Speaker #0Bienvenue dans Murmure Atypique, je suis Adeline, femme neuroatypique et maman. Ici, seule ou avec des invités inspirants, on brise le silence autour du TDAH, de l'autisme, de la parentalité et de la santé mentale. A travers mes partages et des témoignages sans tabou, on parle vrai pour mieux comprendre votre fonctionnement et nourrir votre quête de sens. Un souffle de bienveillance dans un espace intime pour se reconnaître, s'inspirer et Et enfin, Ne plus se sentir seule ! Hello, hello ! On se retrouve aujourd'hui pour un nouvel épisode et aujourd'hui j'avais envie d'aborder une question qui m'a été posée sur Instagram. Comment bien préparer son entretien diagnostique que ce soit pour le TDAH ou le TSA ? Alors j'espère que les conditions d'enregistrement seront bonnes parce qu'on a migré, j'enregistre depuis une nouvelle caravane. Il y a une route qui est un peu plus passante aux alentours, donc on verra, ça sera un petit test, mais j'avais quand même envie de continuer à vous fournir du bon contenu. Et cette question, moi je l'ai trouvée hyper pertinente, parce que c'est vrai que c'est totalement légitime de se la poser selon moi, je me la suis posée moi-même. J'étais très stressée à l'idée de passer ces entretiens diagnostiques. J'avais peur de ne pas savoir quoi dire, d'oublier des éléments importants. J'avais aussi peur de fausser le diagnostic en ayant trop lu sur le sujet, peur qu'on ne me croit pas tout simplement. Bref, je me suis dit qu'un épisode comme celui-ci aurait pu m'être utile et je pense qu'il vous sera utile également. Alors le but ici ce n'est pas de vous apprendre à obtenir un diagnostic, le but c'est de vous aider à arriver sereinement à vos rendez-vous afin que... le professionnel puisse avoir la vision la plus fidèle possible de votre fonctionnement. Dans cet épisode, vous allez comprendre comment se déroulent généralement les démarches diagnostiques du TDAH et du TSA, comment préparer vos rendez-vous sans vous mettre une pression inutile, même si on ne va pas se mentir, ce n'est pas facile, quoi observer et quoi noter avant les entretiens et quoi faire si vous êtes en désaccord avec les conclusions. Ça a été le cas de personnes de mon entourage, je pense que c'est aussi un point qu'il est important d'aborder. Même si, évidemment, je pense que c'est une minorité de personnes que cela va concerner. En tout cas, j'espère. A la fin de cet épisode, vous aurez une méthode concrète pour préparer vos rendez-vous et vous y rendre avec davantage de sérénité. En tout cas, c'est tout ce que je vous souhaite. Alors tout d'abord, il était important pour moi de rappeler un peu la base, à savoir à qui on s'adresse pour poser un diagnostic. Pour rappel, il y a une vraie différence entre évaluation et diagnostic. J'en ai déjà parlé dans plein d'épisodes. Une neuropsychologue va généralement réaliser une évaluation, donc qui n'est pas un diagnostic médical. Cette évaluation va souvent être très approfondie, se dérouler en plusieurs entretiens, et va permettre par la suite à un psychiatre ou à un médecin de poser le diagnostic final. Un psychiatre, quant à lui, il va poser un diagnostic médical puisqu'il est habilité à le faire, tout simplement. Pour le TSA, un médecin généraliste peut également le faire. Pour moi, la chose la plus importante, ça va vraiment être de choisir quelqu'un qui est formé au trouble du neurodéveloppement chez l'adulte, qui vous inspire confiance. N'hésitez pas à regarder les avis Google, à regarder les photos si vous en trouvez. Moi, je sais que c'est important pour moi d'avoir un peu une photo de la personne. Et aussi de demander des recommandations autour de vous si vous connaissez des personnes qui ont déjà fait des démarches diagnostiques. A savoir que les parcours peuvent vraiment varier selon les professionnels et les régions. Je ne vais pas évoquer aujourd'hui le parcours pour les entretiens qui sont faits dans le cadre du TSA dans des centres ressources autisme. Deux raisons à cela, la plupart des diagnostics ne sont pas destinés à être posés dans ces centres-là, puisque, comme je l'expliquais dans le précédent épisode sur les symptômes du TSA dans les centres ressources autisme, on va plutôt y aller quand on a déjà... essayer de poser un diagnostic mais qu'en fait le diagnostic il est trop complexe à poser et du coup un professionnel de santé va vous recommander d'aller dans un centre ressources autisme en seconde intention mais aussi parce que tout simplement ce n'est pas le parcours que j'ai moi-même fait pour la raison que je viens d'évoquer. Pour vous rapporter un peu mon expérience personnelle, je suis toujours d'abord passée par une neuropsychologue. Pour le TDAH, un peu par hasard, je vous en ai parlé dans le deuxième épisode il me semble de l'épuisement en diagnostic. Et pour le TSA, parce que c'était ce qui me rassurait le plus à l'instant T. Je pense que j'avais besoin qu'une neuropsychologue me dise « Oui, il y a matière à aller « déranger » un psychiatre pour ça. » Alors que, spoiler alert, quand on a des doutes, quand on est en souffrance, en fait, on ne dérange jamais un spécialiste et on est légitime à faire ses demandes. Pour le TSA, j'ai eu trois rendez-vous chez une neuropsychologue, puis la validation du diagnostic par un psychiatre. avec le compte rendu finalement que je lui avais fourni. Et pour le TDAH, c'est un peu le même principe. Généralement, il y a trois entretiens. Le premier où on fait connaissance. Le deuxième, on a répondu à un questionnaire et on débriefe sur le sujet. Le psychiatre va poser plein de questions, on en parlera après. Et à la fin, donc le troisième rendez-vous, c'est un rendez-vous de restitution et donc le moment de poser le diagnostic. Alors si déjà on en parle, autant aller directement dans le vif du sujet. Comment se déroulent les entretiens ? Pour le TSA, c'était un peu différent. J'avais effectivement un premier entretien qui permettait de faire connaissance, de recueillir l'histoire tout simplement. Ensuite, on m'a donné un questionnaire auquel j'ai dû répondre. On a un peu débriefé sur le questionnaire, il me semble, lors de la deuxième séance et on a aussi fait quelques petits exercices. sur la reconnaissance des émotions, sur la compréhension sociale, ce genre de choses. Je n'ai pas envie de vous détailler les exercices pour ne pas fausser justement votre diagnostic parce qu'en fait, je pense que quand on est humain, on a généralement envie de réussir un exercice. Sauf que là, dans ce but-là, ce sont des exercices ou plutôt des tests qui sont là pour mettre en lumière vos difficultés, ce que vous savez faire, ce que vous ne savez pas faire pour venir confirmer une hypothèse ou tout simplement pour bien dessiner votre fonctionnement. Si vous avez connaissance des exercices en amont, vous risquez d'avoir envie de vous y préparer et donc d'apprendre à faire certaines choses et ce qui va complètement fausser votre diagnostic. Je ne sais pas comment ça se serait passé si j'étais passée directement chez un psychiatre pour diagnostiquer le TSA sans avoir ce compte rendu là. Visiblement, on aurait fait les mêmes choses de ce que m'a dit le psychiatre, à savoir le questionnaire que j'ai quand même dû remplir évidemment pour valider le diagnostic chez le psychiatre. Il m'aurait fait faire les mêmes exercices, qui sont généralement communs à tous les professionnels de santé, pour enfin faire un rendez-vous de restitution. C'est juste que comme j'avais déjà fait toutes ces étapes-là chez une neuropsychologue, qu'en plus mon psychiatre connaissait, donc il savait qu'elle était très bien et très qualifiée, eh bien on a pu faire mon diagnostic en une seule séance. J'aimerais apporter une petite précision sur le diagnostic. Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises du diagnostic différentiel dans d'autres épisodes. Pendant les entretiens, on va vous poser certaines questions qui peuvent sembler avoir aucun rapport avec ce pour quoi vous venez. C'est tout à fait normal. En fait ici, le professionnel va chercher à vérifier si vos difficultés peuvent s'expliquer par un autre trouble ou si plusieurs troubles coexistent. Parce que n'oublions pas qu'il peut vraiment y avoir des symptômes très similaires entre les différents troubles. Un psychiatre ne cherchera généralement jamais seulement à confirmer un TDAH ou un TSA. Il va aussi chercher à exclure par exemple des troubles du sommeil, un trouble de l'anxiété généralisée, une dépression, un burn-out, bref. L'idée c'est ici de poser le maximum de questions pour que le diagnostic soit le plus juste possible. pauses peuvent vous paraître totalement éloignées de votre demande initiale, ne vous inquiétez pas, c'est normal. Maintenant qu'on a évoqué tout ça, on va pouvoir en venir au cœur de cet épisode à savoir comment bien préparer les entretiens. Alors je vous rappelle que je ne suis pas professionnelle de santé, que les conseils que je donne ici ne remplacent en aucun cas un avis médical, mais je vous fais part de l'expérience que j'ai pu avoir, de l'expérience que mes amis, mon entourage... proches ou des personnes que je connais des réseaux sociaux ont pu avoir et je vous transmets tout le savoir que j'ai pu acquérir aussi à travers mes lectures, mes écoutes de podcasts, etc. pour vous fournir finalement quelques conseils et quelques pistes pour vous permettre vraiment d'aller plus sereinement à ces rendez-vous. Alors pour moi, la première étape, c'est vraiment de faire des recherches, se renseigner au maximum. Ça permet de mettre des mots sur son vécu, de mieux comprendre ce que l'on ressent Et souvent, ça permet de trouver plus facilement le courage d'aller prendre rendez-vous pour se faire diagnostiquer. Je rappelle aussi que le diagnostic n'est pas une fin en soi, ce n'est pas obligatoire. On va le faire si on est en souffrance, si on a des difficultés qui peuvent avoir des gros impacts sur notre quotidien. Dans le cas contraire, libre à soi de faire cette démarche ou pas. Concernant les ressources, vous pouvez aller lire plein de choses sur le TDAH, le TSA dans les livres. sur les sites officiels, dans des podcasts, ou même sur des comptes spécialisés finalement. Attention, ici l'objectif ce n'est pas de cocher toutes les cases, c'est vraiment de mieux comprendre son fonctionnement. Si mon objectif avait été de cocher toutes les cases, je pense que je ne serais jamais allée au bout de ce diagnostic de TSA. Donc vraiment là on est dans la compréhension du trouble. Aussi je vais appeler le TDAH, le TSA des troubles, parce que c'est médicalement ce nom qui est validé on va dire. Mais je sais que ça peut déranger certaines personnes, essayer de faire abstraction de ça durant cet épisode. La deuxième étape, selon moi, ça va être de bien observer son fonctionnement. Alors pour ça, c'est assez simple et assez compliqué à la fois quand on n'a pas l'habitude de le faire. Mais finalement, ça consiste à noter les difficultés récurrentes que l'on rencontre dans son quotidien. Pour le TDAH, par exemple, ça peut être la procrastination, la difficulté de se concentrer, la difficulté à se mettre en action. de l'agitation intérieure, le fait d'oublier beaucoup de choses. Je pense que vous voyez à peu près de quoi je parle. Et pour le TSA, on va pouvoir imaginer de la fatigue sociale, un besoin de routine, la difficulté avec des changements qui sont imprévus, de l'hypersensibilité sensorielle, des difficultés à comprendre certains sous-entendus, le second degré, tout ça, tout ça. Le camouflage social aussi, un intérêt spécifique qui va être très présent, une surcharge sensorielle. Bref, c'est vraiment de noter ce qui est fréquent, durable et présent depuis longtemps. En sachant que les symptômes ne subviennent pas uniquement à l'âge adulte, mais déjà dans l'enfance, puisque le TSA et le TDAH, on est avec. Pourquoi c'est important de noter ce qui est fréquent, durable et présent depuis longtemps ? Tout simplement parce que quand on a passé par exemple une très mauvaise nuit, tout le monde va avoir tendance à être un peu plus dans le flou, oublier des choses, être inattentif, à peut-être moins supporter le bruit. Donc vraiment, on ne cherche pas... à repérer ce qui est présent tout simplement quand on a une mauvaise semaine, une mauvaise journée, une mauvaise nuit, mais ce qui est présent suffisamment fréquemment pour que ça ait un impact sur notre vie. Lors des entretiens d'ailleurs, je trouve ça plus utile de raconter quelque chose qu'on a vécu plutôt que de donner les symptômes généraux. Par exemple, si on dit « j'ai du mal à conduire » , ce qui est déjà un peu plus spécifique que les symptômes généraux, ça n'apporte pas du tout les mêmes infos que raconter un trajet précis où on s'est senti complètement dépassés. Ces exemples-là, ils vont vraiment permettre aux professionnels de comprendre votre fonctionnement et je pense que ça rend aussi les difficultés plus faciles à exprimer, à expliquer. Aussi, je vous proposais de noter les difficultés que vous rencontrez fréquemment, de façon récurrente, mais ce qui est important aussi, ça va être de noter les conséquences. parce que des symptômes seuls ne suffisent pas à poser un diagnostic, que ce soit pour le TDAH ou pour le TSA. Ce qui est important, c'est de noter... les impacts et la souffrance ou les difficultés que ça peut générer. J'ai noté quelques petits exemples qui pourraient vous aider. Ça peut être un surmenage répété, des burn-out, une perte d'efficacité au travail ou même dans la vie quotidienne d'ailleurs, une charge mentale qui explose, une vie de famille qui peut devenir compliquée, soit avec le conjoint, soit avec les enfants, si on en a évidemment, des relations qui peuvent être difficiles, même avec finalement ses amis ou même ses collègues de travail, une fatigue permanente. L'idée, c'est vraiment de s'observer objectivement. en essayant de retirer au maximum les masques, autant que possible. On en parlait déjà et je vous disais que j'allais faire un épisode sur le masking, je le ferai, pour vraiment traiter ce sujet qui est si vaste à part. L'idée ici, c'est de répondre très honnêtement aux listes de symptômes, de noter ce qui vient naturellement, sans trop réfléchir, sans se demander est-ce qu'on abuse, est-ce qu'on n'abuse pas, ça, ça sera aux professionnels d'en décider. N'oubliez pas, vous ne passez pas un examen. On fait simplement un état des lieux de ce qui existe. à l'instant T, de ce qui a pu exister dans le passé et qui continue d'exister dans le présent, malgré les compensations, malgré le masking, pour aider à trouver la cause et la source de vos soucis. Je reviens sur cette notion de masking parce que vraiment, il y a de nombreuses femmes, et si je parle spécifiquement des femmes, c'est parce qu'on a pu étudier le fait que les femmes ont tendance à plus se masquer que les hommes. ou en tout cas plus longtemps et plus facilement. Et en fait, ces femmes, elles vont consulter pour un TDAH ou un TSA alors qu'elles ont passé des années à apprendre des stratégies pour compenser leurs difficultés ou à masquer leurs difficultés. Du coup, elles se sont adaptées, souvent inconsciemment d'ailleurs, pour paraître comme tout le monde, pour entrer dans la norme, pour convenir à ce qu'on attend d'elles. Et ce camouflage, il peut être tellement ancré qu'il devient difficile de distinguer finalement ce qui est naturel, ce qui émane de notre personnalité, de notre fonctionnement. à ce qui demande un effort permanent de s'ajuster, de compenser, etc. Les entretiens de diagnostic, il faut savoir que ce sont justement des espaces où on peut se montrer réellement comme on est, sans avoir peur du jugement et où il faudra éviter le plus possible de montrer la version de soi qu'on s'est construite finalement au fil des années pour répondre aux attentes des autres. C'est hyper important, pas facile à faire, mais vraiment, allez-y comme vous êtes. J'avais trouvé une métaphore que je trouvais... hyper adapté. Il faut imaginer qu'on porte un sac à dos très lourd depuis des années. A force de le porter, on ne le remarque même plus, ou presque plus. Pourtant, le poids du sac, il est toujours là, il est toujours sur notre dos. Le professionnel, il a besoin de voir le sac à dos, pas seulement la façon dont vous avez appris à marcher avec. On en vient au point suivant, qui est pour moi très important, c'est justement d'observer les stratégies de compensation qu'on a mises en place au fil des années. Il y a beaucoup de personnes qui vont dire « Non mais moi je suis organisée. »
Speaker #0mais à quel prix ? J'ai fait partie de ces personnes ultra organisées. Mais ça me demandait un effort incroyable. J'ai fait partie de ces personnes pour qui finalement les relations sociales n'étaient pas si compliquées ou en tout cas ne paraissaient pas si compliquées. Mais ça me demandait une énergie dingue. Ici, on ne cherche pas seulement à savoir ce que vous arrivez à faire. On cherche à savoir combien d'efforts ça vous demande. Alors attention, évidemment, ces stratégies de compensation, elles sont aidantes. Elles vous ont aidé à tenir jusque-là, à compenser vos difficultés jusque-là. Et ce n'est pas un problème, au contraire, c'est une grande force d'avoir des stratégies de compensation qui permettent justement... de mieux vivre. Mais c'est aussi super important d'en parler pendant le diagnostic parce que sinon, on aura l'impression que vous fonctionnez entre grosses guillemets normalement. Quand je parle de stratégie de compensation, parce que ça peut être flou pour certaines personnes, ça peut être utiliser X alarmes pour ne pas oublier un rendez-vous, avoir trois agendas en parallèle pour être sûr de ne pas se planter. On peut vérifier trois fois la porte avant de partir pour vérifier qu'elle est bien fermée et qu'on n'a pas oublié de la fermer. Ça peut être... préparer chaque sortie très longtemps à l'avance. Donc en gros, on va bien supporter la sortie, mais c'est juste que ça nous a demandé un énorme effort de la préparer. Ça peut être d'éviter certaines situations sociales pour ne pas se mettre en difficulté, avoir X checklists pour ne rien oublier, pour s'aider à faire des choses. Bref, toutes ces choses-là, ça peut être des stratégies de compensation. Et d'ailleurs, ça peut être des stratégies de compensation qu'on a depuis des années, peut-être même depuis l'enfance. Je vous le disais avant... Les troubles du neurodéveloppement subviennent dès l'enfance et c'est important aussi d'aller explorer cette partie-là. Donc avant votre entretien, sachez qu'on va pouvoir vous poser des questions dans l'enfance. Les questionnaires qu'on va vous fournir vont vous aider à réfléchir à tout ça. On peut essayer du coup de retrouver des souvenirs, des bulletins scolaires, des anecdotes, questionner ses parents si c'est possible, des personnes qui vous ont élevé, des amis proches aussi peut-être. Demandez en fait comment vous étiez enfant, quelles difficultés revenaient souvent. Vous pouvez aussi demander à votre entourage actuel, votre conjoint si vous en avez un. Parfois, ils vont pouvoir voir des choses que vous, vous ne remarquez même plus. Mais attention, il y a un point auquel j'aimerais que vous soyez vigilant, vigilante, c'est garder toujours votre esprit critique. Parce que parfois, on peut avoir une vision de vous qui n'est pas la bonne, soit parce que ce n'est pas ce que vous montrez du fait d'un masking ou autre, Soit parce que tout simplement c'est quelque chose qui est perçu mais qui ne reflète pas la réalité. Demandez-vous toujours si cela vous parle réellement. Demandez aussi des exemples précis. Et même si ce sont parfois des choses qui ne vous plaisent pas, acceptez que ces choses existent si elles sont vraies pour vous. Par exemple, moi ça ne me plaît pas du tout d'avoir des difficultés à maintenir mon intérieur ordonné. Ça ne correspond pas à mes valeurs, à celles que j'ai envie d'être. Mais c'est une réalité et ça fait partie en fait de mon fonctionnement parce que j'ai un TDAH. Une autre chose qui m'a... aussi aidé, qui est optionnel, mais qui a bien aidé surtout mon TSA, c'est de constituer un dossier. J'avais vraiment très peur des oublis, j'ai du mal à restituer les informations, à me souvenir des choses, merci le TDAH, mais par contre c'était important pour moi et ça me rassurait en fait d'avoir tout sur papier. Donc j'ai inscrit en fait dans un document mes difficultés, les impacts, les souvenirs d'enfance, des exemples. J'ai mis en évidence les éléments les plus importants pour pas que ce soit trop indigeste non plus. N'oublions pas que ce dossier, ça doit rester un support, pas un mémoire de 80 pages. Mais si ça peut vous rassurer ou si ça peut vous permettre de pas perdre pied lors de l'entretien, et ben faites-le. Le jour J, rappelez-vous qu'il n'y a rien à réussir. Pour moi, c'est le plus important. Là, on passe pas un concours, on passe pas un examen. Et franchement, mes amis qui écoutent peut-être ce podcast doivent rire. quand je dis ça, parce que vraiment, moi j'avais l'impression d'aller à un examen, j'étais stressée au possible, dans un niveau d'anxiété énorme aussi, parce que clairement j'avais l'impression de jouer ma vie. Rappelez-vous que le but c'est de comprendre, peu importe que le résultat soit un TDAH, un TSA, les deux, aucun des deux. Ici le plus important c'est d'avancer vers une explication. On ne cherche pas à obtenir une réponse précise, on cherche à obtenir la bonne réponse. Et la bonne réponse, c'est pas les bonnes cases à cocher. La bonne réponse, c'est de trouver ce qui vous cause les difficultés du quotidien. Alors faites-vous confiance. Vous vous connaissez mieux que personne. Vous n'avez aucun intérêt à vous inventer un trouble. Je vous le dis parce que je me suis imaginé mille fois que tout ça, c'était peut-être dans ma tête. Que je m'inventais des choses. Est-ce que je note pas ça parce que j'ai envie d'avoir un TDAH, un TSA ? Qui a envie d'avoir un trouble neurodéveloppemental ? Spoiler alert, personne ! Non pas qu'il n'y ait pas de bons côtés, mais c'est que les difficultés qui vont avec, on n'en veut pas. Rappelez-vous que vous êtes légitime à chercher ces réponses et que vous avez le droit de poser des questions. C'est vraiment très fréquent de douter de soi avant un diagnostic. Il y a beaucoup de personnes qui se demandent, moi la première, et si je me trompais, et si j'exagérais, si je m'étais convaincue toute seule, si je m'étais fait des films. Ces pensées-là, elles sont hyper fréquentes. Dans mon entourage, je crois qu'on les a toutes eues. Parfois, je les ai même encore. Alors que mon diagnostic est posé. Et c'est encore plus le cas chez les femmes qui ont longtemps dû minimiser leurs difficultés. N'oubliez pas qu'ici, vous êtes simplement la personne qui vient raconter son histoire. Ensuite... C'est aux professionnels de santé d'assembler les pièces du puzzle et de vous dire ce qu'ils en pensent. Une amie m'a souvent posé la question, à savoir, est-ce que tu crois pas que le fait de s'être tellement renseigné sur le TDAH ou sur le TSA, ça risque d'influencer les réponses qu'on va donner ? Eh bien moi je ne pense que ce n'est pas le cas. Tout simplement parce que, comme je vous le disais avant, on n'a aucun intérêt à s'inventer un trouble. Et si on en vient à s'inventer un trouble, et bien je pense que c'est qu'il y a peut-être Un autre trouble psychologique à déceler, et ça sera le cas durant le diagnostic différentiel. Le jour des entretiens aussi, essayez de venir reposer dans la mesure du possible. Je sais que ce n'est pas toujours possible. De venir un peu en avance, la team TDAH, histoire de ne pas trop stresser. Prévoyez une gourde d'eau, des petits encas. Si vous avez tendance à être anxieux, si vous avez des objets qui vous réconfortent, emportez-les avec vous si ça peut vous aider. Les évaluations peuvent être un peu longues. Et surtout coûteuse en énergie. Donc petit conseil, si possible, ne prévoyez rien après et laissez-vous un peu de temps pour récupérer. Aussi on peut avoir peur de ne pas être prise au sérieux si on vient au rendez-vous alors qu'on se sent un peu mieux. Parce que les difficultés sont moins visibles sur nous. Je sais que moi c'est une peur que je peux avoir. Souvenez-vous dans tous les cas que le diagnostic ne porte pas uniquement sur votre état du moment. On cherche à comprendre un fonctionnement sur la durée depuis l'enfance. Donc vraiment, il y a de la marge. C'est pas parce que vous êtes actuellement en vacances que vous vous sentez mieux ou que vous traversez, je sais pas, une période un peu plus calme, que vos difficultés n'existent pas le reste du temps. C'est pour ça qu'on parle de fréquence, de récurrence et qu'on revient aussi sur ce qui s'est passé dans le passé. Après les entretiens, le plus dur je trouve c'est d'attendre la restitution. L'attente peut être longue, elle peut sembler longue. Essayez de pas refaire les rendez-vous en boucle dans votre tête, je sais que c'est dur. Peut-être prévoyez-vous une petite stratégie en amont de si ça arrive, ce que vous pouvez faire pour vous distraire de ces pensées-là. Vous risquez aussi de sortir de l'entretien en vous disant « mince, pourquoi j'ai pas parlé de ça ? J'ai oublié ci. » C'est super fréquent, c'est tout à fait normal. Si c'est quelque chose de super important, vous en parlerez au prochain rendez-vous ou vous faites un email à votre professionnel de santé. Sentez-vous légitime de le faire. Sachant que, quand on raconte des dizaines d'années de vie en... quelques heures seulement, c'est super normal d'oublier des choses en fait. Des choses vont revenir plus tard, il y a même des choses qui vont revenir bien plus tard, peut-être même après que le diagnostic soit posé, c'est pas grave ! Notez-les, elles sont pour vous, elles sont précieuses et elles vous serviront. Aussi, n'oubliez pas de vous féliciter d'avoir franchi cette étape, parce que vraiment, vous avez fait le plus dur. Le fait d'aller demander de poser un diagnostic, ça revient à aller demander de l'aide, et demander de l'aide c'est extrêmement compliqué pour la plupart des personnes. Donc vraiment... Félicitez-vous. Quand le diagnostic est posé, si ça vous intéresse, je pourrais faire un épisode à part, mais souvent on peut ressentir de la tristesse, du soulagement, de la colère. En fait, plein d'émotions qui peuvent se mélanger. Tout ça, c'est normal aussi. Cela dit, si vous n'êtes pas d'accord avec le diagnostic qui a été posé, je vous conseille d'en parler avec le professionnel de santé. Je sais que ce n'est pas facile à faire. Je ne sais même pas si j'en aurais été capable. Je pense, cela dit, que j'aurais demandé un deuxième avis. Mais si vous y arrivez, posez des questions. Demandez des explications. C'est là où c'est important de choisir quelqu'un qui est bienveillant. Et si jamais le doute persiste vraiment, et que ça vous est possible financièrement, parce que, rappelons-le, le diagnostic a un coût, malheureusement, même quand on passe via un psychiatre, ça peut ne pas être complètement remboursé, n'hésitez pas à demander un deuxième avis. Dans tous les cas, recevoir un diagnostic, ça ne change pas qui vous êtes. Ça met un nom sur ce qui existe déjà, sur un fonctionnement qui est le vôtre, mais un diagnostic... Contrairement à ce qu'on veut nous faire croire par moments, ce n'est pas une étiquette qu'on se pose. C'est vraiment un outil pour moi de compréhension de soi, pas une case dans laquelle on veut s'enfermer. C'est ce qui va nous aider en fait à mettre en place des choses qui seront adaptées à notre fonctionnement et qui vont nous permettre tout simplement d'organiser notre environnement, notre vie, pour qu'elle soit la plus paisible possible. Et quel plus beau cadeau peut-on se faire ? Ça vient vraiment vous aider à comprendre pourquoi certaines situations ont toujours été difficiles. à faire preuve d'un peu plus de bienveillance avec soi-même, je l'espère. Et aussi, n'oublions pas à mieux expliquer son fonctionnement à ses proches et aux professionnels de santé diverses qui vont vous accompagner. On arrive à la fin de l'épisode. J'ai envie de vous donner trois idées à retenir absolument. La première, vous ne passez pas un examen. La deuxième, vous n'avez pas à prouver que vous êtes neuroatypique. Et la troisième, quel que soit le résultat, mieux se comprendre est déjà une immense avancée. Et croyez-moi, vous allez vous en rendre compte. Le chemin, il n'est pas facile. Parfois, on va vraiment faire les montagnes russes. Mais j'ai bon espoir que les personnes bien accompagnées finissent par mieux vivre avec un TDAH ou un TSA une fois qu'elles ont découvert qu'elles avaient un TDAH ou un TSA. Je vous rappelle qu'il existe deux épisodes. sur Murmure Atypique, qui évoque les symptômes de chaque trouble. Donc un épisode dédié aux symptômes du TDAH et un épisode dédié aux symptômes du TSA. Ça peut vous aider à préparer votre entretien. Et si vous avez envie d'en apprendre un peu plus sur mon propre parcours diagnostique, il me semble que c'est l'épisode numéro 2 qui en parle. J'espère vraiment que cet épisode vous aura été utile. Si c'est le cas, n'hésitez pas à lui mettre un avis 5 étoiles. à le partager à quelqu'un qui pourrait en avoir besoin. Ça l'aidera à être mieux référencé. Si vous ne voulez pas rater les prochains épisodes, n'hésitez pas à vous abonner sur la plateforme d'écoute de votre choix. Et pour ma part, je vous souhaite une excellente journée, soirée. Prenez soin de vous et à très bientôt pour de nouvelles réflexions atypiques.