Speaker #0On le retrouve à toutes les sauces, on parle du bonheur comme un objectif évident, comme si tout le monde cherchait la même chose, comme si le mot, ça allait de soi. Mais dans la vraie vie, ce n'est pas si simple, parce qu'on connaît tous des gens qui ont obtenu beaucoup de choses, qui n'ont pas l'air heureux. Regardez les stars de cinéma, regardez les chanteurs, ils ont l'air d'avoir obtenu plein de choses, de l'argent, la reconnaissance, et puis en finalité, ils n'ont pas l'air si heureux que ça. Un bon travail, une vie stable. Une maison parfois même une vraie reconnaissance et pourtant quelque chose sonne creux. Et à l'inverse on connaît aussi des gens qui n'ont pas une vie parfaite, loin de là, mais chez qui quelque chose tient, une présence, une énergie, une manière d'être au monde qui paraît plus juste. Alors la vraie question c'est peut-être moins comment être heureux... qu'est-ce qu'on appelle vraiment le bonheur. Et c'est de ça qu'on va en parler. Ça se dit ça ? C'est de ça ? Ouais, allez, on va se dire comme ça. C'est de ça dont on va parler aujourd'hui dans ce nouvel épisode. Il est minuit à Bali. L'heure de notre rendez-vous avec l'évolution naturelle. Un moment rien que pour vous, une pause, pour découvrir d'autres philosophies de vie, des modes de pensée différents. Minuit à Bali vous offre la possibilité d'explorer ce que nous sommes vraiment, de mieux comprendre ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer, aimer et avancer. Ce qui peut nous permettre d'être plus en équilibre, plus heureux. Je m'appelle David Mott, je suis accompagnateur en évolution naturelle. Naturel, Master Coach certifié, mais je me définis plutôt comme un explorateur du vivant. Ce qui m'intéresse tout particulièrement, c'est le changement. Celui que nous préparons ou celui qui nous surprend. Ensemble, nous allons dépasser nos limites, réinventer notre vie ou la vivre autrement. parce qu'il n'est jamais trop tard pour devenir la personne que vous avez toujours voulu être. Et c'est maintenant, quand il est minuit, à Bali. Il m'est souvent arrivé dans les épisodes précédents de vous parler de Jonathan Hyde, qui a écrit un livre qui s'appelle « Libre Thèse du Bonheur » , que j'ai beaucoup aimé, que j'ai relu il n'y a pas très longtemps. D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle j'ai fait cet épisode. Ce que j'aime chez Jonathan Haidt, c'est qu'il ne vient pas rajouter une méthode de plus au marché du bonheur. Je ne sais pas si vous avez déjà vu des formations qui vous parlent comment être heureux en 30 jours, comment être plus heureux, comment trouver le bonheur, des choses comme ça. Il fait autre chose. Il prend les grandes sagesses anciennes au sérieux, le bouddhisme, le stoïcisme, Aristote, Confucius, puis il les confronte à la psychologie moderne pour voir ce qui tient encore debout aujourd'hui. C'est vrai qu'en finalité, quand on voit Aristote ou Confucius, la notion de bonheur n'est pas forcément la même de nos jours. Et c'est exactement le projet qu'il présente dans le livre dont je vous ai parlé, l'hypothèse du bonheur. Tester de grandes idées anciennes à la lumière de la recherche contemporaine pour comprendre ce qui aide vraiment à vivre mieux. Et ce qu'il montre est très fort, ce n'est pas pour moi. D'abord, il dit que les sagesses anciennes avaient vu juste, sur un point essentiel, courir après les biens extérieurs. Ça ne suffit pas. Un nouvel objet, un meilleur salaire, un autre statut, une reconnaissance, une maison plus grande peut-être, une vie plus... plus belle vue de l'extérieur. Tout cela agit bien sûr, mais pas comme on l'imagine. C'est un peu comme boire de l'eau salée. Sur le moment, vous avez l'impression de répondre à un besoin, et puis la soif revient. Vous le savez peut-être, quand il y a des naufragés qui boivent de l'eau salée, parce qu'ils ont tellement soif qu'ils n'en peuvent plus, ils boivent de l'eau salée, et puis en finalité, la soif revient, amplifiée encore. Et là, il rappelle que la recherche confirme bien quelque chose de très ancien. On s'adapte vite à ce qu'on obtient. Ça, c'est important. On s'adapte vite à ce qu'on obtient. Le bonheur qu'on met dans un « quand j'aurai enfin » est souvent plus court qu'on ne le croit. Donc là-dessus, les anciens n'étaient pas naïfs. Ils avaient bien vu qu'on peut passer sa vie à désirer sans jamais être apaisé. Mais c'est justement là que Haït devient plus intéressant que le simple résumé d'une sagesse antique. Parce qu'il ajoute, ils sont parfois allés trop loin, ces anciens. À force de se méfier du désir, de l'attachement, des passions, des biens extérieurs, certaines sagesses ont fini par sous-estimer quelque chose de très important. Un être humain ne s'épanouit pas seulement en se détachant. Il s'épanouit aussi en étant relié, engagé, incarné dans des conditions de vie qui lui conviennent, au minimum, bien sûr. Hyde le dit clairement dans l'apprentissage de son chapitre sur la poursuite du bonheur. Les sages anciens avaient raison sur beaucoup de choses, mais ils sont allés trop loin quand ils laissaient entendre que les conditions extérieures ne comptaient pas. Certaines comptaient. réellement. Et là pour moi en fait on sort d'un malentendu énorme parce qu'au fond aujourd'hui on entend souvent deux discours opposés mais tout aussi simplistes. Le premier discours dit vous serez heureux quand vous aurez enfin ce qu'il faut. Et le deuxième c'est vous serez heureux quand vous aurez enfin travaillé correctement sur vous. C'est deux choses différentes. Vous serez heureux quand vous aurez enfin ce qu'il faut. Et d'autre côté, on dit oui, mais vous serez heureux quand vous aurez enfin travaillé correctement sur vous. Ben, Jonathan Haidt répond ni l'un ni l'autre. Le bonheur, ce n'est pas un trophée extérieur, ni une pure affaire de tête. Il rassemble davantage un bon accordage, comme un piano. Vous pouvez avoir un très bel instrument, mais s'il est désaccordé, la musique sera pénible. Et à l'inverse, un instrument imparfait, mais bien accordé, peut produire quelque chose de très très beau. Une vie c'est pareil, c'est pas seulement une question de pensée positive, on en parle beaucoup à droite à gauche, il faut être positif, une pensée positive, une pensée de lucidité ou de discipline. C'est aussi une question de structure. Les relations comptent, l'amour compte, le sentiment d'appartenir compte, le fait d'avoir prise sur son quotidien, ça compte aussi, le fait d'être absorbé par l'activité qui mobilise vraiment vos forces, ça compte, le fait de sentir qu'on ne passe pas ses journées à vivre contre soi-même compte également. Hyde insiste justement sur deux points que les agesses anciennes ont parfois trop refroidis. L'amour et l'engagement. Jean-Charles Pitre, sur l'attachement, présente l'amour et les liens comme des besoins humains fondamentaux, mais pas comme de simples distractions dangereuses. Et son dernier grand mouvement défend l'idée que le bonheur et le sens viennent... entre les choses, entre soi et les autres, entre soi et son travail, entre soi et ses projets, des engagements, quelque chose de plus grand que soi. Et ça, c'est une correction majeure, parce qu'une vie totalement protégée n'est pas forcément une vie heureuse. Une vie trop détachée, trop contrôlée, trop sèche, peut-être même calme, sans être vraiment pleine. C'est comme un jardin, si vous voulez, un jardin sans pluie, sans terre, sans insectes, sans ronces, sans saisons. Vous aurez peut-être quelque chose de propre, mais vous n'aurez plus un jardin. vivant. Hayd dit au fond, oui, il faut apprendre à ne pas être l'esclave de tous ses désirs. Oui, il faut se méfier de l'illusion qu'un bien extérieur va enfin tout réparer. Oui, il faut travailler sa manière de voir, de voir les choses qui nous entourent. Mais ça ne suffit pas. Parce qu'un être humain ne s'épanouit pas simplement ou seulement en se maîtrisant. Il s'épanouit aussi en aimant, en s'attachant, en trouvant sa place dans des liens, dans un rythme, dans un travail, dans des activités qui l'embarquent vraiment. La présentation officielle du livre le dit très simplement. Les liens, le travail vécu comme plus qu'un simple moyen et l'engagement dans des personnes ou des projets sont des sources majeures de sens et quelque part du bonheur. Ça, je trouve que c'est une idée... C'est quelque part qui devrait nous habiter, parce qu'elle enlève deux illusions qui nous épuisent et qui épuisent beaucoup de monde. La première, c'est de croire qu'il suffit d'obtenir plus pour être heureux. Et la seconde, c'est de croire qu'il suffit de penser mieux pour être heureux. Haït nous oblige à sortir de ce faux choix. Le bonheur, ce n'est peut-être pas une récompense, ce n'est peut-être pas non plus une performance intérieure, c'est peut-être une vie dans laquelle les bonnes choses tiennent ensemble un peu mieux. Les liens, les rythmes, l'engagement, la boussette d'âge. agir. Et c'est cette sensation plus rare qu'on ne vit pas entièrement à côté de soi, qu'on est pleinement là, si vous préférez. Alors non, John Tyhann n'a sans doute pas le secret du bonheur au sens magique du terme. Mais au moins, il y a cette force. Il nous rappelle qu'on se trompe. quand on croit qu'il faut choisir entre la sagesse et la vie. Et le vrai sujet, c'est peut-être d'apprendre à mieux les accorder. Alors, à la fin de cet épisode, j'espère que vous avez compris ce principe, qu'est-ce que vous en pensez ? Qu'est-ce que vous, de votre côté, dans votre vie, vous pensez qu'il est plus important d'obtenir ce que vous voulez absolument, d'avoir peut-être le dernier iPhone, ou de vous installer à l'étranger, ou d'avoir l'amour parfait, ou au contraire, vous pensez qu'il vaut mieux travailler sur soi, sur ses traumatismes, sur ses addictions, sur notre façon de voir la vie, de penser, donc d'un côté ce côté matériel, l'autre côté spirituel. Est-ce que vous faites la différence entre les deux ? Est-ce que vous avez une priorité ? A vous de voir. Je vous rappelle que si vous le souhaitez... Je peux vous accompagner dans vos changements de vie et l'idée d'être heureux et de ce bonheur, on le travaille ensemble. Et puis surtout, partagez cet épisode, partagez tous les épisodes que vous écoutez avec vos amis, vos proches, vos copains, vos collègues de travail. Quand on vous parle de bonheur, par exemple, dites-moi que vous êtes heureux parce que vous avez acheté votre dernière Maserati ou votre dernière Porsche. Je suis heureux, c'est le bonheur pour moi. N'hésitez pas à partager ça avec eux parce que ce n'est pas si simple et pourtant ce n'est pas si compliqué non plus. N'hésitez pas à laisser des étoiles, n'hésitez pas à mettre des commentaires sur Spotify ou sur Apple Podcast, d'aller regarder sur LinkedIn. J'ai mis de temps en temps des épisodes de podcast. Je vous présente un peu qui je suis aussi. C'est important que vous sachiez ce que j'ai vécu. Et c'était une vraie question de mon côté. Quand j'ai commencé à découvrir la vie, je m'accrochais au bonheur. Et le bonheur, pour moi, c'était ce qu'avaient les autres. C'est-à-dire quand je regardais des artistes, des chanteurs, musiciens, acteurs, des artistes, je me disais, eux, ils ont l'air heureux. Je voudrais être comme eux. Je voudrais avoir une maison, une belle maison. voudrais avoir... Une belle bagnole, je voudrais vivre peut-être à l'étranger. Ou alors, quand je voyais quelqu'un, des philosophes, Mathieu Ricard, je me disais, ça, c'est vraiment des gens qui ont trouvé un équilibre dans leur vie et qui ne dépendent de rien, si ce n'est de leur propre équilibre, de leur propre travail intérieur. C'est comme ça que je serai quand je serai grand. Et en finalité, non. J'ai fait les deux, et je me trouve plutôt en équilibre dans ma vie, et c'est ce que j'essaye de vous faire comprendre, et dans mes accompagnements, qu'on peut faire les deux, et que c'est important de comprendre cette différence, et toujours que ce soit adopté par rapport à votre personnalité, bien évidemment. Merci d'avoir écouté cet épisode, et on se retrouve bien sûr quand il sera minuit à Bali. Musique de générique