- Speaker #0
Bonjour chères auditrices, chers auditeurs et bienvenue dans Mon Pas de Côté, le podcast qui met en valeur l'expérience et l'audace de celles et ceux qui ont osé. Je m'appelle Dine, je suis psychologue certifiée en analyse transactionnelle et en coaching. J'accompagne les parcours de vie depuis déjà une dizaine d'années. Et depuis peu, j'ai créé l'écosystème Mon Pas de Côté. Tu y retrouveras le podcast, la newsletter et très prochainement, des week-ends pensés comme des retraites. confidentielle et immense en pleine nature. Et pour le moment, je te laisse le plaisir de découvrir le nouvel épisode de Mon Pas de Côté. Belle écoute ! Bonjour Olivier !
- Speaker #1
Bonjour Andine !
- Speaker #0
Je suis ravie de te retrouver ce matin pour Mon Pas de Côté et... Dans un premier temps, est-ce que tu pourrais te présenter, s'il te plaît ?
- Speaker #1
Oui, oui, je m'appelle Olivier, donc j'ai 44 ans. Je suis originaire du sud-ouest de la France et j'exerce à Paris. Je travaille à Paris depuis plus de 15 ans et je suis avocat.
- Speaker #0
Ok, très bien. Et tu viens d'où alors ? Tu disais que tu venais de la région du sud-ouest, mais est-ce que tu peux en dire un peu plus ?
- Speaker #1
Oui, je suis originaire de Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, la Nouvelle-Aquitaine. Et j'ai là-bas ma famille, mes amis, en tout cas une partie de mes repères sont là-bas. Donc c'est pour ça que je prends souvent le temps de le rappeler dans ma vie personnelle ou professionnelle.
- Speaker #0
Tu as grandi là-bas avec quelle valeur, tu dirais ?
- Speaker #1
Alors, j'ai grandi là-bas avec quelle valeur ? Avec une proximité avec la nature. avec le plaisir pour les choses vraies, les relations humaines vraies, sincères et franches, avec un sens de l'amitié assez fort, avec une attraction certaine pour tout ce qui est sport de glisse, avec, je ne sais pas, avec un regard éloigné de ce qui se passe à Paris et parfois en France.
- Speaker #0
C'est quoi les sports de glisse ?
- Speaker #1
Là-bas, on pratique beaucoup le surf, le snowboard, le skate. Pour nous, c'est un peu la Californie française. Pour certains, c'est plus le rugby, d'autres, c'est plus le basket. Mais moi, j'étais plus dans l'ambiance sport de glisse.
- Speaker #0
Et tu arrives à en faire encore aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors, le skate, je pourrais en faire à Paris. Il y en a beaucoup qui ride à Place de la République, mais le surf, c'est plus compliqué. Le surf, oui, je saute dans un avion de temps en temps, en fonction de ma vie. Et il y a des spots pas très loin. Et le snow, le snow pas tant que ça en ce moment.
- Speaker #0
Ah ! Comment ça se fait ?
- Speaker #1
Le snow, ça demande plus d'organisation, en fait. J'ai mon matos matériel souvent à peau. Je ne l'ai pas doublé à Paris. Et donc, ça demande que je passe par chez mes parents avant de bouger, pour aller à droite, à gauche. Ouais. Non, non. Voilà. Après, en réalité, je suis né à Pau, mais mon père était militaire. Donc, je suis né à Pau, j'ai déménagé. Je suis revenu à Pau à l'âge de 12 ans. Et là, j'ai fait 12 ans à Pau. Mais je me dis, je suis né à Pau et j'ai quand même passé une partie de mon enfance là-bas.
- Speaker #0
Et tu étais où alors dans ce laps de temps-là ?
- Speaker #1
J'ai fait Nancy, Compiègne, Versailles, le Luc en Provence, le Kenya. Parfois, on a fait des allers-retours. Une année Nancy, une année Compiègne. On retournait à Nancy, on retournait à Compiègne. C'était un peu... Je déménageais chaque année, parfois.
- Speaker #0
Ah ouais ? C'était comment ?
- Speaker #1
C'était dur.
- Speaker #0
Ouais ?
- Speaker #1
C'était dur, oui. Oui, non, c'était dur. Dur parce que j'étais fils unique. Dur parce que chaque fois, j'étais le bouc émissaire, le petit nouveau, et donc pas celui qu'on apprécie en premier, celui qui n'a pas forcément les mêmes codes et les mêmes repères que les autres.
- Speaker #0
d'accord
- Speaker #1
donc c'était comme c'était en fait la vie était comme ça pas d'autres référentiels mais oui j'ai eu du mal à construire des amitiés jeunes ça prend plus de temps et
- Speaker #0
tu disais tout à l'heure justement que l'une de tes valeurs c'était le sens de l'amitié et on voit qu'il y a cette ambiguïté là entre ce sens d'amitié très fort et la difficulté de créer des amitiés qui durent avec ces déménagements-là ?
- Speaker #1
Oui, en fait, je pense que le sens de l'amitié, il est… il est né de la difficulté d'avoir des amis et des repères fiables. C'est pour ça qu'en fait, c'est justement quand je suis rentré à Pau à l'âge de 12 ans, j'ai mesuré l'importance d'avoir des amis fidèles, précieux, parce que sinon j'en étais un peu dépourvu, petit. Alors après petit, on est petit toujours, mais malgré tout, il y a des liens, des relations sociaux, sociaux et humaines qui se font avec les autres enfants. Et je n'ai pas trop de... Je n'ai pas de souvenirs d'enfance. très peu avec les amis.
- Speaker #0
Comment tu t'es rendu compte que l'amitié, c'était si important dans la vie ?
- Speaker #1
Grâce à mes amis. Grâce à mes amis qui sont le plus bel exemple d'amitié sincère, réelle et profonde. Ils sont vraiment altruistes, ils prennent vraiment soin de moi, ils sont dévoués. Je sais que quand je descends, je n'ai même pas besoin de les appeler, ils m'attendent déjà en bas de chez moi pour m'embarquer. aller surfer, aller boire des coups, se retrouver, ils se mettent vraiment en branle, quel que soit l'âge, quelle que soit la génération, quelle que soit leur vie, parce que maintenant, on n'a plus 20 ans, 25 ans, je sais qu'on est hyper unis et que vraiment, c'est des gens sur qui on peut compter, en fait, c'est ça. Et qui sont trop fous, et qui vous connaissent, et qui vous témoignent, qui ne vous jugent pas, enfin, tout, quoi. Non, non, ils sont trop bien. Ils sont trop bien. Non, non, j'ai de la chance. Oui, j'ai de la chance.
- Speaker #0
Oui, c'est formidable. Et alors, tout le monde n'a pas cette chance-là, justement. Mais toi, tu les as créés, ces amitiés, et tu dirais à ceux qui nous écoutent et qui ont peut-être des difficultés, tu vois, à créer du lien comme ça, amical. Comment tu as fait ? Quand tu regardes dans le passé, aujourd'hui, la continuité du lien, qu'est-ce qui a fait ? fait que ce lien persiste et est si fort aujourd'hui ?
- Speaker #1
Le lien est fort. Qu'est-ce qui fait que ça persiste ?
- Speaker #0
Ben ouais, c'est pas évident.
- Speaker #1
Ça dépend à quel âge on crée ses relations et ses amitiés. Mais là, je pense à un de mes meilleurs amis aujourd'hui. Lui, par contre, c'est une amitié récente que je me suis faite vers 30 ans, 32 ans à Paris. Mes amis du sud-ouest, eux, on a partagé quand même le... C'est ce passage à la vie d'adulte où on s'est mis ensemble au skate, au snow. On a rencontré des difficultés. On en parlait, on n'en parlait pas, mais on était là ensemble. Et on a une histoire commune et on a toujours des envies communes. En fait, on a toujours une convergence. Je pense que la vie ne nous a pas éloignés. C'est ça. La vie peut t'éloigner de tes amis parce que toi, tu évolues, qu'eux, ils évoluent dans une direction et qu'à un moment, on se regarde, mais on n'a plus rien à se dire. Mais nous, l'amitié, elle était fondée sur la simplicité de la vie, sur le fait d'apprécier des plaisirs simples, sur le fait d'avoir envie de rigoler, sur le fait d'avoir envie de se marrer et de faire du sport ensemble. Se retrouver, en tout cas, de couper d'une certaine manière ensemble avec ce monde parfois qui va trop vite.
- Speaker #0
C'est ça. Le monde qui va trop vite, c'est Zygmunt Boman qui a écrit un super bouquin là-dessus qui s'appelle La vie liquide. Il dit que si on ne va pas aussi vite que la vie actuelle, on devient nous-mêmes des denrées périssables.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et je trouve que c'est assez intéressant de voir ce… Bon, petite parenthèse. En fait, quelque part, tu dis que c'est le sport qui vous réunissait, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, honnêtement. Honnêtement, oui. On se retrouvait pour aller skater ou pour aller faire du snow, pour essayer de se dépasser ensemble. Il n'y avait pas de compétition les uns contre les autres. Il y avait une compétition chacun avec soi-même. On essayait chacun de progresser. Et on était fiers pour les autres quand ils passaient des figures qu'on ne savait pas passer. Et on était surtout bien après une journée de ski ou après une session de skate. On était bien individuellement et collectivement. Et puis, on s'est marré et puis on a bien rigolé.
- Speaker #0
C'est ça le sport, en fait, quelque part. C'est la notion de dépassement, de fun et de cohésion, c'est ça ?
- Speaker #1
Pour nous, il y a pas mal de ça, oui. Enfin, justement, il y a le dépassement, mais le dépassement personnel. Et pas le dépassement des autres. Il n'y avait pas cette compétition. Entre nous, il n'y a pas de hiérarchisation. Entre nous, il y en a qui sont meilleurs que d'autres, mais peu importe, en fait. On était là ensemble pour progresser à chacun individuellement. C'était intéressant. Oui, oui. Et les fans, oui, il y a beaucoup de fans.
- Speaker #0
Ce fan, aujourd'hui, tu le trouves dans quoi ?
- Speaker #1
Là, je ne le trouve pas trop, là. Non, justement, dans le travail que j'ai à faire, c'est à trouver du temps pour moi et prendre soin de moi. Et ça, j'en suis… J'ai beaucoup de mal là.
- Speaker #0
Tu sais pourquoi ?
- Speaker #1
Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? En fait, j'ai déjà une vie qui est assez rythmée par mon travail. Et j'ai quand même un métier qui est prenant en réalité. Et après… Je ne sais pas, j'ai toujours tendance à être ouvert vers l'autre plus qu'ouvert vers moi. Là, aujourd'hui, on a passé les fêtes de fin d'année, mais pour moi, ça m'apporte toujours plus de plaisir de me préoccuper des cadeaux à faire que des cadeaux qu'on peut me faire à moi. Et ça, ça ne procure pas le même plaisir. Donc, dans le fait de prendre soin de moi, c'est pareil, je prends presque plus de plaisir à prendre soin des autres qu'à prendre soin de moi. Je préfère libérer du temps pour faire plaisir aux autres que me faire plaisir à moi. C'est un sujet que j'ai à traiter très sérieusement. Enfin non, mais qui est très sérieux, qui ne l'est pas, mais si, c'est quand même...
- Speaker #0
Si, bien sûr. En fait, si on fait un peu d'analyse transactionnelle, j'en fais rarement dans mon podcast, mais là, j'en profite en fait. Tu es en train de parler de ce que l'on appelle l'économie des caresses en analyse transactionnelle. C'est-à-dire, dans cette économie-là, comment je sais donner à l'autre et comment je sais recevoir de l'autre. Et donc si on fait une petite graduation, ce que tu es en train de dire, c'est que dans cette économie des caresses, tu sais super bien donner à l'autre, ça il n'y a aucun problème. En revanche, savoir recevoir, le curseur semble beaucoup plus bas. Et donc l'équilibre c'est de savoir autant donner que recevoir, tu vois. Est-ce que ça te parle ?
- Speaker #1
Ah oui, hier, j'étais en train de réfléchir à ce sujet-là. Et il y a trois ans, quand j'ai abordé une nouvelle relation affective, j'avais un capital d'amour à donner qui était immense. Et je ne cherchais pas, d'ailleurs, à cette époque-là, à particulièrement recevoir. Et je me félicitais de la sensation du plaisir qu'il y a à aimer. Je trouve ça extrêmement triste, personnellement, pour l'individu. Pour moi, d'ailleurs, quand ça m'arrive. Quand je n'ai plus cette capacité à aimer, quand j'ai l'énergie, les ressources ou quelqu'un qui stimule mon envie d'aimer l'autre, je trouve ça magnifique. Parce que quand on n'exprime plus d'amour pour les autres, pour les tiers, pour ses amis, on est pauvre, on est vide, on est gris et je trouve ça extrêmement triste. Donc là, justement, j'étais content d'avoir donné à aimer, mais après, justement, le temps de cette relation, à un moment, j'avais envie de recevoir, effectivement. Et là, je... J'étais un peu déçu en tout cas, où je n'ai pas reçu ce que j'avais besoin d'en se voir.
- Speaker #0
Tu décris quelque chose qui va parler à tout le monde. C'est comment se montrer dans un début de relation. Ça peut être un an, un début de relation. Ce n'est pas que quelques jours ou quelques semaines. Et comment, en fait, dans la relation, chacun peut évoluer. Et comment dans le système du couple, ça désorganise tout quand il y a l'un des deux qui bouge ?
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais.
- Speaker #0
Tu vois ? Parce qu'en fait, quand on se rencontre au début, on montre une partie de nous-mêmes. Parfois, on montre tout, ça dépend. Ou rarement tout. Mais si à un moment, il y a un mécanisme qui change, l'autre, il se dit, je ne sais pas faire. Qu'est-ce qui se passe ? Ce n'est pas comme d'habitude. Zut alors ! Et donc là, tu as tout le système qui est branlé. Parfois, on sait dépasser ça. Donc, c'est par exemple, ça peut arriver... Bon, là, c'est une prise en compte de ses besoins, mais ça peut être par exemple une maladie. Ça peut être tout plein de choses. Tu vois quelque chose qui arrive et qui fait bouger le système. Ça peut être un nouveau job, un déménagement, un enfant, un deuxième enfant, un troisième enfant. Enfin, le truc qui fait bouger le système et le couple ne sait pas s'adapter. Oui. Et du coup, on voit que parfois, le couple, il ne s'en remet pas. Parfois, il sait, il en ressort encore plus fort parce qu'il apprend plein de choses, mais parfois, il ne s'en remet pas. C'est quelque chose de fondamental, ce que tu es en train de décrire. Moi, je suis hyper curieuse parce que je pense que pour chacun, c'est très différent. C'est philosophique. C'est quoi la capacité à aimer dont tu parlais ?
- Speaker #1
La capacité à aimer ? Bon. En fait, c'est être animé par quelque chose qui est en toi, sur cette capacité à aimer. Après, ça peut s'exprimer de plein de manières, mais ma capacité à aimer, c'est être attentionné pour l'autre, c'est la surprendre, c'est lui faire des attentions. En fait, c'est lui montrer de mille manières que la personne compte à nos yeux, qu'elle est importante et qu'elle est belle, et lui renvoyer une image plutôt belle d'elle-même.
- Speaker #0
Alors là,
- Speaker #1
tu vas en faire tomber dix mille. Je me suis tapé plein de trucs. Il y a les cinq langages de l'amour. Effectivement, c'est une façon de résumer des façons qui ont été un élan amoureux. Mais ma capacité à aimer, je ne sais pas. J'adore avoir les yeux de la personne que j'aime en face de moi briller. J'adore sentir l'émotion que ça peut procurer. J'adore la sentir. elle-même animée, lui transmettre une sorte d'énergie positive qui va l'élever et lui faire se sentir bien.
- Speaker #0
Oui, c'est l'amour. L'amour de l'autre de façon inconditionnelle.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Quelque part. Oui.
- Speaker #1
Oui, oui. J'ai tendance à être plutôt passionné, un peu sans limite, mais oui. Sinon, non, la définition de l'amour, je pense que c'est aller à la rencontre de l'autre, aimer vraiment. Mais là, on parlait plus d'une façon d'aimer qui était... Il était dans le partage, dans l'euphorie.
- Speaker #0
C'est quoi être passionné ?
- Speaker #1
Être passionné, c'est bon. Je trouve que c'est de plus en plus dangereux avec le temps.
- Speaker #0
Ah !
- Speaker #1
Être passionné, c'est être un peu incandescent. que l'on a en soi et qu'on partage avec l'autre, c'est être passionné, c'est une sorte d'euphorie, c'est complètement grisant, je ne sais pas, c'est sortir une vague de 10 mètres, comme rouler à 400 km heure, comme courir dans un champ, je ne sais pas, je ne sais pas, la passion, c'est plein de choses.
- Speaker #0
De fortes stimulations intérieures. C'est important justement pour toi ces stimulations-là ?
- Speaker #1
Oui, alors, ouvrir des portes, mais certains ont débat sur mon TDAH ou pas, sur mon hyperactivité. Certains par rapport à ce... En tout cas, pour moi, j'adore être stimulé. Je déteste quand c'est plat, fade, vide. J'aime quand c'est puissant. J'aime quand c'est riche. J'aime quand c'est fou. J'aime... Je n'aime pas quand c'est ordinaire et un peu lisse. Ce n'est pas... C'est insuffisant pour moi.
- Speaker #0
Et ça, en fait, ça peut rejoindre quelque part ton métier. Tout à l'heure, tu disais justement accompagner l'autre, être là pour l'autre. C'est fondamental, j'imagine, pour un avocat. Alors, moi, je ne suis pas avocate. Donc, je ne sais pas ce que c'est que le métier d'avocat. J'ai un fantasme autour de ce métier-là. En quoi... Ta façon de vivre, de ressentir et d'être, tu l'utilises pour ton métier ?
- Speaker #1
Oui, mon métier, c'est défendre. Effectivement, je peux me donner corps et âme pour la défense des intérêts de mon client parce que j'ai un cri de justice à faire valoir, un cri de justice pour lui, un cri de justice pour moi, parce que j'ai… J'ai une soif de justice qui ne sera jamais comblée, parce que la justice, elle est toujours perfectible, et que j'ai envie d'être acteur et pas passif. Et donc, ma passion, oui, je l'exprime par un engagement assez fort. Alors, ça dépend des périodes de vie, ça dépend des autres passions que j'ai dans ma vie, parce que toute passion est dangereuse, tout excès est dangereux, quel qu'il soit. Donc, il faut que je me mesure un peu en ce moment. C'est une période un peu chargée, juste avant les fêtes, c'était très très chargé. J'avais tendance à entraîner les nocturnes non-stop. Donc je dois être prudent aussi, mais effectivement, je ne sais pas, dans mon imaginaire ou dans mon inconscient, vous me mettez sur un champ de guerre, je dirais jusqu'à la mort pour gagner et remporter la victoire. Non, non, sans sacrifice aucun, c'est une métaphore de mon cerveau. Je ne sais pas si c'est sacrificiel ou d'aller au bout de ses envies ou de sa détermination, elle est assez intense. Après, c'est un peu caricatural là, c'est facile de le dire et il y a la réalité, mais en tout cas, dans mon fort intérieur, j'ai un peu cette sensation-là.
- Speaker #0
Et ça, cette soif de justice, de combat, d'action, tu l'as depuis toujours ? Le petit Olivier, lui, qu'est-ce qu'il se disait ?
- Speaker #1
C'est le petit Olivier, justement. On l'a vu tout à l'heure, comme pour les amis, mon enfance a été compliquée, on va dire. Enfin, compliquée, elle n'est jamais faite. Je ne sais pas, d'ailleurs. Il n'y a pas de normalité. Mais la mienne, en tout cas, il est certain que je nourrissais pas mal de frustration. J'avais un cri de justice à faire valoir petit, d'être entendu, d'être considéré, de pouvoir débattre, m'opposer à des points de vue. ce sont plein de libertés que je n'avais pas petit que j'ai donc gardé en moi de façon extrêmement frustrante parce que je ne pouvais pas les exprimer et donc j'ai réussi à les canaliser finalement à les exprimer là aujourd'hui dans le cadre de ma profession.
- Speaker #0
D'accord donc en fait quelque part par ce métier tu réponds aux besoins de l'enfant que tu étais c'est ça ?
- Speaker #1
Oui je pense qu'il y a beaucoup d'avocats névrosés et je pense qu'il y a beaucoup d'amours enfin névrosés au sens Non, vous ne pouvez pas le nommer du terme, mais moi, je pense que c'est thérapeutique.
- Speaker #0
Oui, tu le ressens après avoir plaidoyé ?
- Speaker #1
Pas systématiquement, parce que ça dépend. Mais justement, sur des matières comme en pénal, où j'ai fait un peu de pénal en début de carrière, je pense que là, c'était ultra thérapeutique. Genre, je prenais un shoot d'endorphine qui était incroyable. Dans mon activité d'avocat contentieux d'affaires ou immobilier, moins. puis ça devient un métier aussi c'est certes parfois un art et une passion mais parfois c'est aussi un métier on va dire produire des écritures, aller plaider mais c'est pas toujours le combat d'une vie, chaque dossier si on prend un contentieux locatif il n'y a pas toujours des enjeux humains majeurs mais sinon oui oui en tout cas ce métier me permet, en tout cas m'a permis de m'apaiser parfois sur certains sujets du coup si tu pouvais si c'est ok pour toi Merci.
- Speaker #0
Si tu pouvais aller voir le petit Olivier, tu aurais envie de lui dire quoi ?
- Speaker #1
Par rapport au tout ? J'aurais envie de lui dire... Non, je sais que c'est un exercice. Lui dire, tu t'es quand même bien battu. C'est beau ce que tu as fait. Tu peux te faire de toi. Soin de toi. ne te perds pas.
- Speaker #0
Ça fait quoi intérieur ?
- Speaker #1
Ça fait que il a galéré un petit Olivier. Il est content, mais il a galéré. Je sais pas. Ça fait mes problèmes, je sais que ce n'est pas fini moi. Il faut passer sa vie à s'occuper de son enfant intérieur, ou pas une vie, mais j'ai encore un travail important à faire par rapport à ce sujet-là.
- Speaker #0
Du coup, quand tu regardes justement ton parcours, moi j'aurais envie de dire qu'aujourd'hui, ton pas de côté, ce serait d'apprendre à recevoir, quelque part peut-être, mais c'est un sacré pas de côté d'apprendre à recevoir. c'est pas rien mais dans ta propre histoire tu dirais que on en a tous fait plusieurs mais ce serait quoi le pas de côté il y a eu une bascule pour toi quelque chose qui a
- Speaker #1
été un peu différent mon pas de côté c'est mon pas de côté aujourd'hui c'est c'est rééduquer ma relation à l'amour là où moi c'est vraiment reseté mon mode de fonctionnement j'ai envie de dire instinctif amoureux, bref pour faire plus simple j'ai vraiment tendance à tomber follement amoureux des personnes qui ressemblaient ou qui avaient des signaux qui me rappelaient ceux de ma mère et le problème c'est que je l'ai fait je ne l'ai pas toujours fait d'ailleurs Quand ça s'est présenté, j'avais tendance à être follement amoureux. Et en fait, j'étais follement amoureux de personnes qui avaient les mêmes symptômes que ceux qu'avait probablement ma mère. Et en fait, c'était destructeur pour moi et ça m'a pris du temps. Donc, mon pas de côté, c'est en fait être capable d'aimer, peut-être pas avec la même folie, avec la même passion, parce que ça ne réveille pas le même ancrage émotionnel. d'apprendre à aimer les bonnes personnes les personnes qui sont bonnes pour moi Ok.
- Speaker #0
Non, mais c'est un sacré programme, ça. Parce qu'en effet, qu'est-ce qui fait ? On ne peut pas décider de l'amour. Ça ne se contrôle pas. Ça ne se décide pas. Et après, qu'est-ce qui fait ? Qu'il y a quelque chose qui va nous animer à un moment. Et que ce que tu dis, je sais qu'il y a des choses qui m'ont animée jusqu'aujourd'hui dans l'amour. Mais je sais que ça me fait du mal. Mais pour autant, je n'ai pas su m'en empêcher jusqu'ici. Et donc, il faudrait que j'arrête d'y aller. En fait, le problème, c'est que c'est très intellectualisé et on ne peut pas décider d'où va aller notre cœur, d'où vont aller nos tripes. Donc, quelque part, c'est d'aller soigner ce petit cœur à qui on a appris un amour certainement dysfonctionnel. En fait, c'est ça dont tu parles, j'ai l'impression. Tu me coupes, hein ? et donc en effet ce que tu dis c'est reciter réapprendre à aimer en fait c'est d'aller t'aimer dans le fond de la juste façon pour que tu puisses derrière aimer de la juste façon pour toi et pour l'autre parce que j'imagine que lorsque l'on aime à ses dépens l'autre Merci. qui est aimé à cet endroit-là, ça va être un amour pur et inconditionnel, certes, mais certainement pas un amour qui fait vraiment avancer dans le temps, j'imagine. Un amour qui permet l'autonomie de chacun, je veux dire.
- Speaker #1
Oui, oui. Je ne sais pas si ça te parle,
- Speaker #0
ce que je dis.
- Speaker #1
Si, si. Sur l'autonomie... En fait, là, oui, j'y pensais quand tu me parlais. Moi, je disais apprendre à aimer, mais en fait, c'est apprendre à m'aimer. Parce que je m'aime suffisamment. Je n'accepterais pas qu'il entre dans ma vie quelqu'un qui ne m'apprécie pas à ma juste valeur ou quelqu'un pour qui je dois aller chercher son amour. Donc, ça, oui. Et sur l'autonomie, le lien de dépendance, d'indépendance, la relation à l'autre, elle est toujours assez complexe. il faut toujours trouver un... cette sphère d'autonomie suffisante pour pas se perdre dans le couple et se perdre soi surtout.
- Speaker #0
Est-ce que tu ressens, toi, que ça peut te perdre ?
- Speaker #1
Le couple ?
- Speaker #0
Ça a pu te perdre, en tout cas.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Oui, oui. Oui, oui, je me suis parfois perdu dans le couple, bien sûr.
- Speaker #0
Comme beaucoup, comme beaucoup d'entre nous, je pense qu'on… On est presque tous passés.
- Speaker #1
Moi, je passais un peu d'un extrême à un autre. Soit j'aimais à la folie, la relation cessée. Dans ce cas, après, j'étais le gros dur qui n'était pas capable de sourire à l'autre. Mais ce n'était jamais bon. Ce n'était jamais équilibré. Donc, quand je suis le gros dur, OK, je préserve mes intérêts, mon identité. Je m'aime ou je n'attends pas d'amour en face. Donc, moi, je suis bien dans mon intégrité. Je ne suis pas bien avec le personne. Enfin, je ne peux pas lui apporter de l'amour. On ne peut pas construire. et quand... mais souvent ça c'est des phases de vie très courtes je ne vais pas souffrir mes partenaires longtemps et la relation n'est pas ancrée mais sinon quand je me donne le corps Zéam j'ai parfois tendance à me perdre ou à ne pas trouver la bonne personne ou à ne pas savoir recueillir moi je pense que l'un de mes plus gros défauts c'est que quand j'avais des personnes qui m'aimaient comme j'étais j'avais tendance à partir parce que je ne comprenais pas ce qui se passait je me suis dit il y a un loup quelque part Merci. Le cerveau ne réagissait pas bien.
- Speaker #0
Le cerveau et le cœur non plus.
- Speaker #1
Oui, le cœur non plus.
- Speaker #0
Ça passe aussi là.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Le cœur était bien, mais c'est comme si... Moi, l'amour, j'ai besoin de le gagner. J'étais dans des modes de fonctionnement qui n'étaient pas bons.
- Speaker #0
Finalement, du coup, la relation au snowboard ou au surf, ça marche bien. Puisque là, tu gagnes. À chaque fois, tu te dépasses et tu gagnes là, à cet endroit-là. Et en fait, c'est intéressant parce que tu as utilisé la même expression, corps et âme, pour ton métier. Mais là où j'imagine que ça fonctionne plutôt bien, quand bien même tu dirais que ça te prend trop de temps, ton métier, quelque part, c'est que c'est quand même cadré parce que c'est en fonction de ton client. Et quand c'est fini, c'est fini, quoi. Donc, tu peux te donner corps et âme, mais ça ne va pas t'entraîner dans des années, j'imagine, sauf certains... Non, non,
- Speaker #1
non, ce n'est pas une spirale.
- Speaker #0
Ce n'est pas pareil.
- Speaker #1
Non, non, et puis je n'ai pas la même relation au travail que dans ma vie affective, justement. Le travail reste malgré tout quelque chose avec un impact émotionnel qui est plus faible. Donc, je prends des décisions qui sont plus éclairées que je ne le suis en matière affective.
- Speaker #0
Est-ce que tu es heureux en ce moment ? Est-ce que ça va ?
- Speaker #1
Non, non, oui. Enfin, plutôt non en ce moment. Non,
- Speaker #0
ça ne va pas ?
- Speaker #1
Pas trop. Non, non, je me mentirais. Je mentirais aux autres à dire que ça va. Ça ne va pas.
- Speaker #0
Ça ne va pas ? De quoi tu aurais besoin pour que ça aille mieux ? Si c'est OK, encore une fois.
- Speaker #1
Oui, bien sûr, bien sûr. Je ne sais pas. Qu'est-ce qui... Pour que j'aille mieux ? Je ne sais pas. Là, j'ai besoin de passer par toutes les phases du repos, parce que je suis vraiment fatigué au niveau du sommeil, retraite, hygiène de vie. Voilà, ça, c'est des palliatifs, mais qui sont essentiels. Si je réussis à aller courir, à faire un peu de sport ou aller faire du tennis, ça va quand même me canaliser et me permettre d'aller mieux. Effectivement, je me suis séparé. On s'est séparé récemment avec mon ex-compagne. dans les lignes de relation, ça va faire trois mois dans quelques jours, et c'est assez douloureux. Qu'est-ce que je peux faire pour que ça aille mieux ? Souvent, les gens ont tendance à dire qu'il n'y a que le temps, il faut laisser le temps faire effet. Alors, peut-être le facteur temps. Je pense que le facteur temps, pour me prévaloir de l'oubli et digérer. La plus grande chose qu'on puisse m'offrir, ce serait d'être connecté à la réalité et d'avoir une vision lucide de la relation telle qu'elle a été. Et ça, je ne l'ai pas. Je suis incapable de l'avoir. Ça me désespère et ça désespère mes proches. Et cette incapacité à faire la part des choses entre les bons moments et les mauvais moments et où ma seule capacité, mon cerveau qui ne me rappelle que les... pseudo bons moments ou les moments de tristesse mais pas les mauvais moments et la douleur que je subissais ça me le fait de ne pas l'avoir ma salle ralentit dans ma capacité à me reconstruire et avancer pas besoin de comprendre ce j'ai essayé de comprendre là pendant trois ans et j'ai nature enfin par nature j'ai tendance à vouloir comprendre quand j'en contre une difficulté ça rejoint l'enfant Quand j'étais en souffrance, je n'allais pas réagir par un acte de violence. Donc, le seul moyen pour moi, c'était d'être emmuré dans mon cerveau et dans ma psychologie et d'essayer de comprendre ce qui se passait, comprendre mes parents, comprendre les autres, comprendre, comprendre. Ça, je l'ai développé dans le cadre de mes relations de couple, mais dans la vie, de façon générale, à vouloir analyser, comprendre, théoriser pour apporter des solutions. Là, je me suis battu pour essayer de comprendre, mais c'est difficile aussi de comprendre. tous les sujets que vous apportez dans le pas de côté, c'est difficile, c'est de la psychologie. C'est pas quand on a une blessure, une infirmité, une douleur, elle se voit pas. On voit pas un bras cassé, on voit pas quelqu'un qui boite, on voit pas quelqu'un... On voit pas les blessures de l'autre quand c'est des blessures psychologiques. Et ça, c'est sans doute l'un des défis les plus grands de votre métier ou de cet univers-là, parce que... Pour nous, en face, spectateurs, moi, Olivier, si j'ai quelqu'un en face de moi qui a des blessures et des souffrances, OK, je vais les ressentir, mais mettre un pseudo-diagnostic ou mettre même un vrai diagnostic, et même si on me dit, même si on me donne le diagnostic, j'aurai malgré tout, quelque part au fond de moi, une sorte de résistance et un moment de doute à me dire, est-ce que tu ne racontes pas des histoires ? Que ce soit par rapport à ma mère. ou par rapport à mon ex-compagne, dont on a dit que la relation était toxique, ou dont on a pu me souffler activement, qu'elle était soit manipulatrice, soit...
- Speaker #0
Après, par rapport à ce qui peut être dit sur elle, on va éviter, puisque ça reste public, afin de conserver une sorte de... Mais c'est plutôt par rapport à ton propre vécu. En effet, de se dire qu'est-ce qui fait qu'on a été attachés pendant tout ce temps-là ensemble ? Ce qui est un peu quelque chose de leur... Enfin, attachés, c'est l'attachement. Qu'est-ce qui fait qu'on a eu un attachement si fort ? qui nous a fait si mal, l'un et l'autre, et que maintenant, c'est fini, et ça fait toujours aussi mal, quoi. D'une autre façon, mais ça fait toujours aussi mal. Et donc, parfois, quand ça fait toujours aussi mal, quand c'est fini, on se dit, au moins, j'avais mal, mais j'étais avec elle, quoi. On peut parfois se dire des choses comme ça. C'est là où les amis... font leur job comme il faut. Non, tu restes là. Tu ne retournes pas. Parce qu'ils savent parfois mieux que nous, mais le problème, c'est que tant que ce n'est pas ce que tu dis, on aura beau nous dire, nous montrer, nous démontrer, nous expliquer, tant que ce n'est pas intégré, quelque part, c'est très difficile de passer à autre chose. Ce que tu dis, en fait, les choses se répètent sinon.
- Speaker #2
Ouais.
- Speaker #0
Et en effet, ça, c'est... C'est une histoire de soi-soi, finalement. OK. Et comme on est souvent de meilleurs conseils pour les autres que pour soi, n'est-ce pas ? S'il y a des personnes qui nous écoutent et qui se reconnaissent dans ce que tu décris de cet attachement toxique pour l'un pour l'autre, parce que souvent c'est pour les deux.
- Speaker #1
C'est un cercle vicieux.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu auras envie de leur dire ? Qu'est-ce que tu auras envie de leur recommander ?
- Speaker #1
Honnêtement, pour moi, le meilleur conseil, et vraiment ce qui me sauve en ce moment, c'est prendre des notes, pas pour monter un dossier contre son partenaire ou son conjoint, juste des notes extrêmement courtes, un jour, une date, une heure, une situation qui vous a fait mal. Parce que ça vous permettra... même si c'est partial d'avoir un point de repère qui vous sera extrêmement utile s'il y a un après. Et s'il y a un après, on dit parfois que l'après est plus difficile que le pendant. Et après, moi, la difficulté que je rencontre, c'est justement cette forme d'amnésie. J'en arrive à oublier les raisons qui m'ont conduit à vouloir me séparer de la personne que j'aimais corps et âme. Et le plus dur, c'est d'être face au néant. On est chez soi, on est bouleversé par la mémoire émotionnelle, par les souvenirs, les moments passés. Et on se dit, mais la personne m'aimait, mais en fait, la personne était gentille avec moi, mais moi, je n'ai pas été. Dans ma relation, il y a eu énormément de culpabilité qui a été nourrie, alimentée. Et donc, je perds pied avec la réalité. Le fait d'avoir pris des notes sur des situations de vie qui m'ont blessé, ça me permet de revenir à la réalité.
- Speaker #0
Donc, c'est ce que tu recommandes, de noter les...
- Speaker #1
Ah oui, parce que là, je ne vais pas bien. Je me retrouve à pleurer, je pense à une situation de vie. Je ne sais pas, je vois des situations où le couple est en souffrance et ma partenaire était en souffrance. Et moi, je suis bouleversée en me disant, mais pourquoi je suis partie ? Mais est-ce que j'ai pris la bonne décision ? Mais est-ce que je ne devrais pas retourner vers elle ? Est-ce que... Je ne sais pas, toutes ces questions qui sont un milliard de doutes. En tout cas, il y a des gens qui sont câblés différemment que moi, genre ça ne va pas, je coupe, je ronds, c'est fini. Moi, je ne suis pas comme ça. Moi, je réfléchis six mois avant de rompre, je ronds, je me pose des questions et après la rupture, je me pose encore des questions. Et le problème, c'est que je ne me pose pas forcément les bonnes questions, je ne les pose pas forcément bien non plus, et je n'apporte pas toujours les bonnes réponses. Donc, comme le cerveau est bouleversé, que l'autre a pu exercer dans l'interaction que vous aviez avec lui ou elle, à vous faire porter la responsabilité de la relation qui n'allait pas, alors que la triangulaire qui est connue en psychologie, bourreau, victime, et je ne sais plus quoi, ça marche pas mal.
- Speaker #0
Sauveur.
- Speaker #1
Sauveur, oui. Moi, je l'ai bien connu, je l'ai bien connu, ce triptyque. Et donc, à un moment, c'est la personne qui vous a fait du mal qui va se positionner en tant que victime parce que vous, vous allez devenir son prétendu bourreau. Enfin bref, c'est un peu compliqué. Mais donc, vous pouvez vous retrouver dans des situations où vous ne savez plus qui vous êtes. Post-rupture, vous vous demandez si vous n'êtes pas raconté des films, si vous n'étiez pas complètement déconnecté de la réalité. Donc, prendre des notes. sur des situations de vie qui vous ont blessé, c'est important pour se recentrer quand on est perdu.
- Speaker #0
C'est vrai, ce que tu dis, en fait, tu parles de deux choses qui me parlent bien. De noter les événements traumatiques, quelque part, et c'est un peu le travail qu'on fait dans l'intégration du cycle de la vie, la thérapie à l'ISV, qui est de noter des souvenirs, qu'ils soient traumatiques ou pas, et de faire comprendre au cerveau, au système corps-esprit, que le temps a passé. De se dire, voilà, c'est arrivé, mais depuis, c'est passé ça, et aujourd'hui, c'est fini. Et en fait, en ICV, on fait ça. Tu parles aussi du triangle dramatique de Karpman qui a été repris en analyse transactionnelle dans le cadre de la théorie des jeux psychologiques. Ce triangle de Karpman, en effet, comme tu as extrêmement bien dit, on tourne, on n'a jamais la même position. On rentre dans le jeu sur une posture, soit sauveur, victime ou persécuteur. Ou après, bourreau, persécuteur, c'est pareil. Et on tourne. En fait, comment ça se passe ? On rentre dans le jeu psychologique en lançant un appât à l'autre. L'autre prend l'appât. Après, on tourne dans le triangle. Et à la fin, paf, il y a une sorte d'éclat. Ça explose. Et les deux ne sont pas bien. Et c'est la fin du jeu. Et en fait, souvent, on se rend compte que ce jeu, on sait exactement comment ça va se dérouler, comment ça va se terminer. On sait, même si on y réfléchit, comment ça va commencer. Et donc, pour éviter de rentrer dans le jeu psychologique, c'est de savoir où est la part de l'autre et de ne pas le prendre. Et donc, de faire un petit pas de côté et de ne pas prendre la part afin de ne pas jouer à ce jeu-là. Il y en a qui appellent ce jeu, enfin, il y a plein de jeux différents. Eric Berne avait dit, donne-moi des coups de pied, vous êtes merveilleux docteur. Plein de jeux différents. Et on a chacun notre jeu. Et en fait, le jeu psychologique, c'est le niveau le plus intime de la relation. On ne joue pas à ces jeux-là avec des gens qu'on ne connaît pas. C'est avec les personnes avec qui on a une intensité dans la relation. Et c'est souvent dans le couple ou même au travail, avec des personnes qu'on connaît excessivement bien depuis longtemps, par exemple un associé ou autre. Et on voit que finalement, le processus est souvent le même. Ok. Eh bien, dis donc. Je ne pensais pas qu'on allait autant parler d'amour et de relation. C'est ça qui est merveilleux dans ce podcast, c'est qu'il y a des choses qui émergent, on ne sait jamais trop quoi. Et c'est toujours passionnant. Du coup, là, ce que j'aimerais te proposer, c'est un exercice que je fais à chaque fois sur la dernière partie de l'épisode, qui est un exercice de visualisation. Donc si c'est OK pour toi, je vais t'inviter à t'installer. encore plus confortablement dans ton siège, de ne pas avoir de croisement dans les doigts, dans les mains, dans les bras, dans les jambes. Bref, tout bien détendu partout pour que l'énergie circule bien. Et puis, tu peux sortir du champ ou pas, comme tu veux, de vision. Et de fermer les yeux ou de les garder ouverts, c'est comme tu veux. Moi, en tout cas, je regarde à côté pour te laisser tranquille. Et puis, je vais t'inviter à prendre 2-3 respirations bien profondes, dans un état semi-méditatif, afin de venir ralentir à l'intérieur. Alors tout à l'heure, tu parlais potentiellement d'hyperactivité, donc j'imagine que de ralentir, c'est pas ton... ton expertise première, mais on va essayer. Et donc, dans cette respiration, d'essayer de détendre le ventre, de descendre un peu les épaules. Et puis, je vais t'inviter à te projeter dans un futur idéal en 2030. Tu peux être où tu veux, comme tu veux, avec... Tu veux. Il n'y a aucune contrainte. Tout est possible. Où es-tu ? Alors, est-ce que tu vois quelque chose devant toi ? Tu peux être où tu veux, il n'y a aucune contrainte, tout est possible.
- Speaker #1
Oui, non, je ne sais pas. Là, je me vois dans une situation d'apaisement. Je me vois dans une grande maison à la campagne.
- Speaker #0
Oui. Et visuellement, qu'est-ce que tu vois autour de toi ? Comme tu es à la campagne, il y a peut-être de la verdure. Ou bien si c'est dans la maison, il y a peut-être du mobilier, des couleurs.
- Speaker #1
Je vois un coucher de soleil qui se pose sur les vignes.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des odeurs ?
- Speaker #1
Oui, il y a l'odeur du feu de cheminée.
- Speaker #0
L'odeur du feu de cheminée. Est-ce que tu as des sensations corporelles ?
- Speaker #1
Je suis mal installé sur mon canapé, je suis un peu tordu.
- Speaker #0
Ouais ? Ok.
- Speaker #1
Je suis un peu avachi sur le côté, comme ça.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des bruits ? Est-ce que tu entends quelque chose ?
- Speaker #1
Des bruits d'enfants.
- Speaker #0
Des bruits d'enfants. Et ils sont comment ces bruits d'enfants ?
- Speaker #1
Ils sont agités.
- Speaker #0
Agités ? Ils sont en train de jouer dans la maison ? C'est ça ? Ou autre chose ?
- Speaker #1
Oui, oui, pardon, ils jouent. Oui,
- Speaker #0
c'est ça ? Ok. Et toi, tu ressens quoi à ce moment-là ? Tu te sens comment ?
- Speaker #1
Je me sens apaisé.
- Speaker #0
Apaisé. Est-ce que tu as un rôle à ce moment-là, une mission ?
- Speaker #1
De ne rien dire, de laisser continuer. Ouais. Regarder le coucher de soleil.
- Speaker #0
Et si on regarde un peu plus haut, plus méta ? Ce serait quoi ta mission de vie à ce moment-là ? Tout court d'ailleurs, ta mission de vie.
- Speaker #1
Sauver.
- Speaker #0
Sauver. OK. Comment tu te sens avec cette mission-là ?
- Speaker #1
Je me sens bien avec elle, mais je me sens... C'est une mission qui prend beaucoup de responsabilités.
- Speaker #0
Tu te sens bien, mais toutes ces responsabilités, peut-être à revoir alors. Donc, comme on est dans un futur idéal, tu peux faire tout ce que tu veux afin d'être 100% aligné avec cette mission. Comment tu pourrais l'apprécier de façon plus juste par rapport à toi ?
- Speaker #1
On m'a accordé plus de temps pour écrire, partager mes idées, partager mes valeurs et dans mon exercice professionnel. Avoir le temps nécessaire et suffisant pour transmettre cette vision YouTube qui puisse la multiplier.
- Speaker #0
Ok. Et là, tu te sens comment avec ça ?
- Speaker #1
Pas mal, ce serait super.
- Speaker #0
Ah, et bien voilà. Alors dans ce cas, je t'invite à respirer dans cette sensation depuis tes orteils. jusqu'au sommet de ton crâne afin de bien intégrer ça dans toutes les celles de ton corps et de voir à quel point ça ça fait du bien et puis quand ce sera ok pour toi bon t'as déjà les yeux ouverts du coup afin de bien revenir dans l'instant tu peux t'étirer, prendre des respirations un peu plus profondes comment tu te sens après cette visualisation ?
- Speaker #1
pas mal, c'est bien ouais ?
- Speaker #0
alors si tu pouvais faire une vraie première bonne action pour arriver à ça Cette semaine, vu qu'on est lundi, oui, je publie le mercredi, mais j'enregistre tous les jours de la semaine. Cette semaine, qu'est-ce que tu pourrais faire comme vraie première bonne action pour arriver à ça ? Tu disais prendre du temps pour écrire mes idées, partager mes valeurs. Je n'ai pas eu le temps de tout écrire, mais tu disais quelque chose de cet ordre-là. Et du coup, pour tendre vers ça, qu'est-ce que tu pourrais mettre en place cette semaine comme petite première action ? Grande, comme tu veux.
- Speaker #1
En tout cas,
- Speaker #0
quelque chose de faisable cette semaine.
- Speaker #1
Non, je pourrais prendre le temps d'écrire.
- Speaker #0
Ouais, alors il faut que ce soit plus précis, sinon ça ne marche pas.
- Speaker #1
Oui, techniquement, je ne sais pas, demain, qu'elle m'a accordé une heure ce soir, vers 22h, d'écrire pendant une demi-heure mes réflexions, mes pensées, mes valeurs.
- Speaker #0
Ok, est-ce que tu peux l'écrire s'il te plaît et le mettre dans ton planning ?
- Speaker #1
Oui, j'ai déjà mis en planning.
- Speaker #0
Ça y est ? Super, c'est top. Bien, on arrive à la fin de ce temps partagé. Je voulais te remercier, enfin je veux et je vais le faire. Je te remercie infiniment pour ce temps. Et avant de se quitter, qu'est-ce que tu gardes en trois mots ? De ce moment-là.
- Speaker #1
Je garde la visualisation.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je garde de l'espoir.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je garde du recentrage.
- Speaker #0
Recentrage. Super. Encore merci Olivier.
- Speaker #2
Très bien.
- Speaker #0
Et à très bientôt.
- Speaker #2
Très bientôt.