- Speaker #0
Bienvenue dans Murmure Atypique, le podcast qui explore la vie sous le prisme des neurodivergences. Je suis Adeline, créatrice de contenu culinaire et maman, et j'ai à cœur de partager ma vision du monde en tant que femme neuroatypique. Dans chaque épisode, vous découvrirez des réflexions et des récits qui vous invitent à plonger dans un univers où chaque voix compte. Bonjour à tous, aujourd'hui on part sur un épisode... à deux voix, donc un épisode dans lequel une invitée va se confier sur ses expériences et aujourd'hui j'accueille Alexandra. Bonjour Alexandra !
- Speaker #1
Bonjour Adeline !
- Speaker #0
Alexandra est l'une de mes meilleures amies. Je pense pouvoir dire que ça a été la première personne autour de nous à avoir côtoyé le TDA à l'époque, parce qu'avant on disait encore TDA. C'est vrai que ça a été la première qui finalement a fait un bilan, la première qui nous a parlé de neuroatypie. Avant de se lancer dans le vif du sujet, j'aimerais déjà tout simplement te demander comment tu vas ?
- Speaker #1
Merci pour cette question, c'est beau de commencer ainsi. Eh bien, je vais bien, Elie, merci, je suis ravie de participer à ton podcast. C'est un grand honneur pour moi parce que tu es aussi une de mes meilleures amies et voilà, je suis vraiment très très très honorée de... pouvoir être là aujourd'hui.
- Speaker #0
On va essayer de pas pleurer.
- Speaker #1
J'ai déjà commencé à pleurer avant même de commencer.
- Speaker #0
Alexandra a pleuré à peine elle s'est posée pour enregistrer. On n'avait pas encore allumé les micros et moi j'ai déjà les larmes aux yeux, ça promet. Si tu veux, tu peux te présenter de la manière dont tu le souhaites.
- Speaker #1
Ok, alors déjà c'est un exercice difficile pour moi de me présenter parce qu'il y a tellement de parts qui me composent que c'est difficile de résumer tout ça. Je dirais que je m'appelle Alexandra, j'ai 32 ans, je suis originaire d'Alsace, je suis nomade dans l'âme, j'adore voyager et je suis entrepreneuse depuis 9 ans maintenant. J'ai créé ma première entreprise le 11 octobre 2016, donc là il y a 15 jours j'ai fêté les 9 ans de l'aventure entrepreneuriale. Ça a commencé avec de la pâtisserie, donc j'étais pâtissière au départ et puis ça s'est transformé petit à petit et aujourd'hui je suis thérapeute. Et j'accompagne les personnes qui sont un petit peu perdues sur leur chemin à retrouver leur identité, à apprendre à se connaître pour mieux s'aimer et aussi à se libérer du poids de leur passé qui peuvent les entraver dans leur réalisation et dans leur recherche d'unité et de paix.
- Speaker #0
C'est très bon. Finalement, on se connaît depuis longtemps. On a fêté nos dix ans il y a deux ans peut-être, je ne sais plus. C'est très bien que tu nous parles tout de suite d'entre vous. parce que ça va être un peu la thématique du jour. Tu as commencé à entreprendre, j'ai suivi je crois, mais en tout cas on a vraiment... Donc Alexandra et moi on s'est rencontrés à travers nos pages Facebook de cuisine, donc de passionnés de cuisine. Toi c'était plutôt déjà la pâtisserie il me semble, et moi j'ai fait un peu des deux, mais je crois qu'au début je faisais pas mal de pâtisserie aussi. Et un jour on s'est rencontrés dans la vraie vie. Et puis finalement, même si on a eu une petite période où on s'est perdu de vue, allons dire, et bien après, quand on s'est retrouvés, on ne s'est plus quittés. Et ça fait déjà quelques années qu'on chemine ensemble sur notre chemin d'entrepreneuse. Et c'est vrai que je pense que je peux dire, attention, grosse confession, que si je suis sur ce chemin de façon plus apaisée, c'est aussi grâce à toi non on va pas s'enflirer parce que tu sais qu'on a mis plein de choses ensemble en place qui fait qu'en fait on s'est vraiment soutenu du début je peux pas dire à la fin parce qu'en fait il n'y a pas eu de fin et c'est ça qui est chouette merci de cheminer mes côtés les auditeurs vont vite comprendre qu'on est hyper sensibles alors déjà j'aimerais commencer avec une question toute simple et en même temps est-ce que c'est vraiment simple ? Qu'est-ce qui t'a donné envie de te lancer à ton compte ?
- Speaker #1
Eh bien, alors pour être honnête, c'est quelque chose qui s'est fait de façon assez... Comment dire ça ? C'était pas très réfléchi, à vrai dire. Ça s'est présenté à moi de façon très fluide. En fait, je travaillais à l'époque dans une maison de retraite. Et j'ai atterri là-bas parce que je savais pas trop quoi faire de ma vie. Et puis, je me suis dit, il faudrait que je trouve autre chose qui me passionne plus. et puis À ce moment-là, j'étais vraiment passionnée depuis toujours par la nourriture. Et à cette époque-là, j'ai découvert les macarons. Et ça a été pour moi une grande révélation. Je me suis pris d'amour et j'ai fait un hyper focus sur les macarons. Et voilà, je me suis dit, tiens, pourquoi est-ce que je n'essaierais pas de me lancer là-dedans, donc dans la pâtisserie et puis au travail, là où j'étais, donc dans la maison de retraite, ils m'ont accordé un congé sabbatique. Donc j'ai passé mon CAP pâtisserie à ce moment-là. Et puis, toute l'année de mon CAP, j'ai beaucoup fait de pâtisserie. pour mon entourage, pour mes amis. Puis voilà, les personnes me passaient commandes pour des anniversaires. Et puis ça a commencé comme ça. Et à la fin de mon CAP, j'ai réintégré mon travail. C'était le deal, ils devaient me reprendre. Et puis au même moment, j'ai rencontré une personne qui faisait aussi de la pâtisserie. Et puis qui me dit, écoute Alex, demain j'ai rendez-vous à la chambre des métiers d'Alsace. Ils font une réunion de présentation pour ouvrir son entreprise, créer son entreprise. Est-ce que tu veux venir avec moi ? Donc je me suis dit, allez, pourquoi ? pas j'y vais et au final donc j'y suis allé et puis je me suis dit bah c'est vrai pourquoi pas essayer de voilà faire une micro entreprise une auto entreprise c'est le même nom et puis si ça marche c'est bien et puis si ça marche pas c'est pas grave parce que j'ai mon travail à côté on voit ça a commencé comme ça moi j'avais toujours mon emploi salarié en parallèle voilà je me suis lancé j'ai suivi le flot de façon dans ma vie ça a souvent été comme ça je suis un petit peu ce que la vie me présente et voilà donc j'ai démarré comme ça l'aventuré entrepreneurial
- Speaker #0
Combien de temps finalement tu as gardé les deux emplois ? Est-ce que tu te souviens à peu près ?
- Speaker #1
Oui, alors très rapidement, je suis passée à mi-temps pour me libérer justement du temps pour mon activité de pâtisserie, parce que ça a plutôt bien démarré dès le départ. C'est vrai que j'étais quand même assez reconnue pour mes macarons, je vendais dans des comités d'entreprise. Et au bout d'un an, je dirais à peu près un an, j'ai eu l'opportunité d'ouvrir une boutique dans un centre commercial à Strasbourg. C'était une boutique éphémère, donc de quelques mois. Mais ça demandait en fait à ce que je quitte mon travail salarié parce que je ne pouvais pas faire les deux, ce n'était pas possible. Donc ça, ça a été vraiment l'élément déclencheur sur mon chemin pour que je quitte mon travail salarié. Je dirais un an et demi après que j'ai démarré mon activité. Est-ce que du coup,
- Speaker #0
tu t'es épanouie dans cette nouvelle vie qui s'offrait à toi, cette vie d'auto-entrepreneuse ?
- Speaker #1
Oui, complètement, oui, parce que je faisais quelque chose qui me passionnait. J'adorais faire des gâteaux, j'adorais voir le sourire des gens quand ils découvraient leurs gâteaux. J'adorais recevoir aussi les retours des personnes qui s'étaient fait plaisir grâce à mes gâteaux. Donc, oui, c'était vraiment très épanouissant pour moi. Même si, évidemment, l'entrepreneuriat a aussi beaucoup de challenges, mais je pense qu'on en parlera tout à l'heure.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Est-ce qu'avec le recul, tu penses que... ta neuroatypie, parce que oui, on n'en a pas encore discuté, mais enfin, un petit peu, mais tu es neuroatypique, est-ce que tu penses que ça a influencé ton choix de l'entreprenariat ?
- Speaker #1
Ouais, je pense. Alors au début, je ne l'ai pas forcément associé à ça, mais évidemment, je pense que ça a eu une grande part, parce que déjà, il y a cette question de liberté qui est très importante pour moi dans ce choix-là, et puis aussi parce que dans ma neuroatypie, Puis, il y a le fait d'être multipassionnée. Et voilà, d'avoir un cerveau en arborescence. Donc, un cerveau qui réfléchit tout le temps, qui part un peu dans tous les sens. Et c'est vrai que je m'ennuie très vite. Et que du coup, faire un seul travail, faire une seule activité, ce n'est pas pour moi, vraiment pas. C'est d'ailleurs pour ça aussi qu'après, j'ai arrêté la pâtisserie, que j'ai fait d'autres choses. Voilà, j'ai l'impression d'avoir déjà eu mille vies. mais parce que je m'ennuie très rapidement et j'ai besoin d'avoir de multiples activités. Et pour moi, l'entreprenariat me permet ça, en fait.
- Speaker #0
Justement, parlons-en. Donc, tu t'ennuies vite. Comment ça a influencé un peu, justement, ton parcours dans l'entreprenariat ? Parce que tu as fait de la pâtisserie, moi, je connais ton histoire. Et ensuite, qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #1
Alors, il s'est passé beaucoup de choses. Donc, j'ai commencé avec la pâtisserie. et puis euh Moi, depuis toujours, je suis passionnée par la santé, par l'impact de nos pensées, de notre alimentation, de tout ce qui nous entoure finalement sur notre vie, d'un point de vue physique, mais aussi émotionnel. Et du coup, j'ai toujours été passionnée par l'alimentation. Déjà, quand j'étais pâtissière, je faisais des pâtisseries moins sucrées, j'avais une gamme pour diabétiques, j'avais une gamme sans gluten, j'essayais d'acheter des produits locaux, de saison. Donc voilà, j'avais déjà une sensibilité un petit peu à ça. J'étais déjà passionnée par plein d'autres sujets. J'ai commencé des cours à l'université populaire, des cours de naturopathie. Ça a été un peu la porte d'entrée vers la suite de mon aventure entrepreneuriale. J'ai commencé des cours de naturo et je me suis rendue compte que ça regroupait tout ce que j'aimais, à savoir en même temps l'alimentation, mais aussi les plantes, tout ce qui est guérison émotionnelle, l'énergie éthique, il y a des massages, il y a la réflexologie plantaire. tout un panel d'activités dans la naturopathie. Et voilà, pour la première fois, ça a regroupé un petit peu tout ce que j'aimais. Donc j'ai commencé ces cours à l'Université Populaire. Et puis après, on est tombé en plein Covid. Et j'ai eu envie de me former un peu plus en profondeur en naturopathie. Et la prof que j'avais à l'Université Populaire était prof dans une école de naturo en Alsace. Et du coup, j'ai décidé de m'inscrire dans ce cursus. Donc j'ai fait une école de deux ans. C'était en 2020, donc entre 2020 et 2022. Et puis, il s'avère que justement, avec le Covid, j'avais beaucoup moins d'activités. Moi, j'ai toujours fait des pâtisseries sur commande. Et puis là, les personnes, il n'y avait plus de fêtes de famille, il n'y avait plus de mariage. Donc, j'avais beaucoup moins de commandes. Je ne pouvais plus vendre mes macarons au comité d'entreprise. Donc, ça a été un peu, on va dire, le déclin petit à petit comme ça de mon activité de pâtisserie. Et puis, encore une fois, comme je disais tout à l'heure, je me lasse très vite des choses. Donc là, ça faisait à peu près à ce moment-là, quatre ans que je faisais mon activité. Et je commençais à voir un petit peu, à en avoir marre, tout simplement, à avoir fait un peu le tour. Et voilà, la transition s'est faite comme ça. Et puis j'ai découvert au même moment les cercles de femmes. Et pour moi, ça a été une révélation de m'asseoir avec d'autres femmes, de parler, de parler de ce que je vis, d'être écoutée, d'être entendue. Et surtout de me reconnecter à ma nature cyclique. Ça a changé beaucoup de choses pour moi et ça m'a donné envie de... d'approfondir et aussi de me former là-dedans. J'ai aussi fait une formation pour animer des cercles de femmes. J'ai fini par en animer moi-même. Ça fait quatre ans aussi que j'anime des cercles de femmes. Et puis petit à petit, sur mon chemin, il y a plein d'autres choses qui se sont greffées. J'ai commencé à tirer les cartes aussi. J'ai aussi fait une formation de cartomancie. Ensuite, je me suis formée un petit peu à l'astrologie, à la numérologie. Et là dernièrement, je me suis formée aux constellations familiales aussi, il y a bientôt deux ans maintenant. donc voilà, tout ça, ça s'est un petit peu rajouté au fur et à mesure de mon chemin entrepreneurial, comme je disais tout à l'heure pour moi ce chemin c'est vraiment un chemin qui m'amène à rassembler toutes les parts de moi, à aller explorer tout ce qui me nourrit, tout ce qui me fait vibrer et en faire quelque chose d'unique je le vois un peu comme un checker et voilà, j'essaye c'est pas facile tous les jours, encore je suis souvent enfin je suis encore en quête et sur ce chemin de de réunification et de vraiment trouver pourquoi je suis là plus le temps passe et plus je comprends que c'est toutes ces multiples facettes qui font ce chemin de vie c'est très beau parce que face à moi il y a juste un arc-en-ciel c'est vraiment comme ça que je le vois c'est toutes ces multiples couleurs qui me composent et qui me composent tous et
- Speaker #0
voilà j'essaye de faire un bel arc-en-ciel avec tout ça du coup quand je t'entends parler là je me dis que effectivement tu vois j'avais presque oublié que tu avais fait Merci. autant de choses parce que comme tu dis tu as l'impression d'avoir vécu mille vies pour moi qui suis à tes côtés depuis longtemps et ben c'est pareil j'ai l'impression que tu as vécu mille vies et puis quand il y en a une nouvelle qui commence en fait on oublie presque les autres mais je me dis quand même que finalement cette notion de l'entrepreneuriat t'as probablement permis de vraiment t'écouter, d'écouter tes besoins, tes envies surtout aussi ce côté justement multipotentiel, de multipotentialité, qui est très important pour toi, et puis surtout d'adapter un rythme qui te convient.
- Speaker #1
Par rapport à ce que tu disais, qu'on a l'impression d'oublier ce qu'on a fait avant, je t'avoue que des fois, quand je regarde les photos des pâtisseries que j'ai faites, je me dis « ouais, mais est-ce que c'est vraiment moi qui ai fait ça ? » C'est très bizarre, c'est comme si j'ai l'impression que c'était une autre vie, que ce n'était pas du tout moi. Et en même temps, je pense vraiment que tout ce qu'on fait nous sert un jour. C'est ce que je me dis parce que des fois, je me dis mais Alex, tu pars dans tous les sens. Ça n'a rien à voir la pâtisserie, la thérapie. Et plus le temps passe et plus je me rends compte que s'il y a un sens, il y a un fil rouge à tout ça. Et il n'y a pas très longtemps, peut-être il y a quelques semaines, j'ai mis en lumière finalement qu'avec mon entreprise de pâtisserie qui s'appelait Sweet & Fairy, donc doux et féérique, que ce que j'avais à cœur, c'était d'éveiller les sens, c'est-à-dire les cinq sens. Et avec Plante Harmonie, donc mon activité actuelle, ce que j'ai à cœur, c'est d'éveiller l'essence. C'est-à-dire vraiment ce qui nous compose. Donc voilà, finalement, il y a ce fil rouge. Et je trouve ça très beau. Et effectivement, ce chemin m'a appris à m'écouter, à écouter mes rythmes. Et c'est ça qui me correspond tout à fait dans l'entrepreneuriat, finalement. C'est pour ça que j'ai choisi cette voie-là. C'est pour pouvoir m'écouter, écouter mes rythmes, justement.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui, selon toi, dans ton fonctionnement, s'accorde bien ou mal avec ce mode de vie d'auto-entrepreneuse ?
- Speaker #1
Alors je dirais que ce qui s'accorde bien, c'est justement cette capacité, cette possibilité de suivre mes rythmes. J'en parlais un petit peu tout à l'heure, mais pour moi, c'est très important de suivre mes rythmes, mon cycle féminin. Donc voilà, j'essaye de respecter ça. Par exemple, quand j'ai mes règles, je suis très fatiguée, j'ai besoin de repos. C'est vraiment un besoin fondamental pour moi. Et du coup, j'essaye de ralentir, et justement de ne pas prévoir trop de consultations ou trop de choses ces jours-là. et c'est vrai que le fait d'être entrepreneur ça me permet ça. Pour ce qui me met plutôt des bâtons dans les roues je dirais que c'est le fait que je me disperse. Justement vu que je suis passionnée par plein de choses j'ai envie de faire plein de choses et du coup des fois j'ai l'impression de ne pas avancer je commence mille choses mais je finis rarement, à part si vraiment je suis passionnée par quelque chose, en général j'y vais jusqu'au bout. Mais voilà j'ai... multiple passion et cette impression de ne pas avoir assez de temps pour tout explorer et aussi cette tendance à partir un peu dans tous les sens.
- Speaker #0
On va quand même poser, si tu es d'accord, ton profil. Donc toi, tu as un TDAH, sans hyperactivité, en tout cas sans hyperactivité physique. Et du coup, tu as effectivement de l'inattention, mais tu as aussi... Quelque chose qui est très lié au TDAH, c'est cette procrastination et la difficulté d'organisation. Je vais préciser un peu le propos pour les auditrices et peut-être auditeurs qui nous écoutent, mais tous les mois, on a mis en place un rendez-vous objectif qui nous permet de poser sur papier ce qu'on aimerait faire pour le mois suivant, pour essayer de se structurer. Parce que quand on est à son compte, ce n'est pas facile de se structurer. Quand on est salarié, on a un manager, un patron. des collègues qui vont nous y aider par la force des choses. Par contre, quand on est seul, comme tu l'as dit, on peut vite se disperser. Et je pense que ça fait partie des outils qui permettent aujourd'hui d'essayer de moins se disperser et d'aller finalement remplir des objectifs qui sont importants pour nous et qui nous permettent de progresser dans notre métier, tout simplement. Est-ce que ça te parle, ce que je te dis, par rapport à la procrastination, à l'organisation ?
- Speaker #1
Oui, complètement. C'est vrai qu'on a commencé ces objectifs mensuels il y a... 3-4 ans maintenant, je crois que c'est en 2021, il me semble, la première année. Et c'est vrai que moi, ça a été vraiment un des outils qui a transformé ma vie, de faire ça à tes côtés, parce que justement, ça me donne un cadre dont j'ai vraiment besoin. Ça, c'est vraiment une ambivalence qui est à l'intérieur de moi, parce que j'ai besoin d'une liberté absolue et j'ai besoin aussi d'un cadre, parce que sinon, justement, je me perds, en fait. Donc, j'ai vraiment besoin d'un cadre, d'une structure, et ces objectifs mensuels me... permettre d'apporter ce cadre, cette structure et surtout d'avoir l'impression d'avancer et c'est vrai que j'ai vraiment cette sensation de n'avoir jamais autant évolué et progressé que depuis que je fais ces objectifs avec toi parce que tous les mois je sais qu'on a des comptes à rendre entre guillemets même s'il n'y a aucun enjeu mais ce qui est hyper chouette c'est de pouvoir le partager avec quelqu'un et surtout de réfléchir, ok ça je l'ai fait quelle a été la force qui m'a permis de réussir ça et ça je ne l'ai pas fait ok c'est pas grave mais pourquoi ? Et voilà, c'est vrai que ça a débloqué plein de choses en moi. Un petit exemple tout bête, mais j'ai horreur, je procrastine tout le temps de mettre mes trucs que j'ai à vendre sur Vinted, parce que j'ai horreur de faire ça. Et en y réfléchissant toutes les deux, on s'est rendu compte que moi, ce que j'aime, c'est être en contact avec les gens. Et du coup, j'ai organisé un vide-grenier. Et voilà, j'ai vendu mes affaires comme ça. Et c'est grâce à notre conversation et à nos échanges que j'ai pu mettre en lumière que finalement, c'était pas le fond qui était pas bon, c'est la forme. Et ça, c'est vrai que ça me permet vraiment d'évoluer à vitesse grand V et aussi de me canaliser. Donc c'est vraiment un outil, quelque chose que je recommande d'ailleurs à tout le monde. Et d'ailleurs, j'organise des ateliers en chaque début d'année pour apprendre justement à faire ses objectifs et puis voilà, pour avoir un certain fil conducteur.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que c'est un super outil. Alors toi, tu en avais plutôt besoin à l'époque et encore aujourd'hui sur le plan pro. Moi finalement sur le plan pro On va dire que j'arrivais plutôt à me structurer, mais moi, ce qui pêchait, c'était le plan perso. Je m'oubliais complètement, parce que trop à fond dans mon travail. Et c'était vraiment... Super justement de faire ça ensemble parce qu'on avait des problématiques inverses qui nous ont permis en fait de trouver un équilibre. Et moi en tout cas j'ai cette sensation aujourd'hui, même si ça va dépendre des moments, et là c'est un peu particulier ce qui se passe pour moi aujourd'hui.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on ne rencontrait pas les mêmes problématiques, mais que du coup c'est hyper complémentaire.
- Speaker #0
Exactement. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu comment s'organisent tes journées ? Est-ce que tu arrives à poser un cadre justement, ou est-ce que tu y vas plutôt au feeling ?
- Speaker #1
Ouais. Alors là, je vais parler de façon générale quand je ne suis vraiment qu'entrepreneuse, parce qu'il se trouve qu'en ce moment, j'ai aussi un travail salarié à côté. Peut-être qu'on en parlera tout à l'heure, mais en tout cas, je t'avoue que c'est vraiment au feeling. J'ai vraiment du mal, encore une fois, à poser un cadre. Surtout, j'ai du mal avec les routines. Le mot... C'est quoi de nouveau le mot que je déteste ? Je ne sais plus. Peut-être qu'il me reviendra, mais en tout cas, il y a un mot qui me mérite les poils. Et le mot routine aussi en fait partie. discipline, voilà c'est ça discipline, ce mot là je l'aime pas du tout, même si comme je disais tout à l'heure j'en ai aussi besoin et justement j'essaye tous les matins de prendre ma petite liste de voir qu'est-ce que je peux faire qui me prend pas trop de temps,
- Speaker #0
bon ça je le procrastine allez maintenant je le fais Est-ce que tu as des choses que tu trouves plus simples que d'autres ? Tu es aussi à l'aise animée à un cercle à faire de l'administratif par exemple ?
- Speaker #1
Alors évidemment, ce que je trouve de plus simple, c'est ce que j'aime faire forcément, ce qui m'anime, c'est-à-dire être en contact avec les autres, être dans le partage, la transmission, la découverte. Ce qui est plus challengeant en revanche, c'est tout ce qui est paperasse, ça c'est vraiment compliqué pour moi. D'avoir une certaine rigueur dans la comptabilité, tout ça, c'est un peu plus difficile. Et puis aussi tout ce qui va être de l'ordre « il faut, je dois » , ça va être vraiment plus difficile pour moi. Typiquement, dans cette aventure entrepreneuriale, on entend beaucoup de choses autour de la réussite sur les réseaux sociaux, etc. Il faut faire ci, il faut faire des posts régulièrement pour être vu, etc. Et ça, ça a été un gros challenge pour moi parce que je n'arrive pas à créer du contenu s'il n'y a pas de joie, s'il n'y a pas d'envie. Et du coup, c'est assez challengeant pour moi. de m'obliger en tout cas à créer du contenu ou à faire des choses parce qu'on me dit que potentiellement ça me permettrait de réussir entre guillemets. Si moi je ne trouve pas de joie, d'intérêt, de plaisir, je ne vais pas le faire.
- Speaker #0
Tu ne vas pas réussir à passer à l'action parce que tout simplement ça crée un blocage.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
Et est-ce que tu as réussi à mettre en place des stratégies ou des petits outils qui te permettent justement à contrebalancer ce qui est plus compliqué pour toi ? comme l'organisation, la procrastination ? Est-ce qu'il y a des choses que tu as réussi à mettre en place et qui ont été durables et que tu utilises encore aujourd'hui ? Et à contrario, est-ce qu'il y a des choses que tu as essayées mais qui n'ont pas du tout marché pour toi ?
- Speaker #1
Oui. Alors déjà, la première chose qui me vient sur ce que j'ai mis en place, c'est nos journées bullshit. Oui. Ce qu'on appelle les bullshit. C'est-à-dire, on essaye de se voir de temps en temps et de se prévoir un créneau où on fait vraiment les choses qu'on déteste. Mais on le fait ensemble et du coup, ça passe mieux. Peut-être une autre chose aussi que je suis en train d'expérimenter, ça ne fait pas très longtemps, mais j'ai l'impression que ça marche bien, c'est que j'ai acheté un timer. Du coup, ça me permet de me dire, OK, cette page, je n'ai pas envie de la faire, mais je vais mettre un timer de 20 minutes et je m'engage quand même à la faire, au moins pendant 20 minutes ou 10 minutes. Donc voilà, ça, ça m'aide aussi. Sinon, j'utilise une application aussi qui s'appelle Todoist. qui me permet de faire une liste des choses que j'ai à faire, qui me permet de réorganiser aussi mes journées. Donc ça, ça m'aide beaucoup. J'ai testé beaucoup, beaucoup, beaucoup d'outils dans ma vie. D'abord, j'ai testé l'agenda papier. Ça, ça ne me correspondait pas du tout. Pourtant, c'est très rigolo parce que moi, j'adore écrire. Je suis tout le temps avec mes carnets, mes stylos. C'est une grande passion pour moi. Mais pour autant, l'agenda papier ne me correspond pas parce que je l'oublie en fait. Du coup, je ne l'ai pas avec moi. Comme mon téléphone, je l'ai toujours avec moi. Donc... C'est vrai qu'une application, ça me correspond mieux. Mais ce que je transmets aussi dans mes journées objectives, c'est qu'il y a plein d'outils. Il faut vraiment essayer, il faut expérimenter. Toi, c'est l'inverse. Je sais que tu es beaucoup, finalement, par ton travail aussi sur les réseaux, sur ton téléphone. Mais par contre, tu as besoin d'un...
- Speaker #0
D'un petit bloc-notes.
- Speaker #1
Petit bloc-notes. Tu fais ta liste sur un bloc-notes.
- Speaker #0
Et c'est rigolo parce qu'on a un peu justement expérimenté ça. Et c'était un peu au début des objectifs où on s'est dit, qu'est-ce qui pourrait nous aider à mieux s'organiser ? Et c'est rigolo parce que du coup, oui, toi, t'en es venu à utiliser une application. Alors que j'aurais vraiment cru qu'utiliser une application, c'était fait pour moi. Moi, je pensais vraiment que j'allais y adhérer. Et finalement, pas du tout. Et toi, qui es plutôt papier, eh bien, t'avais besoin d'une application. On utilise un agenda toutes les deux. Enfin, on note nos rendez-vous, évidemment. Par contre, on ne planifie pas nos tâches sur un jour précis. Arrête-moi si je me trompe. Alors que Laura, une amie avec qui se joint régulièrement à nous pour nos sessions objectifs, elle, c'est plutôt, on va dire, l'agenda papier. Mais en tout cas, elle a besoin de vachement plus de structure que nous. Après, elle a un métier différent qui, je pense, rend un peu ça obligatoire. Mais ouais, on est vraiment trois TDAH avec trois fonctionnements. complètement différents.
- Speaker #1
C'est ça qui est beau aussi à observer et de se dire que pour moi c'est vraiment l'expérimentation et peut-être qu'on en reparlera plus tard mais la connaissance de soi pour moi c'est vraiment la clé. C'est ça qui m'a énormément aidée, qui m'aide encore aujourd'hui et que j'ai envie de transmettre à mon tour cette connaissance de soi. Je suis vraiment d'accord avec toi.
- Speaker #0
Alors est-ce que tu as l'impression que justement le fait de t'être mise à ton compte, d'avoir touché à cette liberté t'a permis d'être plus alignée avec toi-même.
- Speaker #1
Oui, complètement. Il n'y a pas de doute là-dessus. Comme je disais tout à l'heure, ça me permet vraiment de rassembler toutes les parts de moi, de me sentir entière, de me sentir complète et du coup alignée. Il y a beaucoup de doutes et de remises en question très souvent pour moi. L'entrepreneuriat, c'est un chemin initiatique, vraiment. Mais en même temps, c'est ce qui aujourd'hui me permet d'être alignée et de me sentir complète.
- Speaker #0
Et justement, j'aimerais bien qu'on en parle parce qu'aujourd'hui, on parle énormément du fait que l'entrepreneuriat, c'est quelque chose qui est bien adapté. Personne n'aurait de typique justement pour ce cadre plus flexible, sur les horaires qu'on peut aménager, sur le fait qu'on peut faire dix mille choses parce que c'est nous qui composons vraiment notre métier. Mais on parle peu du revers qu'il y a à cette liberté. Parce que, tu le disais, il y a des périodes de doute. il y a l'aspect financier, est-ce que tu veux bien évoquer un peu ce qui toi, aujourd'hui tu as un travail salarié tu as un travail salarié à côté de ton activité, je précise comment tu en es venue en fait à tout ça qu'est-ce qui a pu parfois poser problème et comment tu as choisi d'y remédier si tu as trouvé des solutions ou non alors déjà j'aimerais rebondir sur ce que tu dis par rapport au fait que l'entrepreneuriat ça peut être vu comme la panacée par
- Speaker #1
certaines personnes mais pour moi, comme je disais, l'entreprise L'entrepreneuriat, c'est vraiment un chemin initiatique et l'entrepreneuriat va faire remonter toutes nos blessures. Quand on est neuroatypique, on a cette hypersensibilité aussi souvent associée. Donc, on peut vivre les périodes de doute bien plus intensément peut-être que d'autres personnes qui ne sont pas forcément neuroatypiques. Moi, dans les plus gros doutes et défis que je rencontre dans mon chemin d'entrepreneuriat, c'est l'insécurité financière. Je n'ai pas encore vraiment trouvé de réponse à cette question. Mais en tout cas, ce que j'expérimente actuellement, c'est d'avoir un travail salarié à côté pour justement avoir une sécurité financière. Parce que voilà, quand on est à son compte, quand on est malade ou quand on n'est pas bien émotionnellement, on n'a pas d'arrêt maladie. Enfin, on ne peut pas s'arrêter comme on veut et avoir une compensation financière. Donc voilà, si on ne travaille pas, il n'y a pas d'argent qui rentre. C'est vrai que j'ai eu quand même pas mal de défis de vie aussi ces dernières années qui ont fait que je n'ai pas pu m'investir. à 100% dans mon activité. Ce qui a fait que, financièrement, c'était aussi un peu bancal et très aléatoire. Donc là, pour trouver un petit peu plus de sécurité financière, j'ai choisi d'avoir un travail salarié à côté.
- Speaker #0
Et ce n'est pas la première fois que tu l'expérimentes. En fait, tu l'avais déjà expérimenté une fois et puis tu t'étais remis 100% à ton compte, mais en version plutôt nomade. Et puis là, finalement, tu l'expérimentes une seconde fois et je trouve ça vraiment génial de s'autoriser quand vraiment l'insécurité financière est trop douloureuse, de s'autoriser à le faire. Parce que je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui ne se l'autoriseraient pas parce qu'ils verraient ça comme un échec. Comme si finalement, en fait, une fois qu'on était à son compte, on devait réussir. Et si on ne réussit pas, c'est forcément un échec, sauf que la vie n'est pas linéaire. Comme tu dis, on peut traverser des épreuves de vie. On peut aussi avoir des changements d'activité. On peut ne pas se trouver tout de suite. Et tout ça, en fait, ça impacte le développement d'une entreprise. C'est très connu qu'une entreprise ne devient pas prospère du jour au lendemain. Ça prend du temps. Et quand, justement, on est multipotentiel, ça peut prendre d'autant plus de temps parce que... Parce qu'on a envie de tout faire, parce qu'on essaye de trouver ce qui nous remplit le plus. Toi, t'as commencé à comprendre que justement, c'était prendre un peu de ci, un peu de ça, pour faire en fait ton métier idéal. Mais voilà, le temps qu'on passe à se questionner parfois, parce que c'est aussi ça, je trouve, être neuroatypique, c'est se poser beaucoup de questions. Et bien, c'est du temps qu'on ne peut pas passer en fait à vraiment faire des choses concrètes. Et en même temps, c'est si important de le faire. c'est important de s'autoriser à peut-être à faire une pause et je trouve que t'es vraiment la preuve que c'est pas parce qu'on fait une pause, c'est pas parce qu'on va vers un travail salarié qu'on ne peut pas faire le chemin inverse et ça je trouve que c'est important de le dire
- Speaker #1
Merci beaucoup complètement et c'est vrai qu'au début je t'avoue que je le vivais un petit peu comme un échec tu le sais, mais voilà aujourd'hui en fait juste j'écoute mon besoin et je pense que le mot autoriser c'est vraiment le bon mot parce que je m'autorise à ... à écouter mon besoin. Et là, mon besoin, c'est de mettre de l'argent de côté parce que j'ai des rêves, j'ai des projets. Et voilà, je sais que c'est pas un échec, pas du tout. C'est juste que c'est ça aujourd'hui qui va me permettre de réaliser mon futur projet. Et voilà, c'est ça qui est juste pour moi à l'heure actuelle. Et c'est une phase. Et voilà, j'expérimente ça pour l'instant. Moi, la vie est vraiment une expérience. Et c'est vrai qu'une de mes grandes forces, c'est de m'autoriser à suivre justement ce que la vie m'invite à vivre et de le vivre pleinement.
- Speaker #0
Oui, parce que malgré tes doutes et tes peurs, je trouve que tu es quelqu'un qui y va quand même. Et ce n'est vraiment pas facile. Et ce n'est vraiment pas donné à tout le monde. Parce que comme tu le disais, quand on est neuroatypique, on vit les choses très intensément. Au point où ça peut être paralysant. et je trouve que ta force quand même c'est de rebondir assez vite et de pas te laisser paralyser trop longtemps. Tu vas avoir effectivement ce moment où tu vas... En tout cas, la première fois que t'as dû prendre un boulot salarié, je m'en rappelle très bien que tu vivais ça comme un échec, c'est clair, mais t'y allais quand même. Et l'expérimenter, ça t'a permis, je pense, d'en être là aujourd'hui à te dire que aujourd'hui, tu vois, c'était plus un échec, c'était un choix. T'es autorisée à le faire.
- Speaker #1
C'est comme je disais tout à l'heure, tout nous sert en fait, tout nous apporte. Et avec le recul, Vraiment, je me rends compte à quel point tout dans ma vie, même quand j'ai dû reprendre un travail salarié, tout m'a apporté, m'a permis de faire des rencontres, m'a permis de découvrir quelque chose d'autre. Ça a été un petit pas à la fois. Et c'est vrai que souvent, j'ai tendance à vouloir savoir où je vais, qu'est-ce qui va se passer l'année prochaine, en six mois, etc. Et dans mon chemin de vie, j'expérimente vraiment juste d'avoir la foi, de faire confiance. Et d'avancer un pas à la fois. Et ok, là je suis salariée pour quelques mois. Et puis je n'ai aucune idée d'où je vais être dans six mois. Je ne sais pas du tout. Mais voilà, c'est ok. Et je sais que le chemin va s'éclairer au fur et à mesure. Et que j'en ressortirai grandie.
- Speaker #0
Comme toujours. Comment est-ce que tu vis le fait d'être une entrepreneuse sans enfant dans une société où on associe souvent femmes et maternité ?
- Speaker #1
C'est une belle question. Alors, c'est vrai que moi, je ne suis pas maman, que je n'ai pas de désir de maternité. À vrai dire, je n'en ai jamais eu. Et voilà, je ne dis pas que je ne changerai jamais d'avis, mais en tout cas, pour l'instant, plus le temps passe et moins je veux avoir d'enfants. Et voilà, c'est un choix que j'assume aujourd'hui complètement. Après, c'est un choix qui est aussi très lié à mon histoire personnelle. On n'en a pas trop parlé, mais voilà, j'ai une histoire personnelle qui fait que... j'ai dû m'occuper de mes grands-parents qui m'ont élevée et c'est vrai que j'ai eu cette sensation de me sacrifier en fait pendant les 30 premières années de ma vie, c'est peut-être des mots forts que j'utilise mais c'est vraiment comme ça que je me suis sentie et pour moi le fait d'avoir un enfant aujourd'hui, je le vivrai enfin oui je le vivrai comme un sacrifice en fait, donc c'est comme si pour moi en fait pendant 30 ans de ma vie, j'ai pas fait les choix que j'aurais voulu faire et comme je disais tout à l'heure, la liberté est très importante pour moi et j'ai toujours voulu voyager, quitter ma région et je ne l'ai pas fait parce que je m'occupais de mes grands-parents alors je n'étais pas obligée non plus mais c'est le choix que j'ai fait à ce moment-là et du coup pour moi le fait d'avoir un enfant aujourd'hui quelque part me remettrait dans cette posture de sacrifice en tout cas c'est comme ça que je le vis aujourd'hui donc j'ai fait le choix de ne pas avoir d'enfant après c'est sûr que... alors je dirais que de mon entourage c'est quand même globalement bien accepté Merci. En même temps, je suis vraiment entourée par des personnes incroyables et très bienveillantes. Je n'ai plus de famille non plus autour de moi pour me dire « alors, quand est-ce que tu fais des enfants ? » Peut-être qu'ils aident aussi là-dedans. Je pense qu'effectivement, ça change beaucoup de choses d'être maman dans le quotidien et dans le fait d'être entrepreneur aussi. Je le vois à travers toi et je suis très heureuse. très heureuse de vivre aussi, alors pas la maternité, mais en tout cas de voir grandir les enfants de mes amis.
- Speaker #0
Je trouvais ça important d'aborder la question parce que justement, pour avoir été entrepreneuse avec enfant et sans enfant, je vois vraiment une différence. Et j'avais envie, tu vois, dans ce podcast, d'avoir les deux retours. Le retour, en fait, d'une femme neuroatypique, entrepreneuse et sans enfant, et à côté, une femme neuroatypique avec enfant. et entrepreneuses parce que c'est deux chemins de vie différents. Et même s'ils peuvent se ressembler, je trouve que c'était important de pouvoir apporter des témoignages qui puissent parler au plus grand nombre.
- Speaker #1
C'est super d'en parler. Et aussi de montrer que tous les choix sont OK. Oui, absolument. Peu importe, encore une fois, juste écouter, écouter ses besoins.
- Speaker #0
Et puis, comme tu le disais, tout part de la bienveillance, du respect des choix de chacun. Donc du respect. de ses propres choix et de la bienveillance envers soi-même et puis du respect des choix des autres et de la bienveillance envers les autres.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
On va parler un peu des émotions. Parce que finalement, là, on sait beaucoup... Quoique on en a déjà un peu parlé, mais on a parlé justement de ces périodes de doute que tu pouvais vivre, les périodes de creux que tu as pu aussi expérimenter, parfois peut-être de la fatigue aussi. Est-ce que... Comment tu les vis, ces périodes ?
- Speaker #1
Alors, moi, j'ai tendance, quand je vis une émotion forte, à faire l'ermite. je le sais, mes amis proches le savent aussi que quand je suis un peu dans ces phases de down je vais plutôt me replier sur moi-même et vivre mon processus de mon côté mais encore une fois comme je disais tout à l'heure c'est l'importance de la connaissance de soi, je sais que c'est mon mode de fonctionnement et moi j'écris beaucoup aussi je suis thérapeute donc après j'ai aussi plein d'outils qui font que j'arrive à accueillir à traverser ces émotions là et voilà on revient au fait d'oser Oui. je sais aujourd'hui que l'importance d'oser vivre pleinement ses émotions donc c'est ce que je fais quand je vais pas bien je les accueille et voilà je pleure n'est-ce pas j'ai toujours ma petite boîte de mouchoir près de moi voilà je je crie ou j'extériorise en tout cas ses émotions, j'écris aussi beaucoup comme je disais c'est vraiment un exutoire pour moi l'écriture donc voilà un petit peu comment j'accueille et t'as pensé un jour à tout arrêter ? oui, plein de fois plein de fois, mais je pense que ce qui me maintient, en tout cas ce qui fait que je continue, c'est l'amour. C'est peut-être pas tout ce que je vais dire, mais c'est vraiment l'amour pour ce que je fais. Et voilà, j'aime profondément mon activité, j'aime être en contact avec les gens, j'aime le partage, j'aime apporter des transformations chez les gens, j'aime ouvrir les consciences, ouvrir les cœurs. Et voilà, quand une personne repart de chez moi avec ne serait-ce que plus de confiance, plus d'espoir, plus de foi, pour moi, j'ai tout gagné. C'est vraiment ce qui me nourrit. C'est ce qui fait que des fois, quand j'ai envie d'arrêter, je me dis, je serais malheureuse si j'arrêtais. Donc voilà, j'expérimente de faire autrement.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est bien. Mais je n'ai pas du tout envie d'arrêter.
- Speaker #0
Qu'est-ce que cette aventure entrepreneuriale t'a appris sur toi ?
- Speaker #1
Eh bien, justement, à mieux me connaître, à mieux connaître mes rythmes, mes besoins. Je dirais que c'est fondamentalement, peut-être la racine, ça serait vraiment ça. Ça a été un formidable chemin de connaissance de moi, l'entrepreneuriat. vraiment, de savoir qu'est-ce qui était important pour moi.
- Speaker #0
Tes besoins, tes valeurs, ton rythme.
- Speaker #1
Exactement. Et surtout aussi de me redonner confiance en moi parce que ça a été... Il y a beaucoup de doutes, mais en même temps, ce courage aussi dont j'ai pu faire preuve pour me lancer, pour aider en... dans la continuité de tout ça, de suivre mon chemin, ça me prouve aussi que j'en suis capable et que je peux avoir confiance en moi, je peux avoir confiance en la vie.
- Speaker #0
Et si tu pouvais donner un conseil à une personne neuroatypique qui hésite à se lancer, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Eh bien, je vais continuer sur la notion de connaissance de soi. Ça serait justement d'apprendre à se connaître. D'apprendre à se connaître. Parce que pour moi, plus on se connaît et plus on est en capacité à s'aimer. Et dans ce chemin, l'entreprise. Pour moi, c'est indispensable de travailler sur nos blessures, de se connaître. Ce qui permet aussi de savoir ce qui nous correspond, ce qui ne nous correspond pas. Et d'oser tout simplement, d'y aller, de suivre son cœur, de suivre sa joie. Et peu importe ce qu'on fait, il y aura toujours des personnes pour critiquer ou pour transposer leur peur. J'ai été beaucoup confrontée à ça au départ de mon aventure entrepreneuriale et dans ma vie. En général, il y a un peu moins d'un an, j'ai quitté ma région, je suis devenue nomade. Et pareil, c'est aussi des moments où l'entourage peut projeter beaucoup de peur. Mais si on se connaît, si on sait, si on suit son cœur, et qu'on ose suivre vraiment l'élan de notre cœur, nos rêves, on ne peut qu'être aligné, en paix et être heureux.
- Speaker #0
Ça me parle beaucoup, ce que tu dis là, de justement suivre son propre chemin sans se laisser influencer par la peur des autres. parce que même si c'est pas mal intentionné de la part des autres, ils ont des peurs en fait eux-mêmes et ils les projettent sur nous. En fait, ça peut complètement nous paralyser alors que ça peut nous faire passer à côté de quelque chose qui est vraiment fondamentalement important pour nous. Et puis en fait, rien n'empêche, si on a vraiment peur de penser à un plan B ou même de le faire comme ça a été le cas au début pour toi à côté d'un travail salarié, histoire de pouvoir... le faire, voilà, si on a un besoin de sécurité qui est très élevé, que ce soit sécurité financière ou autre, ben ouais, de l'écouter en fait. Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Et s'il y a bien un message que j'ai envie de transmettre aujourd'hui, c'est que la vie elle est courte, et moi dans mon histoire de vie, j'ai été confrontée beaucoup de fois à la mort, et voilà, la vie m'a montré à quel point elle est précieuse, elle est sacrée, et pour moi, voilà, j'ai vraiment envie de ne pas avoir de regrets, et c'est vraiment aussi ce que j'ai envie de transmettre aux personnes, si vous avez un rêve, si vous avez ... quelque chose que vous avez envie de faire, mais allez-y, foncez, faites-le. Pas le temps pour douter, pour écouter la vie des autres. Ce n'est que la vie des autres. Ayez le courage de vivre votre propre vie et de suivre votre cœur.
- Speaker #0
Je pense que c'est vraiment un très beau message à transmettre. On va clôturer cet épisode avec un petit rituel. Des petites questions. Comme à chaque épisode. Je vais les poser. N'hésite pas à dire vraiment les choses les plus spontanées, mais je sais que pour toi ça ne sera pas un problème. Quand tu te sens débordée, qu'est-ce qui t'apaise le plus ?
- Speaker #1
Écouter de la musique.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ouais, pour moi la musique c'est très très très important.
- Speaker #0
Trop chouette.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est quelque chose qui m'apaise aussi beaucoup, donc je comprends. Est-ce que tu as une petite astuce du quotidien qui change tout pour toi ?
- Speaker #1
L'écriture. Ouais, pour moi c'est vraiment de coucher sur le papier tout ce qui nous passe par la tête. Ça permet vraiment de vider l'esprit. de clarifier ma pensée, en tout cas pour moi, ça m'aide vraiment à ça.
- Speaker #0
Quelle force ou qualité ta neuro-ATP t'apporte selon toi ?
- Speaker #1
La curiosité.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
c'est vraiment cette curiosité, cette ouverture d'esprit, et peut-être mon empathie aussi. C'est vraiment une grande force que j'ai, qui m'aide beaucoup aussi.
- Speaker #0
Quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui découvre sa neuro-ATP ?
- Speaker #1
Qu'il est parfait tel qu'il est.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà. Il n'y a rien à changer en fait. Il y a beaucoup de beauté et de lumière derrière la neuroéthique.
- Speaker #0
Oui, et puis ça rejoint beaucoup la connaissance de soi. Tu as évoqué durant quasi tout cet épisode, ça a été un peu un fil rouge. Et je pense que quand on apprend justement à se connaître, on peut réussir à voir aussi... Parce que quand on reçoit un diagnostic, ça peut être un peu percutant au début. En creusant le sujet, je trouve qu'on peut justement y trouver des forces. ou en tout cas des choses qui font qu'on est celle qu'on est aujourd'hui.
- Speaker #1
Complètement. Et je redis ce que tu disais tout à l'heure, mais pour moi, vraiment la connaissance de soi est le socle de l'amour de soi. Et moi, dans mon chemin, c'est vraiment ce qui m'a permis de m'aimer de plus en plus et de me connaître. Sans ce travail de connaissance de soi, je ne serais pas là aujourd'hui. Et justement, le diagnostic de cette neuroatype, il m'a permis de me connaître, de comprendre mon mode de fonctionnement, et c'est pour ça... J'ai fait ces tests neuropsychologiques parce qu'au début, je pensais que j'étais débile. Et au final, il s'est avéré que pas du tout. Mais c'est juste que j'ai un mode de fonctionnement neuronal différent. Comprendre ça, ça m'a permis de l'accepter et d'aimer cette part-là de moi.
- Speaker #0
Je te rejoins vraiment sur ce fait que se connaître, ça permet de mieux s'accepter. Parce que ce qu'on a pu entendre de négatif sur soi, ça peut juste être lié au fonctionnement. Et en fait, ça ne nous définit pas. Ça ne nous définit pas et c'est ok d'être différent, tout simplement. Merci infiniment pour tes réponses. C'est toujours précieux de découvrir ces petites pépites personnelles. J'espère que ça donnera des idées et de l'apaisement à celles et ceux qui nous écoutent. Je te remercie vraiment pour cet échange, Alexandra. C'était trop chouette, comme toujours, pour la petite anecdote à chaque fois. fois qu'on discutait avec Alexandra et ça fait un petit moment aujourd'hui qu'on se fait la blague de, elles sont les caméras ils sont les micros, on se disait ouais ce serait trop bien de s'enregistrer à parler parce qu'on en arrivait à dire des choses assez profondes et je trouve percutante et finalement on faisait la blague et on savait pas encore que j'allais créer un podcast et bah ça y est le micro est là le
- Speaker #1
micro est là et voilà je suis vraiment tellement heureuse je te sens tellement à ta place Merci pour tout faire Je suis vraiment honorée d'avoir pu Participer à ce podcast Avec toi aujourd'hui donc merci
- Speaker #0
Merci à toi et puis je pense que ça ne sera pas Le dernier épisode ensemble J'espère que cet épisode vous a plu Si c'est le cas n'hésitez pas A liker, lui mettre un petit avis Sur un kétoual, à laisser un commentaire N'hésitez pas à m'écrire Via le compte Instagram Murmure atypique si vous avez des retours A me faire, n'hésitez pas à M'inspirer à votre tour Et puis je vous dis à très bientôt pour de nouvelles réflexions atypiques.