- Speaker #0
Alors je vous propose qu'on se lance.
- Speaker #1
Bah ouais !
- Speaker #0
Let's go !
- Speaker #1
Une gorgée de vinasse. Ça c'est bon, ça le vint pour assouplir les cordes de canne. Allez c'est parti ! Ah voilà, la bonne énergie !
- Speaker #2
Nippé du ! Nipédu, Nipédu, le podcast, le podcast qui décode l'école et ses transformations, éducation, formation, recherche,
- Speaker #3
Nipédu, le podcast qui décode l'école, l'école et ses transformations.
- Speaker #0
Bienvenue chez Nipédu, Nipédu, le podcast qui décolle l'école et ses transformations, c'est le douzième et donc dernier épisode de la saison 13. Et pour ceux qui nous écouteraient pour la première fois, parce que oui, ça arrive, on a des nouveaux auditeurs et auditrices, c'est un épisode au format un peu différent, en forme de rétrospective. On va balayer l'année 2026, enfin 2025, 2026 plutôt, à coup de, on va dire, des focus sur certains événements, des petites claques à droite à gauche de l'archéologie pour décoder. ce que ça dit de l'école et de ses transformations, ou pas. Et ce qui ne change pas, c'est un épisode à la sauce nipédue, avec toujours, comme toujours, nos avis sincères, des apports de la recherche, de la mauvaise foi, parfois. Et tout ça en moins d'une heure, en tout cas, on croise les doigts pour que ça rentre en moins d'une heure. Et autour du micro, ils ont encore fait les belles heures de cette saison de podcast. On va commencer par Jean-Philippe Maître, qui est professeur associé à la haute école pédagogique du canton de Vaud. Et cette saison, il a cherché l'ennemi juré de l'école, Il a fait le grand point d'étape sur l'IA. Il a défendu l'intelligence de la main. Reste qu'après nous avoir parlé de l'enfer que sont parfois les profs et les collègues, il continue vaillamment d'en supporter deux derrière le micro, épisode après épisode, sans jamais craquer. Et ça, franchement, on peut dire qu'il est définitivement suisse pour le coup. Neutralité et patience infinie, Jean-Phi.
- Speaker #4
Franchement, c'est hyper facile de ne pas perdre patience avec vous, les garçons. Vous êtes des perles.
- Speaker #0
Vous voyez ce que je vous disais ? De l'autre côté, on a Fabien Ausha, qui est directeur de la production chez École Humain. Alors lui, il a passé la saison à réhabiliter les profs empêchés, à sauver le soldat écran de l'eau du bain et à se demander pourquoi tout le monde se fout donc de l'EDD. 11 épisodes d'une bienveillance intégrale avec la communauté éducative envers ses deux co-animateurs, disons, qu'il a plutôt explorés en conditions réelles. Ce qui est un enfer pavé de bonnes intentions, monsieur Ausha ?
- Speaker #1
C'est un joli résumé biographique. Merci Régis.
- Speaker #0
Et donc moi, Régis Forgiane, je suis directeur de l'atelier canopée de Nancy, docteur en sciences de l'éducation. Et j'ai ouvert la saison en disant, rentrez ! Vous vous souvenez les gars, c'était le titre de notre premier épisode. Je nous ai traîné sur les routes de l'école et jusqu'à l'anatomie d'un fiasco. Mon rôle, c'est, vous l'entendez, d'ouvrir cette émission, aussi de la refermer un peu. Et durant l'heure qui sépare les deux, partager le micro. Donc avec un suisse méthodique et un petit dit. dictateur, miniature, farouchement persuadé de sa bienveillance. Voilà la vraie définition.
- Speaker #4
Et Fabien qui fait nom de la tête avec des pis.
- Speaker #0
Et pourtant, allez Fabien, sommaire de l'émission.
- Speaker #1
Alors pour les poditrices et les poditeurs les plus avertis, vous aurez reconnu dans ces trois petites bios de Régis, les douze épisodes ou en tout cas les onze épisodes qui ont jalonné toute cette saison 13 qui se termine aujourd'hui et qui se termine... Avec une émission, tu le disais, Régis, un petit peu particulière. On commencera néanmoins par la traditionnelle parole au poditeur. Mais après cette rétrospective de l'année scolaire, on la fera en trois temps parce qu'on est des amoureux du rythme ternaire. Donc dans un premier temps, on ira regarder du côté de l'actu qu'on a trop entendu cette année. Je ne vous en dis pas plus et je te laisse la parole, Jean-Phi, pour la deuxième rubrique.
- Speaker #4
Et la deuxième rubrique, on ira vers la publie que tu n'as pas assez lue, c'est-à-dire la publication qui nous a fait réfléchir, qui nous a offert plein de fils à tirer pour 2026 et 2027.
- Speaker #0
Et en troisième partie d'émission, on va vous parler de l'épisode qu'on a raté. Bon, on aime tous nos épisodes, un peu comme on aime tous nos enfants pareil, ou pas justement. Et on va revenir sur l'épisode qu'on aimerait bien refaire finalement, si on pouvait. Chacun son épisode et puis on terminera avec la reco de l'année. Plus modestement, une petite reco pour cet été, les garçons. Direction la parole au poditeur.
- Speaker #3
La parole au poditeur.
- Speaker #0
Alors, réaction d'un poditeur que nous, on connaît très bien, qu'on embrasse au passage parce qu'on ne peut pas s'empêcher de le faire, c'est Bertrand. Des bisous. Bertrand Formet, qui nous a envoyé un long message, plus précisément à Fabien, sur le dernier épisode, sur les profs empêchés, qu'il a vachement kiffé. Donc, merci, merci Bertrand. Pour la petite histoire, allez voir son compte LinkedIn et allez voir notamment son site, unjourunia. rien que si je vous dis ça vous devez savoir de qui il s'agit c'est lui qui gère tout ça et donc autour de cet épisode des profs empêchés il a particulièrement aimé la chronique de Jean-Phil pour le libre jeu des empêchés et au delà du jeu mécanique cette fameuse publication qui arrivera un jour de Jean-Philippe Maitre en tant que chercheur on y croit lui ça lui a aussi donné des envies de tirer le fil du côté du jeu théâtral, ça te parle Jean-Phil ?
- Speaker #4
En tout cas j'ai trouvé ça hyper intéressant, moi je remercie vraiment beaucoup Bertrand pour les échanges qu'il a eu avec Fabien et puis pour le partage de ses réflexions que je trouve vraiment hyper riches. Et en effet je trouve ça hyper intéressant, en gros cette question du jeu mécanique... Je l'avais retravaillé avec certains collègues où on avait justement essayé de faire une liste des différentes significations du mot jeu et puis comment ça pouvait s'articuler avec le jeu dans le cadre scolaire. Et c'est vrai que le jeu d'acteur, on n'y a pas pensé. Alors, je n'en dis pas plus maintenant parce que justement, ça mérite d'être vraiment réfléchi pour voir comment ça s'articule. Mais en tout cas, vraiment, je remercie Bertrand pour cette piste et un nouveau fil à tirer aussi sur cette réflexion-là.
- Speaker #1
Et j'ajoute que Bertrand nous a fait l'amitié de nous glisser un prochain sujet pour un dossier de Nipédu, ce qui nous permet et ce qui me permet de vous rappeler que n'hésitez pas à déposer cet été vos sujets de dossier et vos questions qui vous taraudent, qui vous empêchent de dormir, sur le répondeur de Nipédu.
- Speaker #0
Allez, on démarre notre rétrospective de l'année.
- Speaker #1
L'actu que t'as trop entendu. Alors, qui dit rétrospective dit balayage de l'année et des... grandes dates, des grands événements qui ont fait cette année. Les gars sont comme ça, à froid, j'ai envie de dire. Si je vous demandais les trois grands événements de l'éducation, formation, recherche, qui vous ont marqué et qui surtout ont marqué cette année scolaire 2025-2026, vous me diriez quoi, Jean-Philippe Mette ? Je commence par toi.
- Speaker #4
Alors, pour répondre au cahier des charges, je dirais... Résultat de la convention citoyenne sur le temps de l'enfant, puis c'est bien ça boucle la boucle avec notre dernière émission de l'année dernière. Le remplacement d'Elisabeth Borne au ministère par Edouard Geffray. Et puis, pour faire écho aussi à quelque chose qui m'a bien parlé dans nos émissions, le temps et la qualité d'écran.
- Speaker #0
Ah la vache, Jean-Philippe, tu penses à Elisabeth Borne, déjà ça me paraît fou, j'ai l'impression que c'était il y a 5 ans, mais non, c'était cette année. Moi, les 3 événements, forcément, je parlerais de canicule, on sort tout juste de la 3ème et on va rentrer dans une 4ème, je crois. Les violences sexuelles. dans le périscolaire, méga dossier. Et pour regarder un peu du côté de l'avenir, je dirais la déprise démographique, dont on se rend compte doucement et on voit comment on peut se projeter.
- Speaker #1
Merci les garçons. Et pour compléter, je vais prendre les restes, mais pas que. Moi, je repense à toutes ces agressions d'enseignants, qui font aussi le lien avec la précédente émission, et notamment cette rixe dans les couloirs d'un collège de Montpellier où les images ont été particulièrement frappantes. Les hésitations sur la réforme du concours et de la formation initiale en France. Est-ce qu'on est sur du master ? Est-ce qu'on est sur de la licence ? Un coup oui, un coup non. Et puis finalement, ce sera oui. Et puis, j'adore terminer avec celle-ci, l'abrogation des groupes de besoins, ce qui fait parfaitement le lien avec cette rubrique « Beaucoup de bruit pour rien » . Vous l'aurez compris, le titre parle de lui-même. pas seulement ce qu'on vient de vous citer là, mais d'autres actus. J'ai demandé à Régis et à Jean-Phi d'identifier l'actualité qui a fait beaucoup de bruit pour rien, qui a fait couler beaucoup d'encre et qui finalement a fait pchit. Alors toi Régis, qu'est-ce que tu nous as trouvé comme actus pchit ?
- Speaker #0
Je te le dis que si tu arrives à mes pléches pchit, avec la bonne orthographe.
- Speaker #1
En allemand ou en français ?
- Speaker #0
En français, non j'ai choisi l'orthographe, vous l'aurez compris. Et cette fameuse place de l'orthographe dans les examens, Je vous refais une rapide chronologie, même si je pense que tout le monde a encore ça bien en tête. Donc, aux alentours de mars, il y a une note de service d'Edouard Geffray au recteur sur la qualité rédactionnelle au DNB, au Diplôme national du brevet et au bac, dans toutes les disciplines. Il y a des éléments qui sont distillés, on va dire, dans les médias début mai, notamment dans le Figaro, avec ces idées que les copies mal rédigées ne pourraient pas avoir le bac. Toujours en mai, conférence de presse avec Formule Choc. Voilà, une copie dont le niveau de langue est insuffisant. ne peut pas avoir la moyenne, donc là forcément les élèves commencent à flipper. Dans l'étudiant, petit rééquilibrage dans le magazine l'étudiant, où Jeffrey dit qu'il ne s'agit pas de faire zéro faute pour avoir le bac, donc il désamorce un peu les choses. En juin, il vient sur le plateau notamment de cet avou, bon c'est assez savoureux, mais en même temps il aurait dû s'y attendre, ils lui font faire un petit test d'orthographe, et évidemment il se plante sur un ou deux mots, bon voilà on en pense ce qu'on veut de ces formats d'infotainment, mais... J'ai envie de dire, il aurait dû être mieux préparé que ça. Et puis arrive, évidemment, notamment le bac et le brevet en juin. Et les commissions d'entente, elles rappellent qu'un peu partout, la même chose. Pas de retrait automatique de points, pas de modification de barème, etc. Donc, littéralement, pour moi, en tout cas, beaucoup de bruit pour rien. Une circulaire, du matraquage médiatique. La question pour vous, les gars, on l'a compris, la réforme, elle n'a rien changé aux copies. Mais alors, pour vous, à qui elle s'adressait vraiment ? Fabien ?
- Speaker #1
Dans un des papiers que tu nous as poussés pour qu'on puisse discuter de cette actu, il y avait les syndicats qui voyaient une opération de communication. Certes, moi, je pense que j'ai vu d'abord un message politique. Alors, vous pourriez me dire que c'est exactement la même chose. Pas tout à fait, parce que moi, l'intention politique que j'ai vue derrière l'intervention de Jeffrey, alors du coup, j'excuse complètement le pédagogique et on est d'accord que... Ça ne se joue pas sur ce plan-là. Il y a un côté, c'est bien fait pour toi, en direction des élèves. C'est-à-dire que j'y ai lu un truc du genre, tu as utilisé des IA toute l'année, donc tu es en train de t'abrutir à coups d'IA, mais tu as oublié qu'il y a quand même un examen qui vient sanctionner tes apprentissages à la fin de l'année et tu aurais dû t'en rendre compte plus tôt. Donc, je vais t'envoyer une espèce de signal fort comme ça pour te dire que si tu utilises des outils de triche, et que tu es en train de dépouiller le pays de toute souveraineté cognitive, tu vas en payer les pots cassés. Il y a un gros paradoxe derrière, c'est qu'on est quand même dans le pays de Choose France, où on s'est vu signer des contrats faramineux avec des grosses boîtes de la tech pour qu'ils viennent installer des data centers en France. Donc je me suis dit, bon, c'est un énorme paradoxe. Bon voilà, moi d'abord un message politique régis, donc à qui elle s'adressait vraiment ? Grosso modo ça s'adresse plus à la nation qu'aux acteurs du monde de l'éducation qui par ailleurs n'ont pas été dupes. Moi j'ai lu beaucoup la formule de la victoire du bon sens sur le politique et je trouve que c'est quand même ça qui a changé, c'est que là tout le monde voyait l'aberration et de l'annonce et le fait qu'en termes de justice scolaire c'était injustifiable. de pouvoir répondre à cette injonction. Donc ça, c'était chouette aussi, de voir comment les acteurs, à tous les niveaux, le système, pour ne pas le nommer, a joué son rôle et a dit non, mais ça, on ne le fera pas.
- Speaker #0
Intéressant, Jean-Phi, le bon sens à parler ?
- Speaker #4
Alors, quand on en parle d'orthographe, moi, j'ai toujours du mal à parler du bon sens, parce qu'en vrai, en tout cas, pour moi, personnellement, l'orthographe, c'est un truc sur lequel j'ai des positions assez contradictoires. Je ne sais pas si c'est le lieu, en tout cas, ça me mènerait à ne pas répondre à ta question. Moi, je réagis à la réponse de Fabien parce que je me demande dans quelle mesure il n'y aurait pas eu d'autres indicateurs qui auraient été plus explicites pour porter le message que Fabien y voit. C'est-à-dire le message de dire vous avez voulu faire les malins avec les IA, avec l'orthographe, on va bien voir si vous avez bossé. Parce qu'en fait, moi je le vois avec nos étudiants, on corrigeait des copies avec des collègues il y a une dizaine, quinzaine de jours. Et en fait, déjà, c'est même pas sur l'orthographe que ça se voit, c'est sur la syntaxe. Très clairement, je veux dire, la différence qu'on peut voir, par exemple, entre les mémoires qui nous sont rendues et puis les copies qui sont faites sur table pendant les examens, elle est criante. Et quelque part, je suis pas sûr qu'il y aurait eu besoin de l'orthographe pour mettre... Enfin, en tout cas, je suis pas sûr que ce soit l'indicateur le plus pertinent pour vérifier que les étudiants ou les élèves aient un peu bossé sur le sujet. Et pour moi, très clairement, non seulement c'était un... comment dire, un message vers le... Enfin, c'était une démarche politique, mais politique au mauvais sens du terme. Et puis pour moi, de toute façon, sur l'orthographe, dès qu'on en parle au niveau national, c'est toujours un petit peu pour aller brocarder plus que la population. Je dirais la population un peu réactionnaire.
- Speaker #1
Eh bien, c'est une transition parfaite, monsieur Maître, parce qu'on va te donner la parole. Et puisqu'on parle de réaction, toi, tu as voulu nous parler de celui qu'on n'appelle plus l'uniforme à l'école.
- Speaker #4
La tenue républicaine, veux-tu dire ? C'est bien cela ?
- Speaker #1
Et Nietzsche disait tout langage est un mensonge Nous y voilà
- Speaker #4
Tout à fait Voilà une de réforme qui a fait pchit Mais alors là pour le coup On en parle depuis plus d'un an Puisque la promesse de l'émission c'est la rétrospective De l'année en cours Mais disons que c'est surtout cette année Que finalement l'expérience Enfin qu'il aura été décidé que l'expérience est finalement abandonnée Mais je Corrigez moi si j'ai dit une erreur mais ça fait deux ans Maintenant qu'on avait commencé cette expérimentation Ouais
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #4
on va dire 200. Voilà. Et donc, en fait, moi, la raison pour laquelle j'avais envie un peu de vous questionner sur celle-ci, c'est qu'en fait, c'est typiquement pour moi l'archétype de la réforme symbolique, c'est-à-dire que c'est quand même quelque chose qui est plutôt de l'ordre de la surface, enfin d'un élément de surface, mais auquel on attribue un espoir énorme parce qu'on oublie... que les systèmes scolaires dans lesquels cet uniforme est mis en place et où en effet on montre que ça a un effet, c'est parce que c'est vraiment ancré dans une tradition, c'est vraiment ancré dans une habitude, c'est surtout articulé avec d'autres aspects de fonctionnement du système scolaire là aussi parce qu'en fait un système scolaire c'est bien le même. Le mot système qu'il faut entendre, c'est quelque chose d'extrêmement intriqué et que moi je trouve ça fou qu'en 2026 on croit encore qu'à changer un élément de surface, on puisse faire infuser ça pour aller faire changer les fonctionnements de fond. Et j'ai entendu ou lu aucun argument, aucun dispositif. qui me paraissait pouvoir porter cette idée pour lui attribuer les effets qu'on attendait. Et puis qu'au bout de deux ans, on lise « Ah bah c'est fou, on a mis des uniformes dans une paire d'établissements et ça n'a pas eu d'effet sur les apprentissages au bout de deux ans. » Enfin, je trouve ça dingue qu'on soit surpris. Mais cela étant, puisque nous sommes, et c'est bien là que je vais en venir avec ma question, puisque nous sommes dans un pays où ça fait je ne sais pas combien de ministres de l'éducation nationale qui ne tentent même plus de faire des réformes de fonds, mais qu'on fait justement des réformes plutôt symboliques. Alors à défaut de réformes de fond, est-ce que pour vous les garçons, les réformes symboliques sont-elles nécessairement vouées à l'échec, comme la tenue républicaine ?
- Speaker #0
Moi je veux bien commencer. Alors tu le disais, il y avait cette volonté, via les uniformes, d'avoir des effets sur les apprentissages. Alors je dirais, en tout cas ma première réponse à ta question, est-ce qu'elle est nécessairement vouée à l'échec ? Non. Parce qu'une réforme symbolique, elle rate que si on l'ajuste sur des mauvais critères. Et là, pour le coup, effectivement, ça paraît fou de se dire qu'en mettant des uniformes, on va avoir un impact sur les apprentissages. Bon, on doit imaginer que par un espèce d'effet boule de neige, ça joue sur le climat scolaire, ça joue sur les comportements et in fine sur les apprentissages. Bon, voilà, ça me paraît un peu aller vite en besogne, on va dire. D'un autre côté, je dirais, oui, c'est voué à l'échec quand le symbole sert d'alibi. Et c'est un peu l'idée, là, et tu le disais, il n'y a pas de réforme de fond. On pense qu'avec ces blouses, on va vite oublier de parler des effectifs, de la formation, des vraies inégalités, parce qu'il y avait cet enjeu aussi de gommer les inégalités. On sait ce qu'il en est au final, ce n'est pas juste en mettant un petit coup de blouse qu'on va rayer ces inégalités. Et puis là où certains, tu le disais un petit peu en creux aussi, là où l'uniforme marche dans certains internats, dans certains pays, ce n'est pas que ou ce n'est pas le vêtement qui joue, on travaille sur l'appartenance. à ce que la communauté projette dans cette blouse, ou dans ce logo, ou dans ces fagnons, on pense aux grandes écoles américaines, etc. On n'en est pas du tout là en France, en tout cas on ne travaille pas sur ces éléments-là.
- Speaker #1
Si je devais me faire un peu l'avocat du diable, je dirais, pour cette question d'impact positif sur les apprentissages, l'apprentissage de l'égalité pourrait être un apprentissage clé, et une des missions clés de l'école. donc avant de dire Effectivement, on va sur des apprentissages cognitifs, sur des apprentissages culturels, connatifs, je ne sais pas comment il faudrait les appeler, comme celui de l'égalité. Il y a une bonne idée, sauf que je trouve que cette tenue commune, elle va cruellement mettre en regard au niveau des élèves le gap qui existe entre les intentions de l'école et ce qu'elle produit en réalité d'inégalité, et que les élèves peuvent constater à chaque moment et Et en essayant de répondre à cette question, j'ai repensé à une intervention de Benoît Falaise chez Louise Tourême et je me disais « ça fait au moins il y a dix ans » . Et effectivement, j'ai retrouvé l'émission « D'être et savoir » dans laquelle Benoît Falaise était interrogé une fois de plus sur l'enseignement des valeurs de la République, puisque c'est de ça dont il s'agit. Pour moi, derrière l'uniforme, il y a la question de cette valeur, quelle égalité dans le triptyque républicain. Et à l'époque, il disait que le symbole, il ne venait... En plus que quand ces enseignements, ils étaient portés par des incarnations et des actes, et pas seulement du symbole ou du discours, le discours relevant pour moi du symbole. Et c'est rigolo parce qu'en cherchant les références vers ce podcast qui date de 2015, je suis tombé sur un papier très très récent, une tribune de Benoît Falaise, du même Benoît Falaise dans Le Monde, qui parlait de l'enseignement de la fraternité. Et du coup, là encore, je me disais, au-delà des symboles, qu'est-ce qu'on mettait en place aujourd'hui dans une école qui a cruellement besoin d'enseigner la fraternité ? Et puis le papier est assez intéressant. Donc, pour répondre à ta question, j'en fie. Je dirais que oui, les réformes qui sont liées aux symboliques sont forcément liées à l'échec, mais non s'ils sont adossés à une évolution des postures et des actes. Je rejoins en ça ce qu'a dit Régis Justaphe.
- Speaker #4
Et puis, mine de rien, on rejoint aussi, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais ça rejoint aussi un peu ce qu'on disait juste avant par rapport à l'orthographe. On essaie d'avoir des indicateurs qui sont tout à fait de surface pour pallier à des problèmes de fond auxquels on n'ose pas trop se frotter, dirons-nous.
- Speaker #1
Merci Jean-Phi, et c'est moi qui vais fermer la marche avec un dossier qui m'a passionné les gars, puisqu'on revient, Régis dirait, on revient aux sources de Nipédu, le podcast qui parle école, éducation et numérique. Il est question de numérique, puisque le 26 mai dernier, le tribunal administratif de Montreuil a jugé que l'édition et la diffusion gratuite de manuels scolaires numériques par la région francilienne et par Madame... Pécresse constitue une atteinte à la liberté du commerce. Vous vous souvenez peut-être de cette histoire qui opposait la région Île-de-France aux éditeurs scolaires. Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Je vous refais un petit peu le film. Depuis 2022, la région d'Île-de-France, elle a développé et diffusé via une solution dont on a souvent parlé chez Nipédu, Pearl Trees, une solution souveraine. Donc la région Île-de-France a diffusé, développé ses propres manuels scolaires numériques qui étaient gratuits et collaboratifs. Sauf que ça, on était en 2022, à la rentrée 2025, donc l'année dernière, il se passe quelque chose, c'est une baisse des crédits de financement, des licences qui sont proposées aux éditeurs de manuels numériques, en tout cas aux établissements pour pouvoir se pourvoir en manuels numériques, sous prétexte qu'on dispose de ces manuels collaboratifs qui sont hébergés chez Perltries. Et alors là, forcément, le lever de bouclier chez les éditeurs scolaires... qui vont mettre en avant une forme de concurrence déloyale. Et finalement, on aboutit sur le jugement du 26 mai dont je vous parlais, où effectivement le tribunal administratif de Montreuil a tranché, mais il a tranché attention sur le débat juridique. Il juge ce même tribunal que la région est devenue elle-même éditrice sur un marché concurrentiel sans démontrer un intérêt public suffisant. Donc on n'est vraiment pas sur le pédagogique. donc on a donc deux visions qui nous ramènent à la question des manuels scolaires. On vous mettra les liens vers le Nipédu spécial manuel scolaire dans les notes de l'émission. D'un côté, on nous dit, les éditeurs nous disent, on a un ouvrage qui est stable, qui est structuré, qui correspond à des progressions. Là où la région nous dit, en face, on est capable de mettre des ressources ouvertes, collaboratives et puis qui nous évitent de payer un trop-plein de manuels numériques qui parfois ne sont pas très utiles. tous ouverts. Donc ma question les garçons, elle est très très ouverte, elle c'est est-ce que beaucoup de bruit pour rien autour de cette affaire ? Régis, j'aimerais bien te poser la question à toi d'abord.
- Speaker #0
Écoute, alors je dirais oui parce que rien ne semble réglé, il y a eu un jugement par ce tribunal mais rien ne dit que la région elle ne peut pas faire appel ou changer, déplacer le curseur et le problème de fond il est toujours là, c'est qu'il y a ces fameux 75% de... de licences d'éditeurs qui sont jamais ouvertes, ça pose quand même question, c'est énormissime. Donc que la justice l'interdise ou pas, cette solution via Pearl Trees de grignotage et de composition par soi-même de manuels, on va dire, le manuel numérique est massivement payé et pas ouvert. Pour moi c'est quand même un gros souci de financement à l'heure où on va chercher les moindres petits euros. Donc le souci reste là.
- Speaker #4
Et pour ma part, alors non seulement il y a ça, enfin moi je dois avouer qu'il y a une part de moi qui, je devrais pas parce que je pense que comme le dit Régis, il y a quand même un enjeu financier qui est hyper important, mais le débat autour du manuel m'amuse toujours parce que quand on voit en fait dans les faits comment bossent les enseignants, c'est-à-dire qu'en gros les enseignants c'est, enfin je veux dire combien de fois l'a-t-on dit dans ce podcast ? Ce sont des bricoleurs qui vont au sens noble du terme, qui vont chercher à droite, à gauche, qui articulent, qui font en sorte que les choses marchent bien dans leur classe, etc. Donc, en fait, évidemment qu'ils se servent aussi du manuel pour ça, mais ils se servent de plein d'autres choses. Et justement, alors à la fois, il y a quelque chose que je trouve assez noble dans la volonté de mettre en avant le travail collaboratif, parce que c'est bien ce que font les enseignants. Ils diffusent en ligne ce qu'ils font pour que les collègues aillent les chercher, etc. Donc, en fait, c'est déjà de facto ce qui est fait. Et donc voilà, je trouve que ce... Mais bon, il y a des enjeux financiers derrière, à la fois publics pour ne pas dépenser de l'argent pour rien, et surtout privés pour se faire de l'argent. Donc évidemment qu'on ne va pas laisser ça tranquille, mais à nouveau, beaucoup de bruit pour rien, parce qu'en fait, les enseignants, quoi qu'il arrive, ils continueront de bosser comme ils bossent déjà.
- Speaker #1
Orthographe, uniforme, manuel scolaire. Ça n'était pas l'année 1926 dont on appelle la rétrospective, mais bien l'année 2026. Juste, je mets une petite note de bas de page pour nos poditeurs, on est allé sur des actualités légères volontairement. Il y en a qui sont beaucoup plus graves, lourdes et lourdes de sens pour les acteurs du monde éducatif et pour le système scolaire dans son ensemble. Donc on a voulu une rubrique plutôt légère pour celles et ceux qui diraient quand même, il y a le choix des sujets peut-être questionnés.
- Speaker #0
Voilà, Régis. J'ai envie de dire, si vous n'êtes pas d'accord avec nos choix, dites-le nous. Dites-le nous où ? Dites-le nous sur le LinkedIn de Nipédu, qui est le LinkedIn de Fabien Ausha. Dites-nous quelle est l'actu que vous avez trop entendue, vous, cette année. On sera ravis de découvrir ça. Et nous, on continue notre rétrospective de l'année.
- Speaker #4
La publique t'a pas assez lu. Alors, c'est moi qui m'y colle pour cette rubrique. Et donc, le principe est assez simple. En fait, chacun de nous trois a choisi un article, recherche, presse spécialisée, médias grand public, autour évidemment d'un sujet éducation, école, formation, recherche. Et le but du jeu, c'est qu'on se les ait...
- Speaker #0
transmis, on les a lus. Et donc, à partir de chacun de ces articles, on en a dégagé une petite problématique à discuter ensemble. Et pour commencer l'exercice, je me tourne donc vers ce cher Régis.
- Speaker #1
Un petit hommage à toi, Jean-Philippe, parce que moi, je pars sur une étude menée en Suisse, puisque ça y est, tout doucement, tu deviens le vrai Suisse, on l'a dit au début de l'épisode, et qui s'intitule « Les enseignants face aux réformes, dynamique d'action et contexte de mise en œuvre » , et c'est par Feluzzi. Fourquet-Choprade et Vince, j'espère bien prononcer. Elle date de 2024.
- Speaker #2
Fourquet-Choprade.
- Speaker #1
J'ai dit quoi ? Fourquet ?
- Speaker #2
Tu as dit Fourquet, mais...
- Speaker #1
C'est parce que je connais quelqu'un qui s'appelle Fourquet. C'est ça. Voilà. Donc de 2024, mais elle était dans mon scope toute cette année 2025-2026 pour plusieurs raisons. Je vous résume très brièvement pour arriver à ma question. Donc une étude en Suisse, 60 entretiens qui montrent que les enseignants gardent toujours une marge de manœuvre, et même une marge de manœuvre considérable, quand il s'agit de transformer, voire subvertir une situation. une politique, une réforme. L'article nous dit que ce n'est pas de la résistance passive, que c'est un travail d'interprétation située, contextuelle, et qu'une réforme, elle n'existe pas parce qu'elle est décrétée, on aurait pu dire ça de toute notre première partie d'émission. Elle existe si elle est activée, c'est comme ça que c'est dit, c'est-à-dire traduite en actes, en gestes professionnels, en pratiques de classe, sinon elle ne reste qu'un texte. Et cette traduction, ce sont qui ? Ce sont les enseignants qui la font. Vous savez, j'aime bien cette fameuse phrase qu'on dit souvent, c'est que À partir du moment où il ferme la porte de sa classe, l'enseignant, c'est lui le ministre de l'éducation. Il fait finalement bien ce qu'il veut dans la classe. Et en tout cas, ces enseignants, ils ne sont pas les exécutants de la réforme, ils en sont finalement les co-auteurs. Et donc, la question pour vous autour de ces éléments, est-ce que le vrai problème n'est pas tant que les réformes échouent, mais qu'on continue à croire qu'elles s'appliquent ? Allez, on va commencer par Fabien.
- Speaker #2
Oui, j'aime bien. Alors déjà, j'ai beaucoup aimé la publie, merci de l'avoir partagée. Et puis la question que tu poses, parce que... En fait, c'est une croyance, il y a une croyance structurelle qui fait fonctionner, en tout cas, le système éducatif français. C'est celle-ci, c'est celle... Alors, il y a plusieurs termes qui sont utilisés dans l'article, celle du découplage ou de l'illusion d'application. C'est-à-dire que la phrase, ou en tout cas la scène que tu nous partageais tout à l'heure de cet enseignant qui ferme la porte de sa classe et qui devient le ministre de l'éducation, c'est exactement ça, il y a une illusion d'application, on ne sait pas ce qui se passe derrière. Donc moi, j'ai trouvé que... Oui, alors je ne sais pas si c'est un problème, mais en tout cas, c'est un leurre, c'est une illusion. Parce que tu le disais, la liberté d'expression pédagogique des profs, elle les met dans la position d'être les arbitres de mise en œuvre de ces réformes. Et puis, je me suis dit comment est-ce qu'ils s'y prenaient pour générer cette illusion ? Je me suis dit que, et ça, on le retrouve dans l'article, généralement, il y avait ce qui est appelé des stratégies de façade. pour répondre un peu du bout des lèvres à des injonctions qui seraient jugées par le terrain, j'ai envie de dire, comme complètement irréalistes. Je repense au programme en Y, qu'est-ce qui s'est passé l'année dernière dans les lycées pros, par exemple, et la façon dont, in fine, on voit que les mises en œuvre, elles sont tellement peu convaincues qu'on finit par abandonner la réforme. Et à côté de ça, je me suis posé la question de ce qui fonctionnait bien comme réforme. J'ai essayé de me dire qu'est-ce qui a percolé. qu'est-ce qui a fait sens pour les enseignants et qui finalement a généré une adoption massive à tel point qu'on ne se pose plus la question de si c'est une réforme ou pas. Je me suis dit que le programme phare autour de la lutte contre le harcèlement est quelque chose qui a plutôt bien fonctionné. Et puis globalement, les APC, les activités pédagogiques complémentaires, on se souvient, je pense que Régis était encore en classe quand les APC sont arrivés. Levé de bouclier parce que transformation des quotas d'heures sub sur de la prise en charge d'élèves et non, on a déjà peu de... de temps de concertation. Et en fin de compte, aujourd'hui, plus personne ne se pose la question du bien fondé des APC. Voilà le genre de choses qui a percolé. Donc finalement, oui, les vrais acteurs et en tout cas les vrais arbitres qui vont décider si, oui ou non, une réforme percole et devient un élément structurel d'un système éducatif, c'est l'ensemble des enseignants qui vont mettre en œuvre ces réformes.
- Speaker #1
Je te vois songeur à ces propos, Jean-Phi.
- Speaker #0
Ouais, en fait, j'avais envie de tirer un parallèle parce que, moi, je sais pas, dans le fond, je suis plus qu'en accord avec Fabien et avec aussi ton analyse, Régis, j'ai pas grand-chose à ajouter, mais en fait, j'avais envie de faire un parallèle avec aussi ce que font les élèves par rapport au savoir qu'on leur soumet, c'est-à-dire que pour moi, j'y vois une forme de processus, en fait, d'appropriation, c'est-à-dire qu'il y a une manière d'écrire un texte, donc c'est-à-dire qu'il y a une manière d'écrire un texte de réforme comme il y a une manière d'écrire un texte du savoir, alors texte au sens large, qui est ensuite prodigué aux élèves. pas que par l'écrit évidemment et en fait dans la manière ensuite dont les acteurs vont s'approprier ce texte et en faire quelque chose je pense que voilà il y a une sorte de parallèle à faire et qu'en effet je pense qu'il mais à nouveau toute la première partie de l'émission montre ça et c'est vrai que je crois que j'ai cette pensée là maintenant qu'on enregistre l'émission alors que j'aurais certainement dû la voir alors qu'on l'a préparé mais c'est vrai que c'est vraiment à se demander comment ça se fait qu'au niveau du pouvoir, on puisse encore croire que les choses se passent de manière aussi verticale, alors que justement, elles se font finalement dans une rencontre du haut et du bas, dans une forme un peu de dialectique. Et il y a quelque chose quand même qui est vraiment très surprenant. à continuer de produire des discours qui font croire que les choses sont aussi simples dans un système centralisé comme celui français, de dire que si on décide de faire quelque chose, le bas va l'appliquer.
- Speaker #1
Merci les garçons. Allez voir dans les notes de l'émission, on vous a mis les liens. Il y a notamment le tableau de la dynamique des mises en œuvre du changement, qui va de la contestation à l'adaptation secondaire, avec des adaptations de façade, etc., jusqu'à l'appropriation voire l'innovation dans l'application de ces réformes. Il y a plein de choses super intéressantes, j'ai trouvé dans Dans ce papier, et bien c'est tout pour moi, Jean-Phi. Et bien merci Régis pour les échanges autour de cet article. Cher Fabien, qu'as-tu choisi de ton côté ?
- Speaker #2
Écoute, j'ai choisi un article du Monde qui titrait « Enseigner en paix, un graal pour les professeurs confrontés aux tensions croissantes avec les élèves et leurs familles » . Ça peut faire écho à une des actus de l'année que j'ai retenue tout à l'heure, les agressions contre les profs. Je ne sais pas si c'est tant cet article, qui est un bon article du Monde, que la thématique en général de... de ces enseignants qui sont confrontés à ces violences du quotidien et globalement à la dégradation du climat scolaire. Et d'ailleurs, je repensais, on n'en a pas parlé en tant qu'actu, mais l'automne dernier, on a eu la publication des résultats du Thalys 2024 sur le bien-être ou le mal-être des enseignants. Et cette question des violences quotidiennes, elles sont la première source de mal-être des enseignants en France. Pourquoi ? Parce que ça génère un sentiment d'impuissance face à la violence qui est générée par les élèves. Les enseignants parlent de manque de formation face à cette violence, qu'il y a une explosion et une exposition de plus en plus récurrentes et massives face aux insultes, aux violences des élèves, que ça génère de l'épuisement parce que vigilance permanente, parce que tout ça, c'est en lien avec la perte de légitimité et parce que ça vient nourrir finalement un sentiment d'isolement. et la question que je me suis posée c'est que, en tout cas Ce que ça m'a inspiré, c'est que je me demande si aujourd'hui la difficulté de la gestion de classe, ce n'est plus un simple problème technique, mais c'est le cœur du facteur d'altération des conditions d'exercice du métier. C'est-à-dire que tu n'enseignes plus pour transmettre des savoirs, les construire avec les élèves, mais ça fait écho à Régis, le prof de maths, et le témoignage que tu nous rapportais dans « Les profs empêchés » , c'est qu'on est payé pour que les mômes ne montent pas sur les tables et ne fassent pas les singes. En gros, ce que ça met en débat, et c'est au cœur de mon métier, moi, c'est que j'ai l'impression, et Régis, ça pourrait être intéressant de le confronter avec ce qui se passe chez Canopé et l'offre de Canopé, j'ai l'impression qu'on produit de plus en plus de contenu pour aider les collègues à reconstruire individuellement, collectivement, une école qui est plus juste et plus épanouissante, dans laquelle on remet du sens, dans laquelle tout le monde comprend pourquoi il est là. Et moi, j'ai vécu des vrais kiffs dans les productions de ces ressources-là. Je pense notamment au Club Manageduc, que j'ai eu la chance de co-animer autour de la justice restaurative. Mais voilà, ça reste beaucoup, beaucoup de contenu autour de la gestion de classe qui devient, comme le dit le monde, le Saint Graal, peut-être au détriment d'une concentration plus sur des questions de didactique, d'enseignement à proprement parler. Je ne sais pas si vous avez le... le même sentiment ? Et quelle place occupe le climat scolaire dans, vous, vos réflexions ou votre travail au quotidien ?
- Speaker #1
Moi, je veux bien me lancer. On va dire que, oui, tu as raison, on voit partout ces formations, ces formats, ces ressources autour de ces questions-là, comme si on vivait une bascule. Mais on va dire qu'elle n'est pas nouvelle, elle est plutôt reconnue. Je repense, on a longtemps vécu le pas de vague. Vous savez, il ne se passait rien de mal dans les écoles, surtout, on ne voulait pas regarder. Bon, maintenant, le système, enfin, l'éducation nationale peut. prétendre que ces problèmes n'existent pas. Il y a des données assez massives là-dessus. Attention peut-être quand même au faux dilemme. Ce n'est pas climat plutôt qu'apprentissage, c'est climat pour les apprentissages. Ça paraît une évidence de le dire, mais c'est toujours bien de le rappeler. Moi, ça me rappelle les oppositions qu'on a vécues longtemps, notamment, tu parlais, Fabien, du vieux Nipédu, on était sur école et numérique, où il y a eu longtemps ce débat pédago versus républicain. Là, on serait du côté pédago du bien-être versus les républicains du... des savoirs et des savoirs fondamentaux. Donc je dirais, voilà, petite vigilance sur ce point-là. On se rend bien compte que le climat, c'est pas une variable d'ajustement, c'est vraiment structurel et qu'il faut faire quelque chose, quoi, effectivement.
- Speaker #0
Alors, moi, mon hypothèse sur le sujet, c'est... Peut-être aussi qu'on minimise la manière dont, mais on en a déjà parlé, je ne sais plus si c'était la précédente émission ou celle d'avant, mais récemment en tout cas, on minimise le fait que c'est aussi lorsqu'on présente, qu'on construit correctement le travail autour des savoirs, qu'on accompagne quelque chose sur la gestion de classe, c'est-à-dire que je pense que c'est une erreur que de trop scinder. l'acte d'enseigner entre gérer une classe et aider les élèves à construire des savoirs parce que je pense que là aussi il y a quelque chose de proprement dialectique c'est à dire que je doute pas du fait qu'il y ait des gestes d'enseignement qui puissent être purement de la gestion de classe qui aide au savoir enfin au développement des savoirs mais je pense aussi qu'il y a des gestes qui concernent le développement des savoirs qui aident à la gestion de classe et je pense qu'il faut vraiment avoir cette vue intégrative Parce que sinon, en fait, on impose une grille de lecture scientifique de la recherche qui, elle, est obligée d'analyser les choses en bout, en parcelle, parce qu'elle ne peut pas tout regarder d'un coup. On impose cette grille de lecture-là au travail effectif de l'enseignement et je pense que c'est vraiment une grossière erreur parce qu'il y a des travaux qui montrent très bien que les enseignants doivent jongler entre ces différentes choses et que l'un nourrit l'autre et inversement.
- Speaker #2
C'est peut-être... une fois de plus, merci Jean-Philippe pour cette réponse, une transition toute trouvée vers la publique, on n'a pas assez lu, que tu voulais nous reproposer pour cette rubrique.
- Speaker #0
Oui, potentiellement, oui, c'est vrai qu'il y a un lien à faire. Alors moi, je voulais vous proposer un article qui date de 2017, écrit par Ambroise, Toczek et Bruno, qui s'intitule « Les enseignants débutants, deux points, vécu et transformation » . Et donc, en fait, alors je vais assez vite aller sur le point de cet article qui, moi, Non. Alors j'ai daté ça de cette année, je crois que si je dois être tout à fait sincère, ça fait peut-être 18 mois que j'ai ce papier et quelques autres publications qui me taraudent au sens premier du terme et qui me font beaucoup réfléchir à mon métier de formateur d'enseignant parce qu'en gros, dans cet article est notamment mis en avant cette idée que les enseignants se considèrent encore comme des débutants après plusieurs années d'expérience. et quand on dit plusieurs années d'expérience, c'est de 6 à 7 années. C'est-à-dire qu'après 6 ou 7 années d'exercice... Les enseignants ont encore tendance à dire qu'ils découvrent le métier. Donc je trouve que c'est une... Ah oui, et puis l'autre point avec lequel le mettre en écho, c'est aussi, et là il y a de nombreux publics qui montrent ça, que les enseignants peinent à voir l'intérêt de leur formation initiale, lorsqu'ils sont dans leur formation et pendant ses premières années d'exercice. Et ça aussi, je trouve que quand on met ces deux informations en écho, je trouve qu'il y a quand même quelque chose qui, moi, me paraît assez fou, somme toute assez logique, mais je ne vais pas rentrer dans le détail. Mais quand j'ai tiré le fil, et c'est vraiment quelque chose qui, comme je disais, qui m'habite pas mal dans mon travail actuellement, et quand je tire le fil de tout ça, moi en fait ça me fait vraiment interroger le format de la formation des enseignants dans lequel on consacre l'essentiel de leur formation en formation initiale. C'est-à-dire qu'en gros, une fois que les enseignants sont formés, oui, ils vont avoir de la formation continue, mais c'est quand même vraiment à la marge, c'est très ponctuel. Et moi, plus j'y réfléchis, et plus je me dis que la formation des enseignants devrait être quelque chose de beaucoup plus échelonné. C'est-à-dire qu'on ne devrait pas s'attendre à ce que leur balancer tout plein de contenu en deux ans, même en articulant des stages, puisse fonctionner. Moi, plus ça va, plus je me demande si on ne devrait pas faire trois mois sur les bancs de l'université, six mois en stage pour intégrer ces trois mois de choses qu'on a vues sur les bancs de l'université, puis refaire, en fait, des cycles comme ça. Et c'était un peu sur cette idée-là que je voulais votre avis, les garçons, en fait. Est-ce que... la formation des enseignants ne devrait pas être l'archétype de quelque chose où on pourrait remettre en question ce qui en fait se fait partout ailleurs qui est ce gros bloc de formation initiale avant d'aller travailler sur le terrain
- Speaker #1
Qu'en pensez-vous ? J'ai peut-être commencé par comparaison des paraisons mais j'ai souvenu, moi j'étais néo néo titulaire quand je suis devenu prof à l'époque, c'est-à-dire que j'ai fait d'abord une année sur le terrain et ensuite seulement je suis allé à l'IUFM ça s'appelait encore l'IUFM à l'époque et j'avoue que cette partie en tout cas de formation initiale stick totalement lunaire. Pour moi, Jean-Phil, et ça résonne avec l'article scientifique que tu nous as partagé, dans le sens où la formation répondait à des questions, un, que je ne me posais plus ou totalement à côté. Je me disais, en fait, ce n'est pas possible qu'ils nous expliquent ça comme ça. Moi, j'étais sur le terrain l'année dernière, ça ne ressemblait pas du tout à ça. Donc, il y a... Pour moi, c'est la question de la temporalité. Tu disais tout à l'heure que les profs se sentent débutants pendant 6 ou 7 ans, voire peut-être plus, ils sont souvent de niveau, j'imagine. Et donc, concentrer la formation initiale sur ces toutes premières années, oui, effectivement, c'est un vrai problème parce qu'on ne les forme pas. Au moment où ils en ont le plus besoin, ça reste nécessaire et indispensable. Quoique, ça a été une bonne école, j'avoue. J'allais dire qu'on ne peut pas aller sur le terrain sans être formé, mais ça a été mon école. Ça n'a été que la première année, mais j'ai appris énormément en un an sans avoir été formé. Et j'avoue, et je précise en plus, que je ne me destinais pas à être prof, donc je suis vraiment arrivé sur le terrain prof. totalement naïf et nouble de tout. J'ai souvenir, je ne savais même pas ce que c'était le cahier journal à l'époque, pour vous dire. Donc en allant, j'ai appris à vitesse grand V. Et donc oui, pour faire une réponse, effectivement, il y a peut-être à rééquilibrer ce continuum entre formation initiale, maintenant on appelle ça continuer et continue, trouver ce juste équilibre, comme tu le dis Jean-Philippe, en perlant peut-être un peu les choses. Je suis complètement d'accord avec ça, en ayant été prof, ça me parle bien en tout cas.
- Speaker #2
Oui, alors j'espère ne pas être trop long, arrêtez-moi en tout cas. Pour redire, donc oui à ta question, Jean-Phi, il faut bien sûr équilibrer. Je suis d'accord avec les arguments de Régis. Si je reprends les mêmes arguments qui sont proposés dans la pub que tu nous as partagés, moi j'aime bien le fait qu'on puisse dire que certains apprentissages nécessitent l'expérience du travail réel, c'est ce que disait Régis, et qu'en fait l'expérience produit elle-même ses propres objets de formation. Ça je trouve que c'est hyper intéressant, d'où le fait de... ne pas tout concentrer sur une formation initiale, parce que les besoins de formation changent intrinsèquement comme extrinsèquement. Les systèmes scolaires, les élèves changent, donc il faut s'adapter, machin. Et puis intrinsèquement, on change aussi. Et je me disais aussi que cette formation continuée, elle était intéressante pour déjouer les mécanismes défensifs et la réduction des ambitions professionnelles. Chacun dans nos métiers, je pense que c'est bon d'être dans une dynamique de formation continue. pour ne pas se reposer sur ses lauriers ou ne pas s'encrouter dans ce qu'on est et dans ce qu'on fait. Après, il y a un argument qui m'a vraiment interpellé et je voulais avoir cet échange avec vous, les garçons, c'est la formation continue pour...
- Speaker #0
éviter que l'apprentissage du métier repose exclusivement sur l'imitation, l'intuition ou les habitudes locales. Et ça, j'ai trouvé ça hyper intéressant. Donc, grosso modo, si on reprend un régis qui serait livré à la réalité du métier sans aucune formation, le risque, c'est que le vide soit rempli par l'imitation, l'intuition ou les habitudes locales. Et en fait, d'accord, la formation initiale sert à ça, mais je me suis dit, en quoi ? l'imitation, l'intuition et les habitudes locales ne seraient pas un bon mode d'apprentissage pour le métier qu'est le métier d'enseignant. Et ça, vraiment, je me suis dit, c'est fou de se dire qu'on fait de la formation initiale pour court-circuiter ce côté apprentissage par les pairs, s'il fallait le dire autrement. Je ne sais pas ce que vous en pensez l'un et l'autre.
- Speaker #1
Alors, moi, j'en pense que c'est certainement donner beaucoup trop de poids à la formation initiale si on croit qu'on arrive à contrer les habitudes locales. avec quelque chose justement qui reste mesuré dans le temps. Et en effet, je suis assez d'accord. En fait, moi là-dessus, j'aurais pour le coup quand même un avis assez mesuré. C'est-à-dire que je ne doute pas du fait que parfois, localement, on peut se laisser aller à des pratiques qui ne sont pas forcément toujours les meilleures. Mais d'ailleurs, pour les raisons que tu évoquais toi-même juste avant, il y a quand même des évolutions extrinsèques qui font que parfois, les habitudes, il faut les changer, il faut les casser et qu'il est nécessaire de se remettre en question. Et je pense qu'en effet, recevoir de la formation, alors pour le coup continue peut aussi aider à rester à jour de ce qui se sait, de ce qui se fait, pour justement un petit peu modifier les choses. Mais après, je suis aussi tout à fait d'accord avec toi sur le fait que personne n'est mieux au fait des spécificités de son terrain que les gens qui le vivent au quotidien, et qui sont donc en mesure aussi, avec critique, prendre un peu du recul sur le discours généralisant d'une formation centralisée, pour dire ce truc. ça marche, on le prend, puis ce truc par contre on prend une certaine forme de distance et on va chercher autre chose parce que c'est ce que notre terrain nous demande donc en effet je suis assez d'accord avec toi je pense que là dessus il faut avoir une position assez mesurée quoi.
- Speaker #2
Réponse en une petite nuance à ta question Fabien, ça me rappelle une publie qu'on mettra peut-être dans les notes de l'émission si je la retrouve qui parlait des rendez-vous manqués de début de carrière ou quand tu te retrouves enseignant en tout début de carrière ben la façon dont tu appréhendes le métier tes premiers gestes professionnels ils sont ultra dépendants effectivement de l'écosystème dans lequel tu es qui peut être super Et qui peut aussi être à rebours complètement à côté de la plaque. Donc, ça me fait penser à ces éléments-là. Donc, vigilance quand même sur l'apprentissage par les pères, en tout cas en début de carrière où on n'a aucun recul.
- Speaker #1
All right, les garçons. Eh bien, je vous remercie pour ces infos. Et donc, on passe à la troisième rubrique de l'émission.
- Speaker #2
L'épisode que tu as raté. Bon, Fabien, est-ce qu'il y a un épisode que tu trouves particulièrement raté dans cette saison de Nipédu ?
- Speaker #0
Je ne le dirai pas comme ça. Je reformulerai si tu en es d'accord sur celui que je pense avoir moi raté et que j'aurais aimé refaire. C'est celui, tu en parlais tout à l'heure dans ma bio, éducation au développement durable. Pourquoi tout le monde s'en fout ? En fait, dès que je parle EDD, donc éducation au développement durable en 2025-2026, tout n'est que frustration dans ma vie. Pour cette émission notamment, j'avais invité mon copain Fred, Frédéric Essa, qui est un peu plus de mon âge. qui me disait « Ah, l'angle, il n'est pas super, le côté tout le monde s'en fout, rien que de le dire, ça pose un constat et c'est presque performatif en fait. » C'est-à-dire qu'on est d'accord qu'on fait communauté autour du fait qu'on s'en fout tous de l'éducation au développement durable et on s'en fout tous de l'avenir de la planète. C'est le fameux paradigme du « don't look up » dont on a déjà parlé ici. Même si, je ne sais pas si après ces trois épisodes de canicule, les choses ne vont pas un petit peu changer, en tout cas, j'espère. Je me suis rendu compte après qu'il y avait un autre narratif autour de l'EDD. Il y a un bouquin qui est sorti chez ESF que j'aimerais bien consulter cet été, « L'école au cœur de la transition écologique » , où il y a un autre bouquin, un peu une utopie autour de l'EDD, qui s'appelle « Bienvenue en 2055 » , je mettrai les liens dans les notes de l'émission, où on peut parler d'un futur heureux et radieux. Et que c'est génial d'avoir ce souci écologique, de vivre avec un peu plus de frugalité, de faire attention à la planète et pas seulement à soi. Fred m'avait dit qu'on s'était raté sur le narratif, que lui il n'était pas hyper satisfait d'avoir participé à ça. Et je me dis rien que dans le titre de l'émission, ah dommage. On aurait pu raconter une autre histoire autour de l'EDD. Mais je crois que l'émission est très bien, allez l'écouter et dites-nous ce que vous en pensez.
- Speaker #2
Bien joué, allez l'écouter pour nous dire si vous pensez aussi qu'elle est réussie ou pas. Moi, l'épisode que j'ai trouvé raté, je vais y aller tout de go, c'est « Jeter le numérique éducatif avec l'eau du bain » . Bon, vous allez voir, je vais faire quand même une petite pirouette. On va dire que c'est l'épisode le plus identitaire de Nipédu, mais ancienne formule, tu l'as dit. Un peu Fabien tout à l'heure, rappelez-vous pour les vieux poditeurs les plus fidèles, on était le podcast qui parle école, éducation et numérique. Et là, dans la saison actuelle, donc ce fameux épisode, 12 ans plus tard, il faut plaider pour ne pas tout débrancher. J'ai envie de dire, on s'est fait un peu les avocats de la défense et ça m'a fait penser. Je me dis mais attendez, c'est-à-dire qu'en 13 saisons, on a tout raté, rien n'a changé. Nous, on a été rigoureux, on a été nuancés, on a été honnêtes dans nos arguments, dans l'épisode. pour le coup avec peu de mauvaise foi j'ai trouvé Et finalement, dans toutes ces saisons et cet épisode, on n'aurait convaincu personne, à commencer par moi en tout cas, ou par nous. Donc, le raté, c'est peut-être ça, finalement. C'est vrai qu'on essaye toujours d'être nuancé, même si en début d'émission, on dit toujours qu'on met de la mauvaise fourrure, etc. On en met quand il faut et quand on pense que ça fait avancer le débat, on en met. Mais voilà, on va dire que partout ailleurs, enfin partout, en général, tous les récits carburent à l'émotion. Là, on essaye d'être nuancé, de s'appuyer un peu sur la recherche. Bon, est-ce qu'on aurait raté l'entreprise Nipédu après 13 saisons et on doit s'arrêter ? Je ne sais pas. Je ne crois pas, en tout cas, si je dois te demander. Dites-le nous sur le LinkedIn. Faut-il arrêter Nipédu ? Tu peux mettre un petit sondage ?
- Speaker #0
Allez, c'est parti.
- Speaker #2
Donc voilà, non, et blague à part, il va falloir tenir le cap avec l'ordre politique qui s'annonce tout doucement, selon les prophètes de l'apocalypse, ça sent de plus en plus mauvais. Bon, j'ai envie de dire non, non, tenons le cap, les gars, tenons bon en tout cas.
- Speaker #1
En tout cas, avant que j'en revienne en émission, que moi je trouve raté, d'ailleurs, petit spoiler, il y en a deux, mais je trouve ça rigolo parce que les deux que vous avez choisis, non seulement je trouve que vous ne les avez pas ratés, enfin si je pense à Fabien qui dit que... Et en plus, moi je trouve qu'elles sont plutôt chouettes ces émissions, donc c'est marrant. Donc on va laisser les poditeurs et les poditrices trancher. Et moi, pour ma part, j'en ai choisi deux. Et j'ai choisi les deux, en fait, qui... Je ne saurais pas dire si j'ai été bon ou pas. Je crois qu'en tout cas, la raison pour laquelle je les ai choisis, c'est parce que c'est celles qui m'ont créé le plus de frustration. Et elles me créent le plus de frustration parce que c'est celles qui sont les plus proches de mes centres d'intérêt. En l'occurrence, celles sur les intelligences artificielles, parce que ça touche à des questions de langage qui me sont assez proches. Et puis, celles sur les intelligences de la main, pour les mêmes raisons. Parce que quand on parle d'intelligence de la main, forcément, on se pose la question de quelle est la limite avec l'intelligence cognitive, on va dire. Et donc là aussi, ça touche un peu à mes trucs. Et en fait, c'est des émissions... Et c'est pas la première saison que ça m'arrive. C'est une régularité. C'est-à-dire que c'est typiquement les émissions où j'aurais envie de faire passer le plus de choses et je n'ai pas encore réussi, en tout cas à mes yeux, à le faire dans le format de l'émission. C'est-à-dire que j'ai toujours l'impression de ne pas réussir à articuler le propos, à le synthétiser suffisamment pour réussir à toucher tout ce que je veux toucher et à l'articuler. Alors que je... J'ai cette conviction que c'est possible. Voilà, et donc, c'est ces deux émissions-là qui m'ont créé les plus de frustration. Voilà.
- Speaker #2
En tout cas, vous, chères poditrices, chers poditeurs, dites-nous sur LinkedIn, à Fabien Barre, quel est votre épisode le moins aimé de cette année, mais aussi le préféré ? Allez, faites-nous votre best-of et votre worst-of de la saison, ou peut-être de toutes les saisons. Moi, j'ai en tout cas hâte de voir ça. Et maintenant, on se dirige vers...
- Speaker #0
La reco de la rédac
- Speaker #2
Eh ben, la reco de la rédac en forme de reco de l'année ou pas Si moi c'est une reco de l'année en tout cas Je vais vous parler d'un album de rock indé qui s'appelle Getting Killed qui est sorti en tout début d'année scolaire septembre 2025 J'arrête pas de l'écouter depuis J'avoue que je saoule un peu les gens autour de moi notamment ma fille et son meilleur ami ils ont un petit groupe de rock ensemble et j'arrête pas de leur faire écouter tout ça Et le groupe c'est Giz Bez vous
- Speaker #3
Let me dance away, forever, baby Let me dance away, forever, and every day, baby Let me dance away Let me dance away forever Baby You should be ashamed C'est un groupe new-yorkais qui
- Speaker #2
a été formé par des lycéens dans le lycée de Brooklyn. C'est leur troisième album et moi c'est via cet album que j'ai découvert les deux précédents. Un album qui a été enregistré en une dizaine de jours. Il n'y a quasiment pas d'overdub. Ils ont... Ils ont gardé ce qu'ils ont joué et je trouve que ça sonne hyper bien. Le chanteur du groupe s'appelle Cameron Winter. Il a une voix vraiment à part. Je pense qu'on peut aimer ou détester. Un peu à l'image de toi, Jean-Philippe, qui déteste notre ami Bob Dylan, qui a, il faut le dire, une voix très spéciale. Là, je ne compare pas à Bob Dylan, ce n'est pas du tout le même genre de voix, mais il y a quelque chose de... Voilà, ça va du crooner aux érucements, ça déraille dans tous les sens parfois. Donc moi, j'adore. En tout cas, ça ne se casse jamais la gueule. Il y a des morceaux très pop, très mélodiques, d'autres très rock où ça part... Ça part dans tous les sens, avec des envolées un petit peu chaotiques. Bref, tout ce que j'aime. Et franchement, aller écouter ça, c'est trop bien.
- Speaker #1
En tout cas, moi, je ne connaissais pas. Donc, je l'ai mis dans mes favoris pendant que j'écoutais ça. C'est vrai, je t'ai vu.
- Speaker #2
Et du coup, Jean-Phi, toi, ta reco ?
- Speaker #1
Oui, ce sera musique aussi, très clairement. Et parce que, pareil, reco de l'année. En vrai, au moins depuis ces 18 derniers mois aussi. Donc, c'est Black Sea Dow. C'est un groupe suisse-allemand qui chante en anglais, folk. que j'ai découvert il y a un peu plus longtemps que ça, mais vraiment, ils ont sorti un live il y a 18 mois, 2 ans, et ils ont sorti leur troisième album qui s'appelle Everything, il y a quelques mois, peut-être même quelques semaines, et vraiment, ces deux enregistrements, je les ai vraiment poncés, c'est très mélodique, c'est très bien écrit, il y a des arrangements que je trouve absolument géniaux. C'est elle, la chanteuse, et elle a une voix un peu à la Janis Joplin, donc une voix un peu androgyne, mais vraiment avec un grain super, et puis elle chante vraiment très très juste. À mon avis, je n'ai pas refait mes stats de Deezer, mais je pense que c'est pour sûr le trio de tête des artistes que j'ai le plus écouté, et en tout cas le plus apprécié ces derniers mois. Voilà. Bon ben, beaucoup de musique Fabien, de ton côté. C'est de la musique aussi ?
- Speaker #0
Ben, figure-toi que oui. je change ma reco là maintenant parce que en fait pour confier quelque chose moi j'ai des oreilles en carton c'est à dire que vous avez deux mélomanes qui vont aller vous chercher la pépite du rock indé du groupe du lycée de Brooklyn j'ai noté Régis qu'il n'y en avait qu'un seul le lycée à Brooklyn il y a beaucoup beaucoup beaucoup de monde dans ce lycée et moi j'ai des oreilles en carton j'ai toujours aimé la variète la pop les trucs faciles à écouter et là il y a un podcast qui est vraiment un banger sur France Inter qui s'appelle La Canthione et Le thème du podcast, en 8 épisodes d'une trentaine de minutes, c'est comment la musique latine a envahi la pop mondiale.
- Speaker #4
La musique latine est une musique qui, en ce moment, a un moment si fort.
- Speaker #5
Le flamenco est comme le son du café, c'est comme un son domestique, c'est comme sentir la table à manger.
- Speaker #0
Canción, comment les latinos ont conquis la pop mondiale. Et c'est toute l'histoire des musiques latines, donc on part vraiment des musiques de camping, de la fin des années 80. avec les Lambada, etc. La Lambada n'est pas citée, mais c'est pour vous donner l'idée. L'émergence du reggaeton au début des années 90, jusqu'à aujourd'hui, les stars de la pop mondiale qui chantent en espagnol pour intégrer des featureings avec des artistes latinos. C'est très intelligent, c'est très documenté. Ça vient un peu amener une touche savante sur une musique qui, a priori, ne l'est pas. absolument pas et que moi j'ai toujours beaucoup apprécié et c'est vraiment une super série de podcasts donc pour les deux grands mélomanes très très pointus que vous êtes peut-être pour réhabiliter un style qui fait vraiment style camping c'est hyper intelligent très bien écrit très rythmé il y a beaucoup de porto rico et il y a beaucoup de bad bunny dedans où on se rend compte un petit peu du phénomène bad bunny qui n'est pas qu'un phénomène mais qu'un vrai game changer dans cette dans cette musique là et un gros gros ambassadeur de ce style musical Voilà pour cette reco complètement improvisée pour rester sur une lignée 100% musicale.
- Speaker #2
Ouais, joli. La reco 100% ça sent bon les vacances. Eh bien, on arrive au bout de cet épisode. On va remercier...
- Speaker #0
De cette saison.
- Speaker #2
De cette saison même incroyable. On va remercier vous tous qui nous écoutez. Si vous avez apprécié l'épisode, si vous avez apprécié la saison, mettez-nous des étoiles dans les yeux ou des commentaires, enfin dans les yeux et sur les réseaux sociaux, en tout cas sur votre plateforme d'écoute préférée. des commentaires sur le LinkedIn de Fabien, recommandez Nipédu autour de vous, partagez-le, Nous, on ne fait pas de pause, parce qu'on n'a jamais fait de pause pendant les grandes vacances, donc vous disposez de cet épisode, et on se prépare pour le prochain, pour vous en dire qu'un tout petit peu, il paraît que les profs peuvent maintenant s'appuyer sur tout un tas de données, les fameuses datas, ok, d'accord, mais qu'est-ce qu'ils en font vraiment ? On ira leur poser la question où ? à ce bon vieux Ludovia en Ariège. On aura le plaisir de vous y retrouver si vous y êtes. N'hésitez pas à nous le dire d'ailleurs par avance. En attendant, comme d'hab, les gars, qu'est-ce qu'on fait ? On garde la pêche et on crache le noyau !
- Speaker #0
Oh merde, je me suis raté ! Regarde-la,
- Speaker #1
celle-là ! Moi j'adorerais la rubrique qui commence par Oh merde, je me suis raté ! C'était dit tellement naturel, c'est vrai ! Putain,
- Speaker #0
elle a l'air de la saison quand même ! J'ai l'impression d'être Didier Deschamps !
- Speaker #1
Ah non ! Ouais, j'espère que ça va mieux se passer pour nous ! Putain, ouais !
- Speaker #0
T'as de bons yeux, hein ?
- Speaker #2
Tu sais,
- Speaker #1
je voyais même pas que c'était des livres.
- Speaker #0
Mais Régis, tu sais qu'on n'est pas sur les mêmes tards de la décrépitude, toi et moi. On se les partage, on se les compense. Ouais, à part les problèmes urinaires sur tous les autres. T'es allé voir l'urologue, en fait ?
- Speaker #2
Non, c'est fin juillet, début août, là, j'ai plus en tête la date. Ça revient, ça revient.