Speaker #0Il y a peut-être quelque chose que vous ressentez depuis longtemps, sans avoir jamais réussi à l'expliquer correctement. Vous avez l'impression de ne pas suivre le même rythme que les autres. Certaines situations vous fatiguent plus qu'elles ne devraient. Vous réagissez fortement à des choses que votre entourage semble à peine remarquer. Vous avez peut-être essayé d'en parler, mais les mots sont sortis de travers. C'était imprécis, difficile à raconter, presque gênant à dire à voix haute. Alors vous avez laissé tomber. Vous vous êtes dit que vous étiez trop sensible, trop lent, trop nerveux ou trop distrait. Peut-être même avez-vous fini par croire qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas chez vous. Pendant longtemps, nous avons pensé de cette manière. Soit nous étions capables de nous adapter au rythme commun, soit nous avions un problème. Le cadre ne bougeait pas, c'était toujours à la personne de faire l'effort nécessaire pour entrer dedans. Aujourd'hui nous avons un avantage davantage de mots et de connaissances pour comprendre ce que nous vivons mais pas pour nous enfermer dans une définition pas pour expliquer toute notre vie avec le résultat d'un test mais pour ouvrir une piste et passer de cette question « Mais qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? » à une autre question, me semble-t-il beaucoup plus utile. Comment est-ce que je fonctionne réellement ? Je parle de vous, de moi. Comment je fonctionne réellement ? Dans cet épisode, je vais partir d'une expérience plutôt personnelle, voire même très personnelle. Une sensation que je ne savais pas expliquer, une question assez maladroite, puis une réponse qui m'a permis de regarder une partie de moi, une partie de moi, d'une manière différente. Parce qu'avant de vouloir tout changer autour de nous, nous, il faut peut-être commencer par mieux se comprendre et surtout par arrêter de se rejeter. Il est minuit à Bali, l'heure de notre rendez-vous avec l'évolution naturelle. Un moment rien que pour vous, une pause, pour découvrir d'autres philosophies de vie, des modes de pensée différents. Minuit à Bali nous offre la possibilité d'explorer ce que nous sommes vraiment, de mieux comprendre ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer, aimer et avancer. Ce qui peut nous permettre d'être plus en équilibre, plus heureux. Je m'appelle David Mott, je suis accompagnateur en évolution naturelle, Master Coach certifié, mais je me définis plutôt comme un explorateur du vivant. Ce qui m'intéresse tout particulièrement, eh bien c'est le changement, celui que nous préparons ou celui qui nous surprend. Ensemble, nous allons dépasser nos limites. mythes, réinventer notre vie ou la vivre autrement. Parce qu'il n'est jamais trop tard pour devenir la personne que vous avez toujours voulu être. Et c'est maintenant, quand il est minuit, à Bali. Je vais donc dans cet épisode partager avec vous une expérience personnelle, voire très personnelle, que j'ai faite il n'y a pas si longtemps que ça, et je voulais en parler avec vous. En fait, depuis des années, depuis très très très très longtemps, quand je regarde un film par exemple, je ressens, si je fais un petit peu attention, je ressens, d'ailleurs même si je ne fais pas attention, parfois ça m'arrive, ça me surprend, mais je ressens les sensations que l'acteur peut ressentir au moment où il le fait. Je m'explique. En fait, si par exemple il est devant ou derrière une chaise en métal et qu'il passe la main dessus, je ressens le froid du métal. Si par exemple il plonge dans une piscine, je peux ressentir le mouvement de l'eau et l'eau sur le corps. s'il est en train de manger un plat particulier je peux ressentir, encore une fois si je fais un tout petit peu attention l'odeur par exemple, j'ai fait expérience avec une personne qui avait une mangue et qui mangeait la mangue je sentais la texture de la mangue dans sa main Je voyais bien sûr la couleur puisque je la voyais. Et puis je pouvais également avoir le goût de la mangue et puis la façon qu'il avait de couper la mangue. Je ressentais tout en fait. Je me demandais comment appeler le fait de ressentir presque physiquement ce que je vois. J'irais un petit peu plus loin. Quand des personnes me parlent, ma femme me parle, des amis me parlent, et me racontent une histoire. Quand ils commencent, voilà, j'étais là, à tel endroit, je faisais ci, je faisais ça. Eh bien, en fait, je voyais, en fait, je ne m'imaginais pas leur place, mais je me mettais dans des situations où je comprenais, je ressentais. ressentais ce qu'ils avaient vécu, et je voyais tout à fait ce qu'ils avaient pu ressentir. Je n'étais pas encore une fois à leur place, mais je ressentais la même chose. Alors pour vous expliquer un petit peu plus profondément, là je suis sur ma chaise, devant mon bureau, je vais fermer les yeux, et par exemple, je peux m'imaginer très facilement au Cap Ferré, sur une plage, une plage qui se situe à 3 km de mon ancienne maison de famille, et là je suis au bout Je suis au bord de la mer et je vois les vagues, j'entends le bruit des vagues, je vois les vagues se casser, faire de la mousse, je vois le sable, le sable brun, je sens l'odeur saline, parce que j'ai aussi les odeurs. Je suis assis en haut d'une dune et je vois également, je ressens les herbes marrons qui sont autour de moi et puis si je mets la main dans le sable, je ressens la texture du sable, je ressens le poids de mon corps sur le sable. j'ai toujours les yeux fermés et je vois tout ça Comme si j'y étais. Bien sûr que je sais que je suis à Bali, je suis devant mon bureau, mais je ressens aussi cette impression-là. Voilà, je rouvre les yeux, je suis allé très vite, très très vite pour raconter ça. Mais voilà, quand je regarde quelqu'un toucher une matière, il peut m'arriver d'en éprouver intérieurement quelque chose. Cette matière paraît rugueuse, douce, chaude ou froide. Mon cerveau ne se contente pas de comprendre l'information. Ça semble en fait recréer une partie ou la totalité de ce que je ressens. Dans un film, je sais bien que je regarde un film, mais si je fais un tout petit peu attention, eh bien je ressens les... Parfois même les émotions, ce qui est assez surprenant, parce que je ressens aussi les émotions de la personne, même si c'est un film. Il m'arrive parfois de prendre un coup dans le cœur, parfois même d'avoir envie de pleurer, parce que je ressens quelque chose de très fort. Et pourtant, ce sont des comédiens. Imaginez quand je fais de l'accompagnement. et que je participe, que je fais participer des personnes qui vont me raconter leur changement de vie, parfois ça me prend de plein fouet parce que suivant les descriptions, les mots qu'on utilise, je ressens parfaitement ce qu'on ressent la personne. Encore une fois, ce n'est pas un super pouvoir, mais j'arrive avec du mal à le comprendre. j'avais du mal à définir ce que je ressentais. Donc c'est à peu près tout ce que j'arrivais à dire parce que c'est quand même plus profond, je pourrais rentrer encore dans les détails, mais honnêtement formulé comme ça c'était pas très clair. pas d'ailleurs si vous avez compris ce que je voulais dire. Quand une fois, je ne vous parle pas de super pouvoir, je vous parle de quelque chose que je ressentais. Est-ce que je ressentais réellement sur mon corps ce qui arrivait à d'autres ? Est-ce que ça fonctionnait aussi avec un objet que j'imagine ? Est-ce que je pouvais recréer mentalement un lieu, une odeur ou une température ? Donc, par exemple, on me proposait d'imaginer, justement, une orange ou là, c'était en l'occurrence une mangue, encore une fois, je fermais les yeux, on me dit voilà, on te met une mangue sur la table, est-ce que tu peux l'imaginer ? Oui, je peux imaginer cette mangue, je peux imaginer changer la couleur, la texture. Je peux imaginer couper avec un couteau, ressentir le couteau sur la mangue, et ensuite la manger et avoir le goût de la mangue et l'odeur de la mangue. La première piste posée, ça a été effectivement que j'avais une sorte de capacité Une imagerie mentale multisensorielle particulièrement développée, proche de ce qu'on appelle l'hyperfantasie. Alors ça n'est pas venu comme ça, parce qu'il a fallu poser des questions, il a fallu qu'au début c'était la synesthésie miroir tactile, donc il s'agit d'un phénomène dans lequel une personne peut ressentir sur son propre corps un toucher qu'il voit appliqué à quelqu'un d'autre, ça semblait proche, mais c'était pas totalement ça. Des fois on me dit tu ressens ça, mais non je le ressens pas en fait, je ressens pas ceci ou cela, mais par contre je ressens. Je ressens plutôt ceci. Donc c'est quelque chose d'un peu poussé. Et je sais parfaitement que je suis, encore une fois, physiquement ailleurs. Je ne confonds pas mon imagination avec la réalité. Mais le lieu peut revenir avec une présence particulière. Comme si mon esprit en reconstruisait l'atmosphère. Vraiment. Donc autrement dit, mon cerveau semble capable, encore une fois, de recréer intérieurement certaines expériences avec beaucoup de réalisme. Il ne se retrouve pas seulement avec une image. Ils peuvent y ajouter une texture, une odeur ou une impression de présence. Pour essayer d'être plus clair, je ressens effectivement ces atmosphères, ces odeurs, ces textures, soit quand on me raconte une histoire, soit quand je vois un film, ou peut-être même parfois quand j'écoute de la musique, mais ça peut arriver un petit peu à tout le monde. Mais à un moment donné, j'avais beaucoup de mal à expliquer ce que je ressentais. Du coup, je me sentais à part, je trouvais ça étrange, et j'allais un peu contre cette idée-là. Alors cette capacité appartient à un spectre, certaines personnes produisent très peu d'images mentales. voire aucune, donc vous aurez peut-être du mal à comprendre ce que je dis, et on appelle ça la fantaisie. Je découvre le mot encore une fois, à fantaisie, et à l'autre extrémité, certaines personnes ont des représentations intérieures extrêmement vives, comme je peux les vivre. Et je ne suis pas ressorti de cet échange avec un diagnostic définitif. Je suis ressorti avec une piste, il fallait que je creuse, que je fasse des nouveaux tests, mais... Vous savez quoi ? Cette piste m'a rassuré parce que depuis des années et des années, je vis avec ça. Je vis avec cette impression, quand je me couche par exemple, que je ferme les yeux, je peux me retrouver facilement à un autre endroit. Je sais que je suis à Bali, mais retrouvé, encore une fois, dans ma maison de vacances où je ressens la chaleur, je ressens le vent, je ressens tout, même si je sais que je suis à Bali. Je peux même m'endormir dans un autre endroit et en rêver directement à partir de mon rêve. Enfin, mon rêve débute au moment où je l'ai choisi. Donc, à demain. C'est quelque chose de presque de gadget et qui me gênait et j'en parlais très peu ou je n'en parlais pas du tout. Et là je vous en parle, maintenant je le fais parce que je pense que l'épisode s'y prête et que j'ai envie de partager ça avec vous pour quelque part vous rassurer. Ce qui me semblait difficile à expliquer possédait peut-être une logique. Je n'étais pas en train d'inventer une sensation ridicule, mon esprit semblait simplement traiter certaines expériences d'une manière particulièrement sensorielle. ce qui a continué n'était donc pas seulement de découvrir un mot nouveau, c'était de passer à, c'est bizarre, à je commencer ou je commence à comprendre. Je pouvais désormais observer comme cette particularité agissait dans ma vie. Et peut-être même en jouer, d'ailleurs, j'en jouais depuis des années, mais, encore une fois, sans pouvoir mettre des mots dessus et sans pouvoir, quelque part, me découvrir moi-même, me comprendre moi-même, m'explorer. Ça pouvait expliquer pourquoi certains lieux ou certains souvenirs restaient si présents. Pourquoi j'entrais facilement dans dans un récit, mais aussi pourquoi certaines images mentales pouvaient parfois prendre trop de place. Parfois, mes émotions me submergent pour simplement un dialogue dans un film ou quelqu'un qui me parle et je me sens submergé par l'émotion. Et lorsqu'on comprend mieux un fonctionnement, on peut cesser de le subir entièrement. On peut apprendre à l'utiliser, mais aussi à reconnaître ses limites. Pour l'instant, je n'ai pas encore découvert toutes ces limites, mais c'est quand même intéressant. Dans mon cas, cette imagination sensorielle peut nourrir ma manière de raconter raconter, de visualiser ou de transmettre. Mais je peux également repérer le moment où ça se transforme, où ça transforme une simple inquiétude en scène intérieure presque réelle. Je n'ai pas besoin de faire disparaître cette capacité. J'ai besoin d'apprendre à vivre avec elle. C'est ce déplacement qui m'intéresse aujourd'hui. Et surtout, ce n'est pas le fait que vous puissiez ou non reproduire ce que je vis. Je n'ai pas un super pouvoir au point de rentrer dans l'équipe des Avengers. Le problème n'est pas là, ou plutôt le propos. n'est pas là, parce qu'il n'y a pas de problème. Mais simplement, vous permettre de comprendre que parfois, nous avons des émotions, nous ressentons des choses sur lesquelles nous avons mis un foulard, un tissu, où nous avons caché nos aptitudes, nos capacités, nos différences, si on les appelle comme ça, en disant que de toute façon, personne ne comprendra. On ne sait même pas explorer soi-même. Nous sommes nombreux à avoir grandi avec des qualificatifs qui ne nous expliquaient pas vraiment. Un enfant est ingérable parce qu'il ne tient pas à sa place, on en reste là. Un autre était paresseux parce qu'il lisait avec difficulté. Quelqu'un était considéré comme froid parce qu'il ne savait pas exprimer ses émotions comme les autres. On nous a imposé... dès le départ de la société, nous a imposé dès le départ une façon d'être, une façon de concevoir le monde, la société, notre responsabilité. Ensuite, il est peut-être temps de faire des mises à jour pour. nous-mêmes pour mieux se comprendre. Et donc, comme on avait l'impression, les profs, les professeurs nous disaient, ouais, elle est ingérable, la famille disait, elle est paresseuse, ou elle est paresseuse, celle-là, on ne lui parle pas, elle est en moitié débile, elle ne comprend pas ce qu'on lui dit, ben voilà, le jugement arrivait avant la compréhension, et nous, nous sommes habitués à ça. Pourtant, aujourd'hui, certaines de ces expériences peuvent être explorées plus sérieusement. Parfois, la piste concerne un trouble reconnu, et un trouble, c'est pas grave, tout va bien. Je mets même même le trouble entre guillemets, comme le TDAH, un trouble du spectre de l'autisme ou une dyslexie. Dans d'autres cas, elle décrit plutôt un profil cognitif ou d'une manière particulière de ressentir, comme le haut potentiel, l'axélytémie ou l'hyperfantasie dont je viens de vous parler tout à l'heure. Et quand on est dans ces cadres-là, c'est difficile de parler à quelqu'un en lui disant « moi je ressens ci, je ressens ça » . Et d'un autre côté, en face, vous dites « Mais moi, je ne ressens pas du tout ça » . Et comme on va plutôt revenir dans une situation que l'on maîtrise, surtout en Occident, encore une fois, on passe tout de suite pour quelqu'un de particulier. Et nous ne sommes pas particuliers. Oui, bien sûr, nous avons peut-être des capacités ou quelque chose qui nous rend unique. Mais il y a plein d'autres choses qui peuvent nous rendre uniques aussi en dehors de ça. Mais je m'égare. Le but, ce n'est pas de chercher un acronyme capable de résumer toute notre personnalité. Le but, c'est de sortir du silence, pouvoir dire « voilà ce que je vis, je ne sais pas encore bien l'expliquer, mais ça existe et j'aimerais le comprendre » . Cette phrase peut sembler banale, mais elle ne l'est pas. Parce que tant que nous nous contentons de dire « je suis nul » , « je suis trop lent » ou « je suis incapable de me concentrer » , nous ne décrivrons rien. Nous nous condamnons. À partir du moment où nous expliquons ce qui se passe concrètement, une recherche... devient possible. Et ça demande déjà en soi une envie de mieux se connaître. Et parfois, cette recherche permet de relire toute une partie de son histoire. Je sais un petit peu, voire même beaucoup, pourquoi je peux le faire. vivre comme ça des situations particulières. Steven Spielberg n'a découvert sa dyslexie qu'à l'âge adulte. Il avait environ 60 ans. Mais cette découverte n'a évidemment pas créé son talent de réalisateur. Mais ça lui a permis de comprendre autrement les difficultés de lecture. Le retard scolaire qu'il avait, le sentiment de différence qu'il a connu dès son enfance. C'était d'ailleurs pour ça qu'il a été créatif et que derrière, il a pu créer des grands films. Richard Branson, le fondateur de Virginie. parle lui aussi ouvertement de sa dyslexie. Toujours, plutôt que de passer sa vie à travailler contre sa manière de penser, il a construit un environnement professionnel dans lequel son imagination, sa vision globale et son besoin de simplifier pouvaient devenir utiles. L'exemple qui se rapproche peut-être le plus de ma propre expérience est celui de Temple Grandin. Je ne connaissais pas, mais on m'a donné cet exemple-là. Temple Grandin est une scientifique américaine autiste et professeure en sciences animales. Elle est notamment connue pour ses travaux sur le comportement du bétail et pour les installations qu'elle a conçues afin de réduire le stress des animaux. Et elle explique penser pratiquement ou principalement en images. C'est vrai que de mon côté, je pense beaucoup à la science. beaucoup en images. Là, en ce moment, je vous parle, il y a plein de choses qui se passent en images. Ça va, tout va bien, mais moi, je pense effectivement plutôt en images. Cette manière de traiter les informations a pu la placer en décalage avec les autres. Oui, bien sûr. Mais ça lui a aussi permis de visualiser très précisément un dispositif avant sa construction et d'imaginer ce qu'un animal pouvait percevoir en le traversant. Temple Grandin n'a pas réussi en faisant disparaître ces différences. Elle a trouvé un domaine dans lequel cette différence pouvait être comprise et utilisée. Amusez-vous, soyez curieux, allez taper sur internet, il y a plein, plein, plein d'autres exemples de personnes qui se sont découvertes LH, qui se sont découvertes hypersensibles, qui ont compris, mieux compris leur réaction de tous les jours, et parfois même joué avec cette particularité. Il faut néanmoins rester prudent avec ce genre d'exemple, bien sûr. Votre différence n'a pas besoin de vous transformer en grand réalisateur, en milliardaire ou en scientifique. reconnues pour mériter d'être respectées pas du tout. Peut-être que mieux vous comprendre vous permettra simplement de reconnaître que vous travaillez mieux dans le calme par exemple, que vous avez besoin de plus de temps pour intégrer plusieurs informations ou que certaines interactions vous épuisent davantage que vous ne vouliez l'admettre. Et c'est déjà essentiel. Parce que le même fonctionnement peut être vécu comme un handicap dans un environnement et devenir beaucoup plus facile à vivre dans un autre. Une personne sensible au bruit peut perdre tous ses moyens dans un bureau ouvert et retrouver immédiatement sa concentration lorsqu'elle dispose d'un espace calme. Ça c'est important. C'est très important. Et ce n'est pas forcément sa capacité de travail qui pose un problème. C'est peut-être le cadre du travail. Comprendre cette différence ne signifie pas refuser toutes les contraintes de la vie ou demander au monde entier de s'adapter à nous. Ça signifie simplement qu'il faut arrêter de construire systématiquement notre quotidien contre nous-mêmes. Je suis comme ci, je suis comme ça, je suis plus lent que les autres, dès qu'il y a du bruit ça me dérange. Mais plutôt, encore une fois, se comprendre, s'accepter et s'aimer comme ça. Avant de bouleverser son travail, ses relations, son organisation, nous pouvons commencer par comprendre que nous essayons ce que nous essayons réellement de fuir et c'est souvent nous-mêmes. Est-ce que notre vie ne nous correspond plus ? Est-ce que la manière dont nous obligeons à la vivre n'est pas quelque chose qui nous pèse ? Alors qu'il suffirait, entre guillemets, de mettre des mots sur des choses qui peuvent paraître pour les autres bizarres et qui pour nous sont habituelles. Et cette distinction est importante lorsque nous changeons notre environnement parce que nous le détestons, nous risquons d'emporter le même conflit intérieur avec nous. Lorsque nous commençons par nous comprendre et nous accepter, nos décisions deviennent généralement plus précises. Nous ne cherchons plus seulement à fuir ce qui nous fait mal ou ce qui nous rend différent, ce qui nous fait fuir le regard des autres, mais nous cherchons un cadre. plus compatible avec la personne que nous sommes. C'est cela, à mon sens, s'aimer. Ce n'est pas se trouver merveilleux en permanence. Ce n'est pas transformer chaque difficulté en qualité exceptionnelle. C'est pouvoir regarder son propre fonctionnement sans mépris, avec bienveillance. Et pour ça, on peut essayer. Comme vous le voyez, il y a plein de tests sur Internet et puis il y a surtout des professionnels, si vous êtes en France, que vous pouvez, ou en Belgique, ou en Suisse, ou en Afrique, parce que je sais que le podcast est aussi également écouté. loin loin de Bali en Afrique par exemple ou aux Etats-Unis, allez voir un professionnel qui peut vous faire passer un test. C'est encore pouvoir regarder son propre fonctionnement sans mépris. Vous n'êtes pas seul. Reconnaître ce qui nous aide, ce qui nous fatigue, et ce qui mérite peut-être d'être exploré à quelqu'un de compétent. Puis, adapter ce qui peut l'être. Peut-être votre propre rythme, peut-être votre manière de travailler. Jusqu'à présent, vous travaillez dans le bruit, et vous allez vous rendre compte que ce n'est pas vous qui avez un problème. Mais c'est le cadre qui ne convient pas, il suffit de le changer. Peut-être certaines attentes que vous vous imposez depuis des années. La différence fait partie de la vie, nous sommes tous différents. Nous ne ressentons pas tous les choses avec la même intensité. Si je vous parle de la plage par exemple, je vais dire, merde, mais il est complètement con lui. Mais pas du tout, je ressens ça. Mais c'est pas grave, tout va bien si vous ne le ressentez pas. Nous ne concentrons pas notre attention de la même manière. D'ailleurs, moi, quand j'étais plus jeune, j'avais beaucoup de mal à me concentrer, ce qui est peut-être... explique cela. Je n'étais pas le premier de la classe, bien loin. Nous ne comprenons pas le monde par les mêmes chemins. Et le problème n'est pas cette diversité. Le problème commence lorsque nous décidons qu'une seule manière de fonctionner est acceptable. Et c'est la même chose pour vos enfants. Regardez-les évoluer. Regardez-les bouger. Regardez-les changer, bien sûr, aussi. Puis n'hésitez pas à les aider, à se découvrir. Pensez à une particularité que vous avez longtemps considérée comme un défaut. Ah oui, bon, imaginez... David, il part en tous les sens. C'est-à-dire, il imagine toujours des trucs, j'en ai fait ma force, avec la créativité, avec créer des spectacles, créer des événements. À l'époque, je ne savais pas que c'était à travers cette capacité, entre guillemets, que ça me pouvait permettre d'imaginer des choses, d'imaginer des contextes, des événements. Mais maintenant, je comprends mieux. Pas besoin de vous trouver immédiatement un nom ou un diagnostic, c'est pas la peine. Essayez seulement de décrire ce que vous ressentez sans vous insulter. Au lieu de décrire « je suis trop long, je suis trop lent, je suis bizarre » , racontez ce qui se passe réellement. Peut-être avez-vous besoin de silence pour réfléchir. Peut-être que plusieurs consignes, simultanément, vous font perdre vos moyens. Encore une fois, nous avons un regard occidental. Si ici, à Bali, quelqu'un dit « Moi, je ressens les esprits, je vois des esprits, je vois les entités » , on ne va pas se moquer de lui. Bien au contraire, on va exploiter ta capacité, et dans les cérémonies, tu vas pouvoir parler avec les ancêtres. On ne se moque pas de lui. C'est vraiment un regard occidental que nous avons. Alors, commencez par cette phrase. Ce que je vis... et que je n'ai jamais vraiment réussi à expliquer, c'est... Qu'est-ce que vous vivez et que vous n'avez jamais vraiment réussi à expliquer ? Et puis ensuite, vous écrivez quelques lignes, tranquillement. C'est peut-être maladroit, hein, c'est peut-être... Ouais, mais c'est pas grave, hein. mon propre chemin a commencé par une question mal formulée. Et puis vraiment, j'ai lutté, j'en parlais très peu. Là, c'est peut-être une des premières fois où j'en parle vraiment, parce que tout ça est lié à plein d'autres choses derrière. Le fait de voir des choses, encore une fois, un paysage, tout ça, de renaître, ressentir des émotions, il y a plein d'autres choses qui en découlent également. Mais tout d'un coup, je n'en parle plus facilement. Parce que c'est en acceptant de poser ces questions mal formulées, puis au fur et à mesure de les préciser, qu'une piste est apparue. Je précise bien une piste. Je ne me mets pas l'étiquette de post-it sur le front. Mais si vous avez besoin d'un regard extérieur pour clarifier ce que vous ressentez, vous pouvez m'écrire. Attention, je ne poserai pas de diagnostic. Je ne suis pas un professionnel, un thérapeute spécialisé dans ce type de recherche. mais nous pouvons commencer par mettre des mots sur notre propre expérience et déterminer quelles questions méritent d'être approfondies. Et si cette piste révèle un trouble, par exemple, le bon interlocuteur sera ensuite un professionnel formé. Moi, je m'occupe du changement de vie, mais je pense que ça fait partie de ce qu'il faut, qui est important de comprendre dans le changement de vie. Parce qu'avant de vouloir changer votre vie, il était temps. de mieux comprendre la personne qui va devoir la vivre cette vie et de commencer à construire autour d'elle plutôt que contre elle. Voilà un épisode qui me tenait à cœur de partager avec vous parce que je l'ai découvert il n'y a pas longtemps. J'ai mis des mots sur des choses que... que je trouvais amusante, rigolote à vivre. Et puis au bout d'un moment, je me suis dit, c'est peut-être temps de creuser un peu le truc et de me demander si d'autres, comme moi, pouvaient le vivre. Alors bien sûr que j'en ai parlé à des créatifs, j'en ai parlé à des directeurs artistiques, j'en ai parlé à d'autres personnes, d'autres non. Mais en tout cas, je me sens moins seul, moins stupide, moins maladroit. Et tout d'un coup, je me suis dit qu'il était temps que je partage ça avec vous pour que vous, de l'autre côté, vous regardiez ce qui, jusqu'à présent, vous a gêné, vous avez trouvé ça bizarre. vous avez ça troublant, vous n'êtes pas forcément parlé autour de vous, si vous en avez parlé, on s'est moqué de vous. Alors qu'encore une fois, nous sommes tous différents, nous avons tous des façons différentes de comprendre et d'appréhender le monde qui nous entoure. Vraiment, c'est très important de comprendre ça. Nous sommes tous différents dans la compréhension du monde qui nous entoure, dans la notion d'univers, dans la notion d'invisible également. Il est très important de se comprendre mieux, de s'accepter et de s'aimer. J'ai même envie de dire, avant de commencer à aimer les autres, commencez déjà par vous comprendre et vous aimer. Merci d'avoir écouté cet épisode, encore une fois très particulier. N'hésitez pas à partager avec d'autres personnes qui se sentent, encore une fois, mal compris. particulière, avec vos enfants, bien sûr, qui peut-être se sentent maladroits, qui se sentent différents. Tant mieux ! Mais encore une fois, comprendre sa différence, c'est vraiment important, et ça peut être un véritable atout, même si on pense que ça peut être quelque chose de bancal ou de pénible. Non, non, non, non, ça peut être aussi quelque chose, un vrai atout, à partir du moment où vous avez compris comment vous fonctionnez. Je commence à me répéter les temps que j'arrête cet épisode, mais que j'avais vraiment envie de partager avec vous. partagez-le avec d'autres personnes, partagez-le avec vos enfants, avec votre conjoint, pour lui dire que vous avez compris que lui aussi ou elle aussi était particulière dans son approche, mais qu'elle n'était pas à part, elle était juste une belle personne, une personne que vous avez envie d'écouter et de comprendre, et qui est important aussi qu'elle s'écoute, et puis laissez des étoiles sur Spotify, Apple Podcast, dites-moi ce que vous en pensez, laissez-moi des messages, envoyez-moi des mails d'ailleurs, n'hésitez pas à m'envoyer des mails, Vous avez l'adresse d'ailleurs sous l'épisode. de m'envoyer un mail ou d'échanger avec moi pour, encore une fois, faire un bout de chemin ensemble pour ce changement de vie qui commence par vous. Et puis on se retrouve très bientôt quand il sera minuit à Bali. Musique de générique