- Speaker #0
Prendre soin des soignants, c'est les protéger, c'est protéger les patients, mais c'est aussi protéger notre avenir de système de santé.
- Speaker #1
Bonjour, vous écoutez Mutant[s]. Je suis Cécile Gillet-Giraud, la créatrice de ce podcast et la fondatrice d'Archen. J'accompagne les dirigeants et leurs équipes face aux changements, vers plus de collaboration et d'efficacité collective. Ici, avec chacun de mes invités, nous interrogeons un aspect de transformation du monde de la santé. Nous explorons ces impacts et nous mettons en lumière le chemin qu'il reste à parcourir. Aujourd'hui, je reçois Catherine Cornibert, cofondatrice et directrice générale de SPS, l'Institut pour la santé des soignants. Ensemble, nous allons parler de burn-out, de santé globale et de soignants. C'est parti ! Bonjour Catherine !
- Speaker #0
Bonjour !
- Speaker #1
Merci d'être avec nous sur Mutant[s] aujourd'hui. Alors on va revenir d'abord un peu sur ton parcours. Tu es docteur en pharmacie. Tu as exercé 15 ans dans l'industrie pharmaceutique avant de monter ta propre agence de conseil en communication santé, ACS, en 2009, si je ne dis pas de bêtises. Et puis, tu as cofondé en 2015 l'association SPS, dont on va parler plus aujourd'hui, donc Soins aux Professionnels de Santé, qui propose notamment un numéro vert qui a enregistré plus de 40 000 appels depuis son ouverture en 2016. La pandémie de Covid a permis de mettre un peu plus en évidence auprès du grand public. le sujet de la santé des soignants, les énormes tensions qui existent dans l'exercice des professionnels de santé et les problématiques de santé mentale. Avant, on n'en parlait pas du tout. Alors, qu'est-ce qui t'a amené, toi, dès 2015-2016, à fonder et cofonder l'association SPS ? Alors,
- Speaker #0
en fait, c'est un groupe de professionnels de santé qui est venu me voir pour organiser un colloque à l'Académie nationale de médecine pour mettre en avant la santé des soignants. et communiquer sur la santé des soignants. Donc en tant que présidente d'agence de communication en santé, je trouvais normal de les accompagner. Donc j'ai commencé à travailler avec ce groupe de professionnels de santé et rapidement je me suis rendu compte que c'était un sujet de santé publique, qu'il ne fallait pas en parler, que c'était honteux, que c'était tabou et que finalement il y avait assez peu d'études. Quand les études existaient, elles étaient en anglais. enfouie. Ma personnalité fait que je suis déterminée, que je me suis dit mais comment ça se fait ? J'ai travaillé pendant un an et puis on a fait effectivement ce colloque à l'Académie nationale de médecine suite à une enquête que nous avons réalisée qui montrait quatre chiffres. Le premier chiffre c'est que 50% des professionnels de santé avaient été confrontés à un burn-out déjà en 2015. Deuxième chiffre 50% ne savaient pas à qui s'adresser en cas de souffrance et en cas de vulnérabilité. Troisième chiffre, 50% pensaient que leur souffrance pouvait impacter ou point de mettre en danger la vie d'un patient. Et quatrième chiffre, ceux qui étaient vulnérables ne souhaitaient pas être hospitalisés dans leur structure où ils travaillaient. Ils voulaient être hospitalisés dans d'autres unités dédiées. Et puis derrière ces quatre chiffres, on a eu 2000 réponses en 10 jours qui ont montré non seulement que les chiffres déjà à l'époque étaient inquiétants, mais qu'il y avait aussi des remontées. importante pour dire qu'il y avait un souci sur la santé des soignants. Jamais, en tant que pharmacien, je ne m'étais posé la question qu'un soignant pouvait être en mauvais état de santé. Donc, cette thématique m'a interpellée. Et donc, j'ai commencé vraiment à travailler avec des professionnels de santé. On a créé une association dont on a mis en prise l'ex-président des syndicats des médecins libéraux en France, Eric Henry, qui était médecin généraliste. Tout ça, déjà, la première chose, c'était de dire je fais un colloque sur cette thématique parce que je trouve ça hyper intéressant. Deuxième chose, je leur avais dit, moi, faire un colloque pour faire un colloque, ça ne m'intéresse pas. Si on fait un colloque, c'est derrière pour enclencher des actions concrètes. Et puis, troisièmement, je trouvais que l'impact, effectivement, sur la population pouvait vraiment être tellement important que j'avais envie de travailler sur cette thématique.
- Speaker #1
Le sujet est vraiment venu te cueillir, en fait. et te portent depuis. C'est vrai ce que tu dis, moi aussi, en préparant un peu l'entretien, je me suis rendue compte que pour nous, dans le système de santé, mais pour le grand public, et comme tu viens de le mentionner, pour les soignants eux-mêmes, la santé des soignants, ça a toujours été en quelque sorte un non-sujet. Comme ils sont là pour soigner les autres, ils ne prennent pas soin d'eux-mêmes. C'est démontré d'ailleurs dans des études, notamment sur l'observatoire de la MNH. qui vraiment montrent que les soignants sont plutôt en plus mauvaise santé que le reste de la population. Est-ce que c'est vraiment un phénomène que tu confirmes ?
- Speaker #0
Alors, il est évident que la santé des soignants est très dégradée, encore plus depuis quelques années, et sur tous les aspects de la santé. Je vais citer quelques chiffres alarmants, issus surtout aussi du dernier rapport de l'OMS, qui a étudié la santé des soignants dans 29 pays, et qui a placé la France et la santé des soignants français très dégradés, en tête de liste parmi tous les autres pays, et surtout sur deux critères addiction et dépression, numéro 1. Sans plomber l'ambiance, néanmoins, c'est quand même important. Sans compter les conséquences, notamment pour les travailleurs de nuit et pour les autres, avec des AVC, des cancers qui sont plus importants, notamment le mélanome, que dans la population générale. Donc il y a une conséquence sur la santé par rapport à leur activité, par rapport à leur stress, par rapport à leurs émotions sur leur santé, qui est quand même difficile pour eux. Je soulignerais même également les chiffres encore plus alarmants chez les étudiants en santé, qui montrent non seulement un isolement, une vulnérabilité, la prise de psychotropes, des problèmes de sommeil, mais aussi des idées suicidaires qui vont de 15 à 30%. Et donc ça, ça fait vraiment peur. Et il y a 60 à 70% des étudiants en santé qui ont pensé déjà arrêter leurs études avant leur cas. et il y a entre 15 et 20% des étudiants infirmiers qui ne vont pas au bout de leurs études. Oui,
- Speaker #1
j'allais dire les infirmiers, effectivement, il y en a beaucoup qui soit ne vont pas au bout, soit dans les cinq premières années, ils partent.
- Speaker #0
Donc, ces chiffres ne sont pas tellement communiqués, parce que ça serait alerter la population, ça ferait peur.
- Speaker #1
Ça fait peur,
- Speaker #0
oui. Néanmoins, ils sont réels, ils sont issus de sources officielles. Et puis, le suicide est quelque chose d'important chez les soignants, chez les étudiants, chez les internes, chez les soignants de façon générale, puisqu'il y a au moins, je dis bien au moins, cinq professionnels de la santé qui se suicident toutes les semaines. Et ça, c'est quelque chose dont on parle peu, et qui est pourtant vraiment très délétère. Ça fait une onde de choc par rapport à l'environnement dans lequel... Ils ont évolué. Donc, c'est vraiment... Ces chiffres-là doivent alerter. Les vétérinaires, par exemple, c'est deux à quatre fois plus de taux de suicide que dans la population générale. Une fois qu'on connaît ça, on peut peut-être déjà, après, un peu mieux agir et prendre conscience pour chacun d'entre eux de la réalité, effectivement, de ce qu'ils peuvent vivre parce qu'ils sont vraiment dans la résilience et qu'ils continuent à soigner. malgré les situations de crise et malgré aussi leur mauvais état de santé.
- Speaker #1
Alors, tu en parlais quand tu parlais de ce qui t'a amené à cofonder l'association. Tu disais tout à l'heure, ça m'a marqué la phrase que tu utilisais, non, on ne parle pas de ce sujet, il ne faut pas en parler. Donc, on est vraiment sur un sujet très tabou. Est-ce que tu dirais qu'on est passé d'un tabou à une préoccupation reconnue ? Parce que les chiffres que tu évoques montrent qu'il y a quand même... un travail qui est fait dessus, c'est-à-dire que ce soit au niveau de l'OMS, du ministère, etc. Donc, est-ce qu'on est aujourd'hui dans une préoccupation reconnue ?
- Speaker #0
Alors, je pense que SPS a contribué à faire évoluer, en tout cas, les consciences institutionnelles et les représentants des instances, des différentes professions. Mais il y a encore beaucoup de chemin à faire. C'est vrai qu'à l'époque, l'Ordre des médecins m'avait dit, si on parlait... La santé des soignants, c'est abîmer l'image de la profession. Quelque part, un soignant ne peut pas être en mauvais état de santé. La crise sanitaire a mis en évidence le travail des soignants et aussi la vulnérabilité des soignants. Et aussi la prise de parole de certains soignants mentionnant qu'ils pouvaient être vulnérables, qu'ils pouvaient être épuisés, qu'ils pouvaient être fatigués et qu'ils pouvaient aussi perdre du sens dans leur travail. Donc ça, évidemment, ça a contribué à faire évoluer les consciences. Donc ça a bougé, ça a évolué. Il y a une prise de conscience individuelle, il y a une prise de conscience collective et effectivement, avec ce rapport ministériel 2023 qui a abouti, là, sur une feuille de route opérationnelle du ministère de la Santé, font que, oui, les lignes ont bougé, mais qu'il y a encore très tabou pour certains professionnels de santé de se déclarer ou d'accepter qu'ils doivent s'arrêter pour des raisons de santé. Donc, même s'il y a une prise de conscience, il y a culturellement... Le fait qu'en tant que soignant, quelque part je suis super héros et ça ne peut pas m'arriver. Quand ça m'arrive, c'est souvent trop tard. Donc il y a un vrai travail de prise de conscience, notamment en prévention, et de repérage, et d'évaluation et d'auto-évaluation aussi. d'aller à la médecine du travail, de faire des bilans de santé bucconentaire, des bilans de dermato pour les mélanomes. Et ça, comme on dit, c'est le coordonnée de la chaussée.
- Speaker #1
C'est exactement ce que j'allais te dire, parce qu'en théorie, ils savent. Mais quand c'est pour soi-même, finalement, on ne sait plus.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Est-ce que tu as des exemples de pratiques qui permettent une meilleure prise en compte de la santé des soignants ? des établissements de santé, des cabinets, des organisations, ou même dans les études, parce que tu parlais des étudiants, est-ce qu'il y a des exemples de choses qui ont été mises en place, qui ont permis en pratique de faire que ça facilite un peu les choses pour les soignants ?
- Speaker #0
Il y a beaucoup d'initiatives pour améliorer la qualité de vie au travail. Elles sont souvent isolées, elles sont souvent mal évaluées, parce qu'il y en a évidemment qui marchent. Ce sont des initiatives qui peuvent être collectives, c'est-à-dire qui prennent un groupe de professionnels de santé sur lequel ils travaillent sur une thématique, par exemple sur la qualité de vie et les conditions de travail. Ça peut être aussi des initiatives individuelles, aussi sur la qualité de vie et les conditions de travail, mais aussi sur la santé personnelle, comme la mise en place dans certaines structures, d'activités physiques, de sorties, de cultures. Et ça, c'est vraiment bien de le souligner. Je pense que depuis quelques années, il y a une vraie volonté au niveau des établissements et des structures d'améliorer la qualité de vie et les conditions de travail, qui sont vraiment maintenant remarquables. Après, on sait également que c'est difficile d'agir sur la santé individuelle, même si l'équilibre perso-pro n'est pas toujours justifié. Il est difficile d'imposer un rythme de sommeil à un soignant, une activité physique régulière. ce que j'appelle dire une alimentation équilibrée et durable et saine, une bonne respiration et d'être suivi aussi médicalement pour faire du repérage et du dépistage, d'être vacciné tout simplement. Donc, on peut conseiller, entraîner, on ne peut pas contraindre et surtout, il faut que ces personnes soient... Donc oui, il y a plein d'initiatives qui existent. La feuille de route ministérielle Merci. va encadrer un petit peu tout ça, et ça a effectivement le mérite de structurer, de donner en tout cas des grandes lignes directives, et surtout d'essayer d'évaluer des initiatives qui fonctionnent, et pouvoir aussi les dupliquer dans d'autres structures. Mais il est évident, et c'est ça qui est le plus compliqué, que ce n'est pas une initiative qui marche, puisque la vulnérabilité est plurifonctionnelle, donc les solutions en fait elles sont multifacteurs. Et chacun va aller trouver la ressource dont il a envie et qui lui fait bénéfice. C'est des solutions qui peuvent évoluer aussi dans le temps, dans la journée même, au cours de l'année, au cours de l'exercice professionnel. Et c'est ça qui est très compliqué, c'est de trouver la bonne ressource ou le bon accompagnement au bon moment pour le bon soignant. Donc, oui, il y a plein de ressources qui existent et je crois qu'il faut les saluer. Ce qu'il y a de sûr, c'est que les fondamentaux, bien manger, bien bouger, bien dormir, bien respirer, la santé de la femme, la santé environnementale, l'équilibre perso-pro, ça, c'est des sujets qui doivent être fondamentaux pour être en bonne santé. Et après, évidemment, les sources de vulnérabilité, c'est l'organisation du travail, le management dans les équipes, vérifier qu'il n'y ait pas de violence. mais souvent les violences sont dues à un mauvais comportement, dû à un manque de sommeil, etc. Donc il y a des sources managériales, collectives, c'est la source. Puis il y a des ressources aussi individuelles qui peuvent être mises en place.
- Speaker #1
Alors on n'a pas beaucoup parlé de ce que fait SPS. Quelles sont aujourd'hui les offres et les activités de SPS ?
- Speaker #0
Alors SPS, au départ, ça veut dire soins professionnels de la santé. Donc c'est notre... En tout cas, notre logo est toujours SPS et on a structuré trois grandes missions. Je vais commencer par la troisième, qui est la dernière que nous avons structurée, qui est défendre la cause, et on en a parlé. Défendre la cause, c'est donner de la connaissance sur la santé des soignants par des chiffres, par des études, par des rencontres, par des colloques, pour dire que la santé des soignants est vulnérable et qu'il y a effectivement des actions à mettre en place. pour améliorer la santé des soignants. Et c'est tout notre travail qui aboutit à un plaidoyer que nous avons écrit, qui a été partie prenante dans le rapport ministériel sur la santé des soignants et dans la feuille de route sur la santé des soignants. Donc c'est un gros travail de plaidoyer, de communication, de rencontre. Et puis on a deux autres missions. L'accompagnement et la prévention, ce sont des missions qui, derrière, aboutissent à des actions très opérationnelles. Donc sur la première, qui est l'accompagnement, c'est tout un dispositif qui va de l'écoute jusqu'à l'hospitalisation d'urgence, qui est accessible à tous, que ce soit les soignants, donc les professionnels de la santé et les étudiants en santé. L'écoute, c'est un numéro vert. ou une application qui permet d'accéder à 120 psychologues qui sont contactables jour et nuit, donc 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, de façon gratuite, anonyme et confidentielle, avec 100% de décrochés. Ce sont des psychologues cliniciens qui sont formés au post-traumatique et à la prévention du suicide, qui accueillent en téléphone en tout cas ces soignants, qui grattent des appels de 0 à 5 en fonction de la gravité en tout cas de l'état. réoriente vers un réseau national du risque psychosocial que nous avons créé de médecins et de psychiatres partout en France, qui peut accueillir physiquement des professionnels de la santé issus de la plateforme qui auraient besoin d'un accompagnement plus médicalisé. Si ça ne suffit pas, on peut orienter vers des unités dédiées partout en France qu'on a sélectionnées pour... que ces soignants soient accueillis de façon spécifique dans d'autres unités dans lesquelles ils exercent ou dans d'autres villes dans lesquelles ils exercent. Et puis, si ça ne suffit toujours pas, on peut déclencher le Meux-Samy pour des idées suicidaires imminentes. Donc, derrière ce dispositif d'accompagnement, on fait également des groupes de parole pour digestion de crise. Donc, c'est un dispositif, ce n'est pas juste de l'écoute, qui est unique en France, puisqu'il y a de l'écoute, il y a de la médicalisation, il y a de la prise en charge. Il y a du désamorçage de crise suicidaire qui permet d'accompagner tout type de soignants qui en auraient envie. Donc ce dispositif, c'est 40 000 appels depuis 9 ans, c'est entre 15 et 20 appels par jour, c'est 75% de femmes, c'est 30 minutes l'appel, c'est une surreprésentation en Ile-de-France, c'est toutes les professions et les soignants, tout type de soignants qui nous appellent, néanmoins il y a plus de 50% d'infirmiers, aides-soignantes et médecins. Voilà, donc ça c'est notre mission qui reste importante. La deuxième mission qui est devenue beaucoup plus importante et créée en 2019, c'est des actions de prévention, de ressources, de formation, d'autotest. Derrière, c'est des ateliers autour des fondamentaux de la santé, bien manger, bien bouger, bien dormir, bien respirer, santé de la femme, santé environnementale, équilibre perso pro. C'est quasiment 500 ateliers qu'on a mis en place depuis 4 ans. C'est plus de 8000 professionnels de santé. Derrière ces parcours thématiques, c'est 50 ateliers différents, avec une centaine d'intervenants que SPS gère, pour pouvoir assurer tous les mardis et jeudis, de 13h à 13h45, une thématique dans laquelle les soignants peuvent aller se connecter gratuitement, pour permettre d'interagir avec un professionnel de santé qui anime ces ateliers, qui peuvent également écouter en replay. C'est également des ressources pédagogiques, comme des fiches repères. On a une quarantaine de fiches repères. On intègre une quarantaine de e-learning sur le management, la santé mentale, les violences, relations soignants-soignées. Donc une offre servicielle très importante qui permet de s'adapter à chaque type de soignant, à chaque heure, à chaque support qu'il aurait envie de traiter. Et puis surtout, on a créé un guichet unique qui s'appelle lamesondessoignants.fr. qui rassemble tous ces services en visio, mais également qui permet de pouvoir s'inscrire sur un certain nombre de services pour venir en présentiel à deux maisons des soignants en France, une à Paris, 11 rue Ampère dans le 17e, et une à Metz, rue de la Gendarmerie, qui permet aux soignants de venir échanger, se former, s'informer ou se ressourcer, être accueillis de façon... bienveillante, sans jugement, pour essayer de retrouver un petit peu de bonne humeur et de bonne santé. Donc c'est ça en fait SPS, c'est de l'accompagnement, c'est de la prévention, c'est de la ressource, c'est de la formation. C'est également une équipe de 60 bénévoles sur le terrain qui œuvre tous les jours pour promouvoir les actions de SPS, pour répondre aux sollicitations, pour créer des événements. C'est aussi une équipe d'administrateurs. puisqu'on est une association. C'est aussi beaucoup de partenaires. Donc, chaque professionnel de santé peut adhérer entre 30 et 70 euros à l'association en bénéficiant de tous les services, mais aussi une structure morale, qu'elle soit petite, moyenne, grosse. Donc, ça peut être des ARS, ça peut être des régions, ça peut être des... des centres hospitaliers, des fondations qui peuvent être partenaires à SPS. On a à peu près 250 partenaires moraux qui nous financent symboliquement pour avoir accès à des services complémentaires et faire bénéficier dans leur structure leurs soignants à tous ces services, notamment les replays de tous nos ateliers et puis surtout les accompagner en cas de gestion de crise. Donc oui, pas mal de séances. C'est impressionnant quand même.
- Speaker #1
C'est large, c'est diversifié, mais c'est à la hauteur de l'enjeu. Alors, on arrive à la dernière question que je voulais te poser, que je pose à tous les invités du Mutant. Ça serait quoi pour toi une transformation réussie dans le domaine de la santé des soignants, si on se projette dans 5 ans ou dans 10 ans ? Ça ressemblerait à quoi une transformation réussie ?
- Speaker #0
Moi, je l'orienterais selon... Six axes. Le premier, c'est qu'il faut absolument améliorer la connaissance de l'état de santé des soignants. Là, à ce jour, ce n'est pas assez connu et il faut qu'on connaisse mieux l'état de santé des soignants. Deuxième axe, c'est de dire, brisons le tabou, déstigmatisons, et c'est un axe d'ailleurs de la Grande Cause Nationale sur la Santé Mentale, osons parler effectivement de la santé des soignants avec... Une campagne de communication, des espaces de dialogue, effectivement. Donc, osons en parler par rapport à ça et ne plus que ça soit tabou et qu'on ait peur d'en parler. Troisième axe, c'est qu'il faut que les ressources qui existent soient beaucoup plus visibles. Là, il y en a pas mal qui sont un peu éparpillées, mais elles ne sont pas assez diffusées, elles ne sont pas assez visibles. Quatrième axe, je pense qu'il faut former. les plus jeunes, et tout au long de leur parcours, quel que soit leur mode d'exercice et d'activité, avec un module sur comment on prend soin de soi, comment on prend soin de soi pour bien s'occuper des autres. Et ça, je pense qu'il faut l'intégrer dans les modules de formation initiaux pour les étudiants en santé. Après, il faut repérer les gens qui ne vont pas bien et les prendre en charge le plus tôt possible. Et il faut apporter un soutien à tout moment. dans tous les territoires, quelles que soient les populations de soignants, et que ça soit très facile à appeler, parce qu'il y a urgence dans ces cas-là, donc il faut que l'offre soit hyper visible dans ce cadre-là. Donc globalement, une transformation réussie, c'est osons en parler, osons communiquer, prendre conscience qu'un soignant actuellement, il ne va pas bien une fois sur deux. Donc de ce fait, il faut former, il faut sensibiliser et il faut repérer. Donc, une fois qu'on aura réussi ça, je pense qu'on pourra peut-être rétablir le fait qu'il y a plus de mauvais états de santé chez les soignants que dans la population. Si on arrivait déjà à avoir le même taux que dans la population générale, c'est déjà un minimum. Donc, la transformation, déjà, on pourrait se fixer ça comme objectif.
- Speaker #1
Un dernier message que tu veux passer pour conclure à nos... à nos auditeurs.
- Speaker #0
Prendre soin des soignants, c'est les protéger, c'est protéger les patients, mais c'est aussi protéger notre avenir de système de santé. Et je terminerai par notre raison d'être. Le SPS, c'est préserver la santé des soignants pour améliorer la vie de tous.
- Speaker #1
Ça me semble être le parfait mot de la fin. Merci infiniment Catherine pour ton temps aujourd'hui, pour nous avoir reçus dans cette maison des soignants à Paris. Et puis à très bientôt.
- Speaker #0
À très bientôt, merci Cécile.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté ce nouvel épisode de Mutant[s]. Pour continuer l'échange ensemble, retrouvons-nous sur Mutant[s] la news, à laquelle vous pouvez vous abonner sur mon profil LinkedIn ou sur le site www.archen.info. À très bientôt.