Speaker #0Il y a des moments dans une vie où rien, en apparence, ne justifie qu'on s'inquiète. On se lève, on fait ce qu'il faut, ce qu'on s'est mis comme priorité, les checklists, on va travailler, on répond aux messages, on gère ses messages, on gère sa journée, on rentre et on continue. Vu de l'extérieur, la nuit suit son cours. Et pourtant, il y a quelque chose qui commence à bouger. C'est pas un drame, c'est pas une crise, c'est pas un grand clic comme dans les films, une prise de conscience, c'est plutôt des choses très discrètes. On a vu sur le dernier épisode sur le soulagement, c'est une réunion qui s'annule et on se sent soulagé, plus que déçu. Une phrase qu'on vous dit et que vous laissiez passer avant et puis là, ça vous reste maintenant dans la gorge. Vous voyez la petite réflexion du collègue ? Tiens, t'as deux minutes de retard. où tu as deux minutes d'avance, c'est pas comme hier, c'est le petit truc qui, ça crispe. Un dimanche soir, qui n'a plus tout à fait le même goût. Une conversation qui vous fatigue plus vite. Moi ça m'arrive, d'ailleurs j'arrive à m'auto-souler. Parfois même quand je laisse des épisodes, je dis, oh là là, je me suis auto-soulé. Un projet qu'on nous confie, qui pèse, même de commencer, on le sent pas. Et on continue à faire ce qu'il faut, mais il n'y a plus la même adhésion. On n'est plus dedans. Et ça, c'est un moment très important, parce que ce n'est pas encore un changement visible, mais c'est déjà plus la même présence à sa propre vie. Il est minuit à Bali, l'heure de notre rendez-vous avec l'évolution naturelle. Un moment rien que pour vous, une pause pour découvrir d'autres philosophies de vie, des modes de pensée différents. Minua Bali vous offre la possibilité d'explorer ce que nous sommes vraiment, de mieux comprendre ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer, aimer et avancer. Ce qui peut nous permettre d'être plus en équilibre, plus heureux. Je m'appelle David Mott, je suis accompagnateur en évolution naturelle, Master Coach certifié, mais je me définis plutôt comme un explorateur du vivant. Ce qui m'intéresse tout particulièrement, c'est le changement, celui que nous préparons ou celui qui nous surprend. Ensemble, nous allons dépasser nos limites, Réinventer notre vie ou la vivre autrement. parce qu'il n'est jamais trop tard pour devenir la personne que vous avez toujours voulu être. Et c'est maintenant, quand il est minuit, à Bali. Vous l'avez peut-être remarqué, comme disent les humoristes dans les stand-up, mais depuis quelques épisodes, je soulage un peu le truc, parce que j'ai fait quand même des épisodes juste avant, les 3-4 épisodes sur le stress, sur le changement de vie, qui étaient quand même assez lourds, et j'avais envie d'être un peu plus léger, tout simplement, de vous donner un peu plus de matière à réfléchir sans forcément... Voilà, vous culpabilisez peut-être, je ne sais pas. Je ne vais pas vous donner de leçons ou quoi que ce soit, donc j'ai décidé pendant quelques épisodes d'être un peu plus léger. C'est pour ça que j'ai fait un épisode sur le bonheur avec Jonathan Haidt, parce que cet épisode m'a passionné et que je trouvais intéressant de le faire. Donc là, on va parler d'un sujet très léger, mais qui, encore une fois, demande quand même un petit peu de réflexion. C'était le jour où presque rien ne change, et pourtant, plus rien n'est pareil. Oui, c'est le petit truc qui... Le petit truc en plus, tiens, je pensais pas... Je crois qu'on se trompe souvent sur la manière dont une vie change. On change, on imagine le changement comme un événement clair. Vous le savez, dans tous les épisodes de Minio Bali, on parle du changement. On n'arrête pas d'en parler de ce changement. Et c'est vrai que quand je parle du changement, même autour de moi, quand j'accompagne des personnes, les gens se disent « changement, c'est A à B, 0 à 1, c'est un changement, c'est un événement clair. C'est une décision, une rupture, un départ. » C'est un non prononcé d'une voix ferme, non je ne veux pas ça, c'est une porte qui claque, une annonce qu'on fait enfin, quelque chose qu'on a décidé et qu'on exprime. C'est un changement quoi. Dans la vraie vie c'est pas toujours comme ça. D'ailleurs très souvent le changement commence avant les actes. Il commence au moment où l'on cesse intérieurement de consentir aussi tranquillement qu'avant à ce qu'on vivait, d'accepter tranquillement. Ce qu'avant on vivait, que maintenant, ça passe un peu moins. Et cette nuance change tout. Parce qu'elle oblige à avoir quelque chose qu'on préfère souvent éviter. On peut continuer à vivre une situation sans y adhérer de la même manière. On peut encore tenir un rôle sans vraiment l'habiter. On peut encore faire son travail sans y croire de la même façon. Vous voyez, ça se sent pareil. On peut encore aimer quelqu'un, mais ne plus réussir à se raconter la même histoire. On peut encore rester alors qu'une partie de soi a déjà pris du recul. C'est pas spectaculaire, c'est souvent presque invisible. Et je vous le dis souvent, dans la notion de changement de vie, il faut explorer. Je me présente comme un explorateur du vivant parce qu'il y a plein de choses qu'il faut explorer. Vous devez impérativement, j'ai envie de dire, ça fait vraiment quelque chose qu'il faut faire absolument, mais oui, autant le dire, quand je vous propose des épisodes, ne les faites pas en disant, quand je vous propose des exercices dans les épisodes, il faut le faire, on va le faire. Merci. incontournable, il faut adapter toujours ce que je vous dis à votre propre personnalité, en remettant les choses dans leur contexte. Mais ce changement, donc, il n'est pas spectaculaire. Il est souvent presque invisible. Et c'est justement pour ça que beaucoup de gens passent à côté. Parce qu'ils n'identifient pas les signes que j'aurais pu vous donner dans différents épisodes. Ils disent, oh, il a dit ça, il a dit ça, il faut faire comme ça. Non, Je vous propose ça, ensuite à vous de réfléchir et de voir si ça vous convient. Ça vous correspond. Et souvent, comme vous ne voyez pas les signes et comme vous ne les identifiez pas, vous passez à côté. Vous attendez un signe plus net, quelque chose de plus grave, une preuve, une certitude, un grand choc émotionnel qui viendrait confirmer « oui, cette fois, c'est un vrai putain de sujet » . Alors il arrive qu'un vrai sujet commence sans bacarme. Pas par un effondrement, pas par une perte d'adhésion. Et ça, il faut le prendre au sérieux, pas au sens dramatique, mais au sens « ça doit changer maintenant » ou « tout doit changer maintenant » . Parce que j'ai les signes qui sont là pour le dire. Mais au sens où une vie commence souvent à bouger, non pas quand on sait quoi faire, mais quand on ne peut plus faire semblant avec la même innocence, c'est un peu comme une veste qu'on a portée depuis pendant des années. Elle est encore correcte, elle n'est pas déchirée, elle ferme encore, même si on a pris un peu de poids, ce n'est pas grave. Mais un jour, on la remet, on se sent immédiatement que ça ne tombe plus pareil. Le vêtement, il n'a pas changé dans la nuit. Vous non plus, d'ailleurs. Pas totalement, en tout cas. Mais quelque chose n'est plus ajusté. Et à partir du moment où on le sent, on ne peut plus l'ignorer tout à fait. Et je crois que beaucoup de personnes lucides vivent exactement ça. Et c'est peut-être votre cas. C'est pas une catastrophe. C'est pas un burn-out visible, pas une envie folle de tout quitter. C'est pas le truc où vous mettez le doigt dessus en disant « Ah, mon Dieu, il faut que je change, que j'identifie » . C'est plutôt une suite de petits moments où l'on sent que l'ancien, l'ancienne version de vous... Encore une fois, vous savez que je n'aime pas cette notion de la bonne version de soi-même, de la meilleure version de soi-même. Il n'y a pas de meilleure version de soi-même. Il y a des versions différentes, éventuellement. Mais bon, des suites de petits moments où l'on sent que l'ancien tient encore. Mais de moins en moins naturellement, qu'on se force un peu, que ça coince, ça manque d'huile. Et on continue à faire ce qu'il faut. Onimé On y met plus d'efforts pour moins d'évidence. On continue à dire oui, mais le oui coûte davantage. On continue à tenir, mais ça ressemble de moins en moins à une vie choisie, et de plus en plus à une vie portée à bout de bras. Vous l'avez peut-être senti dans le cas de votre travail, par exemple, que c'est plus pareil. Avant, vous étiez content d'aller au boulot, ça vous faisait plaisir. C'est moins le cas, parce que vous avez peut-être la prévention de quelqu'un qui vous attend sur place, qui va vous faire des réflexions à la con. Et puis vous... Vous forcez, c'est moins évident, vous ne l'avez pas identifié comme un changement, mais c'est moins évident, c'est plus difficile à porter. Et c'est là que l'erreur classique commence. On se dit, ben c'est pas grave. Je fatigue un peu, c'est normal. Je suis dans une période de ma vie où je sens ça comme ça. Tout le monde traverse ça. Et tant que je n'ai pas pris de décision, c'est que rien n'a vraiment changé. Je peux l'accepter. Je suis fort. Je suis forte. Je crois que c'est faux. Parce qu'un changement important commence rarement quand la décision est prise. Ben non. Il commence quand le rapport intérieur à une situation n'est déjà plus le même. On voit les choses différemment. La décision vient après. Parfois longtemps après. Parfois très longtemps après. Mais avant cette décision, il y a souvent un seuil peu discret. Celui où on se raconte... Plus tout à fait la même histoire sur sa propre vie. On se raconte plus tout à fait la même histoire sur sa vie. Quand on commence déjà à se raconter des histoires sur sa propre vie, c'est que déjà en soi, il y a un changement. Avant vous vous disiez, ce rythme me convient, je peux supporter, ça va. Puis on se dit intérieurement, je tiens ce rythme. C'est plus pareil, plus que ça vous convient, c'est que vous le tenez. Avant vous vous disiez, ce travail me stimule. Et puis maintenant, vous dites, je fais ce travail, je fais mon job, comme on dit. Après tout, encore une fois, on se trouve plein de raisons pour dire je fais ce travail. Avant, vous vous disiez, c'est ma place. Maintenant, vous dites, j'occupe cette place. La différence, ça paraît minime. En réalité, en tout cas pour moi, elle est énorme. Parce que... Entre ça me convient et je tiens, il y a déjà un déplacement. Entre c'est ma place et j'occupe cette place, il y a déjà une distance. Vous la voyez ? Cette distance-là, si on ne la regarde pas, elle finit souvent par coûter cher. C'est ma place. J'occupe cette place. Ça coûte de l'énergie, de la netteté, de l'élan, parfois même de l'estime de soi. On a fait une négociation inconsciente avec soi-même. Pourquoi ? C'est épuisant de continuer à vivre des choses auxquelles on n'a dure plus vraiment, tout en se demandant pourquoi. demandant à longueur de journée si on n'exagère pas. Parce que le problème est là. Quand on vit quelque chose où on n'adhère plus forcément peut-être à des valeurs d'entreprise, on se dit, ouais, mais enfin, en même temps, je suis fatigué, l'entreprise m'en demande beaucoup trop, j'ai plus foi dans les... dans la philosophie de l'entreprise. Et puis, rentrer le soir, on se dit « Ouais, ça va, quoi. Je suis rentré pour les mêmes raisons que maintenant. Je dédoute. Il y a un truc qui ne va pas. C'est moi qui exagère. » Et puis, il y a plein de gens au tournoi qui n'ont pas de boulot, surtout en ce moment, avec la crise. De toute façon, c'est la crise tout le temps. Donc, voilà, j'ai eu du problème. « Ouais, j'exagère, j'exagère. » Et c'est un double effort. C'est un double effort. Parce qu'il faut continuer à tenir la situation. Et il faut aussi, en plus, minimiser ce qu'on ressent. Et ce deuxième effort est souvent sous-estimé. On ne s'épuise pas seulement à faire, on s'épuise aussi à ne pas reconnaître clairement ce qui, en nous, a déjà changé. C'est pour ça que certaines personnes ne comprennent pas pourquoi elles sont plus irritables, plus vides, plus tendues, plus sèches. Alors qu'objectivement, rien de grave ne s'est produit. Parce qu'objectivement, peut-être que rien n'a explosé. Mais intérieurement, le contrat qui se sont passés avec... avec eux-mêmes, avec l'entreprise, par exemple, ou avec leur famille, a commencé à se fissurer. Et cette fissure, elle travaille. C'est comme une maison de laquelle rien ne s'est encore effondré, mais où une porte commence à fermer moins bien, où une ligne apparaît dans le mur, où le parquet sonne autrement. On peut continuer à vivre dedans, bien sûr, mais quelque chose travaille déjà. Une vie, parfois, c'est pareil. Le sujet n'est donc pas de fabriquer artificiellement une crise. Le sujet n'est pas non plus de transformer chaque doute en signal existentiel. C'est plus fin. C'est plus fin. Et vous avez déjà beaucoup avancé, je le sais, pour certains d'entre vous, dans cette notion de changement de vie. Et vous êtes curieux, et c'est là, d'observer ce qui se passe en vous. Parce que le sujet est plus fin. Il s'agit de reconnaître le moment où presque rien ne change dehors, mais où, dedans, l'ancien n'est déjà plus aussi vrai. Vous n'êtes plus en équilibre avec ce que vous vouliez au départ. Et ce moment mérite mieux que d'être balayé en vous disant de toute façon il faut bien un job, il faut bien une famille, il faut bien des amis, il faut bien supporter ça. Parce qu'il faudrait immédiatement agir en fait. Mais non, vous allez prendre le temps. Immédiatement agir. Essayez déjà de comprendre ce qui se passe. Essayez d'identifier sans vous donner encore une fois des excuses en vous disant ouais mais bon c'est bon, j'ai du boulot, j'ai des amis, j'ai une famille, j'ai déjà la chance. Ça mérite d'être observé, d'être regardé, parce que ça dit quelque chose. Et ça dit souvent que l'endurance compense trop, que l'habitude masque trop, que le rôle tient encore, mais moins bien, vous le savez. On joue des rôles tous les jours, le rôle du papa, de la maman, du professeur, de la cédicienne, du boucher, du boulanger, de la chef de projet. On tient ces rôles, mais moins bien. Que le prix intérieur a augmenté. Ça demande plus de force et plus d'énergie pour aller au boulot, par exemple. Et que le prochain mouvement de vie ne viendra peut-être pas d'une révélation, mais d'une honnêteté plus fine. Il est là, quelque part, le point fort. il s'agit déjà d'être honnête et voir là où ça coince. Et c'est là, je crois, que cet épisode devient utile. Pas pour pousser à la rupture. Je ne dis pas, ça y est, changez de vie, appelez-moi. Ça y est, en me frottant les mains. Non. Ce n'est pas pour vous pousser à la rupture. Ce n'est pas pour vous encourager à dramatiser. C'est pour vous permettre de repérer quelque chose de très simple et de très décisif. L'endroit où ça continue comme avant. Alors qu'on n'est plus déjà comme avant. Vous voyez ce que je veux dire ? On est parti avec une décision, on est parti avec une dynamique, avec une envie. Et quand on regarde vraiment, quand on est honnête avec soi-même, on a perdu de sa superbe. Avant, si on comptait de 0 à 10, on était à 7, 8. « Ouais, le boulot m'intéresse vraiment » . Maintenant, on est à 5 ou 6. C'est plus la même chose. Encore une fois, on se dit que c'est pas grave, que c'est comme ça, que c'est la vie. L'endroit... où ça continue comme avant, alors qu'on n'est déjà plus comme avant. L'espace, l'esprit, le... Vous voyez ce que je veux dire ? Je ne suis pas sûr que ce soit très clair, pourtant cette phrase-là, elle peut éclairer beaucoup de choses. Parce qu'à partir du moment où vous voyez cet endroit... Vous essayez déjà un peu de vous mentir. Dans votre travail, encore une fois, il y a peut-être une chose qui vous énerve, une chose qui vous agace et que vous supportez tous les jours en vous disant « c'est pas si grave que ça » . Et pourtant, vous le vivez plus pareil. Avant, vous vous disiez « c'est pas si grave que ça » . Et maintenant, parce que vous avez dit que sur tout la superbe du travail et tout l'intérêt du travail et tout ce que ça pouvait vous apporter, vous vous en remontez 1%. Et puis maintenant, Ça représente 5% ou 10%. C'est plus la même chose. Parce qu'à partir du moment où vous voyez cet endroit, vous essayez de vous mentir. Vous ne savez pas encore quoi faire. Vous n'avez pas encore la réponse. Vous n'êtes peut-être pas prêt à bouger. Mais vous sortez du boulot. brouillard. Oui, ça, ça m'emmerde. Imaginons les repas de famille. Vous partez le dimanche et au début, les repas de famille, ça vous est marré. Vous voyez le grand-père, la grand-mère, la belle-sœur, le beau-frère, les beaux-parents. Puis maintenant, vous prenez moins le plaisir. Avant, on faisait un gâteau. Maintenant, vous vous rendez compte que la belle-mère juge la qualité du gâteau, que l'oncle est vraiment lourd. Au fur et à mesure, vous ne dites rien. Il faut bien le faire. C'est un exemple comme un autre. Mais vous sortez du brouillard et vous dites, tiens, c'est marrant. Ça fait un an que je me force à aller dans ces journées familles, dans ce repas de famille. Donc non, vous n'allez pas tout bouger d'un coup. Vous n'avez pas forcément la réponse tout de suite. Vous ne savez pas quoi faire, mais au moins, vous sortez du brouillard. Et c'est souvent comme ça qu'une décision devient un jour possible. Non, parce qu'on s'est forcé à trancher trop vite, mais parce qu'on a commencé à regarder lucidement le moment où l'ancien... ne nous semblait déjà plus tout à fait juste. Oui, je prenais plaisir à aller à ces repas le dimanche, après-midi ou le dimanche, et puis passer l'après-midi avec la belle famille. Moi, ça me faisait plaisir, ça me faisait rigoler. Maintenant, c'est marrant, ça me fait moins rigoler, en fait. Ça me tend, en fait. Et le piège, évidemment, ce serait de vouloir tout convertir immédiatement en action. Chérie ? Dimanche prochain, c'est fini, on n'y va plus. On ne va plus voir ta mère et ton père, la gaffe, les ouverts. Non, non, on n'y va plus. Puisque je sens ça, alors il faut tout changer. Non, c'est trop brutal et peut-être même faux. Le bon geste n'est pas encore dans la décision. Le bon geste, c'est la précision. À quel endroit exact sentez-vous cette perte d'adhésion ? Pas dans toute votre vie, à quel endroit ? Je reprends l'exemple du repas de famille. Ça peut être simplement le parcours pour y aller, parce qu'il faut une heure et demie dans les embouteillages et deux heures et demie au retour dans les embouteillages. C'est peut-être ça qui vous gêne en fait. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est pas prendre ça et jeter le bébé. avec l'eau du bain. Donc c'est quoi qui vous gêne ? À quel endroit ? Ça peut être autre chose, une manière de travailler, une relation, une disponibilité devenue trop large. Vous êtes trop à l'écoute. Je me souviens d'une personne qui me disait qu'elle n'en avait pas marre, mais que... Ouais, ça commençait à lui peser les dés tout le temps les autres, alors que les autres, en finalité, ils étaient pas forcément là pour elle. Un rythme, un rôle que vous vous êtes donné d'ailleurs souvent, une façon de faire semblant, ce rôle-là d'ailleurs, vous allez bien au départ, vous êtes content, ça vous permettait d'avoir de la reconnaissance, une identité, puis maintenant ça commence à vous peser. Un oui, que vous n'habitez plus vraiment. Oui, j'ai. j'ai dit oui, oui, oui, j'ai dit que j'étais d'accord. Oui, mais maintenant, en fait, je ne suis plus vraiment en fait. Parce qu'on change mal ce qu'on nomme mal. Donc c'est là qu'il faut regarder. Et souvent, le vrai progrès, ce n'est pas j'ai enfin pris une grande décision. Le vrai progrès, c'est j'ai enfin cessé d'appeler normal une chose qui, au fond, ne l'était plus pour moi. Donc j'insiste sur une chose importante. Il y a peine de renier ce que vous étiez et le positif que vous avez ressenti en prenant le travail, par exemple. Vous êtes dans une mairie et vous dire « Moi, quand je suis rentré dans la mairie, c'était génial, c'était super. J'adorais les premières années, les deuxièmes années, les troisièmes années. C'est vraiment quelque chose qui me plaisait beaucoup. Et puis peu à peu, je me suis lassé sans même m'en apercevoir. » L'adjoint au maire me parle mal ou parce que le service de la communication me traite comme une merde ou ne comprend pas les projets que je veux faire. Mais voilà, il faut nourrir la famille. Donc on l'accepte. On l'accepte. Et on se dit que ce n'est pas si grave. Et j'ai enfin cessé d'appeler normal une chose qui, au fond, ça ne l'était plus pour moi. Ce que j'ai aimé à un moment donné, je l'aime moins ou plus du tout. Et à partir du moment où la suite devient plus crédible. Je n'ai pas dit facile, plus crédible, pas immédiate, mais crédible. Et c'est précisément ce qui manque à beaucoup de gens. Non pas des idées, mais un endroit clair à partir duquel penser la suite, simplement. Partir de quelque chose. Donc on va se réfléchir dans son travail, dans sa vie amoureuse, dans sa vie familiale, dans ses relations autour, pour se dire est-ce que je suis vraiment la personne que j'étais avant ? Encore une fois, on n'est pas mieux, on n'est pas moins bien, on est différent. Et cet épisode vous parle, voilà la seule chose à observer dans les jours qui viennent. Quel est l'endroit de ma vie ? extérieurement, presque rien n'a changé, mais ou intérieurement, c'est déjà plus pareil. Et ça, je pense que ça peut vous parler. Un seul endroit, pas toute la carte, juste un. Parce que parfois, une vie commence pas à changer... Quand on a... Je vais vouloir refaire celle-là. Parce que parfois, une vie ne commence pas à changer quand on agit enfin. Elle commence à changer quand on reconnaît honnêtement qu'on ne peut plus vivre exactement de la même manière. Même si pour l'instant, on continue encore à le faire. Explication. Ce n'est pas parce que... Vous changez de vie. Je le dis parfois quand on change de pays dans l'expatriation. C'est vrai que j'accompagne pour l'expatriation peut-être. Et les gens me disent « Oui, moi, je me sens comme ça, comme ça dans mes émotions de tous les jours, tout ça » . Ce n'est pas parce que vous changez de vie que vous allez automatiquement changer d'émotion, que vous allez gagner en puissance. À un moment donné, il va falloir déjà commencer à réfléchir, à regarder ce qui me coince. Peut-être à en rire d'ailleurs aussi, vous pouvez le faire, il n'y a rien de dramatique, ou peut-être que justement c'était dramatique et que vous ne l'avez pas vu, mais ça commence à changer quand on reconnaît honnêtement qu'on ne peut plus vivre exactement de la même manière, même si pour l'instant on continue encore à le faire. Je pense à quelqu'un dans son travail, je ne peux pas le nommer parce que je pense qu'il n'écoute même pas le podcast, mais par contre, je sais que sa femme l'écoute, qui ne se sent pas bien dans son travail, qui n'est pas reconnu dans son travail, dont le service de communication lui dit « c'est pas grave, pense à toi, ce qu'on te dit, c'est pas important » , sauf qu'à un moment donné, on perd ses valeurs, on perd ses principes. et je crois que c'est ça le plus dur dans tout ça c'est de perdre ses valeurs, se perdre ses principes et à un moment donné se retourner et se dire merde J'ai devenu ça, moi, mais c'était pas du tout ce que je voulais devenir. Et on voit beaucoup de personnes, d'ailleurs, dans l'univers du travail, si on les interroge, ça fait 2 ans, 5 ans, 10 ans, 15 ans ou plus qu'ils sont dans leur travail, et quand on leur dit « Mais quand t'es rentré dans le boulot, tu t'imaginais que t'allais vivre tout ça ? » Alors parfois, au début, c'est « Oh, c'est génial, t'as vécu des expériences superbes et tout » , mais... Tu as toujours les mêmes émotions ? Non, différentes. Non mais rappelle-toi ce que tu ressentais au départ. Tu as toujours cette même passion, cette même motivation, cette même envie. Ben non, je suis plus habitué, maintenant je me suis un peu lassé. Puis il y a des choses qu'il faut que je supporte, que je ne pensais pas devoir supporter. Mais bon, on n'a pas le choix dans la vie. On n'a pas le choix dans la vie. On n'a pas le choix dans la vie. Si, on a le choix dans la vie. Parfois, ce n'est pas facile. Ce n'est pas facile. Vraiment. Vraiment. Je peux vous dire que, ouais, on peut changer de boulot. Non, ce n'est pas facile. Et parfois, il faut aussi savoir s'écouter. Et puis, encore une fois, le but n'est pas de tout bousculer, de ne pas tout casser, de démissionner, de se barrer. Parfois, c'est aussi changer le oui en non. Changer le fait d'accepter quelque chose en disant, je ne l'accepte plus. Et en expliquant les choses. Et vous savez, parfois, le fait de dire à quelqu'un, écoute, je t'ai toujours dit oui pour faire ça, d'aller chercher le café le matin, tu sais quoi. on va arrêter, tu vas aller te chasser ton café tranquille parce que au bout d'un moment ça se trouve là personne en face va vous dire mais oui je comprends complètement, moi je te croyais ça te faisait plaisir de chasser mon café mais ça te fait pas plaisir pas de soucis, vous allez vous sentir soulagé et l'autre va se dire j'avais pas compris, si vous ne vous exprimez pas si vous n'exprimez pas ce que vous ressentez, personne ne peut le comprendre alors vous pouvez ensuite rentrer dans votre famille et expliquer à votre femme que ça va pas que vous vous sentez pas bien mais en l'occurrence l'autre personne qui restait au boulot ou qui rentrait chez elle ne le sait pas donc exprimez les choses encore une fois le but n'est pas de bouleverser votre vie. changement de vie. On le connaît, on sait comment ça fonctionne, on peut changer de vie, mais on peut aussi commencer par changer des petites choses, des petites choses qui grattent, des aspérités dans votre vie. Et puis, bien sûr, si vous êtes au début d'une relation, au début d'une relation amoureuse, au début d'une relation aussi de professionnel, dès le départ, regardez ce qui vous crispe. Parce que ça ne fera que vous s'amplifier. Donc, il va falloir, dès le début, parler, exprimer les choses pour dire au fait, voilà, j'ai une place de parking et je vois que tous les matins, il y a une personne qui me prend ma place de parking. S'il te plaît, fais attention parce que ça m'empêche de me garer et du coup, je suis obligé de faire une heure et demie pour... Hé, tout va bien. Tout va bien. Mais même ces petites choses-là, vous pouvez les changer à partir du moment où vous les avez identifiées. Ou, pour revenir sur le sujet du repas de famille, dire « Voilà, tu sais quoi, chérie ? Au lieu d'arriver à midi pile et de repartir à 18h, peut-être qu'on pourrait faire d'arriver à midi et demi et puis de repartir à 14h ou 15h. On aura quand même vu tes parents. Bon, ça restait moins longtemps. Et du coup, on pourra profiter de la région, du paysage et de toi et de nous. Voilà. J'espère que cette épisode vous a plu. En tout cas, moi, il me semblait important d'en parler. vous voyez, je ne parle pas de grands changements encore une fois puis j'ai fait des... des épisodes qui vont être plombés. Donc j'ai envie de faire quelque chose d'un peu plus léger et de vous donner envie. C'est ça, de vous donner envie de regarder un petit peu les choses qui crispent un petit peu autour. Et le jour où presque rien ne change et pourtant plus rien n'est pareil, ça commence par des petites choses. Voilà. N'hésitez pas, bien sûr, à partager cet épisode avec des personnes. D'ailleurs, vous pouvez tout à fait en parler à quelqu'un en disant « Tiens, tu vois, j'ai remarqué que tu faisais ça avec moi, un truc. Je préférais t'en parler. D'ailleurs, tiens, tu pourrais écouter cet épisode du Minuit à Bali. Ça parlera peut-être mieux que ce que j'ai envie de t'exprimer. Mais voilà, j'aimerais que tu arrêtes de faire ça ou je préférerais que tu me parles comme ça ou j'aimerais que tu me parles de ce projet de façon bien en amont et pas un jour à l'avance. » Faites-lui écouter cet épisode, pourquoi pas ? Et alors ? Laissez des messages sur Facebook, n'hésitez pas, vous n'êtes pas nombreux, donc n'hésitez pas à dire si vous aimez, ça me permet aussi de prendre la température. Quand je mets des posts qui me font marrer ou au contraire qui sont extrêmement profonds, mettez des j'aime, mettez des commentaires là-dessus, n'hésitez pas à faire des commentaires, c'est fait pour ça Facebook. 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