Speaker #0Il est minuit à Bali, l'heure de notre rendez-vous avec l'évolution naturelle. Un moment rien que pour vous, une pause, pour découvrir d'autres philosophies de vie, des modes de pensée différents. Minuit à Bali vous offre la possibilité d'explorer ce que nous sommes vraiment, de mieux comprendre ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer, aimer et avancer. Ce qui peut nous permettre d'être plus en équilibre, plus heureux. Je m'appelle David Mott, je suis accompagnateur en évolution naturelle, master coach certifié, mais je me définis plutôt comme un explorateur du vivant. Ce qui m'intéresse tout particulièrement, c'est le changement, celui qui nous prépare ou celui qui nous surprend. Ensemble, nous allons dépasser nos limites, réinventer notre vie ou la vivre autrement. Parce qu'il n'est jamais trop tard de devenir la personne que vous avez toujours voulu être. Et c'est maintenant, quand il est minuit. se comprendre et s'aimer. Cette envie de mieux nous comprendre. Ça a pour but de sublimer nos interactions, de les rendre meilleures, différentes, de nous ouvrir vers l'extérieur, d'arrêter de nous déprécier, de nous sentir moches, inutiles ou stupides, d'arrêter de faire semblant, d'essayer de ressembler à ce que nous aimerions être, et juste d'être. Et c'est cette magnifique aventure que nous vivons ensemble avec Minuit à Bali. Aujourd'hui, nous allons parler du Kensugi qui fait partie de la philosophie japonaise. Et je vais partager avec vous ma propre expérience, un bout de ma vie, pour vous permettre de mieux comprendre l'importance de s'accepter le chemin qu'il faut faire et puis de se faire confiance à travers l'art du Kensugi. Cette philosophie nous vient d'une technique qui consiste à réparer un objet en soulignant ses défauts, ses failles. avec de la poudre d'or, au lieu de chercher à les masquer. Ainsi donc, la beauté se dévoile dans l'imperfection, les failles. Vous pensez peut-être que j'allais vous initier à la poterie. En fait, c'est un petit peu le cas. comprendre et utiliser le kensugi pour nous réparer nous-mêmes, nous sublimer, nous rendre plus beaux, uniques. Et comme celui-ci prend en compte l'histoire de l'objet, ce kensugi, il prend aussi en compte l'accident qui l'a amené à se briser ou les traumatismes qu'il a subis. Nous allons donc apprendre à nous écouter, nous relever et passer par différentes étapes pour devenir une femme ou un homme qui montre ses blessures, qui n'en a pas peur, qui n'en a pas honte, qui a fait de ses faiblesses des forces. arborant ces différences avec fierté, qui revendiquent à la fois sa personnalité, son chemin, ses choix et sa philosophie de vie. La métaphore du Kensugi va nous permettre de développer différentes techniques étape par étape pour aborder le processus de guérison, qu'il soit émotionnel ou même parfois physique. La naissance du Kensugi nous vient suivant la légende du shogun Akishikaga Yoki Shama. 1435-1490, c'est juste pour vous dire que, d'abord je l'ai mal prononcé bien sûr, mais c'est surtout pour vous dire que ça date. Et puis je vais vous raconter une autre histoire juste derrière qui va nous expliquer un petit peu mieux ce que c'est que le Kintsugi. Donc ce shogun vit son bol de thé préféré se briser. C'était un bol auquel il tenait, donc il envoya ce bol en Chine pour le faire réparer. Mais après des mois d'attente, où il n'y avait pas encore des livraux, où il n'y avait pas encore tous les moyens de recevoir les choses rapidement, il a donc attendu plusieurs mois, et il a enfin pu retrouver son bol, son bol préféré. Mais il fut extrêmement déçu, car si celui-ci était bien recollé, en fait, il avait été fait avec des horribles agrafes. Et en plus, il n'était même pas étanche. Il demanda donc à ses propres artistes japonais de trouver une solution pour le rendre fonctionnel, et donc étanche, mais aussi de lui offrir une nouvelle vie. à travers un design, une beauté unique. Et c'est ainsi que le kensugi est né. Quelques temps plus tard, un autre shogun, qui avait une collection de pièces uniques, de vases, de bols, de faïences, d'assiettes absolument extraordinaires, reçut un autre shogun et l'invita à découvrir sa collection. Et le shogun passa devant... chaque pièce, les regardant comme ça, sans vraiment s'y intéresser. Et le premier shogun était un peu vexé, oui, parce que, entre autres, il avait un vase magnifique, et il s'est dit, tiens, il va le voir, il va le trouver beau, et quelque part, ça va aussi me mettre en valeur, parce que j'ai des beaux objets. Mais non, non, non, son ami shogun, le deuxième, non, non. Il ne s'est pas arrêté, il a continué, il dit, ouais, c'est joli, c'est bien, voilà. La journée s'est terminée, le soir est arrivé, et puis le lendemain, le shogun, le deuxième shogun, est reparti chez lui, laissant le premier shogun seul. Face franchement à sa déception, il était tellement déçu qu'il a pris le vase, le vase qu'il tenait vraiment, oui, qu'il aimait énormément, c'était sa pièce de collection préférée, et il la jeta au sol et la brisa. C'est alors... Quand il se rendit compte de ce qu'il avait fait, il se dit « mince, j'ai cassé mon vase ! » et il demanda à ses artisans de le réparer. Et quand ses artisans le réparèrent, ils y mirent des filets d'or, ils furent attention à chaque morceau, mais évidemment, le vase était couvert de cicatrices d'or. Quelques temps plus tard, le deuxième shogun revient revisiter son pote et regarde de nouveau la collection. Et tout d'un coup, il s'arrête devant le vase et il fait « Waouh ! » « Mais attends, ce vase est magnifique ! Il est superbe ! » Le premier shogun, il dit, je ne comprends pas, c'est exactement le même que la dernière fois. Sauf que voilà, on l'a réparé. Il dit, non, non, pas du tout, non, non, non. Avant, c'était juste un vase. Maintenant, c'est devenu un vase unique, avec une histoire, avec quelque chose qui lui appartient, et avec ses cicatrices soulignées par de l'or. Il est magnifique. Voilà, ça, c'est la deuxième histoire. Je ne vous ai pas donné le nom des shoguns, je vous ai expliqué ça rapidement, mais c'est la deuxième histoire que l'on peut retrouver dans cette naissance du Kenshoki. Le mot « kensugi » réunit les mots « kin » « or » et « tsugi » « jointure » . C'est un processus de réparation qui demande à la fois du temps et un savoir-faire très précis qui se déroule sur plusieurs mois, étape par étape, et qui peut demander peut-être plus en années pour réaliser le meilleur kensugi. Prenons un bol, on l'a vu, un vase, un mug, une assiette qui vient de se briser sur le sol et que nous voulons débrécher ou de fêler sur le bord de la table ou carrément casser. Les morceaux de l'objet cassé sont tout d'abord rassemblés, c'est le principe du kensugi, en n'oubliant pas le moindre éclat qui a son importance, chaque petit morceau a sa importance. Il va falloir ensuite recasser cette partie, terminer de le briser afin d'éviter les fêlures invisibles, et éviter ainsi de fragiliser l'ensemble au moment de la réparation. Ensuite on va prendre les morceaux, on va les nettoyer, les recoller les uns après les autres doucement, j'ai envie de dire avec amour, avec une laque très spéciale, traditionnelle. et naturel. Une fois que chaque morceau a retrouvé sa place, l'objet est mis à sécher à une température particulière qui va dépendre de sa matière, de sa forme et de son poids. Et puis ensuite, il va être poncé avec beaucoup de délicatesse pour enlever la matière supplémentaire, la matière excédente. Une fois ces différentes étapes terminées, l'objectif ne va pas être d'effacer les brisures, pas du tout, d'éliminer toute trace de fêlure, mais au contraire, de souligner les fissures de couches de lacs successives qui seront ensuite saupoudrées d'or pour les sublimer, ou d'argent, ou d'un autre métal, qui vont donc se mélanger à la lac, encore humide, et donner un effet de fusion, de coulée de métal. L'objet est de nouveau poli, lustré et il révèle enfin à celui qui le regarde toute sa beauté. Vous trouverez d'ailleurs des photos, vous tapez Kintsugi sur Google par exemple et vous tomberez sur des objets qui ont été travaillés de cette façon-là. Chaque étape a son importance et en minimiser une peut rendre l'objet final plus fragile, moins précieux et peut même vous demander de tout recommencer. Comme nous sommes dans un échange, un partage, et que nous avons tous la ferme volonté d'évoluer naturellement, je ne vais pas développer chaque étape maintenant par rapport à nous, comment on peut faire et l'appliquer à une évolution naturelle. Mais plutôt, je vais vous demander de faire une partie du chemin avec moi, et puis de revenir sur mon passé, mon propre passé. Comme ça, je n'invente rien, je n'imagine pas ce qui pourrait se passer, mais je vais plutôt vous parler d'un bout de mon histoire. Peut-être y trouverez-vous une source d'inspiration, des moments, des doutes que vous avez peut-être vous-même connus. On commence. D'ailleurs, j'en ai parlé, pardon, je fais une petite parenthèse, j'en ai parlé dans les premiers épisodes de Minuit à Bali, je crois que c'est le deuxième ou le troisième de cette partie, mais je ne suis pas en train d'aller en détail, et là, on va voir un petit peu comment ça s'est passé. Quand ma mère, vers 25, ou peut-être avant, avait fait le choix de rentrer dans la religion, de rentrer dans une secte, j'en ai parlé, donc de rentrer dans une secte, qui, si elle s'est peut-être assouplie depuis, d'ailleurs... la secte, pas ma mère, exigée de ses adeptes croyants et obéissances. Croyance et obéissance. Donc je suis rentré avec elle dans les ordres, si on veut dire, les règles de conduite, les obligations et le devoir d'aimer Dieu. Elle était... Je dirais même nous étions des serviteurs, des serviteurs de Dieu. Non pas par choix, elle l'avait fait pour nous, mais par imprégnation, immersion directe, contrainte directe ou indirecte, comme vous voulez. Je n'ai pas eu la possibilité de comprendre par moi-même d'aimer le Créateur pour les bonnes raisons, s'il y en a, mais j'étais directement conditionné pour suivre à la lettre les principes de la Bible. Tout ce qui était en dehors de cette secte était diabolisé, et si le libre arbitre était parfois abordé, c'est vrai, il était immédiatement réprimé, sanctionné. Dès ma naissance, je participais à toutes les réunions, trois fois par semaine. Et puis il y avait aussi les prières à chaque repas avant de se coucher. Et puis quand j'étais en âge de marcher, j'ai suivi les prédicateurs allant de porte en porte pour annoncer la bonne nouvelle. La bonne nouvelle qui consistait à dire nous allons tous mourir. En tout cas, ceux qui ne suivent pas l'enseignement ont peu de chances de réussir à survivre. Dès que j'étais en âge de pouvoir y participer, je faisais mes devoirs dans l'école théocratique et j'avais même droit à des études privées à la maison à travers un livre rose intitulé « Le grand enseignant » adapté pour que les enfants puissent comprendre les paroles de Jésus car il était considéré comme, je cite, « le plus grand enseignant et philosophe que le monde ait jamais connu » . Les études étaient assez claires sur notre avenir. Nous serions témoins de la fin du monde. Armageddon. Et avec un peu de bonne volonté, quelques sacrifices et une complète servitude, nous pourrions tout à fait envisager d'être parmi ceux qui seraient sauvés, voire même retrouver les proches disparus. Une fois ou deux fois par an, je suivais ma mère dans les grandes assemblées où nous passions quelques jours avec d'autres croyants, écoutant tous les discours, les témoignages, les bilans, encourageant chacun et chacune à suivre les conseils avisés pour ne pas succomber aux tentations. Du monde. De ce monde, je n'en savais pas grand-chose, si ce n'est que je n'en faisais pas partie. Enfin, que je ne devais pas en faire partie. Bien sûr, j'allais à l'école primaire, mais sous la surveillance de ma mère, qui n'était pas loin. Elle restait à la maison, bien sûr, mais elle veillait à ce que je ne sois pas influencé et qui demandait aux maîtres et aux maîtresses que je ne participe à aucune des fêtes comme les anniversaires de mes copains, la chasse aux oeufs de Pâques, la préparation de Noël, tout autre événement qui pourrait être lié de près ou de loin à des symboles. lié à ce monde impie et voué à la destruction. Il y avait des interdits, beaucoup d'interdits, qui me rendaient forcément différent. Mais comme je n'avais connu que ça, je n'en ai pas véritablement souffert. Je n'étais pas comme les autres. C'était comme si je faisais partie d'une autre ligne temporelle, que je savais ce que d'autres imaginaient même pas, et que je détenais une vérité. Enfin, pardon, LA vérité. Comme je ne participais pas véritablement aux échanges chaussures, que par exemple les fêtes, aller chez un pote, un copain, les cérémonies, les cérémonies comme Noël, encore une fois, ou les sorties scolaires, je n'avais pas les mêmes codes pour interagir de façon appropriée. J'avais des amis, bien sûr, comme Rémi Jourdan. Je garde toujours ce nom et ce prénom dans ma tête. Un copain qui m'a suivi depuis la maternelle, depuis ma première école, le premier cours. Des copains et des copines que je connaissais depuis la maternelle. Mais comme ma mère a eu la bonne idée de me faire redoubler le CM2, c'est à ce moment-là que j'ai perdu toute forme d'adaptation, de repères ou de masques qui pouvaient donner l'illusion de faire partie de quelque chose. Oui. J'avais réussi jusque-là à faire croire que j'étais comme tout le monde, même si chaque professeur connaissait les croyances de ma mère et ce que cela impliquait pour moi. Je vous donne un exemple. Le dimanche soir, par exemple, mes copains, mes copines regardaient le film du soir, le dimanche soir, à 20h30. C'était d'ailleurs 20h30 et pas 20h45 ou 21h, c'était pile 20h30. Et ils regardaient des films jusqu'à ce qu'ils soient finis. Nous, on allait se coucher, donc on ne regardait jamais le film de 20h30. Bien sûr, un peu plus tard, vers 12, 13 ans, 14 ans, je pouvais regarder les films à 20h30, mais à l'époque, quand j'étais plus jeune, en tout cas en CM1, CM2, je n'avais pas le droit de regarder le film à 20h30. C'est comme ça. Pas forcément lié à la religion ou à la secte, mais en tout cas, c'était comme ça. Et bien sûr, je me sentais différent parce que le lundi matin, quand j'arrivais à l'école, tous les potes racontaient la scène qu'ils avaient préférée dans le film. Ma stratégie était la suivante. J'écoutais au moment d'arriver à l'école, je disais bonjour à mes potes et j'écoutais ce qu'ils disaient. « Ah ouais, t'as vu le gars avec le casque là, quand il prend sa mitraillette ? Oh là là, il fait tomber la charrette et tout, waouh ! » Et je disais rien. J'attendais la récréation. Et au moment de la récréation, j'entrais mes potes et je disais « Oh, vous avez vu le gars avec le casque et tout, avec la mitraillette qui fait tomber la charrette et tout ? » Et j'étais inclus dans le processus, j'étais un petit peu comme tout le monde et j'étais accepté parce que j'avais vu le film et que je faisais partie de ceux qui l'avaient vu. Et j'étais bien sûr nombreux, ou en tout cas c'est la totalité de mes amis, de mes copains. Bon, vous avez compris le principe. Mais bon, au moment où j'ai redoublé, tout mon petit monde, tous mes copains ont changé d'établissement. Ils étaient dans une autre école, et je me suis retrouvé seul dans cette école. Et quand un an après, je les ai rejoints, ils avaient forcément une classe de plus que moi. Ils m'avaient oublié. C'est-à-dire l'intérêt que je pouvais avoir. À partir de ce moment-là, je suis devenu transparent. Encore plus transparent. Je voyais mes amis, je voyais mes potes, mes copains, enfin mes anciens potes, mes anciens copains, qui avaient leur propre vie, qui avait un an de plus que moi, qui avait fait d'autres expériences, et qui m'avait oublié, tout simplement. J'ai presque envie de dire abandonné. Les codes étaient devenus plus complexes. J'étais en sixième, nous étions alors dans la découverte de la séduction, les premières relations, les premiers baisers, la compétition, les orientations vers des métiers d'avenir, des passions plus adultes. Et tout cela était strictement contrôlé par les serviteurs de Dieu pour que je suive le bon chemin, celui, encore une fois, de la vérité. Et donc mes choix étaient extrêmement limités. On ne peut pas dire que ma scolarité n'a brillé par une réussite éclatante. J'étais vraiment très mauvais à l'école. Frustration, j'étais encore une fois transparent, je m'effaçais, je ne participais pas. Et à un moment donné, j'ai dû choisir, enfin, pardon, on a choisi pour moi un métier plus manuel. Et je suis parti en LEP, lycée d'éducation professionnelle. C'était le temps où seuls les mauvais élèves, les cassos, prenaient cette direction. Et si les établissements scolaires étaient jusque-là pas loin de la maison, là je me retrouvais cette fois-ci à une trentaine de kilomètres de celle-ci, ce qui impliquait aussi que je mange. Sur place, je devenais demi-pensionnaire, et ça aussi, c'était une première. Et dans un monde complètement inconnu pour moi, je ne connaissais personne. Et je n'étais vraiment pas doué pour le travail manuel, il faut bien le dire. Et en plus, mon attitude effacée a révélé des vocations auprès de ceux qui partageaient mon quotidien. Et je me suis fait harceler physiquement et moralement pendant deux ans, tout en continuant bien sûr à suivre les enseignements de la Bible. Encore une fois, je n'avais pas vraiment le choix. Vers 16 ans, j'ai rencontré une jeune fille, Sophie, et ma mère l'a appris. Sophie avait 19 ans, j'en avais 16, elle en avait 19. Et donc ma mère l'a appris. Et je ne sais pas comment d'ailleurs elle a appris, mais bon, elle a appris. Et dans une voiture, stationnée devant la porte de la maison, c'est un serviteur ministériel qui accompagnait ma mère. Donc ce serviteur ministériel m'a demandé de choisir très clairement entre rester dans la corrégation... que je connaissais depuis mon enfance, depuis ma naissance, et couper tout lien avec Sophie, ou choisir cette relation et mettre fin à mon brillant avenir en tant que proclamateur de la parole de Dieu. Alors si vous avez écouté un des premiers épisodes de Minuit à Bali, vous savez que j'ai choisi Sophie. Mais là, où je n'ai pas été parfaitement clair dans le précédent épisode, c'est qu'à ce moment-là, ma mère aussi a fait un choix, celui de m'abandonner. Elle a fait le choix de servir Dieu, et entre lui et moi, ça n'a pas fait un pli. Je suppose que ça a dû lui demander un sacrifice, mais vu le nombre que l'on peut retrouver dans la Bible de sacrifices, on n'était pas à un prêt. Et si je ne continuais pas ? Elle étudiait la Bible et à suivre ses commandements, il n'était pas question qu'elle continue à s'occuper de moi. Bien sûr, elle a fait le minimum syndical quand même, elle n'a pas foutu d'avoir un grand coup de pied dans le cul, mais je restais à la maison, mais elle faisait le minimum, elle me parlait tout juste, elle s'occupait de moi de loin, dirons-nous. Je n'ai pas été mise à la porte, elle m'a juste abandonné, comme ont d'ailleurs fait mon frère et ma sœur qui ont suivi, qui n'ont pas compris certainement, et qui n'ont connu la suite de ma vie que beaucoup plus tard. Mais ce fut aussi le cas de toutes les personnes que je connaissais depuis toujours. Quand j'allais aux réunions d'incorrogation, je les connaissais encore une fois depuis ma naissance. Ce que je considérais comme des amis d'enfants, parfois même comme une vraie famille. Des hommes et des femmes que je connaissais, oui, depuis ma naissance. Avec qui je passais une grande partie de mon temps. Il y avait quand même trois réunions par semaine, plus les réunions personnelles, plus la prédication. Tous, pouf ! Disparu. Sans un mot. Un regard. Une explication. Un clin d'œil. Rien. J'ai juste été effacé. Reset. Je n'existais plus. En fait, je l'ai compris plus tard, j'étais comme coupé du cordon ombilical. Ce n'est pas le moment de juger si c'était bon ou mauvais ce qu'on m'enseignait. C'était le fait d'être coupé, coupé de la source d'amour. Ma mère avait cessé de m'aimer au moment où j'ai fait mon choix. Je dois avouer que je n'ai pas fait le choix avec toute la force de la jeunesse, comme un geste de rébellion. Et surtout que je n'ai pas mesuré une seule seconde les conséquences. J'étais retiré. d'un bain de sollicitude, de bienveillance, parce que ce n'étaient pas non plus des gens méchants, et surtout j'étais enlevé de l'amour de ma propre maman, et de mon frère et de ma sœur. Je suis donc parti, avec non seulement l'impression d'explorer un monde que je ne connaissais pas du tout, j'étais pas du tout équipé pour, hostile, dont je ne connaissais pas les codes, mais aussi avec les certitudes que j'allais mourir à 30 ans. En effet, suivant les dates qui étaient données par les membres éminents de la secte, il ne me restait concrètement qu'une quinzaine d'années à vivre. Et c'était bien expliqué de façon claire et précise lors des réunions. Nous allions assister à Armageddon. Nous allions être certainement avec un peu de chance ce qui allait être sauvé. Mais nous allions vivre Armageddon, la fin du monde. Et donc c'était à peu près quand j'aurais 30 ans. En tout cas, c'était suivant mes calculs et suivant les dates qui avaient été données. On peut toujours, derrière, philosopher sur ce qu'il aurait pu être, les rôles de chacun, qui aurait dû faire ou ne pas faire, le fait que j'ai dû me reconnecter à un monde que je ne connaissais pas, faire semblant de comprendre ce que je vivais, d'accepter de vivre dans le péché et de réunir les morceaux de moi-même pour les recoller. C'est devenu ma nouvelle vie, en fait. Le regard que j'avais sur moi était non seulement celui d'un imposteur, et vous le connaissez maintenant à travers les épisodes qu'on a écoutés, qu'on a écrits, qu'on a faits ensemble, mais aussi un pécheur. Mais oui, parce que tout ce que je faisais, c'était le péché. Soumis à toutes les tentations, et il y allait forcément, il succombait. J'étais celui qui trahit, j'étais le traître, celui qui n'avait pas suivi la vérité. Le Kensugi, je ne le connaissais pas encore, j'étais très jeune. Mais il était clair que je n'étais pas le bol le plus brillant du baisselier. Le vase dans lequel on mettait volontiers des fleurs, que l'on pourrait éventuellement apprécier. J'étais éclaté au sol. en mille morceaux. En fait, il me manquait pas mal de morceaux, d'ailleurs, pour être complet, parce qu'il y avait des pièces que je ne comprenais pas, des interactions que je ne comprenais pas, que je n'avais jamais faites. Me compléter aurait voulu dire que je connaissais ma forme initiale, que j'avais eu une initiation, quelque chose qui m'aurait permis de comprendre les mots, les phrases qu'on me prononçait, comprendre ce que j'aurais voulu être, mais je n'en avais pas la moindre idée. Mon premier réflexe a été de copier sur les autres, de les regarder vivre et de faire comme eux. De rire quand il riait, de faire semblant d'être triste quand il pleurait, d'aimer alors que je ne m'aimais pas moi-même, de donner en attendant quelque chose en retour. C'était une spécialité aussi de ma famille, ça. Je faisais souvent semblant pour être accepté. Et de l'autre côté, j'étais souvent seul, car au moins, là, j'étais à ma place. Je ne dérangeais personne. Chaque fois que j'étais invité quelque part, je restais dans mon coin, sans essayer d'interagir, je m'étais quelque part, je ouvrais un bouquin, je faisais semblant de contempler quelque chose, et je n'y bougeais plus. Le temps, les autres, ma vie m'a doucement offert une forme différente. J'ai dû apprendre à faire confiance, ce qui est encore de nos jours parfois difficile pour moi, c'est vrai. J'ai dû comprendre que tout le monde n'allait pas m'abandonner. Ce sont principalement les femmes qui m'ont accompagné dans mes tourments, qui m'ont supporté, montré le chemin, aimé. Mais aussi certains hommes qui m'ont tendu la main, qui m'ont fait confiance alors que je n'avais aucune idée de ce que j'étais capable de faire. Peu à peu, mes blessures se sont transformées en cicatrices, que j'ai appris à abhorrer comme des trophées de guerre. Après tout, j'aurais dû mourir à 30 ans. Et je vous le rappelle, c'était pour moi une certitude. J'en étais certain, vraiment. Mes failles ont laissé passer la lumière. Je suis devenu plus patient. J'ai appris à explorer, à apprendre, à être plus indulgent avec les autres, mais surtout avec moi-même. J'ai appris avec la vie, par la vie, parfois que... C'est pas forcément facile, que tout n'est pas limpide, tout n'est pas clair. Ça a été parfois très dur, parfois d'une facilité déconcertante. J'ai apprécié chaque instant, même si je me suis perdu dans certains. J'ai laissé couler l'or sur mes coupures, de l'âme, or qui venait des leçons de la vie. des preuves d'amour, de femmes et d'hommes qui ont croisé mon chemin et qui non seulement acceptaient ma différence, mais l'ont soulignée, l'ont appréciée et qui m'ont encouragé à l'aimer cette différence et à la cultiver. Si ça faisait partie de moi, ce n'était pas une imposture, mais juste moi. J'ai apprécié d'ailleurs que dans le Kentsugi, on n'en parle pas forcément des autres, de ceux qui peuvent nous transformer, nous rendre pas forcément meilleurs, mais différents, plus en équilibre. Les autres sont importants, bien sûr. Pour être honnête, chaque étape ne s'est pas forcément faite dans la joie et la bonne humeur. Il y a des fois, ça m'a fait mal. J'ai parfois rendu les coups, j'ai parfois été trahi, alors qu'on ne m'avait rien fait. J'ai trahi aussi, alors qu'on ne m'avait rien fait. J'ai aussi mis fin à des relations par lâcheté ou tout simplement par peur. Je n'ai pas su aimer ou j'ai mal aimé. J'ai sans doute fait souffrir des personnes qui s'approchaient trop de moi, trop près. Je n'écoutais aucune de mes émotions et certainement pas celles des autres. Je reproduisais à l'infini des schémas destructeurs, avec en toile de fond les principes de la Bible. Si ma vie a commencé par une explosion de mon âme, une perte complète de repères, ou plutôt comme un bol, un vase, un mug, une assiette qui vient de se briser sur le sol, j'étais éparpillé au sol, j'ai ramassé les morceaux de ce qui restait de moi, je les ai rassemblés, en n'oubliant pas le moindre éclat qui avait son importance, j'ai dû recasser certaines parties. Terminer de le briser, de briser ces morceaux afin d'éviter les fêlures invisibles et éviter ainsi de fragilité ensemble au moment de la réparation. Tout concrètement, j'ai dû identifier et comprendre les injonctions, les règles de conduite qui n'étaient pas les miennes, ce qui m'appartenait et ce qui ne m'appartenait pas. J'ai dû regarder sans jugement ce que j'ai dit, ce que j'ai fait pour ne pas reproduire les mêmes schémas. J'ai ensuite nettoyé les morceaux, soufflé dessus pour enlever la poussière, la rouille, la colère, les peurs et la frustration. puis j'ai recollé un par un ce qui avait été à moi ce qui m'a permis d'avancer mes envies, mes rêves avec une lac très spéciale traditionnelle et naturelle L'amour, la bienveillance et l'acceptation. Une fois que chaque élément a retrouvé sa place, le temps a fait le reste. Parfois un morceau est retombé, je ne l'ai pas mis à la bonne place. Ou alors il ne m'appartenait pas tout simplement. J'ai parfois forcé pour rentrer une pièce qui m'était imposée. Mais peu à peu, je me suis reconnu. Je me suis retrouvé ou je me suis trouvé. Et puis ensuite j'ai pensé avec délicatesse pour enlever les aspérités. Parfois j'en faisais trop, parfois j'en faisais pas assez. Et parfois je continuais à en faire trop ou pas assez, bien sûr. Dans le Kintsugi, une fois les différentes étapes terminées, l'objectif n'a pas été d'effacer les brisures, ce que je suis, d'éliminer toute trace de fêlure, mais au contraire, de souligner les fissures de couches de lacs successives qui seront ensuite saupoudrées d'or, d'argent ou de notre métal qui vont se mélanger à la lac encore humide et donner un effet de fusion, de coulée de métal. J'étais recollé, j'étais... transformé je ne dirais pas sublimé ça pourrait pas ça pourrait paraître arrogant puis encore une fois long et le travail encore une fois qui est devant moi si on reprend le gansu gui l'objet de nouveau poli une fois que tout a été fait le mélange lors on enlève un peu justement cette arrogance qu'on peut avoir et révèle enfin à celui qui le regarde toute sa beauté il est devenu unique qui nous raconte une histoire cet objet ces cicatrices le rendre est encore plus beau. Il est devenu un objet d'art. Bon, de là à dire que je suis parfait, attention, non, non, non, c'est pas du tout l'idée, mais vraiment pas. Là, c'est une métaphore. Mais j'ai simplement accepté ma singularité. Ce qui a fait de moi ce que je suis. Ah, ça aurait pu être mieux, bien sûr, sans doute, mais aussi beaucoup moins bien. Et j'aurais pu être blessé à vie, comme on dit. Peu à peu, pas après pas, j'ai été accompagné. J'ai été écouté, je me suis écouté. Accepté, j'ai accepté mes différences. D'où je venais. Je ne suis pas devenu parfait, dans le sens où l'on comprend, où l'on entend la perfection, où on l'attend cette perfection. Mais je suis devenu une version de moi que j'aime. Je crois, oui. Avec des doutes, des coups de gueule, souvent inutiles d'ailleurs ces coups de gueule, des réflexions à la con, mais bon, ça va. Tout va bien, ça va mieux en tout cas. Je me sens bien, je me sens présent, je me sens là. Je suis là, présent. J'apprends tous les jours quelque chose de nouveau. J'essaie tous les jours être meilleur que la veille. Je suis une version de moi-même, pas la meilleure, mais sans doute atypique, avec encore des fêlures, mais aussi et surtout de jolis filets d'or, des pièces rapportées que j'ai faites miennes, comme des philosophies que j'ai pu écouter, comprendre, entendre. Des cicatrices qui me rappellent les coupures que j'ai subies et que j'ai pu fermer, les combats que j'ai menés, les victoires, petites et grandes, qui font de moi ce que je suis. Je suis complet, presque complet, tout en étant en permanente évolution et des certitudes que je changerai peut-être demain d'ailleurs. Comme tout dit raconté, il manque des passages importants, bien sûr, des bouts de moi que j'ai perdu en chemin, des histoires que je n'ai pas dû vous raconter, pas tout de suite, des souvenirs qui ont refait surface, dont Rémi Jourdan, mais aucune amertume, d'apitoiement ou de sentiment de revanche. Je suis là, maintenant, où je dois être, et c'est très bien. Nous devons voir que pour être là pour les autres, il faut déjà être là pour nous-mêmes. Et si les autres ont été là pour moi, ils ont sans doute fait un chemin pour être là pour eux-mêmes. Mais la vie nous teste, nous offre les opportunités, ou nous enlève parfois ce qui a de l'importance. Il faut avouer que nous concentrer sur nos propres besoins, sur nos priorités, ça demande un sacré boulot, bien sûr. Nous avons chacun notre seuil de tolérance. Nous avons construit une sorte d'écosystème autour de nous, là maintenant, qui nous convient. Et nous avons un certain équilibre, mais qui peut exploser à tout moment face à une situation inattendue, déstabilisante. La perte d'un être cher, un accident de la vie ou de la route, un licenciement et je vous laisse compléter la vie. La liste, pardon. Alors oui, on peut se sentir fatigué, démoralisé, diminué, sans avoir la force de continuer à nous battre. On ne se projette pas dans le futur, tout simplement. On a du mal à s'imaginer simplement aller mieux. Sans parler du regard des autres, bien sûr. Nous ne voulons pas la pitié, nous nous sentons juste différents, incompris, blessés, nous sommes l'ombre de nous-mêmes. Et nous ne pensons même pas mériter l'aide ou la compassion de ceux qui nous entourent. Ça peut arriver, ça arrive, et ça arrivera peut-être. Et si ce n'est pas votre cas aujourd'hui, vous l'avez peut-être déjà vécu. Et la mémoire a tendance à garder ce qui est désagréable ou difficile, histoire de se rappeler à notre bon souvenir, quand cela s'avère nécessaire. Il n'y a pas de barème au traumatisme pour nous sentir en mille morceaux de l'intérieur. Nous pouvons toujours faire semblant que tout va bien, mais nous sommes aussi les seuls capables de nous réparer, de nous reconstruire. Personne ne peut le faire pour nous. Oui, bien sûr, on peut avoir de l'aide, on peut aller voir un thérapeute et être écouté, exprimer les choses, mais nous sommes seuls à être capables de nous réparer, de nous reconstruire. Personne ne peut le faire pour nous. On peut se faire accompagner, bien sûr, et c'est très bon, c'est très bien, mais le résultat, ce qui va en sortir, est déterminé par notre capacité de résilience et les actions que nous allons entreprendre pour nous guérir et en sortir plus fort. Quand nous sommes fissurés de l'intérieur, fragiles de l'intérieur, que notre mal-être nous ronge, on n'a pas forcément envie d'aller mieux, de faire l'effort d'aller de l'avant, mais les fissures... Ça permet aussi de faire passer la lumière. Mizuta Massachide disait, ma grange ayant complètement brûlé, je peux maintenant voir la lune. Quant à Michel Audiard, il disait, bien heureux les fêlés, car ils laisseront passer la lumière. Ne dit-on pas que les cicatrices sont là pour nous rappeler que le passé a vraiment existé, qu'elles sont la preuve que nous avons survécu. Et voilà, les faire disparaître, c'est aussi effacer la force de notre caractère, l'acceptation de notre chemin de vie. Nous parlons ici de résilience qui sublime la blessure, nous transforme pour justement devenir la personne que nous avons toujours voulu être, fière de nos cicatrices qui sont le symbole de la force de notre combat. Boris Cyrulnik, spécialiste dans les sciences humaines, dans son livre, qui s'appelle « Un merveilleux malheur » , écrit « On s'est toujours émerveillé devant ces enfants qui ont su triompher des preuves immenses et se faire une vie d'homme, malgré tout. » Le malheur n'est jamais pur, pas plus que le bonheur. Un mot permet d'organiser notre manière de comprendre le mystère de ceux qui s'en sont sortis. C'est celui de la résilience, qui désigne la capacité à réussir, à vivre, à se développer, en dépit de l'adversité. En comprenant cela, nous changerons notre regard sur le malheur et, malgré la souffrance, nous chercherons la merveille. Alors la résilience, c'est donc un nouveau cycle, une évolution naturelle pour transformer lentement, avec patience, le plomb qui alourdit chacun de nos pas en or et nous fait rayonner. Voilà, c'est ça, la philosophie asiatique qui va nous permettre de nous tourner vers un mieux-être, de comprendre son chemin, l'art ancestral du kensugi. Bien évidemment. Nous n'avons pas pu, sur ce temps limité, déjà c'est très long, identifier chaque étape, les décrire, bien les comprendre. Et c'est au cours des différents épisodes qui seront étalés dans le temps que nous allons en parler ensemble. Attendez-vous donc que je vous reparle du Kensugi à travers des exercices, des approches particulières, qui pourront vous accompagner dans votre processus d'acceptation et de guérison. Mais je précise que j'ai déjà écrit des épisodes qui se rapprochent du Kensugi, qui peuvent vous apporter un mieux-être. Une fois qu'on a pu se transformer ou tout au moins accepter ce qui fait de nous un homme ou une femme enrubané d'or avec la beauté de nos expériences passées et la force des doutes traversés, nous pouvons envisager l'avenir à travers ce que nous voulons vraiment être, ce que nous voulons vivre. Nous pouvons écrire la suite et vivre notre Ikigai. Et plus précisément, l'Ikigai, c'est ce qui donne de la valeur à la vie. C'est ce pourquoi on se lève le matin avec enthousiasme, et ce qui donne du sens à notre existence. Et bien c'est ce que nous allons voir dans le prochain épisode. Vous voyez, un petit pnop de suspense. En attendant, bien sûr, abonnez-vous, s'il vous plaît. Pensez à vous abonner sur les différentes plateformes. Vous avez LinkedIn, vous avez Facebook, vous pouvez aller sur le site... qui n'est pas très utilisé, et c'est vrai, sur YouTube, parce que je n'ai pas beaucoup posté dessus, mais allez-y, et puis bien sûr, sur les deux plateformes, trois plateformes, ou quatre plateformes, il y a plein de plateformes, sur lesquelles vous pouvez écouter ce podcast, abonnez-vous pour être au courant des prochaines parutions d'épisodes. Merci d'avoir écouté cet épisode qui, pour moi, vous l'avez compris, fut plus intime que les autres. Il m'a demandé de franchir le pas. et de me dévoiler, mais j'espère qu'à travers cette expérience, cet échange, vous comprendrez mieux peut-être l'importance du kensugi. Et c'est la suite qui nous intéresse, c'est l'ikigai bien sûr, et puis le kaizen, et ce que nous allons découvrir ensemble dans le prochain épisode, quand il sera minuit, à Bali.