Speaker #0Bienvenue dans Murmure Atypique, le podcast qui explore la vie sous le prisme des neurodivergences. Je suis Adeline, créatrice de contenu culinaire et maman, et j'ai à cœur de partager ma vision du monde en tant que femme neuroatypique. Dans chaque épisode, vous découvrirez des réflexions et des récits qui vous invitent à plonger dans un univers où chaque voix compte. Bonjour à tous ! Ce matin c'est particulier parce que vous l'entendez... peut-être à ma voix, mais je viens de me réveiller. Il est exactement 5h50 et j'ai été réveillée par Alice ce matin. Elle avait soif et du coup, je lui ai donné à boire et je n'ai plus réussi à m'endormir. Pendant que j'essayais de me rendormir, j'ai eu un épisode de podcast qui défilait dans ma tête. Alors déjà, j'ai eu 10 000 pensées. Celles et ceux qui savent savent. J'ai fini par avoir un épisode de podcast qui Merci. défiler complètement dans ma tête au sujet de mon choix de ne pas avoir de deuxième enfant. Donc vous l'aurez compris, on part sur un épisode sans filtre, ces épisodes où je suis juste le flot de mes pensées, sans préparation, sans notes, sans rien, et je vous raconte juste une petite histoire sur un sujet précis. J'ai l'impression que choisir de ne pas avoir de deuxième enfant, c'est assez hors normes, et c'est encore plus hors normes de le revendiquer ou de le clamer au FA. Les fois où ça a été le cas, où j'en ai parlé ouvertement, on m'a souvent dit des choses du type « Oh mais tu dis ça parce que t'es en plein dedans là encore, mais tu verras après t'en auras envie » ou « Oh mais tu dis ça maintenant, mais tu verras plus tard » ou alors on me disait « Ah bon, mais t'es sûre ? Oh mais tu sais, chaque enfant est différent » et c'est probablement vrai pour la majorité des personnes, sauf que pour nous c'est un peu différent. La première raison pour laquelle c'est différent, c'est que quand j'étais plus jeune, je... m'imaginer avec deux enfants, toujours. Un garçon et une fille, évidemment, alors qu'aujourd'hui, le genre a beaucoup moins d'importance pour moi. Et j'avais une idée très précise de quand j'aurai ces enfants. Donc j'avais décidé d'avoir un enfant à 28 et à 30 ans. Quand j'y pense aujourd'hui, c'est tellement étrange d'avoir déjà ces pensées quand on a 10 ans, mais bon, bref. Il faut savoir aussi que je suis issue d'une fratrie, on est trois, donc j'ai un grand frère, et j'avais un petit frère, je suis celle de milieu. Il faut aussi savoir que ma maman était assistante maternelle durant quelques années, donc j'ai souvent côtoyé des enfants plus jeunes et j'adorais ça. J'aimais bien, entre guillemets, m'en occuper, jouer avec eux, leur donner à manger. Vraiment, j'étais assez proche des enfants et j'ai toujours eu le feeling avec les enfants, si bien que pendant longtemps, je rêvais d'être auxiliaire de puériculture. Quand j'y pense aujourd'hui, je n'aurais probablement jamais supporté ce métier par rapport à mes sensorialités. Puis j'ai grandi. J'ai évolué, ma conscience écologique est née à évoluer elle aussi. Et à un moment donné, je me suis beaucoup questionnée sur le fait d'avoir ou pas des enfants. Alors je me suis rendue compte, bon, par la force des choses, parce que pour celles et ceux qui ignorent mon histoire, on m'avait annoncé il y a quelques années que j'aurais beaucoup de difficultés à avoir un enfant, voir que ce serait impossible et qu'il faudrait même songer un parcours PMA très rapidement si ça ne fonctionnait pas. Parce qu'en fait, j'ai une trompe qui a priori est... mal formés. En fait, ils ne savent pas. Ce qu'on sait juste, c'est que j'ai une trompe qui ne va pas très bien. Pour eux, ça aurait vraiment dû rendre le fait de tomber enceinte difficile, en tout cas naturellement. Et alors que j'étais en train de me poser les questions de, est-ce que c'est raisonnable ou pas d'avoir un enfant, de nos jours, compte tenu des circonstances qui sont celles que l'on connaît, d'un point de vue environnemental, social, etc. J'ai eu cet élan du cœur et de l'âme qui me disait, mais en fait, si je ne peux jamais avoir d'enfant, ça va être extrêmement difficile pour moi. J'en ai tout de suite pleuré d'ailleurs. Et ça a été quelque chose de très dur. En plus, je n'ai pas du tout été accompagnée psychologiquement face à cette nouvelle. C'est vrai que c'est un peu ce qui a redéclenché mon désir de maternité. En fait, qui a toujours été là. Mais c'est juste que j'ai des valeurs très importantes. J'étais un peu perdue sur ce que je devais faire. On a choisi d'avoir un enfant. Mais du fait de mes questionnements par rapport à l'avenir, on s'était dit, bon, un enfant c'est bien. Et a priori, il n'y en aura pas d'autres. Je ne peux pas trop vous expliquer le pourquoi du comment. C'est vraiment une démarche très personnelle. Et peut-être que si les choses s'étaient peut-être passées différemment, peut-être que j'aurais entre guillemets revu ma copie. Mais en tout cas, à l'époque, c'est ce que je me suis dit. Vous sentez la nana qui a peur du jugement là ? Du coup, on part sur cette idée d'avoir un seul enfant de base. Aussi parce que j'ai effectivement une fratrie, mais je ne me suis jamais sentie vraiment à ma place dans cette fratrie. peut-être parce que c'était deux garçons et que je me sentais un peu exclue, ou peut-être parce que j'étais déjà un peu différente, j'en sais rien. Je ne fais pas partie de ceux qui pourront vous dire que je serais vraiment triste de ne pas offrir une fratrie ou de ne pas avoir de fratrie, parce que ce n'est finalement pas quelque chose de si fondamental pour moi, ce qui est déjà un peu à l'encontre de ce qu'on nous montre dans la société. Donc on part avec cette idée d'avoir un enfant, et c'est important de le préciser, parce que finalement ce qu'on aura vécu après est simplement venu conforter notre choix de départ. Peut-être même qu'on a eu cette idée-là, cette pensée-là, parce qu'on n'était pas fait pour faire autrement. et que la vie venait juste nous le montrer. En tout cas, je tombe enceinte et je n'aime pas être enceinte. Je n'aime pas en tout cas l'état de grossesse. J'aime évidemment l'idée d'avoir un enfant, sinon on n'en serait pas là. C'est vraiment questionner sur notre envie d'avoir un enfant, que ce soit du côté de Sam ou du mien. Ça a vraiment été une décision très réfléchie. Et pas que pour les raisons que j'ai évoquées tout à l'heure, mais de manière générale. Notre souhait de famille, ce qu'on imagine pour notre enfant. Évidemment que j'étais contente d'être enceinte. mais je n'ai pas du tout aimé l'état de grossesse. Je l'aborderai probablement dans un autre épisode, parce que c'est un sujet assez tabou, là encore pas très accepté. Je pense que c'est tous les signaux qui montrent que c'est important d'en parler. En tout cas, pour ma part, c'est pas une période que j'ai vraiment appréciée. Côté accouchement, là aussi ça a été un peu particulier, mais pour autant, c'est une expérience que j'ai trouvée vraiment unique, que je suis très heureuse d'avoir vécue. Puis, il y a eu le postpartum. Comment vous dire ? un tsunami qui vous arrive en pleine face. J'avais connaissance de mon TDAH, je n'avais, cela dit, pas connaissance de mon TSA. Si vous n'avez pas encore écouté les précédents épisodes, j'en parle dans mon parcours diagnostique. En fait, ma découverte du TSA a été faite durant mon postpartum. Je dis durant mon postpartum parce que si vous ne le savez pas, on dit que le postpartum dure trois ans. Et donc ce postpartum a été extrêmement difficile. Et je ne parle pas seulement des premiers mois, ça se compte en années, même si évidemment que la première année, je dis évidemment parce que c'est assez commun, on le sait, que les premiers mois sont très challengeants. Alors il faut savoir que, comme toutes les histoires, la nôtre est unique. Autant à la maternité, Alice a plutôt bien dormi, donc les trois jours, quatre jours, je sais plus. Autant la suite a été beaucoup plus difficile, on sait. Alors évidemment, on sait qu'un bébé ne fait pas... pas tout de suite séduit. Je m'étais suffisamment renseignée sur le sujet. Et c'est un point vraiment que j'aimerais souligner. C'est qu'on m'avait prévenu que ce serait difficile. On m'avait prévenu, mais le vivre, c'est complètement différent. On s'est retrouvés avec un bébé qui avait énormément besoin d'être en portage, qui pleurait beaucoup. C'est normal qu'un bébé pleure, mais là, c'était vraiment intense. Et un bébé, en fait, qui dormait peu. Je sais que je vous ai déjà dit que je vous en reparlerai. Je pense que je ferai plutôt un épisode dédié à l'APLV et au RGO, parce qu'en fait c'est ça qui s'est passé. En tout cas, je pense vraiment au fond de moi que c'est ce qui a le plus impacté, c'est le fait qu'Alice ait une APLV, donc une allergie aux protéines de lait de vache, couplée à un RGO, donc reflux gastro-œsophagien. Pour avoir écouté énormément de podcasts sur le sujet, je sais que ce sont, en tout cas pour les personnes qui ont témoigné, et qui ont fini généralement en burn-out. puisque j'écoutais des épisodes à l'époque sur le burn-out, les personnes venaient souvent à dire « Oui, il faut savoir que mon bébé avait un RGO. » Et là, je me suis dit « Waouh, ok. » En fait, c'est probablement ça le plus gros du problème. Et c'est vrai que ça a été extrêmement difficile parce que les nuits étaient vraiment très difficiles. On a pu passer des nuits blanches, ou presque blanches, des nuits à la bercer sur un ballon verticalisé à tour de rôle. Ça me prenait le début de soirée. parce que moi j'ai besoin de me coucher tôt. Et moi je prenais la suite en plein milieu de la nuit ou en versement en fait, en fonction de comment on se sentait. La journée, elle ne dormait pas beaucoup, voire pas parfois. Elle dormait quasi exclusivement dans nos bras pour les siestes. Et si on la posait, ça n'allait pas. Ça a duré d'ailleurs ça un sacré moment. Les siestes dans les bras, je me demande si ça n'a pas duré deux ans. Mais j'ai peur de ne pas me souvenir correctement. Dans tous les cas, on était épuisés. C'est clairement le fait d'être épuisé qui m'a fait... perdre certaines, entre guillemets, fonctions cognitives, en tout cas, qui a fait sauter mes compensations. Donc ce que j'avais mis en place, les outils, les stratégies, parfois sans m'en rendre compte, mais juste parce que la vie me montrait que j'avais des difficultés, et en fait je veux les compenser comme je pouvais. Et puis finalement, j'ai très rapidement été en burn-in, puis en burn-out. Et ça a été un peu le début de la descente aux enfers pour moi. J'ai mis énormément de temps à comprendre ce qui se passait, aussi parce que j'ai peut-être pas été le mieux accompagnée, malgré... Le fait d'avoir bien cherché et essayé. Et puis les difficultés, les réelles difficultés ont duré presque trois ans. Pour moi en tout cas, parce que Sam, ça a été très dur la première année, puis ça allait quand même vers le mieux. Pour ma part, ça a été beaucoup plus long, et on sait pourquoi aujourd'hui. Clairement, la surstimulation, le manque de sommeil, le fait de devoir gérer, accueillir mes propres émotions, mais aussi celles d'Alice, et parfois celles de Sam. Parce que je me rends compte que dans notre famille, on est alors tous dysrégulés. Pour Alice, c'est tout à fait normal, elle est en plein apprentissage des émotions. Pour nous adultes, j'irais pas dire que c'est anormal parce que je pense qu'on a toutes et tous possiblement des difficultés sur le sujet des émotions aussi parce qu'on ne nous a pas appris à les accueillir à les déceler etc et à les vivre tout simplement on est vraiment sur une gestion des émotions qui est très mauvaise voire pénalisante bref on a aussi des difficultés organisationnelles l'organisation fait partie des choses que j'avais très bien pu compenser je pense que ce n'est pas pour rien que j'avais choisi même si c'était de base un métier plutôt dit alimentaire, que j'avais choisi mon précédent métier qui était assistante de manager. C'était un métier qui demandait d'être rigoureuse, organisée. Et en fait, j'avais un environnement autour qui me forçait à l'être et je l'ai même été à outrance. Je pense que mon côté TSA était très content de pouvoir explorer cette facette-là. Mais en fait, avec la fatigue, avec la décompensation, etc., mes difficultés organisationnelles qui sont, on le sait aujourd'hui, clairement liées. aux fonctions exécutives et donc aux troubles de l'attention avec hyperactivité, cette organisation-là, elle a complètement sauté. Sauf que je suis en couple avec Sam, qui a lui-même des difficultés organisationnelles. Et c'est vrai que pour ça, on comptait un peu sur moi. Mais quand j'ai fait mon burn-out, en fait, il y a plein de choses sur lesquelles moi, je pouvais compenser dans le couple, qui ont sauté. Et l'équilibre, ou plutôt le déséquilibre, s'est vraiment installé. Donc on va dire qu'en plus d'avoir les difficultés liées à la parentalité, parce que des difficultés dans la parentalité, on en rencontre. Aussi parce que c'est vraiment une nouvelle vie qui se crée, une nouvelle organisation à trouver avec une personne de plus, en fait, dans la famille. Une personne qui, au début de sa vie, est complètement dépendante de nous. Donc clairement, on n'a pas le droit à l'erreur. Ou en tout cas, moi, je m'autorisais peu d'erreurs. Donc on va dire que c'est normal d'être chamboulé, même s'il y a des personnes qui, en fonction des enfants et des parents, vont le vivre d'une toute autre manière. Et puis s'il n'y a pas... pas aussi de soucis de santé particuliers. Mais bref, des difficultés, on en rencontre tous. Mais à ces difficultés parentales venaient se greffer en fait nos difficultés personnelles, notre fonctionnement. Je sais que pour moi, la découverte du TSA, si elle avait été faite finalement en amont, aurait changé beaucoup de choses. Et en même temps, avec Dessy, on refait le monde. Mais je me suis déjà demandé si ça aurait été différent. En fait, je pense que c'était parfait comme ça. Parce que je pense que j'aurais eu peur de ne pas être capable d'être mère, alors qu'au final... Même si j'ai rencontré ces problèmes de santé mentale et physique, je peux aujourd'hui dire que j'ai été capable et je suis capable d'être mère. Mais je pense que j'aurais eu cette pensée-là. Je suis incapable de vous dire aujourd'hui si mon envie de devenir ou mon besoin de devenir mère aurait été suffisant pour compenser cela, cette peur. Dans tous les cas, je l'ai su en cours de route. Et je sais que quand je l'ai su, ça a expliqué énormément de choses. Notamment le pourquoi du comment je me déchargeais aussi vite. Je sais que les pleurs me déchargent énormément, ou tout ce qui est tempête émotionnelle. C'est ce qu'on vivait quotidiennement avec Alice. Là encore, du fait de son RGO, de sa sensibilité, de son APLV, c'est pas étonnant en fait que j'en sois arrivée là. Et c'est aussi ce qui me fait dire qu'avoir un deuxième enfant, je ne sais pas s'il en serait capable. Alors la chance que j'ai, c'est que même si je me suis toujours imaginée avec une famille composée de deux enfants, ou en tout cas pendant 20 ans de ma vie, La chance que j'ai, c'est que ce n'est pas un besoin viscéral. Je pense que je verrais les choses différemment si c'était le cas. Aujourd'hui, ce n'est pas un besoin viscéral. On a choisi. Parce que c'est important de dire aussi que cette décision, elle a évidemment été prise à deux, même si mon corps m'échoie. On l'a prise à deux et en fait, durant ces trois dernières années, on ne s'est jamais posé la question à avoir un deuxième enfant. Au contraire, si le sujet venait sur le tapis, ce qu'on se disait, c'était no way. On n'y survivrait pas en fait. Alors je sais que chaque enfant est différent, je sais que souvent les deuxièmes grossesses, postpartum, etc. sont plus simples, ou en tout cas on lâche plus prise et on a des connaissances sur le sujet, etc. Mais il faut quand même se dire qu'en trois ans, ça m'a dû arrêter son travail pendant un an. Moi j'ai dû arrêter mon travail pendant trois ans. Je n'ai pas été en capacité, et je dis bien en capacité, parce que la volonté était clairement présente, même si on ne va pas se mentir. avec un enfant en bas âge qui plus est n'est pas gardé tous les jours. Le temps manque, mais l'envie était profondément là. C'était tout simplement impossible. Je n'arrivais même pas à gérer mon quotidien. Et vous le savez si vous avez déjà écouté mon épisode sur le burn-out. Donc comment était-il possible juste d'imaginer reprendre le travail ? C'était pas possible et on me le déconseillait clairement. Et je comprends pourquoi. Et du coup, quand on voit l'impact qu'a eu la parentalité dans notre vie, je pense que c'est vraiment légitime de se poser des questions à savoir est-ce qu'aujourd'hui on pense avoir la capacité d'avoir un deuxième enfant ? Est-ce qu'on en a envie ? Est-ce que ce serait un réel choix, plutôt une injonction ? Est-ce que ce serait un réel choix, ou plutôt vouloir suivre le rêve qu'on a eu depuis toujours, alors qu'au final, je m'en rends bien compte ? On évolue, on change, et nos rêves peuvent changer eux aussi. De manière générale, je trouve qu'il est de toute façon très important de se poser ces questions pour vraiment aller vers une vie qui nous ressemble et qui est le plus possible alignée avec ce que l'on est et nos besoins aussi. Mais dans notre cas, on a presque été obligés de se les poser. J'ai plutôt fait le choix d'offrir à ma fille une maman en bonne santé, mentale et physique, même si je ne suis pas totalement guérie encore. Je sais que j'ai encore un petit peu de chemin, mais ça va vraiment dans le bon sens, plutôt qu'un petit frère ou une petite sœur. Et de toute façon... on n'offre pas un petit frère ou une petite sœur à son enfant. En tout cas, c'est ce que je pense. Et vous pouvez ne pas être d'accord avec moi, évidemment. Il y a plein de facteurs qui entrent en compte. Je comprends ce désir de fratrie et je comprends que quand son enfant vient dire alors « J'aimerais tout le temps un petit frère ou une petite sœur. » Mais en fait, le choix, il appartient aux parents. Et je trouve que pour faire ce choix-là, c'est important d'être en bonne santé mentale, physique, avec un couple qui est encore solide et avec un équilibre qui est plus ou moins trouvé parce qu'est-ce qu'on trouve... réellement un jour l'équilibre parfait, je pense pas. La vie change constamment. Mais c'est vrai que c'est pas toujours facile, en fait, de... J'allais dire d'assumer ce choix, alors qu'au final, moi, je l'assume. Et je sais pourquoi je le fais. Pendant longtemps, la phrase que je me disais, c'était « Je ne survivrai pas à un deuxième enfant » . Ensuite, je me suis ravisée, parce que je sais que chaque enfant est différent, et on évolue aussi, nous-mêmes. Mais il n'empêche que, dans tous les cas, tout reste plutôt incertain. Et il y a mille et une raisons pour lesquelles j'ai fait ce choix. Mais ce qui est sûr aujourd'hui, c'est que parmi ces raisons-là, il y a aussi le fait que je ne peux pas prendre le risque de me retrouver dans cette situation-là, ou en tout cas celle qu'elle a été. Parce qu'à des moments, j'ai vraiment cru que j'allais mourir. C'était vraiment trop dur. Après, on le sait, le manque de sommeil et l'épuisement, c'est un moyen de torture dans certains pays. Ce n'est pas sans raison. Comme je vous disais, j'assume ce choix. Mais ce qui est un peu plus dur à recevoir, c'est l'opinion des autres. Parce que moi, finalement, si on me pose la question, je fais partie de ceux qui vont répondre avec honnêteté. Je ne peux pas trop faire autrement. Mais rares ont été les personnes qui m'ont dit « Ouais, je comprends » . Celles qui ont pu me le dire, c'est clairement celles qui m'ont accompagnée et qui ont vraiment été là durant ces trois dernières années, qui ont vu ce que j'ai vécu, qui l'ont compris. Et ces personnes-là, ouais, clairement comprennent. Mais pour les autres, c'est plus difficile et je ne leur en veux évidemment pas. pas le sujet parce que finalement quand on est dans un schéma qui est moins classique, ça interroge, ça surprend, ça questionne. Mais c'est là où je me dis qu'il y a encore beaucoup à faire sur le sujet pour rendre en fait cette notion d'enfant unique entre guillemets normal, aussi sortir un peu de ces préjugés du un enfant unique est forcément un enfant roi qui deviendra égoïste parce que je pense que ça dépend beaucoup plus des valeurs que l'on transmet à son enfant. que du simple fait qu'il soit unique ou non. Et en fait, pour moi, un enfant unique, c'est aussi un enfant unique. Et je sais aujourd'hui que je suis plutôt confiante dans le fait d'accompagner mon enfant dans son chemin de vie, dans ses choix, dans sa croissance, on va dire. Alors qu'à contrario, je ne me verrais pas du tout le faire pour deux enfants. En tout cas, je pense ne pas en avoir la capacité, sans me sacrifier en tout cas. Et en fait, aujourd'hui, j'ai tout simplement décidé de ne pas me sacrifier. Pour une fois, je me suis choisie. Je suis très heureuse d'avoir pu vivre la maternité, très heureuse d'avoir Alice dans ma vie. Si je devais refaire les choses en ayant connaissance de tout ce que j'ai vécu, c'est fou à dire, ça me ferait extrêmement peur, mais je le ferais quand même, parce que je suis trop heureuse de l'avoir dans ma vie. Mais ça me suffit en fait. J'ai pas besoin de plus, et c'est ok en fait de pas avoir besoin de plus. Si vous êtes dans la même situation que moi, à savoir vous avez choisi de ne pas avoir de deuxième enfant, et ben en fait c'est ok. Peu importe les raisons qui vous ont poussé à faire ce choix, c'est votre choix. Et je trouve que pour tous les choix de vie, en fait la seule chose à faire c'est de respecter vos choix, que vous-même vous respectiez vos propres choix et que les autres les respectent aussi. Parce que finalement, est-ce que c'est vraiment ça qui compte ? Le nombre d'enfants ? Je pense que ce qui compte c'est le bonheur et l'équilibre familial en fait. Si finalement, vous imaginez avec un deuxième enfant ne vous rend pas heureux, pourquoi le faire ? Dans mon entourage. Il y a beaucoup plus de personnes qui vont vers des familles avec fratrie plutôt que l'inverse. Et c'est ok. Moi, ça me permet de voir des petits bébés grandir parce que je pense que j'adore toujours autant les bébés. Et puis nous, on fait notre petit bout de chemin, quoi. On se construit, oui, effectivement, peut-être différemment par rapport au modèle sociétal qui est le nôtre. J'ai envie de vous dire que de toute façon, je me suis sentie différente une grosse partie de ma vie. Quand c'était pas par mon fonctionnement, c'était par mes valeurs. Quand c'était plus par mes valeurs, c'était peut-être par mes choix de vie. Quand c'était plus par mes choix de vie, c'était par ce fait de ne pas avoir plusieurs enfants. Je pense que c'est juste une chose à accepter aussi, que je ne fais peut-être pas toujours les choses comme tout le monde, et c'est ok. On est tous différents, tous uniques, et l'essentiel c'est de suivre son propre chemin. J'espère que cet épisode vous a plu, vous a inspiré, ou vous aura apporté quelques clés de réponse à vos questionnements. Si c'est le cas, n'hésitez pas à le partager autour de vous, à l'envoyer à une personne qui aurait besoin d'écouter ça. N'hésitez pas aussi à laisser un avis avec un maximum d'étoiles sur la plateforme d'écoute. de votre choix pour m'aider à faire grandir ce podcast et à diffuser les épisodes au plus grand nombre pour que chaque personne puisse se sentir moins seule à un moment de leur vie. Prenez soin de vous et à très bientôt pour de nouvelles réflexions atypiques.