Speaker #0Megahertz petit podcast pour de grands effets pourvu qu'on s'aligne et qu'on se connecte parce qu'on est en orbite et c'est important de se connecter et bien au microphone Megahertz et le trauma transgénérationnel comme j'ai déjà dit dans l'épisode santé mentale C'est toujours un peu dans la lignée du précédent épisode. Alors le trauma, c'est un choc en fait. Ce choc-là, il va se transmettre de génération en génération. De génération en génération. C'est comme un héritage, mais c'est beaucoup moins joyeux. Bon, chance. Comment il se crée ? Par le déni, en fait, dans le précédent épisode, j'ai aussi parlé du tabou. Du tabou ou ce sur quoi on fait silence, en fait, par crainte ou par pudeur. Le tabou va créer un déni. Le déni, qu'est-ce que c'est ? Le déni, c'est de nier cette réalité. C'est un peu, en français, on va dire, de faire l'autruche, en fait. Voilà. En français, on dit faire l'autruche. C'est exactement ça. C'est tu fais l'autruche. Tu fais l'autruche et ici, il n'y a pas de problème. Tout va bien, tout se passe bien. Mais le fait d'avoir ce déni-là, le fait de dénier cette réalité, fait que c'est quelque chose que tu vas transmettre dans ta famille, dans ta famille, en fait, dans tes descendants. Et eux aussi vont le reproduire. Mais ce n'est pas des jeux conscients, en fait. Le déni, c'est un mécanisme de défense, en fait. C'est... Qu'est-ce que c'est qu'un mécanisme de défense ? C'est notre manière de réagir face à une situation problématique, à une situation qui te met en réaction. Et en fait, ce sont des jeux inconscients ou non, d'ailleurs. Chacun a sa propre conscience de soi. Et du coup, quand tu fais un bon déni, comme je disais, tu élèves tes enfants dans ce déni-là. Et eux aussi élèvent après leurs enfants dans ce déni-là. Et ainsi de suite, et ainsi de suite. Ça peut être très long. Cette boucle-là, elle peut être très très longue. Elle peut même avoir un côté infernal. Bonne chance, comme je disais. Quelles sont les conséquences d'une telle situation ? Elles sont multiples et variées, extrêmement intéressantes. Et il faut savoir qu'en science de la psyché, chaque personne est à la fois unique et tellement... Tout le monde est à la fois tellement singulier et tellement banal ou pluriel en même temps. C'est-à-dire que chacun va répondre à sa manière à une situation, mais ta manière de répondre, c'est aussi à l'image de l'humanité, en fait, qu'il y a en ce bas-monde. Genre toi tu réagis comme ça mais ton voisin il va réagir comme ça et ainsi de suite. Mais la manière dont ton voisin réagit, il y a aussi un mec à pétoche-noc qui va réagir pareil mais qui ne sera pas la même que son voisin et ainsi de suite. Bon, tu as saisi la nuance. En fait, ce qui est important de voir dans le schéma de reproduction, c'est que tu vas toujours tendre à ça parce qu'il y a un tabou. En fait, là où l'espace n'existe pas, là où la réalité n'existe pas, comme tu n'es pas au courant, tu n'as pas conscience de toi, tu vas tendre à ça de manière inconsciente. D'ailleurs, il y a un très beau film là-dessus, ça s'appelle The Place Behind the Pines, ou The Pines, je sais pas, tu vois, toi et ton anglais, The Place Behind the Pines, avec Ryan Gosling dedans. J'ai cherché le réalisateur, attends, je vais trouver ça. Derek Sianfrance, quelque chose comme ça. Ouais, Sianfrance, tu vois, tu tapes sur YouTube et tu vois. Et en fait, c'est hyper intéressant parce qu'il met bien en lumière le schéma de reproduction. En gros, c'est quoi le synopsis ? le synopsis dedans, enfin dedans. Le synopsis, c'est en fait, il y a une femme qui est avec un petit voyou, un petit bandito. Le petit bandito, il a une vie de voyou. Elle, elle tombe enceinte de lui. Très bien. Sauf qu'elle, elle se rend compte que là, il me semble, de tête, il a une vie trop dangereuse. Et puis non, en fait, il allait en prison. Elle a refait sa vie. Mais quand il ressort, il veut se remettre avec elle. Bon, tu vois l'histoire, non ? Les feux de l'amour. Mais entre-temps, le mec, il fait un autre gros casse. Il voulait mettre sa femme bien. Il voulait la mettre bien parce qu'elle, elle était avec un autre. Et comme d'habitude, dans ce genre d'histoire, les mecs veulent gonfler les pecs. pour que la femme le regarde à nouveau. Et en fait, il meurt. Donc la nana, c'est même pas qu'elle refait sa vie. Elle fait sa vie, en fait. Elle était déjà plus avec lui. Et l'enfant, du coup, il grandit avec un beau-père. Mais dès sa tendre enfance, il n'a jamais connu son père. Son père biologique, en tout cas. Et en plus, le truc, c'est que ça n'a pas loupé. Son beau-père est noir, lui, il est blanc. Donc il y a un moment, même si tu as des soupçons, il y a un moment où, bon, tu te dis que, bon, t'as compris, quoi. Alors, le jeune... l'adolescent cherche son identité. Pourquoi il cherche son identité ? Parce que sa mère, sa mère a fait un tabou autour de son père, c'est-à-dire qu'elle lui a jamais parlé de son père. Dans le terme jamais, là, c'est qu'elle en parle pas, tu verras le film et tu comprendras, c'est super bien tourné. Ou quand il pose des questions, elle l'envoie un peu balader, parce qu'elle aussi, ça lui renvoie quelque chose, peu importe le pourquoi du comment, mais en tout cas, elle lui parle pas de lui. Donc lui, tout le long du film, il cherche à se rapprocher de son père, et en fait, il épouse exactement le même schéma que son père. Alors que le but de la mère, pour ne pas lui en parler, c'était d'aller au sens opposé. Mais il est super intéressant. C'est ça le schéma de reproduction. C'est un schéma de reproduction que tu refais à l'infini. Ton schéma de reproduction, il peut être à la fois vertueux ou vicieux. Exemple, je prends un schéma vertueux assez simple et efficace et dans une dimension sociale, tu vois. Genre, papa est notaire, maman est avocate et vous êtes comme ça. Je parle d'un point de vue social, vous avez ce type de métier de génération en génération. Vous vous rencontrez, vous avez 17 ans et demi, 19 ans, vous vous mariez à 23 ans et puis tu vois, la vie est un long fleuve tranquille. La vie est simple, sans tumulte en fait. Tout est simple, c'est le schéma vertueux. ou l'autre exemple assez simple, c'est t'es issue d'une famille heureuse, d'un foyer heureux où il y a eu beaucoup d'amour. Voilà, ça aussi c'est un schéma vertueux. Donc après, on va voir aussi que des fois, t'as dans les familles des schémas de violences qui sont là, genre par exemple des violences sexuelles. On va voir que les enfants ou des jeunes adultes qui ont été abusés sexuellement, ouais, désolé, là c'est un peu trashy pour ceux qui n'ont pas l'habitude. J'ai déjà dit, je suis quand même infirmière en psychiatrie, donc je vois des trucs un peu... Un peu hot parfois, et là on va en parler, et les schémas, les enfants qui ont été abusés, en général quand vous tapez dans l'arbre généalogique, vous voyez que ce sont des schémas qui ont déjà existé, genre sur le parent, sur la lignée du dessus, sur la lignée des parents du dessus, et même parfois jusqu'à la grand-mère en fait. Et en fait on se rend compte que dans des études, ça tape minimum trois générations si ce n'est plus. Donc c'est hyper intéressant, c'est... C'est fascinant de voir à quel point on ne naît pas seul. On est chargé d'un bagage. On hérite de ça et c'est important d'en avoir conscience pour pouvoir avancer de manière plus légère. Et toujours pour parler de l'arbre généalogique, j'ai oublié de préciser ce petit point. This little point. Nous on fait ça, on appelle ça le génosociogramme. Le génosociogramme, tu vas demander à l'individu Alors, je ne sais pas si ça se fait à l'extérieur. Moi, je suis dans une institution psychiatrique. Donc, tu travailles sur le pourquoi tu es là et tu tires bien sur ta pelote de laine. Mais on va te demander de faire ton schéma. En gros, c'est grosso merdo. En gros, on te demande de faire l'arbre généalogique. Et tu vas te rendre compte que l'arbre généalogique, lorsque tu es problématique, il est criblé de cette problématique-là. Donc toi tu vas croire que c'est toi, mais tu vas te rendre compte que le frérot aussi, et puis après tonton, et puis après papa, peut-être même tata côté mère, ou peu importe, je dis n'importe quoi. Et puis tu remontes dans le truc, la grand-mère, mais même avant. Après le avant, quand c'est trop avant, c'est compliqué d'avoir, mais tu te rends compte qu'il n'y a pas qu'un seul élément. Tu es le résultat de plusieurs facteurs en fait. Ça va être sur la même lignée, genre les cousins-cousines, les frères et sœurs directs. Sur la lignée du dessus, c'est pas que ton père ou ta mère, ça va être... ton père ou ta mère et leurs frères et soeurs, ok ? Et ainsi de suite, et ainsi de suite, et ainsi de suite. Non, c'est fascinant, fascinant. Nous ne sommes que le produit de notre environnement. C'est très important de le préciser. On peut trouver des gens irritants parfois, mais ils sont irritants à la hauteur de notre encodage, c'est-à-dire, genre un peu cuculapraline, parce qu'eux, ils ont grandi dans cet univers cuculapraline. Est-ce que tu me suis jusque-là ? Jusque-là, c'est assez simple. Toujours, en fait, dans le schéma de reproduction, C'est quelque chose qui m'a énormément fascinée et je ne pensais pas que c'était aussi fort. Et en fait, je veux juste par exemple prendre des exemples de gens qui ont vécu des génocides, des guerres ou des génocides importants. Par exemple, des génocides politiques, on va voir que dans ces familles, qui arrivent à se reconstruire, à fonder un nouveau foyer, etc., qui vont avoir des enfants sur un autre espace géographique, dans une réalité toute autre, on va quand même observer des situations où il y a quand même cette ambiance de suspicion. Les enfants ne vont pas... ne vont pas avoir accès à certaines réalités, et encore moins répéter ça à l'extérieur. C'est une ligne de conduite, quoi. Ce que tu entends à la maison, reste à la maison, c'est comme ça. Mais en même temps, vu du passif, voilà. Mais ça, c'est un schéma de reproduction. On va apprendre à l'enfant à créer des tabous. Par exemple, le tabou, ça va être la conviction politique. Ça peut paraître bête aujourd'hui et affroi, parce que toi, dans ta vie ou toi, dans ton histoire, ça t'a pas vraiment parlé. Et pourtant... dans l'histoire de d'autres genres, voilà, et ainsi de suite. Et l'enfant va reproduire ça de manière inconsciente. Enfin, l'enfant, l'adulte qui sera peut reproduire cette situation de manière inconsciente avec ses propres enfants, alors que lui, il a vécu aux USA, etc., etc., et voilà. Le schéma de reproduction ou le trauma transgénérationnel, moi, je trouve ça fascinant. On va voir que dans certaines régions de France, par exemple, quand vous détricotez la petite pelote de laine, là, parce qu'en fait, il faut tirer dessus un petit peu, pour remonter Dans l'histoire, on va voir que lorsque la promiscuité est telle, lorsque le climat social est tel et le climat économique est très dur et les conditions de vie sont très rudes, et qu'il y a aussi beaucoup d'alcool pour tenir cette cadence un peu folle, ça ne loupe pas. C'est ça la vraie misère sociale et c'est comme ça aussi qu'il y a des situations de glissement où on va dire oui, oui, dans ce genre de coin, ces gens-là, ils ont tendance à avoir tel type de déviance ou tel type de déviance. L'histoire a créé ça en fait. L'être humain réagit aux conditions extérieures dans lesquelles il vit. Et du coup, les conséquences en fait du déni, du déni de ce tabou-là, c'est d'avancer avec des séquelles. Le truc, j'ai aussi dit ça dans le premier poste. Où, ouais, la parole, elle est sacrée, en fait. Dans le sens où, à partir du moment où tu peux mettre des mots sur quelque chose, c'est bon, en fait. Tu peux rompre ce schéma. Mais aujourd'hui, on se rend compte qu'il y a des gens qui ont vécu, par exemple, ce type de violence, toujours. Et tant que vous n'en parlez pas, tant que vous le vivez à l'intérieur, tant que tu le vis, pardon, à l'intérieur de toi, et que c'est pas évacué, que la tension de ton circuit n'est pas évacuée, Tu peux aspirer à une réparation spontanée d'ici une quinzaine d'années, en fait. Et quand je dis spontanée, c'est pas réparation spontanée, c'est juste d'être moins tourmenté, en fait. Ça y est, tu vas de l'avant. Mais 15 ans, c'est long, hein. Je trouve que 15 ans, c'est énorme. Est-ce que ça vaut le coup d'attendre, enfin, de se taire ? Après, chacun réagit comme il peut dans la vie, je l'entends, mais 15 ans, c'est long. En fait, les conséquences du trauma transgénérationnel, c'est hyper... c'est hyper lourd à porter et c'est hyper important. Je disais qu'en fait, les conséquences sont multiples et moi, comme je dis, je suis d'origine noire africaine, c'est hyper important pour l'estime de soi, en fait. Le tabou que tu crées propose une place à ton bourreau, en fait, et altère cette estime de soi que tu devrais avoir. Genre, l'estime de soi, tu te kiffes un peu, etc. Non, là, tu l'oublies. Et moi, en tant que... que noire, je vois ça à quel point l'aliénation par exemple est forte chez nous en Afrique et quand je dis en Afrique c'est vraiment sur le continent, que ce soit dans ta manière de percevoir le monde un peu hybride comme ça d'un point de vue culturel et que son canon de beauté on n'en parle même pas quand t'es une femme, on n'en parle même pas mais en fait c'est pas quelque chose qui vient de toi c'est juste les séquelles de ce quelque chose Je sais juste les séquelles de ce truc-là. Donc voilà, après je ne vais pas trop rentrer dans le détail non plus, il ne faut pas trop que je m'étale. C'est hyper intéressant d'en parler. Alors j'ai un autre élément, c'est quel est le but de réparer en fait ? Ça sert à quoi de réparer ? J'emploie souvent le terme d'aliénation parce que je le trouve très adapté quand on parle de santé mentale. Le but de réparer, c'est briser la chaîne en fait. L'aliénation, c'est être aliéné, enchaîné à une réalité qui n'est pas nôtre et briser la chaîne. c'est proposer un nouveau disque pour soi ton disque rayé, la métaphore du disque c'est ton disque rayé, tu sais, un peu avec un magnétophone, t'as le disque qui saute toujours de la même manière, de la même manière d'une génération à une autre, et là en fait ce serait juste de nettoyer ton CD, ou de changer ou d'en mettre un nouveau en fait et en plus, c'est marrant cette partie là, elle me elle fait écho à mon éducation toujours, j'ai dit que c'est je vais souvent y faire référence, et en fait moi On m'a toujours dit, on me disait toujours, ouais, non mais elle, elle fait comme ça, ou telle personne fait comme ça, parce que son père et sa mère font comme ça, dans le sens des mauvaises choses, c'est pas des trucs positifs. Ouais, parce qu'elle fait comme ça, mais c'est bien connu, sa tante, elle a toujours fait ça. Ou même, j'ai déjà entendu des conversations très sérieuses où on disait, où il était dit, c'était en étant au pays, j'étais en vacances, où la famille disait, ouais, mais non, elle, l'enfant a ce caractère-là parce que sa mère, quand elle était enceinte, Elle était sous un tableau, sous le tableau, non, sous le tableau, sous la photo de telle personne et elle a espéré le mauvais caractère de cette dite personne. Enfin, je ne sais pas si tu vois le genre, mais on est un peu là-dedans. Là, on est un peu là-dedans. Le second intérêt pour moi, le but de réparer, en fait, ce serait un peu un combat identitaire, en fait. C'est te dire qu'un combat identitaire, mais à tous les niveaux, c'est te dire que tu n'es pas que le résultat de cela, en fait. Te dire que tu n'es pas forcément la victime de quelque chose que tu n'as pas vécu. Tu n'as pas forcément à endosser le sac à dos d'autres générations, en fait. C'est super important. C'est te dire, en fait, c'est de prendre le temps de prendre cette pelote de laine et de tirer sur celle-ci et de remonter à la source, toujours à la source. Le meilleur moyen de te gérer, c'est de connaître ton histoire parce qu'en fait, ton histoire, pour moi, c'est mon point de vue, c'est toujours moi et Bi qui dit ça, mais ton histoire, c'est le seul moyen que t'as c'est la seule arrogance que t'as pour toi en fait que les gens viennent pas te raconter des foutaises du genre moi les gens ouais mais toi t'es plutôt mais toi t'es comme hé gars toi et moi on se connait pas et reste à ta place en fait non c'est C'est avoir une autorité sur soi et avoir une certaine arrogance. Mais arrogance dans le sens positif, c'est de l'estime de soi en fait. C'est juste pouvoir te positionner et te dire que ça c'est ton bagage, oui ou non. Et pas être comme un enfant inconscient, inconscient de tout et ne pas avoir conscience du danger. Il n'y a rien de pire que cet état d'ignorance. Mais l'ignorance c'est propre à l'enfance et je crois que c'est fini. L'enfance, il y a deux trois factures qui nous ont rattrapés. Donc pour moi, le but de se réparer, le but de se consacrer, c'est d'avoir de l'estime pour soi et d'être conscient de sa propre histoire pour que les choses ne se reproduisent pas. Parce que parfois les traumas sont tels que de manière inconsciente, les choses vont se remettre en place. et c'est aussi pour ça que j'ai choisi le nom de Mega Earth parce que... La notion d'onde, la notion d'énergie, de souffle, etc. C'est hyper déterminant. On est sur les ondes, on se connecte, on se met en orbite. Et dans les histoires familiales, les dés sont déjà jetés. Et tant que tu ne prends pas conscience de ça, tu ne peux pas changer la pièce de théâtre. Le magnétisme est tel que la pièce va se rejouer à l'infini. Donc si tu en as conscience, à toi de jouer. Mais qu'est-ce ? A très vite sur les ondes.