- Vivien Le Markerteur Automobile
Salut Bernard.
- Bernard Darniche
Salut.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Merci d'avoir accepté mon invitation à partager ton expérience et ta vision sur ce podcast-là. Première chose que je fais en général, c'est que je donne la parole tout de suite à la personne qui est présente. Bon, toi, tout le monde te connaît ? Presque, presque tout le monde. Presque, mais une grande partie des Français, en tout cas, te connaît. Est-ce que tu peux quand même, en quelques mots, te présenter et nous parler surtout de ta belle carrière automobile ?
- Bernard Darniche
Oui, alors, c'est assez paradoxal parce que j'ai fait un métier public, mais j'ai toujours eu l'impression d'être un peu un usurpateur, de ne pas mériter d'être là, en fait. Et ça part de très très loin, parce qu'à l'âge de 11 ans, au moment où, sur le plan de l'école, on passe en sixième, et ça définit un peu tous les cycles d'études, mais à ce moment-là... Un docteur a détecté un vrai problème cardiaque et je me suis retrouvé pendant un an et demi à l'hôpital Necker à des enfants malades à Paris avec interdiction de tout, pas marcher, pas sauter, pas courir. En fait, j'ai appris après coup qu'on me prenait là parce qu'on ne savait plus quoi faire de moi et puis de toute façon, comme on dit, c'était bâché. On m'expliquait parce qu'on était 7 ou 8 dans une chambre et quand il y en a un qui disparaissait... On nous a expliqué qu'il était parti en vacances. D'accord. En fait, il était parti pour de bon. Mais on ne s'en rend pas compte. Quand on a 10-11 ans, on ne se pose pas ce genre de questions. Et puis, on s'emmerde déjà d'être là. Et donc, à partir de là, j'ai l'impression de ne pas avoir été à ma place dans la vie. En fait, je n'ai pas choisi ma vie. J'ai subi ma vie. Et à chaque fois qu'on essayait de me mettre dans un cadre, j'essayais d'en sortir, parce que ce n'est pas un cadre qui me convenait. L'hôpital, ça ne me convenait pas. Donc j'ai réussi, c'est un peu bizarre de dire ça, mais je ne connaissais pas mon père, j'ai été élevé par ma grand-mère. Ma mère était très malade, j'ai été élevé par ma grand-mère. Mais c'est une chance inouïe d'être élevé par ses grands-parents, parce qu'on apprend peu de choses, mais le principal, la courtoisie, le rapport aux autres. Dire bonjour, dire au revoir, faire un sourire quand on parle à quelqu'un, regarder dans les yeux. En fait, ce sont les règles d'une vie où finalement, quand on les respecte, on ne reçoit que des ondes positives des autres. Ne pas faire la gueule, sourire, c'est recevoir un sourire. Faire la gueule, c'est recevoir des gens qui vous font la gueule. C'est cucu de parler comme ça, mais c'est terriblement vrai. Et de plus en plus aujourd'hui, tout le monde se fait la gueule.
- Vivien Le Markerteur Automobile
C'est vrai.
- Bernard Darniche
Et donc quand je suis sorti de l'hôpital, on m'a assigné à résidence, j'étais chez ma grand-mère, mais au fin fond de laine, là au-dessus de Coulomiers, dans un coin perdu, un hameau, j'étais tout seul. Et j'étais chez ma grand-mère, je n'avais pas le droit de faire quoi que ce soit. Jusqu'au jour où j'ai commencé à, parce qu'une grand-mère ça accepte tout, j'ai commencé à courir dans les bois, bref, puis je me rendais compte que ça allait bien quoi. Je courais même vite. Je vivais à la campagne comme les oiseaux, les machins, les trucs. J'étais un espèce de gamin des bois. Et puis, il y avait un petit village qui s'appelle Vielle Maison. Et en bas, j'avais fait un petit copain et c'était le fils du docteur. Et j'ai réussi à avoir un certificat médical pour faire du sport. J'ai commencé à faire du foot parce qu'à l'époque, le... Je ne lui avais pas dit que j'avais été à l'hôpital, évidemment. Il n'a pas écouté mon cœur. Il m'a fait un certificat médical. Et puis, j'ai commencé à faire du sport. Et le premier certificat m'a ouvert la porte au sport. Parce qu'une fois qu'on en a eu un, personne ne cherche à comprendre. On le refait. Et je me suis retrouvé comme ça. Je fais des raccourcis. À faire des courses de vélo à partir de l'âge de 14 ans. Mais vraiment, des courses de vélo cadées, minimes, cadées, etc. Mais ça marchait bien. Donc je me suis dit finalement, je ne suis pas si malade que ça. Et puis, au bout de mon cursus vélo, à un moment, je marchais bien. Je faisais des courses, championnat de France, etc. Et je suis arrivé dans la catégorie des très professionnels où on a commencé à m'expliquer qu'il fallait que je prenne des additifs.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Ah, les fameux.
- Bernard Darniche
Des additifs si je voulais être au niveau. Et là, j'ai eu les jetons parce que en moi-même, je me suis dit quand même, si je suis à l'hôpital et tout, même si je sens que ça va bien, si jamais il y a un... fusibles, un truc qui va péter les plans. Je me suis dégonflé. J'ai arrêté le vélo, mais brutalement comme ça. Vraiment. On est perdu quand on fait du sport et que ça va bien et que d'un seul coup on perd ce truc. J'adorais. J'adore toujours le vélo d'ailleurs. Je suis tombé par hasard en faisant du stop sur quelqu'un qui m'embringuait dans le monde automobile. C'est moi qui l'ai dépanné. J'ai dépanné un garçon. qui tenait une mercerie à Fontainebleau. J'étais revenu du côté de Corbeil-Essonne avec ma grand-mère. J'avais 15-16 ans. 14 ans, pardon. 14-15 ans. Permis de conduire, que j'ai passé quatre fois.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Comme quoi ?
- Bernard Darniche
Et la quatrième fois, l'inspecteur des mines à Corbeil-Essonne me dit je vous le donne, mais évitez de conduire parce que... Vous n'êtes pas fait pour ça. Mais n'empêche que tout ça, ça reste dans le subconscient. Ce n'est jamais anodin des paroles comme ça de la part de quelqu'un qui est la reconnaissance quand même. C'est lui qui accorde les permis de conduire. Donc, ce n'est pas forcément qu'un con. Donc, dans le subconscient, ça laisse des traces tout ça. Et j'ai toujours eu ça. Et quand je me suis retrouvé en monde automobile et que j'ai commencé à gagner des courses. C'est une vie qui était tellement privilégiée, je ne voulais pas que ça s'arrête. Mais au fond de moi, je me suis dit, il faut que tu sois sérieux, il faut que tu sois plus sérieux que les autres, il ne faut pas que tu t'amuses, il faut que tu apportes des résultats. Les gens qui investissent sur toi, c'est pour faire du business, ils vendent des voitures, il faut que tu t'en pètes sous un crâne. Ce n'est pas facile à assimiler tout ça, ce n'est pas facile.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Ok, ok, ok. Alors juste pour la petite anecdote, est-ce que tu l'as revue après le... Le fameux inspecteur des mines.
- Bernard Darniche
J'ai revu très officiellement, parce que ma première victoire en Corse au championnat du monde, donc je devais avoir 25 ans, 26 ans, j'étais vieux déjà, 26 ans. Le maire de Corbeil-Essonne, M. Combrisson, pour ne pas le nommer, a fait une grande fête, évidemment. Il a invité les notables de Corbeil, dont l'inspecteur des mines. Et je me rappellerai toujours son speech au maire en disant... Nous sommes en présence de l'inspecteur M. Bestard, je me rappelle de son nom, qui a eu du mal à accorder le permis de conduire à Bernard Nannich, qui, pour le moins, par rapport à ce qu'il avait dit, s'est un peu trompé, parce que notre ami vient de gagner sa première épreuve sur le journal du Monde. Par contre, il l'a accordé à la première fois à ma femme, qui manifestement ne sait pas conduire. Les rapports que j'ai eus avec cet inspecteur des mines.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Donc tu l'as dit, par ta carrière dans le rallye notamment, tu es devenu une figure populaire aux yeux des Français. A l'époque, sans Instagram, sans YouTube, sans personal branding, sans marketing, sans tout ce qu'on veut. Alors justement, la question qui m'intéresse, et je pense qui va intéresser plusieurs personnes, c'est comment est-ce qu'on construisait justement une notoriété de pilote à cette époque-là ? Est-ce que c'était uniquement le talent ou est-ce qu'il y avait autre chose ?
- Bernard Darniche
Il y a une partie de talent. Si on ne gagne pas de course, on ne parle pas de vous. C'est une évidence. Mais j'ai eu deux éléments extrêmement structurants. Deux éléments. Le premier, c'est que je sortais des courses cyclistes. Et à l'époque, les patrons des deux chaînes principales étaient, au niveau du sport tenu, Robert Chapatte, qui était un ancien coureur cycliste et patron des sports de France 2. Jean-Michel Lelieu sortait des milieux cyclistes aussi. Son père était coureur cycliste. Quand ils ont vu mes premières victoires, ils se sont dit que celui-là sort des pelotons. Ce n'est pas habituel. Ils ont commencé à me faire des reportages TV. À l'époque, il y avait trois chaînes.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Forcément, tout le monde te voyait.
- Bernard Darniche
Exactement. Quand on faisait le journal de TF1, France 2, le soir, à l'époque, tout le monde était devant les télés. Ça a été un élément extrêmement important. En plus, j'avais assez rapidement compris que si je voulais être l'ambassadeur de crédibilité des gens qui m'employaient, à savoir les constructeurs automobiles, il fallait que je sorte de mon monde sportif automobile. Et je me suis rapproché assez rapidement des gens comme Jean-Pierre Foucault, qui faisait des émissions grand public. Toutes les émissions grand public, l'Académie des Neufs, des jeux télévisés, des trucs, comme on dit, des jeux à la con. Mais je me suis dit, si je suis dans ces jeux-là, là, j'attaque le grand public qui, d'un seul coup, vont connaître le porte-drapeau de Alpine, de Lancia, des gens qui m'emploient et je pourrais leur rendre en notoriété, en crédibilité ce qu'ils investissent sur moi pour la course. Et j'ai eu un deuxième élément extrêmement positif. Moi, j'essaie d'être positive dans les choses qui me handicapent. J'avais l'interdiction de faire du sport, j'en ai fait. J'ai positivé le truc. Je n'avais pas été à l'école, il fallait même trouver un moyen d'exister. Donc, j'ai trouvé ça. Et j'ai un deuxième élément qui, au départ, est une catastrophe pour un jeune. À l'âge, c'est peut-être les conséquences de mon séjour à l'hôpital pendant deux ans. À 20 ans, j'étais chauve.
- Vivien Le Markerteur Automobile
D'accord.
- Bernard Darniche
ratiboisé. Et j'étais le seul pilote chauve. Et tout de suite, je me suis dit, parce que je lisais les titres quand même. Moi, j'ai vu les titres sur l'équipe. Le genou a encore gagné, parce que ça y allait.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Il était déjà sympa.
- Bernard Darniche
Le genou a fait ci, le Beatles décapotable, j'ai tout lu. Le Beatles décapotable, on m'a appelé.
- Vivien Le Markerteur Automobile
On en rigole aujourd'hui.
- Bernard Darniche
Mais je me suis dit ça. Ça va être un truc de folie, parce que je ne vois pas pourquoi je vais avoir cette notoriété, pourquoi on va parler de moi dans beaucoup d'endroits. Il y a bien un mec qui a besoin d'un porte-drapeau pour le remplacement capillaire, pour les cheveux, qui va me contacter. Et c'est arrivé comme ça.
- Vivien Le Markerteur Automobile
D'accord.
- Bernard Darniche
Un beau matin, on m'appelle, quelqu'un m'appelle et me dit, « Merde, parce que ce n'est pas facile à proposer. »
- Vivien Le Markerteur Automobile
Ah oui, bien sûr.
- Bernard Darniche
Il faudrait qu'on se voit. Je tombe sur un garçon charmant. Et il me dit, je suis champion du monde de coiffure, etc. Et je vois arriver, évidemment. Et je lui dis, ah ouais,
- Vivien Le Markerteur Automobile
ouais. En tout cas, ça a marché.
- Bernard Darniche
Parlez-moi. Il me dit, écoutez, je suis à l'étude, je fais des produits de remplacement capillaire et tout. J'aimerais bien que vous soyez mon porte-drapeau. Mais je lui dis, attendez. Moi, je vis très bien sans cheveux, chauve. Je ne veux pas commencer à m'emmerder avec des cheveux. Alors, si vous me prouvez, dans l'année qui suit là, On va y aller. Vous allez mettre des cheveux. Mais je veux constater moi-même que ça ne va absolument pas modifier ma vie. On a fait des essais. J'ai fait le Paris-Dakar pour test. Avec ses cheveux et tout, c'était fabuleux. Ça ne marchait pas. Et on a conclu une affaire. Et ça a été un déclenchement. Parce que, comment dirais-je, ce type de communication, c'est extrêmement, comment dirais-je... extraordinaire dans le sens... Il faisait de la publicité sur tous les journaux télévisés. J'avais du 4 par 3 dans toute la France, avec son cheveu. Et on s'est mis à recevoir des sacs de courrier. Et en deux ans, on avait 400 centres capillaires. 400 centres capillaires. Je recevais des sacs de courrier entiers. Vous avez osé le faire, alors moi je vais le faire aussi. En fait, on a décoincé un système. Et ça marchait très très fort. Je gagnais beaucoup plus d'argent avec ça qu'en étant pilote. Vraiment. Ce n'est pas deux fois plus, c'était dix fois plus. Et puis, mon associé de cette marque, Hercine, est mort.
- Vivien Le Markerteur Automobile
D'accord.
- Bernard Darniche
Voilà, il est mort. Et puis, moi, j'avais mon métier de pilote, tout s'est arrêté. Je me suis mis à être coiffé, mais je n'étais plus dans l'idée de développer.
- Vivien Le Markerteur Automobile
OK.
- Bernard Darniche
Et puis, je raccroche ça à ma vie actuelle d'il y a 15 ou 20 ans. Je suis contacté par une jeune femme qui dit vouloir me coiffer. Elle me coiffe. Et puis un beau jour, au bout d'un moment, elle me dit « Je suis dans telle boîte, j'aimerais bien… » Pourquoi on ne ferait pas… On a remonté avec ma marque, Airskin. On a remonté une affaire jusqu'à il y a 4 ans où on a été intégré à Franck Provost Coiffure avec l'idée de développer des centres capillaires dans toute l'Europe.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Ok.
- Bernard Darniche
Et ça ne s'est pas fait parce que la crise économique, le Covid est arrivé, Franck Bravaux a été racheté par un fonds de pension, et les financiers ont décidé que ce marché ne les intéressait pas. Et donc on s'est arrêté, mais j'ai toujours ma marque Erskine Capillaire au pont de l'Alma, mais c'est un artisan. On est passé à côté du développement européen qu'on voulait avoir. Mais il y a un vrai marché. Il y a un vrai marché parce que les gens qui se font faire des implants, dix ans après, c'est mort. Ils ont le cure-chevelu labouré. C'est une catastrophe. Et ils viennent chez nous. Et ils font ce que j'ai. Comme on dit, moi je n'ai pas à parler, on regarde.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Oui, je confirme. D'accord, ok. Donc en fait, tu faisais déjà de l'influence malgré toi à l'époque.
- Bernard Darniche
Oui, et j'ai toujours... C'est vraiment, c'est ancré au fond de moi-même ça. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Je ne suis pas meilleur qu'un autre. Mais j'avais le sentiment que le jour où je ferais de la pub, où j'expliquerais que ce produit m'apporte un bien-être, je voudrais que les autres en profitent. J'ai jamais voulu vendre un produit qui n'améliorait pas un tout petit peu ma vie. C'était les cheveux, il y a eu des chaussettes à neige il y a peu de temps, mais des choses que j'ai utilisées moi-même. Pour que ça change, il ne s'agit pas de révolutionner la terre entière. Il y a un tout petit truc dans le monde qui vous arrange. J'aime le commerce, j'aime le marketing, mais à condition... Moi j'appelle ça le marketing social.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Sociétal, ok. Donc ouais, pour rejoindre là ce que tu viens de dire, parce que tu as roulé avec Alpine, Fiat, Lancia, Mercedes, si je ne dis pas de bêtises. Et du coup, comment fonctionnaient les partenariats avec les constructeurs, les sponsors à l'époque ? Est-ce que c'était comme aujourd'hui ?
- Bernard Darniche
Ah ouais, non, pas du tout. Alors, mon arrivée dans le monde d'automobile s'est faite d'une façon très brutale, parce que j'ai été coéquipier avec ce garçon qui tenait cette mercerie à Fontainebleau. Et j'étais son coéquipier. Et un bonjour, il m'a dit, mais quand je te fais conduire, tu as une façon de conduire que je ne comprends pas. Il m'a dit, tu vas faire une course. Je lui ai dit, faire une course, je n'ai pas d'argent, je n'ai rien du tout. Il m'a dit, je m'occupe de tout, la voiture. Le premier rallye que je fais, c'est le rallye du Touquet. Je gagne, sans comprendre pourquoi, comment. J'étais avec un copain d'enfance, on était à l'école Jules Ferry de Corbeil. fils de gendarme, et moi élevé par ma grand-mère, deux flèches.
- Vivien Le Markerteur Automobile
D'accord.
- Bernard Darniche
Sûr de soi.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Oui, on y va.
- Bernard Darniche
Mon Dieu, je m'en rappelle. Et donc, je serais allé du tout. On était tous dans une chambre avec des potes qui nous avaient fait l'assistance. Et à 5h de l'après-midi dimanche, ça tape à la porte. Il faut que tu viennes au casino. T'as gagné. Et je les envoie chier. Arrêtez de m'emmerder. J'ai gagné. Rien du tout. Et je ne veux pas y aller. Je ne veux pas y aller. Une demi-heure après, ils reviennent. Le maire t'attend. Il y a tout le monde. Casini, il faut que tu viennes. J'y vais. Et là, le ciel me tombe sur la tête. Je me rends compte qu'ils mettent des coupes, des machins, des enveloppes, des chèques, des trucs. On sort de la mise des prix. Je regarde les enveloppes. J'avais trois ans de salaire. Et là, c'est la fin du monde. On ne se rend pas compte ce que c'est que d'un seul coup voir de l'argent comme ça. J'étais... Ajuteurs chez Testu, les usines de balance Testu à Corbeil, 300 francs par mois, en travaillant 43 heures. Pour info, il y en a qui se plaignent des 35 heures. Et donc, je dis à mon coéquipier, il y a une erreur des chronos, ils vont nous demander les chèques, on ne les remet pas. Il m'a dit, tu as raison, on ne les remet pas, il y a une connerie, c'est sûr, il ne faut pas avoir gagné. Et la semaine d'après, celui qui nous avait mis la voiture et tout, il a appelé et dit, alors ? Ben non, on n'a pas remis l'échec, mais vous êtes complètement abrutis. Je lui ai dit, mais non, il n'y a pas d'erreur, vous avez gagné. Et si tu veux, on recommence, il y a le rallye Flandre-Rénault dans le Nord. C'était les rallies nationaux, ce n'était pas des rallies régionaux. On regagne.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Ah, bon, deux fois la même erreur, ça fait beaucoup.
- Bernard Darniche
Et là, Robert Ausha, Jean-Michel Leliot, alors là, c'est reportage TF1, France 2. Le lundi, c'est le Figaro. Et là, je ne sais plus où je suis. Je suis pris dans une spirale complètement qui me dépasse totalement. Ça appelle de partout. Des gens qui ont une Gordini. Je ne sais pas quoi en foutre. Je m'en sers tous les jours. Il faut que tu fasses la coupe Gordini. Je te la prête. Peut-être pas toute l'année, mais je te la prête au moins pour 4-5 courses. Un autre a étréchi vers Étendres. J'ai une Alpine. Je m'en sers pour me balader le dimanche. Ça pourrait être mieux. Je veux que tu t'en sers pour faire des courses. Ça appelle de partout. Il y avait des indépendants, des gens d'ordre particulier qui vivaient mon histoire par procuration.
- Vivien Le Markerteur Automobile
C'est incroyable.
- Bernard Darniche
Il y a eu un regroupement spontané de gens qui voulaient m'aider. C'était quelque chose de fou. Et on s'est mis à tout de suite gagner. La Coupe Bordigny, on fait les sélections en fin d'année. Je n'avais jamais été au Mans de ma vie. Je me retrouve sur le circuit Bugatti. avec des furieux et il faut que je me qualifie. Je fais le sixième temps. Je n'ai pas compris ce que j'avais fait. Donc il me dit, tu vois, j'ai raison de te prêter mon venteur de sixième temps. Début d'année, il y a la course, la première course de la Coupe d'Ordigny à Pau. Pauville, entre les murs,
- Vivien Le Markerteur Automobile
les trottoirs.
- Bernard Darniche
Il me dit « je te prête ma voiture » . Je lui dis « t'es con, tu me prêtes ta voiture ? » Et si je la cartonne, on me dit « je te prête ma voiture » . Arrête de te poser des questions. Donc cette première course, je fais le troisième temps au chrono. Je veux me barrer parce que j'avais les jetons. Parce qu'il faut voir, la coupe Gordini, c'était quand même des furieux. Et donc je veux me rebarrer, on m'oblige à prendre la course, je fais troisième. La deuxième course, je fais deuxième. La troisième course, je gagne. Et je fais cinq courses, cinq podiums, deux victoires dans la finale. Le soir même de la finale à Albi, je vois un jeune mec, costard qui vient vers moi, qui me dit, pour l'année prochaine, donc l'année 1969, j'ai mon patron, M. Ferry, qui est le président de NSU, qui préfigurait Audi, en fait, NSU, NSU France, qui voudrait vous voir la semaine prochaine. Il veut vous proposer quelque chose. La semaine d'après, je vais déjeuner avec lui. Au dessert, il me dit, on aimerait bien vous avoir comme pilote officiel pour l'année prochaine, faire des rallies. Il me dit, je vous laisse 8 jours pour réfléchir. Je lui dis, non, non, il est où le contrat là ? Et c'est parti comme ça, mais d'une brutalité.
- Vivien Le Markerteur Automobile
D'accord.
- Bernard Darniche
Et puis, j'ai gagné tout de suite avec la NSU. J'ai gagné des courses, des scratchs devant les Porsche, devant les Alpines, jusqu'à la fin de l'année en 69. Au Créteil Médicéven, c'était l'espèce de super finale des rallies en France. Il y avait 280 engagés. Cette année-là, il y avait 8 alpines officielles d'usines. 8 alpines. Les Porsche, il y avait tout le monde. Et au petit matin, encore une fois, la petite NSU, tout le monde autour de moi. Et je dis à mon coéquipier, mais qu'est-ce qui vient nous emmerder tous ces gens ? Ils me disent, c'est les journalistes, ils nous disent qu'on est premiers. Je suis dit, marre. arrête, on va aller chier.
- Vivien Le Markerteur Automobile
C'est pas possible.
- Bernard Darniche
Et finalement, on était premier.
- Vivien Le Markerteur Automobile
D'accord.
- Bernard Darniche
Et la résultante, c'est que quand on est arrivé au parc fermé, on a crevé, on a fait deuxième, on n'a pas été jusqu'au bout, c'est que dalle, mais ce n'était pas grave. Dans le parc fermé, on a vu arriver Jean Edley et Jacques Chénis, qui étaient d'abord ceux qui les connaissent visuellement, deux grands beaux mecs, tous les deux... Comment dirais-je ? Un charisme de fou, quoi. Jean Redelet, Jacques Chénis, un charisme de fou, des grands beaux mecs, la tête bien faite, HEC, les deux, enfin, exactement le contraire de moi,
- Vivien Le Markerteur Automobile
quoi.
- Bernard Darniche
Qui viennent vers moi, qui me disent, ils me regardent dans les yeux, ils me disent, tu nous as fait passer une nuit de merde avec ton essu, c'est la dernière. Tu vas signer trois ans, on ne sait pas ce qu'on va faire de toi, parce qu'on est déjà huit pilotes officiels, tu n'auras pas de programme, mais tu signes. J'ai signé trois ans sans programme.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Ah oui, d'accord.
- Bernard Darniche
Mais je voulais être chez Alpine. À un moment, les décisions, on les prend. Pas de programme, je m'en fous, je vais être chez Alpine. Une fois qu'on est chez Alpine, après, c'était à moi de faire ma place. Et leur prouver qu'ils avaient raison de m'avoir pris. Pour répondre à ta question, il n'y a pas de seconde sort. On me demandait de courir pour eux. J'étais payé mensuellement. J'avais tous mes frais payés. Une voiture de service, une équipe de compétition, on m'amenait la voiture de course. Je n'ai pas de sponsor. C'était l'usine qui me payait, moi.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Mais du coup, eux avaient des sponsors ?
- Bernard Darniche
Non.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Non, c'est-à-dire que dans ta voiture, il n'y avait zéro sponsor. Ça n'existait pas.
- Bernard Darniche
Chez Alpine, ils avaient Elf, parce que c'est un accord pétrolier constructeur. Et les équipementiers. Il y avait Ferodo, enfin, je ne me rappelle plus si bien. Les équipementiers, quoi, qui fournissaient le... Mais il n'y avait pas de sponsor extrasportif.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Ok. Donc, ça veut dire qu'aujourd'hui, concrètement, peu importe le championnat, il y a une enveloppe qu'il faut mettre dès le départ et on te donne un volant. En gros, je caricature, je simplifie, mais c'est ça. Donc, à l'époque, ça n'existait pas. D'accord. Donc, c'était quand même le talent qui faisait que tu étais... Ah,
- Bernard Darniche
ils venaient vous chercher. Moi, ils sont toujours venus me chercher.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Ok.
- Bernard Darniche
Je n'ai jamais été... Toqué à la porte. ...d'offre de service. Ils sont toujours venus me chercher. Vraiment.
- Vivien Le Markerteur Automobile
D'accord. Ok. Bon, c'était la belle époque.
- Bernard Darniche
Oui, c'est ça. On ne se posait pas de questions. Par contre, il fallait se bouger le cul pour y rester.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Ah oui, parce que du coup, la concurrence était faite. Ce n'est pas celui qui avait le plus de moyens qui restait.
- Bernard Darniche
Il fallait gagner des courses. La vérité, elle est là. Celui qui gagne a raison, celui qui perd, il a tort.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Donc, on parlait forcément du sport auto à ton époque. Donc aujourd'hui, c'est, si je puis dire, plus structuré, plus sécurisé, plus médiatisé. Mais parfois, on aussi jugeait plus aseptisé. Et je voudrais avoir ton avis, justement, qu'est-ce que tu regrettes du sport auto d'hier et qu'est-ce que tu trouves objectivement meilleur aujourd'hui ?
- Bernard Darniche
La seule chose que je trouve positive aujourd'hui, c'est l'argent qu'il gagne. Il gagne beaucoup d'argent.
- Vivien Le Markerteur Automobile
D'accord.
- Bernard Darniche
Beaucoup, beaucoup. Non, on ne gagnait quasiment rien. J'étais payé comme un ingénieur de très haut niveau. Voilà. C'était mon salaire. C'était bien. Surtout moi qui sortais de nulle part. Mais aujourd'hui, ils gagnent des sommes méritées comme des stars. Par contre, nous, on a eu une vie sur le plan humain beaucoup plus forte qu'eux parce qu'eux n'ont aucun contact avec le public. C'est interdit. Le public ne peut pas aller les voir au bord de la route à 150 mètres. Il ne peut pas aller dans les paddocks, les voir, les rencontrer. Pendant les reconnaissances, tout est isolé, tout est aseptisé. On ne peut pas les voir, on ne peut pas leur parler. Alors que nous, non seulement, comment dirais-je, on se parlait, on les emmenait en essai, en reconnaissance, on les mettait à côté dans la voiture, les spectateurs. Le samedi soir, au Turini, on se réunissait à 5 ou 6 au haut du Turini. Il y avait 2000 personnes. Et jusqu'au petit matin, on les emmenait, on faisait le manège, on les descendait deux kilomètres sur la glace, on remontait dans la Stratos, dans les Fiat et tout. C'était le bonheur, quoi. Et pendant la course, ils étaient au bord de la route, bien sûr trop près de la route, mais moi, ça m'est arrivé plusieurs fois, puisqu'on faisait à peu près toujours les mêmes spéciales et les mêmes courses, partout dans le monde, mais deux ou trois fois, il y a des gens qui sont venus me voir avec un morceau de plâtre.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Pour le dédicacer ?
- Bernard Darniche
En me disant, il faut me le signer, parce que ça, c'est une jambe, ça, c'est un bras. d'accord ok plus où est-ce qu'il n'y arriverait plus aujourd'hui c'est porte-plante et puis hors de la République machin truc là là c'était bon enfant mais d'accord poussé à son paroxysme quoi avec le recul est-ce que tu penses que le
- Vivien Le Markerteur Automobile
pilote a toujours été un outil marketing même sans le savoir surtout aujourd'hui peut-être plus qu'avant est-ce que tu peux nous partager ton avis là-dessus alors moi je l'ai toujours su j'ai toujours intégré dès le départ parce que j'avais l'impression de ne pas être à ma place parce que j'ai jamais rêvé moi d'être
- Bernard Darniche
La plupart de tous les gens, que ce soit la FIT, enfin tous, tout petit rêvait d'être pilote. Tout petit, il jouait à la bagnole, il rêvait d'être pilote. Moi, jamais de la vie, j'ai rêvé à ça. Je suis tombé là-dedans. Donc, je me suis dit, comment dirais-je, j'ai tout de suite réfléchi, essayé de comprendre le pourquoi des choses. Je me suis dit, si tu es là, ce n'est pas parce qu'ils veulent te faire plaisir. C'est qu'ils attendent quelque chose de toi. Et attendre quelque chose de toi quand tu es un constructeur automobile, ça veut dire vendre des bagnoles. C'est-à-dire attirer l'attention sur une marque d'une façon très positive, en montrant que c'est la meilleure marque. Et pour montrer que c'est la meilleure marque, c'est pour gagner des courses. Et pas faire le con. C'est-à-dire ne pas t'amuser à porter de la crédibilité, de la densité technologique, etc. Tu es le porte-parole de ça. Voilà. Donc, moi je me suis... toujours mis dans cette logique-là. Vraiment, je me suis emmerdé la vie, je ne me suis jamais amusé. Quand on me demande souvent la passion et tout, je n'ai jamais été passionné. J'ai été passionné du travail bien fait. Moi, ce qui me passionnait, c'est quand j'arrivais, d'abord, en première analyse, c'était les ingénieurs, l'équipe et tout, les éclairs dans les yeux quand on gagne, c'est fabuleux. Tout le monde est content. Le lundi, quand j'ai couru pour l'Ancien France, Je partais avec M. Chardonnet, en général. On allait faire la visite des concessionnaires. On allait en visiter 3 ou 4, lundi, mardi. Et on revenait en ayant vendu 50 voitures. Parce que quand le concessionnaire vous a vu à la télé le week-end, vous arrivez chez lui en Normandie ou dans le centre de la France, il dit que M. Chardonnet, qui était un super commercial, sortait son truc en disant tu vas me prendre ça, ça, ça, ça, ça, ça, et il disait oui, oui, je prends, prends. On vendait des voitures. Et moi, je savais que c'était à ça que je servais.
- Vivien Le Markerteur Automobile
D'accord.
- Bernard Darniche
Comme on dit, les chiffres sont têtus. On a pris la marque Lancia, 1800 voitures. On l'a quittée 6 ans après, 22 000.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Énorme.
- Bernard Darniche
Comme on dit, la Mercedes.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Oui, c'est ça.
- Bernard Darniche
C'est le commentaire, comme on dit.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Ok, ok. Et alors, est-ce que tu penses qu'aujourd'hui, justement, il y a peut-être trop cet aspect marketing ? pour un pilote, et on oublie peut-être un peu le pilote en tant que sportif ?
- Bernard Darniche
Oh non, non, non, non, non, non. Parce que la vérité, elle est quand même sur celui qui gagne. La seule vérité, c'est celui qui est devant et celui qui gagne. En plus, il y a beaucoup de marques totalement étrangères au monde de l'automobile. Les Red Bull et compagnie, ça n'a rien à voir avec l'automobile. Et moi, je pense que c'est très positif, parce que le marketing des produits extrasportifs est souvent beaucoup plus... performant que le marketing des constructeurs.
- Speaker #0
qui ne sont que des industriels quand même, dont le client est le distributeur et non pas le client final. Ça change tout. C'est très, très différent. Moi, je vois, puisque j'ai été... J'ai eu une concession automobile. Il y a des fois, ils nous pondaient des plans marketing. Je me disais, mais ils ne savent pas à qui ils vendent. Ce n'est pas à nous qu'ils vendent. C'est très compliqué.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Et puis, tu as eu un pied aussi, toi, dans la publicité.
- Bernard Darniche
Oui, oui, j'ai une agence de conseil en stratégie marketing où j'ai eu le bonheur, la chance de travailler avec des gens comme Daniel Bernard, qui était le président de Carrefour, Joël Saveuse, qui était numéro 2, mais qui avait été aussi président de métro en Allemagne. Enfin, des gros calibres sur un plan marketing, des sommums, des sommités. Et j'ai beaucoup appris. J'avais Gaz de France comme client, France Télécom. Et je me trouvais bien, en fait, parce que... c'était plus moi le pilote. Il y avait toutes les équipes de création, de réflexion. En fait, je pilotais parce que c'est moi qui apportais les clients qui étaient au contact. En fait, je pilotais un autre système d'équipe mais pour la même résultante, pour faire du business. Ça n'a pas changé grand-chose pour moi. C'est pour ça que je me suis assez rapidement... Pas par volonté, c'est sur un accident détaché du monde automobile, mais j'ai retrouvé à peu près la même façon de fonctionner, avec beaucoup plus de légèreté, parce que je n'étais plus, comment dirais-je, je savais que je ne retournerais pas à l'usine chez Testu comme ajusteur. Ça change beaucoup de choses déjà.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Bien sûr. Donc du rallye à la prise de parole publique, parce qu'après ta carrière de pilote hors normes quand même, je le souligne, tu es aujourd'hui devenu consultant média sur la mobilité sereine et durable. Alors, qu'est-ce qui t'a poussé justement à prendre la parole publiquement à ce sujet ?
- Bernard Darniche
Alors, encore une fois, j'ai subi les événements. Un beau jour, le directeur de cabinet de Jacques Chirac, qui était Premier ministre à l'époque, m'appelle et me dit « le patron voudrait vous voir » . Moi, je tombe du placard, qu'est-ce qu'il me veut ?
- Vivien Le Markerteur Automobile
Oui.
- Bernard Darniche
Je n'avais aucune connexion politique, mais aucune. J'habitais à côté de Milly-la-Forêt, dans ma campagne, là-haut. Après chaque cours, je rentrais, je coupais du bois. J'allais voir mes médecins militaires à Fontainebleau. J'étais dans mon monde à moi. Et donc, je vais à Matignon. Et il me regarde. Il me dit « Je suis content de vous voir. J'aimerais bien que vous m'aidiez. » Il veut que je l'aide, moi, le Premier ministre.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Qu'est-ce que je vais faire ? Qu'est-ce qu'il veut ? Que je l'apprenne à conduire ?
- Bernard Darniche
Mais c'est surréaliste. En plus, un homme formidablement sympathique. C'est vraiment... Moi, sur un plan humain, j'ai vraiment quelqu'un d'incroyable. Et il me dit, j'aimerais bien que vous m'accompagnez parce que j'ai inventé le critérium du bon conducteur pour les écoles de le centre de la France, où Husserl, enfin, tout son milieu à lui. Et il m'a dit, il faudrait qu'on aille épisodiquement remettre des coupes aux enfants des écoles. et que vous puissiez m'accompagner. Je lui ai dit, monsieur, je suis pilote de course, ce n'est pas une adéquation totale avec la sécurité routière. Je vais vous expliquer, puisque vous ne comprenez pas. Il me dit, vous gagnez tous les dimanches, ou quasiment. Vous ne sortez jamais de la route. Donc la performance n'est pas antinomique avec la sécurité. Quand Jacques Chirac vous sort ça en pleine tronche, vous dites, pas forcément très tort quand même. Et je suis parti comme ça avec lui. C'est lui qui m'a embrayé là-dedans. Évidemment, quand on est à côté d'un personnage comme ça, on ne passe pas inaperçu. C'est comme ça que je suis arrivé dans la mobilité. C'est moi qui transformais la sécurité routière en mobilité sereine et durable. Parce que j'exècre le mot sécurité. C'est un frein à l'évolution des sociétés. L'excès de sécurité, avec le principe de précaution, Ça a été un frein à l'économie en France. Et c'est M. Chirac qui l'a inventé. Sous la contrainte de M. de Villepin.
- Vivien Le Markerteur Automobile
D'accord.
- Bernard Darniche
Ne jamais l'oublier, ça,
- Vivien Le Markerteur Automobile
quand même.
- Bernard Darniche
Mais le principe de précaution, c'est un frein à l'évolution des sociétés. Vraiment.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Selon toi, qu'est-ce qu'un champion peut apporter au débat public que les politiques ou techniciens n'apportent pas ?
- Bernard Darniche
La vérité. La vérité. parce que le débat public comment dirais-je Au-delà du débat public, les gens qui nous gouvernent, le gouvernement, pour mieux s'intégrer dans le subconscient des gens, leur arme principale, c'est le mensonge d'État. Le mensonge d'État. Et sur la sécurité routière, alors là, on est en plein dedans. Quand on entend dire, et que les gens sont persuadés que c'est la vitesse, la source de tous nos maux sur la route, alors que quand on regarde les chiffres avec un peu de recul, 3000 morts sur la route, c'est l'endroit où on a le moins de chances de mourir. Quand on sait que c'est 21 ou 22 000 morts d'accidents de la vie courante, d'accidents domestiques, les maladies nosocomiales, c'est 12 000 morts. Et ils ont inventé, parce que j'en ai fait partie. J'étais avec Jacques Chirac quand ça s'est fait. Puisque j'étais avec le préfet Bartol sur le dossier des radars automatiques. Donc la vérité, je la connais, puisque j'étais là. Et quand on s'est rendu compte que c'était simplement le prétexte à prouver à M. Tout-le-Monde que c'était le gouvernement qui allait faire chuter les 18 000 morts sur la route à 3 000 morts, alors qu'ils n'y sont pour rien. La raison principale... La raison principale de la diminution des accidents sur la route, c'est le travail formidable des constructeurs automobiles. Sécurité active, sécurité passive. La deuxième raison, elle est factuelle, c'est la médecine d'urgence qui a fait des projets de dingue et qui sauve des vies. Et la troisième raison, c'est l'arrivée massive des autoroutes sur lesquelles il n'y a pas de mort, ou quasiment pas. C'est itilène par rapport aux millions de voitures qui y passent. Mais pour donner de la légitimité à l'inquisition sur la route, parce que c'est quand même l'inquisition, Oui. Il a fallu inventer la vitesse. Et le seul moyen de contrôler cet élément, c'est les radars. Et tout ça, ça a été, comment dirais-je, à force de répéter des mensonges, ça devient des vérités. C'est à ça que l'on assiste au quotidien quand même.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Du coup, est-ce que tu penses que l'auto souffre aujourd'hui d'un déficit d'images ? Et si oui, qui porte la responsabilité de ce récit négatif ? Est-ce que tu as les médias, les pouvoirs publics et industriels ? Ou même les conducteurs ? Parce que tu parlais justement de... de mensonges qui deviennent une vérité. Qu'est-ce que tu penses de ça ?
- Bernard Darniche
Moi, je pense qu'on passe à côté. La mobilité, le temps. Le temps, c'est l'élément le plus important dans la vie d'un homme. On n'en parle jamais de ça. Le temps gagné ou le temps perdu, c'est du temps de vie gagné ou perdu de la vie en général. C'est incompressible. L'argent, on en perd, on en gagne, mais le temps...
- Vivien Le Markerteur Automobile
On ne peut pas.
- Bernard Darniche
C'est incompressible. Et c'est le paramètre dont on ne parle jamais. On a admis aujourd'hui en France et surtout dans un système dans lequel on a été amené progressivement où le temps ne compte pas. C'est faux, le temps compte pour... C'est l'élément le plus vital, le plus fondateur de nos vies. Le temps est là. Et fort de ça, on passe à côté du principal. Et moi, je ne comprends pas l'incohérence des pouvoirs publics parce que... L'automobile, c'est le moyen de mobilité le plus sécurisé. On commence à s'en rendre compte. Ils ont collé tout le monde sur des vélos, des trottinettes. Là, ils commencent à se dire, peut-être qu'on n'a pas bien fait quand même. Parce qu'il va falloir qu'ils l'expliquent à un moment ou à un autre. L'automobile, on l'a exclue de partout. Avec des taxes qui sont complètement hallucinantes. Le stationnement, les taxes sur le pétrole, les autoroutes qu'on avait financées une première fois. qu'on a vendu pour rien et qu'on paye aujourd'hui. Le système, c'est pas que les écolos, parce que les écolos ne comptent quasiment pas en France, mais ils ont insufflé un espèce de poison toxique pour persuader les gens que dans une voiture, on est politiquement incorrect. C'est complètement fou, parce qu'on a cassé l'économie avec ça. On s'en rend compte, aujourd'hui, c'est concret. Il n'y a plus de voiture d'emparer, mais il n'y a plus d'économie non plus.
- Vivien Le Markerteur Automobile
C'est vrai.
- Bernard Darniche
On s'en rend compte, petit à petit. Mais parce que le mensonge, à court terme, c'est positif, mais à long terme...
- Vivien Le Markerteur Automobile
Ça ne marche pas.
- Bernard Darniche
On est toujours rattrapé par la vérité, toujours.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Et du coup, tu es président de l'association des citoyens de la route, d'ailleurs, et tu défends une approche qui est plus pédagogie versus sanction.
- Bernard Darniche
Oui.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Est-ce que tu crois encore à la pédagogie face à une logique qui est de plus en plus pénitive sur la route ? Est-ce que ça fonctionne réellement sur le terrain ?
- Bernard Darniche
Alors... Il faut toujours essayer de voir pourquoi ça marche ou pourquoi ça ne marche pas. Moi, je suis allé beaucoup en Allemagne et j'ai essayé de comprendre parce que ça marche en Allemagne. Il y a des chiffres, encore une fois, c'est têtu. Ils ont 20 millions d'habitants de plus que nous, un truc comme ça. Ils ont 1000 morts en moins, avec 60% des autos en vitesse libre. On peut peut-être l'expliquer tout ça.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Ça va faire réfléchir, oui.
- Bernard Darniche
Alors, en amont de tout ça, toute la réglementation est faite par l'Automobile Club, ADAC. surpuissant, je crois qu'il y a 20 millions de membres, qui est en mesure de parler au pouvoir public. Ils définissent des règles et ils en discutent avec le pouvoir public qui en terrine. Il ne s'agit pas d'être un électron libre. Évidemment, on est dans un système politique électoral. Il faut que les politiques, ils aient leur mot à dire. Mais disons qu'il y a des équilibres à trouver entre ce qu'on peut faire et ce qu'on n'a pas le droit de faire. En Allemagne, ils ont trouvé des équilibres. Et ce qui est très, très, très important en Allemagne, c'est qu'il y a très peu de radars automatiques. Ils sont au bon endroit. Quand il y en a, ils sont au bon endroit. Mais surtout, il y a une vraie police de la route qui est là pour faire de la pédagogie. Quand on vous arrête en Allemagne, au volant d'une voiture, on ne peut pas dire qu'on n'a pas vu la règle. Parce que tout est... On sait ce qu'il faut faire, pas faire, contrairement à la France, où on ne sait jamais si on est sur une route à 80, 90, 60, 30... Enfin, il y a... La caricature de la route... C'est un document administratif incompréhensible, comme tous les documents administratifs, sans exception. On ne comprend pas ce qu'il nous demande. Donc forcément, quand on fait une faute, ce n'est pas forcément une volonté de faire une faute. C'est simplement qu'on n'a pas compris. En Allemagne, c'est très très simple sur la route. Et quand vous vous faites arrêter par les motards, d'abord c'est un grand sourire. Et ils vous expliquent pourquoi il ne faut pas faire ça.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Oui, l'inverse dans la France.
- Bernard Darniche
Et pan !
- Vivien Le Markerteur Automobile
Oui, on paye.
- Bernard Darniche
Ça ne rigole pas. Mais pour des vraies fautes. Un exemple. Un excès de vitesse en agglomération en Allemagne. Pour perdre un point, il n'y a pas de problème de faire un point, c'est 21 km à l'heure de dépassement. En agglomération.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Juste pour revenir plus sur la partie transmission et héritage, parce qu'on l'a déjà dit et presque tout le monde le sait, tu incarnes quand même une génération mythique du rallye français. Qu'est-ce que tu aimerais transmettre aux jeunes pilotes aujourd'hui ? Alors pas en termes de pilantage et de technique de conduite, mais plutôt en mentalité, en carrière et rapport à l'image.
- Speaker #0
J'aimerais d'abord qu'ils soient conscients, parce que ce n'est pas certain où ça se perd, qu'ils sont dans un système de privilèges incroyables. Et ça aide à goûter le bonheur de la vie. Quand on banalise le privilège, on n'en profite plus.
- Vivien Le Markerteur Automobile
C'est vrai.
- Bernard Darniche
Moi, j'ai cette chance. Je vais avoir 84 ans, là. Mais il n'y a pas un moment de ma vie où je me dis, mais putain, tu vas crever. Mais ce n'est pas grave, quoi. Tu as eu une vie tellement de bonheur, avec un privilège incroyable, qui t'a permis, je ne parle pas de même simplement d'être pilote, mais ça m'a permis de connaître des grands personnages. Un privilège pour moi, c'est que quand je me pose une question existentielle, je peux appeler quelqu'un comme Luc Ferry. mais c'est pas le bonheur absolu ça pouvoir parler à qui on veut quand on a une question à poser dans un domaine ou un autre c'est mieux que chat GPT mais oui Christian Saint-Etienne l'économiste moi je l'appelle je lui dis Christian qu'est-ce que tu penses de ça génial mais c'est ça le bonheur c'est pas l'argent ça en fait partie je suis pas riche j'ai une vie confortable en fait c'est ce que je souhaite à tout le monde une vie confortable et pouvoir avoir accès par curiosité à des gens inaccessibles. Pour moi, c'est ça. Pouvoir appeler quelqu'un et lui poser une question à la con et ne pas avoir l'impression d'être con au retour.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Ok. Donc là, on va t'adresser plus aux pros de l'automobile parce que, tu le sais, mon podcast est majoritairement adressé aux professionnels du secteur. Si tu avais un message clair à adresser aux différents acteurs du secteur, que ce soit les constructeurs, les distributeurs, les médias, les marketeurs, quelquel pourrait concilier justement la passion automobile, la responsabilité et l'acceptation sociale ?
- Bernard Darniche
Être conscient que tous les métiers qui touchent autour de l'usage de la voiture, je dis bien de l'usage de la voiture, ce sont des métiers nobles qui permettent à des gens... d'avoir entre les mains le plus bel outil de liberté individuelle. C'est le plus bel outil accessible de liberté individuelle. Et je crois que le monde automobile a perdu le sentiment que c'est un métier d'une noblesse absolue. Dire à quelqu'un, tu sors de chez toi, tu as le permis, tu vas où tu veux, à quand tu veux, il faudrait retrouver cette espèce de... Comment dirais-je ? de réalisme, de réalité. L'automobile, qu'on le veuille ou non, il n'y a rien qui remplace. Cette espèce de dire « j'avais pas envie de partir il y a un quart d'heure, mais là maintenant, il y a trois minutes, j'ai envie de partir. Je monte dans ma voiture et je m'en vais. » La liberté absolue. Je trouve que ça, on ne l'intègre pas assez dans les métiers de l'automobile. L'automobile, tout ce qui touche à l'usage de l'automobile, c'est de la noblesse absolue. De la noblesse absolue. Autant des diligences, c'était plus développé.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
La banalité de l'usage de l'automobile est devenue tellement forte qu'on ne voit même plus les privilèges que ça apporte. Vraiment.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Ok. Alors pour finir... sur une question un petit peu plus fun, même si je connais déjà la réponse, parce que tu nous as déjà dit, en toute honnêteté, aujourd'hui, quand tu es au volant sur route ouverte, est-ce qu'il t'arrive encore d'avoir des réflexes de pilote ou est-ce que tu es le citoyen de la route parfait, on va dire ?
- Bernard Darniche
J'ai toujours été... C'est difficile à dire, mais... Je rêve pas à la voiture, moi. À maintes reprises, j'ai dit, quand on me répond, mais qu'est-ce que tu veux comme voiture ? Moi, je veux une voiture où je peux mettre mon vélo dans le coffre.
- Vivien Le Markerteur Automobile
OK.
- Bernard Darniche
La première réponse.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Ton critère.
- Bernard Darniche
Voilà. Et à partir de là, pourquoi je dis ? Parce que j'ai eu le privilège de pouvoir conduire, et encore aujourd'hui, de pouvoir conduire les voitures que je veux. Je peux téléphoner, tout le monde me prête une voiture. Je ne l'utilise même pas parce que je n'en ai pas besoin. Je suis en scooter aujourd'hui. Je roule en scooter parce que je suis très... factuelles, pragmatiques. Je ne veux pas m'emmerder à une voiture dans la région parisienne parce que c'est plus un emmerdement. Ils ont rendu ça complètement impossible. Donc je roule en scooter. Et même le scooter, c'est à des limites. Quand je vois que dans le 8e, on paye 3 euros de l'heure de stationnement, je trouve ça insensé. Mais au-delà de tout ça, avant tout, ce qui me guide dans ma vie, j'ai toujours voulu faire de la politique de la même façon. de la politique au sens de la res republica, au sens premier du terme. Ma règle à moi, c'est celle que ma grand-mère m'a inculquée, ne jamais empiéter sur le bien-être des autres. Jamais.
- Vivien Le Markerteur Automobile
La vie en communauté.
- Bernard Darniche
Tu as le droit de faire tout ce que tu veux à condition de n'emmerder personne. Et au volant d'une voiture, si je laisse aller ce que je sais faire, je vais emmerder tout le monde.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Il y a des chances.
- Bernard Darniche
Donc ça, c'est pas possible. Pour moi, c'est pas possible. Et puis, être crédible. Là, il y a eu trois ou quatre jours de neige. Ils m'ont tous appelé, toutes les télés, toutes les radios et tout. Et ils ont eu une réponse à laquelle ils ne s'attendaient pas. Les rédactions m'appellent en me disant « Vous pouvez être à telle heure et tout. » Et je leur réponds « Il y a de la neige, je n'ai pas les pneus hiver, donc je ne peux pas venir avec ma voiture. »
- Vivien Le Markerteur Automobile
Ils ne s'y attendaient pas.
- Bernard Darniche
Donc, c'est placard. Non, je ne peux pas. Imaginez-vous que je me fasse un trottoir où j'ai un problème et puis qu'on voit que je n'ai pas les pneus hiver, que je rabâche toute la journée qu'il faut les pneus hiver. Je passe par un con.
- Vivien Le Markerteur Automobile
La crédibilité zéro. Ça,
- Bernard Darniche
ça ne marche pas. Donc, j'ai dû prendre 17 taxis en trois jours. Vous voyez les taxis ?
- Vivien Le Markerteur Automobile
D'accord.
- Bernard Darniche
Parce que je vais jusqu'au bout. C'est peut-être puéril, mais ça part d'un principe d'honnêteté,
- Vivien Le Markerteur Automobile
je trouve.
- Bernard Darniche
Je me sentirais mal à l'aise au volant d'une voiture. qui n'est pas équipé de ce que je raconte toute la journée sur les pneus. Enfin, ça me paraît... Je ne serais pas à l'aise.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Est-ce que tu veux rajouter quelque chose ?
- Bernard Darniche
Non, simplement que tout ce monde de l'automobile, les équipementiers, je les connais tous, Bosch, en Allemagne, tous, c'est eux qui ont rendu l'auto honorable, sécurisante et honorable. Et je trouve qu'ils ne se sont pas... pas suffisamment défendus vis-à-vis des pouvoirs publics. Quand j'ai créé Citoyens de la route, que ce soit moi ou un autre, peu importe, c'est le concept qui m'intéressait. C'est-à-dire faire une communauté d'utilisateurs de la voie publique avec une voiture, une communauté large et agissante. J'ai demandé à tous les équipementiers, les constructeurs et tout. Il n'y en a pas un qui a voulu rentrer dans le truc. Et il y aurait un ADAC français en France. qui serait Sylvain Darhout ou un autre. Ça changerait tout. Parce que la première puissance politique en France, c'est quoi ? C'est l'automobiliste. C'est l'automobiliste. Sauf qu'il est disséminé, il n'est pas regroupé dans une communauté positive et agissante. Et donc, les constructeurs automobiles subissent le poids des pouvoirs publics et leur incohérence totale. Quand on voit le poids des taxes aujourd'hui sur les voitures, c'est juste inacceptable. Ça n'a aucun sens. C'est même un contresens économique. Contresens économique, pénalisant pour Bercy. Je ne comprends pas. Et moi j'ai ramé. Quand j'ai lancé Citoyens de la route, il n'y avait pas les réseaux sociaux. Certainement ça a été mon handicap. Mais contre toute attente, j'ai lancé Citoyens de la route à un mondial de l'automobile il y a 20-25 ans. Et le seul sponsor que j'ai trouvé qui m'a soutenu en totalité financièrement, c'est M. Pépi SNCF.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Ok. Eh,
- Bernard Darniche
il faut le faire quand même.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Pas mal.
- Bernard Darniche
Parce qu'il avait compris. Il avait compris que ce n'était pas contradictoire.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Merci beaucoup, Bernard. Qu'est-ce que je peux te souhaiter pour la suite ?
- Bernard Darniche
Pas grand-chose. Je peux parler franchement ?
- Vivien Le Markerteur Automobile
Bien sûr.
- Bernard Darniche
Je voudrais crever en bonne santé.
- Vivien Le Markerteur Automobile
On te souhaite ça. Sur ton vélo, au soleil.
- Bernard Darniche
C'est vrai que je reçois à chaque fois... Ce n'est pas vieux, hier soir... Je rentrais de Paris et je tombe, ça devait être un concessionnaire alpine, à côté d'une 290, la nouvelle alpine, arrêtée à un four rouge, et j'ai un casque ouvert en scooter. C'est un jeune mec, il me regarde et me dit « Je ne le crois pas » . Et je le regarde et il dit « Je ne le crois pas non plus » .
- Vivien Le Markerteur Automobile
Pas mal, pas mal. C'est pas mal. Bon, ok, on va se quitter là-dessus. Merci beaucoup Bernard, et peut-être à bientôt alors.
- Bernard Darniche
À bientôt, j'espère.
- Vivien Le Markerteur Automobile
Merci.