- Speaker #0
1, 1, 1, Loubac qui déconne, faudra que je garde un oeil dessus.
- Speaker #1
Loubac ! J'étais obligé.
- Speaker #2
Oh non, ça y est, dans ma tête je me disais non.
- Speaker #1
Je suis désolé.
- Speaker #0
Pas les Beatles. On y va ? Let's go ! Musique maestro ! Nipédu ! Nipédu !
- Speaker #1
Nipédu ! Nipédu !
- Speaker #0
Le podcast !
- Speaker #1
Le podcast !
- Speaker #0
École !
- Speaker #1
École ! Éducation ! Éducation !
- Speaker #0
Numérique !
- Speaker #1
Numérique ! Nipédu !
- Speaker #0
Nipédu ! Nipédu ! Bienvenue chez Nipédu ou dans Nipédu. Nipédu, le podcast qui décode l'école et ses transformations. Saison 12, épisode 8. Aujourd'hui, une émission où on va se la jouer soit France Culture, du genre les nouveaux chemins de l'écriture, à moins que ce soit genre RMC Sport avec l'écriture en pole position ou encore la version énergie avec It, écriture only. J'ai pas la bonne voix. Rassurez-vous, vous êtes bien sur Nipédu, le podcast qui décode l'école et ses transformations. Et je suis toujours avec un professeur associé à la haute école pédagogique du canton de Vaud, Jean-Philippe Maître Renard. Jamais perché, jamais affabulateur, jamais moralisateur, toujours rusé dans ses interventions. Trop facile les refs, ça va Jean-Philippe ?
- Speaker #1
Ouais, ça va, et toi ? Ça fait bizarre. De bon matin, je me retrouve dans une petite fable.
- Speaker #0
Exactement. La fable d'Unipédu. De l'autre côté, il y a toujours le directeur de la production de chez École Humain. De chez École Uma. Mais il y a humain dedans. C'est Fabien Aubartelby qui préférerait ne pas rater cette émission, ni vous accabler. d'un épisode boursouflé comme un cachalot. Un petit peu plus pointu les refs, ça va Fabien ?
- Speaker #2
Moi je les ai en tout cas. Salut Régis, salut Jean-Philippe.
- Speaker #0
Et toujours votre serviteur, donc directeur d'atelier Canopée. Régis, forger honoré de Balzac, tout simplement. Alors, grâce à vous les gars, on va dire que j'ai pas perdu mes illusions de faire de Denis Pédu un chef-d'oeuvre, même inconnu. Ça y est, vous les avez les rêves. Ouais,
- Speaker #1
c'est beau.
- Speaker #0
Bon, pour un épisode sur l'écrit, il fallait bien ça. Je vous propose qu'on file vers le fun fact de la rédac.
- Speaker #1
Le fun fact de la rédac.
- Speaker #0
Alors, on a du fun fact dans nos paniers, les gars, je crois bien. Jean-Phi, c'est quoi ton fun fact ?
- Speaker #1
Alors écoute, moi, mon fun fact, c'était que justement, dans une émission où on s'interroge sur l'avenir de l'écrit, et puis les poditrices et poditeurs verront qu'on s'interroge sur une éventuelle fin de l'écriture, j'ai trouvé assez cocasse que dans deux jours, je me retrouve dans une réunion avec une dizaine de collègues à réfléchir au retour. à l'écrit justement pour un examen sur table dans le cadre d'un module où on a ça fait quelques années qu'on expérimente différentes choses, notamment des examens oraux mais qui en fait marchent moyennement et puis justement avec un peu l'avènement des IA génératives etc, on a envie de ramener dans un temps restreint sans document le travail des étudiants pour la certification. Donc voilà l'écrit a encore de beaux jours devant lui avec ses nouvelles évolutions technologiques
- Speaker #0
Enfin, on le dira en fin d'émission, on ne sait pas. Peut-être,
- Speaker #1
voilà, peut-être.
- Speaker #0
De mon côté, une lettre qui est revenue du passé. Tiens, vous avez dit les nouveaux chemins de l'écriture. Je fais une soirée en famille. Ma marraine, qui est une dame maintenant d'à peu près 80 ans, qui est revenue, qui a ramené des vieilles photos de moi tout petit. J'en ai partagé une avec Fabien qui l'a fait bien rire, bien dans le style des années 80. Et surtout, elle m'a ramené une lettre, une lettre que je lui avais écrite quand j'étais en CE2-CM. Il fallait écrire à quelqu'un qu'on aime, donc j'ai écrit à ma marraine. chez qui je passais des week-ends, tout ça, donc je me suis dit que c'était le plus beau fun fact, sachant qu'elle l'avait gardé dans son journal intime, elle écrit tous les jours depuis sa jeunesse dans son journal intime. Moi ça me paraît faux à 80 ans de continuer à écrire tous les jours dans un journal intime. Donc comme quoi l'écrit, en tout cas, il vient de loin, il vient de loin. Au sommaire de cette émission, Fabien ?
- Speaker #2
Au cœur de cette émission, il y aura un dossier en trois parties, comme à notre habitude, pour explorer les nouveaux chemins de l'écriture et c'est tout. C'est toi, Jean-Phi, qui te colle à la FAQ du Poditeur ?
- Speaker #1
Oui, FAQ, où il vous appartiendra à vous, Régis et Fabien, de débattre de la survenue prochaine des funérailles du stylobique.
- Speaker #2
Oh my god ! Moi, dans la chronique de Nipédu, on verra ensemble comment est-ce qu'on écrit un prompt parfait,
- Speaker #0
ou pas.
- Speaker #2
Et toi, Régis, du coup, tu vas terminer ce dossier avec la FAQ de la rédac ?
- Speaker #0
Ouais, on va se demander... Peut-être comment éviter que l'écrit pousse ses derniers cris ?
- Speaker #2
Il y a un côté, effectivement, il y a un côté un peu post-mortem dans cette émission. Et puis, on terminera avec une reco sans stylo ce mois-ci, les garçons.
- Speaker #0
Allez, on file vers la parole au poditeur. La parole au poditeur. Là aussi, on en a dans les tuyaux de la parole aux poditeurs. Tiens, Fabien.
- Speaker #2
Oui, alors je vais faire un big up à Karine, Mathieu et Bruno de l'école Fenez du Mais sur scène, parce que figurez-vous que ce sont des poditeurs fidèles et qu'ils se sont tournés vers Nipédu pour qu'on puisse faire un petit peu de mécénat de compétences autour de la conception et de la production de leurs podcasts d'école autour des transitions écologiques. C'est passionnant de pouvoir les accompagner. Et puis, ils ont un très, très, très beau produit, une super idée. Donc. Big up à tous les trois, puis merci pour votre confiance.
- Speaker #0
Ouais, c'est clair. Jean-Phi, autre chose ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. On s'est rendu compte que dans un document, dans un guide pratique produit par une COP, donc une communauté de pratique de l'université de Mons, notamment dans le cadre d'un certificat universitaire, eh bien, en fait, notre... Notre vieil épisode, puisqu'on s'est rendu compte pour le coup que c'est un épisode qui avait déjà 3 ans, un épisode de mars 2022, donc cet épisode sur le micro-learning était cité comme une référence dans ce dossier. Et donc du coup, on en a été tout touchés. Walli Wallou ?
- Speaker #2
Le micro-learning, c'est pas du poulet avec Emmanuel Burguet, il me semble.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Exactement. La star du micro-learning, il faut bien le dire. Ouais, ouais. Allez, sortez vos plumes, vos stylés. Vos outils scripturaux, comme on dit. C'est parti pour le dossier écriture en trois parties. On file vers la FAQ des poditeurs, où la sentence de Jean-Philippe est irrévocable. La FAQ du poditeur.
- Speaker #1
Rip le bic.
- Speaker #0
Et donc, la FAQ des poditeurs, mais qu'est-ce que c'est donc que si que ça, allez Fabien ?
- Speaker #2
Eh bien, c'est le point de départ, c'est le noyau, c'est le cœur d'une émission de Nipédu, puisque vous allez sur n'importe quel moteur de recherche, vous tapez « répondeur de Nipédu » , vous nous déposez une question autour de l'école et ses transformations. Il faut que cette question, elle vous taraude, elle vous empêche de dormir quelque part. Et puis nous, autour de cette question, on s'en saisit, on le traite à la sauce Nipédu, et on vous livre, comme on est en train de le faire avec Bastien. Une réponse, ou en tout cas une tentative de réponse, sous la forme d'un dossier.
- Speaker #3
Salut Nipédu, Sébastien, je viens d'écouter votre émission sur le sujet de la fin de la lecture, et du coup j'ai bien vu que vous mettez en avant que cette activité est en train d'évoluer assez nettement, et je me posais la question, une question qui est assez proche, et qui va un peu avec, c'est qu'est-ce qu'il en est de l'écriture ? Parce que, avec tout ce qui est... Le développement des ordinateurs, des tablettes à l'école, par exemple, ou l'utilisation des modèles de langage pour générer du texte. Forcément, j'imagine qu'il y a des évolutions aussi à ce niveau-là. Et du coup, est-ce que vous y avez réfléchi ? Et s'il y a des évolutions, pour aller vers quoi ? Voilà, hâte d'entendre des infos sur le sujet. Bonne continuation à vous, salut !
- Speaker #1
Bon alors déjà un grand merci à Bastien pour cette question qui en plus fait référence en effet à une précédente émission qu'on avait fait sur la lecture. Et alors du coup moi Bastien, pour cette FAQ, je vais te prendre au mot et puis je vais gentiment cuisiner mes deux acolytes à propos des activités, enfin en tout cas de ce qui m'a semblé être des activités scolaires assez consacrées, des activités qui impliquent bien évidemment l'écrit. Et puis, notamment, là où je vais avoir envie de les interroger, c'est sur une distinction qui m'est venue en lisant le dossier de ce mois-ci du numéro 46 du magazine 12 Bec Erika qui s'appelle Futur. Et puis, le dossier s'appelait « L'écriture va disparaître, et alors ? » . Et puis, dans ce dossier, on voit bien qu'il faut peut-être distinguer l'évolution des pratiques d'écriture manuscrite, donc avec un stylo. Et puis l'éventuelle disparition de l'écriture quand même aussi, mais de l'écriture numérique. Donc en gros, on aurait un peu trois niveaux. On arrête d'écrire avec des stylos et on arrête d'écrire avec des ordinateurs. Et donc les garçons, pour organiser cet échange, si vous voulez bien, on va le faire par entrée de thématique. Et puis il y aura des thématiques un petit peu génériques, sur des pratiques scolaires transversales, on va dire. Et puis des choses peut-être plus par discipline. Ça vous va comme ça ?
- Speaker #0
Nickel,
- Speaker #2
c'est top.
- Speaker #1
Alors... Rentrons d'abord dans une thématique plutôt générique notamment sur par exemple la vie scolaire et ben notamment communication avec les parents tout ce qui est revel notes dossiers scolaires bulletins etc Et alors, ce qui est saisissant, c'est que pour Régis, toi, tu as l'impression que l'écrit va tout bonnement disparaître dans ces pratiques-là, notamment sur la communication avec les parents, au profit d'autres médias. Alors, je ne sais pas, d'ailleurs, je vais te donner la parole tout de suite, d'ailleurs, au profit de quoi l'écrit disparaîtrait ?
- Speaker #0
Écoute, en tout cas, j'ai gradué mes idées, mes réponses, mais oui, effectivement, il y a le côté... La version manuscrite en tout cas, elle n'existe déjà quasiment plus. Il y a les LSU, il y a tout ça, donc c'est du pur numérique. Mais je me dis qu'il y a des usages à trouver, puisque c'est aussi l'objet de cet épisode. Peut-être des retours quali à l'oral. déjà ces pratiques circulées parmi certains profs pour corriger des copies, ou ils mettent des petits commentaires audio avec des QR codes, ce genre de truc. Moi, j'adorerais que dans les bulletins, il y ait un petit bouton, on appuie et on fait son commentaire quali à l'oral. Je trouve que ça donnerait beaucoup plus de vie et moins de froideur parfois, et peut-être moins aussi de... On l'avait dit dans l'épisode de Nipédu, d'ailleurs, sur les bulletins, d'espèce de langage un petit peu spécial bulletin, on va dire.
- Speaker #1
Alors du coup, ça m'offre une transition toute trouvée pour aller vers Fabien. Mais du coup, est-ce que ça voudrait dire qu'on remettrait carrément en question le dossier scolaire ? Parce que toi aussi, Fabien, tu allais vers quelque chose où il y aurait moins d'écrits dans les bulletins. Donc, est-ce que ça veut dire qu'on enlève les traces écrites, on enlève donc des dossiers scolaires ?
- Speaker #2
Alors, je veux bien répondre en deux temps. D'abord, rebondir sur ce que dit Régis, parce que je pense que Régis, il lit trop de SF. Malheureusement, du coup, il essaye de nous projeter dans des futurs un peu délirants. Moi, je ne te rejoins pas du tout, Régis. Je pense que la montée en puissance des questions de co-éducation, en tout cas de cette dimension dans ce que peut être l'école aujourd'hui, fait qu'on va avoir une augmentation de toute façon de volume en termes d'échanges. Et qualitativement, je pense que l'écrit restera. Donc, peut-être pas de l'écrit manuscrit. J'en fie si on doit prendre la distinction que fait Uzbek Erika. Mais voilà, sur de l'écrit numérique, il y en a beaucoup et il y en a beaucoup plus. Et d'ailleurs, ça me faisait penser à une anecdote que me racontait ma femme et qui m'a terrifié, qui vraiment m'a glacé sur une pratique qui se répand et qui est très répandue. C'est celle des groupes WhatsApp des parents d'élèves. qui ne sont pas orchestrés par les enseignants. Et je me disais que ça, ça complexifie beaucoup, beaucoup le métier. Donc voilà, moi, je mets toujours l'écrit numérique, disons, au premier plan pour la première partie de la question. Et pour ne pas faire de tunnel, Jean-Philippe, tu peux me rappeler la deuxième partie, la deuxième question que tu voulais me poser ?
- Speaker #1
En vrai, j'ai envie de suivre surtout le fil de ce que tu viens de dire, parce que justement, notamment ce que tu mentionnes par rapport au groupe WhatsApp des parents, typiquement la pratique WhatsApp elle s'oralise beaucoup puis moi je te le dis justement et quelque part j'ai dans un milieu assez proche des instits des profs qui interviennent aussi dans ces groupes WhatsApp informels et qui pour le coup interviennent à l'oral beaucoup plus qu'à l'écrit et du coup ça va plutôt dans le sens d'une communication parent-école qui est plutôt oralisée que écrite
- Speaker #0
Et bim, Fabien Ausha dans ta tête. Ouais, ouais, moi, effectivement, je pense que, et on le voit même d'une manière plus générale, sur les réseaux, les mômes sur Snap et compagnie, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'utilisation de l'oral, alors que c'est des réseaux qui sont créés au départ pour l'écrit, quoi. Et juste pour mettre un contrepoint à Fabien, où tu te dis, moi, ça me glace de voir des WhatsApp de parents d'élèves pas orchestrés par les profs, tout ça. Moi, j'ai le cas, ma fille était en Angleterre, pas plus tard que cette semaine, elle est rentrée hier. les parents ont mis en place un groupe WhatsApp entre parents et leurs enfants. Et je trouve ça, au contraire, salutaire. Ça permet d'avoir des informations en temps réel et de communiquer sur les horaires d'arrivée, etc. Les profs n'ont pas forcément mis en place un groupe WhatsApp pour informer les parents. Donc, les parents l'ont fait entre eux.
- Speaker #1
OK, bon, alors du coup, là, potentiellement, ça nous emmènerait ailleurs, les garçons. Mais on va rester dans le sujet. Au moins, ça met en avant des nouvelles pratiques de communication, une nouvelle relation à l'écrit. OK. mais la relation parents-école c'est peut-être un peu autre chose. Alors du coup j'en reste quand même à une pratique transversale, à une autre pratique transversale et puis sur laquelle vous avez des avis aussi qui me paraissent hyper intéressants, notamment sur la prise de notes. Bon alors très clairement si on parle de prise de notes, on n'est pas dans les premiers degrés, on est plutôt fin du secondaire et puis voire dans le supérieur. Et alors ce que j'ai trouvé saisissant, alors pour le coup je vais commencer par Fabien. Alors toi t'es... assez radical sur le sujet parce que tu vois même plus de prise de notes du tout. C'est-à-dire que tu m'as dit que par exemple, dans le supérieur, tu verrais l'activité de prise de notes disparaître.
- Speaker #2
Alors, si je devais me cantonner à ce qui se passe aujourd'hui dans un amphithéâtre et à ne pas imaginer une digitalisation de la transmission des informations qui irait plus avant, juste l'amphi en présentiel, écoute, c'est typiquement une pratique qu'on peut avoir au sein de mon équipe, c'est-à-dire qu'on prend un smartphone, On fait une réunion, on a un moment de brainstorming, n'importe. Je vais faire de la publicité, on lance notre dictée ou dicte ou dictipe. .ai, on le met au milieu, on récupère derrière, tu vois, un enregistrement, une transcription, qu'on passe à la moulinette d'une IA et on lui demande une synthèse. Et pour moi, ça vaut pour notes. Donc, tu vois, à aucun moment j'ai écrit, puisque l'idée derrière les notes, c'est d'avoir l'essentiel de ce qui a pu être dit. Donc, voilà pourquoi j'étais un peu radical sur ce point-là.
- Speaker #0
Et moi, si je peux rebondir, et en même temps, ça reste de l'écrit, puisqu'au final, t'as un écrit. La base reste là. Moi pour rebondir sur la partie prise de notes, j'ai l'impression, en tout cas j'ai envie de dire que dans le système éducatif français, on nous apprend très très mal, voire pas du tout, ou peut-être tard à prendre des notes, alors que dans le monde anglo-saxon, il y a plein de méthodes, plein de techniques autour de la prise de notes. Là où je rejoins Fabien, c'est sur d'autres usages autour de ça. Moi, je sais, on en parlera peut-être ensuite dans l'émission, mais je pratique beaucoup le dictaphone et transcription. C'est-à-dire quand je dois réfléchir avec moi-même ou ce genre de choses, je fais semblant d'être au téléphone, je me parle dans ma petite marche et je fais la transcription derrière. Et j'imagine que je suis loin d'être le seul à faire ça. Donc, on a des nouvelles formes de passage, en tout cas à l'écriture. Ou de retour à l'oral, je ne sais pas trop.
- Speaker #1
Ouais, alors moi, pour le coup, de ce que j'entends de ce que vous dites, c'est de la sous-traitance de l'activité de prise de notes. Mais ce n'est pas une disparition de l'activité. C'est-à-dire qu'on va demander, peut-être pour se soulager dans la réunion, d'ailleurs, de pouvoir rester plus connecté aux propos qui se tiennent, etc. Et de ce point de vue-là, être plus participatif. Mais on est d'accord, je vous comprends correctement quand je le reformule comme ça. Pour moi,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #2
Oui, je valide aussi.
- Speaker #1
Donc, ce qui veut dire que, typiquement, si on reprend ce titre du dossier d'Ouzbek Erika, la fin de l'écriture, point d'interrogation, ce serait, ce que vous dites là, c'est éventuellement la fin de l'activité faite par l'homme, mais ce n'est pas du tout la fin du support. Ah bah oui,
- Speaker #2
moi je distingue écrit et écriture. Il y a l'acte d'écrire et il y a effectivement le média écrit.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Mais c'est vrai que, typiquement, alors je renvoie les poditrices et poditeurs qui seraient curieux ou curieuses de ce dossier, mais c'est vrai que dans le dossier, il y a vraiment des... des thèses qui sont soutenues, enfin qui sont défendues et qui sont intéressantes, en plus avec pas mal d'universitaires, qui sont dans l'idée de dire qu'il y a certaines activités où on perdrait le support de l'écrit, carrément. Donc c'était plutôt dans ce sens-là. Alors je vais vous emmener maintenant dans les ancrages un peu plus disciplinarisés, et notamment il y en a un, une fois n'est pas coutume, je vais vous interroger, vous semblez être d'accord, et puis on va commencer par là, parce que c'est moi qui suis pas d'accord avec vous, c'est notamment en ce qui concerne les mathématiques. Et puis je vous ai proposé deux activités assez très... enfin prototypique et puis peut-être même pas assez précisé mais sur ce qui est résolution de problèmes ou d'équations d'une part et puis d'autre part sur ce qui concerne la géométrie et si justement là on allait rester sur des choses aussi plutôt manuscrites, faites main, ou des choses numériques et puis vous êtes tous les deux assez d'accord sur le fait que ce sont des activités qui d'un point de vue scolaire resteraient largement manuscrites et alors moi typiquement je trouve ça un peu fou parce que les activités mathématiques c'est la quintessence des activités qu'on peut facilement numériser parce qu'en fait, l'informatique, c'est des maths, tout simplement. Et alors, du coup, je me serais dit que je vous attendais un peu sur le fait de dire que c'est typiquement le genre d'activité où on va avoir un intérêt à ce que l'écrit disparaisse parce que l'informatique va être bien plus performant pour le produire, mais aussi potentiellement pour l'enseigner. Alors, est-ce qu'il y en a un ou l'autre qui veut...
- Speaker #0
Ouais, moi, je peux... Allez, moi, je me lance. Oui, oui, je pense que... paradoxalement, ou non, même pas paradoxalement, c'est typiquement un genre d'écrit tellement spécifique, les équations, les signes mathématiques, etc., qu'on va dire, pour déjà sortir la version manuscrite, il faut des outils spécifiques, genre la texte, pour écrire correctement les formules, etc., ce genre de choses. Donc, c'est déjà plus pour les étudiants, on va dire. Et la deuxième chose, c'est... C'est vraiment là, j'ai l'impression, dans ce type d'écrit-là, où on a besoin de l'écrit pour réfléchir, d'écrire son équation, de réfléchir, de bouger des choses, ou de mettre en forme, par un petit schéma, son problème mathématique. Je vois mal comment on sort ça du manuscrit, même un grand chercheur mathématique, on le voit et ce n'est pas une caricature, il est sur son grand tableau à créer, ou son grand tableau blanc à écrire des trucs dans tous les coins. Ça me paraît plus difficilement numérisable, mais peut-être que je me trompe complètement.
- Speaker #2
Moi, je n'avais pas mieux que Régis, on en reparlera peut-être dans la troisième partie de l'émission, mais ça me permet juste, pour garder mon temps de parole, de vous signaler un excellent article d'un mathématicien qui parle de l'IA, c'est Cédric Villani, dans un papier récent sur le 1 Hebdo. C'est un des meilleurs articles sur l'IA qui m'a été jamais donné de lire, qui contrôle qui ? Et puis pour vous rappeler que ce même Cédric Villani a une série de podcasts sur France Culture qui s'appelle « Intelligence artificielle, utopie, dystopie » . Donc voilà, je glissais une petite règle parce que je suis d'accord avec Régis.
- Speaker #1
Ok, alors après pour aller un tout petit peu plus loin, là aussi la raison pour laquelle je vous posais la question dans ces termes, c'est typiquement, moi pour la géométrie, il y a des logiciels qui justement quand tu fixes certaines propriétés mathématiques de la figure que tu fais, tu vois tu peux la manipuler vraiment avec ta souris, tu vois, et puis voir que, je vais dire n'importe quoi, si tu changes... la taille de ton cercle dans lequel il y a un triangle inscrit, tu vois comment évolue le triangle et ce genre de trucs. Et en fait, qui sont potentiellement des médias bien plus constructifs pour montrer justement où est-ce que les propriétés résistent au réel quand les élèves les manipulent. Et typiquement, ça, c'est le genre d'outil où je pense que tu peux... peut avoir une plus-value pour l'enseignement des maths, tu vois, de ce point de vue-là. C'était notamment à ça que je pensais. Clairement. Alors, pour aller dans un tout autre... Justement, pour essayer de contraster un petit peu les apports, et pas être que dans les sciences, ensuite, on va, en fait... J'ai fait un groupement de deux disciplines, le français et les langues secondes, parce qu'en fait, je vous ai interrogé dans ces deux disciplines sur une activité identique. et dans lesquels vous m'avez donné tous les deux les mêmes réponses. Donc je me suis mis à les mettre ensemble, et l'activité en question, c'est tout ce qui va concerner les exercices de grammaire, de conjugaison ou d'orthographe. Donc vraiment, des exercices, enfin moi je le vois très bien comment on faisait à mon époque, c'était des fiches avec des trous dans les mots qu'il fallait compléter, puis on écrivait avec un stylo, etc. Tout ce genre de trucs. Et puis, là, vous m'avez dit quelque chose, alors notamment, je vais commencer par toi Régis, toi tu dis, au primaire ça reste manuscrit. Et par contre, pour le secondaire, on irait vers autre chose. Alors, est-ce que tu veux bien expliquer pourquoi ?
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Je pense qu'au primaire, il y a encore tous les enjeux de l'automatisation du geste d'écriture qui entrent en jeu et qu'il faut garder, même dans des petites activités qui ne le mériteraient pas, entre guillemets, comme tu dis. Je pense aux exercices à trous où il suffit d'écrire un mot, mais même écrire ce mot, c'est important pour un moment à cet âge-là. Alors que plus grand, des cases à cocher ou des menus déroulants ou des versions numériques pour ces exercices de type grammatico, ça me semble beaucoup plus rapide, efficace, facile à faire et même à corriger. Donc d'où ma réponse.
- Speaker #1
Je vois que Fabien lève la main.
- Speaker #2
Oui, et puis il bouillonne parce que complètement pas d'accord. Je trouve que c'est comme ça que tu mets des mômes dans le dur en élémentaire. C'est-à-dire que sur ces exercices d'application, des enfants qui ont des difficultés scripturales ou motrices, typiquement, c'est là où ils vont être en difficulté. Du coup, je me suis souvenu de cet argument dont parle Régis et je suis allé fouiller les programmes pour voir si cette injonction à se saisir de n'importe quelle situation pour être dans l'écrit et être dans de l'automatisation, de l'entraînement, du geste graphique, de la production manuelle d'écrit, c'était toujours en vigueur. Il se trouve que non, aujourd'hui, les programmes parlent plus d'un écrit pour réfléchir, pour bâtir sa pensée, pour structurer un apprentissage. tout ce qu'on vient de se dire juste avant. Et je trouve que le parent pauvre de ça, c'est l'exercice d'entraînement dans toute sa splendeur. Donc moi, si j'en dégage un, c'est vraiment celui-ci. Et j'utilise des exerciceurs sur tablette et sur tout ce que tu veux.
- Speaker #1
Oui, mais alors par contre, donc là, franchement, merci pour cet apport sur les programmes. Alors, je ne peux pas dire que ça fait règle générale, mais moi, j'ai typiquement des enfants qui sont scolarisés pile poil à ces niveaux en ce moment. Je peux te dire que ce que tu dis là n'est pas appliqué. C'est-à-dire que... typiquement on est dans le même type d'activité que ce que j'avais moi et si je devais le dire comme tu le dis Fabien c'est à dire que on leur fait bosser les deux choses à la fois on leur fait bosser à la fois le contenu et puis la calligraphie si je devais le dire comme ça et c'est vrai que je te rejoins sur le fait d'eux mais ça me donne quand même un peu cette impression que ça fait partie à nouveau de ces activités qui sont tellement ancrées dans la pratique scolaire que même si les injonctions évoluent un petit peu je pense que le fait de faire descendre ces injonctions dans la pratique je pense qu'il y a Il y a un sacré pas. Eh bien, écoutez, les garçons, il nous en reste un, enfin une, en l'occurrence, qui concerne les sciences. Alors là, je vous avais parlé de la rédaction des protocoles d'expérimentation d'une part, ou alors de la rédaction des comptes rendus de recherche. Et alors, pour toi, Fabien, plus aucune forme d'écrit. Je trouve que c'est prodigieux. Comment réalises-tu ce prodige ?
- Speaker #0
Je veux entendre aussi, ouais.
- Speaker #2
C'est facile parce que je ne vais pas répondre, mais je vais m'adresser au chercheur qui a travaillé sur le carnet numérique de l'élève chercheur et qui va être capable de nous en parler bien mieux que moi.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
bon, il parle de moi. Oui, mais à nouveau. Alors, c'était en effet un cahier numérique dans lequel les élèves avaient des choses à remplir par rapport... dans le cadre d'une démarche de l'enseignement par la recherche, mis en place par des enseignantes et des enseignants sur certaines séquences d'enseignement. Et puis en effet, les élèves avaient ce cahier. Mais à nouveau, en fait, on retombe sur peut-être le truc où il y a un petit malentendu, c'est que ça reste une pratique écrite.
- Speaker #0
on continue de faire appel au code de l'écriture, même si ce code est numérisé, modifié, mais en tout cas on continue dans cette lancée-là.
- Speaker #1
Ce que je trouve incroyable, un peu à l'image d'un géogébra dont tu parlais tout à l'heure, ou d'une solution dédiée à l'apprentissage en géométrie, je trouve que le numérique aujourd'hui va pouvoir apporter des possibilités. Tu vois, je pense que si... Si dans certains contextes, notamment outre-Atlantique, on s'est très vite saisi des outils numériques, c'est parce qu'il y avait une pédagogie de projet, de recherche, d'exploration issue de Dewey qui était très ancrée dans la culture scolaire. Et du coup, c'est vrai que pouvoir ajouter des photos, tu vois, modéliser, dessiner avec des logiciels, ça enrichit le côté exposé et recherche. Donc bien sûr que l'écrit est loin d'être abandonné, mais je trouve que le numérique est puissant. le fait d'utiliser d'autres médias ici peuvent vraiment servir le renseignement des protocoles d'expérimentation et le partage auprès de la classe dans une vraie démarche de recherche.
- Speaker #0
Alors bon que toi Régis, manuscrits ?
- Speaker #2
Ouais je pense que le côté scientifique met un peu à l'image de ce que je disais tout à l'heure pour les maths, il y a un côté petite cuisine, donc petits crayons, carnets, ce genre de choses vraiment très manuscrits ou numériques sur tablette, mais besoin de gribouiller, d'écrire, de barrer, de... réagencer les choses et là, pour l'instant, j'ai l'impression que la version écrite reste la plus efficace encore.
- Speaker #0
Bon, écoutez, les garçons, on arrive à la fin de cette FAQ pour une petite synthèse. Alors, c'est rigolo parce qu'il y a souvent des FAQ où, en effet, on part de désaccords entre nous et puis on arrive à tirer des consensus et puis dans ces synthèses, je vais mettre un petit peu les points de consensus mais là, c'est vrai que ce que j'ai envie de faire dans cette synthèse, c'est plutôt de souligner que c'est plus... personnalisé. Ce qu'on peut en retenir, on a un régis qui finalement voit assez peu de changements du statut de l'écrit dans le cadre de l'école, malgré les évolutions qu'on voit, alors que Fabien, lui, il n'a pas peur de voir une forme d'écrit disparaître, mais pour le meilleur.
- Speaker #2
Alléluia. Allez, je vous propose qu'on file vers la chronique de Nipédu.
- Speaker #0
La chronique de Nipédu.
- Speaker #1
Ma rédacte, tic-tic-tic-papan, elle est malade. Est-ce que promptez ces pensées ?
- Speaker #0
Vous avez 4 heures !
- Speaker #1
Et tu ne crois pas s'il vient dire mon Jean-Phi parce que c'est justement l'épineuse question que posent nos collègues de l'association des profs de philo de l'enseignement public dans un récent communiqué.
- Speaker #2
Et j'imagine que leur réponse est non.
- Speaker #1
Non seulement tu imagines bien Régis, mais figure-toi qu'ils sont vraiment, mais alors vraiment pas contents les collègues de philo. Ils prophétisent rien de moins que la fin de l'autonomie intellectuelle et l'apocalypse cognitive pour les élèves. Mais ce qui a attiré mon attention dans ce papier, c'est pas la mise en garde somme toute assez légitime des effets socio-éducatifs de l'intelligence artificielle, mais plutôt la défense bec et ongle de la forme scolaire en vigueur. Je m'explique les garçons. Vous êtes d'accord pour dire avec moi que le déploiement des IA en éducation, comme ailleurs d'ailleurs, c'est une ligne de rupture, une crise dans le sens étymologique du terme.
- Speaker #0
T'essayes de te rattraper avec les collègues de philo, toi, en utilisant ces mots-là.
- Speaker #1
Ouais, je vais pas dire le contraire. Une crise, je disais, qui pousse l'école à faire ses choix, un peu comme Bruno Latour nous invitait à le faire au moment du Covid. Qu'est-ce que tu gardes, qu'est-ce que tu jettes et qu'est-ce que tu améliores ?
- Speaker #2
Et pour l'écriture à l'école, le sujet de l'émission, je te le rappelle, toi, qu'est-ce que tu fais ?
- Speaker #1
Bonne question, Régis. À vrai dire, et comme le soulignait Jean-Phi il y a quelques minutes dans la synthèse, ... Je n'arrive pas à être inquiet en ce qui concerne les formes les plus conventionnelles et fondamentales d'apprentissage et d'enseignement de l'écrit. À titre personnel, je n'ai jamais autant écrit et je n'ai jamais eu envie d'écrire autant que depuis que j'utilise massivement des IA génératifs dans mon quotidien. Parce qu'il y a dans le savoir écrire un truc aussi inoxydable qu'indicible, un truc intransmissible, tellement humain, tellement heuristique pour employer les grands mots. Ce je-ne-sais-quoi entre plaisir, instinct et travail, ce paradoxe de Polanyi qui fait qu'aucune IA ne fera jamais du vélo à ta place, pour l'écrit, pour moi, c'est un peu pareil. Et donc, de manière plutôt contre-intuitive, ce serait autour de l'apprentissage et de l'enseignement des interactions homme-machine que je me poserais plus de questions.
- Speaker #0
Alors, qu'est-ce que tu entends exactement par apprentissage et enseignement des interactions homme-machine ?
- Speaker #1
Cette année, en 2025, ça fait 40 ans, tout pile. poil qu'on a commencé à l'école à apprendre à donner des instructions à des machines pour que ces mêmes machines nous renvoient du feedback. Et mine de rien, en 1985, c'était le début d'une révolution pédagogique sans précédent, puisque pour la première fois, on se passait du prof pour valider ou pas la qualité de la production d'un élève. À partir de là, l'école, elle n'a plus jamais arrêté d'inscrire dans ses programmes et donc dans ses enseignements, la capacité à écrire pour des robots du code, à la requête sur un moteur de recherche pour le pré-bac, en passant par la formation métier du copywriting ou à la rédaction web dans le supérieur, par exemple.
- Speaker #2
Ok, du coup, pour toi, ce sont ces apprentissages d'interaction homme-machine qui seraient les plus impactés par l'IA ?
- Speaker #1
Alors, j'y viens, Reg. Si on considère qu'écrire pour un humain... ou pour un robot, whatever. C'est rassembler des informations, traiter des informations et modéliser ces mêmes informations pour produire un effet. La révolution de l'intelligence artificielle, c'est qu'elle parvient à prendre en charge ensemble et simultanément ces trois dimensions de l'écrit. Je partage une expérience bizarre que je me suis fait vivre à moi-même il y a quelques jours. Pour produire une synthèse assistée par une IA générative, j'ai voulu modéliser dans ma base de données source Imaginez un gros rapport pour faire simple. Les informations à destination de mon notebook LM, de manière à m'assurer le meilleur résultat possible en output. Et là je me suis dit, Fabien, t'es vraiment un petit bolosse. Si on réfléchit deux minutes, la course à la performance des grands modèles de langage repose justement sur leur capacité à trouver et à se saisir aussi efficacement que possible de la moindre information pour optimiser le résultat final. C'est un peu comme les succulentes, vous savez, ces plantes grasses qui vivent et grandissent avec peu d'eau et pratiquement zéro nutriment. Mais la force de la techno repose également sur sa capacité à s'affranchir de toute norme d'encodage de la commande à l'entrée pour produire le meilleur résultat possible. Et avouez les gars, en contradiction avec ce que je vous disais un peu plus haut, personne ne vous a appris formellement à écrire une requête sur Google.
- Speaker #0
Ouais, ça, ça se discute, mais vas-y, continue ta démonstration.
- Speaker #2
Ouais, c'est clair que ça se discute.
- Speaker #1
Bon, alors admettons, l'obsession de Google, je le rappelle, c'est quand même de te donner ce que tu cherches, quelle que soit la manière dont tu as formulé ta requête. On est quand même dans une logique mercantile et commerciale. Eh ben, c'est un peu pareil pour les IA génératives. Le vertige en plus. Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de tester comme moi les Deep Research d'OpenAI ou... ou celle de Perplexity. Alors le Deep Research, c'est cet agent intégré capable de mener des recherches complexes et de manière complètement autonome. Et bien, inutile de chercher à scripter le prompt parfait. Il se charge lui-même de te demander les infos dont il a besoin pour produire le meilleur des résultats. Résultats auxquels toi-même, tu n'avais parfois même pas pensé. On est donc passé du stagiaire bizarre à l'assistant genre monsieur je-sais-tout qui est né avant son grand-père. Je me demande pour qui il se prend.
- Speaker #2
Ça m'étonnait aussi que tu ne nous aies pas encore parlé de ce fameux ou fumeux art du prompt.
- Speaker #1
Ouais, enfin, je l'avais quand même spoilé un peu dans le titre de la chronique. De la même manière qu'on évoque les hallucinations algorithmiques pour les IA génératifs, je vois dans les tentatives de pratiques pédagogiques visant à enseigner le prompt engineering, l'art du prompt ou la rédactique, vous l'appelez comme vous voudrez, une illusion consolante, un pied à l'aise pédagogique. pour atténuer l'impact de l'effraction des IA génératives à l'école en attendant la suite. Donc, laissez-moi à mon tour les garçons prophétiser un truc. On peut en 2025 se dire que ce qui fait la différence entre un bon et un mauvais élève, c'est sa capacité à prompter efficacement, et qu'il est de notre devoir de prof de niveler par le haut cette inégalité. On peut avoir envie de passer quatre séances à découvrir avec les élèves comment écrire un prompt efficace dans une scénarisation socio-constructiviste, aussi énergivore qu'artificielle. On n'a pas plus besoin d'apprendre à prompter en 2025 qu'à rédiger des requêtes sur Google il y a 20 ans. Pour moi, l'essentiel n'est déjà plus là.
- Speaker #2
Eh bien, merci pour tout ça Fabien. On file tous ensemble vers la FAQ de la rédac. La FAQ de la rédac. Dernier cri pour l'écrit. Alors les garçons, je vous propose qu'on revienne directement à la question de Bastien qui nous dit « Si on lit moins, on devrait... » aussi moins écrire, non ? J'aimerais qu'on commence par se poser la question à nous-mêmes. Quels sont nos usages les plus courants, en fréquence ou en quantité, de l'écrit au quotidien ? Allez, en commençant par le côté perso, Jean-Phil.
- Speaker #0
Alors, côté perso, je pense qu'il faut que j'aille vers les messageries instantanées, notamment avec, très très largement, avec Madame. Et puis pour tout, ça peut être, voilà, de la basse logistique, un article que j'ai lu qui m'a plu, bref, voilà. Et puis après ça, je pense que sur vraiment le manu... Enfin sur le... Ouais, peut-être les tout doux, ce que j'ai à faire. Et puis, mine de rien, Nipédu. Que ce soit les chroniques crap ou ce qu'on fait nous, mine de rien, c'est quand même... Voilà, je crois que je dirais ça, côté perso.
- Speaker #2
Ok, toi Fabien, côté perso ?
- Speaker #1
Pareil pour les chroniques de Nipédu. Et puis moi, j'amasse beaucoup de matériaux que j'ai qualifiés de littéraires, les garçons. Alors, c'est pas pour être pompeux, mais un peu à l'image d'Orelsan. J'ai plein, plein de notes où j'écris des bribes de texte, des trucs qui me font un peu tiquer j'écris beaucoup de quotes aussi d'ailleurs que je partage avec Régis sur les quotes et puis un truc que je partage aussi avec Régis c'est les barbarismes, les ironèmes que j'entends et ça je le partage aussi avec ma femme on se fait un petit échange comme ça et voilà donc moi j'aime bien amasser des mots des phrases, des choses qui me font un petit peu vibrer Puis il y a des trucs que j'aimerais bien faire, j'aimerais bien écrire sur LinkedIn, je repense à un hashtag qui s'appelait « je ramène ma fraise » et j'ai jamais franchi le pas. Et puis globalement, je continue à nourrir le fantasme de pouvoir un jour gagner ma vie en écrivant, mais ça reste un fantasme.
- Speaker #2
Ah ouais, faut s'y mettre pour de bon. Ouais, moi je vous rejoins, c'est plutôt côté perso, c'est les communications avec les familles, les messageries. Nipédu, c'est vrai qu'on écrit beaucoup entre les conducteurs, Chronique Crap, la chronique de Nipédu, etc. Je vous ai parlé un peu des marchés parlés, là où je m'enregistre et je retranscris, c'est aussi un usage perso que je fais pas mal. Et ouais, curation de petites bribes de notes, comme le dit Fabien, notamment via Apple Notes. Si on va du côté pro, Jean-Phi, tes usages de l'écrit les plus... courant, fréquent ?
- Speaker #0
Le mail de très loin, mais aussi parce que j'y passe beaucoup trop de temps. Mais au sens de, je pense que je sois trop dans ma communication écrite, mais à tel point que même les gens me disent que c'est... Voilà. Et sinon, ça va être les prises de notes pour le coup. Prises de notes en réunion ou dans les trucs que j'entends. Et puis les supports de présentation. Que ce soit support de cours, support de conf, voilà. Tout ça, c'est quand même je pense les activités principales.
- Speaker #2
Les mêmes différentes pour toi, Fabien, en pro ?
- Speaker #1
Alors, Jean-Phil, on ne soigne jamais trop sa communication écrite, règle d'or. Et moi, ce n'est pas le mail parce que je déteste le mail, mais comme je suis en télétravail, on a beaucoup, beaucoup de messagerie instantanée. Donc là où vous l'utilisez, vous, en perso, moi, je l'utilise beaucoup en pro et je soigne mon écriture dans les messageries instantanées. Et sinon, mon bugeau,
- Speaker #2
bullet journal pour les non-connaisseurs.
- Speaker #1
Et là, on est sur l'écriture manuscrite, je ne peux pas lire. Je ne peux pas vivre sans mon bullet journal. Et puis, il y a un truc que je soigne aussi beaucoup en professionnel, c'est ma veille active. Faire de la veille et produire du contenu autour de la veille que je fais parce qu'il ne suffit pas de faire de la curation, il faut valoriser derrière sa veille.
- Speaker #2
Moi, je vous rejoins. Il y a beaucoup de communication via les messageries en interne avec les équipes. Plutôt mail en externe avec les partenaires comme Jean-Phil, il y en a quand même pas mal. Des rédactions administratives, on va dire. Des docs de travail, des comptes rendus de réunion, ce genre de trucs. Et évidemment, des écrits pour la thèse. Ce que dit Thésard, dit des écrits, beaucoup d'écrits. Pourquoi cette question ? Pour voir d'où on parle autour de cette question de l'écriture. Je suis allé voir un certain nombre d'articles. Pour classer un peu la typologie des écrits, je suis tombé sur notre claquante Françoise Cro. Allez écouter l'épisode de Nipéduc, on vous met dans les notes de l'émission sur le pourquoi de ce claquante. Donc elle est professeure d'université honoraire en sciences de l'éduc au CNAM. Elle travaille notamment sur l'innovation pédagogique, mais j'ai découvert qu'elle avait écrit sur l'écriture entre développement pro et développement personnel. Et on retrouve dans nos pratiques les trois grandes fonctions, que ce soit des fonctions de communication, des fonctions épistémiques sur production de... de pensée, on va dire, et des fonctions heuristiques, gros mot, comme le disait Fabien dans sa chronique, sur l'exploration, le questionnement à soi-même ou envers les autres dans la production de ressources notamment. Alors évidemment, nous, on est représentatif de rien du tout, même si on est plutôt tous les trois dans ce qu'on appelle les métiers de la connaissance, donc on a forcément un rapport à... à l'écrit, certains adorent, comme Fabien notamment. On laissera aux auditeurs le soin de se projeter dans leur propre pratique, parce que je reviens là tout de suite à la question de Bastien, sur une autre dimension, puisqu'il demande si la place de l'écrit n'est pas en train de changer dans les classes, si oui, pour aller vers quoi. Fabien, il vient de nous parler notamment de la rédactique, vous avez découvert un nouveau terme, enfin je l'espère, moi oui. On ne va pas aller dans cet épisode sur le terrain de... Des écrits numériques, j'aurais l'impression les gars, je ne sais pas ce que vous en pensez, ce serait un épisode Nipédu, So 2015 ou 2017, quelque chose comme ça ?
- Speaker #0
Ouais, ouais, carrément.
- Speaker #2
On vous retrouverait dans des épisodes de Nipédu sur les écritures interactives, la co-écriture, les pads, les étherpads, on ne va pas du tout là-dessus dans cet épisode-là. On aurait pu nous attendre là-dessus, mais on l'a déjà tellement fait. Non, non, l'ADN de la FAQ de la rédac, c'est la recherche. Donc, on ne va pas faire de prospective. Vous irez dans Usbek et Rika pour ça, pour voir des nouvelles formes d'écriture possibles. Donc, moi, je vous propose plutôt qu'on aille voir du côté de ce que préconise la recherche pour faire progresser les élèves. Je suis allé voir du côté de la conférence de consensus du CNESCO de 2018. C'était écrire et rédiger comment guider les élèves dans leur apprentissage. Donc, ils ont produit un certain nombre de recommandations. 10. C'est la pratique dans les conférences de consensus du CNESCO, entre des chercheurs et des praticiens. Et donc, avant de vous les donner, ces recommandations, par pur esprit de contradiction ou par goût du débat, si vous deviez en rejeter une de ces propositions, Fabien et Jean-Phi, je sais Jean-Phi, toi tu rejetterais la numéro 1 d'ailleurs, qui dit faire écrire les élèves dès la maternelle. Pourquoi tu rejetterais cette reco ?
- Speaker #0
Ouais, alors, c'est rigolo parce que tu formules ta question un petit peu différemment. J'avoue,
- Speaker #1
j'avoue.
- Speaker #0
Parce qu'en fait, la manière dont tu avais proposé ta question, c'est lesquelles de ces rocos mèneraient à des nouvelles pratiques d'écriture. Moi, c'est ce que j'ai entendu et c'est ce que j'ai compris. Et du coup, j'ai rejeté celle-ci dans le cadre de est-ce qu'elle va provoquer des nouvelles pratiques d'écriture ? Parce que je pense que typiquement... Il est nécessaire et important de faire écrire les élèves. Mais alors quand je dis écrire, là pour le coup, je ne distingue pas manuscrit ou numérique. C'est de les faire écrire, peu importe le biais, parce qu'il y a vraiment une dialectique entre l'égris et l'oral qui je pense est primordiale pour l'apprentissage de la langue dans les premiers degrés. Mais par contre, si on interroge le fait que l'écrit scolaire, il a un statut, il a des pratiques un peu consacrées, et que potentiellement, on peut avoir des pratiques nouvelles qui aident les élèves à rentrer dans, justement, des pratiques un peu libératrices par rapport à l'écriture, je pense que potentiellement, faire écrire dès la maternelle peut plutôt être assez stigmatisant, poser très vite un peu des jugements, surtout qu'on est quand même à un âge où la motricité fine, les élèves, ils ne se développent pas au même rythme, mais c'est... pas grave du tout. Donc c'était ça que je rejetais, c'était le fait de dire si on veut essayer de faire évoluer les pratiques de l'écrit dans l'école, commencer à faire écrire les élèves, et là pour le coup plutôt de manière manuscrite, dès la maternelle, je pense qu'on rentre plutôt dans des problématiques un petit peu d'inégalité qui moi me posent problème. Voilà.
- Speaker #2
Fabien, quelque chose à ajouter sur ce point ?
- Speaker #1
Pas trop longtemps, mais je me dis qu'il y a une question de finesse, de pédagogie, d'élégance et de raffinement. pédagogique, Jean-Phi, tu vois. C'est-à-dire que sans parler de jeu d'écriture en maternelle, tu vois, il y a peut-être Il y a certainement des choses qui existent sur comment est-ce que tu crées une propédotique, allez, je retourne sur nos vieux démons avec des mots compliqués que seuls nous trois comprenons sans aucun excès de vanité, de préparation à des jeux d'écrit. Comment est-ce que tu crées en maternelle une sensibilisation aux jeux d'écriture avec ce point de vigilance, de attention à ne pas créer de l'inégalité scolaire dès les petites classes entre les mômes qui seraient déjà sensibilisés et les autres.
- Speaker #0
Et là-dessus, je suis complètement d'accord avec toi. Et d'ailleurs, je crois que c'est dans la précédente émission qu'on avait parlé de cette histoire de justement de faire attention à ce que certaines activités scolaires restent du jeu. Tu vois, de ne pas faire cette transition très artificielle. Clairement. De dire maintenant, c'est du travail, tu vois. Et en effet, si l'activité d'écriture est inscrite dans une forme de jeu et de dire en fait, on joue à apprendre et du coup, on apprend en jouant. Alors là, je suis 100% d'accord avec toi.
- Speaker #2
Intéressant sur la deuxième recommandation qui était former les élèves à l'usage du clavier. Tout en continuant d'écrire à la main, Fabien, puisqu'on parle de main, plutôt pousse vers le bas pour toi ?
- Speaker #1
En fait, c'est un apprentissage qui est hyper mécanique et rébarbatif. Et il me semble qu'à date, tout le monde sait écrire sur un clavier. Il n'y a pas de corrélation entre un niveau de performance scolaire et la capacité à écrire sur un clavier. Peut-être un apprentissage formel qui aurait été proposé, mais franchement, c'est tellement de l'anecdotique que celui-là, je le zappe.
- Speaker #2
Jean-Phi, tu le zappes ?
- Speaker #0
Non, moi je ne le zapperai pas, mais j'entends... Enfin, quelque part, c'est vrai que la manière dont est formulée la recommandation « Former les élèves à l'usage du clavier » , ça fait en effet... Ça semble faire référence à quelque chose de très mécanique, et donc de peut-être pas très porteur, mais par contre, moi je le vois quand même comme au plus tôt c'est fait. Au plus tôt, ça ouvre la possibilité. Alors justement, tu t'as dit que tu voulais pas trop qu'on en parle, on va pas en parler longtemps, mais tu vois, ça ouvre à des pratiques telles que l'écriture collaborative. Et je pense que typiquement, dans les premiers degrés, alors je sais pas si je mets ça au CP, au CE1, CE2, je sais pas trop, mais ce que je veux dire, c'est que je pense quand même que pour certains élèves, il y a un vrai problème avec la feuille blanche, avec la production d'écrit. et que typiquement l'écriture collaborative peut être des choses qui peuvent débloquer des élèves, là aussi porter les élèves qui ont peut-être un peu plus de difficultés, et que je pense quand même que les outils numériques sont bien plus propices à l'écriture collaborative que l'écriture manuscrite. Donc c'est plus dans un deuxième temps. C'est pas en soi l'enseignement de l'usage du clavier, mais c'est plus l'usage du clavier peut mener à d'autres pratiques qui peut-être peuvent... libérer certains élèves qui auraient du mal avec le stylo.
- Speaker #1
Le billard à trois bandes de Jean-Phil. En fait, je voudrais surtout décomplexer les collègues qui sont en élémentaire, notamment sur cet apprentissage-là, parce que moi, je trouvais ça vraiment casse-pieds avec les mômes de bosser l'écriture sur clavier. Je leur laissais vraiment aller à leur rythme.
- Speaker #2
Sauf besoin particulier, effectivement.
- Speaker #0
Mais cela dit, là-dessus, je te rejoins. Ça ne veut pas dire que je prônerai un enseignement formel du tapage du clavier, mais de dire, mettez-vous face à un clavier, ils vont taper avec un doigt et puis ce sera assez laborieux. Mais au bout du compte, c'était plus ça que j'essayais de dire.
- Speaker #1
Ah, mais moi, je te rejoins. Mais du coup, pas d'apprentissage formalisé. Je ne prends pas du temps de classe pour modéliser un apprentissage autour de ça.
- Speaker #0
Oui, ça, je suis complètement d'accord.
- Speaker #2
Alors, des recos du... Du Knesko, il y en a dix, on en a balayé deux et l'idée c'est surtout pas de les balayer toutes. On en a écarté une sur exploiter le numérique dans les séquences pédagogiques liées à l'écriture. On va balayer la dernière qui contient tout et rien, qui nous dit former tous les enseignants. Ce qui est intéressant, et tu as commencé à y venir Jean-Phil, sur faire de l'écriture une activité collective. Il y en a deux autres qui semblent aller avec, exploiter les pratiques d'écriture des élèves à la maison. et utiliser les brouillons. Et j'ai bien... En tout cas, on sent qu'il y a quelque chose là autour de ces formes d'écrit et notamment des écrits intermédiaires. J'aimerais bien vous entendre l'un ou l'autre sur l'une de ces trois recommandations très librement là maintenant au point où on en est de notre discussion.
- Speaker #1
T'en parlais tout à l'heure quand on a abordé le sujet des mathématiques. Moi, je... Et on le retrouve dans pas mal de ressources. Je mettrai dans les notes de l'émission une ressource d'Eduscol et une note de Canotec sur cette question des écrits intermédiaires. Moi, je trouve que c'est fondamental. Et justement, c'est la ressource de Canotech notamment qui aborde ce volet-là. À l'heure des IA génératifs, je trouve qu'il y a quelque chose de salutaire. Tu vois, plutôt que d'apprendre à écrire des promptes, tu le disais tout à l'heure, Régis, au sujet des méthodologies sur la prise de notes, la méthodologie de l'écrit intermédiaire. Appelons ça du brouillon, comme ça, on se comprend avec les poditeurs. Je trouve que c'est incroyable. Et tu vois, je repense à l'étudiant que j'étais. On parlait tout à l'heure de la prise de notes. Jean-Phil, je te disais, la fin des prises de notes, mais moi, j'étais un gueudin de la prise de notes. J'avais des crayons de couleurs, je faisais des dessins, tu vois, parce qu'il y avait cognitivement, il se passait quelque chose dans le fait de modéliser ce que j'entendais et de modéliser sur l'instant ma compréhension ou pas de ce qui était dit et en dessinant, en prenant des notes, en organisant spatialement ma feuille de manière différente. et signifiante, et je trouve que c'est un univers créatif pour l'écriture, tu vois, et même pour l'écriture manuscrite, que aujourd'hui, aucune IAG est capable de prendre en compte. Donc moi, je suis vraiment team écrit intermédiaire, et je dirais aux collègues, si vous voulez sortir la tête de l'eau des IA génératives et de l'apocalypse cognitif qui nous est annoncé, dont on parlait tout à l'heure, c'est vraiment un truc, à mon avis, qui est hyper puissant et hyper fertile.
- Speaker #0
Alors moi, je vais complètement dans ce sens-là. Et puis là aussi, pour le coup, je le ramènerai aussi pour les jeunes élèves qui sont en train d'apprendre à écrire. Je pense que pour faire un lien avec ce que je disais un peu plus tôt, moi, je vois dans le brouillon et dans les écrits intermédiaires quelque chose qui est libérateur et désacralisant. C'est-à-dire que... Le cahier de leçons, le cahier d'exercice, ben voilà, on est évalué, on doit écrire bien, on doit... Toutes ces choses-là. Et je pense que, justement, ça aussi, ça peut générer des freins sur les élèves qui ont le plus de difficultés. Et quelque part, en tant qu'élève, avoir ces espaces où les fautes d'orthographe, c'est pas important, où, justement, j'ai juste... Ben, j'écris, je lâche, je... Et quelque part, c'est marrant parce que, Fabien, t'as parlé des méthodes, tu vois, de l'usage de ces écrits intermédiaires. Mais, justement, je pense que ça... peut aussi être, et puis ça va dans le sens de ce que tu disais un peu plus loin sur l'aspect, la créativité que ça autorise, justement que ce soit des outils où il n'y a pas de méthode en fait, où c'est juste tu écris pour penser et du coup vu que ta pensée doit être libre, ton écrit doit être libre aussi quoi, il y a quelque chose comme ça et voilà, et moi je vois par exemple nous avec nos deux filles à la maison, elles ont un cahier de brouillon qui n'est pas de l'école qui est un cahier de brouillon de la maison où elles y vont et puis d'ailleurs elles prennent toute liberté aussi à découper des bouts de papier, écrire des trucs que avec mille fautes d'orthographe. Mais alors ça, c'est des trucs que nous, on encourage à fond parce qu'on trouve ça génial qu'elles arrivent à s'approprier l'écrit de cette manière-là.
- Speaker #2
Les garçons, pour conclure et amener des éléments autour de ces écrits intermédiaires, c'est extrêmement riche en fait. Vous irez voir dans les notes de l'émission, il y a des articles notamment de Chaban et Boucheton qui précisent le intermédiaire, il est dans de nombreux sens. En creux, vous l'avez dit, entre deux états d'un écrit à mettre en forme, entre deux états de pensée pour une même personne, entre les membres d'un groupe, entre des écrits et des oraux. Voilà, le côté... médiation de cet écrit. Allez voir ses articles, en tout cas, c'est bien plus riche que ce qu'on peut dire là, nous, sur l'aspect un peu juste brouillon, qui a l'air de s'adresser qu'à soi-même. Voilà, il est intermédiaire de beaucoup d'autres choses, et j'ai l'impression qu'on est en train de dire gentiment que c'est peut-être, les garçons, en guise de synthèse, un pan de l'avenir de l'écriture. Donc j'espère que grâce à la question de Bastien, on s'est interrogés. sur la place ou les formes futures de l'écrit. On est parti de nos pratiques à nous, pour un petit peu s'interroger, voir ce qui peut évoluer du côté de l'oralité, de ces écrits intermédiaires. J'ai envie de dire, on n'est pas devin et on n'a pas vocation à l'être. Je serais bien curieux, si on existe encore les gars, ne serait-ce que dans 5 ans, de refaire un épisode sur ce qu'est devenu l'écriture. En tout cas, on se donne rendez-vous.
- Speaker #0
Et à vous aussi, nos poditeurs et poditrices, dites-nous pour vous, c'est quoi le futur de l'écriture à l'école ? Direction le répondeur Denis Pédu, et en attendant nous on file vers la reco de la rédac, mais sans stylo. La reco de la rédac. Alors, quelle est ta reco, cher Jean-Philippe Maître ?
- Speaker #1
Bon alors déjà je vais commencer par te faire mentir parce qu'elle n'est pas tout à fait sans stylo, parce que c'est une BD. Mais par contre, c'est une BD qui est très silencieuse, c'est-à-dire qu'il y a très peu de texte. Pour le coup, la BD en question, c'est La Route, qui est une adaptation du livre de Comac McCarthy. Et l'adaptation, on la doit à Manu Larsonnet, qui est clairement un BDiste qui a deux pans de sa carrière, un pan un peu cartoon et puis un pan beaucoup plus sérieux. Là, on est vraiment dans le pan très sérieux. Mais j'ai adoré cette BD, alors qu'il est dur. Pour les personnes qui connaissent la thématique du roman, c'est un roman un peu, enfin même pas un peu, c'est un roman post-apocalyptique, donc on retrouve ça. Mais j'ai trouvé les planches, j'ai trouvé ça magnifique. Vraiment, c'est des dessins durs, mais c'est techniquement bluffant sur les plans, sur les nuances de couleurs. J'ai passé vraiment des minutes entières sur une seule planche à regarder des trucs. Donc c'est vraiment un propos dur, mais avec des dessins d'une qualité incroyable. Et du coup, en tirant le fil de cette BD, j'en ai pensé à une autre. qui pour le coup j'ai lu il y a beaucoup plus longtemps qui s'appelle Un Océan d'Amour de Gregory Panation et Wilfried Lupano alors là on est dans un tout autre registre mais par contre c'est clairement une BD sans aucun texte donc pour le coup il y en a vraiment zéro et puis elle est très très mignonne cette BD là on retrouve un dessin un peu cartoon et en gros c'est l'histoire d'un pêcheur breton qui part tous les jours à la pêche et qui rentre tous les soirs retrouver sa bigoudaine et en fait un jour il disparaît C'est ce qui lui arrive déjà de son côté. Et puis, qu'est-ce que fait sa bigoudaine pour essayer de retrouver son mari pêcheur ? C'est vraiment très, très mignon et assez fort, en fait, émotionnellement. Si vous ne connaissez pas, c'est une BD qui vaut le coup.
- Speaker #0
Merci. Fabien ?
- Speaker #2
Moi, contrairement à Jean-Phil, je vais tenir la promesse de la rubrique, puisque ce sera sans stylo. Tiens, le scud ! C'est un podcast, une fois n'étant pas coutume. J'ai écouté le numéro 454 de Génération Do It Yourself. On ne présente plus ce podcast qui lui-même est présenté par Mathieu Stéphanie. Et dans cet épisode 454, il accueillait Joël Dicker, l'écrivain helvète qui publie un nouveau roman, La très catastrophique visite du zoo, et qui pendant 3h, 2h52 exactement, c'est la durée du podcast, les garçons, va nous parler d'écriture, d'entrepreneuriat, puisque c'est un... C'est un peu le thème de génération Do It Yourself. Et c'est passionnant. Je peux vous dire que les trois heures de podcast sont passées crème. Et Joël Dicard est un personnage que j'aime bien. N'en déplaise à ma collègue Élise, qui n'écoutera jamais ce podcast, mais avec qui on s'est un peu accrochés cette semaine autour de Joël Dicard. Voilà, Régis.
- Speaker #0
Ok, merci. Moi, comment on a... Comme on n'a pas parlé cinéma, moi je vous recommande Trouman Capote, que j'ai vu il n'y a pas longtemps, et je me suis dit qu'il raisonnait beaucoup avec cet épisode, donc c'est un film de Bennett Miller, qui date de 2005. J'ai beaucoup aimé les deux autres films de Bennett Miller, il n'en a fait que trois. Le Stratège, je crois que j'en avais déjà parlé dans Nipédu, peut-être ou avec toi Fabien, et Foxcatcher. Bon, et il retrace la genèse de son, on va dire, de son chef-d'oeuvre qui s'appelle Deux Sans-Froids, que je précise, je n'ai jamais lu, mais c'est l'ouvrage fondateur du roman vérité qui mêle journalisme et fiction, donc en fait, Trouman Capote, il a... inventé littéralement une nouvelle forme d'écriture. Voilà pourquoi je trouve que ça résonne fort avec cet épisode.
- Speaker #3
Je m'appelle Truman. La nuit du 14 novembre dernier, deux hommes ont fait irruption dans une ferme tranquille du Kansas et massacré toute une famille. C'est là-dessus que j'ai envie d'écrire. Quand je pense au potentiel de mon livre, ça me coupe le souffle.
- Speaker #0
Effectivement, l'histoire est folle. donc forcément histoire vraie donc c'est l'enquête sur un quadruple meurtre du côté du Kansa, c'est comment il se noue d'amitié finalement avec l'un des des meurtriers et la tension on va dire entre éthique et art qu'il y a puisque en gros il a besoin des informations du tueur, il se lie réellement d'amitié ils vont être condamnés à mort et pour boucler son livre il faudrait qu'il le soit ou pas, enfin je vais pas tout vous spoiler si vous connaissez pas l'histoire mais le film est vraiment c'est un bon film et au passage Philippe Seymour Hoffman il est incroyable dans le rôle de Capote, avec une petite voix extraordinaire, ce côté dandy, flamboyant et fragile. Bref, Rocco de ma part, Truman Capote. Voilà. Bon, les garçons, on est au bout de cet épisode. Alors, on remercie Bastien pour sa question sur le répondeur qui a inspiré cet épisode. Je ne sais pas si on y a répondu complètement, mais en tout cas, on a essayé à la sauce nipédu. Merci à vous tous qui nous écoutez. Si vous avez apprécié l'épisode, n'hésitez pas à aller mettre des étoiles par-ci, par-là, sur votre plateforme préférée ou de recommander ... cet épisode ou d'autres à deux de vos copains, copines. C'est comme ça que ça marche. Le mois prochain, nous, on se retrouve autour des examens et des concours qui approchent à grands pas. On va se demander si réviser avec les réseaux sociaux, c'est une bonne idée, fausse bonne idée, vraie fausse bonne idée ou fausse vraie bonne idée. En tout cas, si vous avez des idées, des pratiques, si vous faites partie de ceux qui utilisent les réseaux pour ça. N'hésitez pas à nous envoyer des choses pour nourrir l'épisode. Ça nous fera bien plaisir de vous entendre ou de vous lire. Et pour nous, les garçons, en attendant,
- Speaker #2
on garde la pêche.
- Speaker #1
Il faut cracher le noyau ! Pili pipi pipi pipi pipi
- Speaker #0
Putain quand il parle pas il siffle celui-là
- Speaker #1
C'est clair il siffle Il a du coffre Fabien Aubert Oh d'ailleurs ça me fait penser Beatles Music Music Bob Dylan Belle association Vous m'avez jamais débriefé de votre concert Ah bah pas tout de suite Non mais Ouais Ok Ah, je sens qu'il y a du dossier.
- Speaker #2
Ah ouais, bah oui.
- Speaker #0
C'est Bob Dylan.