- Speaker #0
Bonjour, bienvenue dans Murmure de Joie. Murmure de Joie est un espace de rencontre, un espace de respiration. Un lieu pour ralentir, écouter et laisser émerger ce qui nous met en mouvement. Je suis Bintou Mariko. Ici, je vous propose de découvrir des voix inspirantes, des personnalités qui ont cheminé, douté et qui ont choisi leur engagement en conscience. Nous parlons d'élan, de présence, à soi, bien sûr aux autres également. On parle de cette joie intérieure qui ne nie rien. mais qui nous aide à traverser la vie avec un peu plus de douceur. Si ces conversations résonnent en vous, je vous invite à vous abonner sur votre plateforme d'écoute préférée, sur YouTube également en vidéo, et je vous invite à commenter, partager, ça nous aide à avoir plus de visibilité. Merci d'être là. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Grégory Corre. Grégory est comédien et auteur. Son travail explore avec finesse les zones de tension de nos vies contemporaines, la fatigue, l'absurde, les contradictions, le décalage entre ce que l'on montre et ce que l'on vit réellement. Grégory compose avec lucidité, beaucoup d'humour et d'autodérision. Et c'est précisément là que ça m'a intéressée d'échanger avec lui, de converser avec lui. J'ai eu la curiosité d'en savoir un peu plus. Et je remercie Grégory d'être là. Bonjour Grégory.
- Speaker #1
Bonjour Bintou.
- Speaker #0
Merci d'être là.
- Speaker #1
Et merci à toi d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #0
Je suis très très très heureuse de t'avoir dans Murmure de Joie.
- Speaker #1
Moi aussi, moi aussi.
- Speaker #0
On va rentrer dans le vif du sujet. Je veux que tu me parles de toi, enfant.
- Speaker #1
Moi, enfant. Mais tu veux dire moi enfant, comme quand j'étais petit ?
Exactement !
J'avais un grand frère et j'étais le deuxième. Je crois que la place du deuxième est toujours un peu particulière, parce que je le vois avec mon fils aujourd'hui qui est le deuxième. On a besoin un peu de se faire remarquer et moi j'avais ce besoin-là. Oui, j'avais ce besoin-là. Il y avait mon frère qui faisait tout très bien et moi qui avais l'impression de faire tout très mal. Mais au moins, je faisais en sorte de faire le pitre, de faire rigoler les autres.
- Speaker #0
Donc, tu avais déjà des envies de scène ? Je ne sais pas si tu le conscientisais, mais tu te mettais déjà en scène à ce moment-là ?
- Speaker #1
Oui, vers 9 ans, parce que ma mère m'avait inscrit à un cours de théâtre. Et j'ai fait un spectacle. Mais pendant le spectacle, j'ai oublié le texte. J'ai eu un gros moment de chaleur terrible, c'est-à-dire de montée d'adrénaline. J'ai improvisé et je me souviens d'un éclat de rire dans la salle. Je ne sais plus ce que j'ai dit. Ça fait rire la salle. Je suis sorti en me disant à ma mère, je crois que je vais faire ça de ma vie. C'était un peu tôt et après c'est devenu un peu comme une obsession puisque je ne pensais qu'à ça. Et je me suis même dit, tiens, je vais faire un bac L, parce que pour être comédien, c'est mieux, alors que plus personne ne regarde ce qu'on a fait comme bac, en tout cas pour être comédien. Oui, donc c'est venu assez vite. Puis après, j'ai appris des sketchs par cœur de ce que je voyais. Puis je faisais des sketchs. C'est vrai, on me demandait de raconter des blagues. Mon père me demandait souvent de raconter des blagues. Et ça me valorisait un peu. Donc oui, c'est vrai que c'est venu assez tôt.
- Speaker #0
C'est donc à 9 ans déjà que tu as fait des cours de théâtre. Et donc, quel a été ton parcours vers du théâtre plus professionnel ? Parce que tu es comédien, tu es acteur.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu te mets en scène sur Instagram, c'est là que je t'ai connu.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, quel a été ton parcours professionnel dans le théâtre ?
- Speaker #1
J'ai fait une école qui était dans le sud de Paris, quand je suis sorti du lycée. J'ai trouvé un travail et je suis rentré dans une école de comédien, une école privée, mais j'étais terrorisé par tout ça. En fait, je pense qu'une bonne partie de mon adolescence, j'avais envie de devenir vedette. Et quand j'ai rencontré et quand j'ai découvert les textes, ça m'a plus intéressé et j'ai voulu devenir comédien. Je mets ça entre guillemets parce que ça me paraissait quelque chose de totalement inaccessible. Et donc je suis rentré dans une école et j'ai passé trois ou quatre ans dans une école, dans trois ans plutôt, dans une école à avoir l'impression de ne pas être légitime. Donc je me souviens de ça. Comme une grande souffrance. Je me sentais mauvais, c'était horrible. Et en sortant de ça, j'ai rencontré le milieu du travail, le milieu professionnel avec des gens. Et j'ai beaucoup plus appris en travaillant et en rencontrant des gens et en essayant des choses que quand j'étais à l'école. J'ai fait du théâtre de rue. Le théâtre de rue, c'est très méconnu.
- Speaker #0
Qu'est-ce que c'est exactement le théâtre de rue ?
- Speaker #1
Le théâtre de rue, c'est... Il y a énormément de festivals, en France je crois qu'il y en a près de 500, avec des spectacles qui se font dans la rue, ce qui fait que le public ne paye pas et vient au festival. D'accord,
- Speaker #0
un peu comme la fête de la musique, mais... Exactement.
- Speaker #1
Et c'est très bien organisé, et j'ai vu les spectacles les plus dingues de toute ma vie. Je crois que jusqu'à aujourd'hui, j'ai pas vu de spectacles. Parce qu'en fait, ça demande une énorme inventivité aux créateurs et aux créatrices, pour que les gens restent. Parce que c'est gratuit, ils peuvent passer à un autre spectacle. Ils n'ont pas besoin de rester. Il y a quelque chose qui n'est pas non plus très rythmé pour vendre, etc. Pas du tout, la plupart du temps c'est très drôle, très poétique.
- Speaker #0
Est-ce que c'est de l'impro ou c'est des pièces construites ? Il y en a.
- Speaker #1
Il y a des pièces construites, il y a de l'impro, il y a des choses. Par exemple, j'ai vu un opéra sur une place d'une ville avec des chanteurs à toutes les fenêtres. C'est très impressionnant. En fait, ça permet de faire des choses très très belles, très très fortes. Et ça, ça m'a... J'ai eu envie de faire ça, je l'ai fait pendant 6-7 ans avec une compagnie qui s'appelait la compagnie Adada, qui était un peu ma première famille avec des gens que je vois toujours. Et ça m'a mis en confiance aussi, puis après j'ai rencontré d'autres gens, j'ai fait du café-théâtre. Ensuite j'ai voulu changer un peu de style, parce qu'il y a énormément de style dans le théâtre, faire des trucs un peu plus sérieux. Et puis je suis revenu à... Oui j'avais envie absolument de rentrer dans le théâtre public, j'ai eu la chance de pouvoir le faire. avec plusieurs compagnies et plusieurs metteuses en scène et metteurs en scène. Et puis après, Instagram m'a permis de m'exprimer autrement.
- Speaker #0
Comment t'es venue l'idée justement de te mettre en scène comme ça, de mettre en scène ta vie de papa ?
- Speaker #1
Oui, alors au début, c'était pas que papa. Au début, je faisais juste des stories. Et vu qu'il y avait un très petit nombre d'abonnés, c'était que des amis ou la famille. Ça a bien grimpé depuis. Oui, ça a bien grimpé depuis. Ça réagissait pas mal et je trouvais ça hyper excitant. Ça m'a permis de faire du montage, ça m'a permis même d'inventer des espèces de petits concepts. Pendant le confinement aussi, je pense que ça me permettait de m'évader parce qu'on était avec la maman de mes enfants dans une maison où on était juste avec tous les deux, avec les enfants. et on était... vraiment concentré sur eux. On faisait l'école et tout ça.
- Speaker #0
T'as inspiré.
- Speaker #1
J'en ai fait beaucoup. Ce n'est pas ça qui a fait grimper le truc. Ce qui a fait grimper le truc, c'est des chansons. Mes enfants écoutent des musiques qui me paraissent inaudibles.
- Speaker #0
Je crois que je vois de quoi tu parles.
- Speaker #1
C'est terrible parce que j'ai l'impression d'être un vieux réac. Ils ont 9 et 11 ans. Et c'est leur musique, et je sais pourquoi ils l'aiment. À chaque fois, ils ont l'impression qu'il faut écouter un truc, ils s'excusent à moitié, mais pourquoi pas ? Après tout, il y a aussi des textes qui sont superbes dans ce qu'ils écoutent. Pas tout, mais il y en a quelques-uns. Et vu qu'ils écoutaient ça et qu'ils n'écoutaient pas les règles à la maison, j'ai fait une pour mixer les deux. Et effectivement, je me suis rendu compte qu'il y avait énormément de parents qui vivaient la même chose que moi.
- Speaker #0
Ça m'a beaucoup parlé. Et est-ce que, donc, en faisant tes vidéos, disons, en demandant à tes enfants de faire des choses en chanson, est-ce qu'ils t'ont plus écouté ?
- Speaker #1
Ils ont trouvé ça un peu exagéré, parce que c'était des règles que je leur avais dites.
- Speaker #0
Ils t'ont pas dit, papa, t'es gênant ?
- Speaker #1
Si, bien sûr. Si, il y en a un qui a été gêné, parce qu'on s'est retrouvés dans un café, tous les deux, et la tenancière du... Barbe a dit, mais je vous ai vu, vous faites les vidéos sur les blanquements et tout. Et il s'est retourné vers moi, il a fait... C'est hyper gênant. Parce qu'il a l'impression que les gens pensent qu'ils sont comme je le raconte dans les chansons, qu'ils ne sont pas. Il y a des trucs qu'ils n'arrivent pas encore à suivre. Mais pour la plupart du temps, pour la plupart des choses, ils ont quand même réussi à les...
- Speaker #0
Tu leur diras qu'on sait que tu exagères, que c'est pas tout à fait ça. C'est pas tout à fait ça. Et t'as une belle voix, et t'as les talents de compositeur, où je me trompe.
- Speaker #1
Oui, c'est pas moi qui chante. C'est pas moi qui paie la musique. C'est une application d'intelligence artificielle.
- Speaker #0
C'est une IA.
- Speaker #1
C'est une IA, ouais. C'est une IA. Moi, je fais juste les paroles. J'écris les paroles, ensuite je le mets sur l'IA et je choisis le style musical. Je précise un peu ce que je veux sur le style musical. Et en espèce de 20 secondes, il y a une chanson qui sort. Après, je fais plusieurs demandes pour avoir une chanson qui me plaît. Mais c'est l'IA qui fait ça et c'est assez impressionnant. C'est une application que j'avais découvert il y a quelques mois. C'est avec des copains, on s'envoyait des messages WhatsApp. des messages écrits, il y en a un qui a pris le message WhatsApp de quelqu'un et qui l'a mis en chanson. Et donc, on a découvert ce truc-là et après, on n'arrêtait pas. Donc, je l'utilisais juste pour faire des blagues. Là, je l'ai utilisée pour faire une vidéo. Mais je crois qu'elle est utilisée pour des musiciens qui la récupèrent pour même arranger leur musique à eux. Oui, c'est assez dingue que l'IA arrive à faire un truc aussi.
- Speaker #0
Mais c'est ta créativité qui la guide, quoi. Je veux dire, c'est...
- Speaker #1
Oui, mais j'avoue que là, je ne suis pas en train d'en revenir du tout. Je suis en train de me demander si... Juste.
- Speaker #0
Je peux bien causer ça avec toi ?
- Speaker #1
Parce que c'est vraiment une question que je me pose sur l'intelligence artificielle, c'est-à-dire à quel moment on l'utilise, pourquoi on l'utilise, et est-ce que c'est pas du tout écolo d'utiliser l'intelligence artificielle. Il y a plein de choses, en fait, je ne peux pas l'utiliser parce que c'est un outil hyper sympathique d'utiliser sans me rendre compte de ce que ça peut provoquer. Je pense qu'il y a des gens aussi qui font vraiment de la musique, qui écrivent des paroles, mais peut-être plus sérieuses, qui voient que ça peut marcher avec l'intelligence artificielle. Je pense que ça peut être un peu rude aussi de se dire, c'est terrible de faire...
- Speaker #0
Oui, je vois ce que tu veux dire. Tu parles du côté écolo et en même temps, le côté... Comment on peut dire ça ?
- Speaker #1
Valoriser le travail.
- Speaker #0
Valoriser le travail. Et alors, moi, j'ai quand même l'impression... J'ai quand même l'impression que... on ne pourra pas faire grand-chose contre ça. Pas la partie écologique, j'espère qu'il y aura des recherches pour qu'on puisse faire tourner tout ça avec de l'énergie renouvelable. Mais sur la partie, entre guillemets, piquer le job des autres, je sens qu'il va falloir peut-être qu'on compose avec. C'est le cas de le dire.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Ou alors l'utiliser bien. À bon esprit, oui. Parce que, comme tu dis... On ne peut pas faire grand chose contre ça. Là, il y a énormément de moyens qui sont déployés pour développer ça. Donc, on ne pourra pas faire... Mais comment l'utiliser pour que... Pour pas que ça soit un truc qui écrase tout le reste. C'est ça, c'est la question que je me pose. Après, je ne vais pas y faire grand chose.
- Speaker #0
Non, mais c'est un vrai sujet. Peut-être qu'on fera un épisode là-dessus.
- Speaker #1
Ah oui, non, oui.
- Speaker #0
Mais c'est un vrai sujet. Ok, alors, moi, j'allais te demander quand est-ce qu'on aura ton album ?
- Speaker #1
Mais j'ai un copain qui fait de la musique depuis très longtemps, qui est le musicien pour des grands artistes, et qui m'a dit qu'il faudrait y réfléchir. Moi, je trouve ça complètement grotesque, mais il faudrait y réfléchir. Alors, je ne sais pas si à ce moment-là, on reprend les mêmes trucs, mais on le fait vraiment avec de la musique, avec ma voix, ce qui est possible, après tout. Non,
- Speaker #0
mais je pense qu'il y a des choses à faire. Et puis, peut-être un medley, déjà, avec tout ce que tu as fait.
- Speaker #1
Oui, peut-être.
- Speaker #0
Ça peut être drôle. Moi, je suis fan de les auditeurs, l'ont compris. Je suis fan vraiment de ce que tu fais sur Instagram.
- Speaker #1
J'ai dit ça à mon agent l'autre fois. Je lui ai dit, on n'est pas à l'abri que je fasse un Bercy l'année prochaine. Il m'a répondu avec des smileys, qu'il rigole et qu'il pleure. Donc, je pense que lui aussi comprend que tout ça n'est pas sérieux.
- Speaker #0
À suivre. Pourquoi pas ? À suivre. On est sur Murmure de joie. Donc, on va parler de joie. Déjà, est-ce que tu... penses que tu es quelqu'un qui est connecté à sa joie ?
- Speaker #1
Oui, oui. Je ne vais pas mentir, je ne suis pas tout le temps joyeux, mais je pense que c'est quelque chose dont j'ai besoin pour vivre. C'est-à-dire que je n'arrive pas trop à me complaire dans les moments de désespoir. J'en ai besoin. J'ai besoin de les vivre, les traverser quand il y a du désespoir, quand il y a de la tristesse. Mais j'ai besoin de retourner à la joie. Et heureusement, alors ce n'est pas facile Merci. pour certaines personnes, ce n'est pas facile à faire. Et moi, j'ai un peu de chance là-dessus. J'arrive à y retourner plus vite.
- Speaker #0
Plus vite. Et comment tu y retournes, justement ?
- Speaker #1
Je n'arriverais pas à le décrire à part peut-être dire que j'en ai besoin. Ce n'est pas quelque chose de conscient. Ce n'est pas un truc où je me dis, il faut absolument que je sois joyeux aujourd'hui. Je pense qu'au bout d'un moment, mon corps, mon esprit ou ma conscience a besoin de se concentrer sur quelque chose qui le ou la rend joyeux pour sortir de l'état un peu... Un peu triste, un peu désespéré qu'il a traversé pendant quelques semaines. Je parle de la conscience, de l'esprit. Je pense que j'ai besoin de ça. Mais c'est quelque chose que j'ai eu comme exemple. J'ai eu ça comme modèle quand j'étais petit. J'ai mon grand-père, par exemple. Mon grand-père qui est le père de ma mère. Pour moi, c'est un... Si je pense à lui, je n'entends que son rire. Je n'entends que sa manière. Et je l'ai toujours vu joyeux, toujours. Et ma mère, je l'ai vu aussi très, très joyeuse. En fait, pour moi, pareil, j'entends son rire. C'est comme si elle avait ça. Et pareil, elle a eu des moments un peu difficiles. Mais c'était toujours, toujours... La joie revenait tout le temps.
- Speaker #0
Et donc, tu as parlé de ton grand-père, de ta mère. Est-ce que toi, tu te souviens d'un moment de joie pour toi-même ? En tout cas, où tu as eu plus conscience de la joie, où tu as décidé de convoquer la joie. Là, tu disais, je ne calcule pas, je ne me dis pas, il faut que je sois joyeux aujourd'hui. Mais est-ce qu'il y a eu des moments dans ta vie où tu t'es dit en conscience, là, je vais appeler la joie, je vais évoquer la joie ?
- Speaker #1
J'ai compris que c'était quelque chose que je devais à ma famille, que je devais notamment à ma mère. Et quand elle est décédée, j'ai compris ça. parce qu'il fallait que je fasse un discours à son enterrement. Et j'avais envie de lui écrire quelque chose, et j'avais envie de lui dire merci, mais je ne savais pas pourquoi exactement. Parce que merci pour être ma maman, ça ne sert à rien. Mais j'avais envie de lui dire merci pour quelque chose de précis, et c'est vraiment le mot de la joie qui est venu. Je lui ai dit merci pour la joie. Merci de m'avoir appris ça, merci de nous l'avoir transmis. parce que c'est quelque chose qui se... J'ai l'impression que c'est comme un cadeau qu'elle a fait et que je redistribue derrière. Mais je n'ai pas eu besoin... S'il y a des moments où je me dis là, c'est trop rude, il ne faut pas se laisser submerger. Donc, je pense que c'est des moments où consciemment, je vais essayer de retrouver quelque chose d'un peu joyeux.
- Speaker #0
Ce n'est pas du déni, mais c'est plutôt un élan. Oui, c'est ça. Et... Donc tu disais que ta maman t'a transmis ça. Je trouve ça beau en fait, la joie un héritage finalement. Oui c'est ça. Je trouve ça beau. Et toi tu le transmets aussi à tes enfants. Et en quoi ta maman t'a transmis la joie ? Est-ce que tu as des situations ou des exemples, un ou deux, mais juste pour qu'on comprenne, que les auditeurs comprennent ce que c'est que transmettre la joie ? À quelqu'un, à ses enfants,
- Speaker #1
à ses proches ? Disons que c'est un modèle où, dans mon souvenir, c'est quelqu'un où si on ouvre la porte et on tombe sur... Elle nous voit, elle sourit. Elle sourit, elle est contente de nous voir. Et tout était encouragé et encourageant. Même, évidemment, elle était très en colère pour plein de raisons, à plein de moments, parce que j'avais des mauvaises notes, ou des trucs comme ça. Mais elle arrivait à le faire passer. Elle avait des trucs, par exemple, parce que c'était aussi très pervers. Elle me créait des problèmes de maths. Et quand elle créait des problèmes de maths, il y avait des exercices à faire, mais elle en rajoutait, elle en inventait. Et quand elle en inventait, je la voyais en train de réfléchir à son truc, elle jubilait, c'était son moment de joie. Donc en fait, c'était pas dur. Tout n'était pas dur. Quand elle voulait faire passer quelque chose, une leçon, tout ça, c'était pas dur. C'était d'une manière plus joyeuse. Avec mes enfants, je râle énormément. J'ai l'impression de passer mon temps à râler. Je les ai entendus l'autre fois dire... J'ai explosé de rire à un moment. Mon fils aîné a dit, j'adore quand tu fais ça. C'était comme s'il me disait, ça fait longtemps que je ne l'ai pas entendu. Je crois qu'eux, on en a besoin. Ça les nourrit. Leur mère est très joyeuse. Elle fait en sorte, même quand elle ne va pas bien... d'être très rigolote, très joyeuse, etc. Donc elle leur aussi transmet ça, je pense aussi. Et puis moi aussi. Donc eux, ils ont besoin de ça. Je crois qu'ils ont besoin de ça. C'est comme ça qu'on le transmet, en fait, par le...
- Speaker #0
Oui, par l'éducation, par les exemples que tu donnes. Et puis bon, c'est un état d'être aussi. D'ailleurs, pour toi... Si tu as une définition de la joie, ça serait quoi ? Je sais que cette question est déroutante, mais qu'est-ce que c'est que la joie ? Comme si on dit qu'est-ce que c'est que l'amour, le bonheur ? Qu'est-ce que c'est que la joie pour toi ?
- Speaker #1
J'aurais du mal à le définir. Je dirais que c'est vrai que c'est quelque chose qui est en nous, comme un petit moteur, comme un petit soleil, qu'on a besoin d'alimenter constamment. et comme le bonheur en fait je ne crois pas trop au bonheur ultime au truc qui reste je pense même qu'il existe le bonheur parce qu'il y a des petits malheurs parce qu'il y a des moments où on n'est pas bien pour moi la joie c'est quelques secondes, quelques minutes par jour,
- Speaker #0
c'est quelque chose qui arrive parce que quelque chose te rend joyeux oui ça nous tombe dessus un peu et on peut la convoquer si besoin de ce que tu dis Oui. Et puis tu disais, c'est en nous, c'est comme un soleil. Donc, est-ce que physiquement, tu ressens la joie à un endroit de ton corps ? Ça serait quoi ? Parce que selon les gens, je ne vais pas dire des endroits, mais selon les gens, c'est...
- Speaker #1
Toi,
- Speaker #0
c'est où physiquement, en toi, la joie ?
- Speaker #1
Tout se traduit plutôt dans le ventre, les angoisses, tout ça. Et je crois que c'est là où je le ressens.
- Speaker #0
Dans le ventre.
- Speaker #1
Quand on est dans un endroit qui nous plaît, quand on est avec quelqu'un aussi, on aime passer du temps. C'est ça, là. C'est ce moment où on inspire profondément, où tout se détend. C'est cette respiration-là.
- Speaker #0
Dans le ventre.
- Speaker #1
Oui, voilà, dans le ventre.
- Speaker #0
Et elle a quelle couleur, ta joie ?
- Speaker #1
Elle est... Là, tu vois, par exemple, il y a une lumière au sol. Elle est orange, cette lumière. Je dirais que c'est plutôt ça, moi. C'est une sorte de rouge jaune, quoi.
- Speaker #0
Un soleil.
- Speaker #1
Un soleil,
- Speaker #0
oui. Rouge jaune, ça peut être le feu aussi.
- Speaker #1
Ça peut être le feu, oui. C'est vrai.
- Speaker #0
Ça peut être le feu. Donc, rouge orange. OK, super. Je voulais parler aussi un peu de vulnérabilité.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce que je n'ai pas souvent des hommes dans le podcast, donc je vais en profiter. J'ai eu une discussion hier avec quelqu'un sur la vulnérabilité. la personne me disait que les femmes sont beaucoup plus aptes, en tout cas, à assumer leur vulnérabilité. C'est parti d'une discussion sur la joie. Et donc, je me suis dit, je vais poser la question à Grégory ce matin. Quel est ton rapport avec la vulnérabilité ?
- Speaker #1
Moi, je suis assez d'accord avec ce que tu viens de dire sur le fait que les femmes étaient assumées plus leur vulnérabilité. Et justement... Je trouve que, en l'assumant, elles sont aussi dix fois plus fortes. Nous, on a... Pour faire vraiment une différence de sexe. Nous, de genre même, on a... Effectivement, il y a quelque chose où on ne peut pas admettre qu'on a été vulnérable, qu'on a été faible. Souvent, les hommes... Parce qu'on est emprunt d'une longue série d'hommes qui étaient durs, qui étaient forts, etc. Moi, je l'assume vraiment totalement. Quand je suis une petite chaussette, je le dis, ça se voit et c'est humain, je crois. Je n'ai pas trop de problèmes avec ça.
- Speaker #0
Tu es dans l'accueil de ta vulnérabilité.
- Speaker #1
Je ne me dis pas, là, je suis vulnérable et tout ça, mais... Mais je le sens. Il y a des moments, par exemple, où on va être ému devant un film qu'on n'aurait pas été à d'autres moments. Il y a des moments où on se sent plus vulnérable, des moments où on se sent plus faible. En ce moment, moi, je me sens plus vulnérable. Je sais que ce sont des moments qui vont passer.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est des moments où... Oui, voilà, où on est plus sensible, où on a une plus mauvaise estime de soi. Mais ça, ça fait partie des moments de la vie qui vont amener vers d'autres moments plus forts. C'est ce dont on parlait tout à l'heure avec cette histoire de malheur et de bonheur. Besoin de passer par ces moments-là pour arriver à des moments plus joyeux.
- Speaker #0
Je te propose qu'on revienne un peu sur ta carrière, ton parcours professionnel. Est-ce que tu peux nous parler de quelques pièces, peut-être pas toutes, dans lesquelles tu as joué ? Et je sais que tu fais aussi du cinéma.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
J'aimerais que tu en dises un peu plus sur nos auditeurs par rapport à ça.
- Speaker #1
Les pièces que j'ai faites ? Oui,
- Speaker #0
dans lesquelles tu as joué ?
- Speaker #1
J'ai joué dans beaucoup de pièces au théâtre.
- Speaker #0
Bon, alors on ne va pas dire qui t'ont marqué parce que je ne veux pas qu'il y ait deux. Mais tu peux en citer spontanément quelques-unes. Et puis les films aussi. Je sais que tu es dans une série sur Canal.
- Speaker #1
Alors, le théâtre, c'est la majeure partie de mon activité professionnelle. C'est vraiment... J'ai la chance de pouvoir bouger de comédie à tragédie. Je fais un peu tout. Il y a une personne avec qui j'ai travaillé, qui s'appelle Aurélie Van Nendal, qui dirige maintenant le CDN de Limoges. Par exemple, ça va avec le thème du podcast, c'est quelqu'un qui travaille toujours dans la joie, tout le temps, tout le temps, et dans la douceur, alors qu'elle gère des équipes de 20, 25 personnes. Elle pourrait être tendue, elle a énormément de pression parce qu'elle dirige un théâtre. C'est énorme ce qu'elle provoque et ce qu'elle propose. Et elle est toujours tout le temps calme, douce, joyeuse. Elle rigole tout le temps. Elle ne s'énerve pas quand ça met trois plombes à se mettre en place sur le plateau, parce que ça met du temps. C'est une personne avec qui j'ai adoré travailler, mais il y en a plein. Il y a aussi mon ami de toujours, Jonathan Michel, avec qui on a fait des séries ensemble, on a fait des pièces de théâtre. Et lui, c'est pareil. Alors qu'il est aussi à plein d'endroits, à plein de moments vulnérables, il est très sensible. C'est une joie perpétuelle de travailler avec lui. Je pourrais en citer beaucoup. Elle actuellement joue au théâtre Le Pic dans la pièce de Rudy Milstein qui s'appelle « C'est pas facile d'être heureux quand on va mal » .
- Speaker #0
J'ai eu la chance de venir te voir. Très belle pièce, très drôle, très profond aussi.
- Speaker #1
Oui, Rudy a une écriture dingue. Je suis très content de jouer cette pièce. C'est une comédie qui est très juste parce qu'elle parle de beaucoup de gens.
- Speaker #0
Oui, de nos vies, je le disais dans l'introduction.
- Speaker #1
Il y a pas mal de gens qui pourraient être comme ça.
- Speaker #0
T'as un rôle très sympathique.
- Speaker #1
J'ai un rôle de connard, on va pas se mentir. J'ai un rôle de pervers narcissique terrible. Ça fait plusieurs fois qu'on me propose ce genre de rôle. Pas que pervers narcissique, à la fois c'est un fasciste. Je me remets pas en question, mais je dois inspirer quelque chose de particulier.
- Speaker #0
Je pense que c'est un peu à contre-courant, ça se dit comme ça. C'est parce que tu dégages, donc c'est un peu étonnant. De te voir dans ce rôle-là, dans ce type de rôle. Donc, c'est peut-être là-dessus qu'il joue.
- Speaker #1
Peut-être. Moi, j'avoue que j'adore l'idée. J'aime bien, ça me fait marrer à chaque fois.
- Speaker #0
Et donc, vous êtes au théâtre Le Pic jusqu'à quand ?
- Speaker #1
On ne sait pas pour le moment, tant que ça marche.
- Speaker #0
Ah, c'est super. Donc, nos auditeurs pourront aller vous voir.
- Speaker #1
Oui, avec plaisir.
- Speaker #0
Eh bien, alors, tu n'as pas parlé de la série sur le canal ?
- Speaker #1
Je n'ai pas parlé de la série. C'est une série qui s'appelle Septième Ciel. qui est encore sur Canal+, qui est une idée géniale. C'est une histoire d'amour dans une résidence médicalisée entre deux personnes âgées. Et on voit aussi la vie de toute la résidence médicalisée, de tous les résidents, et de leur sexualité. Et on en parle très peu, la sexualité des seniors. Ils en ont encore, donc ça rassure tout le monde pour l'avenir. Et moi, j'y joue un médecin dedans, un peu... un médecin un peu maladroit et c'était vraiment un bonheur de faire cette série avec Alice Vial à la réalisation et à l'écriture aussi qui est vraiment une femme extraordinaire qui a mené énormément de joie sur le plateau tout le temps et puis la saison 2 avec Sarah S. de Chabanex qui était aussi pareil, québécoise je trouve que les québécoises ils ont cette joie constante l'accent Ils sont ensoleillés. Et moi, j'adore.
- Speaker #0
Oui, ils ont une légèreté. Alors, c'est vrai que ce n'est pas du tout péjoratif. C'est vrai qu'ils sont beaucoup, pas beaucoup plus. On ne va pas comparer, mais ils sont très joyeux. Ils sont très spirituels aussi. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Il y a tout le temps un truc et tu sens une sincérité constante. Voilà, j'ai adoré de faire cette série. Elle est vraiment très drôle. Donc,
- Speaker #0
c'est toujours accessible ?
- Speaker #1
Oui, c'est toujours accessible. Sur MyCanal, je crois.
- Speaker #0
Parfait, je pense que tu as d'autres actualités en ce moment. Je ne sais pas si ça continue, mais j'avais voté pour une réalisation.
- Speaker #1
Oui, il y a un court-métrage qui s'appelle « À ton goût » qui participe au festival Nikon. C'est plein de petits court-métrages de 2 minutes 20 sur un thème. Et là, cette année, c'est « La beauté » . Je crois qu'il y a plus de 2000 films. On peut aller les voir sur le site, on les sélectionne et on peut les soutenir. Après, il y a un jury qui va décider, qui va remettre des prix.
- Speaker #0
Et on peut voter jusqu'à quand ? Je n'ai pas la date.
- Speaker #1
D'accord. Je chercherai.
- Speaker #0
Je pense que jusqu'à la fin du mois de mars. OK.
- Speaker #1
Merci, Grégory. Merci à toi. Je te laisserai le tout dernier mot. Si tu as un truc à rajouter, si tu as une inspiration, si tu as un livre à recommander, tout ce que tu veux, un dernier mot.
- Speaker #0
Alors là, non, je n'ai pas de livre qui me vient. Pourtant, je pense que si j'y réfléchissais un peu...
- Speaker #1
Si on t'avait prévenu. Si je t'avais prévenu. Oui,
- Speaker #0
mais ce n'est pas trop grave. En dernier mot, je trouve ça super que tu fasses un podcast sur la joie. Sans flagornerie, vraiment. Je trouve ça super de parler de ça. Parce que je crois que quand on a, comme en ce moment, on est entouré... Il ne faut pas trop être dans le déni, entouré par quelque chose d'extrêmement violent, et moralement, physiquement. En fait, on le voit aussi tout le temps dans tout ce qu'on peut entendre. Et les exemples de dirigeants qui donnent un exemple de petits enfants mécontents et capricieux. Je trouve que c'est bien d'alimenter ça pour qu'on puisse...
- Speaker #1
voir une lumière au bout du tunnel ça on en a besoin en ce moment parce qu'il n'y a plus rien d'autre merci parce que ça me fait chaud au coeur et ça encourage en effet c'est très important pour moi de parler de cette joie intérieure et de la diffuser au plus grand nombre et de repérer des gens qui m'évoquent cette joie donc c'est pour ça aussi que je t'ai invitée merci beaucoup et à bientôt Merci d'être arrivé jusqu'au bout de cet épisode. Si cela a résonné pour vous, si vous avez aimé cet épisode, cet échange, cette conversation avec Grégory Corre, n'hésitez pas à liker, à partager et à me faire des commentaires. Ça permet de donner plus de visibilité et un grand merci à tout le monde et à très bientôt.