- Speaker #0
Dis donc, la galine, au lieu de frotter ton écran avec une telle intensité, tu pourrais au moins frotter la moitié de mes tables. Posons à ça.
- Speaker #1
Cause toujours, tonton. Je regarde un type sur TikTok qui explique qu'on peut détruire ses anxiétés en se fourrant des glaçons dans les oreilles pendant 20 minutes. Franchement, c'est des génies, ces gars-là.
- Speaker #0
Des glaçons dans les oreilles. C'est pas con, ça nous ferait au moins 20 minutes de silence ici. Je suis prêt à t'inscrire comme cobaye.
- Speaker #2
Attendez, c'est vrai ça ? Des glaçons dans les oreilles ? Mais ça fait quoi exactement ? Tu crois que le froid ça gèle les mauvaises pensées ?
- Speaker #1
Mais t'es bête toi, c'est en charlatan. Il a 2 millions d'abonnés et les gens gobelent ça comme du pain béni. Il suffit de mettre une blouse blanche et faire genre que t'es scientifique sur TikTok pour que tout le monde gobe tes paroles.
- Speaker #0
Y'a pas de short TikTok puisque je me souviens de certains stars qui se mettaient du sperme et de saumon ou de la pâte et ce qu'il y a un gos sur la tronche pour rajeunir. Nous les hommes, on aurait essayé n'importe quoi pour lutter contre le temps et les maladies.
- Speaker #2
N'importe quoi, c'est-à-dire ? Avant, au Moyen-Âge, ils testaient beaucoup, mais maintenant les scientifiques vérifient ce qu'ils font, non ?
- Speaker #3
T'es pas obligé de remonter jusqu'au Moyen-Âge, il y a eu des choses ahurissantes bien plus récemment. Certains médecins pensaient que s'enfoncer un pic à glace au-dessus de l'œil et remuer à l'aveugle pour hacher un morceau de cerveau, ça pouvait guérir des patients. Ils ont même reçu un prix Nobel de médecine pour ça.
- Speaker #0
Ah, tu fais allusion à la fameuse lobotomie ? Un vrai travail d'orbelle, propre, rapide, et ça évite de payer la retraite des malades.
- Speaker #2
Un pic à glace ? Dans l'œil ? Mais attendez, un prix Nobel ? Pour avoir tout lié à un cerveau dans une boîte crânienne ? On pouvait vraiment faire ça et devenir célèbre ?
- Speaker #3
On ne devenait pas seulement célèbre, on devenait un héros. La méthode n'a absolument rien apporté à la science, mais ceux qui la pratiquaient étaient profondément persuadés que ça sauvait des vies.
- Speaker #0
Pourtant, ma bande, un coup de pic dans la tête, ça devrait être clair, on a tous les idées en place, non ? C'est vraiment super drôle ça, tonton.
- Speaker #1
Bon, allez. Il n'y a personne dans le bar, alors raconte-nous tout ça. Voyons jusqu'où la science a été foutue de creuser.
- Speaker #3
Pour comprendre cette dérive, il faut remonter aux années 1930. Au début du XXe siècle... La psychiatrie est dans une impasse totale. Les asiles sont saturés, les patients hurlent, se battent, s'enfoncent dans des dépressions catatoniques. On n'a pas encore inventé les neuroleptiques ni les antidépresseurs. Les seuls remèdes ? Des camisoles, des bains glacés de 12 heures et des chocs à l'insuline.
- Speaker #2
Donc si je comprends bien, la thérapie par le coma ? On plongeait les gens dans le coma exprès pour qu'ils dorment et soient tranquilles ?
- Speaker #3
On leur injectait de très fortes doses d'insuline pour provoquer un choc hypoglycémique violent. Le patient convulsionnait, tombait dans le coma, puis on le réveillait avec du sucre. On pensait que ce choc réinitialiserait le cerveau.
- Speaker #0
En gros, tu galas un peu trop, on te fait faire un gros dodo, et on te réveille après pour te montrer c'est qui est patron.
- Speaker #3
Euh, ouais, si on veut. Et c'est dans ce contexte qu'apparaît le médecin Antonio Egas Moniz.
- Speaker #2
C'était qui ? Un genre de savant fou enfermé dans un laboratoire secret ?
- Speaker #3
Au contraire, c'était l'élite absolue. Un aristocrate portugais, neurologue réputé, mais aussi homme politique et diplomate. C'est même lui qui a inventé l'artériographie cérébrale, une vraie avancée médicale pour voir les vaisseaux du cerveau en radiologie. Le type était un pionnier admiré de tous. En 1935, il se rend à un congrès à Londres pour assister à une expérience. Deux chercheurs américains présentent deux chimpanzés nommés Becky et Lucy, auxquels ils ont coupé les liaisons du lobe frontal. Avant l'opération, ces singes faisaient des crises de rage si on les contrariait. Après l'opération, ils sont d'une docilité absolue.
- Speaker #2
Ah bah, c'est une sacrée avancée ! Si les singes ne pétaient plus de câbles, c'est que ça marchait, non ? Ça devait peut-être même les soulager.
- Speaker #1
Mais oui, totalement. D'ailleurs, si on te coupe la langue, tu pourras plus dire de conneries. Problème réglé.
- Speaker #3
Les chercheurs américains, eux-mêmes, remarquent que les singes sont devenus complètement apathiques, incapables de prendre la moindre initiative. Ils voulaient calmer les singes, pas effacer complètement leur personnalité. Mais dans la salle... Moniz, lui, prend des notes avec frénésie. Il voit là quelque chose de révolutionnaire et n'écoute que ce qui l'arrange. Il se lève et propose de transposer la méthode sur des êtres humains à temps de psychose.
- Speaker #0
Le mec voit deux chimpanzés transformés en paillassons et se dit « Tiens, voilà une excellente idée pour mes patients depressifs » .
- Speaker #3
Il rentre à Lisbonne, obsédé par cette idée. Pour lui, les maladies mentales sont de simples boucles de pensée bloquées dans le lobe frontal. Sa logique est enfantine. Si le câble plante, on coupe le câble. Comme il a une arthrite sévère aux mains, il ne pratique pas l'opération lui-même. Il guide son assistant, le chirurgien, Almeda Lima
- Speaker #2
Et comment ils font sans ouvrir toute la tête ?
- Speaker #3
Ils percent deux trous dans le crâne, au niveau des tempes, après avoir repéré l'os frontal sur le côté de la tête. Ils font un petit trou à droite et un petit trou à gauche, ce qu'on appelle des trépans. Au début, ils injectent de l'alcool pur pour brûler les tissus. Puis ils inventent le leucotome, une aiguille creuse avec une boucle en acier rétractable. Ils l'enfoncent dans le crâne, font sortir la boucle d'acier et tournent pour découper des morceaux de matière cérébrale.
- Speaker #2
Des morceaux de cerveau ? Mille coupés à l'aveugle ?
- Speaker #3
Totalement à l'aveugle ! Moniz opère 20 premiers patients et publie ses résultats au bout de quelques mois seulement. 35% de guérison, 35% d'amélioration, aucun décès.
- Speaker #0
Et j'imagine que celui-même qui notait ses propres élèves, si le patient ne l'aurait plus parce qu'il ne savait plus parler, hop, catégorie guéri.
- Speaker #3
C'est exactement ça, aucun suivi à long terme. Et le pire dans l'histoire des gaz Moniz, c'est qu'en 1939, un de ses anciens patients schizophrènes est venu dans son cabinet et lui a tiré 4 balles dans le corps.
- Speaker #2
Il s'est fait tirer dessus par un patient ? Mais pourquoi ?
- Speaker #3
Parce que le patient estimait que Moniz ne l'avait pas soigné correctement. Moniz a survécu à ses blessures, mais il est resté partiellement paralysé. Et malgré cette agression et les controverses qui commençaient à naître, la communauté scientifique internationale qui est désespérée face à l'encombrement des asiles reconnaît ce que Moniz appelle la leucotomie. Cette avancée lui vaudra d'ailleurs en 1949. Le prix Nobel de médecine.
- Speaker #1
Un Nobel pour avoir charcuté la tête des gens ?
- Speaker #3
Mais Moniz reste un universitaire. Sa méthode est lente, lourde, réservée aux blocs opératoires. Elle va traverser l'Atlantique et tomber entre les mains d'un homme qui, lui, n'a aucune limite.
- Speaker #1
D'accord, mais jusqu'ici, c'était juste des trous dans le crâne. C'est quand que ça devient un vrai film de série B avec des pics à glace dans les yeux ?
- Speaker #3
Ça le devient en 1945 et ça ne ressemble pas à un film de série B, gamine. Ça ressemble à un cauchemar. dont on ne se réveille pas. Aux Etats-Unis, la méthode des gazmonies fascine un homme, Walter Freeman. Retenez bien ce nom. Freeman n'est pas un illuminé du fond des bois. C'est un neurologue réputé, brillant, tiré à quatre épingles, un homme de bonne famille, au charme fou. Il est passionné, charismatique, et il veut désespérément marquer l'histoire de la médecine. Il rêve d'être le sauveur des asiles américains.
- Speaker #0
L'ambition avec un outil tranchant entre les mains, c'est rarement bon signe pour ceux qui se trouvent sur la table d'opération.
- Speaker #3
Tu ne penses pas si bien dire patron. Quand Freeman observe les opérations de Moniz, il trouve l'idée géniale, mais la technique beaucoup trop lente. Percé le crâne, ça demande une salle d'opération stérilisée, un anesthésiste, du matériel lourd et des heures de travail. Freeman a une vision industrielle. Il veut pouvoir soigner des milliers de gens en quelques minutes sans s'encombrer de la lourdeur d'un hôpital. C'est là. que son orgueil bascule dans le glauque.
- Speaker #2
Il a cherché une solution plus douce ?
- Speaker #3
Non, il est allé dans sa propre cuisine, il a ouvert son tiroir à ustensiles et il a attrapé un pic à glace. Un vrai pic à glace ménager avec son manche en bois et sa pointe effilée en acier. Et pour prouver son ambition, il s'est entraîné tout seul chez lui, dans sa cuisine, sur des pamplemousses.
- Speaker #0
Un pamplemousse ? Le mec a réalisé sa chirurgie du cerveau sur un agrume ? Non mais vive la logique médicale !
- Speaker #3
Une fois qu'il a maîtrisé le geste sur les pamplemousses et sur quelques cadavres à la morgue, il passe au vivant. La toute première victime s'appelait Sally Ionesco en 1946. Une jeune mère de famille de 29 ans, dépressive. Mettez-vous deux secondes à sa place, ou à la place de n'importe quel patient qui s'allonge sur sa table. Vous êtes allongé sur une simple table d'examen. Pas de bloc opératoire. Pas de masque chirurgical sur le visage du médecin. Pas d'anesthésie générale non plus, parce que Freeman n'est pas anesthésiste et ne veut pas perdre son temps. Pour vous endormir, il vous branche un petit boîtier portatif et vous colle deux électrodes sur les tempes. Il vous envoie deux ou trois chocs électriques d'affilée. Vous convulsez sur la table et vous tombez dans un coma bref. Un coma qui ne dure que quelques minutes.
- Speaker #2
Attendez, ça veut dire que les patients pouvaient émerger pendant qu'il... Pendant qu'il opérait ?
- Speaker #3
Certains se réveillaient, oui. Ils émergeaient du choc électrique, les muscles totalement paralysés, incapables de bouger ni de crier, mais sentant une présence au-dessus d'eux. Freeman relevait la paupière supérieure et glissait la pointe froide du pic à glace entre la paupière et l'œil. Vous sentiez le métal glisser contre le haut de votre globe oculaire, s'enfoncer doucement jusqu'à buter contre le fond de l'orbite, contre la fine plaque d'os.
- Speaker #1
Stop ! C'est immonde !
- Speaker #3
Et là, Freeman sortait un petit marteau en bois. Il le posait contre la manche du pic. Il frappait. L'os cédait sous l'impact. La pointe traversait la boîte crânienne et s'enfonçait de sept ailes. à 8 cm en plein dans le tissu cérébral du lobe frontal. Le cerveau n'a pas de récepteur de douleur, donc le patient ne sent pas la coupure. Mais il l'entend. Il entend le bruit de son propre crâne qui craque de l'intérieur. Il entend le frottement du métal dans sa tête.
- Speaker #0
Et une fois que la lame était dedans,
- Speaker #3
Freeman attrapait le manche et le faisait pivoter de Ausha droite. Il balayait la matière grise. Il éviscérait les connexions nerveuses. On entendait un bruit de mastication interne le son des fibres nerveuses qui se déchirent. Puis il retirait l'outil, passait à l'autre œil et recommençait. Neuf minutes plus tard, c'était fini. Le patient se réveillait avec deux énormes cocards sanglants autour des yeux. On lui collait des lunettes de soleil sur le nez et on le renvoyait chez lui en bus.
- Speaker #2
Mais personne n'a protesté ? Les autorités dormaient ?
- Speaker #3
Au contraire ! Rappelez-vous, avec le prix Nobel accordé à Moniz en 1949, la méthode avait le soutien de la science officielle. Freeman était intouchable. Et le champ d'application s'est élargi à une vitesse terrifiante. On ne lobotomisait plus seulement les schizophrènes lourds. Une femme jugée trop rebelle par son mari ? Un fils homosexuel qui faisait honte à sa famille ? Un soldat de la seconde guerre mondiale traumatisé qu'on ne savait plus où recaser ? Un coup de pic derrière la paupière et le problème était réglé.
- Speaker #2
Ah mais c'est de la torture pure ! Et Sally Ionesco, la première femme, elle a survécu ?
- Speaker #3
Elle a survécu. Sa fille racontera plus tard que sa mère avait tout oublié. Elle ne se souvenait plus des anniversaires, plus des drames, plus de ce qu'elle avait fait la veille. Elle s'asseyait et regardait le mur pendant des heures. Mais pour Freeman, son intuition était validée. Elle ne pleurait plus, donc elle était guérie.
- Speaker #1
Mais elle n'était pas guérie, il lui avait vidé l'esprit.
- Speaker #3
Et le pire, c'est que l'ego de Freeman a explosé. Il adorait la foule et les médias. Il a aménagé une camionnette qu'on a rapidement surnommée la Lobotomobile et il a sillonné les routes américaines comme un prédicateur de foire. Il arrivait dans les petites villes et convoquait les journalistes et les médecins locaux. Il opérait sans gants, pourquoi s'embêter avec ça, et enchaînait les malades. Un jour dans l'Iowa, il en a fait 25 à la chaîne dans la même journée. Il faisait le show, il insérait deux piques à glace dans les deux yeux d'un patient et les remuait en même temps, une main pour chaque oeil, devant un parterre de médecins médusés.
- Speaker #0
Du jambage avec le cerveau des gens, c'est magnifique. Non mais on touche le fond.
- Speaker #3
Et le drame absolu est arrivé lors d'une démonstration publique. Freeman était en train d'opérer. Le pic à glace était enfoncé profondément dans la tête du patient. Freeman s'est arrêté brusquement, s'est tourné vers les photographes et a lâché l'outil pour poser en souriant devant l'objectif. Le pic à glace a glissé d'un millimètre de trop vers le fond. Il a perforé une artère cérébrale. Le patient est mort noyé dans son propre sang en quelques secondes, sur la table, sous les flashs des appareils photos.
- Speaker #2
Tu es juste pour une photo de presse ? Mais ils l'ont arrêté après ça.
- Speaker #3
Bah absolument pas ! On a classé ça en accident opératoire. Il a continué. Il a lobotomisé au total plus de 3400 personnes. Des adultes, mais aussi des enfants. Son plus jeune cobaye avait 4 ans. Un gamin qui faisait des crises de colère. Freeman lui a planté le pic à glace dans l'œil pour le rendre plus obéissant.
- Speaker #0
Un gamin de 4 ans ? Et la famille a sûrement payé la facture avec le sourire, j'en viens pas.
- Speaker #3
Et puis, il y a eu le cas tragique de Rosemary Kennedy. La sœur de John Fitzgerald Kennedy. En 1941, elle a 23 ans. C'est une jeune femme vive, un peu rebelle, parfois sujette à des sautes d'humeur. Son père, Joe Kennedy, a des ambitions politiques démesurées pour ses fils. Il a peur que les sautes d'humeur de Rosemary ne créent un scandale et ne ruinent la réputation de la famille. Alors, dans le dos de sa propre femme, il paye Freeman.
- Speaker #2
Qu'est-ce qu'ils lui ont fait ?
- Speaker #3
Pendant l'opération, Freeman a demandé à Rosemary de rester éveillée. Il lui demandait de réciter des prières et de chanter des chansons. pendant qu'il s'enfonçait dans son cerveau et découpait les tissus. Il tranchait et il écoutait sa voix. Quand sa voix a commencé à dérailler, qu'elle s'est mise à balbutier des sons incohérents puis à s'éteindre complètement, il s'est arrêté.
- Speaker #1
Il a écouté sa voix mourir en direct pendant qu'il lui bousillait la tête.
- Speaker #3
Rosemary a passé le reste de sa vie incapable de parler, incapable de marcher correctement, souffrant d'incontinence avec l'âge mental d'un enfant de deux ans. Son père l'a fait enfermer dans un pavillon isolé. et ne lui a plus jamais rendu visite. Il a effacé son existence des livrets de famille.
- Speaker #2
Mais du coup, avec toutes ces interventions, la science a bien dû apprendre quelque chose sur le servant quand même. Ça a servi à comprendre comment fonctionnent nos pensées ?
- Speaker #3
Absolument rien. D'un point de vue scientifique, la lobotomie est un vide total. On a simplement détruit ce qui constituait la personnalité, la mémoire, l'empathie et la capacité de décision. Les patients devenaient apathiques, indifférents à tout. On les a privés de leur humanité. pour qu'ils arrêtent d'être un problème pour leur entourage.
- Speaker #1
En gros, le programme scientifique de l'époque s'était transformé des malades en nobles.
- Speaker #0
Bah, c'est toujours plus facile d'étendre l'alarme en sondique que d'étendre le feu lui-même. Et qu'est-ce qui a mis fin à ce cirque ?
- Speaker #3
L'arrivée de la chimie dans les années 1950. En 1952, la découverte du premier anti-psychotique, la chlorpromazine, permet enfin de calmer les crises de manière réversible. Grâce à cette pilule, plus besoin de planter d'outils dans le crâne. La lobotomie est progressivement interdite dans le monde entier. L'URSS l'a banni en 1950 en la qualifiant de méthode barbare.
- Speaker #2
Et Freeman ? Il est allé en prison ?
- Speaker #3
Eh bien, même pas. Pour la chute de Freeman, il a fallu attendre 1967, soit 22 ans après sa première intervention transorbitale. Freeman opère une patiente de longue date, Hélène Mortensen. C'est sa troisième lobotomie. Il lui perce une artère, elle meurt sur la table. C'est le décès de trop. On lui retire enfin sa licence médicale.
- Speaker #0
Il aura quand même fallu qu'il tue une patiente à peu près trois fois de suite pour qu'on se dise, tiens, ce type est peut-être dans le vote. Oula, mon Dieu, mais t'es blanc de chez blanc ! Tiens, vois ça, ça va te requinquer.
- Speaker #2
Ah merci. Ça fait peur de penser que des gens très intelligents avec des diplômés en Nobel pouvaient être aussi aveugles.
- Speaker #1
C'est surtout fou de se dire qu'ils étaient tous convaincus de faire le bien.
- Speaker #0
C'est bien ça le plus dangereux. Un méchant qui sait qu'il est méchant, ça se repère. Comme les gourous par exemple. Alors qu'un mec diplômé avec un égo surdimensionné qui est persuadé qu'il sauve le monde avec un marteau, ben c'est moins évident.
- Speaker #3
C'est la plus grande leçon de cette histoire. L'autorité médicale ou scientifique n'est pas une preuve de vérité si elle s'affranchit de l'éthique et du doute.
- Speaker #0
Bon, ça me rappelle qu'au 19ème siècle, bien avant les piquets de glace, des savants très sérieux mesuraient la forme du crâne pour savoir si un mec était destiné à devenir un assassin ou un voleur.
- Speaker #2
Sérieusement ? Rien qu'en touchant la tête ?
- Speaker #3
La phrénologie, une autre grande illusion scientifique qui prétendait tout lire dans les bosses du crâne. Mais ça, ce sera pour une prochaine fois. Tu as écouté ce podcast jusqu'au bout, n'hésite pas à t'abonner, à me laisser une note et à me suivre sur les réseaux sociaux.