- Speaker #0
Bonjour à tous, on se retrouve aujourd'hui pour un nouvel épisode et aujourd'hui j'accueille Salomé. Bonjour Salomé !
- Speaker #1
Hello, hello !
- Speaker #0
Est-ce que tu peux te présenter de la manière de ton choix ?
- Speaker #1
Oui, alors moi c'est Salomé, je suis copine avec Adeline depuis une dizaine d'années maintenant et ça fait également dix ans que je suis à mon compte, je suis graphiste freelance spécialisée en... L'image de marque, identité visuelle, donc j'accompagne les entrepreneurs dans le développement de leur image, sur tout leur support.
- Speaker #0
Tout à fait, d'ailleurs, c'est Salomé qui a fait mon identité graphique pour Murmure Atypique. Je suis un peu vexée, t'as dit copine et pas amie, mais bon...
- Speaker #1
Oh là là, arrête, tu sais que j'y ai pensé quand je l'ai dit ! Mais en même temps, moi, quand je dis copine, c'est hyper affectueux, c'est... Même si le sens de amie est plus fort... Quand je te dis ma copine, c'est genre... C'est un peu comme si je disais mon amour, tu vois ? T'es ma copine, quoi !
- Speaker #0
Ouais, je vois, je vois. Pour celles et ceux qui ne savent pas où ils débarquent aujourd'hui, j'ai enregistré un épisode solo, le dernier épisode solo, en fait, qui était sur l'amitié. Et aujourd'hui, avec Salomé, avec qui on est amis depuis dix ans, on a décidé qu'on allait répondre à des petites... questions que vous nous avez posées et on va voir d'ailleurs, peut-être qu'on aura des avis complètement différents et peut-être pas. Mais en tout cas, ça va être sympa. T'es prête ?
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Alors, la première question, c'est être franche directe quitte à faire mal ou prendre des pincettes et garder des choses ?
- Speaker #1
Alors, c'est pas toujours moi qui réponds la première. Non. Ok. Mais je commence. Alors, là, vraiment, cette question, elle est trop bien, parce que je sais que quand j'étais plus jeune, quand j'étais dans l'adolescence, disons entre 16 et 20, j'étais plutôt de la team très franche, très directe, pas de filtre, je dis les choses, je préfère l'honnêteté plutôt que de garder, ça m'a valu... Des petits conflits au lycée, des petits trucs. Mais c'était quelque chose qu'on pouvait me reprocher et en même temps qu'on pouvait apprécier aussi chez moi. Mais ce qui est marrant, c'est que maintenant, en ayant pris de l'âge, en ayant mûri, eh bien je ne suis plus du tout comme ça. Je préfère toujours l'honnêteté, ça c'est sûr. Par contre... Je vais quand même avoir la réflexion de, ah oui, ça, le dire, ça va servir à rien, ça va juste faire du mal, donc je dis rien. Je vais pouvoir penser des choses et pas forcément les dire, parce que, ben en fait, je vais tout de suite penser au fait que ça peut blesser. Voilà. Mais ça, alors, je pense que c'est venu... En mûrissant, mais aussi avec les expériences, parce qu'il y a des choses que j'ai pu dire et où on m'a fait remarquer que ça avait blessé. Et il y a une expérience en particulier à laquelle je pense. Et en fait, j'y pense encore aujourd'hui. Le fait de savoir que j'ai pu blesser quelqu'un que j'aime parce que j'ai dit un truc trop cash, trop direct, ce n'est pas un traumatisme, mais j'y pense encore. C'est quelque chose que je ne veux pas reproduire. Voilà, donc j'ai vraiment radicalement changé là-dessus.
- Speaker #0
Ouais, je comprends tout à fait et je te rejoins sur ce que tu dis. Moi, je n'ai jamais été celle qui dit les choses de façon très cash. Ce n'est vraiment pas ma personnalité, je pense. Et au contraire, moi, j'avais fait partie plutôt de l'autre côté des personnes avec qui on a été trop cash. Et j'ai pas mal été blessée. Donc, je pense que les personnes qui ont écouté l'épisode sur l'amitié l'ont déjà entendu. À Cortoltech, que ta parole soit impeccable, nickel. Je pense qu'on doit tout dire par contre. Je pense que c'est important d'être honnête et qu'on doit pouvoir se dire toutes les choses. Mais je pense qu'il y a aussi une façon de dire les choses. Et peut-être de dire les choses en essayant de ne pas blesser l'autre parce que ce n'est pas l'objectif. Si l'objectif c'est de blesser l'autre, autant se taire. Si c'est sur le coup de la colère, autant se taire aussi. Parce que c'est vrai que par contre, par exemple avec Sam, je suis assez impulsive. Je pense que des fois, il vaudrait mieux que je ne dise peut-être pas les choses parce qu'elles ne servent à rien, comme tu dis, sur le coup, ça ne fait pas avancer les choses.
- Speaker #1
Puis parfois, on pense quelque chose de quelqu'un, on a une opinion sur une réaction, un trait de caractère ou une situation. Et si on se dit qu'on est franc en toute occasion, quoi qu'il arrive, je pense que justement ça... Ça n'a pas vraiment d'intérêt parce qu'on peut aussi nous prendre du recul et se dire « Ah oui, dans telle situation, il a eu tel comportement, c'est pas bien, blablabla. » Et en prenant du recul, justement, on se dit « Ah ben en fait, il a réagi comme ça parce qu'il a ressenti ça, parce que ses besoins n'ont pas été respectés. » Je pense pas que c'est un manque de franchise de pas le dire forcément.
- Speaker #0
Je suis d'accord avec toi. Et d'ailleurs, la personne qui a posé cette question, elle a dit qu'elle avait une amie qui était en dépression. Déjà, généralement, on a un peu moins de filtres. Alors, ça dépend des personnes, mais depuis de nombreuses années. Et qui ne prend plus aucune pincette pour lui dire, par exemple, que son salon est moche. Ou dire qu'elle n'a pas envie de faire ci ou ça quand ils sont en week-end. Alors autant dire j'ai pas envie de faire ci ou ça, je pense que c'est bien parce que c'est répondre à ses propres besoins. Là encore, il y a peut-être des façons de dire les choses, mais par exemple dire voilà j'aime pas la manière dont t'es habillée. Est-ce que ça a un vrai intérêt puisque de toute façon les goûts sont propres à chacun ? Alors à moi qu'on t'ait demandé ton avis.
- Speaker #1
Oui voilà c'est ça, parce que lui dire tes fringues sont moches, oui d'accord et alors ? Tu trouves qu'ils sont moches, mais qu'est-ce... Ok, d'accord. Quel est l'intérêt de cette information ? Mais oui, comme tu disais, je te rejoins. Dire j'ai pas envie de faire telle activité, c'est bien de le dire. Ça peut être un petit peu, j'imagine pour cette personne, ça peut être un peu déroutant à force si ça se répète. Parce qu'on a l'impression que l'autre personne ne fait aucun compromis ou qu'elle a justement envie de rien faire. Mais comme elle sait que son ami est en dépression, forcément ça a un impact là-dessus.
- Speaker #0
Next question.
- Speaker #1
On peut avoir les prénoms ou c'est totalement anonyme ?
- Speaker #0
Ben moi je préfère garder anonyme parce que j'ai pas dit que j'allais donner les prénoms. Du coup je préfère laisser anonyme histoire que si la personne voulait pas qu'on sache que c'est elle, au moins elle est protégée.
- Speaker #1
Ok, c'était juste pour remercier.
- Speaker #0
Et ben on a qu'à dire merci
- Speaker #1
M. Merci M.
- Speaker #0
Alors que...
- Speaker #1
En fait, pour moi, cette question, elle ne devrait pas exister. Parce qu'en fait, homme-femme, oui, non, c'est une personne... Certaines personnes ne sont pas capables d'être amies avec un homme ou avec une femme. Certaines personnes ne sont pas capables d'être amies avec leurs ex. D'autres, oui. Il n'y a pas de réponse véritable là-dessus. Chacun est à l'aise avec ce qu'il est.
- Speaker #0
Je suis d'accord avec ça et je comprends la question puisque très clairement, c'est une question qui existe depuis la nuit des temps. Et en même temps, quand tu déconstruis un peu ce rapport au genre, c'est vrai que ça perd un peu son sens. Que penser de l'amitié homme-femme ? Très bien ! tout comme amitié femme-femme, tout comme amitié homme-homme, tout comme en fait peu importe le genre et l'identité de chacun on poursuit avec la question de, on ne dit pas le prénom, j'ai failli que représente l'amitié pour vous ?
- Speaker #1
alors là je te laisse répondre la première,
- Speaker #0
c'est trop compliqué vas-y j'avoue que c'est difficile ce qui me vient à l'esprit c'est que pour moi l'amitié Et... C'est déjà important, c'est précieux, c'est un lien établi, construit, réciproque. Je crois que pour moi, ça résume probablement ce que je pense de l'amitié.
- Speaker #1
Alors moi, comme toi, pour moi l'amitié, c'est un lien très fort, des moments de complicité, beaucoup, des rires et surtout du soutien. Dans les bons comme dans les mauvais moments. Quoi qu'il arrive, l'amitié c'est choisir des personnes pour intégrer notre vie et s'apporter que des bonnes choses. C'est des liens qui ne sont pas des liens du sang, c'est pas la famille, c'est des personnes qu'on choisit et avec qui on partage des moments. Et pour rebondir sur la question de réciprocité, je ne sais plus où j'ai entendu ça, mais justement c'était peut-être ton podcast ou alors ça n'a rien à voir. Quelqu'un qui disait qu'elle avait accepté qu'elle pouvait avoir des amitiés qui n'avaient pas forcément la même réciprocité, le même attachement, la même force du lien. Parce qu'elle savait qu'elle, elle pouvait aimer beaucoup plus et que c'était pas forcément pareil en face. Mais que ça veut pas dire qu'ils sont pas amis. Mais ça, je trouve que c'est super, super dur à vivre.
- Speaker #0
Je crois que j'en parlais effectivement dans le podcast, c'est que ça dépend de si ça a toujours été comme ça. ou si ça devient comme ça déjà, en tout cas pour moi. Parce que pour moi, ce n'est pas tellement la réciprocité, c'est le temps qu'on va accorder à l'autre. Alors la fréquence, plutôt, tu vois ? La fréquence de se voir, la fréquence de s'écrire, tout ça. Pour moi, c'est plutôt ça.
- Speaker #1
La disponibilité.
- Speaker #0
La disponibilité, exactement. C'est pas simple, hein ?
- Speaker #1
Quand t'es amie à quelqu'un, que tu lui proposes de se voir, et que l'autre, il te propose pas de date, qu'il se rend jamais disponible, qu'en fait, il priorise d'autres activités ou d'autres personnes, il y a un déséquilibre qui se forme, justement.
- Speaker #0
Et c'est vrai que ça peut être difficile à vivre. surtout si De notre côté, on attend beaucoup plus de l'amitié que l'autre personne en fasse, quoi. De cette amitié en particulier, en tout cas. Est-ce que parfois, certains comportements vous agacent ? Si oui, le dites-vous.
- Speaker #1
Non, en fait, moi, je crois qu'avec mes amis, il n'y a pas de comportement qui m'agace. Non, je pense qu'on doit accepter les gens comme ils sont. Et s'il y a des choses qui sont vraiment... En fait, j'ai pas d'exemple, mais j'imagine que s'il y a quelque chose qui t'agace, c'est que la personne et toi, on n'est pas compatibles. En gros, à partir du moment où t'es agacée, c'est qu'il y a un problème. Soit on n'est pas compatibles, soit c'est que... J'imagine, j'essaie de chercher dans mes souvenirs, j'imagine qu'en étant blessée peut-être par un comportement de quelqu'un, même s'il n'y a pas eu de conflit ou quoi... Si on a été blessé, on peut moins supporter certains comportements et être plus vite agacé par certaines choses, tu vois. Mais sinon, dans les faits, tu vois, je pense à toi, je pense à mes amis vraiment proches. Non, je suis jamais agacé, quoi.
- Speaker #0
J'ai un exemple de comportement qui m'agace. Je suis désolée, Alex. Je t'aime de tout mon cœur, tu le sais. Mais Alexandra, par exemple, est toujours en retard. Et ça m'agace, mais ça m'agace parce que j'ai besoin de ponctualité. Par contre, je ne lui ai même jamais dit, parce qu'en fait, je sais pourquoi elle est en retard. Je sais qu'elle est comme ça et je l'accepte telle qu'elle est. Mais ça n'empêchera pas que moi, sur le moment, ça va pouvoir m'agacer, mais clairement contre mon gré. Si je pouvais ne pas être agacée, je le saurais. Maintenant, plus les années passent et plus j'arrive à me détacher. Mais je pense aussi parce que j'anticipe. C'est genre, je m'auto-formate et je me dis, ok, Aline, souviens-toi, il est possible qu'elle ne soit pas à l'heure. Et du coup, l'émotion, en fait, se déclenche moins vite ou moins intensément, mais ça peut m'agacer et pourtant, ça n'enlève rien à l'amour que j'ai pour elle, quoi. J'espère qu'elle ne m'en voudra pas que j'aie dit ça.
- Speaker #1
Moi, je pense que quelqu'un qui est en retard, ça ne peut pas m'agacer parce que je lutte. Pour pas être en retard. Et quand quelqu'un est en retard, si ça me laisse du temps off, du temps de répit, du temps seul, mais c'est une bénédiction.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai qu'il y a des moments où ça va pouvoir être arrangeant. Ouais, c'est vrai.
- Speaker #1
Genre quand t'invites des gens chez toi, et qu'ils sont en retard, mais c'est génial. Ça te laisse plus de temps pour ranger, plus de temps même juste pour souffler avant qu'ils arrivent. Parce qu'après, il va falloir parler, batterie sociale et tout, faut qu'elle soit pleine.
- Speaker #0
Je suis d'accord avec toi, et en même temps, souvent moi j'ai tellement trimé pour être à l'heure que du coup je me dis, bah punaise j'aurais pu moins m'épuiser parce que finalement, ils sont en retard.
- Speaker #1
Ouais, je vois tout à fait.
- Speaker #0
Mais dans tous les cas je pense qu'effectivement, des comportements qui agacent entre amis, ça devrait être plutôt rare, sinon c'est qu'il peut y avoir un déséquilibre.
- Speaker #1
C'est qu'il y a un problème, oui. En y repensant là, j'ai eu une amitié il y a quelques années, où c'est vrai que tout a fini par m'agacer. Et en fait, c'est qu'il y avait un problème. L'amitié, finalement, elle s'est estompée progressivement. On a fini par... Aujourd'hui, on n'est plus copines. On n'est pas en conflit, mais on n'est plus copines. Et c'est vrai que je me souviens vraiment... On est partis en voyage ensemble. Il n'y a eu pas des conflits, mais des choses sur lesquelles on n'était pas d'accord. Et puis, en fait, après, tout a fini. de son côté aussi, je pense que je l'agacais elle m'agacait, c'était sur des petites choses des petits détails, mais juste on n'était pas sur la même longueur d'onde
- Speaker #0
Question suivante. Peut-on redevenir amis après une dispute ?
- Speaker #1
Elle tombe à pic cette question. Je pense qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Il n'y a pas de vrai ou faux. Oui, on peut redevenir amis après une dispute. Après, est-ce qu'on en a envie ? Est-ce qu'on en est capable ? Justement, on en parlait encore Adeline et moi. En gros, j'ai eu des ruptures amicales très intenses qui m'ont fait beaucoup de mal. C'est des personnes que j'aimais très fort. Et je pense régulièrement à ces personnes, surtout une. Et souvent, je me dis qu'elle me manque, que j'aimerais la revoir, repasser du temps avec elle. Et justement, avec du recul, je me dis que c'est pas tant elle qui me manque, c'est plutôt le lien qu'on avait, les moments qu'on passait ensemble. c'est vraiment ce souvenir de notre amitié qui me manque. Et aujourd'hui, moi, je ne serais pas capable, je pense, de redevenir amie avec cette personne parce que j'ai été trop blessée et aussi parce que j'aurais trop trop peur, moi, en faisant un pas vers elle, de me faire rejeter. Donc, question très compliquée.
- Speaker #0
Ouais, je suis d'accord, c'est vrai que c'est compliqué. Moi, je pense que ça dépend de la raison pour laquelle on n'est plus amie. Ça dépend de la capacité de chaque... personne à faire un pas vers l'autre. Je sais que je suis déjà redevenue amie avec des personnes avec qui je n'étais plus amie. Enfin, ça ne m'est pas beaucoup arrivé, mais ça m'est arrivé. Après, pour le coup, pour l'autre personne, il ne s'était rien passé. Et du coup, c'était pas forcément... C'était plus genre on s'est éloigné plutôt qu'on a délibérément choisi de ne plus être amie. Pour Pour moi, c'était différent, mais... J'ai réussi à passer au-dessus parce que justement, j'avais évolué. Et je ne sais pas, c'est comme si le temps qui était passé, les années qui étaient passées, m'avaient permis d'estomper ce que j'avais ressenti, qui était fort sur le coup, mais où je me suis dit bon ben voilà, je suis contente de la retrouver. En fait, je pense que c'est ça. C'est aussi est-ce qu'on serait content de retrouver la personne ? Qu'est-ce qu'on attend de cette relation ? Est-ce qu'on attend la même chose ou est-ce qu'on attend de construire une nouvelle relation ? Parce que quand on n'est pas d'accord ou qu'on n'est plus sur la même longueur d'onde, il faut voir si on est encore compatible en termes de relation ou si chacun est prêt à faire des efforts. Je ne pense pas que ça arrive hyper souvent quand même. Sauf si l'une des personnes a fait quelque chose de mal et on va dire que l'autre est prête à la pardonner.
- Speaker #1
Et justement, en racontant tout ça, tu m'as fait tilter que, en fait, moi, justement, récemment, c'est pas que je suis redevenue amie avec quelqu'un avec qui j'avais été en friction, mais on a recommencé à se parler progressivement. Alors, pour contextualiser, du coup, je reviens un peu sur ce que j'ai dit avant, mais j'avais une très très bonne amie au lycée. On était hyper proches. À la fin de nos études, on est restés en contact, on se voyait beaucoup, on parlait énormément ensemble, tous les jours il y avait vraiment un lien fort. Et en fait, il y a eu plein de petites choses qui se sont accumulées. Elle n'était pas aussi dans de bonnes dispositions, elle avait beaucoup de problèmes personnels. Il y a eu un peu trop de choses que j'ai prises sur moi, et au bout d'un moment, je lui ai dit les choses, j'ai été franche. Je lui ai dit ce qui n'allait pas, je lui ai demandé de faire un effort également. En fait, elle me reprochait aussi des choses. Au final, il y a eu un gros conflit. On a arrêté de se parler, on a arrêté de se voir. Et là, ces dernières années, petit à petit, on a repris contact sur Instagram. Et maintenant, on se parle régulièrement. On a prévu de se voir bientôt. Et voilà, en tout cas, de mon côté, il n'y a pas de rancœur. Je ne peux pas dire maintenant que c'est de nouveau mon ami. Ça va être vraiment une copine. Mais en tout cas, ça me ferait plaisir, oui, que cette personne rentre de nouveau dans ma vie. Donc redevenir amie, oui. En fait, t'as raison. avec le temps, si les deux personnes en ont envie.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Je pense que c'est vraiment ça. Parfois aussi, c'est une question de timing. On parlait d'Alex avant, Alexandra. C'est une amie avec qui ça n'avait pas si bien commencé, dans le sens où on a été très copines. Et en fait, à un moment donné, je crois qu'on n'était pas sur la même longueur d'onde. Et on a un peu arrêté de se voir, de se parler. Ça a duré quand même. quelques mois, je dirais, voire peut-être même une année, je ne sais pas. Il faudrait que je lui redemande, j'ai mon cerveau qui ne marche plus très bien, mais je ne sais pas comment on en était venu à vraiment se reparler, etc. Mais au final, après, quand on a décidé de se retrouver, c'était encore plus fort qu'avant et je pense que vraiment, c'était une question de timing. Au moment où on s'est éloigné, on en avait tous les deux besoin.
- Speaker #1
Mais tu étais ado à ce moment-là ?
- Speaker #0
Non, je l'ai rencontré quand j'étais adulte déjà.
- Speaker #1
Parce que j'allais dire, si ce genre de choses, ça arrive pendant l'adolescence, c'est aussi plus compliqué. On est dans une période d'évolution, on se cherche,
- Speaker #0
on se construit. Non, j'étais adulte. On avait toutes les deux, je pense, 20 ans. Je la connais depuis 12 ans, 13 ans peut-être. maintenant. Question suivante. L'amitié forte, comment l'expliquer à son entourage ? Je ne sais pas. Moi, je n'ai pas l'impression qu'il y ait besoin de l'expliquer.
- Speaker #1
Non, moi non plus.
- Speaker #0
Ça dépend qui on appelle l'entourage. Est-ce que c'est parce qu'on est moins disponible pour d'autres personnes ? Est-ce que c'est peut-être la personne avec qui on partage sa vie pour qui c'est un peu... déconcertant de voir une relation aussi forte s'installer, je ne sais pas. Je crois que j'aurais besoin de plus de détails sur cette question pour y répondre.
- Speaker #1
Plus de précision. Parfois, on me demande « Ah, t'as des nouvelles d'un tel ? » Par exemple, toi, Adeline. Et je suis là en mode « Mais oui ! » On se parle tous les jours ! Voyons ! Comme si c'était possible !
- Speaker #0
J'avoue. Et il y a aussi, je pense, à autre chose. Ça peut être aussi justement quand on a une amitié très forte avec quelqu'un et que cette personne a elle-même une amitié très forte qui rentre dans sa vie. Alors je pense plus justement à l'adolescence, où ça peut être un peu une paire de repères ou je ne sais pas. Je ne l'ai jamais trop vécu, je crois, à l'âge adulte. Mais ouais, tu as peut-être cette notion de... Ce n'est pas de jalousie ou d'exclusivité, mais tu vois là où je veux en venir.
- Speaker #1
Ouais, ça c'est plus quand il y a des trios, tu vois. Ça marche pas bien, je trouve, les trios.
- Speaker #0
Les trios, ça peut être compliqué. Ok, next one. Que faire quand on sent que le nouveau mec de son ami est toxique ? Aïe, aïe, aïe.
- Speaker #1
Compliqué, hein.
- Speaker #0
Trop dur.
- Speaker #1
Ah ouais.
- Speaker #0
Bah, déjà, nouveau mec, ça veut dire relation pas très longue pour le moment. Ouais, moi, je trouve ça trop délicat.
- Speaker #1
En fait, déjà, est-ce que la personne, elle t'a demandé ton avis ? Déjà. Parce qu'en fait, une opinion, on en revient à la question de la franchise ou quoi, si ça peut blesser ou quoi, une opinion, c'est pas une vérité absolue, déjà. Et ensuite, si ça s'avère, s'il y a des faits qui montrent vraiment que le mec, il est toxique, là oui, tu peux dire à ton ami, je m'inquiète pour toi, j'ai vu telle situation, je pense que ça t'a blessé, comment tu te sens ? Au lieu de pointer du doigt le mec, en fait, demander à la personne comment elle se sent, comment elle va, est-ce qu'elle a besoin de soutien. Parce qu'en fait, forcément, elle va le prendre comme une attaque. C'est son mec, elle l'aime, j'imagine. Donc si tu commences à le critiquer, elle va le prendre mal. C'est comme si tu l'as critiqué elle. Et en plus, l'amour rend t'aveugle.
- Speaker #0
Je suis du même avis que toi et je pense que... En fait, le plus important pour soi, c'est d'être sûre que son ami va bien.
- Speaker #1
et la seule manière de le savoir c'est de parler d'elle on parle souvent de red flag de moi mes red flag chez un mec c'est tac mais en fait on peut voir que d'une personne à une autre c'est pas les mêmes donc ce que toi tu considères comme être une personne toxique ça se trouve pour elle c'est ok,
- Speaker #0
pour elle ces red flag c'est peut-être pas les mêmes peut-on rester amie quand on évolue vers de vrais opposés politiques moi je pense pas,
- Speaker #1
je pourrais pas copine Oui, pas amie. J'ai été copine avec une fille que j'avais rencontrée à l'époque dans mon quartier. On avait des centres d'intérêt communs, on est devenues copines. On était assez proches quand même, mais son opinion politique, son positionnement sur la politique était trop à l'opposé de mes valeurs pour que ça devienne une amitié vraiment forte et pas possible. Parce qu'en fait, ça touche trop aux valeurs.
- Speaker #0
Je crois que plus j'avance et plus... je deviens intransigeante sur ce type de valeurs, notamment le racisme, où pour moi, c'est juste pas possible. Tout ce qui est de propos haineux envers la communauté LGBTQIA+. Et ouais, sur plein de sujets comme ça, je peux pas, en fait. Je peux tout simplement pas. C'est trop à l'opposé de mes valeurs. Et du coup, je pense vraiment que je... Je pense que j'ai besoin, de toute façon... Que dans les amitiés, il y ait vraiment cette notion de respect, que ce soit envers l'autre personne, mais aussi envers autrui en fait. Et s'il n'y a pas ça, je pense... Parce qu'après, c'est vraiment des opinions, pour le coup, très personnelles. Parce que la question, c'est peut-on rester amis quand on évolue vers des opposés politiques ? Ça dépend de chacun, quoi. Pour moi, ce n'est pas possible. Mais est-ce que c'est possible pour d'autres personnes ? Peut-être, oui.
- Speaker #1
Puis ça dépend parce que là, tout de suite, en fait, on imagine deux opposés. On imagine deux extrêmes.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
C'est ce qui est médiatisé aussi. L'extrême droite, l'extrême gauche, les idées politiques, ce n'est pas forcément aussi opposé que ça. Ça peut être opposé, mais il y a un curseur, quoi.
- Speaker #0
Absolument. Eh ben, je pense que si le curseur, il est assez bas et qu'on peut encore en débattre...
- Speaker #1
Oui, il y a de ça aussi.
- Speaker #0
Par contre, si tu vois que tu peux pas en débattre, que la personne, elle reste fermée, qu'elle s'énerve, que vraiment c'est non négociable, oh, là, je pense que ça me ferait chier, quoi.
- Speaker #1
Ouais, non, là, c'est pas possible.
- Speaker #0
Alors, comment se faire des amis après en avoir perdu beaucoup et ne plus y croire ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Moi, elle me fait de la peine, cette question.
- Speaker #1
On s'identifie. Comment se faire des amis et elle n'y croit plus ? Déjà, que tu n'y crois plus, c'est normal parce que les émotions sont fortes, t'es blessée, donc c'est normal de maintenant ne plus y croire. Mais en fait, les amitiés, c'est fluctuant. On s'en fait toute la vie et c'est ok qu'il y ait des amitiés qui ne durent pas toute la vie. Maintenant, comment se faire des amis ? tellement de moyens. On a les réseaux sociaux, on a Internet, il y a plein de groupes, de communautés qui rassemblent des gens qui ont les mêmes intérêts. Par exemple, je connais de plus en plus de graphistes parce que justement, j'intègre des communautés qui rassemblent les graphistes de la région et d'ailleurs. Donc ça permet de faire de nouvelles connaissances. Si t'aimes les jeux vidéo, souvent quand il y a un jeu vidéo en particulier qui sort, il y a des communautés qui se font. Après maintenant, il y a les barrages jeux. Tu peux prendre des cours. Moi, je prends des cours à l'Université populaire de Strasbourg. Je ne dirais pas des amis, c'est des connaissances des personnes que j'apprécie beaucoup, mais ça peut très bien se transformer en amitié. Il y a même des applications maintenant spéciales amitié, un peu comme les Tinder et compagnie, mais pour se faire des amis qui sont vraiment dédiés à l'amitié.
- Speaker #0
Pour moi, ce qui est important dans cette question, c'est cette notion d'en avoir pas mal perdu. C'est déjà aussi... peut-être de faire un peu un état des lieux de qu'est-ce qui s'est passé, pourquoi, selon toi, ça s'est passé comme ça, quelle est sa propre part de responsabilité là-dedans, parce que je pense qu'il y a toujours...
- Speaker #1
C'est pas noir ou blanc, quoi. Quand une amitié se termine, forcément, on a tous un rôle là-dedans.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Et du coup, je trouve ça intéressant, parce que là, quand je lis la question, je vois qu'il y a encore beaucoup d'émotions liées à ça. Et je peux que comprendre parce que moi ça fait des années que je suis dans les mêmes émotions par rapport à des ruptures amicales, donc pas de souci. Mais ensuite, je ne vais pas avoir de réponse, de vraie réponse à cette question, mais je peux parler de ma propre expérience. C'est que moi je me suis rendu compte qu'il y a des personnes qui ont effectivement quitté ma vie, beaucoup, des amis, mais les personnes qui sont rentrées... Eh bien, déjà, ça laisse de la place pour des personnes parce que clairement, le temps, il n'est pas infini. Et quand on s'implique beaucoup en amitié, ça demande du temps. Et ce temps, il faut pouvoir l'avoir. Donc, si on a 10 000 amis, ce qui n'est pas forcément mon cas, c'est compliqué. Mais du coup, ça laisse la place à de nouvelles personnes. Et en fait, ça laisse parfois la place à des personnes avec qui on est peut-être un peu plus en phase. en tout cas à ceux moment de notre vie. C'est là où je dis aussi que ça dépend vraiment des raisons pour lesquelles ça s'est terminé. Et bien si c'était une question peut-être d'un désalignement du fait que vous ne soyez plus sur la même longueur d'onde, ça veut peut-être dire trouver des personnes avec qui ça pourrait être le cas. Et comme Salomé le disait, je pense que ça peut être intéressant d'aller du côté des passions de quelque chose qui nous fait vraiment vibrer pour essayer de rencontrer de nouvelles personnes. Je suis très très mauvaise en la matière. Le simple exemple, c'est que là, on est en Australie depuis le mois de mai. Non, pardon, depuis le mois de mars, mais au même endroit depuis le mois de mai. Je ne me suis pas liée d'amitié avec une seule personne parce que c'est hyper dur pour moi, en fait. Moi, j'ai mon ami sur place, ça me va très bien. Des fois, j'aimerais bien. Je vois Sam, par exemple, qui va... Alors, il n'a pas des amis ici, mais il va connaître des gens, juste relationner. Et moi, en fait, pour moi, c'est très dur. Ce que fait Salomé, par exemple, se faire des amis dans un cours d'art... Enfin moi, à moins que la personne vienne me parler, je finirais mon année de cours d'art seule, comme je l'ai commencé. Mais si on a un tempérament qui permet d'aller vers l'autre, franchement, c'est de trouver peut-être un sujet sur lequel on a beaucoup de choses à dire pour aller plus facilement vers l'autre peut-être.
- Speaker #1
En fait, c'est toute une synergie. Moi, je ne suis pas particulièrement à l'aise à aller parler à des gens que je ne connais pas. Le fait de m'être inscrite à ce cours, forcément j'ai côtoyé d'autres personnes qui elles aussi ont peut-être plus de facilité. Et en fait, la synergie du cours fait qu'on se voit toutes les semaines, on parle, on fait connaissance petit à petit. C'est plus facile en tout cas. Et je rebondis aussi sur ta situation quand même pour apporter des précisions parce que t'as pris des cours de céramique et tu t'es fait une super copine. Alors certes, c'est la prof, mais ça reste une personne que tu apprécies beaucoup maintenant et avec qui tu es proche. Et pendant ton voyage, alors peut-être que tu ne t'es pas fait des amis à Coral Bay, mais en fait, tu t'es fait des amis sur le voyage.
- Speaker #0
Mais c'est vrai, tu as raison. On s'est fait des potes grâce à Sam, grâce aux enfants en fait. Tu as raison. Et d'ailleurs, j'étais en train de me demander, parce que j'allais te poser la question, j'allais justement revenir sur mon exemple en te disant, c'est vrai que Moi, j'ai pris des cours de céramique, de poterie, et on avait un groupe avec qui on s'entendait bien. Pour autant, je n'ai gardé aucun lien avec les personnes du groupe, à part avec la prof que j'avais déjà rencontrée plusieurs fois et avec qui ça a vraiment matché. Est-ce que toi, les personnes que tu as rencontrées dans ton cours d'art, est-ce que c'est des personnes avec qui tu penses qu'il va y avoir une vraie relation qui va s'installer ?
- Speaker #1
Il y a quelques personnes avec qui j'ai été... un peu en contact en dehors des cours. Mais non. En fait, c'est particulier parce qu'on est vraiment au grand décalage. On n'a pas du tout le même âge. Ça ne veut pas dire que ça ne peut pas arriver. Ma situation, elle n'est pas universelle. Tu peux t'inscrire à un cours du soir où il y aura des gens de ton âge qui ont un petit peu la même vie, qui travaillent un petit peu aux mêmes horaires, où vous avez plus de centres d'intérêt. Et là, c'est peut-être plus facile. Moi, là, je suis inscrite à un cours. cours qui est de 11h à 13h en plein milieu de la semaine il n'y a que des retraités avec moi alors je les apprécie beaucoup mais c'est vrai que je ne me vois pas devenir amie très proche avec ces personnes mais par contre je rebondis encore une fois sur une autre situation, Adeline comment est-ce qu'on s'est connue ? Adeline et moi en fait on s'est connue parce que Adeline vous le savez elle a un blog, un site internet de cuisine et moi à l'époque j'avais aussi un blog plus lifestyle et j'organisais des rencontres. On appelait ça les apéroblogs de Strasbourg. Et c'est via ce biais-là qu'on s'est connus et via les événements auxquels on était invités. Parce qu'on était régulièrement invités à découvrir des restaurants, des nouveaux lieux, ce genre de choses. Et en fait, Adeline, tu sortais vachement de ta zone de confort. Alors oui, tu venais pas seule, tu venais avec Sam ou avec des copines. Mais quand même, t'as quand même réussi. Et sans ça, on se serait pas connues.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai. Et c'est vrai que je suis très contente de l'avoir fait parce que finalement, je t'ai rencontré. Et on s'est posé la question avec une amie, Julia. On s'est demandé en fait si on ne s'était pas rencontré parce qu'avec cette amie-là... On s'est rencontrées sur un groupe de femmes enceintes qui avaient les mêmes termes. Le but, c'était de créer un peu une petite communauté sur laquelle on pouvait échanger avec des personnes avec qui on partageait les mêmes choses plus ou moins au même moment. Et en fait, on s'est dit, mais s'il n'y avait pas eu ça, si on s'était croisées comme ça dans la vie, est-ce qu'on se serait rencontrées ? Et bien en fait, on s'est dit que non. Parce qu'elle, elle est comme moi, elle ne va pas vers les autres et moi non plus. La situation était complètement différente. Une fois les enfants nés, parce que là, si les enfants matchent, ça peut faire que les parents parlent ensemble. En tout cas, moi, ça peut marcher. Mais c'est vrai qu'avant, je pense que non. Qu'est-ce qu'on a encore ? Peut-on avoir plusieurs meilleurs amis ? Pour moi, ça n'a pas toujours été aussi évident. Je pensais pendant très, très, très, très, très longtemps qu'en fait, le statut meilleur ami, c'était dédié à une seule personne. Et au point où ça fait. pas longtemps que je dis que j'ai plusieurs meilleurs amis. Genre pour moi, j'avais une meilleure amie et les autres en fait ne pouvaient pas s'appeler comme ça.
- Speaker #1
C'est pour ça que je te disais quand je changeais de classe, j'avais une autre meilleure amie. Tu vois ? On n'était plus dans la même classe, on se voyait plus tout le temps. Mais je pense que toi, comme t'es très attachée aux règles, c'est resté peut-être plus longtemps, tu vois ?
- Speaker #0
Exactement. J'allais te dire en fait, moi j'ai juste pas changé la règle. Après, je pense que c'est quand même des liens qui sont très forts et plutôt rares. Moi, je m'estime chanceuse en vrai, parce que j'ai quatre meilleurs amis. Quatre ! C'est énorme ! Donc oui, toi, ta réponse est oui. C'est un oui.
- Speaker #1
Oui, mais il faut accepter qu'on ait eu un peu moins de disponibilité, qu'on se voit moins souvent, qu'on ne puisse pas se donner des nouvelles tout le temps. Et qu'en fait, après, souvent, quand on a des amis très proches... et qu'on n'a pas la même vie, on est moins dispo, quand on se revoit, après, c'est quand même tout aussi fort, tout aussi... comme si on ne s'était jamais quitté. Donc oui, c'est possible. Après, c'est sûr que le temps, ça peut être une épreuve. Le temps, la distance, ça dépend de chacun.
- Speaker #0
Je suis d'accord. Moi, je vais mettre les pieds dans le plat direct. Je pense que toutes les amitiés ne sont pas faites pour survivre au fait de devenir parent, par exemple.
- Speaker #1
Mais oui ! Carrément.
- Speaker #0
Ou c'est peut-être moi qui vis dans un monde où il n'y a pas assez de bisounours. Mais c'est juste qu'on l'a expérimenté. Toi, moi, j'ai aussi vu d'autres personnes l'expérimenter. Devenir parent, c'est quand même un énorme chamboulement. Tu en parlais avant, tu es moins disponible, tu peux moins donner de nouvelles.
- Speaker #1
Et justement, les personnes qui ne sont pas parents, ils n'arrivent pas forcément à se mettre à la place des parents. Et à comprendre que c'est pas juste une lubie si on n'est pas dispo parce qu'il y a l'heure de la sieste, l'heure du repas, l'heure de ci, etc. En fait, c'est pas vraiment un choix. Alors si on peut faire le choix de plus ou moins respecter les besoins d'un enfant, ou de l'intégrer et de le faire suivre le quotidien d'un adulte, mais en fait, tous les enfants sont pas pareils, il y a des enfants pour qui c'est plus difficile le sommeil, donc respecter des routines, des rituels, c'est... primordial pour la survie des parents. Donc, il y en a qui n'arrivent pas trop à se mettre à la place des parents qui ne comprennent pas. Et je pense que devenir parent, c'est vraiment un sujet hyper délicat parce qu'il faut le vivre pour le savoir. On a beau lire plein de choses sur le sujet, être sensibilisé aux difficultés, à la matricence. Les gens qui ne l'ont pas vécu, en fait, juste, ils ne l'ont pas vécu, quoi. Et c'est pas, je ne veux pas être condescendante en disant ça, mais moi-même, moi-même,
- Speaker #0
j'allais dire, justement, en fait, ce n'est pas que la maternité, c'est plein de choses. Tu vois, par exemple, nous, on a fait un long voyage à l'époque de dix mois, quand tu ne l'as pas vécu. Par exemple, quand tu rentres, c'est un gros chamboulement. Quand tu ne l'as pas vécu, tu peux difficilement savoir ce que ça fait. Parce que tu ne l'as pas vécu, c'est juste comme ça, c'est factuel. Tu n'as pas pu ressentir ce qui a été ressenti. C'est comme ça et ce n'est pas grave. Ce n'est pas de la faute à personne. C'est juste comme ça. Je le disais déjà parce que du coup, il y a une autre question qui va avec celle-ci, enfin qui je trouve va bien avec celle-ci, c'est est-ce que vos maternités a modifié votre rapport amical ? Moi, j'ai envie de dire non. Pas mon rapport à moi, à l'amitié. Ma vision de l'amitié est toujours la même. Tu vois ce que je veux dire ? Par contre, c'est sûr que dans les faits, forcément que j'ai été, je ne pouvais pas être aussi disponible. J'avais beaucoup plus de contraintes, donc je ne pouvais pas être exactement la même amie. sans enfant qu'avec enfant.
- Speaker #1
Ta vision, c'est la même.
- Speaker #0
Ce qui est rigolo, c'est que parmi les personnes qui m'entouraient avant d'être maman, celle qui avait le plus peur que ça vienne casser quelque chose entre nous, je vais la nommer, c'est Alexandra, c'est celle qui est encore là aujourd'hui. Parce que c'est quelqu'un qui ne veut pas d'enfant, qui n'a jamais voulu d'enfant, et c'est un choix... C'est un choix comme un autre. Et en fait, elle avait très, très peur que ça vienne faire qu'on ne soit plus amis. Et en fait, elle fait partie vraiment des personnes qui se sont adaptées, qui ont réussi à comprendre les contraintes et à s'adapter. Après, c'est des choix aussi, parce qu'on peut ne pas accepter la contrainte et ne pas avoir envie de s'adapter. Ou alors, être d'accord pour s'adapter, mais ne pas mesurer l'adaptation qui serait nécessaire pour que... On puisse passer des moments comme avant. Spoiler alert. Pour nous, en tout cas, les trois premières années de vie, allez, je dirais au moins la première année de vie, on ne pouvait pas du tout faire comme avant. Est-ce que ça a modifié mon rapport amical ? Je ne sais pas trop comment le formuler et comment y répondre, mais ce qui est sûr, c'est que ça a clairement modifié mes amitiés, oui. Puisqu'il y a beaucoup d'amitiés qui se sont perdues dans tout ça. Toi, tu dirais que ça a modifié ton rapport amical ?
- Speaker #1
Elle est compliquée à répondre, elle est ambiguë, oui, parce que rapport amical... Comme on disait, on a toujours la même vision de l'amitié, mais par contre, oui, nos amitiés ne sont plus les mêmes. Et il y a des choses peut-être qu'on était plus à même d'accepter ou de faire avant. Et du coup, oui, des amitiés qui se sont perdues. C'est difficile de répondre.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai que c'est pas évident, mais en fait, c'est parce que je pense qu'il n'y a pas... Ça dépend vraiment comme on l'entend, mais tu vois, ça pourrait être aussi... Et... Des personnes qui vont sciemment faire le choix de se focaliser uniquement sur leur enfant et leur famille parce que l'amitié à ce moment-là a moins d'importance. Et c'est vraiment des choix, j'ai déjà vu notamment des femmes qui le disaient sur Instagram. Moi, ce n'est pas mon cas. Pour moi, l'amitié, elle n'a pas moins d'importance depuis que je suis maman qu'avant que je sois maman.
- Speaker #1
Pour moi les amitiés avaient toujours une place hyper importante Mais justement je me suis sentie très Très, très seule. Parce que j'avais pas d'amis en dehors de toi, Adeline, qui avaient des enfants. Et du coup, dans le quotidien, je me sentais seule. J'avais que toi à qui je pouvais en parler. Mes autres amies, elles comprenaient pas ce que je vivais, mais elles comprenaient pas mes difficultés. Et c'est ça qui est dur pour faire durer les amitiés.
- Speaker #0
Par contre, quand t'es plus en phase avec tes amitiés d'avant-maman, quoi, c'est dur parce que... Si tu as plein d'amitiés qui s'en vont, tu peux te sentir très seule, c'est clair. Peut-on être amie avec quelqu'un qui a l'opposé de nous sur certains aspects ? Ça dépend de quoi on parle, en fait.
- Speaker #1
Si ça ne touche pas à nos valeurs, oui.
- Speaker #0
Oui, c'est bien répondu, ça. J'adore.
- Speaker #1
Après, je vais quand même encore apporter une précision. Parce que tu vois, toi, Adeline, tu as des valeurs très très fortes concernant l'écologie, l'impact environnemental, ce genre de choses.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et c'est aussi des valeurs que je partage, mais pas avec la même intensité que toi.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
oui. Mais malgré qu'on soit pas vraiment sur la même... Enfin, la même longueur d'onde, mais on n'est pas vraiment alignés au même niveau, ça n'a pas pour autant nu à notre amitié.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Tout à fait. Et je pense que c'est le cas sur d'autres sujets avec d'autres personnes. Ouais, je pense que ça dépend de quoi on parle. Mais moi, je pense que de manière générale, oui, sauf si c'est quelque chose qui est vraiment... Merci. opposées à nos valeurs. Parce qu'il y a une différence entre on n'est pas dans la même intensité au niveau des valeurs ou on n'a pas les mêmes valeurs et on a une valeur opposée à une autre.
- Speaker #1
Et puis aussi un niveau de tolérance. Est-ce qu'on accepte, justement, est-ce qu'on tolère cette différence de valeurs, d'opinions, d'actions ? Là, on parlait de l'écologie, tu vois, par exemple. Moi, j'avais très peur, justement, quand je t'invitais au début. Que ça ne te convienne pas ce que je serve à manger, que ce ne soit pas assez clean, assez bio, assez fait maison. Alors qu'en fait, tu m'as tout de suite dit que ça ne posait pas du tout de problème. Chacun fait comme il veut et comme il peut. Mais pour quelqu'un d'autre, ça peut être un nom rédhibitoire. Par exemple, manger de la viande ou non. Il y a des gens qui ne vont pas du tout être ok avec ça.
- Speaker #0
Je suis d'accord avec toi, il y a aussi cette notion de tolérance.
- Speaker #1
Oui, et dans les deux sens du coup.
- Speaker #0
Et dans les deux sens, ouais. Et pour moi, c'est important qu'elle soit dans les deux sens.
- Speaker #1
Pareil.
- Speaker #0
Est-ce que j'ai encore des petites questions ?
- Speaker #1
Meuf, j'adore faire ça avec toi.
- Speaker #0
Ah bon, on pourra refaire.
- Speaker #1
Non, mais c'est même pas encore fini. J'ai déjà envie d'en refaire.
- Speaker #0
Mais tu sais, moi, je me suis dit ça au début de l'épisode. Alors bon. Il y a cette question qui est intéressante. Comment se faire des nouveaux amis à l'âge adulte ? Alors, on en a déjà un peu parlé avant. Mais moi, la question, ce que je me pose du coup, par rapport à cette question, c'est qu'est-ce qui fait qu'on se faisait plus facilement, peut-être, des amis plus jeunes que maintenant ?
- Speaker #1
À l'école, c'est plus facile. Tu vois des gens de ton âge tous les jours. Tous les ans, tu as les classes qui changent. Mais au boulot,
- Speaker #0
tu vois aussi des gens, tu vois ?
- Speaker #1
Le boulot, c'est un autre monde. Le monde du travail, les gens, ils sont assez frileux. Il y en a plein qui sont contraints de se faire des amis au boulot. Pour eux, enfin pour certaines personnes, les collègues, c'est les collègues, on doit tout dissocier.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai, j'ai déjà entendu ça.
- Speaker #1
Parce qu'il y en a qui pensent que ça peut te nuire, que tu peux dire des trucs persos qui après vont t'entretomber dessus au travail. Enfin tu vois, l'impact il est pas le même. Parce que les retombées peuvent pas être les mêmes.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Et du coup, effectivement, ça peut être plus difficile parce qu'on passe quand même beaucoup de temps au travail.
- Speaker #1
Mais je trouve ça dommage.
- Speaker #0
Oui, c'est dommage. Comment se faire des amis à l'âge adulte ? On y a un peu répondu avant en disant se focus sur les passions qu'on a, les centres d'intérêt qu'on a et essayer de trouver des personnes qui partagent ça. Comme tu disais avant, il y a Internet, il y a des groupes. Peut-être la porte d'entrée la plus facile.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ok, alors, il y a une personne qui a demandé comment trouver une vraie amie.
- Speaker #1
Oh, ça c'est dur. Ça se trouve pas, en fait, ça se fait tout seul. C'est nouer des amitiés, les entretenir, et puis ça se ressent, ça se fait tout seul, ça se trouve pas. Et on va prendre l'exemple de toi et moi. On se connaît depuis longtemps, mais on n'a pas été si proches jusqu'à ce qu'on soit en fait maman. C'est le fait de devenir mère ensemble, parce que pour info, nos enfants ont un mois d'écart. Donc on était enceintes ensemble, on a accouché quasi en même temps. Nos enfants, ils ont le même âge. Ouais, ça nous a vraiment rapprochés.
- Speaker #0
Et là, on parle de la maternité, mais on pourrait aussi parler d'un burn-out, d'une dépression, tu vois, de quelque chose, en fait, qui peut être dur à vivre. Mais si tu rencontres une personne qui a vécu une chose similaire, eh bien, en fait, vous allez vous comprendre. Et juste le fait de trouver quelqu'un qui va te comprendre, eh bien, ça peut créer un lien aussi. C'est peut-être pas le meilleur moment, mais...
- Speaker #1
Ouais, moi, je l'ai un peu vécu. alors c'est pas des copines en vrai, c'est ma famille. J'ai une grande famille, j'ai beaucoup de cousines. Et en fait, je me suis beaucoup rapprochée de certaines cousines ces dernières années. Mais parce qu'en fait, on s'est toutes découvertes des neurones à Tipeee. Et du coup, forcément, ça nous a fait un truc en plus, à partager. Ça nous a vraiment rapprochées. Et alors, c'est la famille, mais je les considère vraiment comme des amis. Il n'y a pas cette distance familiale qui peut y avoir. Pour moi, c'est vraiment des... comme des amis, comme des copines.
- Speaker #0
Et j'avoue que les neuroatypiques, je trouve que ça crée vachement du lien. Il y a des personnes, justement, que j'ai rencontrées sur les réseaux, grâce au fait qu'on était neuroatypiques, et bien c'est des gens avec qui ça a matché rapidement, en fait, parce qu'on avait tout de suite quelque chose en commun que tout le monde ne comprend pas, dont on pouvait parler, en fait. Et ça, c'est trop cool.
- Speaker #1
Forcément, parce qu'en fait, on se comprend.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Je pense aussi que pour trouver une amie, une vraie amie, comme la question est posée, pour moi, j'entends peut-être des déceptions amicales. Et je pense que c'est ultra important de guérir pour pouvoir réavoir des relations amicales saines, en fait. Je dis ça parce que, imaginons, quelqu'un qui a été blessé par une autre personne pourrait avoir toujours peur d'être blessé à l'avenir et du coup va peut-être rester un peu plus sur ses gardes. va un peu moins donner. Quelqu'un qui aura vécu des relations qui ne sont pas forcément réciproques, qui était à sens unique, va peut-être se dire « Ouais, non mais en fait, moi j'ai trop peur que ce soit à sens unique de nouveau, donc je vais donner beaucoup moins. » Sauf que du coup, comment connecter vraiment ? Si on a ce type de pensée et de frein, je pense que c'est peut-être important aussi de se questionner sur ce qu'on recherche et ce qu'on est prêt à mettre.
- Speaker #1
Je suis d'accord avec toi. Et justement, ma première rupture amicale, elle a été très forte, très bouleversante. Et pendant plusieurs années, j'ai eu du mal à faire confiance. Je rencontrais des gens. commençais à devenir copine et j'avais trop trop du mal à faire confiance à me dire c'est des amis je peux faire confiance je peux leur dire des choses, ils comptent pour moi je compte pour eux c'était hyper dur et je pense justement que nouer des amitiés plus le temps qui passe et ben ça m'a aidé à guérir ouais c'est beau puis c'est comme un deuil, le temps fait les choses ah ben c'est un deuil,
- Speaker #0
clairement C'est un deuil parce qu'on perd quelque chose. Finalement, quand on perd quelque chose, que ce soit un projet qui nous tenait à cœur, une personne, c'est un deuil. N'ayons pas peur de le dire. Et c'est pour ça que c'est aussi dur. C'est pour ça que c'est aussi dur. C'est parce que c'est un vrai deuil et que ça prend beaucoup de temps à guérir. Ok, on va essayer de terminer sur quelque chose de plus... Ah bah, pas vraiment plus drôle, puisque comment savoir si une amitié est toxique ? Pour moi, ce n'est déjà pas une seule chose, ça va être plein de petites choses cumulées. Plutôt que de parler d'amitié toxique, je vais dire ce qu'est pour moi une amitié saine. Je pense que c'est plus simple dans ce sens-là. Pour moi, une amitié saine, c'est effectivement une amitié où on peut plus ou moins tout se dire. On n'a pas peur que l'autre prenne systématiquement mal quelque chose. On peut être vraiment soi-même, je n'arrêterai jamais de le répéter, je crois.
- Speaker #1
Le fait de tout se dire, oui c'est important, mais je vais prendre une expérience personnelle. Quand je suis devenue maman, justement, j'ai perdu des amitiés, et il y en a une que j'ai perdue parce que la personne, elle a été très franche, et elle m'a dit des choses, mais qui ont été tellement blessantes et tellement injustes, parce qu'en fait, les personnes ont beau penser des choses, c'est pas forcément la vérité, et c'est pas forcément... comment dire... Faut que la personne en face fasse preuve de tolérance. et qu'elle ne demande pas des choses impossibles et qu'elle fasse preuve de compréhension.
- Speaker #0
Je suis d'accord avec ça. C'est vrai que quand moi j'entends tout se dire, c'est toujours dans le respect, toujours ce qu'on disait déjà tout à l'heure. C'est important quand même de faire attention à l'autre. Après, ça va toujours dépendre des tempéraments de chacun. Mais pour des personnes très sensibles notamment, Ce qui est le cas de la plupart des personnes neuroatypiques. Si quelqu'un va vous reprocher plein de choses qui sont inhérentes à votre fonctionnement et qu'en fait vous ne pouvez pas faire différemment malgré le fait que vous essayez, ça ne fonctionne pas, et bien à un moment donné, ce n'est pas sain pour vous. Parce que vous ne pouvez pas changer du tout, Alors je ne dis pas qu'il ne faut pas faire des efforts, je pense qu'il y a toujours des efforts à faire des deux côtés. Mais quand même, moi je n'ai pas l'impression de faire beaucoup d'efforts avec mes amis. Enfin, dans le sens où... Pour moi, c'est assez fluide.
- Speaker #1
Il n'y a pas besoin de faire d'efforts parce qu'en fait, on s'accepte comme on est. On comprend les difficultés des uns et des autres. Et on fait avec, on fait des compromis. Et encore, je ne sais même pas si on peut nommer ça compromis, parce que c'est tellement normal d'accepter les différences.
- Speaker #0
Même si on reprend par exemple l'exemple avant de mon amie qui est souvent en retard, je sais que ça fait partie de son fonctionnement. Et c'est pour ça que je ne lui ai jamais dit. Parce que je ne peux pas... Enfin, je veux dire, je sais qu'elle essaye à chaque fois d'être à l'heure, mais elle n'y arrive pas, en fait. Donc, ce ne serait pas cool de ma part que de lui dire « Non, mais c'est bon, là, maintenant, tu es en retard. Franchement, ça ne va plus, là. Ça fait dix ans que c'est comme ça. Fais un effort. » Ben non, en fait. Parce que je sais qu'elle fait déjà des efforts. Et à côté de ça, elle s'en excuse. À chaque fois, elle me dit « Je suis désolée, je suis à la bourre, comme d'habitude. » Et parce qu'elle sait aussi, je pense... que ça peut être parfois déroutant qu'elle soit en retard, que ce soit pour moi ou pour quelqu'un d'autre. Et il y a cette notion aussi, c'est que même si on va faire des choses avec une amie, ça nous est déjà arrivé toutes les deux d'ailleurs. Où j'étais un peu, voilà, il suffit d'un petit SPM. Adeline, ça y est, elle commence à être un peu plus sèche à l'écrit là. Sauf que Salomé, elle est peut-être soit en SPM aussi, soit dans une phase où elle ne va pas bien. Et du coup, en fait, ça lui fait monter les larmes. Et ben ouais, moi qu'est-ce que je vais dire ? Moi en plus je vais le savoir souvent, je vais le ressentir et je vais lui dire je suis vraiment désolée, je me rends compte que je parle sèchement, je suis désolée, là je suis en espérance. PMC, alors ça, c'est pas une excuse, c'est une explication, mais oui, voilà, en fait, c'est ça. Pour moi, c'est ça l'amitié, vraiment. Et c'est ça une amitié saine. Voilà,
- Speaker #1
et ça, ce que tu décris, c'est des petites tensions qui, justement, peuvent être réglées avec de la communication, de la tolérance, de la franchise. Et moi, justement, ce que je te disais avant, l'exemple que j'essaie de donner, c'était pas une petite tension, c'est justement, parfois, Parfois, il y a des gens qui n'acceptent pas l'autre comme il est, qui sont intolérants, et qui sont intolérants jusqu'au point de rejeter l'individu. Tu vois ? Et justement, je vais quand même rentrer dans le détail, c'est quand on devient parent, quand on devient mère, on vit un tel chamboulement que notre personne entière, l'individu qu'on est, change. C'est la matrescence. Et ça... Pointer du doigt ça et ne pas l'accepter, c'est d'une violence extrême, surtout quand la mère est encore en postpartum. Et ça, pour moi, justement, c'est inacceptable en amitié. C'est pas possible.
- Speaker #0
Tu vois, c'est fou parce que là, quand je t'entends dire ça, j'ai envie de pleurer. Mais parce qu'en fait, tu sais que ça m'est arrivé, qu'on m'a dit des choses. Moi, alors, notamment quand j'étais du coup en burn-out. Mais en fait, tu vois, je pense que je n'ai même jamais pris conscience vraiment que ce n'était pas normal. Je pense que j'ai accepté longtemps, en fait. J'ai accepté longtemps qu'on me dise des choses, qu'on me reproche des choses et que je m'en excuse encore parce que je pense que j'avais... Parce que déjà, je me remets toujours en question et malheureusement, je pense que je me remets parfois un peu trop en question. Ce n'est pas compliqué si quelqu'un me dit « tu as fait ça, ça m'a fait du mal » . Je vais en fait focus sur le fait que... J'ai fait quelque chose qui a pu blesser, je n'ai pas envie de pardon. Sauf qu'en réalité, des fois, quand tu analyses la situation, ce n'est pas tout à fait ce qui s'est passé. Tu as raison, il y a des choses qui ne sont pas tolérables. Quand on est malade, quand on a fait un burn-out, quand on devient parent, quand on découvre ses neuroatypies aussi. Quand on vit des épreuves. Quand on vit des épreuves dans la vie, oui, grave. Vraiment.
- Speaker #1
Et c'est justement à ça qu'on mesure une vraie amitié. C'est est-ce que les personnes, elles restent auprès de nous et est-ce qu'elles font preuve de patience et de... Est-ce qu'elles nous acceptent quand on vit des épreuves et des difficultés ? Est-ce qu'elles restent près de nous ou est-ce qu'elles vont pointer du doigt ce qui a changé, ce qui ne va pas selon elles ? Il y a vraiment une différence entre les petites tensions qui peuvent y avoir et qui se règlent avec la communication et justement ce type de comportement.
- Speaker #0
Quand on parlait de ce fait de pouvoir tout se dire, en fait, je crois que c'est là où je veux en venir, c'est à la communication. C'est pas... En fait, c'est toujours la même chose, c'est pour moi, et je devrais vraiment l'appliquer dans notre couple, on essaye, mais punaise ! C'est pas toujours facile, mais en fait, quand on communique, et qu'on communique sainement, la plupart des tensions, elles peuvent se dissiper. Sauf si... Il y a une incompatibilité, sauf s'il n'y a plus d'amour, sauf si... Il y a plein de choses qui peuvent engendrer aussi. Le fait qu'on ne soit pas soi-même à cet instant précis, qu'on soit, je ne sais pas, qu'on soit emporté par plein de choses, mais...
- Speaker #1
La fatigue !
- Speaker #0
La fatigue, parlons-en !
- Speaker #1
La fatigue, ça joue, ça joue tellement !
- Speaker #0
Quand on est parent, on est généralement très fatigué, mais quand on est neuroatypique, même sans avoir des enfants, on l'est aussi. Et c'est vrai que ça peut venir un peu perturber tout ça. Je crois qu'on a fini, Salomé.
- Speaker #1
Incroyable. Encore, encore,
- Speaker #0
encore. Je pense qu'on va laisser les auditeurices décider de fait-on un autre épisode ? Fait-on un épisode encore sur l'amitié ou fait-on un épisode avec des questions même de la vie ? Si ça vous tente qu'on retente l'expérience. Et surtout, si vous avez des questions à poser, vous pouvez les laisser en commentaire ou venir me les écrire, me les envoyer sur mon compte Instagram Murmure Atypique. En tout cas, je ne sais pas toi, mais moi, j'ai passé un super moment. C'était trop cool.
- Speaker #1
Oui, moi aussi, c'était trop bien.
- Speaker #0
Merci Salomé. C'était trop chouette de parler de tout ça avec toi.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
On se dit à tout vite. Alors nous, c'est sûr. et pour les auditeurs et auditrices prenez soin de vous et à tout bientôt pour de nouvelles réflexions atypiques. Ciao ciao !