Speaker #0Tu te sens impuissante face à ce que tu vis, tu subis, en te demandant pourquoi ça t'arrive à toi, pourquoi tes relations sont aussi compliquées, mais si le problème n'était pas là où tu regardes, et si tout ça n'était pas une fatalité, mais une invitation, celle de te choisir, pour de vrai. Bienvenue dans Miroir Miroir, montre-moi ce que je ne veux pas voir, le podcast qui te met face à toi, par Garance Gabarit. Je suis super heureuse de te retrouver aujourd'hui pour ce nouvel épisode. Et avant de rentrer dans le vif du sujet de ce nouvel épisode, j'avais envie de te partager un petit peu ce que je vis en ce moment. Je suis à une très chouette période où après avoir passé des mois, voire des années, à avoir le sentiment d'errer d'une quête à l'autre et d'à chaque fois avoir l'impression de repartir à zéro sans jamais trop avancer. J'ai l'impression qu'aujourd'hui je suis en train d'ajouter la pièce manquante qui lie tout ce que j'ai vécu ces dernières années et quel bonheur de tout d'un coup avoir ce sens, cette évidence et surtout de retrouver la joie dans tout ce que je fais et j'avais envie de te le partager Parce que c'est vraiment le genre de période qui font du bien. Et je sais que c'est que le début, mais c'est vers là que je m'en vais. Et pour aujourd'hui, on va aller dans un sacré épisode. Sûrement le plus vulnérable que j'aurais fait jusque là. Puisqu'on va parler du fait que pour être aimée, j'ai joué le rôle de ma vie. Et c'est possible que ce soit un petit peu émotionnel pour moi dans les choses que je vais aborder aujourd'hui. Et c'est très bien, parce que je pense que c'est très important qu'on ait cette conversation aujourd'hui. Être aimée, c'est ma quête de toujours, ma blessure de toujours, du plus loin que je me souvienne. Et je pense que c'est très lié à ce que j'ai vécu enfant. A commencer par le fait que je n'étais pas un enfant désiré. Et quand ma mère est tombée enceinte, donc a priori ils ont décidé de me garder, et il faut savoir que mon père était de la vieille école et que lui était le fils aîné de sa fratrie et que... C'était pour lui, pour que la famille perdure, c'était important d'avoir un fils aîné. Ce qui fait que le jour où ma mère lui a annoncé, en sortant de son échographie, que j'étais une fille, elle m'a raconté qu'elle a senti une déception chez lui, qu'il a rapidement rattrapé en restant dans la célébration, dans la joie, mais qu'il y avait quand même eu ce moment de déception où ce n'était pas ce à quoi il s'attendait. Je commence déjà à avoir chaud en en parlant et je pense que de là est née une croyance très très forte qu'il faudrait que je sois autre chose que ce que je suis pour être aimée. Et tout au long de ma vie, c'est une blessure que j'ai honorée, à laquelle j'ai laissé énormément de place. Et aujourd'hui j'ai envie un petit peu de faire la rétrospection à cause de cette peur, à cause de ce besoin d'être aimée, tout l'impact que ça a eu dans mes relations. Et pour commencer, déjà m'entourer ça a toujours été très compliqué, je pense pendant très longtemps j'ai vraiment fait les mauvais choix parce que j'ai appris aussi que l'amour ça se méritait mais au delà de se mériter c'était pas tout rose Mon père était alcoolique, ce qui fait que J'ai toujours vu deux facettes de lui. La facette que je n'aimais pas, qui était la plupart du temps celle qu'il avait quand il buvait. Et la facette de lui quand il arrêtait de boire et tout d'un coup il devenait un autre homme. Et qui était cette version que là pour le coup j'aimais et que je voulais qu'il soit toujours présente. Ce qui fait que très jeune j'ai intégré aussi que... Il y avait des comportements qui étaient normaux dans une relation. Et comme mon besoin premier c'était d'être aimée, quelque part tout ce que j'avais à faire c'était de passer au-dessus de ces comportements-là. Donc bien évidemment que dans mes premières amitiés ça a été compliqué, que j'ai vécu des situations de harcèlement avec mes meilleurs amis, mes amis les plus proches. Et que pour autant je restais là, parce que je me devais d'être loyale, parce que... Elle traversait des choses qui faisaient que je ne me donnais pas le droit de moi me protéger. Et donc j'ai continué d'intégrer que c'était ça mon rôle, c'était de subir. Mais que tout ce qui comptait à la fin, c'était d'être entourée et quelque part d'être aimée. Bien évidemment que ma première relation amoureuse a été un chaos du plus total. Je me suis dirigée vers un garçon qui était fortement convoité et quand tout d'un coup il a posé ses yeux sur moi, je me suis sentie exister, j'ai eu le sentiment d'être spéciale. Pour qu'on reste ensemble, j'ai troqué le fait de faire ma première fois et utiliser ma sexualité comme un argument de taille pour que, comme il faisait avec toutes ses relations au bout de trois mois, il ne me laisse pas au bout de trois mois. Ce qui a fonctionné, entre guillemets, même si ça a laissé beaucoup de séquelles et de choses à réapprendre par la suite. Et j'ai sincèrement, j'ai toléré des situations, mais c'est dur pour moi d'être douce avec cette version-là de moi qui cherchait juste à être aimée. Et tu vois, pendant que je le dis, j'ai à la fois la tristesse de celle qui cherchait tellement à être aimée, et la colère de celle d'aujourd'hui de me dire, mais putain, comment tu pouvais avoir une si petite estime de toi pour avoir supporté tout ce que tu as supporté. Et tout ça cohabite ensemble et fait ce que je suis aujourd'hui. Mais ça a été sincèrement pas un apprentissage sain. Parce que bien évidemment, il m'a trompée, puis on s'est remis ensemble. Et du coup, dans la suite de notre relation, j'étais toujours la victime, lui il était toujours le coupable. Et ni lui ni moi pouvions être nous. J'avais aucune sécurité, j'étais énormément angoissée. Jusqu'au moment où je me suis détachée et que pour le coup mon mari actuel qui était mon meilleur ami de l'époque soit là pour m'accompagner et me donner le courage de faire cette rupture parce que seule je pense que j'en aurais pas été capable. Et que ensuite avec lui pour le coup on avait une amitié très très fusionnelle, on était souvent ensemble. Et l'amour était déjà là, sauf que lui était avec quelqu'un, puis moi avec quelqu'un, et que c'était compliqué. Et le jour où on s'est retrouvés disponibles tous les deux, on s'est retrouvés. Et je suis très fière que ce soit à ces côtés que j'ai appris à aimer différemment, même si sincèrement. Mes vieux schémas ont failli me faire le perdre parce que j'étais tellement angoissée et je me mettais tellement dans une place de celle qui subit, celle pour qui c'est insupportable et qui projette tout sur lui et qui presque veut être dans le contrôle pour pouvoir être en sécurité, qu'il y a vraiment des fois où il a dû partir pour que je me rende compte que là j'avais des choses à aller regarder moi de mon côté et pour justement offrir à notre relation d'être ce qu'elle a été par la suite. Au niveau des amitiés, j'ai eu aussi la chance au lycée de rencontrer ma meilleure amie, avec qui on est restés inséparables pendant très longtemps, on était toujours toutes les deux ensemble. Et on a cette grande chance d'avoir grandi ensemble, alors que vraiment, du chemin on en a fait, elle comme moi. Et c'est vraiment aussi une relation que je sais que ce soit avec elle ou que ce soit avec mon mari. J'aime bien prendre le temps parfois de me rappeler la chance que j'ai aussi d'avoir eu ces relations dans lesquelles j'ai toujours eu la place d'être moi et surtout d'évoluer. Où j'ai pu avoir des schémas qui remontent, que j'ai pu regarder, que j'ai pu transformer et qu'en fait à travers ces relations là je puisse réellement grandir et me voir pour ce que je suis. Et sincèrement. Je crois que c'est la plus belle chose qu'on puisse vivre dans une relation. À côté de ça, en amitié, j'ai aussi continué de vivre des schémas où je tolérais beaucoup de choses sous prétexte qu'il y avait des choses positives à côté et que je savais que la personne avait de l'affection pour moi. C'est comme si... Le fait que je savais qu'elle m'aimait, parce que ce qui est assez fou, c'est qu'avec cette grosse blessure, je sais voir quand la personne tient à moi. Et une fois que je le vois, c'est comme si c'était la seule chose qui comptait et qu'en fait tout ce que je pouvais vivre à côté, c'était pas important. Et que je le mettais un petit peu sous le tapis parce que tout ce qui comptait, c'était que je sois aimée au final. Donc des amitiés où il y a eu beaucoup d'histoires, dans des groupes d'amis. Beaucoup d'espèces de déchirements qui au fur et à mesure je trouvais quand même le courage d'y mettre un terme et ce qui est assez drôle avec moi c'est que j'ai vécu plus de ruptures amicales que amoureuses du coup. Et qu'à chaque fois, c'était des moments très forts pour moi que d'être capable de voir une situation qui pouvait se reproduire un certain nombre de fois, certes, mais qu'à un moment, je le regardais et que j'acceptais de dire, ça ne peut plus continuer comme ça, et que je puisse y mettre un terme. À chaque fois, c'est les moments où j'ai senti le plus d'alignement, de puissance en moi et que je retrouvais quelque part toutes ces choses que je mettais dans les mains de l'autre pour être aimée. Et la dernière relation auxquelles j'ai mis un terme, qui était aussi une relation très fusionnelle, je me rappelle qu'au moment où j'ai vu cette personne-là pour lui partager tout ce que je ressentais, le fait que j'avais cette distance, elle m'a dit cette phrase qu'elle pensait que nous deux ce serait à la vie à la mort. Et je me rappelle que ça m'a vraiment marquée et que j'ai trouvé ça très violent parce que très symptomatique justement de ces liens d'attachement. qui ne sont plus une ouverture et une liberté, mais qui deviennent une prison, parce qu'on considère que la relation prend le pas sur nos besoins individuels, notre responsabilité individuelle. Et ça aujourd'hui, c'est vraiment tout ce que je me refuse de vivre. Parce que je crois sincèrement que les relations, justement, ça peut être un endroit où justement on revient dans notre individualité, dans notre responsabilité. À partir du moment où on accepte de regarder pourquoi est-ce qu'on va faire qu'une relation a plus d'importance que ce que je ressens en moi. Et dans mon cas, le fait de chercher à être aimé à tout prix, c'est ça qui faisait que... Chaque relation avait plus de poids pour ce qu'elle était que ce que je pouvais ressentir moi. Aujourd'hui tout ça est en train de se transformer. Je suis en train de découvrir des nouvelles façons de vivre mes relations. Et je suis vraiment fascinée parce que... Ce qui est très drôle, c'est que tout ce qui touche au domaine relationnel a toujours été ce qui m'a fascinée, ce qui m'a le plus intéressée. Ce dans lequel j'ai toujours voulu travailler. Sans pour autant être capable de faire le lien direct avec ce que je vivais moi, même si je me doutais que c'était une façon de m'apporter des réponses. Et aujourd'hui, j'ai l'impression de réussir à rassembler tout ça. Et c'est très très agréable le moment où ton histoire fait comme corps avec ce que tu désires au plus profond que toi. Et qu'une espèce de paix s'installe, parce que tout devient simple quelque part. Tout devient beaucoup plus clair, et beaucoup plus apaisé aussi. Je sais que j'ai encore beaucoup de choses à vivre et à apprendre et à expérimenter dans mes relations. Mais je suis tellement heureuse aujourd'hui d'être capable de voir cette peur et ce besoin d'être aimée. De le voir pour ce qu'il a toujours été dans ma vie. Mais de plus ne le laisser dans l'ombre guider un petit peu tous mes choix. Mais au contraire, me dire, ok, c'est plus en jouant celle qui ne peut qu'être aimée, ce que je me suis imposée vraiment avec violence pendant beaucoup d'années. en étant toujours dans la compassion, toujours tolérante, là où je faisais taire ce que je pensais vraiment, ce que je ressentais vraiment, pour pouvoir me dire Non mais moi, on ne peut pas ne pas m'aimer. Et je me rappelle que souvent, quand je voyais des entrepreneurs en ligne qui partageaient le fait qu'au moment où on porte véritablement son message, c'est là où on commence à être détesté. A chaque fois que j'entendais cette phrase, je me surprenais à me répéter la même chose, à savoir, non mais moi c'est pas pareil, moi je ne peux qu'être aimé. Et si aujourd'hui c'est quelque chose que tu te dis aussi, c'est très certainement parce que tu es encore derrière le masque de celle qui a besoin d'être aimée à tout prix, et que tu n'es pas vraiment toi. Et tu peux juste le regarder pour ça, chaque chose en son temps. Mais chez moi c'est vrai que ça a été un bel indicateur. de ce que je m'autorisais à être ou pas. Et une fois que j'ai pu regarder tout ça, c'est là où j'ai pu me dire, ok, en fait, je ne veux pas être aimée à tout prix. Ce que je veux, c'est m'aimer suffisamment moi pour m'autoriser à être moi et faire justement de mes relations un lieu où je me révèle, un lieu où je peux être moi, où je m'entraîne et je m'expérimente à être moi, pas seulement dans ma tête. Mais qu'au final, ce soit toujours moi que je choisisse et pas la relation où je sais que derrière, je serai aimée. C'est un sacré parcours. Je sais qu'il me reste encore beaucoup de chemin. Mais je suis très heureuse de le vivre. Alors je serais curieuse de savoir si cet épisode a résonné avec toi. Je sais que ça touche à une blessure très profonde. Alors si tu en ressens l'envie, n'hésite pas à venir échanger avec moi sur mon compte Instagram. Ce sera avec plaisir que j'accueillerai et qu'on pourra échanger sur le sujet. Parce que je sais à quel point ça peut être la base de tout ce qu'on construit, de toutes les relations qui nous entourent. Et que quand on le regarde, ça peut faire vraiment peur. Alors n'hésite pas. Et on se retrouve dans un prochain épisode.