- Speaker #0
Bienvenue dans Murmure atypique, moi c'est Adeline, femme neuroatypique et maman, et j'ai eu envie de créer cet espace pour parler de sujets qui nous touchent et nous questionnent. Au fil des épisodes, seuls ou avec des invités inspirants, on brise le silence sur le TDAH, l'autisme, la parentalité, la santé mentale et toutes ces expériences de vie qui nous font parfois nous sentir un peu différentes. Ici, on met des mots sur ce que l'on ressent. On découvre d'autres façons de voir les choses et peu à peu, on apprend à mieux se comprendre. Alors, installez-vous et laissez-vous porter par ces histoires qui nous rappellent que l'on n'est pas seul. Hello, hello ! On se retrouve aujourd'hui pour un nouvel épisode. Je profite que Sam soit allée à la piscine avec Alice pour reprendre le micro. Aujourd'hui, on va parler d'un sujet que vous m'avez demandé d'aborder, à savoir... La médicamentation du TDAH. Il y a vraiment tout un tas de questions qu'on peut se poser par rapport à cette médicamentation du TDAH. Moi-même, je m'en suis pas mal posée. Je me suis demandé si prendre un médicament, ça signifiait que je n'arrivais plus à m'en sortir seule. J'avais peur de perdre une partie de ma personnalité. Je me demandais si vraiment le méthylphénidate allait vraiment transformer mon quotidien. On pense parfois à tort que le traitement est réservé uniquement aux personnes qui sont au bord de l'épuisement, alors qu'en réalité, on va dire que c'est plus nuancé que ça. Ce qu'on va aborder dans cet épisode, c'est le fonctionnement de la médicamentation, les bénéfices possibles, les effets secondaires, comment on suit tout ça, les craintes qu'on peut avoir, mais aussi le fait que ça peut être tout simplement un choix personnel. Aujourd'hui, on va parler... principalement du méthylphénidate parce que déjà c'est la molécule qui est utilisée en France dans le traitement du TDAH. Je ne parlerai pas forcément de toutes ces autres choses qu'on peut coupler à la médicamentation pour un quotidien plus apaisé et plus sain mais évidemment on parle de manière générale d'une prise en charge globale du TDAH qui ne se limite pas à la simple prise d'un médicament. L'objectif ici n'est ni de... convaincre de prendre un traitement, ni de dissuader, c'est juste en fait de vous donner les éléments que moi j'ai en ma disposition pour vous aider à réfléchir avec un professionnel de santé, à savoir si oui ou non c'est une solution qui serait envisageable et possible pour vous. Dans cet épisode, vous allez du coup comprendre ce qu'est la médicamentation du TDAH, comment fonctionne le méthylphénidate, ce qu'on peut en attendre, mais les effets secondaires qui peuvent y être associés également, et aussi comment se déroule la recherche d'un traitement adapté. On parlera évidemment des questions que l'on peut se poser avant de commencer le traitement, donc la peur de changer, la culpabilité d'avoir besoin d'une aide extérieure, la crainte de devenir dépendante ou encore des doutes sur ce que le médicament pourrait changer dans notre quotidien. A la fin de cet épisode, j'espère que vous aurez des repères pour mieux comprendre cette possibilité thérapeutique, qui n'est qu'une possibilité évidemment, que vous saurez aussi distinguer les idées reçues des informations médicales qui sont réelles et concrètes. Et le tout vous permettra probablement de réfléchir à vos propres questions, que vous preniez déjà un traitement, que vous envisagiez d'en prendre un ou que vous ne souhaitez pas vous médicamenter du tout. Dans cet épisode, je vais également parler de mon expérience avec le méthylphénidate et je vais aussi illustrer tout ce dont on a parlé avec des témoignages de plusieurs personnes qui ont pris un traitement à base de méthylphénidate. Évidemment, comme toujours, je vous rappelle que je ne suis pas professionnelle de santé, je partage ici... des informations que j'ai en ma disposition. Cet épisode ne remplace en aucun cas un avis médical, il est vraiment juste là pour partager, pour créer un dialogue autour de sujets qui sont importants pour moi et qui semblent importants pour vous, mais vraiment, si vous avez le moindre doute, tournez-vous vers un professionnel de santé qualifié. Alors j'aimerais commencer par expliquer ce qu'est exactement le méthylphénidate. assez bref, c'est un psychostimulant qui est utilisé dans le traitement du TDAH. Il va agir sur des mécanismes cérébraux qui impliquent notamment la dopamine et la noradrénaline. L'objectif de ce traitement, c'est de réduire certains symptômes du TDAH, mais aussi et surtout leur impact dans votre quotidien. Quand je parle de symptômes du TDAH, j'en ai cité beaucoup dans mon épisode qui est justement dédié aux symptômes, mais pour vous en citer quelques-uns, c'est la difficulté d'attention, La distractabilité, l'impulsivité et parfois certaines manifestations de l'hyperactivité, je dirais plutôt l'hyperactivité mentale que motrice, bien que les deux sont souvent liés, je trouve. Il faut savoir que... les bénéfices vont vraiment être variables d'une personne à l'autre. Et il faut savoir aussi qu'un traitement ne va pas faire disparaître le TDAH. C'est vraiment important de le savoir parce que quand je me suis questionnée sur la médicamentation, moi j'ai beaucoup eu affaire à des témoignages très positifs sur la médicamentation qui parlaient vraiment d'effets incroyables, d'un changement de vie radical, de vraiment de... toutes les difficultés qui s'en allaient et moi je ne l'ai pas du tout vécu comme ça et autour de moi, je dirais que la médicamentation a vraiment été plus nuancée que ça. Je ne dis pas que ça ne fonctionne pas, attention, je dis que vraiment, c'est important de savoir qu'on ne va pas réagir de la même manière qu'une autre personne à la médicamentation. Tout simplement parce qu'on n'a pas les mêmes intensités de symptômes, on n'a pas non plus les mêmes difficultés au quotidien et puis on n'a pas la même tolérance aux médicaments aussi. Du coup, il y a vraiment plein de facteurs, plein de variables qui vont faire qu'on ne va pas pouvoir juste espérer les mêmes résultats que l'on a vus chez une autre personne. Que ce soit en positif ou en négatif d'ailleurs.
- Speaker #1
Je m'appelle Chloé, j'ai 42 ans. J'ai été diagnostiquée de mon TDAH en avril 2022. Mon enfant avait donc un an et demi, donc postpartum. J'avais des difficultés du coup dans le quotidien, d'organisation, de planification. de gestion des priorités, de maintenir mon attention sur un travail en particulier. Je m'éparpillais beaucoup. Le méthylphédidate, il m'aide beaucoup à me concentrer. Il aide beaucoup à gérer mes émotions, à gérer l'impulsivité. Mais ça, c'est fou. J'ai un enfant qui est petit et je note vraiment que quand je ne prends pas mon... mon méthylphénidate pendant deux jours, le troisième jour, vraiment, je manque de patience avec lui. Donc là, moi, d'être capable de parler calmement, d'arriver à prendre du recul par rapport à ce qui m'arrive, au moment où ça m'arrive, enfin là, vraiment, je dis merci le méthylphénidate.
- Speaker #0
J'aimerais aussi en profiter pour débunker une idée reçue qui est encore belle et bien présente, c'est que le méthylphénidate n'est pas une drogue.
- Speaker #1
Oui, j'aimerais que les gens sachent que ce n'est pas une drogue, parce qu'autour de moi... Je pense à mon compagnon et ma mère, notamment, qui pensaient que c'était une drogue. Le fait que l'ordonnance soit ultra sécurisée, etc., ça met dans la tête à mon entourage que je prends un produit psychotrope qui me speederait en plus. Donc, on est vraiment dans un espèce de non-sens total.
- Speaker #0
Effectivement, c'est une substance psychostimulante qui est réglementée. Elle va vraiment être prescrite dans un cadre médical précis. Et c'est vrai que quand on voit... qu'on doit disposer d'une ordonnance sécurisée pour aller récupérer son traitement, ça peut faire peur parce que ce sont les mêmes protocoles qui sont utilisés pour des substances plus addictives. Et alors forcément, ça fait tiquer. Et moi, sur le coup, la première, je me suis dit mais attends, dérivé d'amphétamines, je me retrouve avec une ordonnance sécurisée, c'est qu'il y a peut-être un souci. J'ai tout simplement posé la question à mon psychiatre parce que pour moi, c'était important de savoir s'il y avait une possibilité de dépendance au traitement. On y reviendra, mais c'est un médicament qu'on peut arrêter du jour au lendemain. C'est même un médicament qu'on n'est pas obligé de prendre tous les jours. Donc vraiment, je pense qu'il faut peut-être éviter l'opposition trop simple entre médicament et drogue, parce que on est d'accord que prendre un médicament, ce n'est jamais anodin, ça c'est clair et net. Mais entre se médicamenter et se droguer, il y a vraiment une grosse différence. Et la différence pour moi, elle commence dès le moment où en fait cette médicamentation est encadrée. Quand j'ai demandé à mon psychiatre, mais alors pourquoi c'est si sécurisé ? Il m'a expliqué qu'en fait, il y avait des personnes qui n'avaient pas de TDAH qui pourraient être très intéressées par cette substance, par ce psychostimulant, parce qu'elle va justement augmenter les capacités d'attention, elle va faire en sorte qu'on puisse rester un peu plus focus, d'être moins distrait par ce qui nous entoure. Et il me disait, par exemple... des étudiants pourraient être très intéressés par cette molécule, parce que, tout simplement, ça va les aider à rester réveillés plus longtemps, à pouvoir rester focus vraiment sur leurs études, vraiment dans le but de réussir plus. Il me disait qu'il y en a même qui pouvaient juste avoir envie d'essayer, juste pour voir ce que ça fait le temps d'une soirée. Sauf que, si on n'a pas un TDAH, prendre du méthylphénidate, c'est pas conseillé du tout, c'est déconseillé, c'est proscrit. Pour la simple et bonne raison qu'en fait, votre corps n'en a pas besoin, votre cerveau n'en a pas besoin. Et c'est pour éviter ces dérives que l'ordonnance et la prescription est si sécurisée. Il y a aussi autre chose qui pourrait être intéressant d'aborder aujourd'hui, c'est que ce n'est pas... parce que c'est un psychostimulant que c'est là pour venir nous exciter ou nous donner de l'énergie. Je dis ça parce que psychostimulant, ça peut être un peu trompeur et c'est important de vraiment distinguer l'amélioration éventuelle de symptômes du TDAH d'une sensation vraiment de stimulation. Parce qu'on le sait, quand on a un TDAH, généralement, on en vient à être trop stimulé, à être surstimulé. Donc on peut se dire, attends, mais psychostimulant, mais moi ça va, en termes de stimulation, c'est bon. j'en ai déjà assez, mais vraiment ça n'a rien à voir. D'ailleurs, le méthylphénidate ne remplacera jamais du sommeil, jamais du repos. Ce n'est pas vraiment une prise en charge adaptée pour l'épuisement. Et maintenant que je vous ai dit ce que le méthylphénidate ne remplace pas et dans quel cas en fait il est juste proscrit, ça va être intéressant de discuter dans quelle situation en fait on peut envisager un traitement.
- Speaker #2
Moi c'est Salomé, je suis graphiste freelance. Le diagnostic du TDAH, il est tombé peu de temps après être devenue maman. En fait, la maternité, ça m'a fait me poser beaucoup de questions et je pense que j'ai complètement décompensé. C'était en 2022, janvier 2022, le diagnostic a été posé, donc là ça va faire bientôt deux ans. Ce qui m'a amenée à envisager la médication, c'était l'envie de changement, de voir si ça pouvait améliorer mon quotidien. J'ai commencé à prendre le traitement il y a quelques mois. Je suis encore au début, je suis encore un petit peu en train de tâtonner, même si mon traitement maintenant il est posé, ça fait plusieurs mois que je le prends. Ce qui m'a amenée à envisager la médication, c'est clairement les difficultés de concentration, les difficultés pour se mettre à la tâche, pour enclencher une action, et après pour rester concentrée, pour ne pas m'éparpiller à droite et à gauche, notamment par rapport au travail, car étant indépendante, j'ai besoin absolument de poux. pouvoir être plus efficace et avancer dans mes tâches puisque je n'ai personne derrière moi qui va me cadrer ou me briefer.
- Speaker #0
Alors généralement, la mise en place du traitement, elle va vraiment se faire dans une prise en charge globale. Ce n'est pas forcément, contrairement à ce que j'ai pu penser, le dernier recours. Je m'explique. Quand on m'a diagnostiqué mon TDAH, personnellement, j'étais complètement contre la médicamentation. Toutes les idées reçues que je vous ai citées tout à l'heure, eh bien... Ce sont des idées reçues que j'avais moi-même. Alors forcément, pour moi qui de base réfléchis déjà beaucoup à prendre un Doliprane, eh bien prendre un traitement pour gérer ce TDAH, ce n'était pas une option. Je voulais essayer d'abord de faire tout le reste avant même de penser à cette médicamentation. Et en vrai, pourquoi pas ? Ça va vraiment dépendre, je pense, de l'impact qu'a le TDAH dans le quotidien, de la sévérité du trouble et de si on arrive... à le manager, à avoir une vie entre guillemets normale et sereine en mettant en place des stratégies de compensation. Je pense d'ailleurs qu'au départ, c'est ce qui s'est passé pour moi. Je faisais une thérapie TCC avec une neuropsychologue qui me donnait des outils pour mieux gérer mon TDAH, pour mieux le vivre, et ça fonctionnait plutôt bien. C'est qu'une fois qu'Alice est née et que j'ai décompensé, aussi parce qu'un manque de sommeil qui ont fait vraiment... quadrupler mes symptômes, ou en tout cas l'effet des symptômes, l'impact des symptômes sur ma vie, que je me suis dit, ok, là j'y arrive plus seule. Mais j'ai quand même peut-être un peu trop attendu avant de me pencher sur le sujet. Justement, on peut se demander, quand est-ce que c'est le moment d'envisager une médicamentation ? Eh bien, je pense que, comme je vous le disais avant, quand le TDAH commence à avoir des impacts vraiment trop importants dans votre vie.
- Speaker #3
Bonjour, je m'appelle Olga, j'ai été diagnostiquée avec un TDAH. sans hyperactivité en septembre 2026. Alors j'ai commencé la Ritalin début septembre, donc ça fait un peu plus d'un mois. C'était le médicament que m'a conseillé et m'a prescrit mon psychiatre. Pourquoi j'ai accepté ce médicament ? C'est parce que je voulais alléger mon quotidien, surtout en tant que mère de deux enfants en bas âge, un quotidien très chargé, un habitant à Paris. c'est surtout ce sentiment d'être... toujours dépassé par le quotidien, par ce qui se passe dans le monde, par les pensées. Et la deuxième raison, c'était pour pouvoir avancer avec mes projets professionnels. Je stagne depuis quelques années, depuis que je suis mère, et je n'arrive pas à avancer. Et à chaque fois, je me disais ça cause de la fatigue, à cause d'un quotidien déjà chargé.
- Speaker #0
Quand vous voyez que vous ne fonctionnez plus très bien, que ça vous fatigue de trop, que même votre entourage remarque certaines choses, C'est vraiment important d'aller se faire accompagner et à ce moment-là, le professionnel de santé, le psychiatre en l'occurrence, puisque c'est le seul à pouvoir vous prescrire ce traitement, ira évaluer. de la nécessité ou non d'un traitement. Parfois, il y a même besoin de traiter autre chose avant de venir traiter le TDAH. Ça a été clairement mon cas. On m'a mis sous méthylphénidate alors que j'avais énormément d'anxiété. Et ça a été complètement contre-productif. J'ai eu des effets secondaires qui étaient ingérables au bout de quelques jours seulement et avec des doses très faibles. Il faut savoir aussi que j'ai vraiment une sensibilité vraiment des médicaments. Et clairement, ce n'était pas la bonne option. Au point où j'ai de toute façon dû l'arrêter. parce que c'était mes horribles sensations que je ressentais en moi. Mon anxiété, elle était quadruplée. J'avais des palpitations. J'avais l'impression que, justement, alors je n'ai jamais pris de drogue, mais j'avais l'impression que j'étais sous extasie. Aussi de parce que j'ai pu voir à la télévision ou dans les représentations de personnes qui ont pu prendre ce type de substances, mais vraiment, c'était une sensation horrible. Et quand on est déjà hyperactive, mais qu'on se retrouve presque 4 fois plus hyperactive et 4 fois plus anxieuse, croyez-moi, on a l'impression qu'on va pouvoir mourir d'un instant à l'autre. Alors désolé, je dis ça de façon très crue avec vraiment ce que j'ai pu ressentir à l'instant T. Et évidemment, ne prenez pas mon cas comme que vous allez vivre vous. Je le répète, mais chaque personne vit différemment ce genre de choses.
- Speaker #4
Coucou ! Alors moi c'est Laura, j'ai 35 ans, j'ai été diagnostiquée TDAH en pleine période du postpartum à cause d'une dépression postpartum et c'est ce qui a mené les questionnements et le diagnostic par un psychiatre. La médication ça n'a pas été une solution dès le départ pour moi. En fait j'ai d'abord essayé de chercher un petit peu ce que c'était le TDAH. et comment je pouvais gérer ça dans mon coin. Cependant, je voyais bien que c'était très compliqué, en tout cas dans la période dans laquelle j'étais. C'est du coup ce qui m'a emmenée à faire ce diagnostic pour pouvoir mettre en place une médicamentation. Et les difficultés qui m'ont menée à cela, c'est que j'étais constamment surchargée de pensées, d'idées. de conversations dans ma tête qui font que j'étais épuisée. Dans mon travail, je n'arrivais absolument pas à avancer, je n'arrivais pas à surmonter les obstacles qui se présentaient devant moi. Et en fait, ce que je recherchais un petit peu potentiellement pour la médicamentation, c'était de pouvoir avoir une seule idée à la fois, me sentir moins épuisée et m'aider dans mon travail au jour le jour.
- Speaker #0
On a tous notre vécu. tous nos symptômes, tous nos troubles à gérer. Moi, clairement, à l'instant T, la priorité, c'était de gérer cette anxiété et pas de traiter le TDAH. Alors, bien sûr, l'anxiété est une co-occurrence du TDAH et du TSA d'ailleurs, mais bon, je n'avais pas encore notion que j'avais un TSA quand j'ai pris du méthylphénidate pour la première fois, première et dernière fois pour le moment en tout cas. Mais bref, vraiment, c'est là où je le redis, entourez-vous d'un professionnel de santé qui est compétent, qui va écouter chaque chose que vous allez lui dire, parce que moi j'avais bien dit à la psychiatre que j'avais consulté. Par contre, j'ai vu que le méthylphénidate, quand on en prend et qu'on a de l'anxiété, j'ai vu que ça pouvait augmenter l'anxiété. Mais moi j'ai déjà beaucoup d'anxiété, est-ce que c'est ok ? Et on m'a répondu, oui, oui, pas de problème, au pire vous l'arrêtez, c'est tout. Sauf que, ben on m'a pas du tout expliqué notamment comment accompagner cet effet secondaire s'il se présentait. Bref, je dis ça parce que le deuxième psychiatre que j'ai vu n'a pas eu du tout le même discours. et a été assez surpris de la première prise en charge parce que pour lui, c'était une évidence que ce que j'ai ressenti allait se produire. Donc comme quoi, ça aurait pu être évité probablement.
- Speaker #4
Cependant, ce qui a été difficile pour moi, c'est de maintenir cette médicamentation au jour le jour. Donc forcément, il y a eu des loupés, il y a eu des jours où je n'ai plus rien pris. Et j'ai eu une longue période de plusieurs semaines où je ne prenais plus rien, vraiment par oubli complet. Et lorsque j'ai repris, ça n'a plus du tout été la même chose pour moi. Car entre-temps, j'ai un niveau d'anxiété qui a été exacerbé. Pour x ou y raison, moi-même, je ne sais pas trop pourquoi. Et à cette époque-là, je ne savais pas trop que c'était de l'anxiété. Maintenant, je le sais. Et le problème que j'ai eu à ce moment-là, c'est que lorsque cette anxiété a augmenté, En prenant le traitement, j'ai commencé à me sentir très vite en tachycardie, à bout de souffle, comme si j'étais en crise de panique en fait. Donc je l'ai très vite arrêté à nouveau.
- Speaker #0
Alors on n'est pas non plus obligé d'avoir tout essayé avant. Quand je dis tout essayer, c'est mettre en place des stratégies d'organisation, des aménagements, de la psychothérapie, etc. avant d'avoir besoin d'un médicament. Je vous le dis parce qu'on peut parfois, on risque en tout cas de tomber de haut si on pense que la médicamentation est forcément quelque chose qu'on teste en dernière intention. Alors évidemment, quand on a un TDAH qui se manifeste de façon légère, où finalement les symptômes ne sont pas trop handicapants ou impactants au quotidien, que me disait mon psychiatre, c'est que c'est intéressant de tester d'autres choses avant de passer à la médicamentation.
- Speaker #4
Après, je pense qu'il y a plein d'autres solutions que la médicamentation. Je ne les connais moi-même pas toutes, mais ça commence quand même pas mal à se démocratiser. Et quoi qu'il arrive, c'est vraiment en parler avec son médecin. poser toutes les questions qu'il y a à poser, ne surtout pas hésiter et ne pas rester silencieux sous prétexte que mon médecin a fait tant et tant d'études et qu'on peut parfois un petit peu les considérer comme les dieux sur terre. Je pense que nous, on est patients, il faut qu'on prenne toutes les infos qui sont possibles de prendre, il faut qu'on prenne un peu notre pouvoir là-dedans et qu'on puisse décider pour nous de ce qu'il y a de mieux à faire.
- Speaker #0
Mais quand on est déjà à un niveau où on a décompensé, ou alors qu'on s'est rendu compte un peu tard qu'on avait un TDAH, qu'on n'a pas remarqué en fait qu'on était en train de sombrer, ou même qu'on est de base un TDAH sévère, et bien parfois la médicamentation va être la première porte d'entrée.
- Speaker #3
J'ai commencé à prendre 10 mg de Ritalin début septembre pendant 10 jours et en même temps j'ai commencé à faire... une thérapie avec un psychologue spécialisé, un TDAH adulte. J'ai senti beaucoup de motivation, j'ai senti un effet très positif sur moi, sur le fait que j'étais assez productive. Au moment où je savais que je devais faire les choses, je le faisais très bien. J'arrivais à passer d'une action à l'autre beaucoup plus facilement, plus l'organisation que j'ai mise en place, une organisation beaucoup plus stricte qu'avant. J'ai senti vraiment une stimulation interne avec les 20 mg le jour où j'ai passé à 20 mg. Le premier jour, j'ai réussi à avancer avec un projet que j'avais mis de côté pendant des années. J'ai réussi à travailler presque 4 heures non-stop. Je n'arrivais pas à m'arrêter.
- Speaker #0
Par contre, c'est important de bien se souvenir, en tout cas c'est ma vision des choses et c'est celle de mon psychiatre, que les approches médicamenteuses et non-médicamenteuses peuvent être complémentaires. Ce n'est pas parce que vous prenez un traitement que vous ne pouvez ou que vous ne devez pas essayer de mettre en place des stratégies, essayer d'autres choses qui pourraient vous faire du bien.
- Speaker #3
Ce qui a été très important pour moi, c'est de comprendre que le médicament, la Ritalin, ne fait pas tout. Il ne faut pas reposer sur ce médicament comme sur une pilule miracle, ça n'existe pas, les miracles n'existent pas, les pilules miracles n'existent pas. Le seul miracle c'est nous, c'est un travail de tous les jours, c'est tous les jours faire un peu de son mieux pour aller mieux, pour gérer mieux son quotidien, pour avoir de meilleures relations avec son entourage, avec ses proches, avec ses enfants, ses parents, avec un couple. Donc c'est un effort qu'il faut faire consciemment, tous les jours, en plus du médicament. Il faut comprendre comment ça marche, comprendre à quel moment le médicament aide à faire Les tâches intellectuelles compliquées, pénibles, et faire tout pour le faire à ce moment-là. Et ne pas rater cette fenêtre, c'est important, je pense. Après, quand le médicament n'est pas pris ou oublié, ou n'est plus efficace en fin de journée par exemple, faire d'autres choses pour quand même gérer bien son TDA, TDAH. Le sommeil, l'alimentation, la bienveillance vers soi, le repos. la méditation, la respiration, toutes ces petites choses, l'ensemble fait que ça marchera et ça marche. Mais pas le traitement en 100%. Le traitement, c'est juste une petite partie d'un tout ensemble. Et c'est ça ce qui est beau, je trouve, en même temps, parce qu'on devient plus sain, je pense. Une approche beaucoup plus saine dans sa vie.
- Speaker #0
C'est généralement pas le psychiatre qui met en place ce genre de thérapie. Ça va être plutôt de l'ordre d'un neuropsychologue ou d'une psychothérapeute, ou même d'autres domaines de santé. J'en viens à une question qui me perturbait un petit peu, c'est que moi me dire que je devais prendre un traitement toute ma vie, c'était vraiment difficile. Évidemment, je sais qu'il y a des pathologies pour lesquelles on n'a pas le choix. Il y a des personnes qui ont des maladies qui nécessitent un traitement à vie. Mais dans le cas du TDAH, je me disais qu'en fait, c'était possible de faire autrement. Et du coup, quand on m'a parlé du traitement, je me suis dit mais en fait... Enfin, ça m'a rendu triste, je me suis dit mais moi, je ne me voyais pas prendre un traitement toute ma vie. Et ce qu'on m'a dit m'a plutôt rassurée.
- Speaker #2
Alors aujourd'hui, je continue toujours de prendre mon traitement. Comme je disais, je prends surtout 30 mg le matin et... 30 mg le midi, ça m'aide à travailler. Le week-end, pendant les vacances, je ne le prends pas. Déjà, je n'y pense pas forcément parce que je n'ai pas la même routine, mais je n'ai pas envie d'en prendre tout le temps et d'être trop dépendante, même si forcément, je le suis quand même parce que je le prends pour travailler, mais ça répond à ma problématique principale, en fait, qui était de pouvoir me mettre à la tâche pour travailler et rester concentrée sans me disperser.
- Speaker #0
Ce que mon psychiatre m'a dit, c'est, en fait, C'est pas parce que vous décidez de prendre un traitement aujourd'hui que vous en aurez besoin toute votre vie. Tout comme le TDAH n'est pas linéaire dans une vie. En tout cas, pas chez la majorité des personnes. Parfois, on a des périodes où on décompense. Parfois, on a des périodes... Et quand je parle de périodes, c'est généralement des longues périodes de vie, où on va devenir parent, et du coup, on va pouvoir peut-être décompenser le TDAH. Les symptômes du TDAH vont être très élevés à cette période-là. Peut-être. Peut-être pas d'ailleurs. Et puis on va peut-être à un moment donné être dans une période plus calme de sa vie où les symptômes vont être un peu plus équilibrés. Moi par exemple, quand j'étais plus jeune, l'inattention était très présente. Et quand j'ai avancé dans ma vie, l'hyperactivité a pris le dessus à l'âge adulte. Aujourd'hui, j'ai l'impression que c'est mon TSA qui prend le dessus sur mon TDAH. C'est comme si j'avais été plusieurs personnes au cours de ma vie, mais ce qui est en réalité le cas puisqu'on évolue, on change. Et je pense que même en termes de fonctionnement, vu que l'environnement change, admettons on part de chez ses parents pour s'installer en tant que jeune adulte, on change d'environnement, on change de cadre, et forcément ça peut nous mettre en difficulté ou non. Et tout ça, en fait, ça va prendre en compte, et ça explique aussi pourquoi le TDAH n'est pas linéaire au cours d'une vie. Tout comme le TDAH n'est pas linéaire au cours d'une vie, la médicamentation ne sera pas forcément nécessaire tout au long de votre vie. Il y a peut-être des personnes pour qui ça va être le cas, qui en auront besoin pour toujours. Et il y a aussi des personnes qui vont prendre un traitement, mais qui vont aller justement chercher des stratégies de compensation pour justement essayer de tendre vers une vie plus apaisée en ayant à terme plus besoin de la médicamentation. En fait, il y a plusieurs scénarios possibles. Donc vraiment, c'est encore différent. Pour les antidépresseurs, parce que, par exemple, des antidépresseurs, ça vient soigner vraiment une dépression qui est là à l'instant T et qui, à un moment donné, quand même, devrait disparaître. Donc, le traitement ne sera plus nécessaire. Le TDAH, c'est différent parce que le TDAH, en fait, ne s'en ira pas. Il restera, mais ses symptômes, eux, vont diminuer. Et il y a même parfois des symptômes qui disparaissent. Je ne veux pas vous donner des faux espoirs, mais il y a quand même plein de choses qui font qu'on n'est pas obligé de prendre un traitement toute sa vie.
- Speaker #4
Donc à ce jour, je ne prends plus de traitement, puisque mon anxiété est encore trop présente, et je pense qu'il faut d'abord que je travaille ça. En soi, il y aurait certainement d'autres solutions, et je pense que l'anxiété clairement ne vient pas de nulle part, il y a peut-être d'autres éléments dont la neuro-atypie a recherché, c'est fort probable. C'est pas pour tout de suite en ce qui me concerne, mais voilà, je garde à l'idée que... à un moment donné, la médicamentation TDAH a plutôt réussi à me faire du bien. Mais pour le moment, je sais que c'est pas OK. Je retenterai, très certainement, parce que je pense que ça peut être intéressant de mettre quelques petites choses en place, même si ça ne nous demande pas forcément de prendre le traitement tous les jours. Mais voilà, il y a des périodes dans la vie, notamment au niveau du travail ou à l'occasion de certains événements publics, on va dire. où le traitement pourrait faire du bien. Mais pour le moment, ce n'est plus possible pour moi.
- Speaker #0
Revenons au cœur même de cet épisode, même si on ne l'a jamais vraiment quitté, le méthylphénidate. Le méthylphénidate, c'est une substance qui va venir soutenir le TDAH. Quand je vous dis méthylphénidate, vous pouvez vous dire que vous n'avez jamais entendu parler de ce médicament. C'est tout simplement parce que ce n'est pas un médicament. C'est la substance active. Et il y a plusieurs formulations. de cette substance active. En France, on a par exemple l'aritaline, le concerta, le médikinet, le quasime. Ces formulations ont toutes des différences. C'est d'ailleurs pour ça qu'il y a plusieurs formulations. Et il faut savoir qu'il y en a une qui peut fonctionner et une autre qui peut ne pas marcher. Ou avoir en tout cas des effets secondaires qui sont beaucoup trop élevés pour vous. Elles ne sont pas du tout interchangeables. Donc ça veut dire qu'on va rester sur une formulation, la tester, avant d'en tester une autre. Et elles ne vont pas forcément être prescrites pour les mêmes personnes. Ça va vraiment dépendre de votre profil. Une autre chose à savoir, c'est qu'il y a deux types de formulation. Celle à libération immédiate ou prolongée. Pour vous expliquer très facilement ces notions, libération immédiate, c'est que le méthylphenidate va être libéré rapidement. Et donc, son effet va commencer généralement assez vite. Par contre, il dure moins longtemps. Donc, il faut parfois... plusieurs prises dans la journée pour couvrir les périodes durant lesquelles on va en avoir besoin. Et la libération prolongée, en fait, ça va être un méthylphénidate qui va être libéré progressivement. Donc l'effet va durer plus longtemps avec une seule prise le matin, généralement. Ça va dépendre vraiment de la formulation. Et du coup, elle va être vraiment adaptée pour des personnes qui ont besoin que ça dure toute la journée. Pour vous donner une image facile à retenir, la libération immédiate, c'est un peu comme verser un verre d'eau d'un seul coup. Et la libération prolongée, c'est comme laisser couler l'eau progressivement. Donc, ce n'est vraiment pas une question d'un médicament plus dosé, plus fort. En tout cas, pas sur le simple fait qu'il soit libération prolongée ou immédiate. C'est vraiment juste une diffusion qui est différente dans le temps. Pour vous donner un ordre d'idée, la libération immédiate, elle va pouvoir durer généralement... si je ne me trompe pas, je vous invite à vérifier ces données, mais je pense ne pas me tromper, entre 3 et 5 heures, alors que la libération prolongée, ça va plutôt être du 6 à 8-12 heures. Je vous explique tout ça, mais concrètement, c'est le psychiatre qui décidera en fait s'il vous faut du LP, donc libération prolongée, ou une formulation qui est plutôt immédiate. D'ailleurs, comme je vous le disais avant, c'est le psychiatre qui décide de la prescription. C'est lui qui est chargé de la surveillance du bon déroulement du traitement. Avant de vous prescrire le traitement, vous devrez passer un bilan cardiovasculaire. En France, c'est comme ça en tout cas. Je ne sais pas quelles sont les réglementations dans les autres pays. Pour vous dérouler un peu comment ça s'est passé pour moi, je suis allée chez la psychiatre. Elle me disait que j'avais un TDAH avec une hyperactivité très élevée. et que c'est probablement ça qui me menait sans cesse au burn-out. En plus, évidemment, des autres symptômes liés au TDAH. Elle m'a donc conseillé la médicamentation. J'ai dû faire un bilan cardiovasculaire qui était positif, enfin qui était bon, suite auquel on a pu commencer à mettre en place la première formulation. Donc moi, j'ai pris de la Ritalin en première intention, je crois. Ou alors, ce n'était pas de la Ritalin ? Je crois que c'était de la ritaline. En généralement, le ou la psychiatre va choisir la formulation qui semble la plus adaptée à votre problématique. N'oubliez pas de bien mentionner si vous avez de l'anxiété ou toute autre chose qui pourrait être utile, comme, je ne sais pas, une hypersensibilité aux médicaments, une allergie, enfin vraiment des choses, votre historique médicale, c'est très important. Et ensuite, elle choisit ou il choisit une formulation. Pour le dosage, ça va vraiment varier d'une personne à l'autre. Généralement, on ne commence jamais par la dose la plus élevée. Et ce n'est d'ailleurs pas l'objectif principal. On commence vraiment par une petite dose et on augmente par palier jusqu'à atteindre une dose qui est vraiment le bon équilibre entre les bénéfices que ça vous apporte et l'absence idéalement d'effets indésirables ou en tout cas des effets indésirables qui ne sont pas trop importants.
- Speaker #1
Ce qui était plutôt bien avec la Ritalin au départ, c'est que j'avais certes mal à la tête, mais c'est surtout quand je l'oubliais, que je ne la prenais pas, que je sentais que je ne l'avais pas prise. Au travail, je n'arrivais de nouveau plus à réfléchir, alors que quand je la prenais, on va dire que c'était un peu plus calme dans ma tête. Mais au vu des effets secondaires, ce n'était pas possible de garder la Ritalin. Le Medikinet ne m'a absolument procuré aucun effet, que ce soit positif ou négatif. Le Quasim également. Et on a fini par aller sur le dernier médicament qui existe en France, qui est le Concerta, où là, ça commençait un petit peu à aller mieux. Cependant, j'avais beaucoup de gros, gros down vers 16h. Donc ça, c'était assez compliqué. C'est-à-dire que le médicament, il tenait bien, on va dire, en prolongé sur la journée. Mais à partir de 16h-17h, j'avais une très, très grosse fatigue qui s'installait. On a fini par mettre en place Concerta le matin, puis Ritalin l'après-midi, à un petit dosage qui fait que je n'avais pas mal au crâne. Ça déplaçait mon gros coup de fatigue à 20 heures, ce qui était moins problématique, on va dire, sur le reste de la journée.
- Speaker #0
Ce que j'aurais aimé savoir, moi, avant ce test de médicamentation, c'est aussi que le premier essai ne suffit pas toujours, voire rarement. Généralement, on doit tester plusieurs formulations. Quand on a de la chance, on teste une formulation et ça marche tout de suite avec un dosage classique, celui que prendrait la majorité des personnes TDAH. Mais je pense que ce cas est plutôt rare.
- Speaker #1
Donc, dès le diagnostic et en parlant avec ma psychiatre, sachant qu'en effet, je voulais tester les médicaments, mais je n'étais pas non plus très opérationnelle, on va dire, à prendre une médicamentation jour le jour. Donc, elle a bien répondu à mes questions. Et j'ai testé tous les traitements qui existent à base de méthylphénidate. justement parce que ça a été un petit peu un parcours du combattant pour trouver le bon médicament, le bon dosage, la bonne postologie dans la journée. Et il fallait constamment ajuster ce qui avait été mis en place.
- Speaker #0
Donc vous voyez, c'est possible, mais c'est aussi possible que ça ne fonctionne pas du premier coup, que vous deviez tester plusieurs formulations, plusieurs dosages. Et on ne va pas se mentir, ça demande quand même de la patience.
- Speaker #1
Une chose importante que j'aimerais que les gens comprennent sur le méthylphénidate et la médicamentation de manière générale pour le TDAH adulte, c'est que clairement, ce n'est pas au premier essai que tout va devenir incroyablement miraculeux. Il va peut-être falloir tâtonner pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Si c'est quelque chose qu'on sent qu'on a besoin, je pense que c'est bien de tenir le coup, de tester toutes les possibilités qui existent en accord avec son psychiatre ou sa psychiatre et d'essayer de ne pas baisser les bras.
- Speaker #0
D'ailleurs, je vous invite à demander à votre psychiatre des astuces si vous avez du mal à prendre des médicaments sans les oublier, de vous aider à trouver des solutions, des stratégies pour avoir cette rigueur parce que ça sera vraiment important. Et du coup, suite... à la mise en place d'un traitement, l'objectif va être, dans le suivi justement avec le psychiatre, le ou la psychiatre, de voir quels sont les bénéfices de la prise de ce traitement. J'ai été hyper déstabilisée pour cette étape-là parce que je ne savais pas ce que je devais ressentir, ce que je devais attendre. En plus, moi, j'ai ressenti majoritairement des effets indésirables et pas de bénéfices, en fait. Du coup, forcément, ça a été d'autant plus difficile parce que je cherchais. Et puis, je me suis dit, mais moi, je me sens encore plus mal. Donc là, vraiment, je ne sais pas ce qu'on attend de moi. Et je ne savais pas, en fait, comment devaient se manifester clairement ces bénéfices.
- Speaker #2
La mise en place du traitement s'est faite très progressivement. Semaine par semaine, je crois, ou 15 jours par 15 jours, je devais augmenter la dose. Au début, j'avais peur. Et après, j'ai compris qu'il ne fallait pas que j'ai peur. Et du coup, j'ai testé. Et de toute façon, ma psy, elle m'a vraiment recommandé de tester. Depuis que je pouvais en prendre le soir également, que de toute façon, ça n'entacherait pas mon sommeil. Donc l'accompagnement médical, si j'ai besoin de voir ma psy en urgence, elle peut se rendre disponible pour moi. Elle répond, elle est réactive, elle est vraiment super. Elle est très rapide, évidemment, puisqu'elle a énormément de patients. Donc elle ne fait pas dans la dentelle. Mais moi, ça me va.
- Speaker #1
Après, c'est vrai qu'une fois qu'on a commencé vraiment à rentrer dans la discussion des médicaments, Les rendez-vous se passaient assez vite. On testait telle molécule, enfin plutôt tel médicament, tant et tant de milligrammes dans la journée et tant et tant de prises dans la journée. J'étais un peu laissée dans la nature comme ça, à essayer de savoir quels étaient mes symptômes, est-ce que je me sentais mieux dans la tête ou pas. C'était franchement pas facile.
- Speaker #0
Comme je le disais avant, ça va agir sur des symptômes comme l'attention, la distractabilité, l'impulsivité. et certaines manifestations de l'hyperactivité.
- Speaker #1
Je me sentais un peu mieux, je me sentais moins impulsive, j'avais l'impression que mes émotions étaient régulées de manière un petit peu plus apaisée que d'habitude et j'arrivais à travailler, on va dire, dans le calme, sans paniquer, sans procrastiner, sans avoir un sentiment d'urgence absolument constant.
- Speaker #3
Moi, je trouve que ça fait pas vraiment... Enfin, pour moi, ça fait pas d'effet sur tout ce qui est impulsivité. Je trouve que ça a peut-être même tendance à amplifier mon hyperactivité. Malgré tout, je trouve que ça m'aide à me concentrer. J'ai l'impression d'avoir vraiment les idées plus claires. Je me disperse moins, je suis plus concentrée. Je me mets aussi plus facilement à la tâche.
- Speaker #0
Comme les répercussions de ces symptômes dans votre vie vont être différentes de celles d'une autre personne, ça va être un avant-après à mesurer.
- Speaker #4
J'ai l'impression que les médicaments fonctionnent à peu près comme j'avais compris qu'ils allaient fonctionner. Avec les enfants, la routine du soir, j'arrive à la contrôler mieux, à gérer mieux. Les choses pénibles du soir, le ranger, les repas... des moments qui peuvent être compliqués, le couchage, quand personne ne veut aller au lit, quand tout le monde est fatigué, malade. Et avant, j'avais besoin de manger du chocolat pour pouvoir tenir, donc c'était mon antistress. Maintenant, j'arrive à le faire sans chocolat parce que je pense que j'ai une fatigue cognitive globalement moindre, ce qui fait que le soir, j'arrive à tenir mieux, à faire toutes les petites choses pénibles pour moi. J'arrive à le faire plus facilement.
- Speaker #3
Ce serait difficile pour moi de le dire. J'ai l'impression que le avant n'existe pas. Je peux très bien passer une journée, deux journées sans en prendre. Je ne me sens pas forcément différente quand je prends le traitement ou non. Et comme dit, je me questionne encore par rapport à son utilité. Est-ce qu'il est vraiment efficace ? C'est un petit peu difficile à mesurer, je trouve, parce que quand je le prends, je ne me sens pas foncièrement différente. Je reste moi. Ça n'efface pas toutes mes difficultés.
- Speaker #0
Ce que je vous encouragerais à faire, c'est que justement, si vous avez fait un peu d'introspection par rapport à votre fonctionnement, ça va être d'avoir une liste de ce qui vous handicap un peu au quotidien, ce qui va vous apporter des difficultés, et de voir en fait si, une fois qu'on prend le traitement, ça s'améliore ou non. Les bénéfices, ça peut être par exemple, commencer une tâche avec moins de difficultés. Ça va aussi pouvoir être rester plus facilement concentré ou réussir à revenir plus facilement à une tâche après avoir été interrompue. On va peut-être un peu moins perdre le fil d'une conversation. On va peut-être mieux gérer certaines situations où l'impulsivité aurait été vraiment présente à ce moment-là et là elle l'est moins. Mais évidemment, ce sont des bénéfices possibles, mais pas des résultats garantis. Et ça, normalement, on vous le dira. Ils ne peuvent pas garantir que ce sont ces bénéfices-là que vous aurez.
- Speaker #3
Si j'avais une chose à dire par rapport à ça, ce serait que ça n'efface pas tous nos problèmes, que ça peut être une aide, un peu comme une béquille, mais que ça ne remplacera jamais une thérapie. Finalement, on est qui on est, ça ne change pas totalement notre personne.
- Speaker #0
Comme on m'avait vendu cette médicamentation comme life-changing, comme quelque chose d'incroyable, je m'attendais en fait à des bénéfices. incroyable, ça n'a pas fonctionné sur moi. Donc pour la petite info, moi j'ai testé la Ritalin et le Quasim, et au bout des deux, là j'ai arrêté. Les effets indésirables étaient si forts que je me suis dit, ben non en fait.
- Speaker #4
Avec les 20 mg, j'ai eu un effet secondaire, et que j'ai encore très rarement, mais j'arrive à maîtriser et à comprendre ce qui se passe avec mon corps. C'est une surstimulation du système nerveux, de ce que j'ai compris. L'énergie débordante que je ne connais pas, j'ai jamais eu d'énergie débordante, j'ai jamais eu cet état, je ne savais pas ce que c'était. Et c'était un moment de la journée où je devais aller chercher les enfants à l'école, je n'arrivais pas à me contrôler, j'avais besoin de courir, de faire du sport, j'avais du mal à respirer. Or je médite et je me suis forcée à méditer, à me calmer, mais pendant une heure je n'arrivais pas à me contrôler et je n'arrivais pas à comprendre ce qui se passait avec moi. Donc j'ai dû faire une crise d'anxiété. J'ai paniqué, j'ai vu mon généraliste après, il m'a dit que c'était plutôt une crise de panique et pas vraiment de la tachycardie ou autre chose. Donc c'était plutôt cette énergie débordante que je ne connaissais pas qui m'a fait paniquer. J'ai reparlé avec le psychiatre, il a dit la même chose, donc il m'a conseillé de continuer avec 20 mg pendant un mois. Et si ça n'allait pas et si cet effet secondaire était gênant, il me ferait une ordonnance pour un autre médicament, une autre molécule. Donc ça fait deux semaines, en octobre, donc on est mis en octobre et ça se passe plutôt bien. J'ai appris à gérer cet état d'énergie débordante qui n'est plus débordante.
- Speaker #0
Je n'ai pas tout de suite pris de traitement pour la gestion du TDAH, tout simplement parce que je devais d'abord réguler mon anxiété et un état dépressif. qui n'avait pas été soignée. Et j'en suis encore là. Et il m'expliquait que on verrait ensuite, une fois que ces deux choses, ces deux co-occurrences, en fait, étaient traitées, s'il y avait besoin d'un traitement. TDAH ou non. Il y a aussi eu la variante du TSA, donc de l'autisme, puisque lors de mon diagnostic TDAH, il y a eu un petit loupé sur le diagnostic différentiel et on est passé à côté du TSA.
- Speaker #2
Donc quand j'arrive chez la psychiatre et qu'elle me prescrit le méthylphénidate, elle me dit « Attention, le méthylphénidate n'agit pas sur le TSA, il agit seulement sur le TDAH. » Et c'est ainsi que... ce médicament m'a permis finalement d'apprendre à mieux me comprendre, à faire la part des choses entre le TSA et le TDAH, car il y a un tableau clinique qui est semblable, il y a des similitudes en fait, dans les caractéristiques entre le TSA et le TDAH. Donc le méthylphénidate finalement il a permis entre guillemets de gommer mon TDAH et de permettre à mon TSA d'être visible pour moi beaucoup plus. Pas qu'il s'exprimait plus, mais moi, que je puisse l'identifier et aussi, du coup, d'apprendre à mieux gérer les choses par rapport au TSA. Ça a été incroyable pour moi de me rendre compte comment mon TSA s'exprimait.
- Speaker #0
Comment savoir si le traitement fonctionne ? Ce que je vous ai expliqué avant, c'est que ce n'est pas nécessaire de ressentir un effet spectaculaire pour constater un bénéfice. Vraiment, l'important, ça va être de repérer les changements concrets. Qu'est-ce qui est facile ? Qu'est-ce qui reste difficile ? Quels sont les effets indésirables qui sont présents ? Est-ce qu'il y a moyen d'améliorer justement les bénéfices de ce traitement ? Je vous conseille de noter toutes vos observations, tout ce que vous ressentez et d'en parler au prochain rendez-vous de suivi, voire de faire un email si les effets négatifs sont trop importants. Aussi, gardez bien à l'esprit qu'un traitement ne va pas supprimer le TDAH. Donc ça ne va pas régler automatiquement toutes les difficultés que vous rencontrez. Ça ne va pas remplacer des stratégies adaptées, par exemple si on parle d'organisation, ni même faire disparaître les conséquences d'années de compensation ou d'épuisement. Aussi, si vous avez comme moi un double profil ou de l'anxiété, sachez que ce traitement ne va pas résoudre ces problématiques. Pour le TSA, pas de traitement. Ça va être plutôt des adaptations qui doivent être mises en place pour l'autisme et non pas un traitement, puisqu'il n'y en a tout simplement pas. et pour l'anxiété Ce n'est pas ce traitement-là qui va gérer l'anxiété. Donc, soit ça va être des thérapies ou un accompagnement spécifique à l'anxiété, soit ça va être une autre médicamentation. Donc, c'est vraiment important de différencier ces choses-là, de bien prendre conscience que l'anxiété sera toujours là et c'est normal. Votre sensibilité au bruit, aux textures ou autres, ou à la lumière, Si elle découle d'un TSA, même si c'est des choses qui peuvent se retrouver... aussi dans le TDAH, ça ne va pas forcément s'effacer. Et aussi, ne pensez pas que le traitement va obligatoirement vous rendre plus productif ou en tout cas, n'en faites pas le seul objectif de ce traitement. Si le résultat que vous attendez, c'est d'être par exemple plus productive, vous allez passer à côté d'autres bénéfices qui peuvent être tout de même là, comme justement ce que je vous disais avant, de commencer plus facilement une tâche, d'accomplir les mêmes tâches mais avec moins d'efforts. de mieux gérer les transitions. Vous arriverez peut-être même à vous préserver du temps pour vous. On est quand même dans une société où la productivité est prônée, tant dans le milieu professionnel que familial. Mais là, surtout dans le cadre d'une médicamentation, n'en faites pas le seul bénéfice. Oui, prendre un traitement va pouvoir améliorer des choses qui vont vous permettre peut-être d'être plus productive. Et c'est super, mais voyez aussi ce que ça peut vous apporter en plus. Et ça va être pareil pour les effets secondaires.
- Speaker #3
Est-ce que j'ai eu les effets secondaires ? Alors oui, j'en ai eu surtout un, surtout un, et qui a fini par disparaître, en fait, c'est assez étonnant, je sais pas si c'est parce que le corps s'habitue, mais les premières semaines, je dirais peut-être même un à deux mois après le début, eh bien j'avais des palpitations, le cœur qui battait très très vite, peut-être un peu de tension, je sais pas, mais... Je me sentais vraiment super excitée, j'avais du mal à me calmer, vraiment cette impression que ça bouillonnait en moi. Et finalement ça finit par se dissiper.
- Speaker #0
Je vous le disais avant, il peut y avoir plusieurs effets secondaires au traitement. Les effets secondaires qui sont vraiment connus, c'est la diminution de l'appétit, éventuellement des nausées, des douleurs abdominales, des maux de tête, ça c'est super fréquent. Une bouche qui peut être plus sèche, des troubles du sommeil. On peut aussi avoir une augmentation de la tension artérielle, de la fréquence cardiaque. Bref, comme vous le voyez, et comme tout médicament, il y a des effets secondaires possibles et connus. Ils vont être variables et même l'intensité va varier en fonction des personnes. Pour ma part, par exemple, j'ai eu des maux de tête quand j'ai commencé le traitement. J'ai eu cette problématique d'anxiété qui a été quadruplée. L'augmentation de la fréquence cardiaque qui était vraiment très présente. D'autres personnes connaissent effectivement une diminution de l'appétit. D'ailleurs, ça peut venir compliquer les repas parce qu'on peut justement ne pas avoir faim aux heures des repas, on peut oublier de manger, on peut aussi avoir des troubles du sommeil qui vont venir accroître la fatigue. Les effets secondaires peuvent parfois devenir plus gênants que les bénéfices attendus. Ça a été mon cas, c'est pour ça que j'ai arrêté le traitement. Je ne suis pas la seule qui doit arrêter le traitement justement du fait d'effets secondaires trop importants, peu importe la formulation. La chose que je voudrais vous dire, c'est ne restez pas seule avec ces effets secondaires, parlez-en. Il y a des solutions. Ne pensez pas qu'ils vont automatiquement disparaître. Effectivement, certains peuvent diminuer avec le temps, d'autres peuvent persister. Certains peuvent apparaître quand on augmente de palier, mais vont disparaître quand on le rebaisse. mais ne vous dites pas que ça va forcément finir par disparaître parce que ce n'est pas toujours le cas. Alors évidemment, on vous demandera peut-être un peu de patience au début. Dans tous les cas, si c'est insupportable pour vous, dites-le, sentez-vous libre de le dire. Il est possible aussi que le traitement fasse moins effet à un moment donné. Je ne connais pas trop les tenants et les aboutissants, mais si c'est le cas, n'hésitez pas à en parler aussi. Surtout si la période devient difficile, ne modifiez surtout pas vous-même la prise. N'augmentez pas les doses. Parlez-en à votre médecin, à votre psychiatre et vous verrez bien ce que vous pouvez faire pour ça. Quoi qu'il en soit, ne restez jamais seul avec une douleur. Et surtout, si vous ressentez une douleur thoracique, si vous faites un malaise ou que vous avez des palpitations importantes, souvenez-vous que vous avez commencé ou que vous prenez ce traitement et dites-vous que ça peut avoir un lien. D'ailleurs, n'hésitez pas à bien dire à votre médecin traitant que vous prenez ce traitement pour qu'il puisse y songer quelque chose qui pourrait être un effet secondaire de ce traitement. J'aimerais aussi aborder des questions plus émotionnelles qui peuvent accompagner la prise de décision de prendre un traitement, notamment ce « est-ce que je vais devenir une autre personne ? » Moi, c'est vraiment la crainte que j'ai avec la prise d'un traitement. En fait, je me disais, le TDAH, il a plein, plein, plein, plein, plein d'inconvénients, pour moi en tout cas, mais il me rend aussi plus créative. J'aime bien aussi ces échanges que j'ai avec mes copines, notamment TDAH. où en fait ça part dans tous les sens, on rigole tellement. En fait j'aimerais bien pouvoir garder uniquement ce qui est positif dans tout ça et j'avais peur en fait que le traitement efface ce qui est positif. Mais en tout cas je pense qu'il faut vraiment distinguer l'atténuation des symptômes avec le sentiment de ne plus être soi-même. Je pense vraiment d'ailleurs que si on en vient à se dire qu'on n'est plus nous-mêmes, ça mérite d'être discuté avec le prescripteur parce que clairement je pense que ce n'est pas normal. Je pense aussi que le traitement ne va pas spécialement augmenter ou diminuer la créativité. Je pense que même si notre fonctionnement fait qu'on est peut-être plus créatif, qu'on a plein d'idées, etc., je ne pense pas que la prise d'un traitement va effacer ça. À mon avis, ça fait partie de notre fonctionnement et comme je le disais, le médicament ne supprime pas le TDAH. Il va réduire les symptômes et c'est ça la nuance et c'est ça qui fait que je pense. Même si je n'ai pas de recul pour le dire, mais je pense qu'on reste soi-même, mais avec moins de symptômes, ce qui est en vrai l'effet rêvé si le traitement fonctionne. J'aimerais aussi rappeler que prendre un traitement, ce n'est vraiment pas une preuve de faiblesse. Au contraire, c'est prendre soin de soi et c'est hyper important. Et j'aimerais aussi dire que ce n'est pas parce qu'on ne prend pas de traitement que notre TDAH n'existe pas ou qu'il n'est pas assez sérieux ou qu'on ne rencontre pas de difficultés. C'est pas parce qu'on n'a pas besoin d'un traitement qu'on n'a pas de difficulté, c'est juste qu'il y a vraiment une intensité de symptômes qui fait qu'on aura besoin d'un médicament ou pas, mais peut-être que pour gérer les difficultés du quotidien, une thérapie ou autre pourrait suffire. Et surtout, la prise du médicament ne va pas non plus effacer des années de compensation, ne va pas effacer la fatigue accumulée, ni les attentes qu'on a envers soi-même, ça c'est important de se le dire aussi. Tout ça, ça va demander de la déconstruction, ça va demander un travail sur soi. Quand je parle de travail sur soi, c'est vraiment un travail sur son fonctionnement pour trouver des stratégies qui nous épuisent moins, pour... trouver d'autres façons de réduire sa fatigue parce que ça, ce n'est pas le médicament qui va pouvoir le résoudre. Même si le fait d'abaisser les symptômes peut à terme moins ajouter de fatigue, mais il y a une différence entre ça va m'aider à ne pas plus me fatiguer à ça va résoudre la fatigue actuelle. Évidemment, cet épisode n'est pas l'apologie de la médicamentation. Comme je le disais en début d'épisode, c'est important pour moi de parler du fait que ça existe, mais je pense que c'est un choix à faire. En fonction de l'avis médical qu'on aura reçu, d'un deuxième avis médical si on le souhaite, des effets secondaires, de nos peurs. Moi, j'avais extrêmement peur du traitement à l'époque. J'en ai discuté. Les arguments qu'on m'avait amenés m'ont rassurée et j'ai choisi de franchir le cap. Pour certaines personnes, ça peut prendre beaucoup plus de temps. On peut avoir aussi l'impossibilité de le prendre. L'accès aux soins n'est pas du tout... Égale, malheureusement, pour toutes les personnes. Moi, pendant un bon moment, je n'ai pas pu prendre de traitement parce que j'allaitais. C'était un choix de continuer l'allaitement. Ce choix n'a pas forcément été compris par mon entourage ou par d'autres personnes. Mais pour moi, c'était juste très important de continuer l'allaitement. Pas juste pour des raisons de lien, de fusion, mais parce que le lait maternel était ce qui était le plus adapté pour Alice. qui avait une allergie aux protéines de lait de vache, les conséquences de l'arrêt de l'allaitement auraient été beaucoup trop importantes, compte tenu probablement des bénéfices qu'aurait eu le traitement. Et en ayant expérimenté le traitement par la suite, je sais que j'ai fait le bon choix. Parce qu'en plus de ça, j'avais eu zéro bénéfice, au contraire. Mais ça m'a permis au moins de lever le voile sur cette anxiété qui, je le savais, était là, mais je ne pensais pas qu'elle était là, de cette intensité-là. Aussi, je vous ai beaucoup parlé du TSA ou en tout cas de l'anxiété. Ce n'est pas parce qu'on a de l'anxiété qu'on ne peut pas prendre un traitement, mais ça doit absolument être pris en compte dans l'évaluation et dans le suivi. C'est ce qui n'a pas été fait chez moi. C'est qu'en fait, mon anxiété n'a pas été évaluée avant de mettre en place le traitement et elle n'a pas été prise en compte à sa juste valeur dans le suivi de la médicamentation. Et c'est ça qui change dans l'expérience que j'ai eue. Je ne dis pas que parce que vous avez de l'anxiété, vous ne devez pas prendre de traitement, mais que cette anxiété doit être évaluée et doit être évoquée avant toute prise du médicament. Et n'oubliez pas que c'est très important de sortir de la comparaison dans le cadre de la médicamentation du TDAH. Alors de manière générale, dans la vie, bien sûr, je n'y arrive pas forcément, c'est pour ça que je le dis avec un ton un peu sarcastique peut-être, je ne sais pas. Mais dans le cas du traitement, c'est sûr, on est vraiment tous différents, avec des besoins différents, des fonctionnements similaires et différents à la fois, des symptômes d'une intensité différente. On ne peut pas s'attendre à avoir les mêmes résultats, qu'ils soient positifs ou négatifs. Et voilà, je crois qu'on arrive à la fin de cet épisode, que j'ai fait le tour un peu de ce que j'avais à vous dire sur le sujet. Donc les trois idées à retenir, le méthylphénidate est une possibilité thérapeutique, mais pas une solution magique. Il peut réduire certains symptômes du TDAH, mais ses effets varient et ne règlent pas automatiquement toutes les difficultés. La deuxième chose, la médicamentation s'inscrit dans une prise en charge. Donc le choix, l'ajustement, le suivi médical comptent et c'est important de bien s'entourer d'un professionnel de santé compétent. D'ailleurs, les approches médicamenteuses et non médicamenteuses peuvent être complémentaires. Troisième chose, il n'existe pas une seule bonne façon. de vivre son TDAH. Certaines personnes vont choisir un traitement, d'autres non. Et les expériences différentes ne doivent pas devenir les normes. Je vous invite d'ailleurs à partager cet épisode avec votre entourage, que ce soit pour qu'ils comprennent votre choix de la médicamentation, qu'ils comprennent votre choix de ne pas vous médicamenter. Ça peut être pour des personnes qui se questionnent sur le traitement ou des personnes qui, en fait, ont un TDAH mais qui ne connaissent pas cette option qui n'est qu'une option mais qui est possible. Je vous rappelle une dernière fois qu'un témoignage personnel ne remplace en aucun cas un avis médical, mais je pense qu'il nous aide à savoir qu'on n'est pas seul et ça, je trouve que ça fait beaucoup. De mon côté, vous l'aurez compris, mon expérience avec la médicamentation du TDAH n'a pas été un succès et a même été un échec, mais on va dire un demi-échec parce qu'il m'a permis de mettre en lumière d'autres problématiques qui étaient importantes. Et surtout, ce n'est pas parce que ça a été un échec à ce moment de ma vie que la possibilité de prendre un traitement ne se représentera pas si j'en ai besoin par la suite. J'espère que cet épisode vous a plu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à laisser un petit avis 5 étoiles ou un commentaire. Vous pouvez également venir me dire ce que vous en avez pensé sur Instagram via mon compte Murmure Atypique. Je vous souhaite une très belle matinée, journée, soirée. En fonction de quand vous m'écoutez, prenez soin de vous et à très bientôt pour de nouvelles réflexions atypiques.