- Speaker #0
Générique Bonjour Thomas.
- Speaker #1
Bonjour Bintou.
- Speaker #0
Bienvenue dans Murmure de Joie. Générique
- Speaker #1
Merci de me recevoir, je suis très content d'être avec toi.
- Speaker #0
Moi je suis très contente que tu aies accepté mon invitation. Donc Thomas tu es entrepreneur et tu es patron d'agence aussi, donc une agence de communication et spécialisée dans le food, dans l'alimentaire.
- Speaker #1
Exact. Exactement, communication sur les réseaux sociaux pour principalement les marques de l'agroalimentaire française.
- Speaker #0
Les marques de l'agroalimentaire française, super. Et vous êtes basé à ?
- Speaker #1
Rennes.
- Speaker #0
Rennes, et ton agence s'appelle ?
- Speaker #1
Tirefesse. Tire-fesses, c'est ça ? Exactement.
- Speaker #0
Original comme nom.
- Speaker #1
Un nom original pour une agence créative, en tout cas on essaye, donc ouais.
- Speaker #0
Ok, et comment tu vas ?
- Speaker #1
Eh bien écoute, je vais très bien.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je vais très bien, je suis très content d'être avec toi. J'ai plus l'habitude d'être de l'autre côté du micro, on parlait un peu en off. Donc, assez curieux de voir ce qui va ressortir de notre échange, mais très heureux d'être avec toi là ce soir.
- Speaker #0
Pareil. Et j'aimerais commencer par, ça c'est un petit peu la tradition d'un murmure de joie, par ton enfance. Est-ce que tu peux me parler de ton enfance, de comment tu l'as traversée ?
- Speaker #1
Pour ce sujet, j'ai eu une enfance qui globalement était très heureuse. J'ai eu beaucoup de chance. J'ai eu deux parents qui ont été très présents, particulièrement ma mère quand on était plus petit et puis mon père un peu plus en grandissant. Très aimant, très soutenant aussi à bien des égards, même si on a eu un certain nombre de divergences d'opinion sur certains sujets et je pourrais revenir dessus un peu après. Mais globalement, je me suis toujours senti soutenu, épaulé. Et puis j'ai grandi dans des conditions qui étaient très favorables. Mon père est médecin, ma mère a été infirmière, puis a repris ses études, a fait un très beau parcours professionnel dans la fonction publique, dans la santé aussi. Donc moi et ma soeur, on a grandi dans de très bonnes conditions. Pour autant, ça n'a pas toujours été simple, puisque j'ai sauté une classe très jeune, vers 7-8 ans en gros. J'ai commencé l'année en CE2 et je l'ai fini en CM1.
- Speaker #0
Donc tu étais ce qu'on appelait à l'époque un enfant précoce ?
- Speaker #1
Exactement. Et comme je suis né en fin d'année, je me suis retrouvé presque avec deux ans de décalage avec la plupart de mes camarades de classe. Donc à cet âge-là, ce n'est pas trop gênant. L'écart se creuse un peu plus tard, particulièrement au collège et au lycée. Quand tous tes camarades de classe ont 18 ans et que toi, tu en as 16. Il y a un petit décalage, pas tellement au niveau de la maturité. Je pense par exemple que je n'ai jamais eu le sentiment. Au contraire, je me suis posé beaucoup de questions très tôt, très jeune. Et si décalage il y avait, c'était plutôt à l'inverse. Mais par contre, c'est des choses qu'on m'a fait sentir. J'ai toujours été le plus jeune de toutes les classes dans lesquelles j'étais à partir de cet âge-là. C'est quelque chose qu'on m'a régulièrement renvoyé. J'étais plutôt bon élève. Je te laisse imaginer le combo le plus jeune, plus toujours dans les deux, trois premiers de la classe.
- Speaker #0
Ça me fait penser à quelque chose de pas très joyeux. Je pense au harcèlement, par exemple. Exactement.
- Speaker #1
En tout cas, j'ai pas été... particulièrement épargné pendant différentes périodes de ma scolarité, sans que ça soit dramatique non plus. Par contre, pour des raisons différentes, j'ai vécu un événement assez traumatisant quand j'étais au lycée, parce que je me suis fait agresser à l'âge de 16 ans par une bande de jeunes. Pour des raisons assez idiotes, quand on y pense. Je pourrais en parler, j'ai pas de problème à en parler, si tu veux. Mais ça fait partie des événements assez fondateurs et marquants de mon adolescence. Mais pour rester sur le sujet de l'enfance, cellules familiales stables, des parents présents, aimants, et sur un certain nombre de choses très soutenants. Une petite sœur avec laquelle j'avais plutôt une bonne relation. Des amis. Le décalage dont on a parlé dans le cadre scolaire, qui n'a pas toujours été simple, mais que je n'ai pas trop mal géré. Et puis après, il y a un certain nombre de choses qui se sont un peu accélérées, on va dire, quand j'ai passé mon bac. Parce que du coup, j'ai eu mon bac à 16 ans et donc je suis parti de chez mes parents à 16 ans.
- Speaker #0
D'accord, donc à 16 ans déjà, tu vivais seul, tu es parti de la cellule familiale.
- Speaker #1
Exactement. Et ça, ça a été un peu plus complexe à gérer. Ça a été un peu plus challengeant parce que du coup, à 16 ans... Je me suis retrouvé en première année de médecine, donc un environnement très exigeant, parce que je ne savais pas bien ce que je voulais faire de ma vie. À 16 ans, c'est compliqué d'essayer de se projeter dans l'avenir. Et donc, un schéma assez classique, on reproduit ce que font les parents. Je me suis dit, bon, je vais tenter médecine. Et puis ma logique derrière ça aussi, à l'époque, c'était... C'est un concours, donc au pire, si j'échoue, je me poserai la question de savoir ce que je veux faire. Bon, ça n'a pas loupé. Je me suis planté deux fois. Ça, ça a été assez challengeant aussi, parce que, pour le coup... J'ai dit que mes parents avaient été globalement assez soutenants. L'échec en médecine n'a pas été facile à accepter. Je me souviens assez distinctement de la réaction de mon père quand je lui ai annoncé que j'avais raté le concours la première fois. On s'est pas mal pris la tête à cette période-là. Ça a mis un peu de distance entre nous qui s'est résorbée par la suite. Mais ça a été une période pas simple. Et puis, une confiance en soi assez branlée aussi, parce que je n'avais pas été habitué à ça. Comme je le disais, j'avais toujours été plutôt bon élève. Donc là, il a fallu que je réussisse à me reprendre, à ne pas me laisser trop perturber par ça, à rebondir après aussi.
- Speaker #0
Et comment tu as rebondi, du coup ?
- Speaker #1
Alors, la première chose, ça a été de réaliser, de me questionner beaucoup sur ce qui m'avait poussé à me lancer là-dedans. Très vite. parce que je suis resté en contact avec mes camarades de classe qui, eux, avaient réussi le concours. Je me suis rendu compte que j'étais plus dans une logique de reproduction de schéma social. ou d'un schéma parental que dans une véritable vocation. Ça m'a aidé à faire le deuil de cet échec. Je me suis dit que je ne le faisais pas pour les bonnes raisons. Peut-être que j'ai aussi échoué en partie à cause de ça. C'est une possibilité. Peut-être que je n'avais pas assez travaillé aussi. Je ne cherche pas. Je prends des responsabilités là-dessus. Mais du coup, ça m'a aidé à surmonter l'échec. Après, c'était aussi d'essayer de me dire qu'est-ce que j'en ai retiré malgré tout ? Qu'est-ce qui peut ressortir de positif de cette... de cette période qui a été compliquée parce que il y a le constat d'échec mais il y a aussi tout ce que j'avais investi parce que mine de rien c'est quand même deux années passées à travailler très dur pour au final avoir le sentiment de ressortir avec rien ce qui n'était pas vrai et ça je l'ai compris plus tard parce que ces deux années là m'avaient aidé à drastiquement améliorer ou augmenter ma capacité de travail ce qui m'a beaucoup servi par la suite Puisque sorti de fac de médecine, je suis allé en droit.
- Speaker #0
Et droit, c'était un choix voulu ou c'était là aussi ?
- Speaker #1
En fait, voulu oui et non. C'est-à-dire que c'était un peu un moyen pour moi de me donner du temps. Parce que j'avais beaucoup entendu dire que le droit menait à tout. Et que ce qui comptait, en tout cas ce qui orientait beaucoup le parcours professionnel, c'était ce dans quoi on choisissait de se spécialiser en master. Donc je m'étais dit, au moins j'ai trois ans devant moi pour prendre le temps de réfléchir. Je vais faire une licence généraliste et puis je verrai bien où j'en suis dans trois ans dans mes réflexions. Sachant qu'en parallèle de ça, j'avais continué à nourrir une passion qui avait commencé à se développer à l'adolescence, qui était la musique. Et mes années de droit ont été particulièrement riches parce que comme j'avais appris à beaucoup travailler et travailler bien. Je m'en sortais très bien en droit, avec ce qui me paraissait être un niveau d'effort relativement faible, comparé à la médecine par exemple. Et du coup, ça me donnait du temps pour faire autre chose, et en particulier faire de la musique. Donc j'ai passé mes années d'études de droit à travailler suffisamment pour avoir de bons résultats et me constituer un dossier solide et avoir des options, on va dire, une fois arrivé en master. Et en parallèle de ça, essayer de trouver... de me saisir de tout le temps que je pouvais avoir par ailleurs pour m'investir vraiment dans ma passion de l'époque qui était la musique.
- Speaker #0
Donc je comprends que ta passion c'est la musique, je le savais un petit peu déjà. Je ne sais pas si tu peux nous dire quel type de musique et comment tu es arrivé à ce type ?
- Speaker #1
La musique a toujours pris une place très importante dans ma vie. On parlait de l'enfance juste avant et mes parents écoutent énormément de musique et mon père en particulier a une culture musicale très vaste. Il y avait toujours de la musique à la maison. Donc on a écouté beaucoup de... de jazz, beaucoup de rock, du blues, de la soul. J'ai vraiment écouté beaucoup, beaucoup de choses. Et j'ai choisi, évidemment, le seul genre musical que mes parents n'aimaient pas, à savoir le rap. Parce que je ne sais pas pourquoi...
- Speaker #0
Peut-être parce que tu aimes les mots aussi.
- Speaker #1
Je ne pense pas que le fait que mes parents n'aimaient pas ce genre de musique est grandement pesé dans la balance. En fait, ce qui s'est passé, c'est que... Je le dis souvent, le plus beau cadeau que mes parents m'aient fait, c'est une carte de médiathèque à l'adolescence, pré-adolescence. Parce que ça m'a ouvert... Ça,
- Speaker #0
c'est important.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ce n'est pas un téléphone. Non. Parce que maintenant, les beaux cadeaux, c'est des téléphones, c'est des smartphones. Et là, ce que tu dis, toi,
- Speaker #1
c'est une carte de médiathèque. L'accès à la culture m'a énormément nourri. Et à plein d'égards différents. que... Je ne me suis pas attardé sur le sujet, mais du coup, le décalage que je ressentais aussi avec les jeunes qui m'entouraient quand j'étais pré-adolescent, etc., fait que j'étais quelqu'un de relativement solitaire. Et je le vivais plutôt bien. En tout cas, je ne l'ai jamais ressenti comme quelque chose de très pesant. Mais du coup, j'occupais mon temps libre avec la lecture en particulier. Donc, j'ai énormément lu, très jeune, pendant très longtemps, et la musique. Donc, je me souviens distinctement que la carte de médiathèque me permettait d'emprunter jusqu'à quatre albums musicaux. À l'époque, c'était des CD. Et donc, toutes les semaines, j'y allais, j'empruntais les CD. Il ne faut pas le dire, mais à l'époque, je les gravais sur mon ordinateur pour pouvoir les réécouter après. Et c'est comme ça aussi que j'ai construit ma culture musicale. C'est dans ce contexte-là que j'ai découvert le rap. Je suis tombé amoureux du genre pour des raisons que je ne peux pas bien expliquer. Il y a une énergie qui est propre au genre musical qui m'a toujours énormément parlé. Quelque chose de très physique dans ce genre musical-là.
- Speaker #0
C'est une musique qui est très engagée, le corps est engagé, tout est engagé. Exactement.
- Speaker #1
Et j'ai toujours eu un rapport aux mots, que ce soit l'écriture ou l'expression orale. J'ai toujours été très à l'aise avec ça. Assez naturellement, ce n'est pas quelque chose que j'ai travaillé. Mais du coup, très sensible à la musique, tombé amoureux du genre, une facilité avec les mots, pas mal d'ingrédients qui se sont rencontrés qui m'ont donné envie d'explorer ce genre musical-là. Et je pense à une période aussi où j'avais besoin d'exprimer des choses et je ne savais pas comment le faire. Et la licence poétique qui vient avec, on va dire, la création musicale m'a permis aussi d'aller explorer pas mal de choses. Je pense sur le plan émotionnel, ça m'a aidé à me construire aussi à pas mal d'égards. et donc ça a été une vraie je n'ai pas envie de dire béquille parce que c'est très connoté c'était un de mes piliers ça a été un des piliers sur lesquels je me suis appuyé pour me construire en tant que jeune adulte t'exprimer à l'adolescence et en fait créer c'est déjà explorer parce qu'avant d'exprimer il faut être en capacité d'explorer pour pouvoir mettre des mots sur ce qu'on vit, sur ce qu'on ressent Oui. et ça permet aussi de le revisiter après avec du recul mais ça a pris une place très importante dans ma vie et comment tu es,
- Speaker #0
parce que je t'ai présenté comme étant entrepreneur donc là tu parles beaucoup de musique donc je pense que ceux qui nous écoutent ils vont dire c'est quoi le rapport ?
- Speaker #1
comment on en arrive ?
- Speaker #0
comment tu as pris le chemin de l'entrepreneuriat ?
- Speaker #1
alors très vite quand j'ai commencé la musique je l'ai investi avec une énergie entrepreneuriale. C'est-à-dire que très vite, j'ai eu envie de sortir mes projets. Et je me suis toujours débrouillé avec les ressources auxquelles j'avais accès pour essayer de faire des choses. Je n'ai pas attendu qu'on vienne me chercher. Je n'ai pas attendu qu'on me donne la permission. Je me suis toujours posé la question de j'ai envie de faire exister ce truc-là dans le monde. Comment est-ce que je peux faire avec les ressources auxquelles j'ai accès maintenant pour produire quelque chose ? Au départ, c'était mauvais. Objectivement, c'était mauvais. Aussi bien en termes de qualité artistique que de qualité de production. Le tout premier CD que j'ai sorti, je l'ai enregistré avec mon meilleur ami de l'époque, sur son ordinateur, avec un micro-cravate, donc les casques, les micros comme ça, autour duquel j'enroulais du papier toilette pour éviter que le micro sature quand je faisais les p... Oui. Donc ça c'était... Mais le CD, avec une jaquette, etc., il est sorti, j'étais au lycée. Et je me souviens très bien du jour où je suis arrivé avec mes 100 CD gravés sur sa tour, dans mon sac de sport, à essayer de les vendre à la récré. Il m'en reste quelques-uns à la maison, je ne les ai pas tous vendus. Mais à l'époque, j'en avais quand même vendu un certain nombre au lycée. Et donc ça, ça a été le premier projet que j'ai sorti. En fait, par la suite, pendant les 10 ou 15 années qui ont suivi, je me suis toujours débrouillé pour continuer à faire exister mes projets, avec des ressources plus ou moins importantes. Ça m'a aussi forcé à développer un certain nombre de compétences. Ça m'a... Permis de prendre conscience que quand on veut se donner les moyens, on peut y arriver. J'ai appris à m'enregistrer tout seul. J'ai appris à mixer mes morceaux, à les masteriser. Puis j'ai appris à composer. Ça m'a aidé aussi à construire un sentiment de compétence à travers ces projets-là. Et comme ça m'alimentait profondément l'énergie, le temps que je pouvais y passer et plus tard, l'argent que j'y ai investi. Ça n'a jamais été un sujet dans ma tête parce que j'étais animé par une vraie passion dévorante pour ça. Donc ça c'est un premier élément de réponse par rapport à ta question. Donc j'ai investi cette passion avec une forme d'énergie entrepreneuriale. Par la suite j'ai aussi orienté mes études pour me permettre d'aller travailler dans cette industrie. Aujourd'hui je suis dirigeant d'agence mais avant ça j'ai travaillé pendant plusieurs années dans l'industrie de la musique. Pas en tant qu'artiste mais en label. et après ce qui m'a amené à où j'en suis aujourd'hui je fais un peu des sauts dans le temps ça a été une opportunité il y a eu un mix de contraintes et d'opportunités la contrainte c'est j'ai travaillé dans la musique pendant 3-4 ans, je vivais à Paris parce que tout se passe à Paris j'ai adoré ces années là, elles ont été incroyablement formatrices, j'ai eu la chance de travailler avec des personnes excellentes très très compétentes dans leur domaine, j'ai énormément appris auprès de ces gens là Mais j'avais un projet de vie qui n'était pas compatible avec mon mode de vie à l'époque, puisque je voulais avoir des enfants. Et donc avec ma compagne, on avait pris la décision de quitter Paris pour entrer en Bretagne. Je suis originaire de Bretagne. Et donc ça, c'est la contrainte. Et l'opportunité, c'est deux de mes meilleurs amis qui, à l'époque, avaient commencé à travailler sur un projet commun et qui savaient que j'avais envie d'entreprendre, qui pensaient que je pouvais apporter quelque chose au projet, qui m'ont proposé de m'associer au projet. Et ma motivation première à l'époque, c'était de rejoindre. une aventure entrepreneuriale avec des personnes que j'apprécie énormément, c'est encore le cas aujourd'hui.
- Speaker #0
Donc une histoire d'amitié.
- Speaker #1
Une histoire d'amitié avant d'être une histoire de business. Et donc ils m'ont mis le pied à l'étrier, je le considère vraiment comme ça. Ils m'ont donné l'opportunité de me lancer dans l'aventure entrepreneuriale, mais dans des conditions qui étaient beaucoup plus favorables que si je l'avais fait seul. Et pour ça, je leur en suis et je leur en serai éternellement reconnaissant. Et donc après...
- Speaker #0
Donc ça c'est l'agence que tu diriges aujourd'hui ?
- Speaker #1
Ça c'est l'agence que je dirige aujourd'hui avec mes deux associés. Avec tes deux associés, amis associés. Exactement. Et aujourd'hui c'est une agence qui emploie une trentaine de personnes. D'accord. À Rennes, qui travaille avec des marques assez connues en France.
- Speaker #0
Ok, merci. Je vais parler aussi de ton parcours. Donc j'ai vu ta vidéo où tu expliques un petit peu ton parcours de vie. Où tu as parlé de... de la maladie que tu as traversée. Est-ce que tu peux nous en parler ? Parce que moi, je trouve que ça m'a vraiment touchée parce que j'ai vu une force et une tranquillité en toi, en fait, dans cette vidéo. Et je me suis dit, mais il faut que je le rencontre et qu'on discute. Donc voilà, est-ce que tu peux nous parler de cette étape de ta vie ? Comment tu l'as vécue ? Et puis j'aurais d'autres questions sur ça, en fait, je pense.
- Speaker #1
C'était il y a 10 ans, 2016. J'avais 25 ans à l'époque. Alors, je t'en parlais un petit peu en off, mais ça a été une période très très particulière. Parce qu'en fait, pour remettre un peu dans le contexte, j'ai mon bac à 16 ans, je pars de chez mes parents, je fais deux premières années de médecine dans lesquelles j'échoue assez lamentablement, j'intègre la fac de droit, je me débrouille plutôt bien, je suis bon étudiant en droit, très tôt je me rends compte que je ne ferai pas ma carrière là-dedans parce qu'en fait... J'étais bon, je n'étais pas habité par le truc. Ce n'était pas une passion. Je ne sentais pas un enthousiasme délirant à l'idée de devenir juriste ou avocat. Donc j'essaye, ça fait partie des quelques divergences que j'ai eues avec mes parents, j'essaye d'orienter mes études supérieures pour pouvoir me permettre d'aller toucher du doigt ce qui me plaît, donc l'industrie de la musique. Donc je fais un premier master, enfin je fais un master 1 en droit des affaires, je fais un premier master 2 à Sciences Po à Rennes en management des médias. Alors, je rembobine. Je fais mon master 1 en droit des affaires et je postule pour un master 2 à Panthéon-Sorbonne, qui était très, très, très demandé et très, très sélectif. Et la première fois que je postule, je ne suis pas retenu. Donc, je postule à Sciences Po à Rennes pour faire un master 2 en management des médias, toujours dans l'idée de me dire, ce master, je le veux, je l'aurai. Donc, je fais ce premier master 2, je repostule l'année d'après. Cette fois, je suis pris. Donc, j'intègre le master.
- Speaker #0
Tu es persévérant quand même.
- Speaker #1
Je suis assez persévérant. Quand j'ai une idée en tête, en général, je ne lâche pas facilement. Donc, j'intègre. Ce Master 2, qui est un Master donc encore une fois assez réputé, parce qu'en fait, dans ma tête à ce moment-là, je veux aller bosser dans la musique, mais je ne connais absolument personne dans la musique. C'est une industrie, comme les auditeurs qui nous écouteront peuvent l'imaginer, très demandée, très compétitive, ça fait rêver, c'est comme le cinéma. On est tous à minima intrigués par ces industries créatives qui... qui fascine et accompagne des millions de gens au quotidien. Je me suis dit qu'il faut que je trouve un moyen de mettre un pied dans la porte. Et donc, je rentre dans ce master-là. Et très vite, je me dis, OK, je vais essayer de voir un peu toutes les personnes qui sont passées par ce master qui aujourd'hui travaillent dans la musique. Donc, on avait une secrétaire, une responsable pédagogique incroyable, Béatrice. Si par hasard, tu tombes sur cet épisode, je t'embrasse et je te remercie, qui avait accepté de me donner l'annuaire des alumnis en me pointant un peu ceux qui travaillaient dans la musique. Et puis là, j'ai mis un point d'honneur à rencontrer tout le monde. Je leur ai proposé un café, échangé avec eux, comprendre leur métier. Ça,
- Speaker #0
c'est un tips que tu es en train de donner aux jeunes, ou même aux moins jeunes d'ailleurs. Ah,
- Speaker #1
des tips, j'en ai un million. On est comme ça. Si tu veux qu'on creuse le sujet, allons-y.
- Speaker #0
On fera une séquence tips.
- Speaker #1
Voilà, j'ai fait une conférence auprès de Master 2 dans une école avec laquelle on travaille où je leur ai partagé cette anecdote-là. Il y avait donc les alumnes du Master. C'était un Master qui est très orienté audiovisuel, donc beaucoup de professionnels du cinéma. et quelques professionnels de l'industrie de la musique, dont la directrice juridique de Warner Chappelle de l'époque, Carole, pareil, Carole, à qui je dois énormément, et j'ai beaucoup de gratitude pour ce qu'elle a fait pour moi. Et donc, je mets plein de choses en place pour me donner les moyens d'aller là où je veux aller. J'arrive à la fin de cette année scolaire, j'ai rencontré plein de gens, Je me suis donné les moyens d'essayer de décrocher un stage à la fin de cette année-là. Je décroche un stage chez Sony. Je commence à toucher du doigt le rêve. J'étais sur le point d'emménager avec ma copine de l'époque, qui est ma femme aujourd'hui, à Paris, qui elle avait pris la décision, elle était à l'école à Caen, de faire sa dernière année d'études à Paris, etc.
- Speaker #0
Donc de te suivre. De me suivre.
- Speaker #1
Donc tout converge. Je passe mes examens de fin d'année, relativement confiant sur le fait que je vais valider mes examens. Mais il y avait un truc qui n'allait pas. Quelques semaines avant les examens, on était partis avec toute ma promo à la Berlinale, donc le festival de cinéma de Berlin. Ça faisait quelques semaines que j'étais malade, j'étais pas très bien, puis j'avais du mal à m'en remettre. Puis un jour à la Berlinale, vraiment pas bien, je dormais très mal la nuit, je faisais de la fière, sueur nocturne, je me réveillais vraiment en nage, les draps trempés et tout. Puis un matin, je me lève, je tousse, je tousse, je tousse, et je crache du sang dans l'évier. Là, je me dis, il y a un truc qui n'est pas normal. Puis même, je voyais mes potes qui commençaient à s'inquiéter un peu, donc je reviens à Paris, je prends rendez-vous chez un généraliste, je passe toute une batterie de tests, bref, je n'ai pas le truc. Je passe mes examens et mes parents me disent « Thomas, tu vas revenir à Lorient parce qu'on va avoir les résultats de tes examens, tu reviens. » Et donc là, j'ai rendez-vous avec une oncologue qui m'annonce que je suis atteint d'un lymphome, un lymphome de type B non-Hodgkinien. C'est une forme de cancer, en gros, c'est des ganglions, enfin des tumeurs qui se forment au niveau des ganglions. Et donc elle m'annonce que je vais devoir passer trois mois en chimiothérapie pour traiter la maladie dont je suis atteint. Donc... Au pire moment, quoi.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je commençais à toucher du doigt tout ce pourquoi.
- Speaker #0
Tout converger. Voilà.
- Speaker #1
Et je me dis, putain, c'est pas juste, quoi.
- Speaker #0
Et à 24 ans,
- Speaker #1
25 ans ? 25 ans.
- Speaker #0
25 ans, ouais.
- Speaker #1
Je me dis, c'est pas juste. C'est pas juste, pas maintenant, quoi. Donc, j'appelle ma maîtresse de stage à l'époque. Je lui annonce que je ne pourrais pas commencer mon stage comme prévu pour des raisons de santé. Elle me dit qu'elle comprend très bien, elle me souhaite énormément de courage, elle me dit qu'il ne faut pas que j'hésite à la recontacter quand j'irai mieux, qu'ils seront ravis de m'accueillir en stage. A l'époque, je n'y crois absolument pas, parce que je me dis que c'est Sony, des stagiaires, il doit y en avoir. Ça fait le tour du pâté de maison. Et puis, j'entame mon traitement, toujours très en colère, toujours avec un profond sentiment d'injustice. Mais... Très vite, en fait, je me dis, de toute façon, j'ai pas le choix. Va falloir y faire face, donc autant être acteur du truc. Et ça,
- Speaker #0
t'as été suivi après l'annonce ? Est-ce que t'as été accompagné ?
- Speaker #1
Par mes parents.
- Speaker #0
Par tes parents, oui.
- Speaker #1
Principalement par les professionnels de santé. J'ai été extrêmement privilégié dans mon parcours de soins parce que j'étais soigné à l'hôpital dans lequel mes parents travaillaient. Et comme on peut aisément l'imaginer, c'était beaucoup plus simple pour moi. plein de choses qui étaient mises en place pour me rendre la vie beaucoup plus facile. Donc j'ai eu beaucoup, beaucoup de chance à ce niveau-là. Psychologiquement, pas trop. Mais j'ai été suivi par une thérapeute de mes 16 à mes 23-24 ans. D'abord de manière très régulière, puis ensuite de manière un peu plus espacée, à mesure que j'avais acquis un certain nombre d'outils qui me permettaient de faire face aussi... toutes les épreuves que la vie se charge de nous faire traverser. Et donc...
- Speaker #0
Tu disais que tu étais dans une phase de colère, et puis à un moment donné tu t'es dit, bon, je ne peux rien.
- Speaker #1
Exactement. En fait, il y a la colère, il y a le sentiment d'injustice, et puis arrive un moment, une phase d'acceptation. C'est la situation dans laquelle je suis aujourd'hui. Qu'est-ce que je fais de ça, quoi ? Un peu comme après mon échec en médecine, je dois composer avec ce truc-là, qu'est-ce que j'en fais ? Et il y a plusieurs choses qui m'ont aidé à traverser cette période-là qui n'a pas été simple. La première, et ça c'est quelque chose que j'ai beaucoup répété, c'est la maladie prend la place que je lui laisse. Et c'était une manière pour moi de rester acteur de la situation, malgré tout ce qui s'imposait à moi, qui était de me dire, ok, je ne laisserai pas ce truc me définir. Et traiter la maladie comme un événement, et pas comme une composante de mon identité. Et j'ai beaucoup dit... je suis tombé malade, pas je suis malade. Je ne voulais pas que ça vienne s'ancrer dans ma construction identitaire. Ce n'était pas ton identité en fait. Non, non. Tu n'étais pas un malade,
- Speaker #0
tu es tombé malade. Exactement, c'est un événement,
- Speaker #1
ce n'est pas mon identité.
- Speaker #0
Il faut quand même beaucoup de maturité, même à 25 ans, pour faire cette réflexion-là et arriver à se dire, c'est une situation qui est là, je l'accepte. Tu as accueilli la colère que ça a généré. Tu as eu ce sentiment d'injustice. C'est tout à fait normal. Parce que voilà, avoir cette maladie-là à cet âge-là, c'est quand même à tous les âges. Mais principalement quand tout s'aligne, comme tu l'as expliqué. Je trouve que c'est quand même une grande maturité, en fait, de faire cette analyse. Avec le recul,
- Speaker #1
oui. À ce moment-là, je ne suis pas sûr de l'avoir vu. Enfin, je n'étais pas en capacité de conceptualiser. Exactement. Mais ça, ça m'a pas mal aidé. L'autre chose qui m'a aidé, c'est un peu comme pour la médecine, c'est qu'est-ce que j'en fais ? Maintenant que c'est là, qu'est-ce que je fais de ce truc-là ? En cherchant le positif dans la situation, ça m'a donné beaucoup de temps, dans le sens où je suis rentré chez mes parents. Ça n'a pas été simple pour ma compagne parce qu'elle venait d'arriver à Paris pour me rejoindre. Et moi, je retourne à Lorient, vivre chez mes parents pour la durée du traitement. Alors au début, j'essayais de faire des allers-retours, mais assez rapidement, je me rends compte que ça va être compliqué à tenir. Oui, c'est épuisant en plus, si tu avais des traitements,
- Speaker #0
de la chimie et tout.
- Speaker #1
Et donc du coup, je me retrouve avec du temps devant moi. Et je me suis dit, comment est-ce que je peux essayer, un peu à l'image d'un alchimiste, de transformer tout ça en quelque chose d'un peu productif. Donc j'ai beaucoup créé. Et je pense qu'une partie des choses qui m'ont aidé à accepter la situation et à dealer avec tout ça, ça a été aussi le fait que ça a énormément alimenté ma création musicale. Il y a un projet qui en est ressorti, où il y a une chanson où je parle vraiment de la maladie. C'est un EP que j'ai sorti à l'époque. Plusieurs autres chansons où elle est un peu en filigrane, un peu en sous-texte. Mais surtout, ce projet-là est sans doute le projet le plus brut. que j'ai sorti. Et il y a une énergie, une rage dans ce projet-là que j'ai jamais eu avant, que j'ai jamais eu après. Et je pense que c'était ma manière à moi d'exorciser la colère, de sortir d'une manière productive toute la colère que je pouvais éprouver. Et c'est un projet Certains titres j'ai du mal à les réécouter aujourd'hui, pas parce que...
- Speaker #0
On peut les retrouver quelque part ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui, ils doivent être encore en ligne. Tu me diras, oui,
- Speaker #0
parce que ça serait intéressant déjà que j'écoute et puis que je le mette...
- Speaker #1
Au moins sur le titre, j'ai un titre qui s'appelle Chambre 210, que j'ai fait en featuring avec un artiste...
- Speaker #0
C'est quoi la Chambre 210 ?
- Speaker #1
C'était le numéro de chambre dans lequel j'étais hospitalisé dans la dernière phase de mon traitement, qui a été la plus dure, et donc que j'ai fait avec un artiste que j'aime énormément, qui s'appelle John Norris. Un chanteur très très talentueux, dans lequel pour le coup je parle ouvertement de la maladie et de la manière dont je l'ai vécu et dont je l'ai traversé. Mais donc il y a eu ça aussi qui m'a pas mal aidé, qui était de se dire, encore une fois, la situation s'impose à moi, comment est-ce que j'essaie d'en faire quelque chose de positif ? Et après, l'entourage, ça a été crucial. Je garde des souvenirs assez émus de...
- Speaker #0
Plusieurs amis à moi qui sont venus me rendre visite pendant mon traitement, parfois à l'improviste, parfois des surprises organisées avec l'aide de mes parents. Et ouais, le lien humain et le soutien dont j'ai bénéficié a quand même été très très fort pendant cette période-là, et ça m'a beaucoup aidé.
- Speaker #1
Est-ce que tu as eu des moments un peu de doute, une fois que tu as traversé la colère, le sentiment de colère, d'injustice, que tu as accepté ? Et puis, tu as sorti tes projets, tu as utilisé le temps libre que tu avais, mais tu étais quand même malade sous traitement. Mais voilà, tu t'es mis en mouvement, tu as créé. Est-ce que par la suite, tu as eu des moments de doute, des moments de découragement ?
- Speaker #0
De doute, non. Dans le sens où dans ma tête, il n'y avait pas d'autre option que de guérir, de ressortir de ce truc-là et de reprendre ma vie là où je l'avais laissée. Vraiment, c'était... Je me souviens encore une fois du rendez-vous où on me l'annonce. Et où je sens l'émotion qui monte, je respire et je me tourne vers l'oncologue qui me suivait à l'époque. Je me dis, OK, c'est quoi la suite ? Très vite en fait, très vite de, ok, concrètement qu'est-ce qui va se passer, c'est quoi le protocole, comment ça se matérialise, etc. Donc encore une fois, cette nécessité de ne pas me laisser aspirer par tout ça et de me remettre en mouvement rapidement. Par contre, des moments de découragement, oui j'en ai eu. Je distingue les deux, le découragement. Oui, de doute et découragement. Et je me souviens, enfin un des souvenirs les plus forts que j'ai de cette période-là, donc si on continue un peu la chronologie, donc on m'annonce trois mois de traitement. Je fais les trois mois, au bout de trois mois on me dit que ce n'est pas suffisant, donc on va refaire trois mois puis on va augmenter les doses. Déjà c'est un petit coup de bambou. À ce moment-là, ça fait trois mois que je vais en chimio, je crois que c'était toutes les deux semaines, un truc comme ça. Donc j'ai commencé à m'habituer à tout le rituel, y aller, le déroulement de la chimio, le fait que 48 heures après je suis complètement HS, puis que je commence à émerger au bout de 48 heures. Au bout de 72 heures ou 3-4 jours, ça y est, je commence à de nouveau me sentir moi-même et être en capacité de faire des choses, etc. Ça, je m'y étais un peu habitué. Donc je refais les 3 mois de traitement et on me dit « Et au bout de 3 mois, tu vas passer par ce qu'on appelle une phase d'intensification. Tu vas aller à Nantes, tu vas être hospitalisé pendant au minimum 2 semaines et t'auras pendant 5 jours une chimio tous les jours. Et à l'issue des 5 jours de chimio, tu vas avoir une grève de cellules souches. » Parce qu'en gros, pendant ces 5 jours de chimio, ils éradiquent ton système immunitaire et après ils te remettent...
- Speaker #1
Donc ils reset un peu... Exactement.
- Speaker #0
Le début de mon séjour à Nantes, c'était plutôt bien passé. Et le cinquième jour de chimio et les 48-72 heures après ont été infernales. J'ai jamais... autant souffrir de ma vie, j'avais le sentiment, ces deux ou trois jours, j'ai le sentiment que ça a duré une éternité. Et j'ai très peu pleuré pendant ces six, sept mois de ma vie. Franchement, je pense que je peux compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où j'ai pleuré. Je pense que j'ai pleuré une ou deux fois. Je me souviens d'un jour...
- Speaker #1
Mais tu pleurais pas, pardon de te couper, parce que ça venait pas ? Vu que t'étais dans le mouvement ? Non, j'étais...
- Speaker #0
Je... Je pense pas avoir supprimé ou étouffé des choses. Oui, c'est ça, t'as pas étouffé. Parce que même le souvenir que j'en garde, et je me souviens de tout assez distinctement, j'ai pas d'émotions négatives associées à cette période de ma vie. Je l'ai pas gardé comme un traumatisme. Ça a été une épreuve, mais j'ai pas le sentiment qu'il y a des choses pas résolues par rapport à cette période-là. Oui,
- Speaker #1
donc l'acceptation que tu as... ressentie à un moment donné ou décidée peut-être d'ailleurs elle était vraiment là en réalité parce que ce que tu expliques en disant que tu ne le vis pas comme un traumatisme et c'est une période, tu es hyper lucide sur ce qui s'est passé, de toute façon tu l'as vécu dans ta chair aussi en fait c'est une traversée donc tu as réellement accepté en tout cas c'est ce que je dis je ne suis pas psy mais j'ai réellement accepté et en fait le moment où je Merci.
- Speaker #0
craquent complètement quand je suis à Nantes, c'est parce que là, j'ai l'impression que j'en verrais pas le bout. Et parce que je suis vraiment au plus bas.
- Speaker #1
Parce que les traitements étaient plus lourds.
- Speaker #0
Et que ça fait 48 heures que je vois que mon état s'améliore pas. Je me dis, quand est-ce que ça s'arrête ? Et ça, comme tout, ça a fini par passer. Tout finit par passer. C'est vrai. Tout finit par passer. La douleur, c'est temporaire. C'est dur de se le rappeler quand on est au fond du trou. Et je pense que c'est important de se conditionner et d'avoir ce mantra. ça finira par passer. Ça aussi, ça finira par passer. Tout a une fin.
- Speaker #1
Et puis, rien n'est permanent, en fait. Tout bouge, tout change. Est-ce que ce n'est pas aussi une forme de lâcher prise, aussi, à un moment donné ? Oui,
- Speaker #0
et j'ai découvert bien plus tard. Je ne connaissais pas ça à ce moment-là. J'en parle beaucoup dans mon podcast et j'en parle dans le tien aussi, parce que je trouve que cette manière de voir les choses est assez incroyable. mais... Les bouddhistes, je crois que c'est les bouddhistes, j'ai peur de dire une bêtise, distinguent la douleur de la souffrance. Ils ont une métaphore, une allégorie qui parle des deux flèches. La douleur, c'est la première flèche que la vie nous inflige. Et la souffrance, c'est la deuxième flèche, souvent qu'on s'inflige. Et en fait, l'équation, entre guillemets, c'est souffrance égale douleur multipliée par la résistance. En fait, le fait de résister à ce qui se passe. amplifie, magnifie la douleur et c'est souvent lié à l'histoire qu'on choisit de se raconter par rapport à ce qui se passe, à la résistance qu'on va opposer à tout ça et par résistance moi j'ai choisi d'y voir aussi de le comprendre comme le déni le refus de l'acceptation parce que je distingue de résister à ce qui se passe de combattre de se mettre en mouvement d'essayer de trouver des solutions d'être acteur de la situation agir versus résister et oui je pense qu'à un moment il y a un truc qui se passe pareil cette douleur elle est là il faut que je l'accepte il faut que j'apprenne à vivre avec pour le temps que ça durera et que je lui... ne donne pas plus de pouvoir et d'emprise en essayant de refuser ou de me soustraire à ça.
- Speaker #1
Et donc, dans ce parcours de vie, tu as traversé des choses un peu compliquées, de ce que tu as pu me raconter, tu as aussi réalisé des choses, tu as créé. Aujourd'hui, tu es entrepreneur, tu diriges l'agence de communication que tu as créée avec tes amis. Tu as un podcast, tu en parleras aussi. Qu'est-ce que... Quelle est la place de la joie dans tout ce parcours ? Est-ce que c'est quelque chose que tu réalises ? Est-ce que c'est quelque chose que tu conscientises ? J'aimerais bien t'entendre là-dessus.
- Speaker #0
C'est un vaste sujet. Je pense que la joie, c'est un sentiment avec lequel je n'ai pas été très doué pendant très longtemps. Pour tout un tas de raisons que j'aurais du mal à expliquer. Mais aujourd'hui... Je suis profondément heureux, en partie parce que ma vie a changé aussi, et je n'ai pas de deux petites filles incroyables qui m'apportent énormément de bonheur au quotidien. Pardon, excuse-moi. Mais la joie, je pense que... En fait, j'ai envie de croire qu'on la ressent tous. Je ne suis pas sûr qu'on le conscientise forcément, qu'on soit en capacité de le nommer. Ce qui est bien dommage parce qu'en fait, s'autoriser à le ressentir, à le nommer, à l'explorer, c'est aussi ce qui nous permet, je pense, d'en mettre un peu plus dans notre quotidien. Tout à fait. Et après, moi, je pense que le...
- Speaker #1
Et toi, tu sais quand elle est là ?
- Speaker #0
Oui. Aujourd'hui, oui. Je le sens. Physiquement, il se passe un truc. C'est des sensations physiologiques que j'ai apprises à interpréter. Et je pense que mes filles ont beaucoup aidé par rapport à ça. Parce que quand tu as des enfants, tu sais ce que c'est. Des fois, tu as des moments très anodins. Avec tes enfants, je les regarde jouer dans le jardin. Oui. Tu as quelque chose qui vient de l'intérieur. Voilà. Et alors... pas du tout à la même échelle et qui se manifestent pas forcément de la même façon mais je l'ai ressenti aussi à postériori, je me rends compte que je le ressentais beaucoup quand je créais, quand j'étais dans l'acte de créer que ce soit à l'instant T ou des fois quand j'écoutais aussi ce que j'avais créé et une forme de réalisation, c'est moi qui ai fait ça il y a un truc qui se passe donc c'était de la joie ou de la satisfaction ? je pense que c'était de la joie et après euh quelque chose qui m'apporte beaucoup de joie aujourd'hui aussi, c'est transmettre. Dans différents contextes. Mais quand je vois que je transmets et que ça résonne, et que je sens que je suis en capacité de provoquer des choses chez les gens avec lesquels j'échange, ça, ça m'apporte beaucoup de joie. Je ne sais pas pourquoi, mais la joie, aujourd'hui, Enfin, je... J'ai le sentiment en tout cas qu'il y a une dimension assez altruiste ou tournée vers l'autre dans ce qui me procure de la joie aujourd'hui. Oui,
- Speaker #1
parce que tu parlais de transmission par exemple.
- Speaker #0
Transmission, mes enfants, l'échange avec l'autre quand je suis dans le cadre d'un podcast par exemple. Je vois que ce qui me procure de la joie aujourd'hui implique souvent l'autre. Une autre personne. Et ça, je trouve que c'est intéressant comme signal aussi.
- Speaker #1
C'est intéressant ce que tu dis parce qu'en début d'épisode, tu m'as dit que tu étais... assez solitaire, en tout cas que tu te sentais bien aussi quand tu étais seul. En fait, la solitude, ce n'est pas quelque chose qui te dérange. Et ta joie, par contre, elle est là où tu as un échange avec l'autre, où tu es en contact avec l'autre, où tu es en relation.
- Speaker #0
C'est beau ? En tout cas, en en parlant avec toi, je me rends compte qu'effectivement, si j'essaye de faire l'état des lieux, un peu des situations dans lesquelles je peux être amené à ressentir cette émotion-là, elle implique souvent soit la création solitaire, soit l'échange avec l'autre, et le partage avec l'autre, et la transmission avec l'autre.
- Speaker #1
Et je parlais aussi de célébration. Je crois que c'est la première fois que je parle de célébration sur cet épisode. Mais je me suis demandé, quand je t'ai découvert, que j'ai échangé avec toi, je me suis dit, tu as quand même eu plusieurs victoires dans ta vie. Tu es allé les chercher, ces victoires-là, tu t'es donné. Est-ce que tu les célèbres ou ce n'est pas quelque chose qui...
- Speaker #0
Absolument pas. ...qui te parle en fait. Et c'est quelque chose que je fais très mal. D'accord. Enfin, très mal. Je ne sais pas si c'est important, nécessaire. Oui, peut-être que tu ne te dis pas, en fait, tu ne te dis pas, je vais célébrer. En fait, c'est quelque chose auquel j'ai pas mal réfléchi maintenant que je suis dirigeant d'entreprise, manager, et qu'on essaye d'embarquer des gens dans notre projet entrepreneurial et dans la vision à laquelle on essaie de donner vie. Je ne pense pas... Être quelqu'un qui en a fondamentalement besoin. Je pense que c'est une bonne chose, mais je ne pense pas en avoir besoin. En partie parce que ce qui me drive, c'est beaucoup plus le progrès que l'accomplissement. J'éprouve beaucoup plus de satisfaction à avoir le sentiment de progresser dans quelque chose que par rapport au fait d'avoir accompli une chose donnée. Ça, c'est un premier point. Par contre, ce que j'ai appris, c'est que ce n'est pas le cas de tout le monde. Et notamment, par exemple, je m'entends particulièrement bien avec mes associés parce qu'on partage ce trait de caractère. D'être beaucoup plus driveé par le progrès que par l'accomplissement. Mais je me rends bien compte qu'il y a un certain nombre de personnes dans nos équipes qui ont besoin, et maintenant je le comprends, qu'on célèbre. Oui,
- Speaker #1
mais c'est aussi un besoin de reconnaissance. qui n'est pas forcément négatif, mais oui, c'est vrai que dans les équipes, souvent, les gens ont besoin de reconnaissance et célébrer les victoires. Les victoires, petites ou grandes,
- Speaker #0
c'est effectivement une opportunité de témoigner ça. Donc, je pense qu'on est tous assez différents là-dessus, mais historiquement, c'est quelque chose que je fais assez mal. Et je sais que même ma femme, des fois, me reprend. Mais tu te rends compte de ce que tu es en train de faire ou de ce que tu as accompli ? Toi, tu penses à l'étape d'après. Ouais, ouais. Je ne dis pas tant que ça, en fait, parce que c'est fait, quoi. Je suis content, mais je ne suis pas extatique non plus. Et effectivement, très vite, pour le coup, je pense que quelque part, c'est quand même important d'essayer de travailler là-dessus, très vite dans la projection sur l'après. Et à la fois, je me rends compte aussi que c'est important d'apprendre à vivre dans le présent et de ne pas constamment vivre dans le futur. C'est ce qui me tire beaucoup.
- Speaker #1
Comment tu le concrétises, ça, au quotidien ?
- Speaker #0
Plusieurs choses. La première, c'est que j'essaye d'avoir... des formes de pratiques contemplatives.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Le journaling en particulier, c'est quelque chose que je fais depuis très longtemps et qui est pour le coup très ancré dans mon quotidien. Et mine de rien, c'est un moment où t'es seul avec toi-même face à la feuille blanche et où tu poses pas mal de choses, tu te déposes.
- Speaker #1
Et donc tu le fais pas sur ton téléphone, tu l'écris à la main.
- Speaker #0
J'écris à la main dans un carnet, c'est très ritualisé. Le carnet il est sur ma table de nuit, je le fais 5, 10, 15 minutes en fonction de ce que j'ai à raconter. De ton inspiration, ta journée. Et j'ai eu... C'est une pratique qui a évolué, qui était très structurée par moments, beaucoup moins à d'autres moments. Je me sens assez libre par rapport à ça parce qu'en fait, je pense que la valeur de la pratique, elle est dans l'acte d'écrire et de prendre un temps avec soi et d'examiner un peu ce qui est en train de se passer, plus que dans la façon qu'on a de le faire. Je ne veux pas dire que c'est anecdotique, mais presque. J'essaye, j'essaye de réussir à ancrer une pratique sur le tour de la méditation parce que je suis... intimement convaincu des nombreux bénéfices de ce genre de pratiques. J'ai un peu plus de mal à l'intégrer à mon quotidien aujourd'hui. Je n'ai pas encore trouvé le moyen de le ritualiser. Et puis parce que c'est un exercice qui est dur. C'est très très dur de méditer. Mais ça fait partie du truc. Et c'est en partie pour ça que c'est aussi bénéfique et efficace. Donc c'est quelque chose sur lequel je travaille. Et après je me questionne sur d'autres formes de rituels qui pourraient justement me permettre d'être plus présent. Après, les enfants ont aussi cet avantage-là, en particulier quand ils sont petits. Et donc un peu plus en demande de régulièrement te ramener sous réserve que tu sois à l'écoute au moment présent aussi. Donc ça, ça m'aide à spontanément les quelques choses qui me viennent.
- Speaker #1
D'accord. Et tu as quand même cette force tranquille, je te l'ai dit plusieurs fois. Si tu devais résumer ton parcours ? Jusqu'à maintenant, parce qu'il y a un long parcours encore à venir et beau parcours. J'espère. Tu résumerais en une phrase, ça serait quoi ? Là, on va arriver sur des choses où je vais te demander, alors qu'il va être un peu plus futile que toute cette discussion très profonde et inspirante qu'on vient d'avoir. Voilà, si tu devais résumer ta vie à une phrase, en ce cas la leçon que tu retiens de tout ce que tu as traversé, ça serait quoi ? comme tu vas me transmettre.
- Speaker #0
C'est pas simple Un de mes combats c'est de faire réaliser aux gens Qui sont capables de beaucoup plus que ce qu'ils imaginent Je crois énormément au potentiel humain.
- Speaker #1
D'où ton podcast ?
- Speaker #0
D'où mon podcast.
- Speaker #1
Qui est sur ?
- Speaker #0
Sur la psychologie de la performance. Et à travers ça, mon objectif c'est d'essayer d'aller interroger des gens qui ont accompli des choses extraordinaires pour comprendre comment ils l'ont fait et transmettre à mon audience des outils qui vont les aider à se réaliser. Mon objectif il est là. Parce que je suis intimement convaincu qu'on a tous des choses incroyables à offrir au monde. C'est pas facile, ça demande du travail, mais je pense qu'on peut tous le faire. Ça, c'est ma conviction profonde. C'est de la foi. C'est vraiment... Je suis profondément habité par ça. Et après, j'ai un mantra que je me suis beaucoup répété ces dernières années, en tout cas qui est un peu ma boussole, pour une raison qui m'échappe, il est venu en anglais.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc c'est... Push yourself, lift others and do it your way. Repousse tes limites, élève les autres et fais-le à ta façon. Et je me suis rendu compte que je donnais le meilleur de moi-même quand j'arrivais à réunir ces trois ingrédients. Quand je me mettais dans des conditions qui m'obligeaient à me dépasser, quand j'essayais de faire en sorte d'emmener les autres avec moi ou de transmettre une partie des choses qui m'ont aidé à y arriver, Et quand je m'autorisais à le faire à ma façon et à écouter mon enthousiasme, mon intuition.
- Speaker #1
Ta joie.
- Speaker #0
Ma joie, exactement.
- Speaker #1
Super. Merci Thomas, on arrive presque à la fin. J'ai mes petites questions ludiques à te poser.
- Speaker #0
C'est passé incroyablement vite. C'est passé vite, oui. Merci.
- Speaker #1
Mais c'était très intéressant, c'est pour ça que c'est passé vite.
- Speaker #0
J'espère.
- Speaker #1
Tu as dit des choses vraiment fortes. Si tu devais nous recommander un film ? Ça serait lequel ?
- Speaker #0
Très bonne question. J'essaie de réfléchir à ne pas dire de bêtises. Je pense que... Alors, c'est le film, mais j'ai surtout été un très grand fan du livre. J'aime énormément Dune. Franck Herbert l'auteur mis en image et réalisé par Denis Villeneuve qui est un de mes réalisateurs préférés ce que j'aime beaucoup à travers ça c'est le récit initiatique le parcours de Paul Atreide avec tout ce que ça implique et après sinon récemment je repensais à La Recherche du Bonheur avec Will Smith qui m'a laissé un très très bon souvenir il est fort ce film d'une j'ai
- Speaker #1
pas vu les deux mais oui à La Recherche du Bonheur il faudra que je le revoie d'ailleurs mais je l'ai vu il y a très longtemps.
- Speaker #0
En termes de parcours de vie, de résilience, de capacité à s'accrocher, à vouloir, à avoir envie de croire que le meilleur reste à venir, je crois que ça se place là, en termes de messages.
- Speaker #1
Et en termes d'expérience ?
- Speaker #0
J'en donnerais deux. Si je peux, je peux en donner deux ? Tu peux. J'ai tiré beaucoup de choses de moments que j'ai vécu en immersion avec des pairs. Alors, c'est très spécifique à ma situation, donc ça parlera peut-être pas à tout le monde, mais je garde des souvenirs assez forts et assez émus de week-ends que j'ai organisés avec un groupe d'amis. que je vois malheureusement un peu moins aujourd'hui, mais que j'ai beaucoup fréquenté pendant un moment, parce que nos situations personnelles le permettaient un peu plus, et où on avait ces moments un peu hors du temps, où on se retrouvait pour partager plein de choses, et où j'avais le sentiment à chaque fois d'en ressortir grandi. Donc, réussir à créer des moments. avec des gens qui vous sont proches, dans lesquels vous créez votre petite bulle. Un cercle, en fait. Dans lequel on peut aussi arriver avec tout son bagage, s'autoriser à être vulnérable, et s'entourer de gens qui ont envie de nous aider à progresser. J'en ai eu quelques-unes, des expériences comme ça, qui m'ont profondément marqué.
- Speaker #1
Tu vois là, Thomas, ma joie s'est activée. Ok. Non mais parce que j'étais presque dans ce cocon que tu décris, dans un cocon de bienveillance finalement, où tu viens comme tu es. Et puis avec des gens remplis d'amour et où tu peux te déposer sans crainte. C'est beau. Donc tu faisais ça avec des amis ? Oui,
- Speaker #0
avec des amis que j'avais rencontrés à l'époque où je vivais à Paris, où on était dans des trajectoires assez similaires. des ambitions entrepreneuriales, certains déjà bien avancés, d'autres un peu moins, mais où on se retrouvait autour de valeurs communes et un objectif, un projet commun. Et donc, on avait cette envie de s'épauler les uns les autres et de s'accompagner. Et après, la deuxième expérience, qui serait un peu à l'opposé de ça, presque, mais parce que je trouve qu'elle nous en apprend sur nous-mêmes différemment, c'est... de se mettre volontairement dans une situation d'inconfort physique pour aller toucher du doigt ses limites et se rendre compte qu'on est capable de les dépasser. Alors ça peut prendre plein de formes différentes et ça ne voudra pas dire la même chose en fonction de où vous en êtes dans la vie.
- Speaker #1
Est-ce que je peux le résumer banalement en sortir de sa zone de confort ?
- Speaker #0
Sortir de sa zone de confort. Et tu vois là par exemple, moi début juillet, je vais aller faire une course au Pays de Galles, 24 kilomètres avec 20 kilos sur le dos. qui est une course inspirée d'une épreuve de sélection des forces spéciales britanniques. Et je suis en train de la préparer là. Je sais que ça va être dur, mais je le fais parce que justement, j'ai envie d'aller toucher du doigt mes limites. Et au moment où ma tête va me dire stop, comment est-ce que je fais pour dire non, on continue ? Parce qu'en fait, c'est vivre ces situations-là qui nous aident à construire à accumuler un peu d'épreuves de notre capacité à faire des choses, y compris des choses qui sont inconfortables ou qu'on ne se pensait pas capable de faire. Et c'est ça qui nous aide à construire notre estime de soi, notre confiance en soi. Et tous ces outils-là, en tout cas, moi, j'ai le sentiment que c'est ces outils-là qui nous aident à traverser les épreuves auxquelles on peut être confronté.
- Speaker #1
Mais en fait, tu as activé ma joie deux fois, là.
- Speaker #0
C'est fou, hein ? C'est incroyable.
- Speaker #1
Parce que, en fait, justement, dans ce... Dans cette idée d'aller au-delà un peu, de sortir de sa zone de confort, je suis en train de préparer une marche d'une dizaine de jours sur un bout du chemin de Compostelle cet automne. C'est un projet, c'est une envie que j'ai eue. C'est vraiment dans cet esprit de me dépasser. Je vais peut-être marcher 14 heures par jour. Disons 14 kilomètres par jour plutôt. Je te raconterai.
- Speaker #0
Tu me coacheras à distance. Avec plaisir. Mais j'y crois beaucoup. Et encore une fois, pas besoin que ce soit impressionnant. Ça peut être aussi simple que, je prends l'exemple du podcast, envoyer ses premiers messages pour contacter des gens, pour essayer d'avoir des conversations. Au départ, c'est profondément inconfortable. Et le faire, se rendre compte que même quand on n'a pas de réponse ou qu'on reçoit un non, c'est pas grave. Et que bien plus souvent qu'on ne l'imagine, on reçoit un oui et que ça commence à ouvrir des opportunités et nous donner envie de continuer à passer à l'action le plus dur c'est de faire le premier pas, c'est cliché, c'est cliché à mort mais c'est vrai,
- Speaker #1
tellement vrai super, merci beaucoup Thomas, c'était une belle conversation merci à toi et puis je vais continuer à suivre tes aventures merci beaucoup, c'est très gentil et je te souhaite une très bonne continuation, je te souhaite de belles victoires à venir Et tu ferais un gros bisou à tes filles ?
- Speaker #0
J'y manquerais pas. Merci beaucoup de m'avoir reçu. C'était un super moment. C'est des très belles questions que je n'ai pas souvent l'occasion de me poser ou en tout cas sur lesquelles je n'ai pas souvent l'occasion de m'exprimer. Donc j'étais ravi de le faire et j'espère que les auditeurs en retireront quelque chose.
- Speaker #1
Merci pour ta confiance. Avec plaisir. Merci beaucoup. Merci d'être arrivé jusqu'au bout de cette conversation. Si elle vous a touché, si elle vous a inspiré, n'hésitez pas à liker, à partager, à commenter, à faire parler de Murmure de Joie autour de vous. Et j'ai désormais un lien Tipeee pour m'aider à financer le podcast. Et donc, n'hésitez pas si vous souhaitez faire une bonne action pour Murmure de Joie. Un grand merci à vous et à très vite.