pas. Et c'est ça que j'ai un peu l'impression que toi tu vas regarder, tu vas travailler les angles morts, tu vas essayer de trouver l'inconscient, qu'est-ce qu'il fait ? Et tu te dis, ok, il peut faire ou il ne peut pas faire, et s'il peut faire, il a besoin de quoi ? C'est ça ta... Et comment tu as formalisé ta méthode, Nereus ?
- Speaker #0
Nereus.
- Speaker #1
Alors il faut que tu nous rappelles le dieu.
- Speaker #0
C'est un dieu qui s'appelle, d'ailleurs grec, qui s'appelle Nere, qui est un dieu primaire et qui est l'opposé de Poséidon. C'est un dieu très calme, où le fait, on va aller en profondeur. Et c'est pour ça que j'adore l'époque dans laquelle on vit. Il y a deux époques dans lesquelles j'aurais aimé être né à celui de Christophe Colomb. J'aurais aimé prendre un bateau et aller découvrir la map. Ça, c'est un truc qui m'aurait vraiment fait vibrer. Mais aujourd'hui, ce n'est plus possible. La map, tu as juste à ouvrir Google Maps et c'est bon. Et je trouve que l'entrepreneuriat... à ce sel-là, notamment quand on s'attaque sur un marché, quand on s'attaque à ça. Et je trouve que c'est un levier de développement personnel qui est assez incroyable. Et moi, ma méthode, elle passe par trois vraiment grandes phases. La première, c'est se comprendre, c'est se connaître, c'est voir ce qui a fait notre réussite aujourd'hui et l'apprécier à sa juste valeur. Et c'est surtout avoir et développer de la gratitude sur le chemin qu'on a déjà fait. Il y a un nombre inc... incommensurable de personnes qui ont réalisé ce qu'ils rêvaient de faire, moi le premier, traverser de la manche, incroyable, et qui deux jours après sont déjà en train de se critiquer sans juste apprécier, ne serait-ce que par gratitude, de ce qu'on a déjà fait, de ce qu'on a déjà créé. Et ça c'est quelque chose d'hyper important qui permet en fait juste d'apporter un tout petit peu de paix. Ça rend pas New Age, bobo, ça rend juste de se donner un peu de paix à ce moment donné. Ensuite, la deuxième...
- Speaker #1
Ça veut dire qu'on est trop dur avec nous-mêmes ? Souvent ?
- Speaker #0
Ça veut dire que psychologiquement, on a un soi actuel et on a un soi désiré. Et le soi actuel, c'est qui nous sommes aujourd'hui. Et notre soi désiré, c'est où est-ce qu'on a envie d'emmener notre entreprise ? Quelle identité ça va nous donner ? À quoi ça va nous donner accès ? L'écart entre ces deux choses-là est intrinsèquement lié à la frustration que tu vas vivre. Plus tu as des ambitions qui sont hautes et moins tu découpes la montagne, et plus tu peux avoir énormément de frustration qui se transforme à un moment donné en quelque chose qui ne va pas te permettre d'avancer. Moi, mon job, c'est d'aller voir si ce soit désiré le bon pour toi, parce que beaucoup veulent devenir Elon Musk, mais je ne pense pas que tu veux la vie d'Elon Musk. C'est une vraie question et il y en a qui le veulent, mais très bien. Mais... Ouais, mais en pitch, t'as déjà entendu, les mecs, on veut devenir le Airbnb 2, je veux devenir le Elon Musk 2. Enfin, tu vois ce que je veux dire ? Ok, bah prends la vie qui va avec et enfin, je pense que ça va même un peu plus loin, c'est fantasmé quoi. Mais quand même, tu te mets une pression intellectuelle sur ce truc-là et cette espèce de soi désiré.
- Speaker #1
Alors, premier point, se connaître.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Deuxième point.
- Speaker #0
Le deuxième point, bah moi, mon enjeu, il est d'aller voir quels sont les freins.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et vraiment, quels sont les freins ? qu'est-ce qui freine, qu'est-ce qui bloque ? Est-ce que ça a ton rapport à l'argent ? Est-ce que c'est ton rapport au pouvoir ? Est-ce que c'est ton rapport à l'ego ? Est-ce que c'est ton rapport à la politique ? On va aller vraiment aller creuser et aller voir l'histoire que tu te racontes sur toutes les thématiques d'un entrepreneur. Et je te donne un cas en trois phrases. J'ai une entrepreneuse qui était en série B, qui s'est retrouvée avec toute la due diligence posée sur son bureau. Elle m'appelle et me dit, Gregor, je suis un foutu de la signer. Tout était... carré, et je pense que vous savez aussi bien que moi la difficulté d'avoir ce document, tout le monde était là. Elle me regarde, elle me fait « j'ai un problème, c'est que j'arrive pas à signer » . En trois phrases de coaching et en trois questions de coaching, la question était « qu'est-ce qui se passe ? » Elle me dit « en fait, j'ai une impression que si je signe ce truc-là, ça va être dur pour moi et je vais être aimé par personne. » Parce qu'être riche, c'est devenir quelqu'un de pas aimable. Elle me sort ça du cash. Alors qu'elle allait passer dans le top 1% des Français. Et en creusant un tout petit peu plus loin, on s'est rendu compte qu'un jour, son père, en regardant la télévision, avait vu Bernard Arnault en train de parler à la télévision, et pourtant, il n'est pas là souvent. Et il s'est retrouvé à dire que de toute façon, les riches, c'est tous des cons. Elle, elle avait... Je ne vais pas faire de psychologie de comptoir, mais elle avait marqué le truc de comme quoi, si elle devenait riche et qu'elle arrivait dans cette case-là... Ça allait être compliqué pour elle et que ses parents ne pouvaient peut-être ne plus l'aimer. Je sais que ça paraît d'une débilité profonde et que je dois mettre en PLS un paquet de psychologues à ce moment donné-là. Sauf que le soir même, elle a appelé son père, elle allait manger avec lui, elle lui a demandé est-ce que c'est vrai. Son père lui a dit mais... Enfin, je suis tellement fier pour toi, ils ont tous les deux pleuré. Elle est rentrée au bureau, elle a signé le papier et le lendemain c'était fait, elle était dans les échos. Et c'est juste, ce que je veux dire c'est que ça paraît bête ce que je suis en train de dire mais... On se raconte tous des histoires. On se raconte tous des histoires qui sont héritées de là où on vit, de là où on est, d'hérités de datavismes familiaux, d'hérités de plein de choses diverses et variées. Sauf qu'à un moment donné, ça peut bloquer.
- Speaker #1
Ok, frein, troisième ?
- Speaker #0
Aucun sportif de haut niveau ne réussit sans répéter. Et qu'à un moment donné, on a juste besoin de répéter de manière bête et méchante une phrase et une action à la faire jusqu'à la lit, jusqu'au sang, jusqu'à la sueur. Moi, c'est l'un des trucs qui me fait le plus halluciner quand quelqu'un arrivait à trouver la pierre philosophale, mais a décidé de l'acheter à côté alors qu'il a mis énormément de temps à trouver soit le MVP ou à trouver la bonne manière d'aller toucher son marché et de ne pas le répéter. Et ça, souvent, c'est pour des profits qui sont très intellectuels, qui se disent « Ouais, mais c'est pas normal, il y a trop de facilités qui peuvent se faire. » C'est de le pousser à aller répéter, Le sport, et surtout l'entrepreneuriat, n'est pas un sport d'intellectuel. C'est un sport de répétition très bourrine à un moment donné. Bien sûr qu'on peut y remettre une surcouche intellectuelle, mais à un moment donné, personne ne va passer l'école à ta place, personne ne va faire les ads sur lesquels tu dois être, ou personne ne va aller chercher de l'argent à ta place. Et ça, ça demande intellectuellement aussi à un moment donné de poser son cerveau et d'avancer et de nager. J'aide à ça.
- Speaker #1
Ouais, ok. Donc, à se connaître, à regarder les freins et à comprendre les freins, et répétez, répétez. excellent ça c'est du coup cette méthode cette donne à frame que tu essayes d'appliquer mais après tu le disais t'es obligé de fine tuner à chaque personne mais tu gardes cette trame qui est un peu toujours sous forme de tes trois points et
- Speaker #0
je suis propriétaire d'une certaine manière de Nereus mais ça c'est vraiment glané sur le chemin en fait je me suis amusé à faire comme vous des interviews de personnalités qui étaient ultra performants En fait, je l'ai itéré petit à petit sur des rencontres, sur mes propres coachings, de ceux qui n'ont pas marché et de ceux qui ont marché. Il faut le dire aussi, c'est comme Didier Deschamps en ce moment, c'est comme il y a des choses qui marchent, il y a des choses qui ne marchent pas, il y a des moments donnés, il y a des fois ça ne colle pas. Et c'est de ça dont je veux parler, c'est que je me fais du Rex de manière quasi constante. Moi, mon objectif, c'est de devenir l'un des meilleurs coachs de ma génération. Pas par rapport aux autres, je m'en fous, mais c'est que moi, dans 40 ans, je serai encore là, si je suis encore vivant. Mais dans 40 ans, mon objectif, il est vraiment celui-ci, il est vraiment de pouvoir avoir accès à de plus en plus d'outils et aussi de faire ce dont le développement personnel, pour moi, est un art qui est un petit peu étiolé et qui demanderait de revenir sur le devant de la scène avec des choses beaucoup plus poussées, scientifiquement parlant et beaucoup plus baquées.
- Speaker #1
Oui, ça, je trouve que c'est un vrai point. Et d'ailleurs, je voulais t'en parler, c'est un peu le bien qu'il y a entre la France et les pays anglo-saxons là-dessus. D'abord, il n'y a pas un grand patron aux Etats-Unis. En fait, c'est vraiment une autre pratique. C'est monnaie courante. Oui, exactement. Bic en VL, extraordinaire. Et puis en plus, tu t'aperçois qu'ils ont souvent tous le même. En fait, quand il y a une star...
- Speaker #2
Je crois que c'est à l'enterrement, ils se sont dit...
- Speaker #1
C'est grâce à toi.
- Speaker #2
Ils se sont tous vus, ils se sont dit, mais tu es scotché, lui ?
- Speaker #1
Mais le gars est extraordinaire. Je vous invite à écouter ses podcasts. Il a fait toute une série de podcasts qui sont plus brillants les uns que les autres. C'est-à-dire pas très longtemps, mais il y a des petits épisodes. Bill Campbell, c'est vraiment extraordinaire. Parlons un peu des anglo-saxons, de la vision. Et pourquoi il faudrait... Qu'est-ce qu'on pourrait faire pour mettre un peu plus de rationalité ? Les Français, en fait, je pense qu'ils ne veulent pas le faire parce qu'ils disent c'est un psy, j'ai pas besoin d'aller voir mon psy. Tu vois, alors qu'aux États-Unis, c'est même l'inverse. Si tu n'en prends pas, c'est un peu louche. Tu te dis, mais c'est quoi ? Tu ne t'entraînes pas. C'est comme si tu disais, je vais faire un marathon, mais je ne me suis pas entraîné.
- Speaker #0
C'est vrai. Mais c'est parce qu'on a un rapport au préventif et au curatif qui sont complètement différents et qu'on a une carte vitale dans la poche. C'est qu'en fait, nous aujourd'hui, on va aller voir un médecin, on va aller voir quelqu'un parce que déjà, il va nous être remboursé. Il l'est quand même encore et on ne va pas débattre là-dessus. Mais ce que je veux juste te dire par là, c'est qu'à ce moment donné là, c'est que tu y vas parce que tu sais que tu as un problème auquel tu es obligé d'y aller. Et le coach est vu un tout petit peu de cette manière-là. D'ailleurs, c'est l'un des trucs où c'est même moi qui suis rentré dedans, mais très souvent, ah ouais, mais t'es pas psy, t'es pas X, t'es pas Y. avec d'ailleurs un... Les coachings ont pris exactement le même mécanisme de une heure pour faire un coaching X. En fait, pour moi, le coaching, tu y vas, que ça marche ou que ça marche pas, que ta boîte se développe ou ne se développe pas. Juste ne pas mettre d'argent dans un coach si tu ne peux pas le faire à cet instant-là. Personne ne viendra sauver aucun entrepreneur, peu importe l'argent que tu vas aller y mettre à l'intérieur. Et la grande différence qui existe entre l'un et l'autre... C'est que forcément, il y a des mecs comme Tony Robbins sur Netflix, vous pouvez aller voir I'm Not Your Guru, qui était en fait à aller coacher un certain nombre et qui a évangélisé le marché et qui a touché aussi des personnalités de tous bords politiques qui ont exprimé qu'ils étaient coachés. Nous, c'est un petit peu plus compliqué. Moi, je peux te dire que par exemple, parmi mes coachés, je peux avoir des mecs qui pourraient changer ma vie, littéralement, juste en parlant de moi. Mais sauf que... Quand je pose la question, elle est que c'est très difficile, notamment pour un homme, là j'ai un exemple en tête, de demander de l'aide et de dire que j'ai été aidé. Et ça, c'est vraiment un rapport qui est juste un tout petit peu différent dans notre manière d'appréhender les choses.
- Speaker #1
T'as l'impression que ça paraît comme une faiblesse, alors qu'aux Etats-Unis, ils sont pragmatiques, ça apporte quelque chose, c'est efficace, et donc...
- Speaker #2
Après, ça évolue un petit peu, alors c'est un parallèle peut-être un peu naze, t'as une... Ce qui se dit, c'est que l'une des clés du succès du Paris Saint-Germain ces deux dernières années, c'est que l'entraîneur, qui est Louis-Henriquet, est venu et a imposé un coach mental. Et il l'a imposé à son staff et à ses joueurs. Et c'est intéressant. Et du coup, c'était un club qui était polytraumatisé, de plein de trucs, qui avait une pression phénoménale, etc. Et d'un coup, ça s'est débloqué. C'est intéressant. Et c'est le seul club qui fait ça. Il a dit non, il y aura ce gars-là. Et c'est un type qui a enseigné. C'est un gars très, très, très, très fort.
- Speaker #0
Ce que je veux dire par là, c'est qu'à un moment donné, quand c'est plus le physique, c'est forcément des barrières mentales. Tu viens de le dire d'une manière très belle, tu dis polytraumatisé. On ne va pas parler de certains matchs, mais polytraumatisé veut dire qu'à un moment donné, tu es marqué. Et je vais vous le tourner entrepreneuriellement parlant, moi c'est un cas que je vois hyper souvent. Vous savez le mec qui dit on ne peut plus faire confiance à personne, qui s'est fait avoir par un associé. En fait, tu prends un fer rouge et tu marques la personne au fer rouge. Il faut quelqu'un pour t'aider à édulcorer ce fer rouge. Pourquoi ? Parce que sinon, tu te retrouves à vouloir valider ce système de croyance en disant « on peut faire confiance à personne, moi j'ai essayé de faire confiance à des gens, on peut faire confiance à personne, ils sont partis avec mes clients, avec la caisse, avec X, avec Y » . C'est peut-être vrai, mais sauf qu'il faut que tu aies quelqu'un qui t'enlève le polytraumatisme ou qui te fasse passer ce cap-là. Sinon, tu deviens un entrepreneur aigri, ad vitam aeternam, qui ne fait plus confiance à personne et qui, en fait, va s'enferrer dans son histoire. Et ça, ça demande des fois d'avoir quelqu'un qui vient te mettre soit une grande claque dans la gueule, si c'est ce que tu as besoin, ou soit juste de dire « Eh, regarde, ne t'inquiète pas, on a tous vécu, ressenti des choses comme ça. » Ça fait partie du deal, mais qu'est-ce que tu peux faire et mettre en place pour pouvoir aller refaire confiance à quelqu'un et t'aider à développer ta boîte ? Sinon, tu deviens aigri. et tu stagnes. C'est la même chose pour nos amis sportifs.
- Speaker #1
On a fait un bon tour, je pense. Peut-être une dernière question qui est comment tu continues à progresser et je vois que tu aimes bien intellectualiser les choses. Qu'est-ce que tu lis ? Tu as un bouquin, tu nous as parlé de Tony Robbins. Qu'est-ce que tu peux nous conseiller ? Comment tu fais d'ailleurs pour progresser et continuer à progresser ?
- Speaker #0
Moi, je relis que du coaching des années 80, 70, 80. Pour une raison très simple, c'est que la plupart ont repris des méthodes des uns et des autres et petit à petit l'ont soit adapté à eux-mêmes ou soit l'ont édulcoré. Donc en fait tu te retrouves in fine avec des choses qui sont médiocres et donc la médiocrité fait que tu coaches de manière médiocre et ça devient extrêmement compliqué. Donc moi je suis allé chercher Robin Sennetta et après moi je suis allé chercher tout un panel de personnes qui décident de faire leurs propres recherches. de recherche vraiment poussée intellectuellement et scientifiquement. Je peux te dire par exemple Fanny Nussbaum, que j'adore, sur la partie purement performance, qui elle, elle est creusée vraiment profondément. Qu'est-ce qui fait que tu as des personnes qui sont performantes ou non et vraiment mises dans un panel et dans un scanner. Je vais aussi, moi je vais dans les romans. Pourquoi ? Parce que je suis un amoureux du symbole, je suis un amoureux de tout ce qui va aller toucher, à aller à la quête de soi-même et à se comprendre soi-même. Et par exemple, je me suis amusé à relire tous les rougons macards de Zola. Ça paraît bête ce que je suis en train de te dire, mais va relire Nana, va relire l'argent, et va relire notamment ce qui se passe en ce moment avec Frédéric Merlin. Tout est... Et en fait, un truc qu'on n'a pas compris, c'est qu'on se croit toujours plus malin, mais tout est cyclique. Et je trouve que Zola, et ça c'est mon amour du naturalisme, Je trouve que Zola a une capacité à pouvoir prendre les mots et à pouvoir te les emmener. Et tu comprends beaucoup mieux une partie de la psychologie, bien sûr, avec la connaissance de la psychologie du Troisième Empire, si je ne dis pas de bêtises. Mais ce truc-là, moi, j'adore aller choper dans les romans aussi pour aller comprendre des personnages et des personnages un peu plus cortiqués. Donc, c'est un espèce de mélange entre... Tu sais,
- Speaker #2
ce que tu dis, c'est rigolo, mais il y a un truc, ça me fait penser, quand tu regardes un truc qui est chouette, tu regardes des vieilles séries, vraiment vieilles, des vieux films. Tu as aussi plein de trucs. qu'il s'y fasse des dialogues, des raisonnements que tu as perdu de vue. C'est hyper enrichissant. Vraiment incroyable.
- Speaker #1
Ok, on mettra ça dans les notes. Tu as une question ? On a fait un bon tour déjà.
- Speaker #2
Je pense qu'on est bien. Je pense que je pense aux auditeurs qui, peut être, auraient envie de te contacter. Comment ils s'y prennent ? Ils vont vous dire un site, tu as quelque chose, comment ça marche ?
- Speaker #0
Tu me retrouves sur LinkedIn. Tu tapes Gregor Osbolt et tu me trouveras. Et sur un petit message LinkedIn ou aussi sur Instagram, pardon, sur Greg Osbolt.
- Speaker #1
Osbolt, O-Z-B-O-L-T.
- Speaker #2
Merci beaucoup pour ton temps.
- Speaker #1
Et qui tu peux nous recommander ? Tiens, ça serait qui ?
- Speaker #2
Ah oui, recommander, mais t'as le numéro.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #2
On se fait avoir, nous. Justement,
- Speaker #1
un entrepreneur de talent ou quelqu'un que tu admires.
- Speaker #0
À l'incubateur de l'Oamnion, j'ai eu l'opportunité de voir des mecs qui m'ont bluffé, que j'ai adoré. 360 Medics, Pulse Life, Grégory Pigné, Grégoire Pigné, pas non. Il est en train, je pense que ça va pouvoir vous intéresser, IA française, c'est un ancien médecin, enfin c'est un médecin, pardon, un oncologue, il est aussi médecin en parallèle d'être CEO d'une boîte. Et en fait, je trouve qu'on ne donne pas assez la parole à ces profils-là, déjà qui ne sont pas à Paris. et deuxièmement qui ont une espèce de profondeur intellectuelle et qui disent qu'ils vivent en fait on parle d'un oncologue on parle de quelqu'un qui le matin va peut-être dire à quelqu'un qu'il a un cancer de stage 2 ou 3 ou 4 et l'après-midi va aller dans sa boîte et moi je trouve ce rapport j'adore cette singularité je vous donne
- Speaker #2
son numéro un grand merci merci beaucoup et encore une fois abonnez-vous, ça nous fait monter dans les stats et on aime bien les stats Emric Bonne soirée.